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Dictionnaire des organisations

De
710 pages
Comme le disait Bergson: "Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action." Un sujet à traiter? Une citation du Dictionnaire des organisations pour l’illustrer! Cet ouvrage définit et commente les termes propres aux organisations (du micro-organisme jusqu’à l’univers, en passant par l’individu, la famille et le monde de l’entreprise); il est basé sur des citations ou des formules d’économistes, de spécialistes en systèmes d’information et de communication, voire de philosophes, d’écrivains, d’hommes de sciences ou de dirigeants d’entreprise. Ce dictionnaire propose pour chaque mot un ensemble de citations: un seul mot-clé peut engendrer plusieurs idées ou définitions pouvant être complémentaires ou opposées, émanant de personnalités très diverses. Il amène ainsi à réfléchir au sujet abordé par le lecteur et devient un outil précieux pour les personnes travaillant au sein d’une organisation, d’une entreprise ou d’une administration. Vous devez remettre un rapport d’étude à un client, animer une séance de formation, communiquer au sein de votre entreprise? Le Dictionnaire des organisations est un outil qui permet d’enrichir sa propre réflexion de celle des auteurs cités, d’introduire son propos par un trait de culture générale. Une manière efficace de renouveler sa façon de travailler en étoffant ses connaissances.
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Le Dictionnaire
des organisations Alain Montoux










Le Dictionnaire
des organisations

Dicojob : concepts et vocabulaire





















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IDDN.FR.010.0117144.000.R.P.2011.030.31500




Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2012


Introduction



Pourquoi un dictionnaire, voire un mémento autour des organisations ?
Parce que pratiquement tout, dans la logique du vivant, voire des objets, est
organisé : la cellule, l’organisme, l’individu, sa maison, la famille,
l’entreprise, la société, la nation, le monde,…
Le fait de prendre, comme concept principal le terme d’« organisation »
est chargé de significations : il englobe objets et sujets, organes et
organismes, touts les systèmes ouverts à leurs environnements, qui cherchent, si
possible, l’ordre ou l’harmonie.
De la cellule microscopique à l’univers macroscopique, les différentes
organisations, perçues naguère comme statiques et figées, sont dotées de
structures dynamiques et évolutives, avec des fonctions intelligemment
disséminées dans un environnement naturel, économique, politique et social,
en perpétuelle mutation.
L’individu, physiquement ou virtuellement visible, omniprésent, car
téléprésent par le biais des technologies de l’information, reste le nœud originel
d’un réseau de communication en même temps qu’une source potentielle de
savoir et de savoir-faire.
Obligatoirement immergé au sein d’une organisation, le lecteur puisera
dans ce livre des réflexions, des éléments d’inspiration, qui l’aideront à
progresser dans sa vie privée comme dans sa vie professionnelle.
Objet de DicoJOB
Cet ouvrage qui met en exergue un grand nombre de concepts, est basé
sur des citations ou des formules d’économistes, de spécialistes en systèmes
d’information, d’experts scientifiques, de philosophes, d’écrivains,
d’artistes, de dirigeants d’entreprises ou d’hommes politiques.
Ce livre (à l’origine DicoJOB) est plus qu’un dictionnaire : une
définition, un mot-clé (ou un concept) engendre plusieurs idées similaires,
complémentaires ou opposées, car émanant de personnalités différentes. Il
9 amène ainsi à réfléchir sur de nombreux sujets et devient, par exemple, un
outil précieux aux personnes exerçant un métier au sein d’une organisation.

DicoJOB est la pierre angulaire des domaines suivants :
- Les systèmes d’organisation, naturels et sociétaux, techniques et
politiques, sociologiques et scientifiques.
- La conduite d’entreprises ou d’administrations,
- L’impact des technologies de l’information et des communications
sur ces organismes.
- Les thèmes socio-économiques, culturels, écologiques, politiques et
religieux.

DicoJOB représente la somme d’un grand nombre d’années
d’expérience, de formation et de lectures dans ces domaines, et peut être
complété à loisir par d’autres citations sur un mot-clé donné, ou par d’autres
mots-clés. Il est d’ailleurs rafraîchi et enrichi annuellement.
La valeur ajoutée de DicoJOB
(ses possibles utilisations)
Remise d’un rapport d’étude
Lors de la rédaction d’un rapport de mission ou d’une fin de prestation de
services, un professionnel enrichit son rapport, de citations qu’il utilise à
bon escient, dans le bon contexte, et pour donner une touche culturelle à sa
prestation.
Animation de séances de formation
Lors des séances de formation sur les sujets concernant les domaines
cités ci-dessus, il est bon que le formateur illustre ses propos de citations bien
choisies.
10 Aide à la réflexion
Si un des thèmes abordés dans une prestation a une relation directe avec
les citations livrées dans ce dictionnaire, alors utilisez-le comme un
déclencheur d’idées, avant un développement ou une prise de décision.
Outil de connaissances
En prenant comme référence des personnes citées, ni discutées ni
discutables dans leurs domaines de spécialisation, la valeur ajoutée globale ne
peut être que forte pour l’éducation d’un jeune ingénieur, ou d’un jeune
économiste, voire d’un simple étudiant.
Outil de communication écrite
Commencer les chapitres d’une publication interne ou externe à une
organisation par une citation permet au lecteur de retenir plus facilement les
informations qui y sont communiquées.
Outil de communication orale
Lors de la préparation, de la tenue d’un discours, d’une conférence ou
d’une présentation orale.

NB : il est néanmoins conseillé, pour la pleine exploitation de cet
ouvrage, de le lire plus comme un long roman, que de l’utiliser ponctuellement
par concept, voire par citation.
Exemples de concepts majeurs
Avant de passer la parole aux hommes de l’art, précisons dès maintenant
des concepts, souvent utilisés dans les sociétés ou dans les administrations,
tels que « l’organisation » et « les systèmes d’information et de
communications ».
11 Organisation
Nous incluons, dans le terme ORGANISATION, aussi bien la cellule
vivante que la famille, que l’infrastructure de l’entreprise, que l’ensemble des
organes qui concrétisent les décisions, qui mobilisent les ressources et qui
sous-tendent les activités, que l’agencement des éléments de l’univers tout
entier.

L’organisation traite des domaines principaux suivants :
- Les structures, squelette de l’organisation, avec ses centres de
décisions,
- Les processus, où interviennent dynamiquement les ressources
tangibles (hommes, argent, technologies, machines,…),
- L’information, ressource intangible traitée dans un système plus ou
moins important,
- La communication, en face à face ou à distance,
- Les méthodologies, les standards et les procédures utilisés,
- Les liens, les relations et les échanges avec l’environnement.

C’est aussi une discipline combinatoire qui fait constamment appel aux
sciences sociales, techniques, économiques et humaines.
Ex : Dans ses interventions auprès des entreprises, l’organisateur conseil
est confronté à une tâche complexe car il n’y a pas une seule organisation
type, mais des organismes tous différents les uns des autres.
Le cadre d’action de l’organisateur peut être plus ou moins vaste ; dans
son acceptation la plus large, on peut dire que l’organisation est constituée
d’une trilogie en recherche d’équilibre permanent : le travail, l’organisation
elle-même, et l’homme.
Système d’information et de communication
On considère le système d’information et de communication comme le
système nerveux et le langage d’une organisation qui en assure son
fonctionnement et qui établit les liaisons entre ses différentes fonctions.
Ex : Il constitue le langage de l’entreprise car il reflète ses activités
majeures et son métier de base ; de même qu’il établit des relations avec les
acteurs de son environnement (fournisseurs, clients, concurrents,…).
12 Il se nourrit, en particulier, des technologies de l’information et de la
communication à disposition sur le marché et s’exprime par le biais des
individus et de l’organisation en place.
Le système informatisé, ou informatique, représente la partie automatisée
du système d’information, représentée par plusieurs technologies de base (la
téléphonie, les réseaux de communication et Internet, les médias,
l’informatique).

Ce dictionnaire s’appuiera aussi sur les concepts associés au
‘management’ et aux théories des systèmes (approche systémique), pour extrapoler
ensuite et se démultiplier sur d’autres thèmes.
Certaines des personnalités dont émanent les citations, les formules ou
les définitions, gravitent encore dans les sphères professionnelles en tant que
dirigeants, économistes, professeurs, politiques, sociologues, artistes, ou
consultants d’entreprise.

Il est bien sûr indéniable que la culture et l’organisation des
administrations, des entreprises et de tout groupe social (tel qu’une famille, une
association, voire une nation), sont de plus en plus perméables à
l’environnement naturel, socio-économique, politique, culturel,
technologique, et bien sûr à la mondialisation. C’est pourquoi les mots, qui intéressent
cet ouvrage, dépassent souvent les limites d’une organisation donnée et
touchent la vie de chacun.
13


A



« Les arbres séculaires aux gigantesques branches,
Ombragent les clairières aux tapis de pervenches. »


Abandon L’abeille garde le milieu ; elle tire la
matière première des fleurs des champs et L’angoisse d’abandon va dans le sens de
des jardins ; puis par un art qui lui est la perte. La crainte de l’abandon est
propre, elle la travaille et la digère. (F. d’autant plus grande que l’objet est
inBacon) vesti de désir. L’abandon est le versant
négatif du désir. Dans le fantasme
d’abandon, il y a une dynamique du Abîme
conscient et du non-conscient. (M. Per- Si tu plonges longtemps ton regard dans
l’abîme, l’abîme te regarde aussi. (F. ron-Borelli)
Nietzsche)
Abandonner
Au cours d’une vie, on est obligé Abolition
d’abandonner quelques parties Ceux qui sont contre l’abolition de la
peine de mort ne connaissent pas la véri-d’élection. (A. Chavée)
té humaine. L’abolition de la peine de
mort est une victoire de l’homme sur lui-Abduction
même. (R. Badinter) Il y a quelque chose d’artistique dans la
découverte scientifique et quelque chose
de scientifique dans ce que les naïfs Abondance
nomment « les géniales intuitions de L’abondance d’aujourd’hui promet des
lendemains terribles. (A. Wartelle) l’artiste ». Ce qu’elles ont en commun :
le bonheur de l’abduction. Avec
Qu’est-ce que l’abondance ? Un nom, et l’abduction on est face à un résultat
curieux et inexplicable. (D. Hume) rien de plus ; le nécessaire suffit au sage.
(Euripide).
Abeille
Et toutes ces abeilles travaillaient là fai- Abrutissement
Il y a un abrutissement des masses sur le sant de mes anciennes peines de beaux
rayons tout blancs et du miel vermeil. plan culturel (regarder la télévision
plutôt que lire un bon livre) comme sur le (A. Machado)
plan culinaire (manger un sandwich
plutôt que prendre un bon repas). (P.
Légasse)
15 Absence moderne et renforcèrent en tous points
Il faut compenser l’absence par le sou- ses leçons et ses méthodes
caractéristivenir. La mémoire est le miroir où nous ques. (L. Mumford)
regardons les absents. (J. Joubert)
L’abstraction est une opération de
Nous sommes faits d’absence, de la pré- l’esprit qui sépare, isole, pour le
considésence de l’absence, de l’empreinte, en rer indépendamment, un élément
nous, de ce qui a disparu, de ceux qui ont (qualité, relation), de l’objet auquel il est
disparu et qui nous ont fait naître. (J.C. uni, et qui ne se présente pas séparément
Ameisen) dans la réalité. L’abstraction isole par la
pensée ce qui ne peut être isolé dans la
représentation. (P. Baumard) Absolu
En réalisant ses désirs, en se réalisant
L’abstraction peut être utile à la forma-lui-même, l’homme réalise l’absolu. (H.
tion de l’intuition plutôt qu’elle ne la de Montherlant)
paralyse. (J. Dieudonné)
L’absolu désigne toujours le mieux, le
Les abstractions sont utiles et infiniment plus, le premier, vers lequel tend
naturelprécieuses. Mais il faut acquérir le droit lement tout acteur sérieux. (J.C. Fauvet)
d’en faire usage, de même que des théo-
ries qui les accompagnent. (R. Hoggart) La pensée contemporaine est hantée par
l’absence d’absolu. Comment définir les
fondements de la science, de la morale, Abstrait
de la politique, du droit, de la justice si L’abstrait révèle l’invisible plutôt que le
l’on ne dispose pas d’un principe pre- visible, une situation sur une toile, un
mier permettant de les justifier. (J.F. état qui n’existe pas, une absence plus
Dortier) qu’une présence. L’infinité des possibili-
tés, opposée au hasard d’une présence.
La révélation de l’absolu réside dans Tout cela procède d’une mystique. (Y.
l’affectivité. (M. Henry) Agam)

L’absolu est un océan pour lequel nous Absurde
n’avons ni barque ni voile mais dont la L’immédiateté, l’évidence, l’action
hypconnaissance serait aussi salutaire que notique, sont trois caractéristiques de
formidable. (E. Littré) l’absurde, au sens occidental. (J. Ellul)

Abstraction Ce monde n’est pas raisonnable. Mais ce
Une abstraction est une simplification qui est absurde, c’est la confrontation de
des faits ; certaines propriétés et caracté- cet irrationnel et de ce désir éperdu de
ristiques des objets réels qu’elle peut clarté dont l’appel raisonne au plus
proreprésenter sont ignorées. (N. Wirth) fond de l’homme. (A. Camus)

L’abstraction est une ignorance sélective. Absurdité
(A. Koenig) La vie est pleine d’absurdités qui ont
l’effronterie de ne pas paraître
vraisemLes abstractions du capitalisme précédè- blables. Et savez-vous pourquoi ? Parce
rent les abstractions de la science
16 que ces absurdités sont vraies. (L. Piran- Accord
dello) Là où tout le monde est d’accord,
personne ne réfléchit beaucoup. (F.R. de
Chateaubriand) Abus
L’abus marche souvent auprès de la
puissance. (A.F. Le Bailly) Accro
J’avais une énorme dépendance. Une
fois, je me suis fait sauter l’une de mes Abusif
dents pour pouvoir échanger l’or contre Ce qui distingue avant tout l’amour
maune dose. Ce n’est pas être accro ça ? (N. ternel normal de celui qui est abusif,
Algren) c’est que le premier sert l’enfant, alors
que le second sert la mère. (A. Porot)
Acculturation
L’acculturation résulte du contact direct Accélération
et continu entre groupe d’individus de La décélération tant attendue de
culture différente, avec des changements l’expansion spatiale s’est révélée être
subséquents dans les types culturels ori-une accélération. (B. Greene)
ginaux de l’un ou des deux groupes. (
M.J. Herskovits)
Acceptable
Ce qui est non acceptable finit un jour L’acculturation consiste en une
adaptapar être inaccepté. (A. Kahn) tion sociale fortement motivée, où
l’individu perçoit que ses échecs
résulAccident tent d’inadaptations et que ses succès
Un accident est une perturbation hasar- résultent d’adaptations, sans souvent
deuse, fâcheuse et subite, qui affecte un qu’il s’en rende compte et que nulle
système dans son ensemble. (J.L. Wibo) pression explicite soit exercée contre lui.
(J. Stoetzel)
Pendant que je peins, tout d’un coup, en
provenance de la matière picturale elle- Accusation
même, surgissent des formes et des di- Contre elle, les accusations principales
rections que je ne prévoyais pas. C’est étaient, qu’elle était morte et ne pouvait
cela que j’appelle des accidents. (F. Ba- donc posséder aucune propriété, que
con) c’était une femme, ce qui revient à peu
près au même. (V. Woolf)
Acclimatation
L’acclimatation est l’adaptation progres- Accusé
sive, sans en avoir pertinemment L’accusé ne peut jouer sur tous les
taconscience, à de nouvelles conditions de bleaux à la fois : reprocher aux victimes
l’environnement. (P. Baumard) leur ressentiment, revendiquer pour
soimême le patriotisme et les bonnes
intenAccompagnement tions, prétendre au pardon. (V.
Dans un monde en perpétuelle évolution, Jankélévitch)
l’accompagnement humain du
changement constitue le levier de création de
valeurs le plus efficace. (P. Lévy-Waitz)
17 Achat Acquisition
La part des achats dans les comptes Une acquisition est quand une entreprise
d’exploitation varie de 20 % à 85 % du en achète une autre (ou plusieurs) pour
chiffre d’affaires réalisé. attaquer la concurrence (M. Porter)
Par rapport à l’acte d’achat, on considère
quatre éléments pour choisir le fournis- Les acquisitions les plus fréquentes de la
seur : la qualité, la quantité et le délai de civilisation, nous en avons un vif
sentilivraison, le prix. Avec la garantie des ment parce qu’étant récentes elles n’ont
délais, des prix, de la qualité, de la quan- pas encore eu le temps de s’organiser
tité. (B. France-Lanord) dans l’inconscient. (E. Durkheim)
Acheter Acratie
Personne ne peut vendre une marchan- L’acratie est la conscience de devoir
dise sans qu’un autre ne l’achète ; mais changer et le sentiment d’impuissance à
personne n’a besoin d’acheter immédia- le faire ou à trouver en soi la volonté de
tement, parce que celle-ci est en vente, le faire. (P. Calame)
parce qu’un autre l’a vendue. (K. Marx)
Acte
Acheteur L’acte est toujours vierge, même répété.
Les acheteurs de biens de consommation ( R. Char)
sont segmentés par les indicateurs de dif-
férences entre clients : la démographie L’acte est concret, dynamique,
mesura(taille de la famille, age, sexe, revenu, ble, un événement, un fait, comme une
métier), le profil psychologique ou le demande en mariage ou une déclaration
style de vie (image de soi), la langue, les de guerre. ( J.C. Fauvet)
responsables de famille, les procédures
d’achat et les occasions d’achat. (M. Por- On nommera acte le changement de
ter) comportement d’un acteur, à une
condition : il faut que, à la suite de ce
changement de comportement, le dérou-Acier
lement de l’action, correspondant à La ligne droite, ferme et aristocratique
l’acte, soit modifié. (A. Marchais-contre le flou nébuleux et
impressionRoubelat) niste. L’acier pur et les boulons aux
formes plastiques du monde de l’usine,
On ne se livre pas à des actes relation-source de notre vie moderne et de notre
nels à l’aveugle mais après avoir acquis grande révolte. (Paladini)
la conviction de leur nécessité. (G. Mor-
gan) L’acier, inoxydable, est un matériau pa-
radoxal : il attire la lumière, il resplendit,
« Accomplis chaque acte de ta vie tout en restant profondément associé à la
comme s’il devait être le dernier ». culture populaire (dixit les ustensiles de
(Epictète) cuisines). (S. Gupta)

Rien de ce qui est en puissance ne passe
en acte autrement que par quelque chose
qui est déjà en acte. L’acte est pris, tantôt
comme le mouvement relativement à la
18 puissance, tantôt comme la substance re- Acteur
lativement à quelque matière. (Aristote) L’entreprise doit compter avec des ac-
teurs : pouvoirs publics, syndicats,
On s’excuse des mauvais actes du passé médias,…Ce sont ceux qui jouent un
en fermant souvent les yeux sur les mau- rôle important dans un système. Ex : les
vais actes du présent. (P. Bruckner) multinationales, les pays consomma-
teurs, les Etats, sont des acteurs du jeu de
Chaque acte du passé engendrait mille l’énergie. (M. Godet)
autres possibilités, qui coulaient lente-
ment vers leur propre futur. (G. L’acteur numéro un aujourd’hui, c’est
Tunström) l’entreprise ; ceci conduit à des alliances
entre entreprises mondiales et Etats. (R.
La contradiction est l’essence de l’acte ; Petrella)
elle est l’équivalent plastique du jeu de
mots ; l’un détruit la signification, l’autre Les acteurs, ou individus (éléments), ou
l’idée de valeur. (O. Piaz) des groupes (sous-systèmes), sont consi-
dérés par rapport à une situation ou à une
Tout acte humain porte, comme action. (D. Bériot)
l’individu qui le porte, le triple sceau du
général, du temporaire et du singulier. Les actions les plus expertes révèlent le
(P. Lacombe) plus souvent que les acteurs savent plus
qu’ils ne peuvent l’exprimer. (J. Peters)
L’acte : un processus d’interactivité entre
un sujet porteur d’un projet (d’action) et L’acteur est celui qui agit, pose un acte,
la réalité concernée par ce projet – selon développe une action, qu’elle soit
politiles cas : autrui, la société, la nature. (G. que, professionnelle, domestique ou de
Mendel) simple voisinage. Il s’investit physique-
ment et moralement. (J.C. Fauvet)
Ce qui fait la valeur de l’acte médical,
comme de tout acte, ce ne sont pas les Les acteurs de la sociologie du travail, ne
moyens qu’il met en œuvre, mais l’acte se définissent plus seulement par leur
intellectuel qui, à partir d’un certain travail, mais aussi par leur carrière, leur
nombre d’informations, construit les consommation, voire leur appartenance
fondements d’une action. (N. Bensaid) nationale, morale ou religieuse. (A. Tou-
raine)
L’acte prime. L’acte m’a toujours retenu
avant tout par son irréductible originali- Tout acteur tente de mettre à profit sa
té, ou même par la singularité de marge de liberté pour négocier sa
partiperspective qui le commande inévita- cipation à une organisation, en
blement. La mise en marche cérébrale s’efforçant de manipuler ses partenaires,
d’un acte volontaire spontané commence et l’organisation dans son ensemble,
inconsciemment. (G. Marcel) pour que cette participation soit payante
pour lui. (M. Crozier)
Il n’est pas un de nos actes qui, en créant
l’homme que nous voulons être, ne crée L’acteur individuel et intentionnel est
en même temps une image de l’homme l’unité pertinente pour décrire la société.
tel que nous estimons qu’il doit être. (R. Boudon)
(J.P. Sartre)
19 Chaque acteur possède, incorporé en lui, l’adaptation de l’acteur à un système. (A.
une multiplicité de façons de se compor- Touraine)
ter. Il puise dans ce stock les modèles de
conduite appropriés, en fonction du con- L’action de connaître s’inscrit dans
texte et de ses objectifs. (B. Lahire) l’action. (D. Schon)

Être acteur de sa vie consiste à influencer La vie est action, non production. (D.
intentionnellement son propre fonction- Méda)
nement et son environnement. Chaque
individu n’est pas seulement le résultat L’action est une modification légère
des circonstances de sa vie. Il en est aus- moyennant quelques réglages de voiles
si l’origine. (A. Bandura) pour changer de cap (action
conjoncturelle), ou remise en cause totale pour une
adaptation (action structurelle), pour tirer Acteur social
parti des forces et des opportunités et L’acteur social ne cherche pas seulement
écarter les faiblesses et les menaces. (M. l’intérêt mais est aussi en quête de
presGodet) tige et de reconnaissance sociale. (P.
Bourdieu)
Une action choisie n’est pas forcément la
meilleure mais elle répond aux critères L’acteur social est tenu d’articuler des
jugés essentiels à la réussite. (G. Mor-logiques d’action différentes, et c’est la
gan) dynamique engendrée par cette activité
qui constitue la subjectivité de l’acteur et
L’action n’a de réalité que dans le but sa réflexivité. (F. Dubet)
que nous recherchons. Un individu (ou
un groupe) agit en étant motivé par des
Actif objectifs précis. (G. Balantzian)
Le plus grand actif, dans les affaires,
c’est la fierté que chacun tire de son tra- L’action est prioritaire, elle ne doit pas
vail. (M.P. Follett) être analysée par une analyse préalable.
(T. Peters)
Action
La meilleure action est celle qui procure L’action est la synthèse d’une énergie et
la plus grande satisfaction au plus grand d’une information ; toute action exige de
nombre, et la pire, qui, de la même ma- la durée : le trait d’union entre énergie,
nière, occasionne de la souffrance. (F. information et action, c’est le temps. (J.
Hutcheson) De Rosnay)

Être feu, c’est être ordonné à l’action de Le sens de l’action, c’est le rapport de
consumer, être oiseau c’est être ordonné valeur que le sujet instaure entre cette
acà l’action de voler. (J. Maritain) tion et ses autres activités possibles. (Y.
Clot)
Ce sont des paroles courageuses, mais
l’action aurait parlé plus fort. (W. Chur- L’action individuelle ou collective est un
chill) arrachement à l’inertie, une force, une
tension vers un objectif à atteindre, voire
L’essentiel est de reconnaître que le sens un projet à accomplir. (J.C. Fauvet)
d’une action ne se réduit pas à
20 Dans l’action, nous engendrons des con- continuel exercice et occupation. (A. de
naissances qui donnent du sens à nos Montchrestien)
actions en cours. (J.L. le Moigne)
Nous nous jugeons par nos intentions,
Agis de façon que les effets de ton action mais nous jugeons les autres par leurs
acsoient compatibles avec la permanence tions. (J.G. Benett)
d’une vie authentiquement humaine sur
terre. Agis de façon que les effets de ton Action collective
action ne soient pas destructeurs pour la La quête permanente de notre identité et
possibilité future d’une telle vie. (H. Jo- de la reconnaissance des autres, nous
nas) pousse à nous engager dans l’action col-
lective. (A. Pizzorno)
Rien n’arrive jamais que par l’action, et
l’action est affaire, non d’espérance, L’action collective est très décomposée
mais de volonté. (A. Comte-Sponville) des mouvements purement expressifs (ne
revendiquant rien), des mouvements
hyUne action est moralement honnête ou per-corporatistes sans volonté de projet.
déshonnête selon la convenance ou la (F. Dubet)
disconvenance nécessaire qu’elle a avec
la nature raisonnable et sociable de
Action (financière) l’homme. (Grotius)
Le cours de l’action des startups de la
‘nouvelle économie 2000’ ne représen-On peut distinguer plusieurs formes
tait pas la santé réelle de ces entreprises d’action typiques : l’action traditionnelle
du ‘Net’. Il était largement surévalué. (P. (coutumes, normes sociales), l’action
afVillemus) fective (la colère, la jalousie), l’action
rationnelle (en fonction d’un but
recherLe prix des actions a atteint ce qui paraît ché ou de valeurs défendues : honneur,
être un haut plateau permanent. (I. Fis-justice). (M. Weber)
cher)
L’action est une stratégie individuelle ou
Action politique collective, déployée au sein d’un
enviDans l’action politique on doit tenir ronnement social, porteuse
compte de l’idéal et du réel. (J. Jaurès) d’intentionnalité et de sens, c’est à dire
orientée vers un but anticipé et
soustendue par des motifs. (J.P. Boutinet) Action sociale
Une action n’est sociale que si elle est
Toute action coopérative coordonnée orientée normativement par l’historicité
demande que chaque participant puisse en même temps qu’elle se situe dans un
compter sur un degré suffisant de régula- rapport social. (A. Touraine)
rité de la part des autres participants. (M.
Crozier) L’action sociale est une action élémen-
taire engageant les éléments suivants :
La vie contemplative est la première et la elle suppose un agent, ou acteur, l’action
plus approchante de Dieu ; mais sans doit avoir une fin, elle doit avoir lieu
l’action elle demeure imparfaite et peut dans un cadre qui diffère, en tout ou en
être plus préjudiciable qu’utile aux répu- partie, de l’état des choses vers lequel est
bliques. L’homme est né pour vivre en
21 tendue la réalisation de cet acte. (T. Par- - des activités mures – à bonne
sons) marge car plus d’investissement à
faire, mais à croissance faible,
- des activités poids morts, non ren-Actionnaire
tables ; leur suppression doit être Les actionnaires doivent contrôler les
envisagée. (M. Godet) gestionnaires. (M. Jensen)

On peut diviser les activités créatrices de On doit s’occuper des petits actionnaires
valeur en deux grandes catégories : les qui perdent de l’argent. Et les aider à
réactivités principales (qui impliquent la cupérer une partie de leurs titres. (F.
création matérielle et la vente du produit, Rémon)
son transport jusqu’au client et le service
après-vente), les activités de soutien (qui
Activateur fournissent les ressources, la
technoloAppelons activateur cet élément du capi- gie, et qui assurent le fonctionnement de
tal global, porté par l’équipe de l’ensemble de l’entreprise). (M. Porter)
direction, qui donne une impulsion déci-
sive aux autres ressources et qui L’activité d’un système est un ensemble
conditionne leur valorisation. (A.Y. cohérent de tâches pilotables en vue
Portnoff – V. Lamblin) d’assumer une des finalités principales
de gestion de l’entreprise. A chaque
actiActivisme vité correspond un objet de gestion
L’activisme est un style de vie. (A. Oz) principal ; ex : la facture pour l’activité
de facturation. (P. Pellaumail)
Activité
Il n’y a pas d’activité sans sujet. (Y. Il y a quatre types d’activités : les
activiClot) tés amicales, familiales et amoureuses ;
les activités productives, qui permettent
Nous entendons par activité, le compor-la reproduction élargie des conditions de
tement humain (peu importe qu’il vie individuelles et sociales ; les activités
s’agisse d’un acte extérieur ou intime, culturelles, la formation de soi à titre
d’une omission ou d’une tolérance), gratuit, l’apprentissage ; et les activités
quand et pour autant que l’agent ou les politiques. (D. Méda)
agents lui attribuent un sens subjectif.
(M. Weber) Une activité d’entreprise peut se posi-
tionner en fonction de son taux de
L’activité fait plus de fortunes que la croissance et de son taux de marge
bénéprudence. (Vauvenargues) ficiaire par rapport au chiffre d’affaires.
On a ainsi :
Á chaque activité correspond un monde - des activités vedettes
composé des personnes dont le travail (marge/chiffre d’affaires important
contribue à faire en sorte que cette activi-et taux de croissance/chiffre
té ait pu se dérouler de cette façon et pas d’affaires important),
d’une autre. (H. Becker) - des activités en expansion (crois-
sance rapide du chiffre d’affaires
Les activités quotidiennes les plus évi-mais faible marge bénéficiaire),
dentes, les plus banales, sont les plus
22 fondatrices et les plus révélatrices d’une Adaptabilité
société. (J.C. Kaufmann) L’adaptabilité est la capacité d’un sys-
tème à répondre aux variations de
On distingue les activités substantielles l’environnement. Cette capacité dépend
(qui tirent leur richesse des produits du de sa complexité et donc de son potentiel
sol cultivé), les activités industrielles de réponses. (D. Bériot, J. De Rosnay)
(qui transforment les produits naturels) et
universelles (chargées des intérêts géné- Adaptation
raux de la société). (F. Hegel) Le problème de l’adaptation de
l’entreprise est le vrai problème de la
L’activité volontaire ne tient pas ses ca- planification stratégique et ne peut être
ractères les plus essentiels des moyens résolu au hasard. (S. Beer)
physiologiques par lesquels elle s’exerce,
ni d’une activité proprement psychologi- La capacité d’adaptation d’un système
que, mais bien du système de concepts et est sa capacité d’adopter un
comported’impératifs que la collectivité nous im- ment favorable à la réalisation de ses
pose. (C. Blondel) buts, compte tenu des fluctuations de
l’environnement. (B. France-Lanord)
Dans le travail politique et administratif,
il est en effet possible d’identifier plu- Il y a cinq types d’adaptations
indivisieurs types différents d’activités qui se duelles à la société : le conformisme,
mêlent et qui aboutissent à produire de la l’innovation, le ritualisme, l’évasion, la
décision : l’activité de mise sur agenda, rébellion. (R. Merton)
l’activité dite de formulation, l’activité
de légitimation. (J.C. Thœnig)
Adapter
Les entreprises qui réussissent sont celles Les activités symboliques (langage et
qui ont su s’adapter rapidement, sous la dessin), qui connaissent chez l’homme
rigueur du temps, qui ont su trouver, une grande évolution par rapport aux
audans l’écheveau des solutions possibles, tres animaux (jusqu’à l’art et la
le fil de la survie donc de la vie. (J.C. littérature), permettent à l’enfant de
reFauvet, J.R. Fourtou) écrire, ou de représenter des événements
vécus. (O. Houdé)
Adduction
L’adduction est l’opération qui Activité sociale
n’appartient pas à la logique et permet de L’activité sociale est l’activité qui,
sauter du chaos que constitue le monde d’après son sens visé par l’agent ou les
réel à un essai de conjecture sur la rela-agents, se rapporte au comportement
tion effective que vérifie l’ensemble des d’autrui, par rapport auquel s’oriente son
variables pertinentes. (G. Morgan) déroulement. (M. Weber)

Adhocratie L’activité sociale requiert non seulement
L’adhocratie désigne les organisations un verbe, « agir », mais aussi un
substanqui sont conçues pour être temporaires. tif sujet, l’acteur. (J. Coleman)
Elle met en jeu des équipes chargées de
projet, qui accomplissent une tâche puis
23 disparaissent une fois la tâche terminée. administrés, qui seul garantit le respect
(G. Morgan) de l’intérêt général. (J.L. Laville)

La technologie, la connaissance, la créa- Les principes d’administration, les plus
tivité, le travail en équipe : tout cela appliqués sont : la division du travail,
pousse les organisations vers l’autorité, la discipline, l’unité de
coml’adhocratie. (H. Mintzberg) mandement, l’unité de direction, la
subordination des intérêts particuliers à
l’intérêt général, la rémunération, la cen-Adhocratique
tralisation, la hiérarchie, l’ordre. (H. Une entreprise confrontée à un
environFayol) nement turbulent et hostile doit être
adhocratique ; c’est à dire de ne
développer des règles d’organisation qu’en Administrer
fonction des circonstances. (H. Mint- Administrer c’est prévoir, organiser,
zberg) commander, coordonner, contrôler. (H.
Fayol)
Administrateur (du personnel)
Administrer une entreprise, c’est la gou-Le rôle d’administrateur du personnel
verner, la gérer, conduire les hommes n’est pas clair, on peut même dire que
qui la composent vers les objectifs pour-personne ne conçoit jamais cette fonction
suivis. (B. France-Lanord) de la même façon. (R. Saltonstall)
Admiration Administration
L’admiration est la première de toutes Le mot administration nous parait trop
les passions, qui donne la force à toutes imprégné par la conception
bureaucratiles autres. Elle n’a pas le bien ou le mal que statique pour mériter d’être appliqué
pour objet, mais seulement la connais-à la conduite des entreprises dans un
sance de la chose qu’on admire. (R. monde concurrentiel en évolution
incesDescartes) sante ; l’administration doit apprendre à
connaître et à aimer l’industrie. (O.
Gélinier) ADN
L’ADN ne commande rien, n’est pas un
Le terme administration recouvre deux architecte, mais, parce qu’il produit les
définitions : la science de l’organisation matériaux pour la construction, donne à
et de la direction de l’entreprise, les ser- l’organisme son originalité. (R.
Chandevices subordonnés d’exécution. (B. bois)
France-Lanord)
Avec les manipulations sur l’ADN (acide
Au gouvernement des hommes se substi- désoxyribonucléique : l’acide du codage
tue l’administration des choses. (C.H. de d’une cellule, dans laquelle se trouvent
Saint-Simon) toutes les informations sur son identité)
on casse les barrières qui séparent le
rèL’administration, qui tient sa légitimité gne végétal, l’animal et l’humain. (M.
de la représentation politique, ne peut Onfray)
voir en l’usager qu’un assujetti à qui les
prestations sont servies dans un
mouvement descendant, de l’État vers les
24 Adolescence L’adulte, avec l’idéologie du
changeVivre signifie refuser ; et l’adolescence ment aidant, modifie ses repères : il ne se
est l’âge du refus. (A. Nothomb) définit plus à travers une forme de matu-
rité, mais se considère en continuelle
Les transgressions constatées à maturation. (J.P. Boutinet)
l’adolescence (ex : jouer avec sa vie au
risque de la perdre) jouent comme un dé- Adversaire
tour symbolique pour s’assurer de la Je ne cherche pas à convaincre mon
advaleur de son existence, rejeter au plus versaire mais à m’unir avec lui dans une
loin la peur de son insignifiance person- vérité plus haute. (Saint Thomas
nelle. (D. Le Breton) d’Aquin)

Adolescent L’idéal est que votre adversaire se plie à
Les adolescents sont confrontés aux pra- votre volonté sans que vous ayez à
utilitiques sexuelles les plus crues, voire ser effectivement la force. (Sun Zu)
agressives, tout en restant très « fleur
bleue ». (M. Fize) Affaire
Les affaires sont un mélange de guerre et
Adonné de sport. (A. Maurois)
Que devient l’adonné, lorsque le donné
qu’il reçoit en se recevant lui-même, au Dans les affaires c’est comme dans la
lieu de rester un étant du monde, s’avère vie, nous avons besoin d’un but qui
justilui aussi un autre adonné ? Penser autrui fie notre action et nous rende fier
comme adonné impose d’en décrire la d’exister. (C. Handy)
rencontre avec le premier adonné. (J.L.
Marion) Voici la règle pour les bonnes affaires.
Refais les autres, sinon ils te referont.
(M. Chuzzlewit) Adoration
Dans l’adoration, la prière est l’acte par
Dans les affaires, tout n’est pas blanc ou lequel on se rapporte à l’altérité absolue.
noir. (G. Bush) En disant « je t’adore », on est dans une
valeur très religieuse qui va vers la
prosLes affaires qui marchent bien, dans une ternation. (J.L. Nancy)
sorte de mouvement naturel, s’accélèrent
et ne laissent plus le temps de vivre. (M.
Adulte Gray)
L’homme ne sera adulte que le jour où
son cerveau pourra contenir dans sa plé- Ne consume pas ta vie dans les affaires.
nitude et dans sa simplicité la notion (Marc Aurèle)
divine. (V. Hugo)

Affairement On refuse de plus en plus de considérer
Pour éviter la détresse, l’homme s’enlise la vie adulte comme s’il ne s’agissait
dans l’affairement, devenu la forme ma-plus que de simples variations sur des
jeure de la passivité. Une surenchère thèmes fixés durant l’enfance et
permanente est nécessaire pour hypnoti-l’adolescence. (R. l’Ecuyer)
ser la conscience, pour la saturer
matériellement à défaut de pouvoir s’en
25 rendre maître conceptuellement. (O. Affliction
Rey) L’affliction devient douce quand on voit
le bonheur ; le remède devient doux
quand on voit la santé. (D. Al-Dîn Rumi) Affamé
Il n’y a pas de pécheurs mais seulement
des affamés. Nourris-les, et alors seule- Affrontement
ment exige d’eux la vertu. (F. L’affrontement suppose que l’on croit
Dostoievsky) encore aux métaphysiques et aux
idéologies. (G. Vattimo)
Affect
Un affect est un état élémentaire à dou- Âge
ble polarité de plaisir-déplaisir. (H. L’âge d’or du genre humain n’est point
Piéron) derrière nous, il est devant, il est dans la
perfection de l’ordre social. (C. H. de
Saint-Simon) Affectivité
L’affectivité constitue l’énergétique des
Nous passons, par un changement d’âge. conduites et si elle est essentielle comme
Âge de l’industrie, âge du pétrole, âge de moteur, elle ne peut expliquer comment
l’électricité et de l’atome. Âge de la ma-se construisent les structures qui
correschine, âge des grandes collectivités et de pondent aux fonctions cognitives. (J.
la science. Sous le changement d’âge, un Piaget)
changement de pensée. (P. Teilhard de
Chardin)
Affiche
Ravir, collectionner, signer des affiches On trouve, dans une population donnée,
lacérées, vivre chez soi avec elles, les dont la natalité et la mortalité ne
chanexposer dans des galeries, des salons, des gent pas, un rapport numérique entre les
musées, c’est bien une mise en question diverses catégories d’ages qui est aussi
de l’artiste traditionnel et professionnel. déterminé que le rapport numérique entre
(J. Villeglé) les sexes. Le sexe apparaît dès la nais-
sance, seulement après se succèdent les
L’affiche doit être un télégramme adres- âges. (M. Halbwachs)
sé à l’esprit. (P. Colin)
L’âge ne nous protège pas de l’amour,
Affinité mais l’amour jusqu’à un certain degré
Les affinités sont un certain vécu lié à nous protège de l’âge. (A. Nin)
l’attrait et à l’attachement entre les per-
sonnes qui s’appellent et se répondent, Chaque âge peut être le meilleur âge de
depuis le signe d’accord le plus fugitif la vie. (C. Allègre)
jusqu’au partage le plus confiant. (J.
Maisonneuve) Voici que j’ai touché les confins de mon
âge. Tandis que mes désirs sèchent sous
le ciel nu, Le temps passe et m’emporte à Affirmation
l’abyme inconnu, Comme un grand Une simple affirmation, souvent répétée,
fleuve noir, où s’engourdit la nage. (P-J. a plus de poids, qu’un argument
rationToulet) nel. (J. Schumpeter)
26 Agence Entre deux façons d’agir opposées,
vouLa relation d’agence (ou de mandat) est lez vous savoir à qui la préférence est
un contrat dans lequel une personne (ou due ? Calculez les effets en bien et en
plusieurs), désignée comme le « princi- mal, et décidez-vous pour ce qui procure
pal », emploie les services d’une autre la plus grande somme de bonheur. (J.
personne, dénommée « l’agent », pour Bentham)
accomplir en son nom une tâche ; cette
relation implique une délégation de pou- Dans l’agir communicationnel, l’issue de
voir à l’agent. (M. Jensen) l’interaction dépend elle-même de la
possibilité qu’ont les participants de
s’entendre mutuellement sur une appré-Agent
ciation inter-subjectivement valide de L’unité, à l’intérieur de tous les systèmes
leurs rapports au monde. La réussite de sociaux, est l’individu humain en tant
l’interaction s’obtient par un consensus qu’agent, en tant qu’être aspirant à la
réentre ces participants. (J. Habermas) alisation de ses buts, pouvant réagir
émotionnellement, ou affectivement, en
Agir en primitif et penser en stratège. (R. présence d’objets ou d’évènements. (T.
Char) Parsons)

Dans une société on a besoin d’agents de Agneau
conservation et d’agents de changement. Il n’est pas indifférent de savoir qui sera
(B. Vivier) l’agneau sacrifié. (M. Luther)

Des agents qui agissent indépendamment Agréable
les uns des autres, sans aucun guidage Lorsqu’il s’agit de ce qui est agréable,
d’un contrôle central, constituent des chacun consent à ce que son jugement,
systèmes autogérés. (D.H. Freedman) qu’il fonde sur un sentiment personnel et
en fonction duquel il affirme d’un objet
Agir qu’il lui plaît, soit restreint à sa seule
Agir c’est prendre des risques, et faute personne : « cela m’est agréable ». Il en
d’en prendre, on s’expose à être hors ainsi pour le goût, pour les yeux, pour les
course. (J.L. Salomon) oreilles. (E. Kant)

La meilleure façon d’agir est d’être. (Lao Agrégation
Tseu) Que des hommes épars soient asservis à
un seul, c’est si l’on veut une agrégation,
Il faut agir en homme de pensée et pen- et non pas une association. (J.J.
Rousser en homme d’action. (H. Bergson) seau)

Mieux vaut réfléchir avant d’agir que de L’information agrégée montante,
préparegretter après avoir agi. (Democrite) rant les décisions perd de la spécificité,
de la précision et acquiert de la certitude.
La nécessité de la concertation ne peut se (J.Y. Saulou)
substituer à l’obligation d’agir. Les actes
parlent toujours plus que le verbe. (F. Ainsi que le montrent les tribus barbares,
Fillon) la société dans sa forme primitive et infé-
rieure est une agrégation homogène
27 d’individus qui ont des facultés et des Agriculture
fonctions semblables. (H. Spencer) Seule l’agriculture est productive, car
seule elle produit plus de richesse qu’elle
On distingue l’agrégation temporelle n’en consomme. (D. Villey)
(comment transformer un mois en un
jour ?) de l’agrégation spatiale (compac- Il n’est nul art au monde auquel soit
retage). (B. Lussato) quise une plus grande philosophie qu’à
l’agriculture. (B. Palissy)
La notion d’agrégation désigne la
relation entre les actions et préférences Aide
individuelles et les effets collectifs Presque tous se sentent coupables de ne
qu’elles produisent. (R. Boudon, F. pas avoir offert de l’aide. (P. Levi)
Bourricaud)
Aide à la décision
Agrégativité L’aide à la décision est l’activité de
celAu principe d’exhaustivité, opposons un les ou de ceux qui cherchent à prendre
précepte d’agrégativité par lequel se appui sur une démarche à caractère
complètera le nouveau discours de la scientifique pour éclairer des décisions
méthode. (J.L. le Moigne) de nature managériale et/ou guider des
processus de décision dans des systèmes
Agression organisés. (B. Roy)
L’agression se manifeste par une attitude
résolument antagoniste, confortée par un Ailleurs
rapport de pouvoir avantageux, et portant Ce qui comptait, c’était de découvrir un
sur un litige exprimé en termes de reven- ailleurs qui pût éventuellement devenir
dications jugées inacceptables par un ici. (G. Marcel)
l’agressé. (J.C. Fauvet)

Aimer L’agression, que nous pouvons déceler
Souviens-toi d’aimer. (L’abbé Pierre) en nous-mêmes et dont nous supposons à
bon droit l’existence chez autrui,
constiIl y a de la malchance à n’être pas aimé ; tue le facteur principal de perturbation
il y a du malheur à ne point aimer. (A. dans nos rapports avec notre prochain.
Camus) (S. Freud)

Aimer, c’est d’être aimé. C’est remplir
Agressivité une existence d’inquiétude. Hélas !
L’agressivité conduit, lorsqu’elle est sys- N’être plus essentiel à l’autre, voilà notre
tématique, à un style de gestion torture. Aimer et être aimé, voilà l’idéal.
particulièrement étriqué ; on se fait une (J. Cocteau)
idée limitée sur l’environnement et non
une vision lointaine ; on agit à court Savoir aimer, c’est ne pas aimer. Aimer,
terme, en opposition par rapport aux au- c’est ne pas savoir. (M. Jouhandeau)
tres. (Miller)
On ne saurait rien aimer ou haïr qui ne
soit déjà connu. (L. de Vinci)
28 Air tées à des problèmes complexes. (M.
L’air est plein du frisson des choses qui Cremadez)
s’enfuient. (C. Beaudelaire)
Alarme
L’air du soir est pour moi le bord de la L’alarme (ou l’alerte) est un signal qui
coupe froide où, les yeux mi-fermés et la prévient d’un danger imminent et qui
bouche goulue, je bois, comme le jus conduit à la codification d’un délai entre
pressé d’une grenade, la fraîcheur étoilée le signal et la mise en œuvre d’une
réqui se répand des nues. (P. Fort) ponse. Elle va de pair avec
l’avertissement donné à un groupe
conAir. L’espace infini Pour toi se cambre ; cerné et induisant une réponse de sa part.
Eh ! Désir voici Enfin ta chambre. (G. (Y. Pesqueux)
Norge)

Albatros L’air que l’on voit dans les tableaux de
Souvent, pour s’amuser, les hommes maîtres n’est pas de l’air respirable. (E.
d’équipage Prennent des albatros, vastes Degas)
oiseaux des mers, Qui suivent, indolents
compagnons de voyage, Le navire glis-L’air doit avoir ses poissons comme la
sant sur les gouffres amers. (C. mer a les siens ; ces poissons de l’air
seBaudelaire) raient diaphanes ; laissant passer le jour à
travers leur forme et ne faisant point
Aléa d’ombre, et n’ayant pas de silhouette, ils
L’aléa est un phénomène menaçant sus-seraient ignorés de tous, et nous n’en
ceptible d’affecter une situation donnée. pourrions rien saisir. (V. Hugo)
Il se caractérise par sa nature, son inten-
sité et sa probabilité de réalisation. (Y. La nature est pour nous plus en
profonPesqueux) deur qu’en surface, d’où la nécessité
d’introduire dans nos vibrations de
luL’aléa thérapeutique (qui doit se faire mière, représentées de rouges et de
dans la relation patient-malade) n’est pas jaunes, une somme différente de bleutés,
encore indemnisé, au contraire de pour faire sentir l’air. (P. Cézanne)
l’échec thérapeutique. (P. de la Grance)
Ajouter
Aléatoire Exiger que la raison nous persuade de
reUn phénomène est aléatoire quand il jeter ce que nous pourrions ajouter à ce
peut prendre un certain nombre de va-que nous possédons, c’est contredire la
leurs à chacune desquelles est attachée nature. (D. Diderot)
une probabilité subjective. (J. Ville)
Ajustement mutuel
Alexandrin L’ajustement mutuel réalise la
coordinaUn alexandrin, un beau vers à douze tion du travail par simple communication
pieds et à deux ailes. (J. Renard) informelle. (H. Mintzberg)

L’ajustement mutuel est une source de Algèbre
performance des organisations confron- Sans doute, vous serez célèbre. Par ces
grands calculs de l’algèbre où votre
es29 prit est absorbé. J’oserais m’y livrer moi- Aliment
même, mais hélas, A + D – B n’est pas Un aliment n’est pas seulement bon à
égal à je vous aime ! (Voltaire) manger, mais aussi à penser. (C.
LéviStrauss)
Algorithme
Les algorithmes génétiques sont des pro- Alimentaire
grammes d’ordinateurs qui évoluent de L’information alimentaire (qu’est ce
façon analogue à la sélection naturelle. qu’on mange, en quelles quantités, quand
Ils peuvent résoudre des problèmes com- et comment on le mange) est essentielle
plexes même si leurs créateurs ne les pour la santé. (G. Apfeldorfer)
comprennent pas totalement. (J.H.
Holland) Alimentation
Les américains connaissent bien les
disAucun algorithme mathématique ne peut cours nutritionnels, mais ils ne
être identifié à une propriété physique du responsabilisent pas leur propre
alimencerveau, mais il peut, en tout cas provi- tation. (J.F. Lemoine)
soirement, rendre compte. (A. Connes)

Alimenter Il reste toujours un écart entre le réel et
Il devient même cher de bien s’alimenter ce que nous en formalisons. Le mot n’est
aujourd’hui. (J.P. Geai) pas la chose, l’algorithme non plus. (F.
Petitot)
Allégorie
Le symbole est au sentiment ce que Alibi
l’allégorie est à la pensée. (Alain) La vieillesse est un alibi. (L. Scutenaire)

Allégresse Nous n’avons plus l’alibi de l’ignorance
Toute allégresse a son défaut Et se brise sur une multitude de problèmes. (N.
Huelle-même. Si vous voulez que je vous lot)
aime, Ne riez pas trop haut. (P-J. Toulet)
Aliénation
Aller L’aliénation, c’est l’autonomisation et la
Aller vers l’autre, sauver cet être souf-dominance du moment imaginaire dans
frant, démuni, persécuté, abandonné, l’institution qui entraîne
seule une personne désintéressée, qui n’a l’autonomisation et la dominance de
d’autre but que de donner une part d’elle l’institution relativement à la société. (C.
même, peut le faire. (M. Gray) Castoriadis)

On dénombre six formes d’aliénation Alliance
provenant du milieu du travail : un sen- La paix, le commerce, une honnête
amitiment de perte de contrôle sur son tié avec toutes les nations, mais une
travail, une perte de sens, un sentiment étroite alliance avec aucune. (T.
Jefferd’anomie (d’absences de normes), un son)
sentiment d’aliénation culturelle,
d’aliénation personnelle, un sentiment La nécessité de l’alliance apparaît dès
d’isolement social. (W.R. Scott) que vous avez à conduire une action
col30 lective, pour mieux relever un défi, ré- radrap de l’alphabet, le Z est un 7 qui
pondre à un danger, réaliser un projet. écoute la messe. (R. Gomez de la Serna)
(J.C. Fauvet)
Alphabétisation
Les deux formes d’alliances principales L’alphabétisation de la science est aussi
sont : l’acquisition (une firme en achète importante que l’alphabétisation, tout
une autre ou se fait acheter), la coalition court. (G. Charpak)
(une firme joint ses forces à une autre).
(M. Porter)
Alternative stratégique
La formulation d’alternatives stratégi-L’alliance est une attitude qui consiste à
ques est un exercice de synthèse qui exprimer un accord avec une personne
consiste à articuler en deux ou trois scé-du système considéré. (D. Bériot)
narios de développement contrastés, les
recommandations éparses et diverses is-Une alliance, sans être une formule ni
sues du diagnostic de fonctionnement et facile, ni magique, c’est plus rapide,
de positions stratégiques de l’entreprise. moins traumatisant et cela laisse
dispo(B. France-Lanord) nibles des ressources financières pour
mener d’autres combats que le
capitaAliéné lisme cannibale. (D. Ettighoffer)
Les aliénés, loin d’être des coupables
qu’il faut punir, sont des malades dont Une alliance limitée à la défense contre
l’état pénible mérite tous les égards dus à d’injustes agresseurs (qu’ils soient
interl’humanité souffrante. (P. Pinel) nes ou étrangers), et aux échanges, ne
fait pas un Etat. (Aristote)
Alunissage
L’alunissage de vrais astronautes inté-Allié
resse le monde. Les robots qui alunissent Ce que je ne peux réussir tout seul, ni par
ne sont là que pour précéder l’envoi la force ni par le consensus, eh bien, je
d’êtres humains. (B. Aldrin) l’entreprendrai avec tels ou tels, à qui
j’attribue le statut d’alliés. (J.C. Fauvet)
Altruisme
Le mot d’altruisme exprime assez bien Allocation universelle
l’état où le moi ne s’appartiens pas, où il L’allocation universelle est un revenu
se confond avec autre que lui-même, où versé par une communauté politique à
le pôle de sa conduite est situé en dehors tous ses membres sur une base
individe lui, à savoir dans un groupe dont il duelle, sans contrôle des ressources ni
fait partie. (É. Durkheim) exigence en terme de travail. (P. Van
Parijs)
Ambiguïté
La tolérance à l’ambiguïté se définit Alphabet
comme la capacité d’accueillir des in-Le B est la conjonction du chiffre 13, le
formations vagues, incomplètes, F le robinet de l’alphabet, le I son petit
fragmentées, à multiples probabilités, doigt, le R un P qui marque le pas, le Q
non structurées, incertaines, incohéren-naquit un jour que le O remuait la queue,
tes, contraires, contradictoires ou pas le S est l’hameçon de l’alphabet, le T une
claires. (J. Schéré) balance sans ses plateaux, le X est le
spa31 Rien de ce qui provient de l’âme
proSi pour un émetteur donné il y a plu- fonde et passionnée ne peut être
sieurs réceptions possibles, il y a mauvais. (D.H. Lawrence)
ambiguïté. (C.E. Shannon)
C’est un cœur vivant, une grande bouche
Vous avez pour moi des côtés fuyants, vorace, une âme brute qui n’a pas encore
des ambiguïtés où je me perds. (G. Flau- été séparée de la terre mère. (N.
Kazantbert) zakis)

On essaye d’éviter l’ambiguïté qui repré- Pour parvenir à contempler la vérité,
sente un péril : péril de faire un mauvais l’âme, prisonnière du corps, des sens, des
choix, péril de ne pouvoir échapper à une apparences, doit se libérer des liens qui
situation déconcertante, péril même de la l’entravent. (I. Prigogine)
raison. (P. Baumard)
Pour que mon âme puisse connaître
Il ne faut pas confondre la notion Dieu, il faut qu’elle soit céleste. (J.
Eckd’ambiguïté et celle d’absurdité. Décla- hart)
rer l’existence absurde, c’est nier qu’elle
puisse se donner un sens ; dire qu’elle est Il y a l’âme et le corps, et tous deux
exambiguïté, c’est poser que le sens n’en priment la même chose : un attribut du
est jamais fixé, qu’il doit sans cesse se corps est aussi un exprimé de l’âme (par
conquérir. (S. de Beauvoir) exemple la vitesse). (G. Deleuze)

L’âme de l’homme ressemble à l’eau : Ambition
elle vit du ciel, elle monte au ciel, et, L’ambition est le fumier de la gloire. (P.
sans trêve ni repos, il lui faut retomber à Bacci)
terre, cycle éternel. (J.W. von Goethe)
J’ai tout raté. Comme j’étais sans
ambiVa, va, pauvre âme, je n’envie pas ta tion, peut-être ce tout n’était-il rien. (F.
gloire. (W. Shakespeare) Pessoa)

Et vous, grande âme, espérez-vous un
Âme songe Qui n’aura plus ces couleurs du
Une entreprise est comme une maison de mensonge Qu’aux yeux de chair l’onde
campagne ; elle doit posséder une âme. et l’or font ici ? (P. Valéry)
(M. Burton)
L’âme est seule au-dessus du monde
Le monde naturel est le processus voulu bleu De la terre belle et animale, sans
espar Dieu pour la création et la formation pace. (P.J. Jouve)
de l’intelligence et nécessaire pour éveil-
ler la matière inerte, chaotique, et la Chaque peuple possède une constitution
transformer en esprit, pour sublimer la mentale aussi fixe que ses
caractéristiboue de la terre et faire de l’âme. (T.R. ques anatomiques et qui s’exprime dans
Malthus) son âme. (G. Le Bon)

Qu’est-ce que l’âme humaine, sinon une L’âme est entre le sensible et
flamme ? (S. Lagerlöf) l’intelligible. Il est mieux pour l’âme
d’être dans l’intelligible, mais il est
né32 cessaire, avec la nature qu’elle a, qu’elle
participe à l’être sensible. (Plotin) En Amérique, l’essentiel du pouvoir na-
tional ne réside plus dans les institutions
L’âme soutient la continuité du monde religieuses, universitaires ou familiales,
organique et inorganique, et unit toute la mais plutôt dans les domaines
économinature en un organisme universel. (F. que, politique et militaire. (C.W. Mills)
Schelling)
Ami
Toute chose singulière, finie, dépend Entre amis, tout est commun. (J.P.
Verd’une autre cause elle-même finie et ain- nant)
si à l’infini. Il n’y a dans l’âme aucune
volonté absolue ou libre. (B. Spinoza) Si mes amis sont heureux, je serai moins
misérable. (Voltaire)
L’âme accomplit des actes indépendants
les uns des autres qui nous font connaître Je n’ai pas confiance en lui, nous
somen elle des pouvoirs indépendants. (A. mes amis. (B. Brecht)
Garnier)
Il n’y a pas de plaisir comparable à celui
On écrit avec la volonté de satisfaire au de rencontrer un vieil ami, excepté
peutdouble besoin de musique et de géomé- être celui de s’en faire un nouveau. (R.
trie que nous portons tous dans une âme Kipling)
bien faite. (M. Barrès)
Les vieux amis sont des maisons très
Aménagement (du territoire) hautes qui cachent une partie du ciel
Le terme aménagement désigne un en- mais font très bien dans le paysage. Les
semble de pratiques d’organisation de soirs d’automne leur éclairage embaume
l’espace, depuis un modeste lotissement tout alentour. (M. Seuphor)
rural jusqu’aux grands programmes na-
tionaux. (J.P. Lacaze) Celui qui n’a pas d’amis sera mis à mort.
(L.A. Saint-Just)
Amérique
Aucune nation n’a été aussi dominante Amiante
culturellement, économiquement, tech- La mise en danger d’autrui par l’amiante
nologiquement et militairement depuis est le révélateur d’un système français de
l’empire romain, que l’Amérique. (C. prévention qui fait faillite. (H. Seillan)
Krauthammer)
Depuis un siècle on sait que l’amiante est
Que l’Amérique soit l’Amérique encore ! cancérigène, mais l’état se dégage de ses
Qu’elle soit encore le rêve qu’elle fut ! responsabilités de désamiantage en
faQu’elle soit le pionnier dans la plaine, veur des lobbies industriels. (D.
cherchant une patrie où il soit libre. (L. Belpomme)
Hugues)
Amitié
L’Amérique est l’amie de chaque pays, L’amitié semble constituer le lien de
Cide chaque peuple, de chaque homme, de tés et les législateurs paraissent y
chaque femme, qui recherche un avenir attacher un plus grand prix qu’à la justice
de paix et de dignité. (B.H. Obama) même. (Aristote)
33
Au sens large, il y a dans l’amitié L’amour est une plénitude intérieure. Il
l’ensemble des liens sociaux fondés sur exige l’équilibre, la lucidité et la force.
la nécessité de vivre ensemble, l’amitié Tout ce qui abîme et détériore montre un
est naturelle. Elle participe d’une socia- manque d’amour. (P. Daco)
bilité naturelle. L’amitié est ce qu’il y a
de plus nécessaire pour vivre. (É. Co- Il n’y a que dans les mystérieuses
équabast) tions de l’amour que l’on peut trouver
raison et logique. (J. Nash)
Dans une société civilisée, l’homme a
besoin à tout moment de l’assistance et La puissance de l’amour est fort étrange.
du concours d’une multitude d’hommes, Aussi, les puissants se gardent-ils de
partandis que toute sa vie suffirait à peine ler d’amour. Ils savent que leurs avions,
pour lui gagner l’amitié de quelques per- missiles, fusées, canons, hélicoptères, ne
sonnes. (A. Smith) sont rien devant l’amour. (M. Conche)

L’amitié, considérée dans sa perfection, Il y a différents types d’amour basés sur
est l’union de deux personnes liées par diverses combinaisons de trois
compoun amour et un respect égaux et récipro- santes : intimité, passion et engagement.
ques. (E. Kant) (R.J. Sternberg)

Toutes les sortes de beauté n’inspirent Amour
pas l’amour ; certaines réjouissent juste Un jour, quand nous aurons maîtrisé les
la vue, mais ne font pas naître de senti-vents, les vagues, les marées et
ments. (M. de Cerventès) l’apesanteur, nous exploiterons l’énergie
de l’amour ; alors, pour la seconde fois
L’amour, c’est l’infini à la portée des ca-dans l’histoire du monde, l’homme aura
niches, et j’ai ma dignité, moi. (L.F. découvert le feu. (P. Teilhard de
CharCéline) din)

Il n’y a pas d’amour heureux. Je suis Il n’existe qu’une chose qui grandit en se
plein du silence assourdissant d’aimer et partageant, c’est l’Amour. (V. Hugo)
je ne pense à rien si ce n’est à l’amour.
(L. Aragon) Le mot amour n’est jamais prononcé
dans les grandes entreprises. (A.
RodL’amour rend léger. (J. Updike) dick)

Les deux qualités que je tiens pour im-On ne peut dire des généralités sur
portantes sont l’amour de la vérité et l’amour. (J. Derrida)
celui de notre prochain. (B. Russell)
L’amour, c’est aider les autres à devenir
L’amour est la fréquentation assidue eux-mêmes. (B. O’Brien)
d’un mystère. (E.E. Schmitt)
L’amour est premier, non absolument
L’amour est un sentiment révolution-sans doute (car alors il serait Dieu) mais
naire. (T.W. Adorno) par rapport à la morale, au devoir, à la
loi. (A. Comte-Sponville)
34 Ce n’est pas l’amour du prochain, c’est d’espérance, est le pur amour ou la
parl’amour du lointain que je te conseille. faite charité. (F. Fénelon)
(F. Nietzsche)
L’amour est un respect absolu porté à
Le véritable amour est un amour sans l’autre et la reconnaissance de sa
légitidissimulation. C’est aussi un amour où mité en tant qu’autre. (H. Maturana)
ne se mêlent pas le plaisir sensuel et
l’amitié des âmes, c’est-à-dire sans mé- La notion chrétienne de l’amour absolu
lange de plaisir et de déplaisir. C’est un est mille fois plus exigeante et plus
amour juste et direct. C’est un amour in- stricte, dans son inflexible pureté,
corruptible qui reste toujours le même. qu’aucune justice. Et quand on se tue par
(M. Foucault) amour, rien n’est trop beau, ni trop cher,
rien ne tue assez. (G. Bernanos)
L’amour des langues n’est pas très
éloigné de l’amour des hommes. L’amour de Amoureux
la langue, par exemple maternelle, se dé- Pour tomber amoureux, on doit être dans
finit en termes psychanalytiques comme un certain état d’esprit pour que cela
l’amour de la mère. (C. Hagège) prenne, comme pour une maladie. (N.
Mitford)
L’amour est la faiblesse de la cervelle.
(A. Rimbaud) L’amoureux solitaire est souvent un nau-
fragé du cœur involontaire. (P. Dac)
Les poètes célèbrent avant tout l’amour
et ils ont raison, car rien n’a plus que
Amour-propre l’amour le besoin d’être transformé en ce
Rien de plus sale que l’amour-propre. qu’il n’est pas. (P. Lagerkvist)
(M. Yourcenar)
Amour, tu as été mon maître, Je t’ai servi
L’effet combiné des règles d’amour-sur tous les Dieux. Ah si je pouvais deux
propre et de considération est que, dans fois naître, Comme je te servirai mieux !
les rencontres, chacun tend à se conduire (C. Marot)
de façon à garder aussi bien sa propre
face que celles des autres participants. Regrettant mon amour et votre fier
dé(E. Goffman) dain. Vivrez, si m’en croyez, n’attendez
à demain : Cueillez dès aujourd’hui les
L’amour-propre est l’amour de soi-roses de la vie. (P. de Ronsard)
même et de toutes choses pour soi. (F. de
la Rochefoucauld) Le sentiment intime d’exister comme un
être propre s’affirme particulièrement
Amplificateur dans l’amour. L’amour abolit les
frontièOn appelle amplificateur tout organe qui res entre le Moi, l’idéal et l’autre,
accroît une grandeur caractéristique d’un jusqu’à la passion qui les fusionne. (V.
signal. (L. Couffignal) de Gaulegac)

L’amour pour Dieu seul, considéré en Amplification
lui-même et sans aucun mélange de mo- L’amplification est un terme non
technitif intéressé, ni de crainte, ni que signifiant une réponse supérieure à
35 celle qui semblerait justifiée par la cause Analyse conversationnelle
de cette réponse. (J. Forrester) L’analyse conversationnelle porte sur le
comportement verbal des acteurs et sur
leurs interactions (énoncés, pauses, hési-An
tations, rires). Elle étudie l’organisation On vit à une époque où il faut presque
des tours de parole, les phases successi-s’excuser d’avoir cinquante ans. (J.
Moves de l’interaction verbale, et reau)
l’interprétation que font les acteurs des
messages émis. (J.J. Gumperz)
Anagramme
Neige ignée = le génie. (Y. Nadal)
Analyse des pratiques
L’analyse des pratiques correspond à des
Analogie dispositifs de formation divers quant à
L’analogie est une ressemblance relevée leurs objectifs, aux questions qu’ils
souentre deux états, concepts, ou faits dont lèvent, aux personnes concernées.
la nature ou le contexte est différent. (D. L’identité professionnelle de l’animateur
Bériot) par rapport à celle des participants, la
place de l’analyse des relations
profesAnalogique sionnelles, la caractérisent. (A. Lévy)
Analogique qualifie une communication
usant d’images, de représentations gra- Analyse diagnostic
phiques, métaphoriques, par opposition à Pour faire une analyse diagnostic du
sysdigital qui qualifie un langage binaire tème d’information, il faut partir du
séquentiel. (D. Bériot) sommet de l’organigramme de
l’entreprise. (B. Lussato)
Analogisme
L’analogisme désigne une discontinuité L’analyse diagnostic ouvre notre esprit
des intériorités et des physicalités des de façon à saisir la situation de façon
crihumains et des non-humains – les socié- tique et bien informée. (G. Morgan)
tés où l’analogisme est présent se
caractérisent donc par des systèmes for- Analyse de la valeur
tement dualistes. (P. Descola) L’analyse de la valeur est une technique
qui a pour but d’abaisser le prix de
reAnalyse vient d’un produit existant en améliorant
L’analyse montre que l’accumulation des le détail de sa conception ; dans l’analyse
détails ne permet pas d’améliorer la qua- de la valeur, le principe de rentabilité est
lité de la synthèse. (A. Leroy) combiné au principe de concurrence. (O.
Gélinier)
Le travail d’analyse constitue la tâche la
plus urgente de la sociologie. ( É. Durk- L’analyse de la valeur permet de
conceheim) voir un produit commercialisable
économiquement idéal ; mais c’est une
L’analyse doit établir, pour les fonctions méthode générale de traitement des
produ moi, les conditions psychologiques blèmes applicable à toutes les branches
favorables. Ce but atteint sa tâche est ac- d’activité, et qui concerne aussi bien les
complie. (S. Freud) produits que les services. (B.
FranceLanord)
36 Analyse de portefeuille ques, management, …). (B. France
L’analyse de portefeuille part de deux Lanord)
questions stratégiques que se pose
l’entreprise une fois qu’elle a découpé L’analyse de système est l’étude et la
reses activités en métiers : quelle est ma présentation du fonctionnement d’une
position concurrentielle sur chaque mé- organisation à travers le modèle
systémitier ? Quelle est la valeur présente et que. (J.L. le Moigne)
future de ces métiers ? (M. Godet)
Analyse dialectique
Analyse de situation L’analyse dialectique fait l’analyse
critiL’analyse de situation consiste à cons- que des théories, des méthodes, des
truire une image de l’état actuel du pratiques. Elle amène aussi à raisonner
système entreprise-environnement, à par- en contraires, qui s’opposent mais ne
tir de laquelle une étude pourra se s’excluent pas, plutôt qu’en
contradictoidévelopper. Image détaillée et approfon- res. (M. Pagès)
die (qualitativement/quantitativement),
globale (économi- Analyse dynamique
que/technologique/sociologique), Une des questions que fait apparaître
dynamique (tendances passées et futu- l’analyse dynamique est celle des limites
res). (M. Godet) d’un système technique qui
conditionnent dans une certaine mesure le progrès
Analyse de système technique. (B. Gille)
L’analyse de système est un outil de
l’approche systémique ; elle définit les Analyse économique
limites du système à modéliser – à iden- L’analyse économique a longtemps
astifier les éléments importants et les types similé connaissance et information. (D.
d’interactions entre ces éléments – puis à Foray)
déterminer les liaisons qui les intègrent
en un tout organisé. (J. De Rosnay) L’analyse économique n’a jamais été le
produit d’une curiosité intellectuelle
déL’analyse de système consiste souvent à tachée, relative au pourquoi des
mettre en valeur le fait que l’objectif phénomènes sociaux, mais celui d’un
beexaminé doit être replacé dans un con- soin pressant de reconstruire un monde.
texte plus large que son système (F. Hayek)
originel ; le terme d’analyse montre que
l’on décompose les problèmes
comAnalyse externe plexes en éléments constituants. (Y.
L’analyse externe permet d’identifier les Barel)
atouts de chaque activité de l’entreprise
par rapport à son environnement et à ses L’analyse de système est un ensemble de
partenaires, de dégager des opportunités concepts et de méthodes issus de la
théonon satisfaites (hors du champ d’activité) rie des systèmes et d’autres théories
qui constituent une base de développe-(théorie de l’information,
mathématiment future. (B. France-Lanord) ques, physiques, cybernétiques,
anthropologiques, …), appliquées et
adaptées à différents domaines
(biologi37 Analyse financière Analyse organisationnelle
L’analyse financière repose sur une ana- Le défi auquel est confrontée l’analyse
lyse très stricte du bilan, qui permet de organisationnelle est la conciliation des
mettre en évidence la structure financière modèles rationnels avec le système
natu(utilisation des capitaux, valeur du fond rel. (A.W.Gouldner)
de roulement, liquidités, …), sur un
compte d’exploitation qui exprime les Analyse stratégique
résultats et la formation des bénéfices. Instrument d’action sur l’avenir,
(B. France-Lanord) l’analyse stratégique est un processus
anticipatif, normatif et réactif, rétroactif,
Analyse fonctionnelle informatif, indicatif, directif, participatif.
L’analyse fonctionnelle de la culture part (M. Godet)
du principe que dans tous les types de
civilisation, chaque coutume, chaque ob- L’analyse stratégique utilise trois
conjet matériel, chaque idée et chaque cepts clés : le pouvoir, la zone
croyance remplit une fonction vitale, a d’incertitude, le système d’action
conune tâche à accomplir, représente une cret. Elle étudie les relations de pouvoir
partie indispensable d’une totalité orga- et les effets des stratégies des acteurs
nique. (B. Malinowski) dans l’organisation. (M. Crozier)

L’analyse fonctionnelle, en thérapie de Analyse structurelle
psychologie cognitive, précise les rela- L’analyse structurelle met en lumière la
tions entre les comportements, les structure des relations entre les variables
pensées, les émotions et l’environnement qualitatives, quantifiables ou non,
caracsocial et physique, de façon à adapter la térisant le système étudié (ex : une
thérapie à chaque patient. (J. Cottraux) entreprise et son environnement). (M.
Godet)
Analyse interne
L’analyse interne permet d’inventorier Analyse transactionnelle
les capacités et les ressources, et de dé- L’analyse transactionnelle est une
approtecter les faiblesses de l’entreprise, che systémique psychanalytique. Selon
fonction par fonction, de statuer sur la la nature de notre relation à autrui, le
pavaleur et la pertinence des méthodes de rent, l’adulte et l’enfant qui sommeillent
gestion et des moyens d’action utilisés en nous, prennent tour à tour le contrôle
dans chaque fonction. (B. France- des opérations. Dans ce ménage à trois,
Lanord) les moi se suivent et ne se ressemblent
pas. (P. Vaz)
Analyse multicritères
Une analyse multicritères permet de por- Analyste
ter un jugement comparatif sur L’analyste est l’homme capable de
comdifférentes actions, à avancer la meil- prendre le problème qui se pose. (J.
leure action, à faire une partition des Arsac)
actions, ou à les classer. (M. Godet)
Anarchie
L’anarchie c’est l’ordre moins le
pouvoir. (M. Bakounine)
38 J’ai vu un ange dans le marbre et j’ai
Les anarchies organisées sont des orga- simplement ciselé jusqu’à l’en libérer. (
nisations caractérisées par des Michel Ange)
préférences incertaines, une technologie
floue (qui procède par essais/erreurs) et Nous abritons un ange que nous
choune participation fluctuante. (J.P. Olsen) quons sans cesse. Nous devons être les
gardiens de cet ange. (J. Cocteau)
Anarchisme
Nous sommes les pensées d’un ange. (C. L’anarchisme, tout en n’étant pas la
phiRoudenko-Bertin) losophie politique la plus attrayante, est
un excellent remède pour
Oui, je suis fais de la même matière or-l’épistémologie et pour la philosophie
ganique que les anges. (A. Artaud) des sciences. (P. Feyerabend)
Angle Anarchiste
Les angles, dans le traitement géométri-Les anarchistes sont ces forcenés et ces
que d’une sculpture, ont tous un rôle barbares qui voudraient renverser toute
précis en rapport des segments présents police, ces fanatiques, qui ne cherchent
dans la totalité du cercle. (J. Beuys) qu’une licence débridée, et voudraient
que les hommes vivent pêle-mêle comme
rats en paille. (J. Calvin) Angoisse
Le sentiment de ne pas savoir peut
générer beaucoup d’angoisse. (M. Basseches) Ancêtre
La recherche de liens directs entre
ancêL’angoisse naît d’un sentiment ressenti tres et descendants est inutile et
comme pénible, d’une menace immi-trompeuse. Inutile, car les traits
ancesnente mais non avérée. Elle peut traux se suffisent à eux-mêmes,
déboucher sur des troubles psychologi-trompeuse, car elle peut aboutir à la
créaques voire psychiatriques. (Y. Pesqueux) tion d’artefacts. (P. Tassy)

L’angoisse se distingue de la peur d’être
Ancien au monde par ceci que la peur est peur
Posséder de l’« ancien », c’est à dire des des êtres au monde et que l’angoisse est
choses présentes qui sont du passé, de angoisse devant moi. (J.P. Sartre)
l’histoire accumulée, c’est dominer le
temps. (P. Bourdieu) L’angoisse est le vertige de la liberté
survenant quand l’esprit veut poser la
Androïde synthèse et que la liberté, scrutant les
Les androïdes rêvent-ils de moutons profondeurs de sa propre possibilité,
saiélectriques ? (P.K. Dick) sit le finit pour s’y appuyer. Elle est en
même temps le plus haut point de
l’égoïsme. (S. Kierkeegard) Ange
L’ange déchu devient un diable malin.
(M. Wollstonecraft Shelley) Animal
Les animaux d’une même espèce
n’agissent tous d’une même manière,
que parce que n’ayant pas au même point
39 que nous le pouvoir de se copier, leur so- semblance aussi incontestable que celle
ciété ne saurait faire ces progrès qui font de notre sang, de nos besoins, de nos
varier tout à la fois notre état et notre fonctions. (Voltaire)
conduite. (É. de Condillac)
L’attachement aux animaux est lié à une
À côté des créations de la fable (sphinx, nostalgie où nous étions nous-mêmes des
centaures, sirènes, hippogriffes), il existe animaux, ni plus ni moins bêtes, ni
meildes animaux vertébrés comme les licor- leurs qu’aujourd’hui – plus vrais
peutnes, longtemps décrits dans les ouvrages être –, à des époques reculées où nous
de sciences naturelles. Il en est d’autres, étions en paradis ou en enfer selon les
à l’inverse, qui y figurent depuis peu et belles histoires de la Genèse ou des
myqui existent réellement. (R. Caillois) thes des origines. (H. Cueco)

La communication existe dans tout le rè- Nous formons avec l’animal une
comgne animal comme dans tout le monde munauté naturelle dans laquelle
vivant. (J. Goldberg) l’humanité ne doit pas être considérée
comme supérieure à l’animalité. Et
Ce sera un jour un crime de tuer un ani- l’animal fait partie du monde sensible :
mal comme c’est un crime de tuer un son corps n’est pas compréhensible hors
homme. (Léonard de Vinci) de la fonction d’être vu. Il voit selon
qu’il est visible. (M. Merleau-Ponty)
Les animaux délimitent un territoire, le
marquent, le défendent, en interdisent la Animalité
fréquentation ou la soumettent à des Dès que le besoin est une faiblesse, un
conditions draconiennes, notamment en manque de liberté, l’homme ne doit pas
exigeant d’évidents signes de soumis- avoir d’autres besoins que ceux de
sion. (M. Onfray) l’animal, que ceux satisfaits par la na-
ture. L’animalité est un exercice, une
Par son instinct, un animal est déjà tout manière d’être à l’égard de soi-même.
ce qu’il peut être ; une raison étrangère a (Diogène. Laërce)
déjà pris soin de tout pour lui. Il n’a pas
d’histoire et n’est pas un être politique, il Voir et être vu sont des ingrédients de
n’a pas besoin d’éducation. Au contraire l’animalité. (M. Merleau-Ponty)
de l’homme qui n’est qu’indiqué,
qu’esquissé. ( J.G. Fichte)
Animateur
Être l’animateur d’un groupe de travail, Lorsque les animaux sont en bonne
sanc’est consolider le mérite collectif, faire té, et que leurs appétits sont satisfaits, ils
progresser les moins bons vers la qualité goûtent le sentiment agréable attaché à
des meilleurs, laisser faire et rechercher cette satisfaction ; et par conséquent
la concertation. (Renault, Mides) cette espèce est heureuse à sa manière. (
J. Offray de la Mettrie)
Animation
Il faut coordonner les efforts, stimuler la Les animaux ressentent du plaisir à faire
volonté, utiliser les facultés de tous ; toutes les fonctions auxquelles ils sont
c’est le rôle de l’animation. (H. Fayol) destinés. Nous sommes gouvernés par
l’instinct ; c’est encore une ressemblance
que nous avons avec les animaux.
Res40 Le rôle de l’animation c’est de gérer Anodin
l’action – de faire exécuter par les mem- Dans notre pays l’anodin est aussi
imbres de l’organisation le travail portant que le mystique. (S. Tharoor)
nécessaire à la réalisation des objectifs. Il
présente une composante économique Anomalie
(efficacité profitable) et une composante Il faut que plusieurs anomalies majeures
sociale (satisfaction). (B. France-Lanord) persistent pour qu’une crise intervienne.
Une anomalie ne déclenche pas à elle
L’animation est le mode dynamique de seule une crise. (Z. Petreski)
management par lequel un acteur (no-
tamment un chef), s’appuyant sur la L’anomalie (qui est un substantif qui
déconfiance que lui témoigne le corps so- signe un fait) est un concept normatif
cial, fait en sorte que se structure une alors qu’anormal (qui est un adjectif qui
organisation porteuse d’effort collectif et désigne une référence à une valeur) est
de transcendance. (J.C. Fauvet) un concept descriptif. ( G. Canguilhem)
Animer Anomie
Animer c’est susciter la vie sociale à une L’état de dérèglement ou d’anomie est
organisation. (J.C. Fauvet) renforcé par le fait que les passions sont
moins disciplinées au moment même où
Animisme elles auraient besoin d’une forte
disciL’animisme, où la plupart des existants pline. L’anomie est la conséquence
ont une intériorité semblable tout en se d’une absence ou d’un manque de
régudistinguant par leur corps, caractérise les lation des aspirations individuelles. (E.
sociétés pour lesquelles les attributs so- Durkheim)
ciaux des non-humains permettent de
catégoriser des relations, les non- L’anomie apparaît quand une fraction de
humains étant les termes d’une relation. la population n’épouse plus les valeurs
(P. Descola) d’une société. (R. Merton)

L’anomie est, au sens étymologique du Année
terme, l’absence ou la violation de la rè-Il n’y a aucune chose qui aille plus vite
gle : un acte est « anomique » lorsqu’il que les années. (L. de Vinci)
est en dehors de toute loi ou règle. (J.C.
Filloux)
Annuaire
Si je n’avais plus rien à lire, je crois que
Antagonisme je me jetterais sur l’annuaire du
téléL’antagonisme est une énergie phone. (J. Chalon)
d’éloignement, de refus, voire de guerre.
(J.C. Fauvet)
Annuler
On imagine une nation d’endormis, un
Antarctique peuple dont le cerveau, en plein rêve,
L’antarctique est pauvre en couleurs obéit à l’ordre donné : annuler, annuler,
(blanc, bleu, gris). Tout est froid, tout est annuler. (C. Wolf)
rare. Il faut y avoir une grande rigueur si
on veut rester en forme. De plus, c’est
41 l’endroit le plus sec du monde, qui com- Anthropologie cognitive
prend cent jours de nuits totales. (J.L. L’anthropologie cognitive est une
tentaEtienne) tive de compréhension des principes
d’organisation qui sous-tendent le
comportement des hommes. En partant de Anthologie
l’hypothèse que chaque peuple a un sys-Toute anthologie est une provocation.
tème particulier de perception et Elle souhaite provoquer chez le lecteur
d’organisation des phénomènes maté-ignorant, et qui voudrait ne pas le rester,
riels. (S. Tyler) le désir d’aller explorer les domaines et
les œuvres dont on lui indique les
entrées. (C. Roy) Anthropologue
L’atelier de l’anthropologue, c’est
luimême ; c’est l’ensemble des réactions Anthropologie
qu’il a vis-à-vis d’une situation, d’un in-La matière propre à l’anthropologie est
dividu, d’une communauté. C’est un le comportement des peuples vivants
témoin que personne ne peut contredire. dont l’existence sociale se conforme à
(P. Descola) des mœurs héritées d’ancêtres qui
suivaient des coutumes collectives
semblables. (M. Mead) Anticipation
Sans activité d’anticipation, notre
pouL’anthropologie se présente souvent voir serait vite réduit à néant. (B. De
comme une science de la différence cul- Jouvenel)
turelle ; à ce titre, elle s’est longtemps
tenue à l’écart de toute psychologie. (M. Antifatalité
Bloch) L’antifatalité est caractérisée par sept
idées clés :
Le cœur de l’anthropologie, la question - éclairer l’action présente à la
lude base de l’anthropologie, est la raison. mière du futur,
(P. Legendre) - explorer des avenirs multiples et
incertains,
L’anthropologie (ou tout projet de con- - adapter une vision globale et
sysnaître les êtres humains tels qu’ils sont) témique,
se penche sur la répartition sexuelle des - prendre en compte les facteurs
quatâches, fonctions et attributs, dans telle litatifs et les stratégies d’acteurs,
société, avec souvent le projet de trouver - se rappeler en permanence
une bonne raison que le cru aille à l’un et qu’information et prévision ne sont
le cru aille à l’autre, ou le contraire. (M. pas neutres,
Le Dœuff) - opter pour le pluralisme et la com-
plémentarité des approches,
L’anthropologie est fille de la pensée - remettre en cause les idées reçues.
scientifique et de la foi dans l’évolution. (M. Godet)
(P. Descola)

Antimatière L’anthropologie est plutôt un mode de
Le livre donne matière à réflexion, donc connaissance qu’une connaissance
porantimatière en proportion. (P. Chesnel) tant sur un objet en particulier. (C.
LéviStrauss)
42 Antiquité Aporie
Antiquité, antiquité, jeunesse de L’aporie surgit au moment où le temps,
l’éternité. (J. Cocteau) échappant à toute tentative pour le
constituer, se révèle appartenir à un ordre du
constituant toujours déjà présupposé par Antiroman
le travail de constitution. (P. Ricoeur) La vie est un antiroman. (E. Bowen)
Apôtre Anxiété
Les témoins vivants, les apôtres, ont écrit L’anxiété nous incite à appliquer
davanles évangiles pour laisser une trace de tage de moyens à une tâche car nous
l’existence du Christ qui ne transmettait attachons beaucoup d’importance à sa
que par la parole. (F. Lenoir) réussite. (J. Pitrat)

L’anxiété, proche de la peur, est une hu- Appareil
meur, accompagnée d’un sentiment Inspiré par les nécessités de la vie,
négatif, d’une tension physique (éléva- l’appareil est fait pour s’y accommoder.
tion du rythme cardiaque et tension (B. Pascal)
musculaire) et d’une attitude préoccupée
ou agitée. Elle est devenue le groupe des Si complexe que soit l’appareil humain,
troubles anxieux. (A. Braconnier) chaque acte est déterminé par des
conditions fatales, lois des mouvements
réflexes, lois d’inhibition, loi Aphasie
d’excitation, loi d’association. (C. Ri-L’aphasie désigne l’ensemble des
trouchet) bles du langage causés par une lésion
cérébrale. Cette pathologie nous éclaire
sur le langage lui-même, sur ses relations Apparence
avec le cerveau, sur ses relations avec la Rien au monde, après l’espérance, n’est
pensée. (G. Chapelle) plus trompeur que l’apparence. (C.
Perrault)
Aphorisme
Avec soulagement, avec humiliation, De l’aphorisme obscur retiens l’étincelle.
avec terreur, il comprit que lui aussi était (Y. Broussard)
une apparence, qu’un autre était en train
de la rêver. (J.L. Borgès)
Apnée
Le problème de l’apnée est la fermeture Quand l’apparence devient suspecte et
des voies aériennes permettant de respi- n’est plus une façon pour l’être de
rer. Quand on fait de l’apnée on ronfle. s’exposer, mais de refuser, il se produit
Mais le ronfleur n’est pas apnéique. (P. dans la conscience une sorte
Escourrou) d’ébranlement radical, le soupçon d’être
moins muré que dupé. (P. Ricoeur)
Apophantique
La première espèce de discours apophan- Appartenance
tique, c’est l’affirmation ; la seconde, Les appartenances constituent une
singuc’est la négation. (Aristote) larité. Elles sont multiples, sociales,
nationales, sexuelles – et elles ne sont
43 pas nécessairement à prendre comme des sée, de la théorie avec la pratique. (S.
entraves à l’universalité. (J. Roman) Imel)

L’apprentissage s’appuie sur Apprendre
l’expérience propre à chaque individu, et Apprendre, ce n’est pas tout mémoriser,
a donc un lien étroit avec la mémoire. mais oublier de façon judicieuse et
généApprentissage, mémoire et intelligence raliser. (S. Alava)
sont étroitement liés. (F.Y. Doré)
Les individus sont guidés par leur désir
On distingue l’apprentissage explicite d’apprendre. (C. Argyris)
(quand il y a rappel conscient
d’évènements passés), et l’apprentissage Apprendre ne se ramène pas à un cumul
implicite (chaque fois où l’on observe d’informations, mais passe par le
remades effets du passé sur la construction de niement des conceptions, et surtout par
pensées ou d’actions nouvelles, sans se un travail actif des obstacles. (J.P.
Astolsouvenir du passé). (C. Pacteau) fi)

L’étudiant doit être capable de réfléchir Apprendre vaut mieux qu’enseigner et la
sur son apprentissage. Plus que tout autre seule chose importante c’est ce que le
suchose, c’est l’encouragement à sa ré-jet s’approprie lui-même ce dont il fait
flexion à propos de son étude qui est la son propre miel. (C. Rogers)
pierre angulaire de son développement.
(G. Gibbs)
Apprentissage
Le processus d’apprentissage d’une cul- Tout apprentissage réussi est un
chanture se déroule par étapes : des enfants gement de conceptions, processus
ou des adolescents qui ont l’impression complexe, souvent désagréable pour
de l’avoir achevé, entrent en conflits l’élève, car chaque modification est
peravec les individus qui ont acquis complè- çue comme une menace qui va changer
tement une culture. (R. Hall) le sens de ses expériences passées. (A.
Giordan)
L’apprentissage consiste à découvrir et
de corriger une erreur par rapport à des L’apprentissage est une modification du
normes de fonctionnement données comportement provoqué par les stimuli
(boucle simple) – à remettre en question venant de l’environnement. (B.F.
Skinles normes de fonctionnement (boucle ner)
double). (G. Morgan)
Si l’on avait à réduire la psychologie de
L’apprentissage comprend : la percep- l’éducation à un seul principe, on
pourtion, l’exploration et le contrôle de rait dire ceci : le plus important des
l’environnement, la comparaison de facteurs influençant l’apprentissage est
l’information ainsi obtenue et des nor- ce que l’apprenant sait déjà, de la
quantimes de fonctionnement, la remise en té, de l’organisation des connaissances et
question de ces normes, une prise de me- de son articulation aux connaissances
ansure adéquate. (N. Wiener) térieures. (D.P. Ausubel)

L’apprentissage est dépendant de Il y a plusieurs types de stratégies
l’intégration de l’expérience dans la pen- d’apprentissage : les stratégies
44 d’énumération (mémoriser des listes), Approche conversationnelle
celles d’élaboration (relier des informa- L’approche conversationnelle distingue :
tions), organisationnelles (organiser les l’organisation séquentielle globale et les
informations), les stratégies de contrôle diverses phases successives de
de la compréhension, les stratégies affec- l’interaction verbale (introduction,
dévetives (maîtriser l’émotion). (C. loppement, achèvement), et
Weinstein, R.E. Mayer) l’organisation séquentielle locale. (H.
Garfinkel)
Tout apprentissage est le fruit d’une
démarche intellectuelle qui part d’un Approche organisationnelle
questionnement concret. Les situations L’approche organisationnelle de l’action
pédagogiques font trop souvent abstrac- sociale est l’étude de la genèse des règles
tion de ce postulat de base. (J.Y. qui viennent stabiliser et discipliner les
Fournier) relations de pouvoir qui finissent par
changer les règles. Elle met seulement en
L’apprentissage s’opère dans et par la évidence la structure de coopération
enpratique, de situation en situation, de gé- tre les acteurs et la logique de
nération en génération. Apprentissage coopération qui en découle. (E.
Friedpar le faire, le voir faire qui ne nécessite berg)
pas d’explications et qui ne passe pas
nécessairement par le langage verbal. (G.
Approche processus Vincent)
L’approche processus consiste à voir une
entreprise comme un macro-processus L’apprentissage est un véritable et
comconstitué d’un ensemble de processus (en plexe acte de la pensée. Il précède
général pas plus d’une quinzaine) reliés toujours le développement. (L.
Vytgotsentre eux. (G. Schoun) ki)
Approche systématique Apprentissage social
Elle consiste à aborder un problème ou à L’apprentissage social désigne trois
proaffecter une série d’actions de façon sé-cédures qui ont leur source autour de
quentielle (une chose après l’autre), ne l’individu : l’apprentissage imitatif ou
laissant rien au hasard. (J. De Rosnay) vicariant, la facilitation sociale
(s’améliorer en présence d’observateurs),
Approche systémique l’anticipation cognitive (répondre par
C’est une réaction contre la parcellisa-raisonnement à partir de situations
simition des connaissances qui conduit à laires). (A. Bandura)
exclure du domaine étudié nombre de
facteurs importants. (E. Harle) Approche de la boite noire
L’approche de la boite noire ne
L’approche systémique, symbolisée par s’intéresse pas aux parties mais à leurs
le macroscope est une méthodologie interactions ; les composants des
systèpermettant de rassembler et d’organiser mes importent peu ; seul est pris en
les connaissances en vue d’une plus compte leur comportement global. (N.
grande efficacité. Ses dix commande-Wiener)
ments sont :
- conserver la variété,
45 - ne pas couper les boucles de régu- Approvisionnement
lation, La fonction approvisionnement doit
gé- rechercher les points rer les flux de l’ensemble des produits au
d’amplification, bon fonctionnement de l’entreprise et est
- rétablir les équilibres par la décen- systémique à la fonction marketing (du
tralisation, marché des fournisseurs au marché des
- savoir maintenir des contraintes, clients). (B. France Lanord)
- différencier pour mieux intégrer,
- se laisser agresser pour évoluer, Les approvisionnements se rapportent à
- préférer les objectifs à la pro- la fonction achats des moyens de
producgrammation détaillée, tion utilisés dans la chaîne de valeur de
- savoir utiliser l’énergie de com- l’entreprise et non aux moyens de
promande : l’information, duction eux mêmes. Les
- respecter le temps de réponse : le approvisionnements tendent à être diffus
timing. (J. De Rosnay) dans toute l’entreprise. (M. Porter)

L’approche systémique met l’accent sur Apte
les structures plus que sur les éléments ; Liberté, inégalité, survie des plus aptes :
elle s’applique donc aux systèmes de absence de liberté, égalité, survie des
grande complexité dans lesquels les ca- moins aptes ; le premier terme de
ractéristiques provenant de la structure l’alternative fait progresser la société et
l’emportent sur celles attachées aux élé- favorise les meilleurs éléments ; le
deuments constructifs. (B. Lussato) xième fait dégénérer la société et
favorise ses pires éléments. (W.G.
SumL’approche systémique est fondée sur le mer)
principe que les organisations sont
ouvertes à l’environnement et doivent
Aquarelle entretenir des relations satisfaisantes
Les contours, linéaments, îlots de avec cet environnement pour survivre.
l’aquarelle partent à la nage de tous cô-(Von Bertalanfly)
tés, entraînant mon sujet vers un flou qui
ne cesse de se dilater ou de déraper, sur-Elle a permis l’automatisation des
serviface de dissolution, de divergence et de ces de robotisation des usines et la
distorsion. (H. Michaux) gestion coordonnée des flux de certaines
activités. (D. Ettighoffer)
Arbitrage
L’arbitrage, dans un sport, c’est le rap-Approfondissement
port au respect de la forme. Pour celui L’approfondissement est une voie, elle
qui est arbitré, c’est l’apprentissage de la n’est pas le but. (P. La Cour)
limite. L’arbitre est là pour nous rappeler
qu’il s’agit d’un jeu. (A. Finkielkraut)
Appropriation
L’appropriation est indispensable pour
Arbre passer de l’anticipation à l’action. (M.
L’arbre est un magnifique exemple Godet)
d’auto-organisation : la nature en
constitue le tronc à partir du CO2 de
l’atmosphère, et ce tronc d’arbre est un
46 récepteur photochimique énorme qui fait puissantes qui prédisent et expliquent sa
vivre les animaux. (I. Prigogine) formation générale. (S. Kauffman)

L’arbre est deux fois plus utile que le Arc
fruit. (Cicéron) Si on ajoute des cordes à un arc on in-
vente la lyre. (S. Rezvani)
Les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel.
Il faudra donc de nouveau beaucoup de
Archéologue forêts. Faut-il réinventer le progrès ? (M.
Les archéologues ne sont plus des dé-Drancourt)
couvreurs de trésors. Ils sont agréés par
l’État, pour restituer le maximum L’arbre de la vie a été fabriqué à partir
d’informations et faire des fouilles pré-de la première cellule, de la même façon
cautionneusement, pour découvrir des que l’arbre a été fabriqué à partir de la
éléments des patrimoines historiques. (L. graine, exclusivement à travers des
facWatrin) teurs internes. (R. Chandebois)

Archipel Le grand arbre de la vie a ses branches
J’ai vu des archipels sidéraux ! Et des mortes et brisées enfouies dans les
couîles Dont les cieux délirants sont ouverts ches de l’écorce terrestre, pendant que
au vogueur : Est-ce en ces nuits sans ses magnifiques ramifications toujours
fonds que tu dors et t’exiles Million vivantes et sans cesse renouvelées en
d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ? (A. couvrent la surface. (C. Darwin)
Rimbaud)
L’arbre de la liberté doit être rafraîchi de
temps à autre par le sang de patriotes et Architecte
de tyrans : c’est son engrais naturel. Que Ce qui, pour le croyant, ne peut être
résignifie la perte de quelques vies dans un concilié – le ciel et la terre –,
siècle ou deux ? (T. Jefferson) l’architecte, lui, le construit dans un es-
pace fini. (A. Springer)
Chaque goutte de sève contient la
plénitude de l’arbre entier. (M. Mahesh Yogi)
Architecture (bâtiment)
L’architecture se voit et, en deçà des
Arbre de compétences mots, raconte quelque chose. Ce peut
C’est un outil d’analyse et d’évaluation donc être un support de communication.
de l’ensemble des compétences techno- (F. Lautier)
logiques, industrielles et commerciales
d’une entreprise. Il y a les racines (mé- Une architecture contemporaine doit
intiers, compétences, savoir faire), le tronc tégrer les nouveaux matériaux et
(mise en oeuvre, organisation), les bran- répondre aux exigences du présent, si
ches (lignes de produits et de services, elle veut convenir à l’homme moderne.
marchés). (M. Giget) (O. Wagner)
Arbre de vie Architecture (informatique technique)
Nous ne pourrons jamais espérer prédire Nous pourrons rencontrer trois formes
l’arborescence exacte de l’arbre de vie, d’architecture informatique technique :
mais nous pourrons découvrir les lois les architectures verticales (systèmes en
47 étoiles et systèmes maillés), les architec- L’argent, c’est le nerf de la guerre sur
tures horizontales (systèmes en boucles), tous les fronts (social, qualité, prix,
inles architectures mixtes (systèmes en ré- novation) pour obtenir des résultats
seaux). (G. Balantzian) financiers positifs. (M. Godet)

Les nouvelles architectures, pour organi- Il faut parfois mettre de l’argent dans des
ser et interconnecter les composants, activités qui en perdent et arrêter d’en
amènent à trois tendances : des réseaux donner à celles qui en gagnent. (E. Ader)
de communication complets, l’accès à
des bases de données réparties, des sta- L’argent c’est comme les femmes : pour
tions de travail améliorées pour servir le garder, il faut s’en occuper un peu, ou
d’interfaces avec les opérateurs. (S.E. alors il va faire le bonheur de quelqu’un
Madnick) d’autre. (E. Bourdet)

Dans un système électronique, Si l’argent n’achète pas l’amour, ça
facil’architecture est un paramètre clef de la lite nettement les négociations. (O.
performance globale, au-delà de la per- Wilde)
formance de chaque élément constitutif.
(J.P. Colin) Le point d’appui de l’intelligence est
l’argent. (H. De Balzac)
L’architecture de réseau intelligent opti-
mise l’usage des infrastructures On fait tout avec l’argent, excepté des
physiques. Elle permet aussi de fournir hommes. (A. Detoeuf)
des services adaptés aux besoins. (G.
Dang Nguyen, D. Phan) Nous réfléchissons bien plus à l’emploi
de notre argent, renouvelable, qu’à celui
de notre temps irremplaçable. (J.L. Ser-Argent
van-Schreiber) L’argent est un instrument qui permet de
mesurer la quantité de douleur et de
plaiL’argent est la seule reconnaissance sir. (J. Bentham)
qu’un homme d’affaires retire de son ac-
tion. (L. Adler) L’argent, c’est la puissance matérielle-
ment projetée sur le monde. Il fut donc,
Le facteur important qui contribue à en Amérique, investi de sainteté. (W.
l’euphorie spéculative et à Frank)
l’effondrement programmé, c’est
l’illusion que l’argent et l’intelligence L’amour de l’argent est ce qui donne
sont liés. (J.K. Galbraith) maintenant le sentiment de puissance le
plus élevé et la bonne conscience. (F.
Le fétichisme de l’argent consiste à Nietzsche)
transférer la valeur de l’échange entre
humains sur la monnaie elle-même. (P. L’argent est tant contemporain de
Viveret) l’homme, que le mot hébraïque dam, le
sang (qui muni du préfixe a donne
ALe rôle de l’argent devient évidemment dam, l’être humain), utilisé au pluriel,
d’autant plus grand que le trafic inclut damin, signifie l’argent. (F. Rachline)
des objets de plus en plus variés et de
plus en plus désirables. (G. Simmel)
48 doit être estimé à une valeur égale à celle
Le prix ou intérêt de l’argent augmente à du blé de l’autre. (W. Petty)
mesure qu’il devient rare, et cela parce
que les négociants retirent leur fonds de Argot
commerce, alors trop dangereux pour le Le cryptage était la fonction première
placer à rente. (J. Law) des argots de métier, mais c’est la fonc-
tion identitaire qui devient primordiale
Avec tout l’argent du monde on ne fait dans les argots sociologiques. Autant
pas des hommes, mais avec les hommes l’argotier était lié à son quartier, autant
on est capable de tout faire, y compris les locuteurs des cités trouvent un refuge
beaucoup d’argent. (L’abbé Pierre) identitaire dans leurs propres productions
linguistiques. (J.P. Goudaillier)
La circulation de l’argent comme capital
possède son but en elle-même ; car ce Pour rester une langue vivante, le
frann’est que par ce mouvement toujours re- çais doit forcément s’enrichir. Mais,
nouvelé que la valeur continue à se faire autant qu’il s’enrichisse de l’argot de
valoir. Le mouvement du capital n’a Saint-Denis plutôt que de l’argot de
donc pas de limites. (K. Marx) Brooklyn. (J. Toubon)

Rien ne stimule mieux l’esprit que le
Argumentation manque d’argent. (D. Landes)
On ne peut énoncer une argumentation
sans se l’imputer à soi-même, sans pen-L’argent n’a pas d’idée. (J.P. Sartre)
ser que nous sommes responsables de
cette argumentation. (L. Ferry) Punissez-les pour peu qu’ils vous parais-
sent se soucier plus de l’argent ou de
L’art de l’argumentation est une variante n’importe quoi plus que de la vertu.
(Soun peu particulière de l’art du combat, crate)
dans lequel les mots tiennent lieu
d’épées et dont le mobile est l’intérêt, Supposons que vous souhaitez un
tapour la vérité et le désir de s’en appro-bleau de deux cent mille dollars. Vous
cher de plus en plus. (K. Popper) feriez mieux de prendre cet argent, d’en
faire une liasse et de l’accrocher
direcAristocrate tement au mur. Quand on vous rendrait
L’homme peut être démocrate, l’artiste visite, la première chose qu’on verrait
sese dédouble et doit rester aristocrate. (S. rait l’argent au mur. (A. Warhol)
Mallarmé)
Cesse d’interdire l’argent aux
philosophes ; personne n’a condamné la sagesse Aristocratie
à la pauvreté. Le sage ne se croit pas in- L’histoire est un cimetière
digne des dons de la fortune ; il n’aime d’aristocraties. Elles ne durent pas. Elles
pas les richesses, il les préfère à la pau- s’amenuisent (en quantité et en qualité)
vreté. (Sénèque) et disparaissent quelles qu’en soient les
causes. (V. Pareto)
Qu’un homme aille où il y a de l’argent,
qu’il l’extraie et l’apporte à l’endroit où Dans une aristocratie, les pauvres
forl’autre a cultivé son blé, qu’il le conver- ment l’immense majorité de la nation et
tisse en monnaie. L’argent de celui-ci
49 la loi les attache les uns aux autres par Arriviste
les liens d’une misère irrémédiable et hé- L’arriviste véritable est anachorète.
réditaire, les riches sont puissants et ont L’appétit pour la vie immédiate
des privilèges qui attirent les envies et n’appartient pas à la psychologie des
les regards. (A. de Tocqueville) ambitieux. (M. Ralea)

Appelons aristocratie un gouvernement Arrogance
qui est le gouvernement de quelques-uns, L’arrogance masque souvent la faiblesse,
mais dans lequel ces quelques-uns auront et l’idée que les êtres humains, si petits,
en vue le bien de la cité et de tous ses si faibles et si éphémères, peuvent
membres. (Aristote) s’organiser, maîtriser la nature et se
vanter de la contrôler est, à bien des égards,
Arithmétique un signe de leur vulnérabilité. (G.
MorLa machine d’arithmétique fait des effets gan)
qui approchent le plus de la pensée que
tout ce que font les animaux ; mais elle L’arrogance ontologique décrit la
tenne fait rien qui puisse faire dire qu’elle a dance qui consiste à penser que les
de la volonté comme les animaux. ( B. choses sont telles qu’on les perçoit et pas
Pascal) autrement, et que l’on détient la vérité
absolue. (F. Kofman)
Arme
Fasse le ciel qu’il ne se trouve pas Art
d’homme d’État pour imaginer que les L’art est une forme de langage avec
learmes nucléaires peuvent être non seu- quel on joue, qu’on déforme, qu’on
lement des armes de dissuasion, c’est-à- transforme, sans cette recherche précise
dire des instruments utilisables en un de l’objet qu’avaient nos aînés. (S. Afif)
dialogue humain, mais aussi des armes
d’extermination ! (R. Aron) Pas plus qu’il ne nous fallait une théorie
de l’amour pour être amoureux, ne nous
faut-il une théorie de l’amour de l’art Armée
pour aimer l’art. (T. de Duve) Les ronces et les épines poussent sur la
trace des armées. (Lao-Tseu)
L’art est l’essence même de la vie ; au
japon, il inclut toutes les disciplines (zen, Dans une armée, la discipline pèse
tir à l’arc ou art floral) et est essentielle-comme un bouclier, non comme un joug.
ment un mode de communication. (E.T. (A. Rivarol)
Hall)

Arrangement L’art est une affaire de variété de
sensaChoisir une solution de politique écono- tions, traduite en affects qui inspirent des
mique, c’est choisir un arrangement formes nouvelles. (G. Deleuze)
collectif (institutionnel), parmi plusieurs
disponibles, dont aucun n’est optimal : En art, il n’y a pas de règles il n’y a que
ce qui normalement nous concerne, ce des exemples. (J. Gracq)
sont les arrangements collectifs et ce qui
est économiquement pertinent. (R.H. L’art ce n’est qu’un moyen de voir.
Coase) Quoique je regarde tout m’étonne et je
50 ne sais pas exactement ce que je vois.
C’est trop complexe. (A. Giacometti) L’art procède à la manière d’un langage
avec sa grammaire, sa syntaxe, ses
conL’art relève du religieux. (E. Kusturica) ventions, ses styles, ses classiques. (M.
Onfray)
L’art est la nature apprivoisée. (M. Po-
gacnik) En art la perfection n’existe pas. L’art est
produit par une série d’individus qui
L‘art nous offre des énigmes, mais par s’expriment personnellement ; ce n’est
bonheur aucun héros. (M. Blanchot) pas une question de progrès. (M. Du-
champ)
L’art a toujours servi à bâtir des ponts
entre ceux que séparaient la nationalité, L’art est un petit monde reflétant une
la culture, la classe, l’ethnie, le sexe ou harmonie macroscopique, harmonie qui
le pouvoir. (M. Castells) ne dépend pas de la subjectivité hu-
maine. (L. Ferry)
L’art ne s’est jamais passé de perfection
formelle et se trouve aujourd’hui dans L’art suggère un sens, même au sein de
l’espace de communication mondiale ; l’absurde. (T.W. Adorno)
art et informatique ne serait-ce pas
l’exigence de tout art qui se doit de L’art n’apporte pas qu’une gratification
s’exprimer dans les matières, les techni- sensible, il est aussi un guide, un moyen
ques et les formes modernes. (J. Berleur) d’instruction, d’apprentissage de la réali-
té ambiante. (C. Lévi-Strauss)
En art on trouve souvent des réponses à
ce qui n’existe pas. (J.P. Rives) Si la science convainc avec force raisons,
l’art doit convaincre par sa seule
exisNous avons à faire à un art si l’objet tence. (F. Grillparzer)
s’exécute, à une science si l’objet est
contemplé. (D. Diderot) L’art est la résurrection de la vie éter-
nelle. (M. Henry)
L’art, comme la foi, est une façon de
communier avec les plus grands des L’art, c’est l’artificiel, le synthétique, le
hommes, d’être leur égal dans la fraterni- fabriqué : c’est le grincement, loin de
té de la communauté humaine. (M. Gray) l’homme et de la créature, que font les
automates : c’est, ici, déjà, la
cybernétiUn art est un système de manières de que. ( P. Ceylan)
faire qui sont ajustées à des fins spéciales
et qui sont le produit soit d’une expé- L’art est dans la vie de tous les jours, il
rience traditionnelle communiquée par dépasse largement les cimaises des
mul’éducation, soit de l’expérience person- sées. (G. Mollet-Viéville)
nelle de l’individu. (E. Durkheim)
L’art c’est l’artiste, l’artiste c’est Dieu.
L’art est un outil puissant et dangereux (P. Leroux)
puisque, nourri des ambivalences de la
réalité, il les travaille à des fins esthéti- Faire entrer l’art dans l’entreprise permet
ques tout en ouvrant la voie à des d’élargir son mode de pensée, de casser
interprétations politiques. (S. Bressler) ses schémas reproducteurs des mêmes
51 scénarios. Il ne s’agit pas de se servir de nous offre qu’un aspect superficiel du
l’art comme alibi mais comme d’un véri- sensible, que des sortes de schèmes. (F.
table outil. (É. Seuilliet) Hegel)

L’homme essaie de se libérer de L’art est total car il peut être fait aussi
l’aliénation par la culture et par l’art ; il bien de pierre et d’huile, de bois et de
meurt journellement au cours des huit fer, d’air et d’énergie, de gouache, de
heures pendant lesquelles il remplit son toile et de situations, d’imaginaire et
rôle de marchandise, pour ressusciter en- d’obstination, d’ennui, de bouffonnerie,
suite dans la création artistique. (E. Che de colère, d’intelligence, de colle et de fil
Guevara) de fer ou d’opposition. (J. Tinguely)

L’art contemporain n’est pas un art Il a fallu une époque de profonde
décad’aujourd’hui, c’est un art en avance sur dence de la vie sociale pour que l’art soit
le présent. Il a ses capacités à résonner enfermé dans les cages des musées.
avec les mouvements profonds et sourds Maintenant il a pour champ d’action la
du monde. (A. Rouillé) vie entière. (Taraboukine)

La qualité qui unit tout à la fois la pen- Ce que l’art a en commun avec la
logisée, l’ampleur de la vision, le dessein, le que et les mathématiques c’est qu’il est
travail, la constance et l’expérience, tous une tautologie ; c’est-à-dire que l’« idée
éléments que l’on peut appréhender, est de l’art » (l’ « œuvre ») et l’art sont une
pratiquement la définition même de l’art. même chose. (J. Kosuth)
(D. Judd)
L’art prend davantage la forme d’un
siL’art a pour seul maître la nécessité. (O. gne. (M. Duchamp)
Wagner)
L’art constitue au plus haut point cette
Tout art passe par l’endurance de la pri- prise de possession de la nature par la
vation. C’est l’endurance du manque. culture, qui est le type même qu’étudient
(M. Deguy) les ethnologues. (C. Lévi-Strauss)

L’art prélève un régime sensible – visuel, Si nous remplaçons la foi par l’amour de
auditif – et il en fait quelque chose l’art, peu importe qu’un musée
reconsticomme une zone de zone. (J.L. Nancy) tue une chapelle de cathédrale, car nous
avons d’abord fait de nos cathédrales des
L’art de l’action résulte du produit d’une musées. (A. Malraux)
volonté et d’un style. Celui-ci utilise une
composition des modes de management En art, comme dans la vie en général,
(imposition, animation, transaction), as- l’énergie, l’intensité, la portée, la bonté
sortie d’une batterie de savoir-faire et la douceur, la précision et la clarté du
spéculatifs (les stratégies) et pratiques but que l’on se donne, prétendent à juste
(tactiques). Le tout sous influence nor- titre à notre approbation. (K.F. von
Rumative d’une culture ou d’une éthique. mohr)
(J.C. Fauvet)
C’est l’art qui permet à la personnalité,
L’art crée des royaumes d’ombres, de réduite au silence dans la sphère de la
formes, de tonalités, d’intuitions ; il ne
52 loi, de rayonner dans sa plénitude. (A. tendent à se fondre dans l’étoffe même
Springer) de la matière et de la nature. (D. Bourg)

L’art appartient au peuple. Il doit avoir Artisan
ses racines profondes dans la grande L’artisan commercialise sa propre
promasse des travailleurs. Il doit être com- duction, par opposition à un commerçant
pris et aimé par eux. Il doit être enraciné au sens commun, en distribuant une
quaet développé en accord avec leurs senti- lité, souvent avec un label reconnu. (B.
ments, leurs pensées et leurs aspirations. Carlier)
(Lénine)
La machine a assimilé beaucoup de
caCe n’est pas la religion qui a imprégné pacités techniques de l’artisan, mais pas
l’art de son idéal, mais c’est l’art qui a l’attention qu’il prête aux singularités
imposé à la religion (pour une forte part) que peut présenter la pièce qu’il travaille.
sa couleur et sa forme. (P. Francastel) Pour lui, un nœud dans le bois ou une
veine dans la pierre, sont une incitation à
L’art va chercher le principe de ses con- la création de variantes. (E. Manzini)
victions au lieu même où la pensée les
trouve. Les arts doivent atteindre au
conArtisanal cret et à la pureté en s’interdisant de
L’objet artisanal part à la conquête du traiter ce qui ne relève pas de leur seule
marché mondial via Internet et le com-identité, distincte et irréductible. (C.
merce électronique. (D. Reynié) Greenberg)

Artisanat L’art est pour l’homme un ustensile, un
L’artisanat se développe dans une struc-instrument… Comme aide-vie. (T. De
ture d’entreprise simple où l’ajustement Cordier)
mutuel est naturellement utilisé. (H.
Mintzberg) Tout l’art est une rage sublimée. (A.
Mendieta)
Que l’art ne s’avise pas de toucher aux
articles ménagers. Il ne ferait que pertur-L’art ne devrait pas être une ligne de
ber l’artisanat qui s’en sort très bien tout fuite quand l’école a échoué. C’est un
seul. (A. Loos) outil magnifique qui ouvre à l’histoire, à
la littérature comme aux mathématiques.
(G. Garouste) Artiste
Être artiste est une manière d’arriver à
comprendre le sujet qui a marqué votre Artefact
vie. Être artiste, c’est aussi ne plus vivre. Tout artefact est un produit de l’activité
Un artiste n’a plus de vie, il n’est plus d’un être vivant qui exprime l’une de ses
que le miroir des autres, il n’est plus que propriétés fondamentales qui
caractérimontreur. (C. Boltanski) sent tous les êtres vivants : celle d’être
des objets doués d’un projet. (J. Monod)
L’artiste est un producteur
d’informations à la fois improbable Plus notre savoir croît tant en
sophistica(création) et spécifique (exclusion de la tion qu’en extension, et plus nos artefacts
substitution). (B. Lussato)
53 aspirations contradictoires, tourner le dos
L’artiste qui abdique le privilège de la au public et lui faire front. (J. Dubuffet)
création délibérée pour favoriser et cap-
ter de divines surprises ne parvient qu’à L’artiste est un intermédiaire entre
créer de l’accidentel. (R. Callois) l’harmonie du cosmos ou du monde reli-
gieux et l’harmonie de l’œuvre qu’il
Les vrais artistes ont une force fabrique. (L. Ferry)
d’expression que n’ont pas les autres. (V.
Mortaigne) L’artiste, comme le dieu de la création,
demeure à l’intérieur, derrière, au-delà
Le monde sera heureux quand tous les du dessus de son œuvre, invisible, raffiné
hommes auront une âme d’artiste, c’est à jusqu’à n’en plus exister, indifférent, se
dire quand tous prendront du plaisir à faisant les ongles. (J. Joyce)
leur tâche. (A. Rodin)
L’artiste est travaillé par l’œuvre d’art et
Que les artistes transportent le paradis est acculé à travailler l’œuvre à son tour.
terrestre dans l’avenir, qu’ils le présen- (M. Dufrenne)
tent comme devant être le résultat de
l’établissement du nouveau système, et L’artiste est l’homme libre par
excelce système se constituera promptement. lence. ( M. Gauchet)
(C.H. de Saint-Simon)
Les artistes sont habitués à évoluer dans
Ne jamais peiner et suer sur le métier. l’incertain. Ils savent apprivoiser l’air du
Quand l’artiste a suffisamment travaillé temps en lui donnant une forme. (C.
sur lui-même, l’oeuvre d’art se fait toute Mayeur)
seule. (Lanza Del Vasto)
L’artiste est de la famille de l’ambitieux,
J’ai commencé comme artiste commer- du drogué, voué comme eux au plaisir
cial et je veux finir comme artiste têtu de soi-même, au plaisir du démon,
d’affaires. (A. Warhol) c’est-à-dire de tout ce qui, dans
l’homme, tue l’homme. (M.
MerleauTout artiste trace son chemin à travers le Ponty)
monde opaque qui l’entoure. Et, tant
mieux si le public l’accompagne. (A. L’artiste cherche à rendre ineffaçable ce
Robbe-Grillet) qui est devenu incroyable : il cherche à
changer une croyance en sa perte. Le
L’artiste absorbe les malheurs momenta- motif « j’ai perdu » signifie : « En quoi
nément, les synthétise et les ressert sous ai-je changé cette perte ? ». (M. Deguy)
la forme d’une œuvre. C’est un antibioti-
que pour le public, le temps d’un L’artiste n’aime que sa voie, prend
natuspectacle. (L. Besson) rellement son propre chemin, car il ne
voit ni ne sent d’autres issues. (J.M.
L’artiste doit être dans son œuvre, Jarre)
comme Dieu dans la création, présent
partout et visible nulle part. (G. Flaubert) L’artiste doit rester neutre dans sa créa-
tion, pour que rien émanant de lui-même
Individualiste, donc antisocial et subver- ou du monde extérieur ne l’empêche
sif, l’artiste se trouve sollicité par deux d’exprimer l’universel. Il fait de l’art
54 pour l’art qui est forme et fond tout à la Asile
fois. (P. Mondrian) Devant la persécution, toute personne a
le droit de chercher asile et de bénéficier
L’artiste se passe de l’intervention d’un de l’asile en d’autres pays. (E. Crépeau)
élément secondaire : il devient à la fois
l’instigateur et la victime de son art. Assemblage
C’est un système de feedback, un sys- Avec l’assemblage, à des fins artistiques,
tème clos. (D. Oppenheim) de tous les matériaux imaginables,
l’artiste crée par le choix, la disposition
L’artiste tient à la fois du savant et du et la déformation de ces matériaux. Les
bricoleur : avec des moyens artisanaux, il matériaux sont inessentiels car
confectionne un objet matériel qui est en l’essentiel, c’est « former ». (K.
Schwitmême temps objet de connaissance. (C. ters)
Lévi-Strauss)

Assemblée générale L’artiste transforme la matière (le laid)
Peut-être un travail en assemblée géné-en une forme rationnelle (le beau). Les
rale serait-il efficace s’il correspondait à corps ne deviennent beaux, de la sorte,
un désir collectif de s’exprimer et que parce qu’ils participent à la raison,
d’écouter les autres ? (R. Hess) qui est Dieu. (Ploton)
Assemblée nationale Artistique
Pour la nomination des lois ce n’est pas Ce sont les besoins, le savoir-faire, les
le sénat mais l’assemblée nationale qui a moyens et les particularités de notre
le dernier mot, vis à vis du gouverne-époque qui doivent constituer le point de
ment. (R. Cayrol) départ de toute activité artistique. (O.
Wagner)
Assertion
Une assertion d’une théorie est un as-Aucun domaine de la vie humaine n’est
semblage (ou agrégat) de termes et de trop petit ou trop insignifiant pour que
relations munis de règles. (B. Lussato) des aspirations artistiques n’y aient leur
place. Et il ne peut y avoir de progrès
culturel sans une imprégnation artistique. Assimilation
(G. Klimt) L’assimilation, très proche de
l’équivalence, constitue le deuxième type
fondamental de l’idée de justice, le pre-As
mier étant celui de l’égalité. (A. Kojève) Si j’étais roi, je me méfierais des as. (T.
Bernard)
L’assimilation est le processus par lequel
un être vivant en transforme un autre en Ascèse
sa propre substance. Assimiler devient L’ascèse prône le renoncement total aux
alors synonyme d’absorber, d’ingérer. (J. biens de ce monde. Il faut se dépouiller,
Costa-Lascoux) atteindre le dénuement pour accéder au
bien suprême. (J.F. Dortier)

En chacun de nous il y a une ascèse
dirigée contre nous même. (G. Deleuze)
55 Assistanat Associer
L’assistanat n’a pas pour vocation de Pour rendre les entreprises plus efficaces
remplacer l’effort personnel réel. (N. et le climat social général plus serein, il
Sarkozy) serait nécessaire d’associer les salariés
de l’entreprise aux prises de décision. (F.
Bloch-Lainé) Assistance
L’assistance est, de façon générale,
l’aide que la collectivité publique ac- Assujettir
corde aux individus se trouvant dans le On ne peut se persuader qu’un peuple,
besoin. Ce besoin ne devant pas être sciemment et sans contrainte, accorde de
compris comme une indigence totale, s’assujettir à quelqu’un pour être détruit
mais simplement comme une insuffi- et saccagé. (T. de Bèze)
sance de ressources, un manque à ce qui
est nécessaire à la vie. (E. Alfandari) Assurance
La morale de l’assurance n’est pas
reFaisons de l’assistance une affaire de connue puisque le sentiment d’insécurité
droit et d’honneur, au lieu d’un motif n’est pas toujours le critère de
d’opprobre et de mépris. (W. Pitt) l’assurance, comme le montrent
l’admission de l’assurabilité de la faute
Association intentionnelle et le développement des
L’association est d’abord le lieu assurances obligatoires. (P. Vaillier)
d’émergence de l’ordre non établi. (T.
Bernard) L’assurance est omniprésente dans la vie
d’un individu ou d’une société. L’un
L’association peut être considérée comme l’autre la retrouvent
constamcomme une « nouvelle liberté ». L’État ment sous l’une ou l’autre de ses
est l’ennemi de l’individu, l’association formes : les assurances de personnes (ou
en est la fille et l’auxiliaire. assurances sur la vie), les assurances de
L’association est mon œuvre, ma créa- biens, les assurances de responsabilités.
ture. (M. Stirner) (J.P. Audinot, J. Garnier)

Le problème fondamental, dont le con- Assureur
trat social donne la solution, est de Selon l’expression consacrée, l’assureur
trouver une forme d’association qui dé- « produit des risques », il fait apparaître
fende et protège de toute la force des risques là où chacun croyait devoir
commune la personne et les biens de subir, résigné, les coups du sort. (F.
chaque associé, et par laquelle chacun Ewald)
s’unissant à tous n’obéisse qu’à
luimême et reste aussi libre qu’avant. (J.J.
Astrologie Rousseau)
L’astrologie revendique une certaine
scientificité ; elle change d’image et de Au sein de la nature humaine, les
assovocabulaire. Peu de français disent que ciations sont à l’origine de la formation
les astrologues sont capables de prédire des idées. (D. Hume)
l’avenir. (G. Bronner)

56 L’astrologie est à la fois une pratique et dans notre monde, ce serait plutôt le
laun savoir, une tentative de mise en forme boratoire du chimiste. (F. Bacon)
de la réalité événementielle et une
connaissance sur le monde et sur l’homme. Athée
Elle remonte quasiment aux sources de Je suis athée, Dieu merci ! (M. de
Monl’histoire des civilisations humaines. (F. taigne)
Lenoir)
Athlète
Astrologue L’athlète est dans la triple obligation de
Dans les magazines ce ne sont pas tou- se connaître, de se gouverner et de se
jours des astrologues qui rédigent les vaincre. (B. Guillemain)
horoscopes. (A. Gaillard)
Atmosphère
Astronaute Entrer dans l’atmosphère où l’air frotte
Il n’y a pas de cursus universitaire spéci- une allumette – la base panique retient
fique qui permette d’être astronaute. Des son souffle le vaisseau grille
interminapilotes, astrophysiciens, des ingénieurs, blement – la forme ? C’est le volume qui
peuvent l’être. Mais ce sont toujours des manque d’abord ; respirer à fond décolle
têtes bien pleines et bien faites, des spor- les tympans. (P. Alferi)
tifs sachant piloter et sachant se
contrôler. (J.F. Clervoy)
Atome
Même l’atome, ce vieil irréductible, est Les astronautes ont la grande faculté de
devenu un système ; Et les physiciens ne pouvoir vivre ensemble, dans une
nasont pas encore en mesure de dire si la vette spatiale qui est un milieu stressant,
plus petite des entités connues au-pendant une période de confinement plus
jourd’hui est ou non une organisation. ou moins longue. (A. Cirou)
(F. Jacob)

Astronomie Nous pouvons sans doute concevoir le
L’astronomie et l’astrologie sont diamé- début du monde sous la forme d’un
tralement opposées. (G. Bronner) atome unique dont le poids atomique est
la masse de l’univers entier. Cet atome
L’astronomie considère les phénomènes instable se serait divisé d’une façon
anales plus généraux, les plus simples, les logue aux corps radioactifs. (G.
plus abstraits et les plus éloignés de Lemaître)
l’humanité. (A. Comte)
Les atomes sont constitués de neutrons
Atelier (qui sont neutres électroniquement), de
L’atelier est composé d’un ensemble de protons (chargés positivement), et
personnes et de moyens matériels qui d’électrons (chargés négativement). (J.
constituent l’outil de production. (B. Staune)
France Lanord)
L’atome conservera son individualité
L’atelier de l’artiste, ce n’est pas celui de pour notre esprit qui l’isole ; mais sa
sol’alchimiste qui cherche la pierre philo- lidité et son inertie se dissoudront soit en
sophale, quelque chose qui n’existe pas mouvements, soit en lignes de forces,
57 dont la solidarité réciproque rétablira une Attention
continuité universelle. (H. Bergson) Ce qui retient notre attention rentre dans
le champ de notre conscience ; et ce que
Dans le monde inconnu qu’est l’atome, y nous évitons disparaît. (D. Goleman)
aurait-il une fusion entre l’acte et l’être,
entre l’onde et le corpuscule ? Ne s’agit- On ne fait jamais attention à ce qui a déjà
il pas d’une coopération plus profonde été fait ; on ne voit que ce qui reste à
de l’objet et du mouvement, d’une éner- faire. (M. Curie)
gie complexe où convergent ce qui est et
ce qui devient ? (G. Bachelard) Si on cache une région du corps, c’est
pour mieux attirer l’attention sur elle.
S’il faut renoncer aux atomes, quelle (M. de Montaigne)
image de la réalité restera t’il ? Mais on
n’a besoin d’aucune image, d’aucun L’attention est une attitude ponctuelle
symbole. (W. Ostwald) qui focalise l’agent sur une situation.
Cette notion se dissocie de celle de
vigilance qui introduit une dimension de Attachement
continuité temporelle. (Y. Pesqueux) L’attachement est ce besoin inné de
relation d’affection et de communication qui
pousse l’enfant à rechercher le contact Attitude
avec ses proches. Ce besoin On peut relever trois attitudes face à
d’attachement est aussi fondamental que l’avenir : passive, adaptative,
volontale comportement alimentaire ou que le riste. (M. Godet)
comportement sexuel. (J. Lecomte)
L’attitude existentielle juste, l’attitude
religieuse, est de renoncer à tout bonheur Atténuation
terrestre. (S. Kierkegaard) L’atténuation est un terme (traduit de
l’américain « mitigation ») qui recouvre
l’ensemble des actions et des mesures vi- Attraction
sant à réduire et/ou contrôler les risques On a du mal à s’accoutumer au terme
existants. (Y. Pesqueux) d’attraction, qui semble nous ramener
aux qualités occultes. (E.F. Geoffroy)
Attendre
Oui, c’est fini d’attendre. Alors plus rien Attribut
à faire, aujourd’hui, ni demain, ni jamais. Par attribut j’entends ce que
(G. de Maupassant) l’entendement perçoit de la substance
comme constituant son essence. (B.
Spinoza) Attente
On dit que l’attente est longue. On
pourrait tout aussi bien – ou précisément – Aube
dire qu’elle est courte, puisqu’elle dé- Aube ? Ce n’est pas l’aube – Mais le
dévore des pans entiers de temps sans que clin de la lune, perle rongée, glace
nous les vivions ou que nous n’en fas- fondante, – et une lueur mourante à qui
sions aucun usage. (T. Mann) le jour naissant se substitue peu à peu.
(P. Valery)
58 Audace ments, mais par le but que nous
L’audace indique la vocation à aller au- explicitons et vers lequel nous tendons.
delà des limites et des convenances. Il (J.P. Dupuy)
s’agit donc d’une attitude transgressive
qui mélange audace et impertinence. (Y. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde
Pesqueux) tout en ponctuation, jamais en équilibre.
(G. Hamel)
Audio-visuel
Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui, L’audio-visuel n’a d’utilité pédagogique
Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile directe que dans la mesure où l’élève
reivre, Ce lac dur oublié que hante sous le fait lui-même le geste ou l’action vue sur
givre, Le transparent glacier des vols qui l’écran. (O. Gélinier)
n’ont pas fui ! (S. Mallarmé)
L’audio-visuel doit être innovant pour
faire des parts d’audience importantes. Aurore
Halte aux chaînes de télévision aux L’aurore sur le front du jour Sème l’azur,
émissions répétitives. (C.Y. Robin) l’or et l’ivoire, Et le soleil lassé de boire,
Commence son oblique tour. (T. de
Viau) Audit
L’audit (audire signifiant écouter en
latin) est conçu comme une écoute active, Aussi
un regard neuf, un des chemins de la Aussi mon temps commence qu’enfin
connaissance. L’audit se focalise sur les aussi. La nature de chez nous se saisit de
dysfonctionnements et les risques asso- moi aussi. (F. Hôlderlin)
ciés. (G. Schoun)
Autarcie
C’est un anglicisme introduit dans le vo- Il faut casser l’autarcie de la gestion :
cabulaire de l’entreprise : audit elle est source de cloisonnement, donc
informatique, audit comptable et finan- d’erreurs ; il faut construire en
contreparcier, audit social, audit organisationnel. tie un langage interne commun à tous.
(G. Balantzian) (Etchegaray)
Auditeur Auteur
L’auditeur marche tout le jour dans la fo- A oublier le travail collectif dans lequel
rêt de narrativités journalistiques, il s’inscrit, à isoler de sa genèse
historipublicitaires, télévisées, qui, le soir, glis- que l’objet de son discours, un auteur
sent encore d’ultimes messages sous les pratique donc la dénégation de sa
situaportes du sommeil. (M. de Certeau) tion réelle. (M. de Certeau)

Auditoire Les auteurs ne procurent pas une
imagiIl n’y a pas de héros sans auditoire. (A. nation à leurs lecteurs mais attendent
Malraux) d’eux qu’ils en possèdent déjà une et
s’en servent. (N. Larsen)
Aujourd’hui
Je voudrais clarifier que l’auteur de ces Ce que nous faisons aujourd’hui
mots, c’est moi – homme de chair et d’os s’explique, non par nos
conditionne59 comme vous. Mais qui suis-je vraiment ? laquelle ils évoluent, progresser vers la
(J. Vol) maturité. (B. O’Brien)

Le pouvoir de l’auteur, c’est de rendre Pratiquer l’auto-contrôle (ou le contrôle
les choses nouvelles familières et les à la source) c’est, pour assurer une
vichoses familières nouvelles. (W. Thacke- tesse de réaction optimale à un système,
ray) détecter l’erreur ou l’écart au moment où
ils surviennent. (B. France Lanord)
Authenticité
L’idéal de l’authenticité affirme que Autocratie
l’existence humaine ne trouve son sens Le mot autocratie désigne le type de
que dans l’affirmation de soi, de son au- pouvoir absolu, souvent dictatorial,
assotonomie. Or, la recherche de la liberté et cié à la gouverne politique par une seule
celle de l’authenticité ne vont pas en- personne, ou un petit groupe, qui prend
semble. Je pense qu’on devrait toutes les décisions importantes. (G.
considérer l’authenticité comme un véri- Morgan)
table idéal moral. (C. Taylor)
Autodestruction
Authentique L’autodestruction peut être aussi
an« L’homme authentique » existe depuis cienne que l’origine même de la vie, et la
toujours, avec ses hauts et ses bas, sa capacité d’autodestruction peut être une
grandeur et sa misère, son bonheur et ses conséquence inévitable de la capacité
tourments, sa justification et sa culpabili- d’auto-organisation qui caractérise la vie.
té, bref dans toute son ambiguïté (J.C. Ameisen)
inséparable de lui. (H. Jonas)
Autodétermination
L’immémorial contre l’impermanence : La marche vers l’autodétermination est
les deux mouvements se nourrissent, la le critère vers la croissance. (A.
Toynpoussée du frivole favorisant celle de bee)
l’authentique. (G. Lipovetsky)
Le sentiment d’autodétermination
posJe veux de l’authentique, je veux du pur tule une tendance fondamentale chez
authentique. De l’authentique contre les l’être humain à se sentir la principale
idées, le formalisme, contre la politique, cause de son comportement, à effectuer
contre la forme, le contenu. (J.G. Do- des choix et à se sentir libre de ses actes.
koupil) (E. Deci)
Autocatalyse Autoformation
L’autocatalyse entraîne inévitablement L’autoformation, qui évoque l’idée de se
croissance rapide et accélération. (J. De former tout seul, est une notion dont on
Rosnay) se réclame, ou que l’on décrie. Elle
rassemble plusieurs conceptions différentes
Auto-contrôle ou contradictoires : toute une galaxie de
Progresser vers l’auto-contrôle c’est, concepts et de pratiques évoluant autour
pour les individus et l’organisation dans de l’idée d’autonomie en formation. (P.
Carré)
60 Automatisme
L’autoformation désigne aussi bien L’automatisme, et son utilisation sous
l’acte de l’adulte qui se forme seul par forme d’organisation industrielle, que
différents moyens, que l’action qui con- l’on nomme automation, possèdent une
siste à s’approprier le savoir au sein d’un signification économique et sociale plus
groupe ou dans une classe où l’on prati- qu’une signification technique. (G.
Sique les méthodes actives. (M. Fournier) mondon)
Automate Automne
Quel type d’organisation logique est suf- Souvenir, souvenir, que me veux-tu ?
fisant pour qu’un automate se L’automne faisait voler la grive à travers
reproduise ? (A.W. Burks) l’air atone. Les sanglots longs Des vio-
lons De l’automne Blessent mon cœur
Les automates cellulaires sont des uni- d’une langueur Monotone. (P. Verlaine)
vers synthétiques, stylistiques, gouvernés
par des règles simples, comme celles Mon automne éternelle ô ma saison
mend’un jeu de société. Ils ont leur propre tale, Les mains des amantes d’antan
type de matière qui tourbillonne dans un jonchent ton sol, Une épouse me suit
espace et dans un temps qui leur sont c’est mon ombre fatale, Les colombes ce
propres. (T. Toffoli, N. Margolus) soir prennent leur dernier vol. (G. Apol-
linaire)
L’automate autonome est parti pour ex-
plorer l’espace, il est plus intelligent L’automne raconte à la terre les feuilles
qu’un animal mais il n’est pas capable qu’elle a prêtées à l’été. (G.C.
Lichtend’avoir des affects. (J. P Baquiast) berg)

Chaque corps organique d’un vivant est Oui, dans ces jours d’automne où la
naune espèce d’automate naturel ; l’âme, ture expire, À ces regards voilés je
quant à elle, étant un automate spirituel. trouve plus d’attraits ; C’est l’adieu d’un
(G.W. Leibnitz) ami, c’est le dernier sourire Des lèvres
que la mort va fermer pour jamais. (A.
Lamartine) Automatisation
Elle désigne la science qui s’intéresse à
l’étude et à la réalisation des mécanismes Automobile
et des systèmes capables de réaliser cer- L’automobile est aujourd’hui
taines fonctions avec régularité et sans l’équivalent de grandes cathédrales
gointervention humaine. Le contrôle des thiques, une grande construction
processus, l’informatique de process et la d’époque, conçue par des artistes
inconrobotique sont des termes associés à nus, consommés dans son image, sinon
l’automatisation. (De Blasis) dans son usage, par un peuple qui
s’approprie en elle un objet parfaitement
L’automatisation est caractérisée par la magique. (R. Barthès)
mécanisation, la rétroaction, la stabilisa-
tion ; elle exprime le fonctionnement On ne renoncera pas à notre liberté de
automatique d’un ensemble productif, transport, à notre mobilité, par
sous contrôle programmé. (B. France l’automobile. Aussi trouvera-t-on des
Lanord) moyens de substitution au pétrole et à
61 l’essence devenus trop chers. (C. Géron- plus grande d’entreprise et d’innovation.
deau) (M. Crozier)

Il y a une dépersonnalisation de La notion d’autonomie suppose la fin des
l’automobile. On se dirige vers la voiture contrôles tatillons et improductifs. (H.
jetable ; on achète plus un prix et un pro- Sérieyx)
duit fiable qu’une automobile. (P.O.
Savreux) L’autonomie, définie comme la capacité
à se donner à soi-même, et en pleine
Il y a de fortes raisons culturelles pour conscience, ses propres lois, concerne
que la nationalité de la marque automo- autant l’individu que la société. (C.
Casbile subsiste dans la mondialisation. toriadis)
Même si la technologie automobile com-
bine des filières très différentes L’autonomie, au sens philosophique,
re(informatiques, électroniques, …) et en- joint l’auto-nomie, au sens
gagent des entreprises d’origine étymologique, c’est à dire la capacité de
géographiques, aussi différentes. (J.P. se fixer à soi-même sa propre loi, sur la
Orfeuil) base de critères rationnels. (M. Neuberg)

Parce que dans la modernité le soi ne Une volonté d’autonomie soude les
pepeut pas être pensé sans son mouvement, tits groupes humains. L’autonomie est
le moi et son automobile font métaphy- constituée par une hétéronomie. (P.
siquement un. L’automobile est la Rambaud)
doublure technique du sujet transcendan-
tal, actif par principe. (P. Sloterdijk) Dans le modèle de l’autonomie dans le
travail, le pouvoir se fond dans l’exercice
du travail grâce à la mobilisation de sa-Autonome
voirs : celui qui exécute est en même Plus les individus sont autonomes et
temps celui qui réfléchit et qui sait faire. mieux ils peuvent organiser le chaos. (G.
(C. Everaere) Lipovetsky)

L’autonomie est un beau mot, un mot qui
Autonomie désigne quelque chose d’apparemment
L’autonomie, emboîtée en continue, simple : se donner sa propre loi. (M.
semble être le seul moyen inventé par la Gauchet)
nature pour optimiser la performance lo-
cale. (A. Koestler) L’accroissement de l’autonomie s’étant
accompagné d’un développement de
L’autonomie est la capacité d’un système l’autocontrôle et du travail en équipe,
à se différencier dans son fonctionne- avec un renforcement du contrôle par les
ment, dans ses objectifs ou dans ses pairs, on peut penser que les travailleurs
projets, des autres systèmes environ- sont plus contrôlés qu’auparavant. (L.
nants, tout en restant en relation avec eux Boltanski)
et cohérent par rapport à l’objectif du
système qui l’englobe. (D. Bériot) L’autonomie n’est pas porteuse de rup-
ture, mais bien au contraire de la
Un avantage de l’organisation fondée sur régénérescence des liens. (S. Chaumier)
le principe d’autonomie, c’est sa capacité
62 L’autonomie collective, politique, est Autoportrait
nommée, conçue, parlée bien avant Un artiste tend toujours à faire son
autol’autonomie personnelle, psychique. (B. portrait, même quand il a un modèle
Ollivier) devant lui ; ce qu’il tente d’extraire du
papier ou de la toile, en fait c’est dans sa
L’autonomie, à travers ses connotations tête. (L. Le Brocquy)
biologiques et économiques, s’accorde
mieux avec les notions d’espace et de Auto-réflexion
territoire, l’autorité et l’autorisation res- Pensez et agissez de façon systémique :
tant inscrites dans une temporalité, une plus d’auto-réflexions moins
durée, une histoire et une mémoire. (J. d’égocentrisme de l’organisation. (G.
Ardoino) Morgan)

L’affirmation de l’autonomie
indiviAutorégulation duelle qui mine l’autorité de la tradition
L’autorégulation est l’ajustement spon-fait paradoxalement renaître (sous de
tané et/ou automatique d’un système nouvelles formes) le besoin d’en référer
pour rester dans une norme. (G. Morgan) à la sécurité de cette autorité. (D.
Hervieu-Léger)
Autoriser
Autoriser, c’est proprement donner auto-Auto-organisation
rité ou, reconnaître à quelqu’un la L’auto-organisation exige que l’on
privifaculté, la capacité, la compétence, le légie l’initiative, l’autonomie, la
droit, le pouvoir de faire légitimement souplesse, la collaboration, l’ouverture
quelque chose, et lui permettre, ainsi, de d’esprit et le questionnement
démocratil’accomplir. (J. Ardoino) que. (G. Morgan)

Autorité L’auto-organisation est performante et
L’autorité du plus fort s’impose à un fragile, pérenne et éphémère, vécue dans
corps de sauvages, comme dans une l’enthousiasme et la désillusion, capable
troupe d’animaux ou une bande de maîtriser les situations tordues et de
d’écoliers. (H. Spencer) bafouiller devant les évènements de la
vie courante. (J.C. Fauvet)
L’autorité crée des obligations, elle est
un service. Le chef doit augmenter la va-La notion d’auto-organisation englobe
leur de la communauté. (J.P. Audoyer) celle d’émergence et d’évolution, les-
quelles procèdent de deux regards sur un
L’autorité est un abandon d’autonomie même système : l’explication du global
concédé à quelqu’un, en échange de sur le local et le changement d’ordre. (B.
quelque chose (salaire, sécurité ou au-Paulré)
tre) ; c’est un contrat. Elle doit reposer
sur une compétence, une capacité, une Nous sommes assez autonomes pour
marge de responsabilité. (M. Godet) puiser de l’énergie dans notre environ-
nement, d’en extraire des informations et
L’autorité est la capacité de prendre des d’en intégrer de l’organisation. C’est de
décisions acceptées par d’autres et ne l’auto-éco-organisation. (E. Morin)
63 s’exerçant pas forcément de haut en bas. de l’autoritarisme qui provoque crainte et
(H. Simon) angoisse. (F. Ewald)

Le système d’autorité est représenté, L’autorité qui réside en un, en plusieurs
dans une entreprise, par l’organigramme ou en tous, est cette unique autorité
légidésignant les responsables. (O. Gélinier) time et naturelle qui appartient à un père
suprême. (R. Filmer)
L’autorité est le droit de commander (au-
torité statutaire) et le pouvoir de se faire L’érosion des autorités ne signifie pas le
obéir (autorité naturelle personnelle). (H. chaos, mais peut signifier que le
mécaFayol) nisme démocratique étend son empire.
(P. Manent)
Souvent les relations avec l’autorité sont
de type paternaliste et reposent sur la dé- La disparition quasi complète de
férence et la tradition. (G. Morgan) l’autorité hiérarchique a laissé les indivi-
dus de plus en plus seuls face aux
On a deux concepts opposés : l’autorité collectivités de masse. (T. Caplow)
hiérarchique et l’autorité des compéten-
ces. (B. France Lanord) L’autorité est par définition ce qui est
présupposé et, parce qu’elle est
présupL’autorité est une forme de contrat dont posée, elle n’a pas besoin d’exercer une
les termes sont les suivants : un employé contrainte directe. (P. Raynaud)
est d’accord pour travailler pour un em-
ployeur. Il accepte de mettre ses Chez les sociologues, ou les autres
théocompétences et sa flexibilité à la disposi- riciens du pouvoir, il y a l’idée que la
tion de l’employeur, en échange d’un force assertive d’une pensée suffirait par
salaire. (O.E. Williamson) elle-même pour en assurer l’autorité. On
oublie qu’il y a une autorité propre au
L’autorité partagée n’existe plus et le savoir, qui n’est pas réductible à
rapport à l’autorité n’est pas le même l’autorité du pouvoir. (P. Engel)
suivant les cultures. (S. Roche)
L’autorité est le pouvoir de prendre des
L’autorité, fondement essentiel de décisions qui orientent l’action d’autrui.
l’éducation, a été abolie par les adultes. C’est une relation entre deux individus,
Ceux-ci refusant d’assumer la responsa- l’un « supérieur », l’autre «
subordonbilité du monde dans lequel ils ont placé né ». (C. Barnard)
leurs enfants. (H. Arendt)
L’autorité engage, non pas l’obéissance,
Pour un manager, il ne s’agit plus de dé- mais la reconnaissance. (M. Revault
tenir l’autorité mais de faire autorité. d’Allonnes)
Celle-ci vient de l’acceptation des sala-
riés qui la subissent. (J-L. Muller) L’autorité est un pouvoir d’influence ma-
jeur qui ne dépend que du consentement
L’autorité suscite le respect. Et, ce qui des dominés à s’y plier. (É. Cobast)
est respectable dans l’autorité, ce n’est
pas celui qui l’exerce mais le principe Nous détestons de tout cœur le principe
qu’il incarne. C’est ce qui la différencie de l’autorité ainsi que toutes les
manifes64 tations possibles de ce principe divin et nous n’avons à ce point dépendu les uns
anti-humain. (Bakounine) des autres. (Y. Menuhin)

L’humanité a prise conscience, lente- Pour obtenir une vérité quelconque sur
ment et obscurément, que l’autorité était moi, il faut que je passe par l’autre.
l’obstacle essentiel à sa libération et qu’il L’autre est indispensable à mon
exisfallait la détruire. (M. Lobrot) tence, aussi bien d’ailleurs que la
connaissance que j’ai de moi. (J.P.
SarL’autorité, admise comme base d’action, tre)
c’est le caractère d’une communication
(ordre) formelle en vertu duquel un Autrui
membre de l’organisation accepte qu’elle Autrui qui n’est personne, mais moi pour
dirige son action, qu’elle détermine ce l’autre et l’autre pour moi dans deux
sysqu’il fait ou ce qu’il n’a pas à faire, pour tèmes, autrui à priori se définit dans
autant que l’organisation est concernée. chaque système par sa valeur expressive,
(C. Barnard) c’est à dire implicite et enveloppante. (G.
Deleuze)
Autorité publique
Si, soit des intérêts généraux, soit Tout le monde peut faire des erreurs et
l’intérêt d’une classe en particulier, se les imputer à autrui. (G. Clémenceau)
trouvent ou lésés ou simplement mena-
cés, et qu’il soit impossible d’y remédier En me reconnaissant comme une
perou d’y obvier autrement, il faut de toute sonne et en voulant réaliser en moi la
nécessité recourir à l’autorité publique. personnalité, je reconnais à la fois
(L. XIII) l’impossibilité de rester confiné en
moimême et toute la difficulté que j’éprouve
à me quitter pour rencontrer l’autre, et Autoroute (de l’information)
autrui. (N. Berdiaeff) Avec les autoroutes de l’information,
l’égalité virtuelle est bien plus accessible
C’est dans le rapport à autrui que l’on que l’égalité dans le monde réel. (B.
Gaprend conscience de soi ; c’est bien ce tes)
qui rend le rapport à autrui
insupportable. (M. Houellebecq)
Autre
L’autre est l’indispensable interlocuteur, On peut appeler la communauté
organicelui à qui toute parole s’adresse, celui sée ou le groupe social qui donne à
de qui elle revient ou vient au sujet, pour l’individu l’unité du soi « l’autrui
généla reconnaissance, l’enchaînement ou le ralisé ». (G.H. Mead)
bouleversement. (J. Ardoino)
Autrui est conçu à la fois comme entité
La réalité de l’autre, son hétérogénéité générale et différente. (A. Honneth)
radicale, affecte. (J. Favret-Saada)
Donner un ordre, rapporter un
événeNe fais pas aux autres ce que tu ne vou- ment, faire un mot d’esprit, solliciter,
drais pas que l’on te fasse. (N. Rockwell) remercier, maudire, saluer, prier, ne vi-
sent pas à décrire un état du monde mais
Le sort de l’humanité dépend des
relations de chacun avec les autres. Jamais
65 ont pour but d’agir sur autrui. (L. Witt- Avant-garde
genstein) On n’est pas d’avant-garde consciem-
ment, devant les autres. On découvre et
Je ne deviens libre que par la liberté on essaie de trouver des chemins, et deux
d’autrui. (M. Bakounine) ans plus tard, quand quelqu’un suit le
même chemin, il devient clair que l’on
Nous avons tous besoin d’être reconnu était devant les autres. (P. Blake)
par autrui pour exister. Que l’on cherche
à être perçu comme leur semblable ou Avantage
comme différent d’eux, les autres nous Dans tout système viable, il doit exister
confirment notre existence. (T. Todorov) un domaine où l’individu est libre de
faire des choix pour manipuler le
sysL’absolument Autre, c’est Autrui. Il ne tème à son avantage. (E. Leach)
fait pas ombre avec moi. (E. Levinas)

Avantage concurrentiel Je trouve extrêmement profitable de me
Si une société projette d’augmenter sa permettre de comprendre autrui. Je le
présence sur des marchés occupés (ou de pense vraiment. (C. Rogers)
s’étendre sur de nouveaux marchés),
c’est parce qu’elle croit posséder un C’est dans la manière dont autrui traite le
avantage concurrentiel qui lui assurera la monde que je le rencontre : colère, honte,
rentabilité de l’investissement attaché à haine, amour, ne sont pas des faits
psycette croissance. (E. Penrose) chiques cachés au plus profond de la
conscience d’autrui, ce sont des types de
L’avantage concurrentiel n’est pas une comportements ou des styles de conduite
fin en soi. Les entreprises le poursuivent visibles du dehors. (M. Merleau-Ponty)
afin d’améliorer et de consolider certains
critères de performances. (M. Marches-On peut dire qu’autrui est présent dans la
nay, C. Fourcade) façon même dont fonctionne mon
intelligence. Je m’enchaîne toujours
moiAvenir même comme, n’enchaînant pas autrui.
Il n’y a d’avenir que pour un être qui dé-(M. Conche)
sire. (L. Lavelle)
Avancée
L’avenir ne se prévoit pas ; il se cons-Avancez vers l’arrière, s’il vous plait !
truit. (M. Blondel) s’exclame le chauffeur de bus bondé de
passagers.
Jamais l’avenir n’a paru collectivement En science, l’avancée technique implique
plus risqué et plus incertain. Tout est aussi parfois le recul moral. (A.
Finkielpossible : l’accélération des événements kraut)
se juxtapose à l’accélération de
l’impatience des jeunes. (J. De Rosnay)
Avancer
Pour faire avancer les gens, il y a autant L’avenir, raison d’être du présent, est
de stratégies à mettre en oeuvre que l’affaire de tous. (M. Friedman)
d’individus sur cette terre. Et donc, il
faut multiplier l’arsenal à l’infini. (P. On ne subit pas l’avenir on le fait. (G.
Vaz) Bernanos)
66 Il est urgent de nous débarrasser de cette
L’avenir est multiple et indéterminé ; il illusion que l’avenir peut être imaginé
n’est pas écrit, il reste à faire. Il passe comme une répétition du passé. (A.
Jacdans l’entreprise par des paris ambitieux quard)
et gagnants. (M. Godet)
L’avenir n’est pas une flèche, c’est un
J’ai réinventé le passé pour voir la beauté boomerang. (R. Ellison)
de l’avenir. (L. Aragon)
L’avenir est effrayant si on laisse au
L’avenir est un fantôme aux mains vides temps nous dicter le changement. (N.
qui promet tout et qui n’a rien. (G. de Hulot)
Nerval)
Il faut se faire à cette idée que notre
aveL’avenir est un territoire à explorer. Il est nir s’écrit, qu’il n’est pas encore rédigé,
pour l’homme, en tant que sujet agissant, que notre destin relève de nos projets et
domaine de liberté et de puissance, et de l’énergie que l’on met à les réaliser.
pour l’homme en tant que sujet connais- (M. Onfray)
sant, domaine d’incertitude. (B. De
Jouvenel) L’avenir est pour nous ; montrons-nous
bon pour l’avenir. (F. Guizot)
Nous avons la possibilité de déterminer
et d’influencer l’avenir, dans une cer- Aventure
taine mesure. (G. Morgan) Toutes les aventures humaines sont entre
le rire et les larmes. (R. Bachelot)
L’avenir n’est pas une chose décidée et
qui, petit à petit, se découvrirait à nous, L’homme peut s’imposer des contraintes
mais comme quelque chose à faire. Et, afin de se protéger contre son
irrationaliregarder un atome le change, regarder un té. Cette irrationalité de rechange,
homme le transforme, regarder l’avenir imparfaite, s’occupe de la raison et de la
le bouleverse. (G. Berger) passion. Ce qui se perd peut-être, c’est le
sens de l’aventure. (J. Elster)
On ne peut pas seulement imaginer pros-
pectivement l’avenir qu’à partir des L’aventure est un rapport particulier à
éléments de notre présent : seule la mar- l’action qui contient « a minima » l’idée
che en avant nous permettra d’en de volontaire ignorance d’un calcul sur
découvrir d’autres. (H. Laborit) les conséquences, voire l’idée d’une
quête voulue quelque soit les
conséquenL’avenir est le fruit du hasard, de la né- ces. L’aventure caractérise l’explorateur.
cessité et de la volonté. (J. Lesourne) (Y. Pesqueux)

L’avenir n’est interdit à personne. (L. Nous pensons nous situer aujourd’hui à
Gambetta) un point crucial de notre aventure, au
point de départ d’une nouvelle rationalité
Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit qui n’identifie plus science et certitude,
pas de le prévoir mais de le rendre possi- probabilité et ignorance. (I. Prigogine)
ble. (A. de Saint-Exupery)

67 Aveugle Ayant droit
Nul n’est aussi aveugle et sourd que ce- La technique nous constitue en ayant
lui qui ne veut rien voir, ni entendre. (J. droit. Nous sommes des ayant droits
Haywood) mais aussi des héritiers avec des devoirs.
(A. Finkielkraut)
Il faudrait être aveugle pour ne pas voir
que le monde devient fou. (N. Hulot)
Avis
Il n’y a aucun mal à changer d’avis.
Pourvu que ce soit dans le bon sens. (W.
Churchill)
Avocat
Un avocat peut voler plus avec son
porte-document que cent hommes armés.
(M. Puzo)

Tout avocat a en principe la possibilité
de délibérer correctement, c’est à dire de
prédire correctement la décision du juge
en se fondant sur des lois existantes.
(HG. Gadamer)

Aucun poète n’a jamais interprété la
nature aussi librement qu’un avocat
interprète la réalité. (J. Giraudoux)
Avortement
Plus une société est libérale moins il y a
d’avortements. Et, les médecins ne
doivent pas choisir dans les lois celles qu’ils
appliquent et celles qu’ils n’appliquent
pas. (I. Nisand)
Axiome
Une assertion ne pouvant plus être
simplifiée et décidée est un axiome. (B.
Lussato)

Les axiomes ne limitent nullement les
interprétations ou les modèles. De même,
un ensemble d’axiomes permet plusieurs
interprétations substantiellement
différentes de celles qu’on escomptait. (M.
Kline)
68


B



« Oublions l’atelier, en bureau transformé,
Pour fournir aujourd’hui la valeur ajoutée »


Baccalauréat
Le baccalauréat est le diplôme qui ouvre Banque
Comment hésiterions-nous à confier no-toutes les portes mais qui, par ailleurs,
est devenu inutile. (A. Wartelle) tre argent à des banques qui mettent
toujours des petites chaînes à leurs stylos
à bille ? (L. de Vilmorin) Bâillon
Est-ce que le bâillon fait mal ? (R.
Brautigan) Banque de données
Si l’information n’est pas utilisée par un
système de décision, ce n’est plus qu’une Baiser
donnée (qu’elle ait été traitée ou non). Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les
Les banques de données portent donc ondes, Les anges, les démons courbés
bien la bonne application. (J.Y. Saulou) devant ma loi, Et le profond chaos aux
entrailles fécondes, L’éternité, l’espace
et les cieux, et les mondes, Pour un bai- Banquet
ser de toi. (V. Hugo) Au banquet de la vie, infortuné convive,
j’apparus un jour et je meurs. (N.J.L.
Gilbert) Balance commerciale
On exprime la balance commerciale pour
son ‘taux de couverture’ qui est le rap- Banquier
port exportation/importation ramené à Les banquiers font preuve d’une docte
ignorance des comportements financiers. 100. Si le taux est > 1, c’est bon. (J. De
Rosnay) (A. Rousseau)

Le banquier est dans sa substance même Banlieue
un phénomène de l’évolution ; il rend C’est à partir du moment où les
banpossible l’exécution de combinaisons lieues sont peuplées principalement de
nouvelles, il établit au nom de populations exogènes que leur sort
seml’économie nationale les pleins pouvoirs ble lié à des phénomènes de
pour leur exécution. (J. Schumpeter) délaissement et de paupérisation
irrémédiables. (É. Glissant)
69 Baptême Barrière
Dans l’église chrétienne, le baptême est Vis à vis de nouveaux concurrents,
conçu pour laver le péché originel l’élément dissuasif à leur entrée sur le
transmis par le sexe. Sans le vouloir, les marché est l’existence de fortes barrières
parents, par leur union sexuelle, trans- à l’entrée ; ces barrières peuvent être
ramettent le péché originel à leurs enfants. tionnelles (distances), économiques
(M. Godelier) (montant des investissements, économie
d’échelle), technologiques ou historiques
(image, savoir faire, réseaux de distribu-Barbare
tion). (M. Godet) En refusant l’humanité à ceux qui
apparaissent comme les plus « barbares » de
ses représentants, on ne fait que leur em- Base
prunter une de leurs attitudes physiques. « Il est temps maintenant d’établir des
Le barbare est d’abord celui qui croit à la bases théoriques solides pour votre
trabarbarie. (C. Lévi-Strauss) vail. ». (S. Margon)
Barbarie Base de données
Rien ne justifie jamais la barbarie ; les Il est utopique de croire que l’entreprise
démocraties seront unies pour la combat- toute entière peut être dirigée en fonction
tre sans faiblesse. (J. Chirac) de la situation instantanée, où le diri-
geant tirerait toutes les informations
La culture ne met pas à l’abri de la bar- utiles d’une énorme base de données qui
barie. (P. Ricœur) collecterait tous les renseignements rela-
tifs aux activités concernées. (S. Beer)
L’explosion scientifique et la ruine de
l’homme représentent la nouvelle barba- La conception des bases de données est
rie dont il n’est pas sûr qu’elle soit confiée à des artistes, mais ce n’est
surmontée. (M. Henry) qu’une sous-tâche dans un système
d’information. (Bracchi)
Barbe
C’était quand le temps n’avait pas encore Base du système
de barbe. (G.C. Lichtenberg) La base du système entreprise est
l’image de l’état actuel de l’entreprise et
de son environnement à partir de laquelle Baroque
une étude peut se développer. (M. Go-Le baroque se rapproche de notre réalité
det) qui est instable ou illusoire comme un
décor de théâtre. (J. Rousset)
Bassesse
Le baroque est une forme de pensée qui Il est dangereux de faire voir à l’homme
revendique comme fondement la néces- sa grandeur sans lui faire remarquer sa
sité simultanée de l’un et de son double bassesse. (B. Pascal)
(forme achevée du multiple), du même et
de l’autre, du symétrique et du para- Bataille
doxal, de l’immobile et du mouvement, à Les entreprises sont passées d’une
bala fois dans l’avant et dans l’après, va- taille pour mieux produire, à une bataille
riant dans l’instant. (A.L. Angoulvent) pour mieux concevoir. (C. Navarre)
70 Bateau Le beau est ce qui plait universellement
Si vous faites voile dans une direction sans concept. (E. Kant)
donnée, en manoeuvrant contre tous les
vents, avec la conviction que vous êtes Chaque fois que chacun de nous agit
sur la bonne route, même s’il est sérieu- pour le beau, c’est toute l’humanité qui
sement endommagé au cours du voyage, progresse. (E. Fromm)
votre bateau arrivera au port. (M. Mead)
Beauté
Bâtiment On peut affirmer que puisque tous les
Un bâtiment n’est pas seulement un sys- siècles et tous les peuples ont leur
beautème de consommation de l’énergie ; il té, nous avons inévitablement la nôtre.
devra, aussi, à l’avenir, être conçu Cela est dans l’ordre. (C. Baudelaire)
comme un système de captage et de
transformation. (H. Scheer) La beauté déteste les idées. Elle se suffit
à elle-même. (J. Cocteau)
Bâtir
La beauté est l’harmonie du hasard et du A quoi bon bâtir alors que tout finit en
bien. (S. Weil) fumier ? (P. Drachline)

Il faut surmonter l’esthétique pour penser
Bavard la beauté, si elle est le visage même de
Ce que nous reprochons au bavard, c’est l’Être. (J.L. Chrétien)
qu’il nous empêche de parler. (R. Saba-
tier) L’universel de la beauté ne peut se
communiquer au sujet que dans
Béatitude l’obsession du particulier. (T.W.
AdorLa révélation à l’âme de sa propre réalité no)
comme réalité absolue est le fondement
et l’essence de sa béatitude. (M. Henry) La vraie beauté est si particulière, si
nouvelle, qu’on ne la reconnaît pas pour
la beauté. (M. Proust) Beau
Le beau est ce qui traverse impunément
La beauté des choses existe dans l’esprit la sottise des âges. (J. Rostand)
de celui qui les contemple. (D. Hume)
Le beau est fait d’un élément éternel,
invariable, dont la quantité est Bébé
excessivement difficile à déterminer, et Les bébés humains ont besoin de lait
d’un élément relatif, circonstanciel, qui pour survivre et pour grandir, ainsi les
sera l’époque, la mode, la morale, la pas- mammifères ont-ils dû exister avant que
sion. (C. Baudelaire) les humains n’apparaissent. (J. Wells)

L’idée du beau n’est pas une idée neuve. Les bébés comprennent qu’en pleurant,
Elle paraît accablée par la grandeur de ils peuvent obtenir leur biberon. C’est en
son passé et la probable médiocrité de cela que l’on peut parler de « bébés
psyson avenir. Et nous avons renoncé à chologues ». (R. Lécuyer)
l’idée d’un beau intemporel. (J. Lacoste)

71 Behaviorisme ces bons offices, qui nous sont si
nécesLe behaviorisme dit que la psychologie, saires, s’obtient de cette façon. (A.
pour être une science incontestée, telle Smith)
que la physique ou la physiologie, ne
peut et ne doit avoir d’autre objet que le Le besoin renvoie à un manque, à une
comportement (behaviour) de l’homme carence. Même s’il s’agit de besoins
soet de l’animal. (A. Tilquin) ciaux, le modèle est toujours celui du
besoin organique, dont la satisfaction
Le behaviorisme, qui se propose conditionne la survie de l’individu. (C.
l’expérimentation, considère que la Michelot)
conscience nous ramène aux anciens
jours de la superstition et de la magie. (P. On distingue maintenant les besoins
Naville) post-matérialistes (participations accrues,
protection de la liberté ou protection de
l’environnement), une société où les Benchmarking
idées l’emportent sur l’argent et les be-C’est une méthode d’évaluation de la
soins matérialistes. (J. Lesourne) performance et de rapprochement du
standard ou de la référence dans le
doLes besoins fondamentaux de l’homme maine. (J.M. Lehu)
au travail sont, d’ordre vital (sauvegarde
de soi, nourriture, logement), nés de la
Bénéfice vie en groupe ou d’ordre social
(réalisaLes entreprises qui récoltent le plus de tion de soi) et d’ordre psychologique
bénéfices de l’utilisation des outils de (responsabilités, culture individuelle,
transmission de l’information sont celles standing de vie, ambition). (A.R.
Franqui en connaissent le mieux les dangers çois)
et qui ont une certaine méfiance à leur
égard. Elles se gardent bien d’une admi- Les humains sont motivés par des
beration béate. (D. Pemartin) soins rangés de façon hiérarchique, allant
du physiologique au psychique
(autoPlus le bénéfice est illégal, plus l’homme réalisation) en passant par la sécurité,
y tient. (H. de Balzac) l’appartenance sociale et l’estime de soi.
(A. Maslow)
Bénévolat
Le bénévolat, c’est très agréable, ça fait Les besoins de la prévision sont : les
bedu bien ; je le fais vraiment par plaisir, soins d’explication, les besoins
par égoïsme, pour mon équilibre person- d’hypothèses, les besoins de
quantificanel. (Y. Noah) tion. (M. Godet)

Les besoins identitaires sont : le besoin Besoin
d’existence et de considération, le besoin C’est quand les besoins sont satisfaits
d’intégration à un groupe, le besoin de que l’homme se tourne du côté du
génévalorisation (être jugé positivement), le ral et du supérieur. (Aristote)
besoin de contrôle de son image, le be-
soin d’individuation (affirmer sa Donnez-moi ce dont j’ai besoin, et vous
personnalité propre). (E.M. Lipiansky) aurez de movous avez besoin
vous-même ; et la plus grande partie de
72 Donnez-moi ce dont j’ai besoin et vous Quelle pitié d’avoir dit que les bêtes sont
aurez de movous avez besoin des machines privées de connaissances et
vous-même. (A. Smith) de sentiments, qui n’apprennent rien, ne
perfectionnent rien. Les bêtes ne sont pas
Les satisfactions reçues ne font que sti- des bêtes. (Voltaire)
muler les besoins au lieu de les apaiser.
Aussi plus on aura et plus on voudra Il y a autre chose dans les bêtes que du
avoir. Moins on se sent limité, plus toute mouvement. Ce ne sont pas des purs
aulimitation paraît insupportable. (É. tomates, elles sentent. (É. Condillac)
Durkheim)
Bêtise
Le besoin est ce qu’il est bon de désirer Le drame aujourd’hui, chers amis, c’est
et le bon tout ce qui est essentiel à que la bêtise pense. (J. Cocteau)
l’épanouissement de l’individu. (P.
Rambaud)
Béton
Le béton cherche à être vrai. La bavure Un langage des besoins doit nous aider à
du joint exprime la nature du matériau distinguer clairement entre les besoins
coulé et aussi le module du coffrage. Elle que nous pouvons espérer satisfaire
colrenforce la perfection de la tranche des lectivement et ceux pour lesquels ce
voiles et anime la texture subtile n’est pas possible. (M. Ignatieff)
qu’imprime la veine du contre-plaqué.
(L. Kahn) Les besoins humains sont à la fois indi-
viduels et sociaux, matériels et spirituels.
Le béton apporte une innovation, en un Ils sont autant de désirs : de nourriture,
temps où les besoins sont très différents : d’habillement, de beauté, d’amour. (D.
l’homme doit inventer des formes archi-Méda)
tecturales nouvelles. (P. Francastel)
Les besoins culturels sont le produit de
Bible l’éducation (fréquentation des musées,
La bible s’est écrite sur une période lon-concerts, expositions, …) et les
préférengue : entre les années 50 et 120 de notre ces en matière de littérature, de musique,
ère. (M. Quesnel) de peinture, sont très liées au niveau
d’instruction. (P. Bourdieu)
Les grands textes de la bible disent que
la victime est innocente. (R. Girard) Ce n’est pas assez d’avoir des citoyens et
de les protéger, il faut encore songer à
La bible est le livre des livres où se di-leur subsistance et pourvoir aux besoins
sent les choses premières, celles qui publics est une suite évidente de la
vodevraient être dites pour que la vie hu-lonté générale. (J.J. Rousseau)
maine ait un sens. (E. Lévinas)
Bête
La bible n’est pas un simple livre. C’est, Il faut toujours, dans l’homme, que la
de façon littéraire et historique, un re-bête se satisfasse, et je me méfie
singucueil de textes rédigés sur plus d’un lièrement de ceux chez qui elle reste
millénaire et dont les différents livres ne invisible. (J. Rostand)
sont pas facilement repérables comme
73 constituant un corpus unifié. (Benoit hommes que de s’en procurer à
soiXVI) même : aussi sont-ce les plus grandes
âmes qui ont le plus d’inclination. (R.
Descartes) Bibliothèque
Une bibliothèque, c’est le carrefour de
Faisons le pari que les avancées du bien tous les rêves de l’humanité. (J. Green)
se cumulent, mais que les interruptions
du mal ne font pas système. (P. Ricœur) Nul lieu n’offre de la vanité des espéran-
ces humaines une preuve plus frappante
Fais ton bien avec le moindre mal qu’une bibliothèque publique. (S.
Johnd’autrui qu’il est possible. (J.J. Rous-son)
seau)

Bibliothèque graphique Quand un bien possède une valeur
marElle regroupe les routines d’usage cou- ginale croissante, le diviser entre de
rant, facilitant ainsi le développement nombreux bénéficiaires réduit sa valeur
des applications et favorisant leur porta- globale. (J. Elster)
bilité. (P. Schweizer)
L’idée du bien, au sommet de la
hiérarBicyclette chie du domaine intelligible, est la cause
Peut-être la bicyclette, dans ce monde de de tout ce qu’il y a de droit et de beau, en
machines, était-elle à nos yeux une héri- sorte qu’il faut l’avoir vue pour se
contière du cheval ? (J. D’Ormesson) duire avec sagesse, soit dans la vie
privée, soit dans la vie publique. (Platon)
Bien
Le bien a pour tombeau l’ingratitude Bien-être
humaine. (A. de Musset) La grandeur la plus propre à renseigner
sur le bien-être d’une population est le
Selon toutes les règles, les biens présents produit national net au prix du marché.
ont une valeur subjective plus élevée que (F. Perroux)
les biens futurs en même nombre et de
même espèce. (E. von Böhm-Bawerk) Bien commun
L’homme est guidé par son seul intérêt et
Le bien est ce à quoi toutes choses ten- ne cherche pas à promouvoir le bien
dent. (Aristote) commun. Mais, sans le vouloir, il ac-
tionne une main invisible qui atteint ce
Presque tous nous fauchons en herbe les but. (A. Smith)
biens qui nous auraient été de riches
moissons. (M. Proust) Vous constaterez vos progrès à la mesure
dans laquelle vous serez davantage
préLes biens de ce monde acquièrent sur les occupés du bien commun que de votre
hommes une puissance croissante et iné- bien propre. (Saint Augustin)
luctable, puissance telle que l’on n’a
jamais connue auparavant. (M. Weber)
Bien public
Nul ne veut le bien public que quand il C’est une chose plus haute et plus
glos’accorde avec le sien. (J.J. Rousseau) rieuse de faire du bien aux autres
74 Bifurcation l’origine des ressources (capitaux
proUne succession de bifurcations donne à pres, dettes, …). (B. France Lanord)
la matière un aspect historique. Les bi-
furcations sont des points singuliers où Le bilan constitue une photographie en
une branche se subdivise en plusieurs fin d’exercice du patrimoine de
branches ou un nombre infini de bran- l’entreprise. (M. Godet)
ches. (I. Prigogine)
Bilan de compétences
Big bang Le bilan de compétences permet
Le big bang est une théorie selon la- d’analyser ses compétences
professionquelle tout l’univers que nous pouvons nelles et personnelles ainsi que ses
observer aujourd’hui a commencé par aptitudes et motivations, afin de définir
une singularité initiale : un état infini- un projet professionnel et, le cas échéant,
ment dense et chaud. (J. Staune) un projet de formation. (C. Lévy-
Leboyer)
Certains phénomènes comme la
transformation d’énergies négatives en Bilan social
énergie positives font voir quelque chose Le bilan social s’inscrit dans le contexte
comme un univers ouvert. Nous ne sa- de l’information descendante, renseigne
vons pas si le big bang est terminé, s’il les salariés sur le fonctionnement de leur
n’y a pas de petits big bang quelque part. entreprise mais aussi les actionnaires et
(I. Prigogine) l’inspection du travail. (B. France
Lanord)
Bijou
La très chère était nue, et, connaissant Biocarburant
mon cœur, Elle n’avait gardé que ses Il faut de l’espace et de la canne à sucre
bijoux sonores, Dont le riche attirail lui pour bien exploiter les biocarburants. (Y.
donnait l’air vainqueur Qu’ont dans leurs Crozet)
jours heureux les esclaves des Mores. (C.
Baudelaire) Rien n’est mieux adapté à l’automobile
qu’un carburant liquide. C’est pourquoi
Je n’ai jamais eu de bijoux, Ni bagues ni les biocarburants, qui sont liquides, ont
chaîne au poignet, Ce sont choses mal la cote. (A. Douaud)
vues chez nous ; Mais on m’a mis la
chaîne aux pieds. (R. Brasillach)
Biodiversité
L’inventaire de la biodiversité permet de
Bilan voir l’évolution du monde. (J.L. Etienne)
Le bilan, compte de stock, enferme
l’entreprise dans un périmètre La biodiversité apparaît donc, pour
patrimonial, où la conception juridique, l’espèce humaine et les autres, comme
en France, l’emporte sur la conception un atout en termes d’adaptation et de
économique. (C. Perochon) survie à long terme. (R. Barbault)

Le bilan exprime les actifs et passifs,
Biographie c’est à dire l’utilisation des ressources
L’écrivain ne devrait pas avoir d’autre (actif immobilisé, actif circulant,
créanbiographie que ses livres. (B. Traven) ces, compte de régularisation) et
75 Biologiste
Pour être nous-mêmes, nous devons Le microbe n’a pas le temps d’examiner
avoir une biographie. Un homme a be- le biologiste. (H. Michaux)
soin de ce récit intérieur continu pour
conserver son identité, le soi qui le cons- Biométrie
titue. (O. Sacks) La biométrie physique, qui reconnaît les
organes vivants (empreintes digitales,
reBiologie connaissance faciale, iris de l’œil),
Il y a deux aspects dans la biologie : devient un enjeu de société. (C. Copin)
l’aspect génétique, mais aussi l’aspect
non linéaire, avec l’émergence de formes Bionique
et de structures. (I. Prigogine) La bionique cherche à construire des
machines électroniques imitant certains
La théorie de l’organisation est une sorte organes des êtres vivants. (J. De Rosnay)
de biologie, dans laquelle les distinctions
et les relations entre molécules, cellules,
Biotique organismes complexes, espèces et
écoloLa biotique est le mariage de la biologie gie sont mises en parallèle avec celles
et de l’informatique. (J. De Rosnay) qui existent entre individus, groupes,
organisation, populations et leur écologie
Bit sociale. La biologie est une science
Une frontière floue n’est qu’une forme vouée à l’étude et à l’explication du
d’incertitude ; elle doit être résolue tôt ou fonctionnement organique. (G. Morgan)
tard. Par conséquent la décision élémen-
taire, oui ou non (1 ou 0) est la matière La biologie est capable d’agir sur les
première en théorie du contrôle, on trois axes du monde physique :
l’appelle “binary digit” ou bit. (S. Beer) l’information, l’énergie et la matière. (D.
Mange)
Le code le plus commandé, le plus utilisé
pour traduire un message est constitué La biologie moderne est redoutable car
des deux signes 0 et 1 pouvant signifier : elle s’en prend à la structuration
intellecoui et non. Ce qui conduit à adopter le tuelle et affective de tout être humain : la
langage binaire et les logarithmes à base reproduction et l’hérédité, domaines
res2, pour mesurer l’information et pour dé-tés longtemps sacrés. (F. Jacob)
finir les unités. Par cette convention, la
quantité d’information d’un message est Le passé appartient à la physique mais le
mesurée en bits. (J. De Rosnay) futur appartient à la biologie. Si la biolo-
gie est plus difficile que la physique, elle
Un bit est la quantité d’information véhi-est infiniment plus riche dans ses
potenculée par un signal ne pouvant avoir que tialités. (C. Langton)
deux positions. (B. Lussato)
La biologie est la science de la vie. (J.B.
Lamarck) Blanc
Mettez du blanc dans l’ombre. (D.
Ingres) Biologique
Ce qui est biologique est supérieur à ce
qui est artificiel. (D. Menager)
76 L’homme blanc a gravi des degrés dans Un mur blanc est parfait pour un peintre.
la hiérarchie organique. Son cerveau Un mur blanc avec un Mondrian est
ens’est épanoui, son front s’est élargi et core mieux. (F. Léger)
s’est redressé. Les yeux sont droits et
bien ouverts. La race blanche, dans tou- Des blancs Pierrots, de doux Pierrots
tes ses variétés, est actuellement la moins blancs comme des poiriers en fleurs,
rétive au progrès. (C. Letourneau) comme la fleur des pâles nymphéas sur
l’eau, comme l’écorce des bouleaux,
Le poème n’est point fait de ces lettres comme le cygne, oiseau des eaux,
que je plante comme des clous, mais du comme les os d’un vieux squelette,
blanc qui reste sur le papier. (P. Claudel) blancs comme un blanc papier de riz. (G.
Fourest)
Le blanc aussi bien que le noir sont tous
deux non transparents, autrement dits ils Nous devons remplacer le monde brun
sont corporels. (L. Wittgenstein) par le monde blanc. (T. Van Doesburg)

Le blanc pur aveugle par son excès de Blasphème
clarté. La donnée blanche est la lumière Blasphème : face blême. (H. Domont)
en soi. (P. Klee)

Bleu Blanc absolu. Blanc par-dessus toute
Palsambleu, morbleu, ventrebleu, jarni-blancheur. Blanc de l’avènement du
bleu ! Dieu aussi a eu son époque bleue. blanc. Blanc sans compromis, par
exclu(J. Prévert) sion, par totale éradication du non-blanc.
Blanc fou, exaspéré, criant de blancheur.
Le bleu ne fait pas de bruit. Le bleu est Fanatique, furieux, cribleur de rétine.
propice à la disparition. Indéfiniment le Blanc électrique atroce, implacable
asbleu s’évade. (J.M. Maulpoix) sassin. (H. Michaux)

Blocage On pourrait appeler blanc l’éclat
fortuiLe blocage durable du fonctionnement tement opaque du transparent pur, telle la
mental que peut causer l’organisation du poudre blanche que donne le verre broyé.
travail, et en particulier le système taylo-(J.W. von Goethe)
rien, est une cause majeure de maladies
somatiques. (C. Dejours) Le blanc est seulement un moyen
d’exposer d’autres éléments de la
peinture. Le blanc permet à d’autres choses Blog
de devenir visibles. (R. Ryman) Le blog résume à merveille l’homme
électronique. On peut intervenir par écrit
À l’analyse, le blanc, que l’on considère et par écran interposé, mais c’est une
comme une non-couleur, surtout depuis communication de fantômes ; n’importe
les impressionnistes qui ne voient pas de qui peut dire n’importe quoi à des
indiblanc dans la nature, est le symbole d’un vidus masqués qu’il ne rencontrera
monde où toutes les couleurs, en tant que jamais. (P. Rambaud)
propriétés de substances matérielles, se
sont évanouies. (W. Kandinsky)

77 Boire J’aime bien l’idée d’une exposition
Une personne qui ne boit que de l’eau a comme une boîte : tu tournes autour,
un secret à cacher à ses semblables. (C. mais il n’y a rien dedans ; tu peux tout
Beaudelaire) faire pour rentrer dedans : un workshop,
une manifestation, une vidéoconférence,
Boire est un besoin de l’âme quand un théâtre d’ombres, un film, un
spectamanger n’est qu’un besoin de l’estomac. cle de music-hall, une structure de
(C. Tillier) pensée. (P. Parreno)
Bois Boite à outils
Le bois (ou mieux : les essences qui Il n’y a pas de méthode miracle qui serait
poussent dans une région climatique la clé de tous les problèmes, mais une
donnée) est devenu un matériau connu, boite à outils dans laquelle on puise, en
doté d’une identité reconnaissable. Il en fonction des caractéristiques du
proest de même pour tous les matériaux tra- blème, des objectifs et des contraintes.
ditionnels. (E. Manzini) (M. Godet)

Lorsque je travaille le bois, je pense à sa Boîte noire
texture et à sa vie, je le sens vivant ; il a Une boîte noire est une boite munie
une vie propre. Si le bois n’était pas vi- d’entrées et des sorties, dont on ne sait
vant, ce serait de la poussière, il se que prédire les valeurs des sorties à partir
désagrégerait complètement. (L. Nevel- des valeurs des entrées. (J. Méleze)
son)
Une boîte noire est une partie du système
Je me rends dans les bois pour vivre dé- modélisé dont on ignore volontairement
libérément, ne faire face qu’aux faits le fonctionnement interne pour ne
essentiels de la vie. (D. Thoreau) l’appréhender que par ses entrées et ses
sorties ; elle se situe au niveau choisi
Tout ce bois près de la cheminée pour comme étant le plus élémentaire, à
une flambée ! Se chauffer exige des an- l’intérieur duquel il n’est pas pertinent de
nées de végétation. (W. Hussem) pénétrer en regard de l’objectif à attein-
dre. (D. Bériot)
Je suis tout à la tristesse de ma vie per-
due dans les bois que le vent berce. Je Ouvrir la « boîte noire » que constitue la
suis tout à la détresse de ma vie sans but technologie spécifique à une entreprise
dans l’ombre des bois touffus. (P. Fort) revient à comprendre ses implications
concurrentielles et organisationnelles.
Boîte (K.B. Clark)
Qu’est-ce qu’une boîte ? Un récipient
d’air. Ce moyen de déplacement et de Bombe
transport de l’objet, sous couvercle ou Contrairement à ce que l’on croit
généracouverture idéologique, peut-être aussi lement, ce ne sont pas les politiques qui
lieu du sujet, emboîté répétitivement en ont « commandé » la bombe aux
scientilui-même comme une poupée russe. (F. fiques, mais exactement l’inverse. (P.
Perrier) Breton)

78 Les gens s’imaginent qu’une bombe est qu’ils transmettent du bonheur à leurs
un objet mécanique. Un ennemi mécani- clients. (C. Boiron)
que. Mais vous devez prendre en compte
le fait que quelqu’un l’a fabriqué. (M. Le bonheur n’est pas le but mais le
Ondaatje) moyen de la vie. (P. Claudel)

Il y a du bonheur dans toute espèce de ta-Bon
lent. (H. de Balzac) Au sein d’une même communauté (de
chercheurs, par exemple), on sait ce qui
Il ne faut pas de tout pour faire un est bon et ce qui ne l’est pas, on sait ceux
monde. Il faut du bonheur et rien d’autre. qui sont bons et ceux qui ne le sont pas.
(P. Eluard) (O. Postel-Vinay)

Une certaine richesse de notre civilisa-On ne peut pas jouer à la sainteté, à la
tion rend un type de bonheur possible. bonté, à l’abnégation. Il faut être bon ou
Mais ce bonheur reste un possible ; car, renoncer à le paraître. (A. Maurois)
dans notre société capitaliste, c’est :
choses promises ne sont pas dues. (G. Perec)
Bon sens
L’homme puissant qui joint l’audace à Je n’ai jamais connu une seule heure de
l’éloquence devient un citoyen dange- bonheur en sa compagnie, et pourtant, je
reux quand il manque de bon sens. ne cessais d’espérer le bonheur de vivre
(Euripide) avec elle jusqu’à la mort. (C. Dickens)

Le bon sens est la forme d’aliénation la Ne pensez pas au bonheur, s’il n’arrive
plus répandue. (N.F. Simpson) pas, point de déceptions ; s’il arrive,
quelle surprise. (B. Prus)
Bonheur
Aussi égoïste que l’homme puisse être, il Paradoxal et ambigu, le bonheur doit être
y a évidemment des principes dans sa na- reconstruit et pensé, loin de toute
transture qui le conduisent à s’intéresser à la cendance inaccessible, au plus près
fortune des autres et qui lui rendent né- d’une joie substantielle et active. Le
cessaire leur bonheur, même s’il n’en bonheur nous enracine dans l’élan
métaretire rien d’autre que le plaisir de les physique de la vie. (J. Russ)
voir heureux. (A. Smith)
L’homme se trouve en face des deux fins
Tu le vois, le bonheur est lié non pas à possibles pour son existence, le bien et le
l’avoir, mais à l’agir bien fait et parfai- bonheur, qui ne coïncident pas toujours.
tement réussi. On est heureux quand on Le bonheur est un état de satisfaction, et
fait bien quelque chose. (B. Gariépy) même de satisfaction durable. (P. Van
den Bosch)
Ce qui m’intéresse ce n’est pas le bon-
heur de tous les hommes, c’est celui de Le bonheur n’est pas absolument exclu, à
chacun. (B. Vian) condition qu’il soit obtenu dans le strict
respect de la loi morale. (E. Kant)
L’entreprise est une machine à fabriquer
du bonheur pour ses employés, pour Dans toutes les formes de bonheur, la
réflexion (fondatrice de l’autonomie et de
79 la liberté), et la réciprocité (fondatrice de nom la plupart des gens sont d’accord :
la prise de conscience d’autrui) doivent c’est le bonheur, au dire de la foule aussi
être présentes. (R. Misrahi) bien que des gens cultivés. (Aristote)

La poursuite du bonheur est devenue le Que le bonheur arrive lentement ! Que le
rêve commun, quoique inégalement cou- bonheur s’éloigne avec vitesse ! Durant
ronné de succès, d’une société en proie à le cours de ma triste jeunesse, Si j’ai
véla loi triplement féroce de l’argent, du cu, ce ne fut qu’un moment, Je suis puni
profit et de la consommation. (D. Salle- de ce moment d’ivresse. (É. Désiré de
nave) Forges)

La culture de masse désigne le bonheur Qu’est-ce que le bonheur sinon le simple
comme un mythe, c’est-à-dire une pro- accord entre un être et l’existence qu’il
jection imaginaire de félicité, mais il est mène ? (A. Camus)
en même temps idée-force, recherche
vécue par des millions d’adeptes. (E. Le bonheur individuel et le bonheur
colMorin) lectif se résument dans l’accumulation de
la force. Toute tendance à cette
accumuLe bonheur n’est pas une affaire égoïste lation constitue une vertu ; toute
et mièvre, mais une éthique qui est aussi tendance à la destruction constitue un
une politique. (M. Onfray) vice. (C. Féré)

L’objectif est d’atteindre le plus grand Dans le bonheur d’autrui je cherche mon
bonheur de tous les hommes, ou, au bonheur. (P. Corneille)
moins et compte tenu de la rareté des
ressources, le plus grand bonheur du plus Tout bonheur est négatif ; nulle
satisfacgrand nombre. (J.S. Mill) tion, nul contentement, par suite ne peut
être de durée ; au fond ils ne sont que la
Le bonheur est une récompense qui vient cessation d’une douleur ou d’une
privaà ceux qui ne l’ont pas cherchée. Ce tion, ou bien quelque langueur, une
n’est pas quelque chose que l’on pour- attente sans objet, l’ennui. La douleur et
suit, mais quelque chose que l’on a. Hors l’ennui sont les grands ennemis de
de cette possession, il n’est qu’un mot. l’homme. (A. Schopenhauer)
(Alain)
L’amour altruiste et la compassion sont
Religion à part, le bonheur est de les fondements du bonheur authentique.
s’ignorer et d’arriver à la mort sans avoir (M. Ricard)
senti la vie. Le vrai bonheur coûte peu ;
s’il est cher, il n’est pas d’une bonne es- Pour atteindre le bonheur il nous faut
pèce. (F.R. de Chateaubriand) trouver et du sens et du plaisir à ce que
nous faisons. (T. Ben-Shahar)
Le bonheur entre et sort. C’est l’éclair
qui vient de l’orient et disparaît à Bonté
l’occident. Toute la terre le voit et tres- La bonté est invincible si elle est sincère,
saille ; mais il passe. (H. Lacordaire) sans sourire narquois, sans affectation.
(Marc Aurèle)
Quel est de tous les biens réalisables ce-
lui qui est le Bien suprême ? Sur son
80 Ce que l’on aime dans la bonté, ce n’est que les informations sur les résultats
pas le prix qu’elle coûte, c’est le bien d’une transformation, ou d’une action,
qu’elle fait. (A. France) sont renvoyées à l’entrée du système
sous forme de données. (J. De Rosnay)
L’homme bon, je le traite avec bonté, et
celui qui n’est pas bon, je le traite aussi La boucle simple, dans les organisations
avec bonté ; ainsi j’obtiens bonté. (Lao- considère : la capacité d’explorer
Tseu) l’environnement, de fixer des objectifs et
le contrôle de la performance du système
Plus je prenais conscience de la bonté par rapport à ces objectifs. La boucle
plus je me sentais prêt à me fondre de- double remet en question les normes,
dans. (F.M. Dostoïevski) modifie et innove. (G. Morgan)
Boomerang Bouddhisme
Les activités humaines ont de multiples Le bouddhisme est une religion qui, à
impacts sur la santé des écosystèmes et, défaut de dieux, admet l’existence de
en retour, la dégradation de ceux-ci peut choses sacrées, à savoir des quatre
vériaffecter notre propre santé. C’est l’effet tés saintes et des pratiques qui en
« boomerang ». (Y. Cochet) dérivent. (É. Durkheim)
Botox Boulanger
Le botox paralyse le muscle dans lequel Un boulanger, ça ne dort pas beaucoup ;
il est injecté. Il empêche le visage de se Toujours le four qui ronfle et la levure
rider. Ça ne bouge plus. Et le temps En mal d’amour dans la pâte au long
s’arrête. (S. Fontanel) cou. Pâte et pétrin, voilà mon aventure.
(G. Norge)
Bottelage
Le bottelage consiste en une vente grou- Boulimie
pée de produits ou services séparables. « Faim de bœuf » : telle est l’étymologie
Ex : package de micro-ordinateurs, de de la boulimie qui rejoint les appétits
logiciels et de services, en informatique. d’un Gargantua et qui fait partie des
Cela signifie aussi qu’on offre à tous les principaux désordres et troubles des
clients le même ensemble de produits et comportements alimentaires humains.
de services quelque soit leurs besoins. (G. Marchand)
(M. Porter)
Bouquin
Bouche Ce qui me sidère c’est un bouquin où,
La pensée se fait dans la bouche. (T. une fois que l’on a fini de le lire, on
auTzara) rait envie que l’auteur qui l’a écrit soit
un super ami à soi, et qu’on puisse
l’appeler au téléphone chaque fois qu’on Boucle
en aurait envie. (J.D. Salinger) Dans une boucle : information, décision,
action, les informations sur les résultats
des actions passées servent de base aux
décisions permettant de corriger cette
action. La boucle de rétroaction est telle
81 Bourgeois
Le bourgeois ne se dissipe pas, il se rem- La Bourse constitue l’une des
composanplit. Il n’aime pas il s’approprie. Il tes du système financier. Elle met en
n’éjacule pas il retient. (E. Arsan) relation les agents à besoin de finance-
ment et les agents à capacité de
Ce qui distingue le bourgeois, c’est la financement. (S. Vandelanoite)
« distinction ». Tout ce qui distingue doit
aussi être : extérieur et facilement recon- Bracelet électronique
naissable, artificiel et acquis, subtil pour Pour un délinquant, le bracelet
électronine pas être imité. (E. Goblot) que est préférable à une détention
provisoire en prison. C’est aussi un
Un bourgeois est quelqu’un qui a des ré- moyen diminuant la récidive. (M.
Berserves. (A. Siegfried) nard-Requin)
Bourgeoisie Bras
La bourgeoisie sans le peuple c’est la Le bras court du pouvoir humain n’exige
tête sans les bras. Le peuple sans la pas le bras long du savoir prédictif. (H.
bourgeoisie c’est la force sans la lumière. Jonas)
(E. Quinet)

Bravoure La bourgeoisie ne s’aperçoit pas que tout
La bravoure perd son droit par le manque son sang coule, et la voilà qui de ses
d’expérience. (F. Picabia) propres mains est occupée à se déchirer
les entrailles. (L. Blanc)
Bricoleur
Le bricoleur, qui reste celui qui œuvre de Dans sa domination de classe, la
bourses mains, est apte à réaliser un grand geoisie a créé des forces de production
nombre de tâches diversifiées. plus massives et plus colossales que
touL’ensemble de ses moyens n’est pas dé-tes les générations passées prises
finissable par un projet, comme chez ensemble. (K. Marx)
l’ingénieur. (C. Lévi-Strauss)
La bourgeoisie accuse, exagère,
souligne, invente au besoin les inégalités qui Bricolage
la font être en la distinguant. (E. Goblot) Le bricolage est un raccourci qui conduit
à des erreurs absurdes, voire fatales dans
la mesure où le non-sens peut très bien Bourreau
être caché par un vernis de rigueur et de Un bourreau, pour exister, a besoin de sa
prudence. (C. Morel) victime. (V. Patricia-Galbert)

Le bricolage est une forme d’activité On a peur d’entrer dans le monde des
technique. Le propre du bricolage est bourreaux. Il y a tant d’inhumanité et de
d’élaborer des ensembles structurés, non cruauté en eux (E. Wiesel)
pas avec d’autres ensembles structurés,
mais en utilisant des bribes Bourse
d’événements, des morceaux, des rési-La Bourse est pour les professionnels.
dus, témoins fossiles de l’histoire d’un Prudence, pour les petits actionnaires !
(J.J. Bertolus)
82 individu ou d’une société. (C. Lévi- des codes sophistiqués ; ainsi le chant
Strauss) des oiseaux, ou les dispositifs d’alerte
des singes vervet. (M. Hénaff)
Brique
Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne Je vais faire de la peinture avec des
brifait pas de bruit. (St Vincent de Paul) ques. Je veux dire que je vais travailler
en densité. (H. Matisse)
Ayez le souci de séparer les choses du
bruit qu’elles font. (Sénèque)
Briquet
L’élégant geste du briquet qui allume la Ce cercle limité de sons purs doit être
cigarette a changé de signification. Ce brisé et l’infinie variété des bruits doit
n’est plus un rituel d’accueil, c’est un être conquise. (L. Russolo)
acte de pollueur. (B. Cyrulnik)
Budget
Brouiller C’est l’un des principaux outils de
meDeux personnes ne peuvent se brouiller sure et de suivi des énergies financières
que lorsqu’elles sont trop bien ensemble. mobilisées. (G. Balantzian)
(P. Valéry)
La définition des budgets est en fait un
Brouillon découpage dans le temps des différents
Il écrivait peu, ce qui veut dire que ses plans. Il s’agit de prévoir un ensemble de
brouillons étaient oraux. (J.L. Borges) recettes et de dépenses, avec un pro-
gramme précis, dans un délai déterminé,
Faire un brouillon efface l’exaltation des pour atteindre un résultat donné. (B.
mots. (V. Van Gogh) France Lanord)
Bruit Bulle
Le bruit est la plus importante des for- Les bulles, qui éclatent après s’être
consmes d’interruption. C’est non seulement truites sur un accès trop facile à de
une interruption, mais aussi une rupture l’argent peu cher, sont la contrepartie de
de la pensée. (A. Schopenhauer) l’innovation. (M. de Scitivaux)

On appelle bruit, des perturbations sur- Bureau
venant au niveau de la voie de Le bureau rationalise le travail
transmission de l’information, pouvant d’exécution en portant au maximum le
altérer les messages et modifier leur si- travail intellectuel de perception,
gnification. (J. De Rosnay) d’idéation, d’ordonnancement, qui donne
au premier sa parfaite efficience. (M.
Si une ligne de données d’entrées Ponthière)
comporte des données étrangères à tout
le système, il s’agit là d’une perturbation
Bureau d’études aléatoire, c’est à dire d’un bruit au lieu
Un bureau d’études élabore un cahier des d’une véritable information. (S. Beer)
charges et conçoit un produit commer-
cialisable répondant aux critères de Ce que l’on a longtemps tenu pour du
bruit, chez les animaux, se révèle être
83 qualité, tout en respectant un prix de re- cieux relativement stables, qui se
vient admissible. (B. France Lanord) développent à partir d’un climat
d’impersonnalité et de centralisation. (M.
Crozier) Bureau des méthodes
La fonction essentielle du bureau des
La bureaucratie française procède, de la méthodes est l’analyse du processus
tradition administrative, du légalisme ri-technique et la conception d’outils
destigide et du mandarinat. (O. Gélinier) nés à la préparation technique du travail
(ex : documents de fabrication). (B.
La bureaucratie tend à considérer les or-France Lanord)
ganisations comme des machines. (G.
Morgan)
Bureaucrate
L’existence sociale, sous ses aspects
poBureaucratique litiques, éthiques, économiques, dépend
Une structure est bureaucratique si son d’une organisation de bureaucrates
spécomportement est prédéterminé et prévi-cialisés et compétents. Le bureaucrate est
sible, c’est-à-dire standardisé. (H. sans doute un phénomène fort ancien
Mintzberg) dans maintes sociétés différentes. (M.
Weber)
C’est dans un système d’organisation
très « bureaucratique » où la hiérarchie
Bureaucratie est claire et la définition des tâches très
Le modèle de bureaucratie est caractérisé précise que les pouvoirs parallèles ont le
par : une division du travail très poussée, plus d’importance. (M. Crozier)
des règles écrites, une structure hiérar-
chique, le recrutement du personnel Le mécanisme bureaucratique est le seul
suivant des critères objectifs de qualifi- à déboucher sur l’aliénation, l’anomie et
cation ; les promotions étant connues à l’amoindrissement du sens de
l’avance. (M. Weber) l’autonomie. (W. Ouchi)

Ce qui nous sauve de la bureaucratie,
Bureaucratisation c’est son inefficacité. (E. Mac Carty)
La bureaucratisation est conçue pour in-
tégrer une rationalité limitée dans sa Le principal mérite de la bureaucratie
réstructure ; la plupart des organisations side dans son efficacité technique,
font preuve de cette tendance à la bu-l’accent étant mis sur la précision, la
rareaucratisation. (G. Morgan) pidité, le contrôle, la continuité, la
discrétion et le rendement. (R. Merton)
Bureaucratisation professionnelle
Les organisations ayant formalisé leurs C’est la structure où le personnel, qui a
règles de fonctionnement (administra- des compétences clés, a besoin de
beaution, syndicats) utilisent la bureaucratie. coup d’autonomie et de liberté de choix
(M. Blair) pour faire le travail (ex : dans les univer-
sités, dans les hôpitaux). (H. Mintzberg)
La bureaucratie est à haut degré de
formalisation, rigide et a une grande
résistance aux changements. Elle repose
sur l’existence d’une série de cercles
vi84 Bureautique uniquement sur le but poursuivi. (G.
La bureautique désigne l’assistance aux Morgan)
travaux de bureau procurée par des
moyens et des techniques de Les buts sont d’ordre qualitatif ; ils
prél’électronique, de l’informatique, des té- cisent les grandes options à satisfaire
lécommunications et de l’organisation pour atteindre les missions de
administrative. (P. Berger) l’entreprise. (B. France Lanord)

Bien que la bureautique puisse être con- Le but est dans le chemin. (S. Monfort)
sidérée comme faisant partie intégrante
de la technologie de l’information, je la Un but est « un état de choses
désirasépare pour ne pas la négliger car la plu- ble ». Le défaut de l’atteindre est une
part des activités requièrent des tâches de frustration. (T. Parsons)
bureau ; c’est une technologie très dif-
fuse dans la chaîne de valeur. (M. Porter) Les buts sont les intentions précédant les
décisions ou les actions, les états d’esprit
La bureautique intéresse le système indi- qui poussent les individus ou les groupes
viduel d’information de toute personne d’individus appelés organisation à faire
exerçant une activité de bureau, sans ce qu’ils font. (H. Mintzberg)
exiger d’elle d’autres connaissances que
celles de sa profession. (AFCET)

La bureautique est l’ensemble des
techniques et des procédés visant à faire
exécuter par des matériels et des
logiciels toute une partie des tâches de
bureau. (S. Nora, A. Minc)
But
La formulation des buts suppose
l’analyse des différents buts, la
pondération de leur importance
(politique) et la mise en place de
dispositifs de mesure de la progression
vers ces buts (techniques). (O. Gélinier)

Si l’on veut remplir les missions de
l’entreprise, il faut se fixer des buts
qualitatifs. (M. Godet)

Quand on poursuit un but spécifique, on
oriente l’action vers un point de
référence fixe, ce qui rétrécit la
compréhension que l’on a de
l’environnement, et l’intérêt qu’on
éprouve à son égard pour se focaliser
85


C



« Un oiseau amusé effleure mon piano,
Déclenche un opéra au fond de mon cerveau. »


Ça
Le ça est le réservoir des pulsions hu- Cadre
Il existe dans notre société quelques ca-maines archaïques. Force brute,
imperméable à la raison, ou à la morale, dres fondamentaux qui nous permettent
de comprendre les événements. (E. c’est un chaos, une marmite pleine
d’émotions bouillonnantes. (S. Freud) Goffman)

Je préfère toujours que mes toiles soient Cabas
dans un cadre. Le cadre, c’est quelque Le cabas de femmes se porte long, large,
chose d’artificiel, et il est là précisément mou et déstructuré. Elles le jettent sur
pour renforcer l’aspect artificiel de la l’épaule, contre la hanche. Le grand
capeinture. (F. Bacon) bas se déforme, respire, tressaute. C’est
un des mystères féminins de ce début de
siècle. (J. Remy) Cadre (personne)
Le cadre, aujourd’hui et demain, c’est
l’autorité, la complexification du travail Cabinet (conseil)
de base, la réussite personnelle. Respon-Le cabinet conseil aide une entreprise à
sabilité élargie mais laisser aussi faire le conduire un changement et fait office
personnel, l’acceptation des critiques, la d’agence d’intérim de haut niveau,
mobifocalisation autour d’objectifs, la recher-lisant, durant un laps de temps limité,
che de la concertation. C’est être des compétences très pointues. (M.
l’animateur plutôt que le meneur. (B. Binst)
Delpierre)

Cadrage Le cadre planifie, organise, motive,
diLe cadrage d’une demande est une étape rige, contrôle ; c’est un décideur, un
préalable à toute ébauche de réponse, in- leader, un négociateur. (B. France
Ladispensable pour faire préciser le nord)
contenu de la demande et vérifier sa co-
hérence par rapport à un objectif de rang Les meilleurs cadres d’entreprise sont
supérieur. (D. Bériot) ceux qui savent créer une communauté
d’intelligence et de valeurs communes,
87 capable de transformer données et in- Les cages montaient, descendaient avec
formations en savoirs. (D. Goleman) leur glissement de bête de nuit, engouf-
fraient toujours des hommes, que la
Il est important que les cadres s’ouvrent gueule du trou semblait boire. (E. Zola)
au ressenti. Leur travail se résume trop
souvent à du traitement de l’information. Cahier des charges
(C. Cayol) Le cahier des charges récapitule les con-
ditions techniques, économiques et
C’est parce que la catégorie des cadres humaines auxquelles doit répondre le
constitue un ensemble flou, sans critère produit final. (B. France Lanord)
d’appartenance unanimement reconnu et
explicite, ni frontières nettes, que chacun On établit le cahier des charges avec des
peut se dire « cadre » ou bien qu’il n’est paramètres mais aussi avec les facteurs
pas lui-même un vrai « cadre ». (L. Bol- en amont de ces paramètres. (B. Lussato)
tanski)
Calamité
Cadre (d’action) Nous sommes menacés par deux
calamiLe cadre d’action, défini par ceux qui ont tés : l’ordre et le désordre. (P. Valéry)
un pouvoir de décision, est la résultante
d’images, de métaphores, de
construcCalcul tions de l’esprit, d’interprétations et de
Nous imaginons avoir des pensées, nous façons de voir. (G. Morgan)
ne faisons que du calcul. (J.L. Krivine)

Café Le calcul n’est pas dans la nature car
Nulle part on ne peut concevoir de pen- c’est une propriété du cerveau humain,
sées aussi pures et aussi claires, nulle ce n’est pas une propriété des systèmes
part l’existence ne semble aussi simple, électroniques, ce n’est, intrinsèquement,
qu’au café. (J. Greshoff) pas un mécanisme électronique. (J.R.
Searle)
Le café est un breuvage qui fait dormir
quand on n’en prend pas. (A. Allais)
Calculateur
Le néo-cortex de l’homme, c’est-à-dire Qu’est-ce qu’un écrivain de café ? Un
son intelligence, a une prothèse : les cal-homme qui a le temps de réfléchir au
caculateurs, qui déduisent, créent, fé à tout ce que les autres à l’extérieur ne
inventent des êtres virtuels et les dotent vivent pas. (A. Kuh)
d’aptitudes et de préférences. (J. Le-
sourne) Les cafés gonflés de fumée, Crient tout
l’amour de leurs tziganes, De tous leurs
Calendrier siphons enrhumés, De leurs garçons
vêLe Soleil et la Lune sont les astres dont tus d’un pagne, Vers toi que j’ai tant
les révolutions fondent la science des ca-aimée. (G. Apollinaire)
lendriers. (M. Cassé)
Cage
Calligramme Une cage allait à la rencontre d’un
oiLe calligramme représente par sa forme seau. (F. Kafka)
graphique l’objet ou les réalités qu’il
88 évoque. Il mobilise ainsi, de façon simul- fois dix ans) et peut se déclarer
tanée, complémentaire et croisée, le code rapidement. (D. Belpomme)
langagier et le code plastique. (J.L. Jou-
bert) Des arbres massacrés. Des maisons
surgissent. Des gueules, des gueules
partout. L’homme s’étend. L’homme est Calme
le cancer de la terre. (E.M. Cioran) Resserre-toi sur toi-même. Le principe
raisonnable qui te dirige a pour nature de
se suffire à lui-même en pratiquant la Cancre
justice et, en agissant ainsi, de conserver Il dit non avec la tête mais il dit oui avec
le clame. (Marc Aurèle) le cœur il dit oui à ce qu’il aime il dit
non au professeur et malgré les menaces
du maître sous les huées des enfants pro-Calomnie
diges avec des craies de toutes les Serais-tu aussi chaste que la glace et pure
couleurs sur le tableau noir du malheur il que la neige que tu n’échapperais pas à
dessine le visage du bonheur. (J. Prévert) la calomnie. (W. Shakespeare)
Cancrerie Camembert
Il ne faut pas croire que faire aveu de Seulement un demi-camembert, au lait
cancrerie se fasse sans quelques dou-cru de Normandie, est consommé par an,
leurs. (D. Pennac) par chaque français. Le reste est du faux
camembert consommé. (J. Froc)
Canicule
Le mot camembert, tout court, Nous sommes en période de canicule
d’appellation contrôlée, n’est pas réelle- après 35° pendant plus d’une semaine,
ment protégé juridiquement des sans période d’abaissement de
tempéracontrefaçons. (P. Légasse) ture permettant au corps humain de
récupérer pendant huit heures. (E.
Bocrie) Caméra
Je suis une caméra, obturateur ouvert,
passive, qui enregistre mais ne pense Canon
pas. (C. Isherwood) J’entends par canon l’ensemble des prin-
cipes à priori pour l’usage légitime de
On risque moins de mourir sous l’œil des certaines facultés de connaître en
génécaméras. (B. Kouchner) ral. Ainsi la logique générale, dans sa
partie analytique, est un canon pour la
raison en général. (E. Kant) Camp
Ceux qui ont puisé au plus profond sont
déjà dans la tombe et ne raconteront pas. Capabilité
L’essentiel sur les camps, plus personne, La capabilité est un ensemble de
vecdésormais, ne le racontera jamais plus. teurs de fonctionnements qui indique
(A. Soljenitsyne) qu’un individu est libre de mener tel ou
tel type de vie, de choisir entre des
modes de vie possibles. (A. Sen) Cancer
Pour le cancer le dépistage est crucial car
il a une durée de latence importante
(par89 Capable demain, ceux qu’il est vital de savoir
inUn défaut qui empêche les hommes venter. (A.Y. Portnoff, V. Lamblin)
d’agir, c’est de ne pas sentir de quoi ils
sont capables. (J.B. Bossuet) Nous considérons le capital comme une
possession et envisageons le profit
comme le résultat de l’esprit Capacité
d’entreprise ; la logique de Notre capacité de réponse aux
événel’accumulation du capital détermine la ments – notre responsabilité – est la
structure industrielle, les niveaux source de notre capacité d’action et de
d’emploi, les modèles de croissance éco-notre intégrité, c’est le pouvoir que nous
nomiques, la propriété et la distribution ayons d’influencer une situation qui nous
de la richesse. (G. Morgan) affecte selon nos propres valeurs. (F.
Kofman)
Le capital engendre des rapports conflic-
tuels entre individus. Il est une main-Les capacités sont des aptitudes à
comd’oeuvre morte qui, telle un vampire, se biner des ressources dans un but
nourrit du sang de la main-d’oeuvre vi-d’action. (R.M. Grant)
vante. Entre les mains du capital, la
socialisation du travail n’en augmente les L’existence de capacités oisives est un
forces productives que pour l’exploiter symptôme de notre incapacité à utiliser
avec plus de profit. (K. Marx) pleinement les équipements de produc-
tion existants. (F. von Hayek)
Le concept de capital comme quelque
chose de distinct des moyens physiques Il y a ceux qui sont animés du désir
de production est lié à l’expérience des d’aimer mais n’en ont pas la capacité.
affaires. (J. Robinson) (G. Papini)

Dans de nombreuses situations le capital L’homme a la capacité de se créer un
miculturel (les diplômes, les connaissances, lieu culturel qui l’émancipe en partie des
les bonnes manières), et le capital social contraintes de la sélection darwinienne.
(les réseaux de relations), sont des res-(P. Jaisson)
sources plus utiles que le capital
économique. (P. Bourdieu)
Capacité organisationnelle
La capacité organisationnelle est la capa- On a économisé le capital lourd
(machicité d’adaptation qui permet à nes, bâtiments, stocks), il nous faut
l’entreprise de rester compétitive. (A.D. maintenant, grâce aux réseaux,
économiChandler) ser le capital “extra-light” : distribution,
finance, développement. (D. Ettighoffer)
Capital
Quelques gains que fasse l’industrie, Dans l’état statique, si nous supposons
sans l’économie qui les épargne et qui que le capital de la société est une
les amasse, le capital ne serait jamais somme fixe, nous pouvons faire une
explus grand. (A. Smith) périence imaginaire qui montrera ce que
produit réellement le travail. (J. Bates
Il ne faut pas que le capital relationnel Clark)
d’une organisation occulte les clients de
90 Capital culturel structural désigne l’absence de relations
Le capital culturel est un capital objectif, entre deux personnes reliées à une même
institutionnalisé par les titres scolaires. troisième. (R. Burt)
L’accumulation de ce capital, pareil au
bronzage, est un long travail du sujet sur Le volume du capital social (réseau de
lui-même avant de devenir partie inté- relations d’un individu) dépend de
grante de sa personne. (P. Bourdieu) l’étendue des liaisons qu’il peut
mobiliser et du volume de capital (économique,
culturel ou symbolique) possédé en pro-Capital immatériel
pre par chacun de ceux auxquels il est Le capital immatériel de l’entreprise
lié. (P. Bourdieu) comprend la détention d’un savoir, d’une
expérience concrète, d’une technologie,
d’une organisation, de relations avec les Capitale
clients, de compétences professionnelles, La capitale est devenue un monstre
giqui lui confèrent un avantage compétitif gantesque qui, telle une tête hydropique,
sur le marché. (L. Edvinsson, M. Ma- à la longue, laissera le corps et ses
exlone) trémités sans alimentation et sans
support. (G. Smollett)
Le capital immatériel d’une organisation
est une fonction des capitaux humains, Sans avoir vraiment du chic, on est
quelclientèle, structurel. (A. Fustec) qu’un quand on est de la capitale. (N.
Cong Tru)
Capital intellectuel
Toutes les capitales se ressemblent ; tous Il est la somme du capital humain (time
les peuples s’y mêlent, toutes les mœurs to talent), du capital social (time to
cols’y confondent ; ce n’est pas là qu’il faut laboration), du capital organisationnel
étudier les nations. (J.J. Rousseau) (time to application). (Seemann)

Le capital intellectuel, bien sûr, n’est Capitalisme
qu’un autre nom de la capacité technolo- Le socialisme est mort de ses bonnes
ingique. Sur toute une période, il s’accroît tentions, le capitalisme prospère de son
par la création de connaissances techno- imperfection. (P. Bruckner)
logiques nouvelles et par une large
dissémination des anciennes. (J. Un des traits marquants du capitalisme
Schmookler) industriel est qu’il cherche à augmenter
sa plus-value en se servant de la
maind’oeuvre. (K. Marx) Capital social
Le capital social, qui s’inscrit dans un
réLe capitalisme sans la faillite c’est seau de relations, peut permettre la
comme le christianisme sans l’enfer. (F. production d’un bien individuel (comme
Borman) quand un individu aide un de ses amis à
trouver un emploi). Le capital social
Le capitalisme fabrique de l’inégalité d’un individu lui bénéficie
personnellemais aussi de l’efficacité. (A. Minc) ment. (M. Forsé)

Le capital social est d’autant plus élevé
qu’il y a de trous structuraux. Un trou
91 Le capitalisme moderne se réduit à une éléments constitutifs de l’autre. (K.
course entre ceux qui possèdent et ceux Marx)
qui veulent posséder. (J.M. Keynes)
Capteur
Le capitalisme est une notion de combat, Les capteurs permettent de transformer
terme qui a été remplacé par les écono- les signaux venant de l’environnement
mistes par l’économie de marché. (F. en informations reconnaissables par un
Perroux) système de traitement ; ils sont de nature
photoélectrique, acoustique, mécanique ;
Tout le jeu du capitalisme est d’installer ils constituent le système sensoriel. (J.
des monopoles pour lutter contre la con- De Rosnay)
currence. (I. Wallerstein)

Caractère Dans le capitalisme monopolistique
Un homme ne forge pas son caractère, d’État les magnats du capital escomptent
on le forge pour lui. (R. Owen) par avance le volume de la production à
l’échelle nationale, voire, internationale,
Carbone et règlent cette production d’après un
Le carbone est de loin le meilleur atome plan. (Lénine)
pour élaborer les systèmes complexes.
(M. Denton) Si on ne distingue pas capitalisme et
économie de marché, c’est que l’un et
l’autre ont progressé d’un même pas. Cargo
Tout capitalisme est à la mesure, en Cargos – les coques Ventres et grues Les
premier lieu, des économies qui lui sont coques Étraves, aplomb, enflures Rivets
sous-jacentes. (F. Braudel) – les clous boulus Boursouflubulbulures
Les coques – les cargos Cargos, silence à
Les contradictions du capitalisme sont tonnes Glissants écrasements Obock –
liées à la disjonction entre les normes les stocks gonflés Les coques – les
carexigées dans le domaine économique et gos. (J.M. Espitallier)
les normes de réalisation personnelle qui
sont, à présent, au centre de la culture.
Caricature (D. Bell)
La caricature, maligne ou cruelle, saisit

au vol les ridicules et les sottises pour les Une fois ses bases mécaniques posées, le
clouer sur le papier par l’aile ou la patte,
capitalisme continue de se déployer de
avec le bec d’une plume ou la pointe manière profane, et la poursuite de la
rid’un crayon. N’est-il pas heureux qu’elle
chesse dépouillée de son sens éthico
trouve le défaut et qu’elle atteigne à la religieux a tendance à s’associer aux
vérité par le trou de la cuirasse ? (J.
Valpassions purement agnostiques, ce qui
lès) lui confère le plus souvent le caractère
d’un sport. (M. Weber)
Carrière
Les carrières sont des accumulations Capitaliste
d’information et de connaissances
enL’ordre économique capitaliste est sorti
châssées dans des talents, des expertises des entrailles de l’ordre économique
féoet des réseaux de relations. (A. Bird)
dal. La dissolution de l’un a dégagé les

92 A la carrière unique et linéaire, on pré- Cartographie
fère une succession de trajectoires Il n’existe pas de cartographie de
multiples. (J. De Rosnay) l’entreprise car on sait mal intégrer le
qualitatif et le complexe. (B. Lussato)
Le concept de carrière autorise un
mouvement de va-et-vient du privé au public, Cash-flow
du moi à l’environnement social, qui Le cash-flow brut (ou excédent brut
dispense de recouvrir abusivement aux d’exploitation) est la valeur ajoutée non
déclarations de l’individu sur lui-même encore répartie par l’entreprise ; le
cashou sur l’idée qu’il se fait de son person- flow net est le gain de l’entreprise après
nage. (E. Goffman) fiscalité et frais financiers, et correspond
à la somme du bénéfice net, des
amortisUne carrière réussie est une chose mer- sements et des provisions. (M. Godet)
veilleuse, mais on ne peut pas se
pelotonner contre elle, la nuit, quand on
Casier judiciaire a froid l’hiver. (M. Monroe)
Il est plus difficile de gagner sa vie dans
un métier ordinaire quand on a un casier La carrière donne l’idée d’une évolution
judiciaire ; celui qui se trouve dans cette par étape dont l’issue est incertaine. Le
situation est poussé à prendre un métier statut d’une personne y est effectivement
illégal. (H. Becker) non entièrement déterminé ; il résulte
d’une succession de bifurcations. (H.
Caste Becker)
Répulsion, hiérarchie, spécialisation
héréditaire, l’esprit de caste réunit ces trois Carte
tendances. Il faut les retenir toutes trois Une carte est une représentation
géomési l’on veut obtenir une définition com-trique plane, simplifiée et
plète du régime des castes. (C. Bouglé) conventionnelle, de tout ou partie de la
surface terrestre, dans un rapport de
siCatastrophe militude convenable qu’on appelle
La catastrophe écologique et géologique l’échelle. (F. Joly)
semble aller plus vite encore que les
capacités de réaction et d’adaptation de Carte vitale
l’humanité à l’égard d’une situation La carte vitale est une carte
qu’elle a elle-même engendrée. (Y. Co-d’identification des droits d’assuré
sochet) cial, non une carte de paiement. (P.
Zeitoun)
La notion de catastrophe se réfère à
l’idée d’« extrême » sans pour autant
reCartel poser sur un renoncement à gérer. Elle
Les cartels, formels ou non, s’occupent, repose par contre sur une forme de
rede fixer des prix, d’ententes concernant noncement à prévoir. (Y. Pesqueux)
les aires de concurrence, de partager le
marché et d’influencer les
gouverneCatégorie ments. (G. Morgan)
L’apprentissage des catégories peut
reposer sur de l’information codée sous
forme de règles logiques, ou sur une
ac93 tivité de reconnaissance de ressemblance Causalité récursive
entre des situations présentes et passées. La causalité récursive lie chaque élément
(J. Lautrey) d’un ensemble complexe à l’ensemble
lui-même, les rendant réciproquement
producteurs l’un de l’autre. Ainsi la so-Catégorisation
ciété ou l’organisation produit des Pour réduire la complexité du monde, le
individus tels qu’ils la produisent en re-rendre cohérent, et y orienter leurs
contour. (E. Morin) duites, les êtres vivants ont inventé
l’activité de segmentation de la «
réalité » appelée catégorisation. (C. Pacteau) Cause
La cause coïncide avec l’avant, en
causalité linéaire, mais la causalité devient Cathédrale
circulaire et s’ouvre sur la finalité, dans Une cathédrale est autre chose qu’une
l’approche systémique ; la cause précède somme de pierres. Elle est géométrie et
t’elle alors l’effet ou le contraire ? (J. De architecture. Elle enrichit les pierres de
Rosnay) sa propre signification. (A. de St-
Exupéry)
Je ne suis pas un homme de parti mais je
défends des causes. (T. Monod) Seul le pinacle d’une cathédrale peut
nous montrer l’endroit où l’âme demeure
Il ne peut y avoir de causes dans un suspendue. (J. Gonzáles)
monde où tout ce qui se produit dépend
plus ou moins à égalité de tout le reste.
Catholicisme (M. Minsky)
Le catholicisme n’a rien de prude, de bé-
gueule, d’inquiet. (J. Barbey Si nous acceptons l’idée qu’il n’y a que
d’Aurevilly) notre univers, nous devons postuler
l’existence d’une cause première qui a
Cauchemar réglé d’emblée les lois de la physique et
Le cauchemar intervient pendant le les conditions initiales. (T. Xuan Thuan)
sommeil profond. (F. Marchand)
Les meilleures causes végètent dans
Un même cauchemar donne une leçon au l’indifférence, les justes combats
perduméchant et renseigne le bon. (A. No- rent sans l’intervention des caméras. (B.
wlan) Kouchner)

Il ne faut admettre de causes que celles Causalité
qui sont nécessaires pour expliquer les Renonçons à l’idéal classique de
causaliphénomènes. Les effets du même genre té et modifions de fond en comble notre
doivent toujours être attribués, autant attitude à l’égard de la réalité physique.
qu’il est possible, à la même cause. (I. (N. Bohr)
Newton)
S’il n’y a pas de causalité, il n’y a plus
La cause est un objet antérieur et contigu de distinction claire entre le naturel et le
à un autre, et tel que tous les objets res-surnaturel. (A. Eddington)
semblant au premier soient placés en de
pareilles relations d’antériorité et de
con94 tiguïté vis-à-vis des objets ressemblant métabolisme, mais, ‘comme tout le
au second. (D. Hume) monde’, de se ‘reposer’ dans un état
d’énergie libre maximum, c’est à dire de
mourir. Elle est ainsi faite que pour le ré-Cause finale
aliser elle ne peut faire autrement Le monde vivant, par ses structures, ses
qu’assimiler et se reproduire. (H. Atlan) propriétés, ses fonctions, par ses compor-
tements constitue la cible favorite des
Vous, vos joies, vos peines, le sens que causes finales. (F. Jacob)
vous avez de votre identité, ne sont rien
de plus que le comportement d’un vaste La cause finale, le but, le dessein, que
assemblage de cellules nerveuses et de poursuivent les hommes, c’est le souci
molécules qui y sont associées. (F. de pourvoir à leur propre préservation et
Crick) de vivre plus heureusement. (T. Hobbes)

Nous naissons, chacun, d’une cellule
Caverne (composant le plus élémentaire et
uniLes cavernes font peur, elles sont pleines versel du vivant), elle-même née de la
de mort, mais c’est justement cette mort fusion de deux cellules, et nous nous
qui offre la possibilité de tout inventer de transformons en une constellation
vinouveau. C’est une descente, une tenta- vante de milliards de cellules dont les
tive de trouver une base de sustentation interactions engendrent notre corps et
dans les profondeurs. (E. Cucchi) notre esprit. (J.C. Ameisen)

Ce Avec la cellule nous sommes en
préCe qu’on dit, il n’est pas toujours néces- sence d’un objet biologique dont la
saire qu’on le pense. (Aristote) surdétermination affective est
incontestable et considérable. La cellule est une
notion à la fois anatomique et fonction-Cécité
nelle, la notion d’un matériau La cécité aux idées est une forme de
céélémentaire et d’un travail individuel. cité spirituelle. (E. Husserl)
(G. Ganguilhem)

Célèbre Au fond des corps les cellules sentent de
Si vous voulez faire une mauvaise
blamerveilleux effluves onduler Vers elles.
gue à un copain, souhaitez-lui d’être L’arc, crépitant de fougue solaire, Darde
célèbre. (L’abbé Pierre)
en chacune le désir d’être un héros. (J.
Romains)
Cellule
La cellule en tant que système est
caracCellule individuelle (professionnelle)
térisée par une interdépendance La cellule individuelle se nourrit de ses
fonctionnelle que l’on ne peut réduire à
relations, de ses échanges avec les autres
une seule structure. (G. Morgan) cellules individuelles spécialisées sur la

base de valeurs communes et de
La cellule est une société de molécules. l’appartenance à un réseau de
profes(F. Jacob)
sionnels. (D. Ettighoffer)

Le rêve d’une cellule n’est ni de se
reproduire, ni de jouir de son
95 Cendre Centre
Des anciennes cultures il ne restera Seules les actions à caractère catalytique
qu’un tas de cendres, mais il y aura tou- devraient être conduites par le centre. (E.
jours des esprits qui flotteront sur ces Morin)
cendres. (L. Wittgenstein)
Tout centre se prend pour un cercle. Tout
Jusqu’à quand pèseras-tu de la cendre ? centre se prend pour le centre de tous les
(Épictète) cercles et tend à renforcer indéfiniment
son pouvoir. Mais le centre est peu de
chose sans la périphérie. (J.C. Fauvet) Centimètre
Il faut beaucoup de morts pour faire
Nous sommes au centre d’une vaste avancer l’homme d’un centimètre. (A.
aventure cosmique, pas en dehors, ni à la Malraux)
fin. (J. Primack, N. Abrams)

Centralisation Le centre est content de recevoir du
La centralisation édicte que la coordina- courrier ; il oublie qu’il est centre, il se
tion doit être composée et contrôlée par morcelle en une infinité de petites
perle haut. (H. Fayol) sonnes qui ont de la famille et des
copains. Le centre se reforme à nouveau,
La centralisation a été facilitée par la et il médite sur lui-même. (E. Morin)
construction des grands ordinateurs, les
réseaux de télétraitement en temps réel,
Centre de décision les banques de données, les fichiers
Toute personne ou groupe de personnes géants et l’économie d’échelle. Chaque
ayant un pouvoir de décision ou les flux individu étant connecté au système
cende sortie d’un système ou d’un sous-tral. (B. Lussato)
système, est un centre de décision. (D.
Bériot) En cas de centralisation d’un système, le
nombre de personnes qui contrôlent et
dirigent – qui unifient son comportement Centre opérationnel
– peut être plus grand que celui des per- Le centre opérationnel d’une entreprise
sonnes contrôlées. (Parkinson) regroupe l’ensemble des individus qui
contribuent directement au processus de
Centralisation et décentralisation doivent création de valeur (fonctions
opérationêtre considérées comme les extrémités nelles, unités de production ou de
d’un continuum et non pas traitées distribution). (H. Mintzberg)
comme des absolus ; il y a centralisation
quand le pouvoir de décision est concen- Centrisme
tré en un petit nombre de personnes. (H. Le centrisme est un agglomérat d’un
Mintzberg) grand nombre d’idées ; il y a tentation,
pour la gauche comme pour la droite, de
La centralisation et la multiplication des faire du centrisme. (J. Garrigues)
règles aboutissent à la constitution de
cercles vicieux bureaucratiques, qui
rigiCéramique difient l’organisation et bloquent toute
La céramique n’est pas une futilité. Aux adaptation à évoluer et à s’adapter. (M.
époques les plus reculées, chez les In-Crozier)
96 diens d’Amérique, on trouve cet art en sée apporte la preuve des qualités
faveur. Dieu fit l’homme avec un peu de figurant dans le référentiel de la
procéboue. Avec un peu de boue, on peut faire dure. (Y. Pesqueux)
du métal, des pierres précieuses. (P.
Gauguin) Certitude
La certitude est ce qui exclut le doute.
Cercle Avec elle (comme avec son opposé,
C’est par la perception de différentes l’incertitude) on est proche de la notion
formes rondes et la capacité à y trouver de risque. Mais, comme c’est un
sentiune unité que j’ai construit la notion de ment, elle ne peut se probabiliser. Elle
cercle. Il en est ainsi de toutes les notions puise sa source dans l’interaction qui
que j’emploie pour décrire la réalité per- s’opère entre des circonstances externes
çue. (E. Husserl) et un sujet. (Y. Pesqueux)

L’individu dépend, aujourd’hui, d’une On n’a jamais de certitude sur l’origine
multitude de cercles. Il est donc moins du monde, sur ce qu’est la réalité. (E.
attaché à chacun. Le travail est un cercle Morin)
parmi d’autres. (F. de Coninck)
Cerveau
Cercle de qualité En tant qu’organe de connexion et de
Un cercle de qualité utilise une démarche commande de l’action intelligente, le
en neuf étapes : poser le problème, re- cerveau est supérieur à tout système
chercher les causes, rechercher les connu, qu’il soit naturel ou créé par
solutions, définir les critères de choix, l’être humain. (G. Morgan)
confronter les solutions à ces critères,
choisir une solution, contrôler quantitati- Le cerveau manipule des données qu’il
vement les résultats, standardiser la reçoit du monde extérieur, dans un
lansolution. (D. Weiss) gage naturel encore inconnu. (J. Von
Neumann)
Un cercle de qualité (petit nombre de
personnes avec leur chef) n’est pas Le cerveau apparaît comme l’intégrateur
qu’une opération humaine et sociale ; sa des différents signaux (internes et
exterdimension économique et technique est nes) et non comme le centre hiérarchique
considérable. (B. France Lanord) suprême où se prennent les décisions. (J.
De Rosnay)
Cercueil
La question n’est plus de savoir si le cer-Silence, joyeux luth, et voile et
guimveau modélise son environnement : il le barde : Tendons sur le cercueil la plus
doit. (R. Conant, R. Ashby) macabre corde Pour accompagner
l’hymne éructé par le barde : Le ciel veut
Le cerveau n’est pas une cire molle dans l’oraison funèbre pour exorde. (A. Jarry)
laquelle on peut graver n’importe quel
programme. Il a été façonné pour
résouCertification dre des problèmes adaptatifs précis (se
La certification se caractérise par reproduire, se défendre, se nourrir,
l’existence d’une procédure conduisant à communiquer, analyser son
environnegarantir à un tiers que la signature appo- ment, …). (L. Cosmides, J. Tooby)
97
On étudie l’activité électrique du cerveau Le cerveau évolue lentement par un
pro(neurophysiologie), sa description et sa cessus génétique, il est devenu plus gros
structure (neuroanatomie), le rapport en- et s’est réorganisé durant les récentes
tre les processus psychologiques et le étapes de l’homonisation. (T.W. Deacon)
fonctionnement du cerveau (neuropsy-
chologie). (G. Chapelle) Le cerveau est sûrement la structure la
plus complexe de l’univers. (C. Allègre)
Le cerveau de l’homme est extrêmement
complexe et on ne peut l’isoler de son Le cerveau n’est plus une boite noire : on
environnement et de son histoire. Dans le peut y voir les parties qui fonctionnent et
cerveau se nouent trois évolutions : celles qui dysfonctionnent. (Y. Agid)
l’évolution biologique, l’évolution due à
son développement individuel, Au cours des millénaires, le cerveau
hul’évolution des cultures. (J.P. Changeux) main est devenu si complexe qu’il est
maintenant capable de jouer sur son
proToutes les espèces de pensées et pre état, ce qui lui permet, jusqu’à un
d’activités mentales sont traitées dans le certain point, d’être indépendant de son
cerveau par des processus parallèles et bagage génétique et de son
environnemultiples d’interprétation et ment. (M. Csikszentmihalyi)
d’élaboration des entrées sensorielles.
(D.C. Dennett) Avoir une activité intellectuelle (conti-
nuer à apprendre, continuer à raisonner)
Le cerveau ne cesse de changer ; quand ralentit la dégénérescence du cerveau,
il est jeune il est plus malléable. (A. avec l’age et diminue ses maladies. Le
Trembleau) cerveau est le support de la personne. (L.
Cohen)
Le cerveau est le chef d’orchestre des
organes complexes que constitue le corps Chacun
humain. (D. Ménager) Chacun peut être un agent actif du chan-
gement et du progrès social. (R. Mohn)
Le cerveau artificiel est issu du mariage
des neurones et de l’informatique. (J.G. Chacun doit vivre sa vie et la réussir
Ganasca) puisqu’elle est sans au-delà politique ou
religieux. (A. Ehrenberg)
La capacité de notre cerveau à
comprendre les lois naturelles n’est pas un simple
Chagrin accident de parcours, mais un reflet de
Les chagrins, quels qu’ils soient, devien-l’intime connexion cosmique entre
nent supportables si on les met en récit l’homme et le monde. (T. Xuan Thuan)
ou si l’on en tire une histoire. (I. Dine-
sen) Le cerveau sécrète la pensée comme le
foie secrète la bile. (J. de La Mettrie)
Premier amour ou dernier chagrin, y a
t’il une différence ? (V. Eroféiev) Les rapports entre cerveau et processus
mentaux ne peuvent être expliqués qu’en
Le chagrin demande du temps. Si un prenant en compte l’existence de niveaux
éclat de pierre irradie de lui-même, tel un d’organisation de la matière. (P. Fraisse)
98 souffle, si long, combien l’âme doit-elle sensible au double sens de ce qu’on sent
être obstinée. (A. Michaels) et ce qui sent. Ma chair est néanmoins
distincte de la chair du monde prégnante
Il y a dans ce monde où tout s’use, où de possibles. (M. Merleau-Ponty)
tout périt, une chose qui tombe en ruine,
qui se détruit encore plus complètement, Et je chancelai, en reconnaissant ma
en laissant encore moins de vestiges que chair ; et de tout je m’épris en parlant à
la beauté : c’est le chagrin. Le bonheur une jeune fille. (O. Kokoschka)
seul est salutaire pour le corps, mais
c’est le chagrin qui développe les forces Á ce moment où la chair ne s’éprouve
de l’esprit. (M. Proust) pas dans la douleur, mais dans le plaisir,
se met en œuvre le dispositif érotique au
Les chagrins sont des stimulants qui sens étroit, tel qu’il redéfinit l’espace et
semblent être nécessaires pour adoucir et le temps, s’excepte des catégories ou les
humaniser le cœur, éveiller la sympathie inverse, et réduit le monde. (J.L. Marion)
sociale, engendrer les vertus chrétiennes,
et fournir l’occasion d’un ample exercice On peut vouloir une chair
déchristianide la générosité. (T.R. Malthus) sée, autrement dit débarrassée du poids
de la faute, du péché originel, contenu
dans le corps puisque transmis par le Chaîne
sperme auquel aucun d’entre nous n’a L’aristocratie avait fait de tous les
ciéchappé le jour de sa conception – sinon toyens une longue chaîne qui remontait
le Jésus que nous savons. (M. Onfray) du paysan au roi ; la démocratie brise la
chaîne et met chaque anneau à part. (A.
de Tocqueville) Chaleur
La chaleur n’est que le résultat de
mouvements insensibles des molécules de la Chaîne de valeur
matière ; c’est un fluide répandu dans La chaîne de valeur décompose
tout l’espace ; celui-ci pénètre plus ou l’entreprise en activités pertinentes au
moins les corps en fonction de leur dis-plan de la stratégie, dans le but de
composition à le retenir ; il peut se combiner prendre le comportement des coûts et de
avec eux. (A. Lavoisier) saisir les sources de différenciation. Aus-
si il faut examiner toutes les activités
Nous ne disons pas que la chaleur en-qu’exercent l’entreprise, et leurs
interacgendre le mouvement ou que le tions. (M. Porter)
mouvement engendre la chaleur (bien
que l’une et l’autre soient vrais dans cer-La chaîne de valeur est la description des
tains cas), mais que la chaleur en son être activités que l’organisation met en
oeumême, c’est-à-dire la quiddité de la cha-vre pour réaliser et mettre à disposition
leur, est le mouvement et rien d’autre. de ses clients, ses produits ou ses
servi(F. Bacon) ces. (M. Cremadez)

Lorsque les mêmes quantités d’effet
méChair canique sont produites uniquement par
La notion essentielle pour la philosophie des sources de chaleur, ou sont perdues
est celle de la chair, qui n’est pas le uniquement en effets thermiques, les
corps objectif, qui n’est pas le corps
pensé par l’âme comme sien, qui est le
99 mêmes quantités de chaleur sont absor- Champ
bées ou sont générées. (W. Thomson) Le champ d’énergie d’une organisation
est relié au champ global de la société.
Nous admettons que la chaleur est une (J.C. Fauvet)
des formes de l’énergie et qu’il y a équi-
valence entre une calorie et un certain Les champs (champ littéraire, champ
travail. (H. Bouasse) universitaire, champ journalistique, …)
sont des petits mondes qui correspondent
C’est au citadin et à l’hôte des déserts à des compartiments de la société). (P.
qu’est réservé le tragique de la chaleur, Bourdieu)
car aucun lieu ne prête à la fureur solaire
un caractère aussi implacable que le Champignon
royaume du minéral. Du désert, j’ai con- Les champignons sortent avec leur petit
nu la chaleur ascensionnelle reçue et parapluie, trop tard. (J. Renard)
rejetée par le sol. (Colette)
Champion
Chambre Un cœur de champion est aussi beau
La chambre n’est pas assez grande Pour qu’un cerveau de savant. (G. Depardieu)
garder pendant le sommeil Les rêves qui
fuient la bande. (P. Reverdy)
Change
Le change ne peut être stable que si le
Chambre de contrôle niveau des prix intérieurs et le niveau des
Le contrôle met en jeu un ensemble prix extérieurs demeurent tous deux
stad’informations d’un volume et d’une bles. (J.M. Keynes)
complexité qui dépasse la capacité
d’absorption et d’interprétation du
diriChangement geant ; le dirigeant n’est plus l’arbitre qui
Tu dois devenir le changement que tu détermine le niveau de finesse et le
niveux voir dans le monde. (M.K. Gandhi) veau de contrôle. Il délègue souvent ce
pouvoir à l’ordinateur qui est en soit une
Le changement est un mode d’existence véritable chambre de contrôle. (S. Beer)
qui succède à un mode d’existence du
même objet. Tout ce qui change est donc L’élaboration des chambres de contrôle
permanent : et il n’y a que son état qui doit permettre :
varie. (E. Kant) - une facilité de lecture,
- une synthèse des données
présenDu désir au plaisir de changer, comment tées,
comprendre et provoquer le changement. - une aide au pilotage des activités,
(F. Kourilsky) - un modèle économique succinct de
l’entreprise.
Les portes du changement s’ouvrent de
l’intérieur et d’en bas. (J. Chaize) Ces données doivent être évolutives et
permettre la décision. Elles facilitent, par
L’aptitude à saisir les changements exté-leurs présentations audio-visuelles,
rieurs et à y faire face fait la différence l’interprétation des informations de
conentre les entreprises. (S. Ghashol, SK. trôle et de décision, au niveau le plus
Kim) élevé de l’entreprise. (B. Lussato)
100 C’est ainsi ! siècle de vitesse ! qu’ils
Le changement, c’est la vie. Un dépla- disent. Où ça ? grands changements !
cement, une transformation, une qu’ils racontent ; comment ça ? rien n’est
substitution, une évolution, une révolu- changé en vérité. (L-F. Céline)
tion, une mutation, une métamorphose,
sont des actions de changements. (J.C. Les plus grands changements sont
presFauvet) que certainement devant nous. (P.
Drucker)
Le changement technico-économique est
plus rapide que le changement social et Nos cerveaux ne sont pas bien conçus
organisationnel. (M. Godet) pour penser le changement. Ainsi nous
e entrons dans le XXI siècle avec des
eLe changement est une opération de images du XIX siècle. (G. Demuth)
transformation d’un système pour
s’adapter aux variations de son environ- La démarche de changement suppose
nement ; le changement peut concerner une transformation de la façon de diriger.
les objectifs, les processus ou la struc- La logique de changement s’appuie sur
ture. (D. Bériot) deux conditions : l’écoute d’une part, la
délibération ensuite. (M. Crozier)
La pérennisation du changement repose
sur trois composantes principales : le L’interaction et l’échange sont au cœur
transfert de méthodologie, l’évolution du changement. Le changement,
psychoprogressive de la technostructure, et la logique ou social, c’est le passage d’un
formation. (M. Cremadez) état x, à un temps t, vers un état x1, à un
temps t1, où x et x1 peuvent être un être
Rien n’est aussi constant que le change- humain ou un milieu social qui, après
ment. (Bouddha) changement, devient à la fois autre chose
et le même. (J. Rhéaume)
Un changement en prépare un autre. (N.
Machiavel) Un des principaux problèmes de l’étude
du changement dans les organisations est
Des changements fondamentaux se pro- que leurs environnements sont
euxduisent sans cesse : les changements mêmes soumis à des changements, dont
sociaux, politiques, techniques et éco- le taux s’accélère, et évoluent vers une
nomiques. (M. Scott Morton) complexité qui, elle aussi, s’accroît. (E.
Trist)
Les organisations subissent un boulever-
sement global profond. Des changements Si les changements dans les procédures
qui ont des origines diverses : la main- et les pratiques d’affaires étaient
manid’oeuvre, les structures du commerce festes, leur contribution à la croissance
mondial, la technologie et les choix poli- économique de la nation serait reconnue
tiques. Ces changements profonds se aussi largement que l’influence des
inproduisent aussi simultanément. (R. novations mécaniques ou de l’arrivée des
Moss Kanter) capitaux étrangers. (A. Cole)
La résistance au changement n’est que le
refus de la croissance. (A. Ruperti) La remise en cause de la finance de mar-
ché, l’affranchissement de la tyrannie du
rendement maximal, l’effort pour
parve101 nir à des sociétés plus égalitaires, sont Changer
les trois changements principaux qui Je continue à croire fermement que l’on
pourraient faire émerger un nouveau peut changer le monde. (J. Amado)
monde. (A. Orléan)
On distingue le besoin de changer, qui
Il y a à tout moment une infinité de per- répond à une motivation négative (se
ceptions en nous, mais sans aperception soustraire à ce que l’on ne supporte
et sans réflexion, c’est-à-dire des chan- plus), et l’envie de changer, qui répond à
gements dans l’âme dont nous ne nous une motivation positive (aller vers un
ailapercevons pas. (G.W. Leibniz) leurs qui attire) ; cette envie hante les
rêves nocturnes, les fantasmes éveillés.
L’évolution en art n’a jamais existé. Les (L. Janin-Devillars)
changements, oui. Et, c’est l’avant-garde
qui met en question le système. (E. Baj) Changer ne peut se faire seul, comme
Robinson sur son île, ni sans retour sur
Aux époques de changement, la Terre son passé ou projection dans le futur, ni
échoit aux apprenants, tandis que les sa- dans la froideur rationnelle d’un
raisonchants, ceux qui se cramponnent à leurs nement. (P. Philippot)
vieilles certitudes, se retrouvent
parfaitement équipés pour prendre en charge Chanson
un monde qui n’existe plus. (É. Hoffer) La nouvelle chanson française, comme
les chefs de la nouvelle cuisine, allège
Changement interne les préparations, bannit le gras, revient à
Le changement interne à l’entreprise a l’authenticité des produits et brasse les
l’efficacité la plus forte quand la direc- univers poétiques. Elle s’avance une et
tion et le personnel réfléchissent de multiple, hors des sentiers battus de la
façon exhaustive et cohérente sur les promotion. (T. Gandillot)
stratégies, les politiques et les pratiques
organisationnelles. (R.B. Mac Kersie, Chant
R.E. Walton) Dans l’aimable cohue de l’aube
naissante, les chants d’oiseau appellent au
Changement social rassemblement. Jaillissement de plumes,
On distingue quatre types de théorie du battements d’ailes, les gorges
changement social : le fonctionnalisme, s’accordent. (M. Spragg)
l’évolutionnisme, les théories du conflit,
l’interactionnisme. Le changement social Le cœur n’aspire qu’au chant. (Homère)
est la résultante de déséquilibres micro-
sociaux. (M. Forsé) Les plus désespérés sont les chants les
plus beaux, et j’en sais d’immortels qui
sont de purs sanglots. (A. de Musset) Changement technique
Le changement technique est la
terraincognita de l’économie moderne. Chanteur
(J. Schmookler) Peu se croit le chanteur qui rêve, Et
pareil aux enfants, la lyre désœuvrée.
(F. Hölderlin)
102 Chaos est employé de façon nouvelle, car en
Que peut-il arriver d’autre, à partir du tant qu’énergie fossile c’est un grand
moment où le chaos attire toutes les for- producteur de gaz carbonique. (T.
Moces vers l’intérieur pour former une cilnikar)
simple feuille. (C. Aiken)
Charge
Le chaos nous guette. C’est miracle qu’il Pour l’accompagnement des personnes
ne se soit pas déjà produit. (M. Gray) âgées, souvent dépendantes par ailleurs,
il y a trop de charges sur le dos de leur
Qu’il s’agisse de matériaux désordonnés famille. (B. Ennuyer)
ou de processus turbulents, le chaos est
pleinement reconnu. (P. Thuillier) La principale charge que nous ayons,
c’est à chacun sa conduite ; et est ce pour
Apprivoiser le chaos : c’est une nécessité quoi nous sommes ici. (M. de
Montaipour entreprendre et innover. (C. gne)
Mayeur)

Charisme Le chaos est avant tout un concept, on
Le charisme est très important mais tou-pourrait presque dire une philosophie des
tes les personnes n’en sont pas toutes comportements dynamiques. La
prepourvues. (F. Fillon) mière utilité est de l’avoir compris, puis
connaissant les mécanismes qui le
favoLe charisme est une qualité extraordi-risent, de pouvoir agir sur lui. (M.
naire d’un homme, soit réelle, soit Dubois-Gance)
supposée, soit prétendue ; une autorité
sur les hommes à laquelle ils se soumet-Le chaos, dans le sens moderne du
tent, en vertu de leur croyance en cette terme, comporte l’idée de conditions
iniqualité extraordinaire de la personne tiales. L’idée d’un état initial qui
considérée. (M. Weber) caractériserait l’évolution future d’un
système. (Y. Pomeau)
Charité
La plus grande charité envers les morts, Avec le chaos (qui est aussi une
émoc’est de ne pas les tuer une seconde fois tion), les choses sont sans dessus
en leur prêtant de sublimes attitudes. (F. dessous, c’est-à-dire que la notion se
réMauriac) fère à une sorte d’ordre antérieur disparu
et regretté. (Y. Pesqueux)
La distance infinie des corps aux esprits
figure la distance infiniment plus infinie Et si l’ordre naissait du chaos ? (D.
Didedes esprits à la charité, car elle est surna-rot)
turelle. (B. Pascal)
Char
Charnier Accrochez votre char à une étoile. (R.W.
À cause de ces messieurs gantés de noir, Emerson)
généralement surmontés d’un parapluie,
les vrais charniers ne sont pas dessous Charbon
mais dessus. (G. Bernanos) Le charbon, qui est plus économique que
le pétrole, est une énergie d’avenir, s’il
103 Chasse
On aime mieux la chasse que la prise. Le chef est un homme qui a besoin des
(B. Pascal) autres. (P. Valéry)

Aujourd’hui, le titre de chef paraît quasi Chat
courtelinesque. Seule la fonction de chef Toujours en s’exerçant le chat
de projet conserve un peu de souplesse. s’approcha, le chat noir du gardien
con(H. Laroche) tracta ses muscles pour bondir. (G.
Grass)
Les chefs feignent de précéder les gens
dans la mort. Mais c’est ces derniers Avec amour le chat se lèche, Puis il
qu’ils envoient en avant à la mort, afin s’endort dans son orgueil, Mais prenez
de rester eux-mêmes plus longtemps en garde il dort d’un œil, Et pourrait bien
vie. La ruse est toujours la même. Le vendre la mèche. (D. Lander)
chef veut survivre ; c’est ce qui fait sa
force. (É. Canetti)
Château
Ces noires tours couronnées de créneaux L’existence des chefs est un phénomène
doivent tomber. Nos châteaux représen- inhérent à toutes les formes de la vie
sotaient le temps de la chevalerie et de la ciale. Les chefs paraissent techniquement
féodalité, il faut qu’ils disparaissent. indispensables. (R. Michels)
(P.S. Ballanche)
Le chef est une incarnation du pouvoir,
Châtiment mais en est-ce l’émanation (attribut de sa
Le châtiment est fait pour améliorer celui personne, voire de sa lignée), le
repréqui châtie. (F. Nietzsche) sentant désigné, est-il un simple faisant
fonction, le porte-parole d’une entité (le
Plus le châtiment sera prompt et suivra peuple), véritable détentrice du pouvoir ?
de près le délit commis, plus il sera juste (E. Enriquez)
et utile. (C. Bonesana)
Toute institution se doit de disposer
d’une autorité ultime, c’est-à-dire d’un Chaussure
chef, d’un individu capable de prendre Nos chaussures, quand nous marchons,
les décisions finales, qui sait qu’il sera fournissent de l’énergie. Elles génèrent
obéi. (P. Drucker) quelques dix milliwatts, ce qui est
suffisant pour alimenter un petit processeur et
une radio capable d’envoyer des données Chef d’entreprise
numériques. (N. Gershenfeld) Les chefs d’entreprise se répartissent en
deux catégories : ceux qui pensent que le
Mes chaussures ont du talent. (F. As- génie est héréditaire et ceux qui n’ont
taire) pas d’enfant. (Y. Gattaz)

On peut considérer le chef d’entreprise Chef
comme un comparateur capable de trans-La grandeur des chefs n’est pas dans la
former des informations en actions. (J. personne, mais dans la mesure où ils
serDe Rosnay) vent la grandeur de leur peuple. (J.
Marti)
104 Le meilleur moyen de procurer au peuple
la plus grande quantité de travail possi- Chemins, à demi – et les plus longs. (P.
ble est de confier aux chefs d’entreprises Celan)
industrielles le soin de diriger
l’administration publique. (Comte de Plus que jamais dans son histoire,
Saint-Simon) l’humanité est à un croisement : un
chemin mène au désespoir, l’autre à
l’extinction totale. Espérons que nous Chef d’œuvre
aurons la sagesse de faire le bon choix. Il n’est plus question de chef-d’œuvre ;
(Woody Allen) le mot prête à sourire. Il n’est plus
question de durée ; on mise sur l’immédiat.
(A. Gide) Cheminot
Avec le mineur, le cheminot est
l’emblème de la reconstruction écono-Chef d’orchestre
mique, sociale et humaine de l’après-Le chef d’orchestre représente une sorte
guerre. (E. Cohen) d’archétype de la puissance
volontairement acceptée. Debout, seul, en position
surélevée, il a le pouvoir de vie et de Chercheur
mort, sur les voix, lors même que la di- Le chercheur est irresponsable par
prinversité des instruments reproduit la cipe et par métier. (E. Morin)
variété des types humains empressés à
obéir. (É. Canetti) Le chercheur qui devient créateur est un
producteur d’informations à la fois
improbables (car nouvelles) et spécifiques Chef de produit
(car excluant la substitution). (B. Lussa-Le chef de produit utilise la
combinaito) son : fonction (de l’organisation
fonctionnelle) et produit (organisation
Le chercheur peut témoigner que la ré-par produit) ; les chefs de produits sont
alisation des changements qu’il apporte chargés de définir et de contrôler en
n’est pas facile pour les personnes clés permanence la politique des produits
qui y sont impliquées. (P. Lawrence) dont ils sont responsables. (B. France
Lanord)
Il y a deux sortes de chercheurs : ceux
qui s’enferment (ou s’enferrent) et ceux
Chemin qui s’ouvrent (les explorateurs). (H. De
Il vaut mieux suivre le bon chemin en Jouvenel)
boitant que le mauvais d’un pas ferme.
(Saint-Augustin) Des chercheurs qui cherchent, on en
trouve, des chercheurs qui trouvent, on
Si vous ne savez pas où aller, n’importe en cherche. (C. De Gaulle)
quel chemin peut vous y conduire. (Tal-
mud) Le chercheur doit être un acteur de la vie
sociale, responsable non seulement
deTu connaîtras la vérité de ton chemin à la vant ses pairs mais aussi devant la
joie qu’il te procure. (Aristote) société, et communiquant largement en
toute transparence avec le public et les
J’avance sur mon chemin. (M. Henry) hommes politiques. (L. Montagnier)
105 et du monde, du corps phénoménal et du
Un bon chercheur doit trouver un chemin corps objectif, du percevant et du perçu.
là où il n’y en a pas actuellement : briser (M. Merleau-Ponty)
l’impossibilité. (J. Stern)
Chiffre
La succession de chercheurs est compa- Il ne faut pas croire que tout est
quantirable à un seul homme qui apprend fiable. Cela pose un problème avec la
indéfiniment. (B. Pascal) culture des ingénieurs, qui croient sou-
vent à l’existence d’une vérité, du vrai
Les chercheurs font l’effet de pionniers chiffre. (B. Roy)
en terre inconnue. (W. Stekel)
Il n’est rien qui ne puisse être un chiffre.
Contrairement aux situations de labora- (K. Jaspers)
toire, quand il étudie les processus
sociaux sur le vif, le chercheur est obligé
Chiffre d’affaires de composer avec les résistances du
Il faut permettre au chef d’entreprise de groupe à l’égard de toute ingérence qui
visualiser le chiffre d’affaires sur plu-pourrait gêner la réalisation de ses
objecsieurs mois, pour comparaison tifs. (K. Lewin)
temporelle, et de le comparer aux autres
entreprises de mêmes activités, pour
Cheval comparaison spatiale. (B. Lussato)
Alors que les nuages pendaient avec
autant de lourdeur dans les cieux, je
Chimère circulais seul à cheval à travers une
étenLe pays des chimères est, en ce monde, due singulièrement lugubre de la
le seul digne d’être habité. (J.J. Rous-campagne. (E.A. Poe)
seau)
L’homme n’a pas la perfection du
cheChocolat val. (B. Spinoza)
Prenez du chocolat afin que les plus mé-
chantes compagnies vous paraissent Un jour je vis la solitude. Au faîte d’un
bonnes. (Marie de Sévigné) monticule, un cheval, un seul, immobile,
était planté dans un univers arrêté. (T.
Tzara) Choisir
Choisir, donc exclure. (H. Bergson)
Chevelure
De toutes les circonstances de la vie, le Ô toison, moutonnant jusqu’à
choix d’un état est celle où la méprise est l’encolure ! Ô boucles ! Ô parfum chargé
la plus ordinaire. (J.B. Massillon) de nonchaloir ! Extase ! Pour peupler ce
soir l’alcôve obscure Des souvenirs
dorIl faut choisir. Le pire étant de vouloir mant dans cette chevelure, Je la veux
tout faire à la fois. (M. Porter) agiter dans l’air comme un mouchoir !
(C. Baudelaire)
Choisir n’est pas tant élire qu’éliminer.
(A. Gide) Chiasme
Le chiasme n’est pas seulement échange
moi – autrui, c’est aussi échange du moi
106 Les gens n’ont jamais été aussi libres de données du crédit puissent être contenues
choisir, qu’ils s’agissent de leurs études, dans d’étroites limites. (A. Marschall)
de leurs amis ou de leur conjoint. Les
possibilités sont ouvertes. (M. Crozier) Chômeur
Les chômeurs (surtout de longue durée)
Choix (de solutions) qui n’auraient plus aucun secours
relaLes bons choix sont des choix de flexibi- tionnel possible sont ceux qui risquent le
lité, susceptibles de permettre un plus de basculer dans l’exclusion. (M.
repositionnement rapide ; on choisit de Forsé)
même la solution optimale qui confère à
une fonction une valeur élevée. (M. Go- Le fait que des anciens chômeurs
reçoidet) vent des salaires au lieu de toucher des
allocations de chômage représente un
accroissement de pouvoir d’achat effectif, Chômage
ce qui fournit un soutien général de Le chômage est généralement dû à des
l’activité économique. (J.M. Keynes) déplacements de la courbe de demande
de travail globale lorsque les salaires ne
parviennent pas à s’ajuster. Ces dépla- Chose
cements de la courbe de demande de Toute chose naît de toute chose et toute
travail résultent le plus souvent de varia- chose redevient toute chose.
(Anaxations de la production globale. (J. gone)
Stiglitz)
Les choses à l’occasion desquelles nous
Le chômage a certes des aspects structu- trouvons le plus vite et le plus nettement
rels et sectoriels importants mais il a les mots les plus forts, sont certainement
aussi un caractère global : un excès géné- celles que nous sommes faits pour faire,
ralisé de la demande d’emplois sur ou pour approfondir. (P. Valéry)
l’offre d’emplois. (E. Malinvaud)
Rêve de grandes choses, cela te
permetLe chômage n’est pas une fatalité, mais tra au moins d’en faire de toutes petites.
le fruit d’un consensus implicite entre les (J. Renard)
acteurs de l’oligopole social qui défen-
dent d’arrache-pied les règles dépassées Toutes choses proches ou lointaines,
sedont il tire encore avantage. C’est le prix crètement, sont reliées les unes aux
à payer pour le maintien des rigidités autres. Et vous ne pouvez toucher une
dans un monde en mutation rapide. (M. fleur sans déranger une étoile. (F.
Godet) Thompson)

Le chômage est un malheur, comme aus- Le temps est venu, dit le morse, de parler
si de ne pas être aimé ou n’avoir pas de de beaucoup de choses. (L. Carroll)
domicile. (A. Comte-Sponville)
Il faut, pour maîtriser sa vie, chaque jour
Le seul remède au chômage est dans une se souvenir de la précarité des choses.
adaptation continuelle des moyens aux (M. Gray)
fins, de telle sorte que le crédit soit basé
sur le fondement solide des prévisions La force des choses finit toujours par
économiques, et que les inflations désor- prévaloir. (Montesquieu)
107 Ce n’est pas parce qu’une chose est juste
Toutes choses sont convertibles en feu et que Dieu la veuille mais qu’elle est juste
le feu en toutes choses, comme la mar- parce que Dieu le veut. (Grotius)
chandise en or et inversement.
(Héraclite) Pourquoi il y a quelque chose, plutôt que
rien, a été nommée la question
philosoJe pourrais passer ma vie à te raconter phique par excellence. (I. Prigogine)
des choses et puis tu les oublierais et je
te les raconterais à nouveau. (J. Stein- Il y a la chose sociale comme il y a la
beck) chose vitale. Cette chose est une subs-
tance, c’est ce qui relie les êtres humains
Les belles choses ne sont pas seulement entre eux et ne dépend donc pas de leur
célébrées par les larmes. (Z. Mda) constitution organique. (G. Tarde)

Dans le monde quantique, des choses se Les choses sont le seul terrain commun
passent, mais le temps ne passe pas. (A. où des raisons individuelles peuvent se
Suarez) rencontrer et s’unir sans abdiquer. La
science nous tire hors de nous-mêmes
Il y a beaucoup plus de choses sur terre pour nous approcher de plus en plus des
et dans le ciel que toute la philosophie choses. (É. Durkheim)
n’en saurait rêver. (W. Shakespeare)
L’homme s’identifie aux choses et
idenLes choses qui dépendent de nous (nos tifie les choses à lui-même en ayant à la
jugements, nos tendances, nos désirs, nos fois le sens des différences et des
resaversions), nous les contrôlons ; les cho- semblances qu’il établit. (M. Mauss)
ses qui n’en dépendent pas (la
reconnaissance, la maladie, la mort, la Aucune ligne de démarcation ne sépare
célébrité, et toutes les œuvres qui ne les choses qu’on apprend mais qui sont
nous appartiennent pas), nous ne les con- déjà connues des autres, de celles qui
trôlons pas. ( Ėpictète) sont nouvelles pour tout le monde. (H.
Simon)
Une chose est une représentation – men-
tale ou non – si elle a des propriétés L’homme agit à l’égard des choses en
sémantiques : un énoncé verbal, une pho- fonction de l’image qu’il s’en fait : objet
tographie, un panneau routier, ont des physique (un arbre ou une chaise), autre
propriétés sémantiques. (P. Jacob) humain (mère, vendeur), institution
(école, gouvernement), ou les situations
C’est la rencontre entre la pensée et le dans lesquelles il se trouve. Et les choses
monde qui donne sens aux choses. (E. prennent un sens du fait de leur
interacHusserl) tion avec lui. (H. Blumer)

Je n’ai jamais douté des choses, ni de L’être humain veut toujours des choses
leurs leçons. Elles existent en dehors de contradictoires et incompatibles. C’est
moi, d’où leur solidité. Il ne faut pas les malheureux, mais c’est la condition
huregarder, il faut les voir. Et cette vue est maine. (N. Frijda)
d’autant plus pertinente qu’elle est ins-
tantanée. (C.F. Ramuz) Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt
que rien ? (G.W. Leibniz)
108 Toutes les choses sont contradictoires en
Pour réguler les affaires du monde, soi, et c’est cette contradiction qu’elles
l’action des hommes doit prendre appui enferment qui les rend capables de
mousur le cours naturel des choses, lequel est vement. (F. Hegelan)
source ineffable d’harmonie et de créati-
vité. (Liu An) Puisque les mots ne servent qu’à dési-
gner les choses, il vaudrait mieux que
Chaque chose en particulier continue chaque homme transportât sur soi toutes
d’être en même état autant qu’il se peut, les choses dont il avait l’intention de
paret que jamais elle ne le change que par la ler. (J. Swift)
rencontre des autres. (R. Descartes)
Si vous demandez une chose qui n’existe
Les choses partent à la dérive dans toutes pas, vous la méritez, du fait de
les directions. J’ai vu l’avenir, frère : l’intelligence de la demande. (J.L. Byars)
c’est l’enfer. (L. Cohen)
Nous vivons dans un monde où vivent
Lorsque j’ai cherché à la trace les objets des choses aussi bien que des gens. Les
de ma propre enfance, ce ne sont pas les arbres, les pierres, l’eau, tout est
expresobjets de ma propre enfance que j’ai re- sif. (J. Cage)
trouvés, mais les choses de l’enfance en
tant que telle. (C. Boltanski) Nous ne pourrons jamais retourner le
cours des choses. Mais si nous
discipliIl y a une manière de se servir des choses nons notre esprit, que reste-t-il à
les plus usagées de façon à les recharger. maîtriser ? (Shantideva)
On ne peut prendre idée des choses que
par petits morceaux regardés l’un après Nous ne voyons rien tant que nous
l’autre en déplaçant chaque fois le pied n’avons pas l’idée d’une chose ; après,
de la caméra. (J. Dubuffet) nous ne pouvons pas voir autre chose.
(H.D. Thoreau)
Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause Ton Pour une chose, être, c’est être perçue, et
cœur trop lourd. (P-J. Toulet) il est impossible qu’elle n’ait aucune
existence hors des esprits ou choses
penJe ne peins pas les choses mais ce qu’il y santes qui la perçoit. (G. Berkeley)
a entre les choses. (G. Braque)
Les choses sont toutes entières ce
Je veux que la chose soit naturelle. Elle a qu’elles paraissent et derrière elles, il n’y
son propre lieu, son propre temps et ne a rien. (J.P. Sartre)
change pas, même si l’on essaie de la
faire changer. (S. Kishio) Les petites choses n’ont l’air de rien
mais elles apportent la paix. (G.
BernaDans l’esthétique de la disparition, les nos)
choses sont d’autant plus présentes
qu’elles nous échappent. (P. Virilio) Chrétien
C’est grâce à son arrière-plan chrétien
Diminuer l’importance de la chose à re- que le monde moderne doit en grande
garder. (B. Nauman)

109 partie son incroyable succès. (C.F. von Tout commence sous le ciel. Nous avons
Weizsacker) opposé le glaive au glaive et la liberté est
fondée ; elle est sortie des orages ; cette
Les chrétiens se rangent en trois catégo- origine lui est commune avec le monde
ries selon qu’ils acceptent (ou que leur sorti du chaos, et avec l’homme qui
famille décide) les actes solennels, pé- pleure en naissant. (Saint-Just)
riodiques ou exceptionnels : ils sont
conformistes saisonniers, observant ou Le ciel est, par-dessus le toit, Si bleu, si
dévots. (G. Le Bras) calme ! Un arbre par-dessus le toit,
Berce sa palme. La cloche dans le ciel
qu’on voit Doucement tinte. Un oiseau Christianisme
sur l’arbre qu’on voit Chante sa plainte. Ce que l’ancien christianisme promettait
(P. Verlaine) sous la forme éternelle d’une surnature,
le nouveau christianisme le promet sous
La hiérarchie selon laquelle le ciel se la forme d’une sur-société. (H.
Desrotrouve en haut et la terre en bas, n’est de che)
toute façon qu’une convention à laquelle
nous nous sommes habitués, mais à la-Bien que les religions soient
mondialiquelle nous ne sommes pas obligés de sées, le christianisme est de plus en plus
croire. (G. Baselitz) une religion des pays du sud (ex :
l’Afrique). (O. Vallet)
Cigarette
Le christianisme est la religion de la sor- On dit et on crie que la cigarette est une
tie de la religion. Il a développé un ordre drogue. (A. Borgne)
en rupture avec les précédents. (M. Gau-
chet) Vos cigarettes ont le goût d’insectes
qu’on aurait roulés et fumés vivants,
créLe christianisme ne prêche que servitude pitants et humides. (M. Herr)
et dépendance. Les vrais chrétiens sont
faits pour être esclaves, ils le savent et ne Oui ce monde est bien plat ; quant à
s’en émeuvent guère. (J.J. Rousseau) l’autre, sornettes ! Moi, je vais résigner,
sans espoir à mon sort, Et, pour tuer le
temps, en attendant la mort, Je fume au Ciel
nez des dieux, de fines cigarettes. (J. La-Deux choses remplissent le cœur, à
meforgue) sure que la réflexion s’y attache et s’y
applique : la loi morale en moi et le ciel
étoilé au-dessus de moi. (E. Kant) Cinabre
Si le cinabre était tantôt rouge, tantôt
Le ciel est en train de devenir domaine noir, tantôt léger, tantôt lourd, mon
imad’action, terme de convoitise, de domi- gination ne trouverait pas l’occasion de
nation, de possession. (P. Ricoeur) recevoir dans la pensée le lourd cinabre
avec la représentation de la couleur
Le ciel ne parle pas. (Confucius) rouge. (E. Kant)

Que la terre me paraît vile quand je re- Cinéma
garde le ciel ! (St Ignace de Loyola) Le cinéma, quel merveilleux véhicule de
propagande. (G. Méliès)
110 tournées, dans les magasins). (B. France
L’écran rectangulaire de nos salles de ci- Lanord)
néma n’est rien d’autre qu’un substitut
du chevalet ou de la peinture murale. (L. Cirque
Moholy-Nagy) Allez au cirque. Rien n’est aussi rond
que le cirque. C’est une énorme cuvette
La projection d’une image plus grande dans laquelle se développent des formes
que soi sur un mûr caractérise le cinéma. circulaires. Ça n’arrête pas, tout
(M. Nicolas) s’enchaîne. (F. Léger)

Le cinéma identifie une production
ciCiseaux nématographique nationale. Il n’est plus
Quand la matière papier est à discipliner, la peinture de la société et est en retard
à faire vivre et à augmenter, les ciseaux sur elle. (J.J. Bernard)
peuvent acquérir plus de sensibilité de
tracé que le crayon ou le fusain. (H. Ma-Le cinéma est à la fois un miroir
anthrotisse) pologique et une archive d’âme. C’est
une fiction qui nous rend proche des
Citadin êtres et des situations humaines. (E.
MoLa majorité des citadins préfèrent se rin)
fondre dans la masse et n’être qu’un nu-
méro. (O. Wagner) Le petit tas colorant qui se désamorce en
infimes particules, ces passages et non
l’arrêt final, le tableau, voilà ce que Citation
j’aime. En somme, c’est le cinéma que Tout texte est un tissu nouveau de
citaj’apprécie le plus dans la peinture. (H. tions révolues. (R. Barthes)
Michaux)
La citation est l’arme absolue du faire
croire. Parce qu’elle joue sur ce que Circonstance
l’autre est supposé croire, elle est donc le Tout homme a deux mères : la nature et
moyen par lequel s’institue le réel. (M. les circonstances. (J. Marti)
de Certeau)
Les gens disent souvent qu’ils se sont
La citation doit couler de source, doit « trouvés » quand ils se sont encroûtés
échapper à l’écrivain qui, dans le feu de sous la force des circonstances. (T.
la composition, se rappelle involontaire-Wolfe)
ment ces cris de l’âme et du cœur
arrachés à ceux qui ont écrits avant lui, et Circuit de distribution
qui l’emploie comme si elle était sienne. Un circuit de distribution se caractérise
(P. Larousse) par sa longueur (le nombre
d’intermédiaires entre le producteur et le
Cité consommateur), son degré d’intégration
Ce qui donne naissance à une cité, c’est (à savoir si les fonctions de gros et de
dél’impuissance où se trouve chaque indi-tail sont assurées ou non par le même
vidu de se suffire à lui-même, et le intermédiaire), ses méthodes de vente
besoin qu’il éprouve d’une foule de cho-(par correspondance, à domicile, en
ses. (Platon)
111 de société. Ils veulent de la démocratie
Dans le droit fil de son appartenance à la participative. (R. Cayrol)
cité, il est dans la vocation d’une entre-
prise de devenir citoyenne. (J.C. Fauvet) Un citoyen éclairé n’est pas obligatoire-
ment un citoyen érudit. (C. Barbier)
Les cités ou « mondes » représentent
chacune un mode de légitimité différent. Quand les citoyens d’une démocratie
déChaque cité (cité domestique, cité civi- battent, ils échangent leurs opinions et
que, cité industrielle, cité marchande, discutent de leurs propres idées sur les
cité de l’opinion, cité inspirée) a sa ma- principales questions d’ordre public et
nière de définir la « grandeur ». (L. politique. (J. Rawls)
Boltanski, L. Thévenot)
Qui se croit citoyen du monde oublie que
La cité, formée au début pour satisfaire la citoyenneté n’existe que dans le cadre
les seuls besoins vitaux, existe pour d’un État et par l’effet de sa
souverainepermettre de bien vivre. La cité est une té. (R. Debray)
réalité naturelle et l’homme est par na-
ture un être destiné à vivre en cité. Les citoyens de l’Europe sont des
ani(Aristote) maux mythiques. (R. Aron)

La cité a ses lois, pour que chacun, sui- Les rapports entre citoyens s’organisent
vant la règle de tous, soit lié à tous, et à partir de l’idée démocratique. On a des
afin que les citoyens ne soient pas liés à rapports de concitoyenneté entre tous
l’État. (Saint-Just) ceux qui veulent que leur union politique
continue à l’emporter sur toutes les
occaDeux amours ont bâti deux cités. sions possibles de division. (V.
L’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, Descombes)
la cité terrestre. L’amour de Dieu
jusqu’au mépris de soi, la cité céleste. Citoyenneté
L’une se glorifie en elle-même ; l’autre La citoyenneté s’expérimente dans les
dans le Seigneur. (Saint Augustin) pratiques d’assemblée des cités ; elle se
pense aussi à travers des œuvres et des
Citoyen pratiques littéraires. (M. Detienne)
Je suis citoyen du monde. (Socrate)
Beaucoup perçoivent la citoyenneté
Bien informé les hommes sont des ci- mondiale comme un antidote aux
natiotoyens, mal informés ils deviennent des nalismes, aux intégrismes religieux, ou
sujets. (A. Sauvy) aux effets dévastateurs du marché, mais
peu sont capables d’en imaginer les
conRésistance et obéissance, voilà les deux tours. (J.F. Petit)
vertus du citoyen. Par l’obéissance il as-
sure l’ordre ; par la résistance il assure la La citoyenneté repose d’abord sur un
staliberté. (Alain) tut juridique lequel confère des droits
civils, politiques et sociaux. C’est une
Les citoyens veulent prendre leur destin éthique et aussi une morale puisque la
cien main, veulent participer aux décisions toyenneté implique un ensemble de
112 qualités et de vertus qui font le bon ci- faction des besoins, des instincts et de
toyen. (J.J. Rousseau) désirs humains. (N. Élias)

Pour comprendre les caractères essen-Civilisation
tiels d’une civilisation, il faut d’abord Il ne faut pas demander aux politiques de
comprendre son attitude à l’égard des régler les problèmes de civilisation. (D.
problèmes de l’amour et de la mort, en-Tillinac)
suite quelle est la valeur de l’expérience
religieuse et des significations qu’on lui Une civilisation use son corps et
recherattribue. (S. Acquaviva) che toujours d’autres corps pour incarner
son âme. (P. Klossowski)
La marche de la civilisation est assujettie
à une loi invariable fondée sur la nature L’individu et la société, dans un ballet
des choses. Mais il y a une fort grande ininterrompu de gestes symboliques,
bâdifférence entre obéir à la marche de la tissent la pyramide qu’on appelle la
civilisation sans s’en rendre compte et y civilisation. (E. Sapir)
obéir avec connaissance de cause. (A.
Comte) L’histoire de la civilisation n’est que
l’histoire de la vie de l’espèce humaine.
Une civilisation débute dans le mythe et (C.H. de Saint-Simon)
finit dans le doute. (E.M. Cioran)
Notre civilisation se comprend et
Civilisation et culture sont des contrai-s’organise en vue d’une lutte progressive
res, ils constituent l’une des diverses avec la nature extérieure. (E. Weil)
manifestations de l’éternelle contrariété
cosmique et du jeu opposé de l’esprit et Si l’homme conservait quelque prestige
de la nature. (T. Mann) dans une société souhaitable, c’est dans
la mesure où la civilisation véritable, que
Le problème de la civilisation est de nous trahissons par notre ignorance,
prosubstituer aux énergies animales des for-longeait sur nous son rayonnement
ces disciplinées, humanisées, condamné, et nous sauvait malgré
nousspiritualisées, de transformer les fana-même. (A. de St-Exupéry)
tismes et les idolâtries sauvages en
certitudes fondées sur la raison, en Nous sentons qu’une civilisation a la
convictions fondées sur les exigences de même fragilité qu’une vie. Nous autres,
la conscience personnelle. (L. Blum) civilisations, savons désormais que nous
sommes mortels. (P. Valéry)
Civilité
Les civilisations unissent et divisent La civilité suppose réciprocité. Dans
l’humanité. Foi et famille, sang et cette mesure, elle fait appel au calcul de
croyances, c’est ce à quoi les gens l’intérêt bien compris. Je ne respecterai
s’identifient et ce pour quoi ils se bat- pas longtemps les préférences d’autrui si
tront et mourront. (S.P. Huntington) autrui ne respecte pas les miennes. Il n’y
a donc pas de civilité sans attentes
réguLa civilisation est une question de lières et définies. (F. Bourricaud)
mœurs, de ces petites et grandes règles
qui pèsent sur l’usage du corps, la
satis113 On a un problème de civilité autour des aucun cas une incitation à l’action. (M.
modes de déplacement. Les gens ont à se Olson)
mobiliser autour d’une civilité commune.
Le rapport aux autres dans l’espace pu- Si une caste est une institution, une
blic en est l’enjeu. (A. Bourdin) classe n’a pas d’existence officielle et
légale. Elle n’en est pas moins une
réaliLa civilité ne se confond pas avec les in- té sociale. (E. Goblot)
terdits liés au sexe, à la propreté, à la
politesse et à l’usage de la violence. Ce On parle de classe quand des individus
n’est pas un simple code : c’est aussi une ont en commun une composante causa le
culture. (N. Élias) spécifique à leurs chances de vie.
Composante se manifestant par des intérêts
économiques concernant la possession et Clair
l’obtention de revenus, se manifestant Bien des livres auraient été plus clairs
sur le marché des biens ou sur le marché s’ils n’avaient pas voulu être si clairs. (E.
du travail. (M. Weber) Kant)

Les classes sont des groupes d’hommes
Clarté dont l’un peut s’approprier le travail de
Si tu découvres la clarté, bois la jusqu’à l’autre, par suite de la différence de la
la lie. (J.A.Valente) place qu’ils occupent dans un régime dé-
terminé de l’économie sociale. (Lénine)
Ô clarté suprême puissance : en toi mon
âme se consomme. (J. Guillén) Si différentes que soient les unes des
autres les diverses classes de faits sociaux,
Classe ce ne sont pourtant que des espèces d’un
La classe reste alors que l’école change. même genre. (E. Durkheim)
Les pratiques quotidiennes sont restées
identiques alors que l’enseignement est On peut m’opposer sans doute des
indisommé de changer et de s’adapter. (M. vidus ; je parle des classes, elles seules
Tardif, C. Lessard) doivent occuper l’histoire. (A. de
Tocqueville)
Classe (sociale)
La classe moyenne fait des échanges Les classes sociales supérieures se
sépacontinuels avec les autres classes socia-rent des classes moyennes, se distancient
les et ces fluctuations perpétuelles des autres en cherchant une liberté
écoeffacent les frontières et les remplacent nomique et une sécurité. C’est une
par des transitions parfaitement conti-stratégie d’élitement que certains
chernues. (G. Simmel) chent dans des ghettos de gens fortunés.
Certains cherchent la ségrégation sociale
Á chaque classe de positions correspond par leurs propres richesses. (E. Morin)
une classe d’habitus (ou de goûts). (P.
Bourdieu) Les actions de classe n’ont pas lieu dès
lors que les individus qui la composent
La classe ouvrière, dans la société indus-agissent rationnellement. Une législation
trielle, n’est pas une marchandise dans la de classe avantage la classe comme un
société industrielle. Elle est un acteur de tout et non les individus, et n’offre en
l’histoire, souffrant, luttant, pensant,
ac114 teur impuissant ou contestataire, acteur déterminé par la production. La lutte des
toujours. (A. Touraine) classes conduit à la dictature du proléta-
riat, et cette dictature elle-même ne
Les membres des classes dominantes constitue que la transition à l’abolition
sont ceux qui ont une capacité, parce de toutes les classes et à la société sans
qu’ils ont des ressources à construire leur classe. (K. Marx)
expérience sociale. (F. Dubet)
Les classes sociales sont des
surLes classes ouvrières ne se sont données groupements particuliers de fait et à
disà aucun maître ; elles ont suivies leur tance, caractérisés par leur tendance vers
inspiration. Là est le gage de leur succès. une structuration poussée, leur résistance
(P. Proudhon) à la pénétration par la société globale et
leur incompatibilité avec les autres
clasPrendre conscience de soi, pour une ses. (G. Gurvitch)
classe, c’est reconnaître à quel niveau
social elle se trouve, et c’est par suite se L’espace théorique et pratique des
clasreprésenter par rapport à quoi, à quels ses sociales s’est dispersé ou renversé.
privilèges, à quels droits, à quels avanta- Elles ne sont plus des « êtres
soges, se mesurent ces niveaux et se ciaux totaux », les dimensions fluctuent,
détermine cette hiérarchie. (M. Halb- les positions de classes intègrent de plus
wachs) en plus de critères, tiennent compte du
brouillage des frontières entre groupes
La société se présente comme un ensem- sociaux. (D. Martuccelli)
ble de cercles concentriques disposés
autour d’un noyau central, chaud, vivant, Les amis de l’humanité ne peuvent que
qui représente la vie sociale qu’on puisse désirer que, dans tous les pays, les
classe représenter. Chacun de ces cercles ses laborieuses aient le goût du confort et
correspond à une classe sociale. (C. des distractions, et qu’elles soient
inciBaudelot, R. Establet) tées par tous les moyens légaux à les
acquérir. (D. Ricardo)
Les classes sociales peuvent être consi-
dérées comme des organismes La classe ouvrière n’est capable, à elle
individualisés qui agissent et qui souf- seule, que de développer une conscience
frent ; Une fois consolidées, elles tendent syndicale. (Lénine)
à se consolider et à se perpétuer, même
quand les circonstances sociales aux- Classement
quelles elles doivent d’exister ont Le problème avec les classements, c’est
disparu. (J.A. Schumpeter) qu’ils ne durent pas. A peine a t’on fini
de mettre de l’ordre que cet ordre est
déLes identités de classe ont trois dimen- jà caduc. (G. Pérec)
sions : temporelle (car la mobilité est
réduite), culturelle (à travers les modèles
Classification de comportement), collective (avec
Une classification, oblige les éditeurs de l’action collective conflictuelle). (L.
jeux vidéo à vendre des jeux corrects Chauvel)
pour l’esprit. (S. Cormier)
L’existence des classes n’est liée qu’à
des phases de développement historique
115 Clé de voûte
Ainsi moi leur clé de voûte, je suis le Proclamé roi par la mondialisation des
nœud qui les rassemble et qui les noue échanges et par les surcapacités de
proen forme de temple. (A. de Saint- duction, le client a désormais droit de vie
Exupéry) et de mort sur les entreprises. (M.
Crozier, H. Sérieyx)
Clef
L’important ce n’est pas la marchandise La clef du coffre-fort et des coeurs c’est
mais le client. (R. De Gourmond) la même : Que si ce n’est celle des
coeurs, c’est du moins celle des faveurs.
Le client souhaite un produit personnali-(J. de La Fontaine)
sé, bon marché, de haute qualité, avec un
délai de livraison court, voire instantané.
Clémence (J.L. Descharreaux, P.
SuzetLa clémence ne se commande pas. Elle Charbonnel)
tombe du ciel comme une pluie douce ;
elle fait du bien à celui qui donne et à ce- La victoire du client ? Un défi pour les
lui qui reçoit. (W. Shakespeare) organisations. (F. Dupuy)

Cliché L’entreprise a pour unique but de servir
Tout cliché contient une part essentielle ses clients. Si l’on pense que l’entreprise
de vérité. (G. Orwell) sert à gagner de l’argent ou à fournir des
emplois, on confond l’objectif et la
conséquence. (M. Bouygues) Client
Chaque nouveau client est un captif de
plus. (M. Slater) Clignotant
Si, en effet, les ratios financiers
indiLe souci du client (le marché), celui de la quent d’où vient l’entreprise et où elle en
rentabilité (l’actionnaire), sont les garde- est, les clignotants permettent de
constafous de l’efficacité de l’entreprise pour ter où va l’entreprise par rapport aux
tous. (M. Drancourt) objectifs fixés et de l’aider à réaliser de
meilleures performances. (B. Lussato)
Tout élément ou sous-système vers
lequel l’unité concernée, en réponse à une Climat
demande, fournit des produits ou des Le climat, c’est l’équilibre entre
services. (D. Bériot) l’extrême chaleur de l’équateur et le
froid extrême des deux pôles. (J.L.
Le client, par la multiplicité des offres, Etienne)
donc de ses choix, est remis au coeur des
préoccupations de l’entreprise. (B. Roux) Le climat, comme l’eau, ignore les fron-
tières politiques. (M. Jarraud)
Le client n’achète pas de la technique
mais de la satisfaction et du service. (A. Le climat atteint presque un point de
Y Portnoff) basculement dangereux. Les ingrédients
d’une « tempête parfaite », d’un
cataCe n’est pas l’employeur qui paie les sa- clysme mondial sont réunis. (J. Hansen)
laires c’est le client. (H. Ford)
116 Climatique Coalition
Les contrastes climatiques, dans le temps La coalition est un groupe de personnes
et dans l’espace, sont de plus en plus qui négocient entre elles pour déterminer
forts. (C. Allègre) une certaine répartition de pouvoir
organisationnel. (J. March, R. Cyert)
Clivage
La coalition permet d’éliminer les incer-Il y a le clivage gauche/droite, il y a le
titudes liées à la concurrence, et de clivage Nord/Sud, il y a le clivage
démocontrôler les ressources-clés, de dominer cratie/dictature. (B.H. Lévy)
un marché. (J. Galbraith)

Clonage La coalition peut s’interpréter souvent
Accepter de fabriquer des hommes jeta- comme une lutte pour le droit de
déterbles par clonage ne revient-il pas à nier miner la culture de l’organisation. Les
que ‘les hommes naissent libres et égaux coalitions sont des alliances
interpersonen dignité et en droit’ ? (G. Bénichou) nelles, des réseaux qui contrôlent
l’organisation non formelle. (G. Morgan)
Clone
Je suis pour la création de clones sans Dans une coalition, une entreprise joint
cerveau. Parce que je ne m’accroche pas ses forces à celles d’une autre sans
fuaux mots qui consistent à dire ‘un clone sion, par l’octroi de licences, des actions
sans cerveau’. Ce n’est pas un clone sans communes et des accords
cerveau, c’est une espèce de système vi- d’approvisionnement. (M. Porter)
vant dans lequel des organes peuvent se
développer. (H. Atlan) Il est urgent de rassembler une coalition
mondiale contre la pauvreté. (J.D.
Wolfensohn) Clôture
Trop de clôture s’oppose au changement,
trop peu disloque l’organisation. (J.C. Cocooning
Fauvet) Le cocooning des individus a remplacé
le gavage passif des masses populaires.
Les discours sur l’individu libéré (par la Clown
mode, le sport, la publicité, etc.) ne sont Clown, abattant dans la risée, dans le
ni plus vrais ni plus faux que ceux que grotesque, dans l’esclaffement, le sens
l’on tenait sur les masses aliénées (par que contre toute lumière je m’étais fait
ces mêmes facteurs). (A. Ehrenberg) de mon importance. (H. Michaux)
Codage Co
La théorie du codage de la parole Entre droit privé et droit public, entre
los’applique lors de la transmission de la cal et national, tout se trouverait dans le
parole sous sa forme numérique ou lors ‘co’ : coproduction, coconstruction,
coadu stockage de l’information. (R. Boite) nimation, coresponsabilité et,
cofinancement (la dimension financière
est essentielle). (J. Damon) Code
A l’époque où j’écrivais et contrôlais
moi-même chaque ligne de programme,
la qualité moyenne du code était
supé117 rieure à ce qu’elle est maintenant. J’ai dû Pourquoi ne nous révoltons-nous pas
accepter les compromis. (B. Gates) contre le jargon scientifique sans cœur et
ne proclamons-nous pas notre droit à un
Le combat incessant entre faiseurs de langage compréhensible, inspiré, venant
codes et briseurs de codes s’achèvera t’il du cœur ? (R. Muller)
un jour par la victoire éclatante d’un des
deux camps ? (J. Staune) Pudiquement, le cœur frissonnant, j’offre
au monde quelques feuilles de ma vie :
Les conventions d’un code sont explici- ses chagrins, ses espoirs, ses désirs – des
tes, préétablies et impératives. Le code épanchements qui ont coulé du fond de
est clos et figé et ne se transforme qu’en mon cœur pendant d’agréables heures de
vertu d’un accord explicite des usagers. loisir et d’extase poétique. (E.A.
Hoff(P. Guiraud) mann)

C’est le cœur qui sent Dieu et non la rai-Code civil
son. Voilà ce que c’est que la foi, Dieu Rien au monde ne fait plus d’honneur
sensible au cœur, non à la raison. (B. aux français que d’avoir été capables de
Pascal) se donner froidement, impassiblement,
leur code civil au milieu du délire de
1793. (E. Quinet) Cogito
Tout cogito ou encore tout état de
conscience vise quelque chose et porte en lui-Code du travail
même son cogitatum respectif, cette vi-Le code du travail est fait pour entretenir
sée est dite intentionnalité. (E. Husserl) des relations entre le patronat et le milieu
salarial. (J.C. Le Digou)
Cognition
La vie, l’amour sont précaires. Pourquoi La psychologie rassemble sous le nom
le code du travail ne le serait-il pas ? (L. de « cognition » diverses opérations
Parisot) mentales : la perception (visuelle,
auditive, …), la mémoire, l’apprentissage, le
langage (oral, écrit), la résolution de Coder
problèmes. (J.F. Dortier) Pour transmettre de l’information par
l’intermédiaire d’un canal de liaison, il
est nécessaire de la coder. (R. Moreau) Cognition motrice
La cognition motrice modifie le regard
que l’on porte sur le fonctionnement de Co-évolution
la pensée : on s’éloigne d’une vision pu-L’homme participe au métabolisme de la
rement intellectuelle de la cognition, qui nature. Cette co-évolution est oubliée
isole l’esprit du corps. Elle pose aussi le quand les hommes se mettent à détruire
problème de la conscience de soi. (M. la planète. (B. de Jouvenel)
Jeannerod)
Cœur
Cohabitation Le cœur de l’intelligence est
La cohabitation est la coexistence institu-l’intelligence du cœur. (J. de
Bourbontionnelle d’un président et d’un premier Busset)

118 ministre issus de camps opposés. (V. blèmes, nourrit le ressentiment et bloque
Giscard d’Estaing) tout vrai changement. (J.W. Jacobs)
Cohabitation culturelle Collaborateur
La cohabitation culturelle c’est de favo- Si un dirigeant d’entreprise ne considère
riser la compréhension mutuelle des uns pas ses collaborateurs comme des êtres
et des autres, par delà les frontières, as- uniques et précieux mais comme des
ousumer la diversité des langues, garantir le tils que l’on jette quand on n’en a plus
pluralisme médiatique, promouvoir la besoin, alors ceux-ci considéreront aussi
laïcité, ou faire voter les immigrés au l’entreprise qui leur verse un salaire
plan local. (D. Wolton) comme une simple planche à billets, sans
lui donner de sens. (M.
Csikszentmihalyi) Cohérence
Cohérence : relation ou efficacité
optiGagneront, les organisations qui auront male entre un objectif et un processus.
su faire adhérer leurs collaborateurs à (D. Bériot)
leurs projets. (J.L. Descharreaux, P. Su-
zet-Charbonnel) Si les humains ont bel et bien un besoin
cognitif de cohérence et d’ordre, on peut
Aussi brillantes soient les stratégies des supposer que tous les groupes se
donneentreprises, leur réussite dépend surtout ront un jour des ensembles de principes
de la motivation de leurs collaborateurs. qui seront compatibles et cohérents.
Il faut les associer dès le départ aux pro-(E.H. Schein)
cessus du changement. (L. Modiano)

Colère Le travail en entreprise devient un acte
La colère est une émotion de significa- créateur permettant à tous de se réaliser ;
tion sociale, au même titre que la haine cadres, ouvriers et employés deviennent
ou l’amour. Le risque que comporte la des collaborateurs. (J.P. Le Goff)
colère dépend de l’environnement social.
La colère se trouve dans un conflit. Mais
Collaboration il peut être mauvais de réprimer sa
coLes entreprises s’abritent derrière des en-lère, car l’autre en profite pour vous
tentes commerciales et des associations, marcher sur les pieds. (N. Frijda)
et collaborent sur la base d’intérêts
communs. (D. Bériot) Rien ne sied moins que la colère à
l’homme qui punit ; la colère est un délit
de l’âme, et l’on ne doit pas corriger une Collage
faute par une autre ; c’est une avalanche Le collage, c’est à la fois l’original et le
qui se brise sur ce qu’elle brise. (Sénè- modèle ; c’est presque une écriture
auque) tomatique. (Erro)

Parlez toujours de vos blessures avant de Dans la peinture traditionnelle, l’artiste
votre colère. Cela évite à votre interlocu- part de zéro, du vide, mais dans le
colteur de se mettre sur la défensive. lage, le point de départ, c’est l’objet
Entamer un dialogue par une attaque en- donné, l’objet non peint sans doute, mais
traîne le plus souvent une dispute, qui se trouvera finalement incorporé à la
empêche de discuter réellement des
pro119 peinture, acclimaté dans la peinture. (L. Colloïde
Aragon) Les colloïdes possèdent l’ENERGIE (en
lettres majuscules) et sont probablement
la source principale de la force qui Collecte des informations
apparaît dans le phénomène de vie. (T. Une collecte d’informations, longue,
Graham) coûteuse et minutieuse, doit s’organiser
autour d’une recherche systématique
Le mécanisme colloïde est d’idées ; elle doit être réalisée au moyen
l’intermédiaire obligé entre les de techniques de questionnaires et naître
manifestations d’ordre mécanique et de confrontations orales (brainstorming,
l’activité chimique des substances interviews, réunions préparées). (M.
Govivantes. (F. Le Dantec) det)
Colonialisme Collectif
Le colonialisme est une violence abso-Le collectif est à la fois un regroupement
lue. Ce n’est pas une machine à penser ni de production et de lutte. (C. Castoriadis)
un corps doué de raison, il est la violence
à l’état de nature. (F. Fanon)
Collectionner
L’art de collectionner est une forme de
Colonisation re-souvenir pratique. (W. Benjamin)
La colonisation appartient à l’histoire des
grands empires. Il n’y a pas à faire de
reCollège pentance de celle-ci, même s’il n’y a pas
C’est surtout au collège que se consolide lieu d’en être fier. (E. Badinter)
une culture adolescente opposée ou
parallèle à la culture scolaire. (M. Duru- La colonisation corrompt à la fois le
coBellat, A. Van Zanten) lonisateur et le colonisé. (A. Césaire)
Collègue Colorant
Le désir d’être bien avec ses collègues de Considérer que le colorant (pigment)
travail, l’emporte sur le simple intérêt perd de son intensité et se fane, que la
individuel et la logique des couleur se craquelle et noircit, qu’elle
raisonnements sur lesquels tant de faux peut jouer en capillarité, en éclatement
principes de direction sont fondés. (E. (auréole du liant), c’est admettre toute
Mayo) transformation normale des choses. (C.
Viallat)
Qui aime trop ses collègues, mal
travaille. (K. Hilpern)
Coma
Même si on ne connaît pas trop le coma, Malgré de lourdes contraintes qui
poustout cerveau qui fonctionne, même dans sent à l’uniformité, les fonctionnements
le coma, peut avoir une vigilance, peut réels des collègues, et donc les ordres
logarder un peu de mémorisation. (F. Flo-caux qui régulent le comportement des
rette) acteurs, sont très différents. (E.
Friedberg)
120 Combat Comédien
Le bon combat est celui que l’on mène Un comédien, pour enregistrer un texte
jusqu’au bout. (A. Hash) dans l’inconscient, mémoriser, s’investit
consciemment beaucoup, se met en
siMon combat est de réaliser une unité tuation, dans la peau d’un personnage.
dans la diversité des races et des cultu- (L. Naccachi)
res. (A. Begag)
L’énergie positive du comédien stricto
Dans les combats, il n’est pas de vain- sensu fait de la parole elle-même une
queur, et la victoire devrait être célébrée dimension du corps vivant. (A. Badiou)
en des rites funèbres. (Lao-Tseu)
Alors qu’un artiste ou un écrivain met
Le combat est père de tout, roi de tout. vingt ans de travail, de misère ou de
géLes uns, il les produit comme des dieux, nie à sortir de la foule, le comédien, en
les autres comme des hommes. Il rend un soir de grimaces, a conquis la terre.
les uns esclaves, les autres libres. (Héra- (O. Mirbeau)
clite)
Comique
Combattre Les « comiques » mettent de la parole
Il y a deux façons de combattre, l’une dans la bouche des gens. (E. Ethis)
par les lois, l’autre par la force : la pre-
mière sorte est propre aux hommes, la Le cinéma comique est fait pour
rassemseconde propre aux bêtes ; mais quand la bler. C’est le socle du cinéma dans tous
première ne suffit pas, on recourt à la se- les pays. (M. Nicolas)
conde. (N. Machiavel)
Il n’y a pas de comique en dehors de ce
qui est proprement humain. (H. Bergson) Combi-office
Le combi-office réunit, autour d’une
large surface collective pour le travail en Comité
groupe d’une équipe et de ses équipe- Un comité est un animal avec quatre
patments, de très petits bureaux individuels tes arrière. (J. Le Carré)
(4m2) permettant l’isolement et la
concentration. (F. Lautier) Comité de direction
Le comité de direction est constitué dans
Comédie le but d’étudier les problèmes et de
prenAu théâtre, on peut appeler comédie la dre des décisions majeures ; il est
présentation de cette obstination qui n’a responsable de la formulation, des
chanpas besoin de justification, parce qu’elle gements et de l’évaluation de la stratégie,
est celle du désir vital, même s’il est con- et se réunit périodiquement. (B. France
fronté à son absurdité. (A. Badiou) Lanord)

Notre vie, une pièce de théâtre de pas- Commandement
sion ; notre rire, la musique qui Fonder le commandement sur la capacité
l’agrémente ; le ventre d’un Homère, la à animer les hommes et à rassembler
loge de l’artiste. Nous nous costumons leurs compétences. (MIDES)
pour cette brève comédie. (W. Raleigh)
121 La plupart du temps, dans une organisa- Le commencement vaut la moitié du
tion, les ordres donnés par la hiérarchie tout. (Platon)
sont très généraux, aussi le seul but final
de l’action est donné dans l’ordre de Il y a tant de choses qui finissent par le
commandement et non dans la méthode commencement, que le commencement
pour l’atteindre. (H. Simon) commence à finir par être à la fin. (T.
Corbière)
Commande
Le commencement est problématique : La construction de la commande suppose
rien de plus délicat pour l’écrivain que que l’on examine cinq termes : Qui
decette première phrase, l’incipit, toujours mande ? Les personnes concernées, à
critique, passage du néant à quelque propos de quoi ? La demande à propos
chose. Par où commencer ? Comment des phénomènes posant problème),
commencer ? Qu’y a-t-il avant le com-quoi ? Les actes demandés, à qui ? Sous
mencement de l’action ? (É. Cobast) l’action de quels facteurs ? L’antériorité
de la demande. (J. Dubost)
Commencer
La commande renvoie à des modes de La seule joie au monde est de
commenrelations, de type commercial (comman- cer. (C. Pavese)
ditaire) ou de type hiérarchique
(commandement), où les dimensions de Commerçant
pouvoir sont prégnantes. La commande, Avec l’essor des échanges et des
relaau sens juridique, doit être exécutée (ou tions contractuelles, la société est l’état
refusée). (C. Michelot) dans lequel chaque homme est un
commerçant. (A. Smith)
Commander
Commander, c’est faire fonctionner le Commerce
personnel. (H. Fayol) Dans le commerce, plus le prix est
modique, plus l’étiquette est grande. (T.
Commémoration Maya)
La commémoration a envahi le travail de
l’historien jusqu’à l’asservir tout entier. Un commerce mène à l’autre ; le petit au
(P. Nora) médiocre, le médiocre au grand ; et celui
qui a eu tant envie de gagner peu se
metLa commémoration est la conservation tre dans une situation où il n’en a pas
de la mémoire, aussi vive que possible, moins de gagner beaucoup. L’effet
natud’une personne, d’un événement passé, rel de commerce est de porter à la paix,
d’un fait historique. Mais le temps use la par la négociation. (C. de Montesquieu)
commémoration. (R. Badinter)
Le commerce, qui devrait naturellement
être un trait d’union, un lien d’amitié en-Commencement
tre les nations, entre les individus, est Ce n’est pas la fin, ni même le
commendevenu la cause qui produit le plus de cement de la fin. C’est davantage la fin
discorde et d’animosité. (A. Smith) du commencement. (W. Churchill)

122 Commerce électronique Faire parti d’une communauté n’est pas
Le commerce électronique pourrait lais- forcément participé d’un esprit de
comser à la traîne les commerçants qui munautarisme. Le communautarisme
n’auront pas Internet. (J. Bové) semble la réaction regrettable de ceux
dont les apports sont repoussés comme
Le commerce électronique apparaît étant dangereux pour l’équilibre de tous.
comme l’eldorado de ce début de siècle (É. Glissant)
et remet en cause (via la
désintermédiation) certains canaux de distribution. Communauté
(J.L. Descharreaux, P. Suzet- Des communautés d’hommes partagent
Charbonnel) des codes de conduite, des valeurs, pour
que se tissent des liens sociaux qui créent
Commerce équitable ensuite assez de confiance pour établir
Le commerce équitable ne repose plus des échanges économiques. (J. Rifkin)
sur la loi de l’offre et de la demande
mais sur les besoins des personnes pour Quand des étrangers sont prêts à regarder
vivre décemment de leur travail et de la leurs particularismes complémentaires,
vente de leur produit. (J. Benoit) ils sont aussi capables de construire une
vraie communauté nationale. En sachant
Le commerce équitable, même s’il s’est par ailleurs qu’une communauté
natiofait, au nom du politiquement correct, nale est très fragile. (M. Gallo)
une place dans nos assiettes, n’est-il pas
une contradiction dans les termes ? Équi- La communauté peut être le lieu
table, le commerce ? Allons donc ! (F. d’apprentissage de la citoyenneté. (M.
Forestier) Walzer)

On distingue la communauté (marquée Commerce extérieur
par la solidarité, la proximité, les rela-Le commerce extérieur est un pis-aller
tions affectives) de la société (marquée pour les nations auxquelles le commerce
par les relations formelles, fonctionnelles intérieur ne suffit pas pour débiter
avanet intéressées). (F. Tönnies) tageusement leurs propres productions.
(F. Quesnay)
L’homme qui ne peut pas vivre en
communauté ou qui n’en a nul besoin, parce
Communalisation qu’il se suffit à lui-même, est un monstre
La communalisation désigne une relation ou un dieu. (Aristote)
sociale lorsque la disposition de l’activité
sociale se fonde sur le sentiment subjec- La notion de communauté apparaît
tif (traditionnel ou affectif) des comme objet possible de recherche ou
participants d’appartenir à une même comme cadre d’interventions
psychosocommunauté. (M. Weber) ciologiques, comme outil d’analyse du
lien social, des formes de sociabilité,
Communautarisme comme facteur menaçant l’intégration de
Communauté est un mot gentil alors que l’État-nation et la participation
cile communautarisme serait un mal abso- toyenne. (J. Dubost)
lu. (M. Halter)

123 Communauté (de pratique) - l’accès à des acteurs extérieurs à la
Une communauté de pratique est un sys- communauté,
tème de relations entre des personnes, - la capacité à mesurer l’effet des
efdes activités, et le monde, se développant forts de chacun sur la performance
dans le temps, et en relation avec commerciale de l’organisation à
d’autres communautés de pratiques tan- laquelle il appartient. (J. Hagel, A.
gentielles et chevauchantes. (J. Lave, E. Armstrong)
Wenger)
Commune
Des communautés de pratiques existent La communauté de voisinage est le
fondans toutes les organisations : des ré- dement originel de la commune. (M.
seaux de professionnels liés par un réel Weber)
besoin de savoir ce que sait l’autre. (J.S.
Brown) C’est dans la commune que réside la
force des peuples libres. Les institutions
La communauté de pratique est une communales sont à la liberté ce que les
communauté d’apprentissage. Elle lie écoles primaires sont à la science ; elles
donc une capacité à explorer et à trans- la mettent à la portée du peuple. Sans
mettre des savoirs à une aptitude à se institutions communales, une nation se
spécialiser. (P. Baumard) donne un gouvernement libre mais n’a
pas l’esprit de liberté. (A. de
TocqueCommunauté européenne ville)
La personne morale qu’est la commu-
nauté européenne est une conquête La commune, personnalité juridique,
contre la singularité et la souveraineté comme manière d’être pour chacun dans
des États nations, d’une nouvelle autorité une organisation sociale « à taille
hupolitique. (P. Rambaud) maine », apparaît comme un des relais de
cette harmonie idéalisée que serait la
suppression des inégalités jugées de Communauté internationale
moins en moins tolérables. (P. Rambaud) La communauté internationale ne com-
mence à exister que lorsque quelques
Une commune dispose des mêmes outils Etats sont prêts à agir ensemble. (C.
Berde gestion et d’évaluation qu’une grande tram)
entreprise, sauf qu’elle n’a pas, comme
cette dernière, à faire du profit. Elle gère
Communauté virtuelle la collectivité en flux tendus, année par
La puissance d’une communauté vir- année, sans avoir le droit d’épargner. (F.
tuelle repose sur cinq éléments : Pelletant)
- la définition d’un centre d’intérêt
précis, Les communes, surtout si elles sont
- la capacité à proposer, à chaque ac- grandes et englobées dans un ensemble
teur, un volume important urbain – agglomération, région – perdent
d’informations (entrepôt de don- de leur pouvoir attractif dans les
imaginées), naires collectifs et dans les pratiques
- la prise en compte des expériences civiques. (G. Burgel)
des membres de cette communauté
permettant d’enrichir le savoir de
chacun,
124 Communication
La communication ne concerne pas seu- La communication ne se résume pas à la
lement la transmission verbale, explicite technique. Ses composantes (politiques,
et intentionnelle des messages ; dans le culturelles, …) n’évoluent pas au même
sens où nous l’utilisons, le concept de rythme. Les individus modifient moins
communication devrait comprendre tous vite leur façon de communiquer qu’ils ne
les processus par lesquels les gens changent d’outils. (D. Wolton)
s’influencent les uns les autres. (G. Bate-
son) La communication, c’est l’échange et la
circulation d’informations dans un
réLa communication au service des idées seau reliant des émetteurs et des
de développement durable, de responsa- récepteurs. (J. De Rosnay)
bilité sociale et environnementale
contribuera significativement à la trans- La communication et la coordination
formation d’idées en autant d’actions sont mauvaises car les personnes portent
concrètes pour nous aider à faire évoluer un regard myope sur ce qui se passe, au
nos sociétés pour le bien des générations lieu d’avoir une vision globale du but de
futures. (J.C. Boulet) l’entreprise et sur ce qu’elle doit faire.
La communication permet d’assurer le
Grâce à la psychologie, à la psychosocio- caractère intégrateur de l’organisation.
logie, à la psychogénétique, à la (G. Morgan)
psychanalyse et à l’éthologie (étude du
comportement des êtres vivants), Il y a quatre voies de communication
l’essentiel de la communication est non pour mobiliser :
verbal. C’est en grande partie une com- - la voie hiérarchique qui doit
accepmunication par indices ou par signaux. ter d’être le moteur du
(A. Oger-Stefanink) changement,
- la voie syndicale qui défend les
inLa communication est un invraisembla- térêts des mandants,
ble fourre-tout, où l’on trouve des trains - la voie de la communication
inet des autobus, des télégraphes et des terne, à double sens, descendante
chaînes de télévision, des petits groupes et ascendante,
de rencontre, des vases et des écluses, et - la voie de la communication
exbien entendu une colonie de ratons la- terne (charte, référendum, …). (B.
veurs. (Y. Winkin) Brunhes)

Un accroissement considérable des Toute communication met en évidence
moyens de communication induit peu de trois points fondamentaux :
communication (au sens de « compré- - une codification (l’émetteur code,
hension »). Pourtant c’est un enjeu le récepteur décode),
décisif pour que nous puissions sortir de - un transport du message par le
cala barbarie de la communication hu- nal de communication qui
maine. (E. Morin) s’accompagne de bruits et de dis-
torsions du signal,
La communication comporte deux visées - une voie de transmission ayant une
distinctes : faire passer un contenu, défi- capacité. (C.E. Shannon)
nir la relation entre les interlocuteurs. (E.
M. Lipiansky)
125 Peut importe le flacon pourvu qu’on ait
l’ivresse de la communication. (M. Go- La communication politique doit
intédet) grer, voire précéder, l’action politique.
(C. Lambert)
La communication n’existe que dans le
rapport social vécu, que dans la relation La généralisation de la communication
à l’autre. Elle se caractérise par sa charge de masse va réduire les tensions
internaémotionnelle ; elle s’enracine dans un tionales et générer l’englobement de la
projet personnel ou professionnel qui se grande famille humaine tout entière en
définit et se réalise dans le rapport à une seule tribu globale. (M. Mc Luhan)
l’autre. (J. Bouchaud)
Nous sommes dans l’extase de la
comLa communication est l’huile indispen- munication. (J. Baudrillard)
sable pour que l’entreprise fonctionne.
(F. Guiraud) Dans les organisations industrielles, la
communication se développe en étoile
Dénonçons les dangers d’une communi- autour de l’individu plus qu’en bloc à
cation généralisée, nouvelle religion partir d’une équipe. (F. de Coninck)
mondiale qui prétend régler tous les pro-
blèmes de l’humanité, son bonheur, La communication n’est ni un rapport
l’égalité entre les hommes, la fraternité, abstrait ou immatériel, ni une substance
le développement économique, commune. Ce n’est pas un être commun,
l’interaction sociale. (L. Sfez) c’est un être en commun. (J.L. Nancy)

Le volume des communications s’accroît L’homme est une pauvre composante
avec le développement de la capacité dans un système de communication ;
d’une société d’agir sur elle-même. (A. c’est un faible canal de communication.
Touraine) Il présente une plage étroite, un niveau
de bruit élevé, il coûte cher à entretenir
La compétence en communication est en et, sur vingt-quatre heures, il en dort
grande partie fondée sur l’utilisation huit. (G.A. Miller)
d’un modèle pertinent de l’interlocuteur
et de ses connaissances. (Falzon) L’intention de communication relève de
la structure profonde de la langue : c’est
En organisation, on peut classer la notion le résultat d’un quelque chose à dire et
de communication en quatre catégories : d’une envie de le dire servis par une
ca- les rapports interpersonnels à pacité à le dire. C’est un savoir-faire
l’intérieur de l’organisation, langagier. (X. Mignot)
- la distribution, la circulation et le
partage de l’information (consi- La communication peut être conçue
gnes, procédés, diffusion de comme tentative d’ajustement où l’on
l’information interne), doit ajouter au transport de l’information
- les relations managériales entre di- le jeu des rôles et des actes par quoi les
rection et salariés (gestion des interlocuteurs se reconnaissent, agissent
ressources humaines, journaux in- et fondent ainsi des communautés
linternes), guistiques dans un monde humain. (R.
- la communication vers l’extérieur Eluerd)
et le client. (P. Cabin)
126 Le principe que j’ai posé comme fonda- Communiquer
mental dans l’organisation sociale Le seul vrai moyen de communiquer
humaine est celui de la communication avec les autres c’est d’être vrai avec
soiqui implique une participation avec au- même. (A. Reich)
trui. (G.H. Mead)
On ne peut pas ne pas communiquer. (P.
Nous devrions moins nous inquiéter du Watzlawick)
contrôle des moyens de communication
que du contrôle par les moyens de com- Communisme
munications. (N. Gershenfeld) Le communisme, c’est-à-dire la vie en
société, fondé sur la communauté des
Nous sommes foncièrement expression biens a déjà été réalisé avec succès dans
et réciprocité, c’est-à-dire communica- de nombreuses communautés. (F.
Ention. (M.A. Lahbabi) gels)

Une meilleure communication passe par Les peuples qui sortent du communisme
l’énonciation à la première personne. Ce semblent obsédés par la négation du
rétype de formulation vous permet gime où ils ont vécu, même s’ils en
d’endosser clairement la responsabilité héritent des habitudes et des mœurs. (F.
de vos émotions. C’est une technique Furet)
très simple qui vous permet d’améliorer
vos communications de façon
spectacuCommutation laire. (J.W. Jacob)
Dans le cadre de la sémiologie, tributaire
elle-même de la linguistique, la commu-Nous n’avons aucune communication à
tation est une opération qui remplace, l’être, parce que toute humaine nature est
dans un énoncé, un segment par un autre toujours au milieu entre le naître et le
de telle façon que la différence de forme mourir, ne baillant de soi qu’une obscure
entraîne une différence de sens. (J. Mar-apparence et ombre, et une incertaine et
tinet) débile opinion. (M. de Montaigne)
Commutation sémantique Communication sociale
Elle consiste à permuter deux digits, en La communication sociale est l’évolution
progression de droite à gauche, et en naturelle de la communication
indiviaugmentant l’écart entre ces deux digits, duelle, en trois stades successifs : la
jusqu’à ce qu’une altération sensible à la coexistence entre les communications
signification apparaisse. (B. Lussato) individuelles, la communication
individuelle devenant sociale avec les médias,
Compactage la communication spécifiquement sociale
Il consiste à absorber ou à cumuler le liée à des règles et à des institutions. (J.
plus d’informations à un moment donné. Durand)
C’est une agrégation spatiale des
données. (B. Lussato) Communiqué
Nous sommes lucides. Nous avons
remLe compactage de données consiste à placé le dialogue par le communiqué. (A.
transmettre un message sur un canal (li-Camus)
gne téléphonique, voie hertzienne, …) en
127 tolérant une certaine perte d’information. et le développement de la personne). (L.
Le compactage se distingue en cela de la Toupin)
compression, où toute perte
d’information est interdite. (J. Hebens- Être compétent c’est posséder un savoir
treit) ou un savoir faire dans un domaine
donné, mais elle est aussi un processus
dynamique consistant à communiquer, à Compassion
improviser. Ce processus « situé » ré-La compassion ne peut s’adresser qu’à
sulte de l’interaction entre savoir, savoir une personne singulière et elle n’est pas
faire, mais aussi « savoir être ». (P. Ca-généralisable. (M. Revault d’Allonnes)
bin)

Compétence Il n’y a de compétence que de
compéLa compétence des collaborateurs est un tence en acte. (G. Le Boterf)
des actifs immatériels de l’entreprise.
Elle est aussi à l’origine d’autres actifs Sur les postes en entreprise, ce sont les
immatériels : les brevets, les concepts, compétences émotionnelles qui font la
les modes de fonctionnement, différence. Les compétences scolaires et
l’organisation, la culture d’entreprise, universitaires ne sont que peu
responsal’ambiance de travail, les relations avec bles de ce qui fait la différence entre la
les clients, la réputation, l’image. (K. performance et l’excellence. (L.
SpenSveiby) cer)

Le challenge de l’entreprise est double :
Compétition maintenir, développer et transmettre le
La compétition, ce n’est pas être les uns capital de compétence de chacun, et
macontre les autres, mais les uns avec les rier les compétences diverses. (M.
autres, ce n’est pas être meilleur que Godet)
l’autre mais différent de l’autre. (A. Jac-
quard) Une société peut s’étendre et se diversi-
fier, s’assurer un développement et une
Dans la compétition parfaite, il n’y a pas position sur le marché, grâce à son degré
de place pour le marchandage et les di-élevé de compétence. (E. Penrose)
vers opérateurs qui contractent ensemble
n’ont pas besoin d’avoir des relations La compétence est l’assimilation du
sacontinues et récurrentes pouvant débou-voir au savoir-faire, aptitude à mettre en
cher sur une bonne connaissance oeuvre ses connaissances ; la
compémutuelle. (A. Hirschman) tence implique le caractère, le
comportement. (A.Y. Portnoff, V.
LamLes compétitions sportives offrent un ter-blin)
rain privilégié à la célébration des
appartenances et à l’exaspération des an-La compétence est un « savoir agir » et
tagonistes collectifs. (C. Bromberger) un « pouvoir agir », conçue sur des
modes objectifs (la certification et la
performance), stratégiques (la capacité Compétitivité
d’adaptation), subjectifs (la réalisation de La compétitivité est la capacité à
améliosoi), et axiologiques (le choix des valeurs rer durablement le niveau de vie de ses
habitants et à leur procurer un haut
ni128 veau d’emploi et de cohésion sociale. Complexité
(M. Debonneuil, L. Fontagné) La notion de complexité se dégage du
langage commun où le complexe se
conLa compétitivité, c’est faire du profit fond avec le compliqué, le confus,
dans un environnement compétitif, en l’embrouillé. La complexité cherche à
faisant bien son métier, mieux que les découvrir un ordre entre des éléments
concurrents. (J. Lesourne) constituants qui conservent leur hétéro-
généité. (M. Pagès)
Au sens général, la compétitivité est la
capacité à définir et à produire une va- Notre problème est la complexité. Elle
leur ajoutée appréciée par un marché. La caractérise un état, un système
immencompétitivité de l’entreprise doit sément grand ou inaccessible, dont le
s’enrichir de l’exemple des autres, mais nombre des éléments est celui des
liaielle repose avant tout sur des forces, des sons en interactions. (M. Serres)
actions et un savoir-faire propres. (P.
Grosjean) Accroître la taille de l’entreprise et, par
conséquent, sa complexité interne n’est
Ce qui compte pour la compétitivité de pas la meilleure réponse pour faire face à
l’entreprise, ce n’est pas la capacité de la complexité externe. (M. Godet)
recherche ou d’innovation, mais la capa-
cité d’insérer le progrès technique dans Quand la complexité d’un système
augune stratégie. (West) mente, les propriétés qui le caractérisent
dépendent de plus en plus de sa structure
et de moins en moins de la nature de ses Complémentarisme
parties. (B. Lussato) Le complémentarisme n’est pas une
théorie mais une représentation
méthoLa complexité est un tissu de consti-dologique. Le complémentarisme
tuants hétérogènes inséparablement n’exclut aucune méthode, aucune théorie
associés. La plus puissante résistance à valable – il les coordonne. (G. Devereux)
nos rationalisations : la complexité du
réel. C’est alors que la complexité du
réComplexe el peut stimuler la complexité de la
Dieu a exploité tous nos complexes pensée. La complexité nécessite une
réd’infériorité, en commençant par notre forme de notre mode de pensée. (E.
incapacité de croire à notre propre divi- Morin)
nité. (E.M. Cioran)
La révolution de la complexité est un
enComplexe d’Œdipe semble complexe de rapides
Transmis de génération en génération, le changements dans les moyens
économiconflit du désir et de l’interdit, dominé ques et techniques par lesquels
par cette culpabilité du meurtre du père, l’information est collectée, conservée,
renaît en chacun : c’est le complexe traitée et communiquée, et au travers
d’Œdipe. (S. Freud) desquels des décisions programmées ou
formelles peuvent assurer le
fonctionnement de la société. (J.R. Beninger) Complexion
La complexion est constituée de
combiLa notion de complexité implique celle naisons et de structure. (B. Lussato)
d’imprévisible possible, d’émergence
129 plausible du nouveau et du sens du phé- Complication
nomène que l’on tient pour complexe. La complication résulte souvent de la
(J.L. Le Moigne) tentative de faire entrer de force, dans un
système unique, des éléments dont
La complexité n’est pas viable, l’origine est extérieure à lui. Dans cette
l’autodestruction des civilisations avan- opération, ils perdent d’ailleurs, souvent,
cées est programmée. (J.P. Petit) leur origine. (M. Pagès)

La complexité est un désordre apparent Compliqué
où l’on a des raisons de supposer un or- Partout où existe un dispositif
complidre caché ; ou encore, la complexité est qué, on peut en trouver un autre plus
un ordre dont on ne connaît pas le code. simple, souvent à proximité immédiate,
(H. Atlan) et qui ne paraît pas fonctionner plus mal
(R. Chauvin)
L’apparente complexité de notre
comportement, au fil du temps, est pour une
Comportement grande part le reflet de la complexité de
Plus une organisation est ancienne, et l’environnement dans lequel nous nous
grande, plus son comportement est for-trouvons. (H. Simon)
malisé. (H. Mintzberg)
La science de la complexité nous donne
Un comportement est une manière exté-les informations sur l’organisation, la
rieure de s’exprimer, de réagir, de stabilité et le changement des systèmes
paraître. Ce qui est objectivement perçu naturels et sociaux. (R.T. Pascale)
par les observateurs. (D. Bériot)
Partout nous découvrons la complexité.
Le comportement et les propriétés d’un Que ce soit dans les structures
biologiensemble sont supposés dépendre du ques, les structures astronomiques, les
comportement et des propriétés des par-particules élémentaires. (I. Prigogine)
ties de cet ensemble. (R.L. Hilpern)
La complexité s’intéresse à un monde
Tout comportement (incluant l’action, la créatif très éloigné de l’équilibre qui
pensée, l’espoir, l’effort, …) est conçu évolue selon des voies que nous ne
poucomme changement d’état déterminé vons espérer prédire. Elle nous rappelle
d’un champ (espace de vie), en une unité que nous devons accepter
donnée dans le temps. (J. Forrester) l’imprévisibilité et le changement. (A.
Trosiglio)
Tout comportement communicatif
s’inscrit dans un jeu social nécessaire-Pour peu que l’on s’imprègne de son
esment porteur d’enjeux. (P. Bourdieu) thétique si proche de la nature, que l’on
se familiarise avec ses logiques et leur
Le comportement de l’acteur social ré-déploiement, la complexité se révèle
porpond, d’après les économistes, à des teuse non seulement d’éclaircissement,
intérêts, ou, d’après les sociologues, mais aussi de promesses. (R. Benkirane)
peut-être inspiré par les principes, les
motifs, les forces et les mécanismes les
plus divers. (R. Boudon)
130 Composante fortement connexe
C’est un sous-ensemble de variables tel Pour comprendre les poissons rouges, il
que pour tout couple (i, j) de variables du faut plonger dans le bocal. (Shoji Shiba)
sous-ensemble, il existe un chemin direct
ou indirect allant de i vers j. (J.F. Lefeb- Se comprendre, c’est se comprendre
devre) vant le texte, et recevoir de lui les
conditions d’un soi autre que le moi qui
vient à la lecture. (P. Ricoeur) Compréhension
Ce qu’il y a de plus difficile à
comprenPour se comprendre lui-même, l’homme dre, c’est pourquoi nous sommes
a besoin d’être compris par un autre. capables de la moindre compréhension.
Pour être compris par un autre, il lui faut (A. Einstein)
comprendre cet autre. (P. Wazlawick)
Fondamentalement, le rapport de
l’homme au monde est langagier et, par Compromis
conséquent, de l’ordre de la compréhen- Les individus prennent part à des actions
sion. (H.G. Gadamer) collectives qui impliquent en perma-
nence des compromis. (H. Becker)
On doit distinguer l’explication, qui
cherche à déterminer les conditions d’un Comptabilité
phénomène, et la compréhension, par la- Peu de gens savent que l’inventeur de la
quelle l’esprit connaissant réussit à comptabilité en partie double s’appelait
s’identifier aux significations intention- Fra Luca Parioli. Pourtant son influence
nelles, essentielles à l’activité historique, sur la vie des hommes est plus grande
concrète d’un homme. (R. Le Senne) que celle de Dante ou de Michel-Ange.
(H.J. Muller)
Nous appelons compréhension ce pro-
cessus par lequel nous connaissons une La comptabilité générale fait apparaître
intériorité à partir de signes donnés par un patrimoine (actif, passif) et la
compl’extérieur, par les sens. (W. Dilthey) tabilité analytique dégage les éléments
constitutifs des coûts. (B. France Lanord)
Comprendre
Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est Le travail effectué dans un bureau de
à comprendre. (M. Curie) comptabilité constitue un travail de série
comme un autre, auquel s’appliquent très
Comprendre c’est presque l’inverse aisément les principes de Taylor. (G.
d’exister. (G. Poulet) Bricard)

Il ne faut pas comprendre, il faut perdre Comptable
connaissance. (P. Claudel) Un comptable est un homme qui se
plonge dans le passé et qui entre dans le
Comprendre c’est construire une repré- futur à reculons. (R. Johnson)
sentation, c’est à dire élaborer une
représentation. (Denhière)

On se lasse de tout, excepter de
comprendre. (Virgile)
131 Compte ministres, dispose du pouvoir de
déciIl vaut mieux qu’un individu exerce sa sion. (L.J. Chapuisat)
tyrannie sur son compte en banque que
sur ses concitoyens. (J.M. Keynes) Concept
Les concepts forment un système
essenCompte de résultat tiellement discontinu et transposent le
Le compte de résultat, compte de flux, processus de nos perceptions sensibles,
enregistre les produits et les charges qui est un flux, en une série de termes
constatés pendant un exercice (ex : un an immobiles et pétrifiés. (F. Hegel)
d’exploitation) ; la différence constituant
le résultat (bénéfice ou perte). (M. Go- Les concepts sont plus faciles à manier
det) que les choses. (B. Lussato)

Le concept est très lié au langage. (M. Computation
Denis) Déduction et induction, comparaison et
analogie – On parle de computation pour
Je suis un concept, pigé ? (H. Murakami) désigner l’ensemble de ces opérations
logiques. La computation est plus proche
Le concept comme création proprement de la logique des propositions que du
philosophique est toujours une singulari-calcul mathématique. (J.F. Dortier)
té. (G. Deleuze, F. Guattari)
La computation est conçue comme un
Il n’y a pas de concept, si abstrait soit-il, complexe organisateur/producteur de
caqui n’implique quelque image senso-ractère cognitif comportant une instance
rielle, et il n’y a pas d’image qu’un mot informationnelle, une instance
symboline sous-tende. (H. Wallon) que, une instance mémorielle, une
instance logicielle. (E. Morin)
C’est seulement en tant qu’il découle
d’un problème qu’un concept apparaît.
Conation Mais du problème au concept que
La conation, voisine de la motivation, d’hypothétiques, mais positifs, chemins à
décrit le choix et l’orientation des con- parcourir ! Sans compter la difficulté de
duites, c’est-à-dire des activités le formaliser, ce problème. (L.S.
Vyfinalisées et organisées (dont, par excel- gotsky)
lence la formation fait partie). (M.
Reuchlin) La création de concepts fait appel en
elle-même à une forme future ; elle
apConcentration pelle une nouvelle terre et un peuple qui
La concentration consiste à regrouper les n’existe pas encore. (J.F. Petit)
ressources d’une entreprise en un même
endroit afin d’en contrôler le bon emploi. Les concepts se baladent souvent
clan(B. Lussato) destinement. Mais il suffit de vérifier
l’usage que l’on en fait. (E. Morin)
Dans un système de concentration
administrative des pouvoirs, seul l’organe Conception
situé au sommet de la hiérarchie, essen- La conception, prise dans un sens
tiellement le chef de l’exécutif et les d’improvisation, est plus émergente, plus
132 continue, plus surprenante, plus difficile Conceptualiser
à maîtriser et plus liée à ce à quoi Le philosophe aide le spécialiste à mieux
s’attache les individus que l’architecture conceptualiser, à mieux structurer ses
arformelle. (K. Weick) guments. (P. Ricœur)

La conception de l’homo oeconomicus Concitoyen
comme agent rationnel dépourvu de di- On est concitoyen de quelqu’un avant de
mensions affectives et morales n’est non l’être d’une ville. La cité est l’ensemble
seulement guère réaliste mais elle n’est des concitoyens. (P. Rambaud)
pas toujours efficace, y compris d’un
point de vue économique. (M.
SaintConcret Upery)
Le concret, c’est l’homme dans le
monde. (J.P. Sartre) Une science de la conception est
possible ; elle prend corps aujourd’hui. (H.
Concurrence Simon)
Il est écris : tu ne convoiteras pas. Mal-
gré cela, la tradition approuve toutes les Une conception, ou une forme de pensée,
formes de concurrence. (A.H. Clough) est plus objective qu’une autre dès lors
qu’elle dépend moins de la
représentaLa concurrence n’est présente que si tion particulière d’un individu et de sa
fleurit l’esprit d’entreprise et le goût position dans le monde ou de ce qui
cad’innover. (O. Gélinier) ractérise la créature particulière qu’il est.
(T. Nagel)
La concurrence est l’adversaire de
l’entreprise qui mobilise le personnel en Conception assistée par ordinateur
lui donnant un objectif commun. Elle (CAO)
dépend du nombre de concurrents, de La C.A.O est utilisée dans le
dévelopleur puissance et de leur diversité, du pement d’un produit ; elle remplace la
taux de croissance de l’industrie, de la façon traditionnelle de développer. (M.
diversité de leur stratégie, des barrières à Porter)
l’entrée comme à la sortie du marché.
(M. Porter) La C.A.O est l’ensemble des activités et
des équipements dans lesquels la
créatiLa concurrence se déroule autant sur la vité est facilitée par l’utilisation de
qualité que sur les prix. (J.F. Roux) matériels (écrans graphiques, tables tra-
çantes,…) reliés à un ordinateur ; elle
En période de concurrence accrue, décharge l’homme de calculs, de dessins
l’entreprise est amenée à créer de nou-volumineux et répétitifs. (De Blasis)
velles structures, à rationaliser
l’utilisation de ses ressources et à baisser
Conception holographique ses coûts. (A. Chandler)
La conception holographique repose sur
la mise en oeuvre de quatre principes re- Tant qu’il ne viole pas les lois, chaque
liés entre eux : apprendre à apprendre, homme est libre de poursuivre à sa façon
variété requise, spécification critique mi- ses propres intérêts et de mettre son
capinimale, redondance des fonctions. (F. tal et ses talents en concurrence avec
Emery)
133 ceux des autres hommes ou des autres Conduite de projet
groupes de personnes. (A. Smith) Une conduite de projet qui intègre tout le
processus de la recherche au
développement et au lancement de nouveaux Condition
produits ou services, est efficace ; c’est Les causes d’un fait représentent
le “system focus”. (M. Iansiti) l’ensemble de toutes ses conditions. (E.
Goblot)
Confession
Il n’existe pas au monde une institution Conditions de travail
basée sur une connaissance psychologi-Les conditions de travail dépendent de
que plus profonde de l’homme que la quatre paramètres : l’aménagement du
confession. (F. Champion) temps de travail, l’ergonomie,
l’organisation du travail (rotations,
enrichissement des tâches, …), la sécurité. Confessionnalisation
(B. France Lanord) La confessionnalisation désigne la
transformation d’une identité traditionnelle à
la fois englobante et ethnico-religieuse. Condominium
(F. Champion) La concentration de matière grise –
permanente ou momentanée – engendre le
phénomène de condominium : la concen- Confiance
tration en un lieu de vie de personnes La confiance ne peut naître que lorsque
ayant un projet commun ou un hobby les individus ont un intérêt profond et
inprofessionnel, ou non professionnel, tense l’un pour l’autre. Ils doivent être en
commun. (D. Ettighoffer) mesure de distinguer leurs qualités
réciproques. (M. Pogacnik)
Conduite
La confiance qu’un individu peut inspi-Les conduites des gens sont déterminées
rer est fondée sur un équilibre entre par des systèmes de valeurs. (L.
Boltansl’audace, la compétence et l’intégrité. ki)
(M. Crozier, H. Sérieyx)
Une conduite humaine ne se comprend
Ayez confiance en vous. Chaque cœur que par sa signification et par sa place
connaît cette vibration d’airain. (R.W. dans l’ensemble des conduites. Elle doit
Emerson) être vue avec les groupes humains dont
elle traduit les besoins, les habitudes, les
Tous les hommes sont capables de se innovations et les normes. (I. Meyerson)
prendre en main, de faire preuve
d’imagination et d’esprit d’entreprise à Toutes nos conduites peuvent être
consicondition qu’on leur fasse confiance. (M. dérées comme des mécanismes de
Yunus) défense. (D. Widlöcher)

Sans la confiance des hommes, les uns La conduite a pour mobile la vie la plus
envers les autres, la société toute entière intense, la plus large, la plus variée. (H.
se disloquerait. (G. Simmel) Spencer)

La confiance en soi, que l’on peut
assimiler à une composante de l’estime de
134 soi, désigne le sentiment subjectif d’être fie la fin d’une relation : la fin du
nonou non capable de réussir ce qu’on en- dit, la fin de l’implicite. (P. Baumard)
treprend. (C. André)
Le conflit entre gestion du social et de
Une entreprise sans confiance est plus l’économique n’existe que si on réduit le
qu’une anomalie, c’est une antinomie, social à un coût supplémentaire et on ne
une sombre créature kafkaïenne. C’est la pense l’efficacité qu’en terme de gains
confiance qui fait vendre et la maintient de productivité à court terme. (R.
Beauen vie, qui lui garantit son intégrité. (W. jolin)
Bennis)
Le conflit est une relation entre deux
acLa vie économique dépend des liens mo- teurs (protagonistes) dans laquelle l’un
raux de la confiance sociale. C’est le lien d’entre eux (l’agresseur) prend
tacite et informel qui existe entre les ci- l’initiative de rompre un certain équilibre
toyens et rend les transactions possibles, sociodynamique. Le grand problème de
permet la créativité individuelle et justi- la gestion d’un conflit est à l’évidence : à
fie l’action collective. (J.G. Bruhn) quel moment négocier ? (J.C. Fauvet)

Un conflit peut résulter de la confronta-Configuration
tion des stratégies antagonistes entre Les membres d’une société,
interdépenacteurs et se présenter sous la forme de dants, forment une configuration qui, à
l’éclatement d’une tension entre deux son tour, façonne également leur façon
tendances. (M. Godet) de vivre. (N. Élias)

Un conflit survient chaque fois que les J’aime énormément la configuration de
intérêts entrent en collision. Et, on con-mon pays. (P. Cézanne)
sidère le conflit comme un état
malheureux qui, dans des conditions fa-Nous pensons par configuration
synthévorables, disparaîtrait. (G. Morgan) tique, non pas en termes logiques, et
c’est pour cette raison qu’il se peut que
Un conflit ouvert est tout de même une notre pensée aille toujours plus loin que
sommation de faire se rencontrer les des relations syntaxiques, mécaniques.
points de vue, et finalement, une obliga-(G.M. Edelman)
tion de trouver une solution. (J.D.
Raynaud)
Confins
Le vivant conscient, l’être parlant con- Dans l’histoire de l’humanité aucun
connaît les confins entre lesquels il se situe. flit n’a été pérenne. On ne doit pas
Les confins vie / mort reviennent sans laisser démissionner la paix, quand il y a
cesse, le battement de la différence : ai- la guerre. (E. Chouraki)
mer / ne pas aimer, avoir / ne pas avoir.
L’existence aux confins est un mode de Le conflit contribue à empêcher le
systransition. (M. Deguy) tème d’étouffer dans la routine mortelle
de l’accoutumance et permet aussi
Conflit l’esprit de créativité. (A. de Tocqueville)
Le conflit, qui ne saurait se résoudre à
une simple confrontation explicite, signi- Résoudre un conflit, ce n’est pas
forcément dire qu’il y a une rationalité à ce
135 conflit. C’est peut-être dire que certains Le conformisme peut être utilitaire (se
ont raison et que d’autres ont tort. (J. conformer par complaisance, sans
atteinRoman) dre les croyances), identificateur (se
conformer par identification, par
accepLe conflit semble l’unique recours pour tabilité sociale), intériorisateur (se
rappeler que la société est une et qu’il conformer par intériorisation, en
adhén’y a pas de démocratie sans « égale di- rant de son plein gré). (H.C. Kelman)
gnité » de ses membres. (J. Donzelot)
Le conformisme est le recours pour celui
Le conflit constitue et organise l’acteur. qui ne peut affronter la tâche de redéfinir flit fait surgir l’adversaire, forme lui-même ses rapports avec une société
la conscience des acteurs en présence. qui voile les traits de son visage tout en
(A. Touraine) imposant sa massive présence. (F. Du-
mond)
Le conflit avec d’autres groupes
contribue à l’établissement et à la Confort
réaffirmation de l’identité du groupe et Le confort concerne tout ce qui concerne
maintient ses limites par rapport au mi- le bien-être matériel, contrepartie
posilieu social qui l’entoure. (L.A. Coser) tive venant profondément ancrer la
légitimité de l’idée de progrès technique
Conflit social puisque c’est lui le vecteur de
dévelopLe conflit social n’apparaît que si le pement du confort. (Y. Pesqueux)
thème du pouvoir est introduit. (A.
Touraine) Confusion
Le ton un peu péjoratif de la notion de
Les conflits sociaux sont structurés par ‘confusion’ peut être éliminé sans
inl’affirmation de la diversité de la société convénient en la remplaçant par celle de
civile et par la volonté de cette dernière ‘flou sémantique’. (P. Delattre)
de participer plus directement au proces-
sus de décision et de changement. (F. La confusion est un ensemble de
brouilRoyall) lages de la communication et de
distorsions corollaires qui se produisent
Conformisme involontairement. (P. Watzlawick)
Le conformisme est la condition générale
de l’opinion. En cherchant à être reconnu Conglomérat
comme une personne, l’individu est con- Un conglomérat est un ensemble
duit à être une personne comme tout le d’entreprises ou de divisions où chacune
monde. (J. Stoetzel) est indépendante (produit, marché, tech-
nologie) avec un siège relativement
Le principal risque des grands projets étoffé. (B. France Lanord)
n’est pas l’aventure mais le
conformisme. (D. Alet, J. Roux)
Conjecture
Il n’est de pire état que celui dans lequel Le conformisme commence à la
définise trouve l’homme qui se morfond en tion. (G. Braque)
conjectures sur ce que pense son voisin.
(M.A. Fontagné)
136 L’information ne devient connaissance
La connaissance progresse grâce à des que chez le ‘récepteur’ car il l’interprète.
anticipations non justifiées ; elle forme (J. Bronowski)
des conjectures qui sont soumises à une
critique déterminante nous faisant com- La connaissance classe nécessairement
prendre nos erreurs. (K. Popper) ses différents actes, mieux, la
classification est sa vie même.
Toute connaissance est une réponse à Connaissance
une question. (G. Bachelard) Aucun homme ne peut rien vous révéler
sinon ce qui repose déjà dans l’aube de
La connaissance est très compartimentée. votre connaissance. (Khalil Gibran)
(D. Sharp)
Transformer les informations en
conLa connaissance détenue par une entre-naissance exige un travail de sélection,
prise est un élément majeur de son de construction et d’organisation. (E.
avantage concurrentiel ; cette constata-Préteceille)
tion d’évidence a été retenue depuis
longtemps dans les modèles de diagnos-La connaissance n’est pas une copie
fitic stratégique. (R. Reix) gurative de la réalité. Elle constitue un
processus opératif aboutissant à
transCe n’est pas la connaissance qui est dan-former le réel en action ou en pensée, à
gereuse, c’est l’ignorance. (F. Jacob) agir sur les objets pour les transformer.
C’est la création du capital-savoir. (J.
Quelle est la connaissance que nous per-Piajet, J. De Rosnay)
dons dans l’information et quelle est la
sagesse que nous perdons dans la con-La génération de la connaissance par les
naissance ? (T.S. Eliot) groupes ne doit pas se faire au détriment
de la génération individuelle de la
conL’universalité de la connaissance exige-naissance. La génération des
rait de l’historien et de l’histoire une connaissances collectives ne doit pas
désindividualisation, la présence de la pousser à la déshumanisation de
vérité – acquis commun – dans la cons-l’apprentissage individuel. (P. Baumard)
cience de l’historien, interprète de tous.
(R. Aron) La connaissance qui peut être exprimée
en mots et en nombre représente
seuleLa connaissance doit être mise au service ment le sommet de l’iceberg du corps
de la personne (et non l’inverse) et doit entier de la connaissance. (I. Nonaka)
lui permettre de choisir librement,
d’envisager les possibles et, si elle le La connaissance absolue n’existe pas.
souhaite de refuser, car il n’y a pas de Toute information est imparfaite. Nous
choix sans possibilité de refuser. (J.C. devons la traiter avec humilité. La
conAmeisen) naissance et l’information ont remplacé
l’argent en tant que source fondamentale
Si l’information fait référence à un en-de pouvoir. (A. J. Rowe)
semble fermé, objectif, de données
relatives aux conséquences des
événements possibles, la connaissance
représente au contraire un ensemble
ou137 vert, subjectif, résultant de Connaître est l’opération par la quelle
l’interprétation de l’information par les l’esprit saisit directement quelque chose ;
individus, en fonction de leurs modèles connaître désigne un genre dont les
escognitifs. (M. Jensen) pèces sont : constater, comprendre,
percevoir, concevoir. (A. Lalande)
La connaissance et l’action résultent
d’un va-et-vient entre, d’une part, la ma- Connectique
térialité des faits et, d’autre part, Le monde connectique et connexionniste
l’abstraction de la pensée. (A. Comte) semble être un eldorado. Mais ce monde
riche repose sur une masse considérable
Il y a dans toute connaissance expéri- de travail gratuit, d’absence de statut, de
mentale trois phases : observation faite, protection, de formes nouvelles de
prescomparaison établie et jugement motivé. sion au travail, à la performance. (L.
(C. Bernard) Boltanski)
Connaissances Connivence
Les philosophes grecs distinguaient qua- Dans un discours, par la connivence, le
tre formes de connaissances : l’épistème locuteur utilise un vocabulaire qui le
fe(généralisation abstraite), la techne (être rait classer comme d’un groupe si les
capable d’accomplir une tâche), la phro- destinataires ne savaient eux-mêmes
nesis (la sagesse pratique de la pratique qu’il n’est pas de ce groupe. (J.B.
Marsociale), la mètis (l’intelligence conjectu- cellesi)
rale). (J.C. Spender)

Conscience Les connaissances sont un amalgame
La conscience est la faculté de faire structuré d’informations. (B. France
Lal’expérience du réel, de prendre connais-nord)
sance du monde qui nous entoure et de
notre monde intérieur. (F. Kofman) Nous pouvons ajouter à nos connaissan-
ces nous ne pouvons rien en retrancher.
Ce n’est pas la conscience des hommes (A. Koestler)
qui détermine leur être, c’est inverse-
ment leur être social qui détermine leur Les connaissances que l’on acquiert sans
conscience. (K. Marx) une structure adéquate pour les relier les
unes aux autres sont des connaissances
La conscience est intégration de la per-vouées à l’oubli. (J. Bruner)
sonne dans le savoir, ou, pour mieux
dire, la mise en relation de la personne,
Connaître d’abord avec les valeurs absolues, vérité,
Connaître, c’est élever les choses jus- beauté, d’autre part avec l’expression du
qu’au mystère. (L. Pauwels) monde extérieur, éclairé ou non par la
science. (G. Lanza Del Vasto)
Connaître, c’est devenir ; devenir le non
moi, mais connaître consiste aussi à de- Les consciences se mondialisent. (J.
Zievenir essentiellement l’autre en tant gler)
qu’autre. (J. Maritain)
La conscience est une propriété de
l’esprit, influencée par la société. Elle est
138 essentiellement un phénomène biologi- leur formation et leur domaine. (H.
que, un produit de l’évolution du vivant. Taine)
(J.R. Searle)
Si le sujet est une personne humaine,
Le niveau le plus élevé de conscience alors c’est notre conscience qui définit
(ou conscience étendue) rajoute au sen- notre existence. (J.C. Ameisen)
timent de soi, et de se regarder agir, la
mémoire du passé et l’anticipation du fu- Le fait de conscience a, comme tout
autur. On ne peut rendre compte de la tre phénomène, une durée précise,
conscience en l’isolant des émotions et variable, mesurable, mais n’a pas une
des sentiments, et de son inscription cor- durée absolue. Cette durée varie suivant
porelle. (A. Damasio) des conditions extérieures (nature et or-
dre des excitations), intérieures (degré
L’approfondissement du monde extérieur d’attention), et de nature mixte (exercice,
conduit à la conclusion que le contenu de habitude). (T. Ribot)
la conscience est la réalité ultime. (E.
Wigner) Il n’existe pas des idées ou des émotions
à la façon dont on dit qu’il existe des
La conscience n’est pas un objet physi- pierres ou de l’eau : ce que révèle ma
que. Elle n’a pas à être soumise aux lois conscience, c’est mes idées, ce que vous
de la physique. (H. Zwirn) révèle la vôtre, c’est vos émotions. Pas
un fait de conscience qui ne puisse
Si la conscience est un système de régu- s’exprimer par un verbe personnel (je
lation en fonctionnement, l’homme n’a pense, je souffre). (E. Baudin)
alors plus rien à faire de « l’esprit ». (J.P.
Changeux) Les scientifiques devraient créer une
science de la conscience où la
subjectiviIl a été amplement démontré par la té n’est ni réduite, ni occultée, mais
science que la conscience, l’idéation centrale. (F. Varela)
pure, est active dans des régions déter-
minées du cortex cérébral. (J. Eccles) Nous entrons dans un nouvel âge, l’âge
de la conscience, qui sera caractérisé par
La conscience subjective et les processus le développement de nos facultés supra
neuronaux sont phénoménologiquement normales. Le moment est venu
indépendants ; mais la conscience ne d’actualiser notre potentiel
parapsychopeut exister sans les processus du cer- logique. (M. Murphy)
veau qui lui donnent naissance. (B.
Libet) La conscience est un simple accident de
la représentation, et non son attribut
esJ’ai suivi l’évolution de la conscience, sa sentiel, et ce que nous appelons
marche progressive, depuis la première conscience, loin de constituer notre
opposition immédiate entre elle est monde intérieur, ne représente qu’un cas
l’objet, jusqu’au savoir absolu. (F. He- particulier, peut-être maladif. (F.
Nietzgel) sche)

La conscience est l’aboutissement d’une Quand je vois une chaise, la chaise n’est
hiérarchie de centre de sensations et pas dans la conscience. Pas même en
d’impulsions ayant chacun leur initiative, image. Il s’agit d’un certain type de
139 conscience, c’est-à-dire une organisation Le nouveau conseil sera au conseil
tradisynthétique se rapportant directement à tionnel (étude, diagnostic,
la chaise existante. (J.P. Sartre) recommandations) ce que la psychana-
lyse est à la médecine. Il fait parler plutôt
Conscience, conscience ! Instinct divin, qu’il ne prescrit. (M. Godet)
juge infaillible du bien et du mal. (J.J.
Rousseau) Le conseil ne doit pas se mettre à la
place des entreprises, ni chercher à créer
La conscience est de part en part trans- le choc du diagnostic préalable, mais
facendance, non pas transcendance subie ciliter le dialogue dans l’entreprise ;
mais transcendance active. (M. Merleau- l’aider à affronter les difficultés. (J.P.
Ponty) Plas)

La conscience va et ne cesse d’avancer. Il y a le conseil de contenu qui apporte
Autrement dit, quand on s’observe de des expertises et le conseil de processus
l’extérieur de soi, on constate qu’une qui apporte méthodologies et
changemultitude d’états de soi se succèdent ment. (M. Cremadez)
constamment. (W. James)
La différenciation entre les conseils en
information s’établit aussi sur leur capa-Conscience (de soi)
cité à offrir des réponses globales au Une conscience de soi n’est pas une
besoin d’optimisation du capital substance : c’est seulement la
manifestad’information des entreprises. (F. Lo-tion ou l’action d’une substance, qu’elle
rentz) soit âme ou cerveau. (S. Chauvier)

Il n’existe aucun problème humain qui La conscience de soi n’est pas essentielle
ne puisse être résolu en suivant mes con-et primitive. Elle est un produit déjà très
seils. (G. Vidal) différencié de l’action psychique. (H.
Wallon)
Conseiller
Le conseiller externe, neutre, qui anime Conscience collective
sans participer aux décisions, atténue les La conscience collective émerge de la
différences entre les hommes d’une en-communication simultanée des cerveaux
treprise qui ont des concepts, des des hommes. (J. De Rosnay)
langages, une culture, des expériences
aussi différentes. (B. Lussato) L’ensemble des croyances et des senti-
ments communs à la moyenne des
Le conseiller est libéré de tout comman-membres d’une même société forme un
dement pour prévoir et organiser les système déterminé qui a sa vie propre.
activités. (G. Morgan) On l’appelle conscience collective ou
commune. (E. Durkheim)
Consensus
L’absence de consensus est dangereuse ; Conseil
c’est une mauvaise condition écologique On ne demande conseil que pour
appour l’entreprise. (B. Lussato) puyer ses convictions. (W. Osler)

140 Le consensus ne peut être obtenu si on se Le consommateur n’est pas un demeuré ;
contente de consulter puis de formuler ce peut être votre femme. (D. Oglivy)
ensuite une solution venue du haut, éta-
blie en fonction d’un hypothétique Le consommateur ne saurait être
identiintérêt général. Il doit se construire à par- fié d’après les produits qu’il assimile :
tir de discussions à tous les niveaux de entre lui (qui s’en sert) et ces produits
responsabilité. (M. Crozier) (indices de l’ordre qui lui est imposé), à
l’écart de l’usage qu’il en fait. (M. de
Certeau) Conservation
Les milieux patronaux conservent des
Le consommateur candidat à trésors de guerre (stock, trésorerie,
capal’abondance, doit orienter sa consomma-cités de production) ; mais ils associent
tion vers les biens que l’économie lui rarement cette nécessité à celle de
flexioffre à coût décroissant. (J.M. Albertine) bilité et de masse de manœuvre. (B.
Lussato)
Il existe plusieurs types de
consommateurs : les dépensiers, avec les épicuriens
Considération hédonistes et les emprunteurs fragilisés,
Les gens ont soif de considération bien et les économes, avec les accumulateurs
plus que de mérite. (H. Bazin) épargnants et les modestes pressurisés.
(C. Roland-Lévy)
Consociation
Des systèmes de représentation politi- La mauvaise utilisation du chariot et la
ques marchent par consociation, c’est-à- mauvaise publicité télévisuelle ont
décédire par accord au sommet, pour éviter rébré le consommateur culinaire. (P.
les conflits à la base. La répartition Légasse)
s’opère selon des clivages culturels, lin-
guistiques ou idéologiques. (A. Le consommateur n’est pas un être
huPizzorno) main, mais un ensemble de préférences
cohérentes. (R.H. Coase)
Consociativisme
Le consommateur est l’homme dont le Le consociativisme désigne un système
but principal n’est pas initialement de de représentation politique permanent,
posséder des choses, mais de consommer qui assure la représentation des diverses
de plus en plus, et de compenser ainsi communautés composant la nation. (A.
son vide intérieur, sa passivité, sa soli-Lijphart)
tude et son anxiété. (E. Fromm)
Consommateur
Consommation Les consommateurs agissent de façon à
La consommation d’un individu à un obtenir le maximum de satisfaction.
moment donné ne dépend pas unique-(W.S. Jevons)
ment de ses revenus antérieurs (épargne)
mais aussi des revenus futurs qu’il anti-On ne peut atteindre la richesse qu’en
cipe (crédit). (M. Friedman) servant le consommateur – en servant ses
désirs au mieux et à moindre prix. (L.
La consommation relève de l’obligation von Mises)
(peu contributeur au bonheur personnel)
141 et du désir (fortement nécessaire au consommation aussi serait déterminée
mode de vie). (M. Burke) par l’étendue de sa production. (L. Wa-
lras)
La consommation devrait s’offrir une
nouvelle conduite. La préoccupation éco- Consommer
logique devient l’enjeu majeur de notre Consommer est devenu un acte civique.
vie quotidienne. Prévoyant de notre envi- Consommez n’importe quoi, pourvu que
ronnement, les grandes campagnes ne cela apparaisse dans les statistiques
offiseront plus ‘Omo lave plus blanc que cielles. (D. Méda)
blanc’ mais ‘Lessivons le monde’. (J.
Séguéla) Consommer, c’est en finir. La consom-
mation est un aboutissement, un
La consommation ostentatoire est un achèvement et, partant, un terme. (É.
mécanisme de domination sociale. (T. Cobast)
Veblen)

Constance Dans la consommation, ce n’est pas
La constance est une alternative à la vo-l’objet produit puis acheté qui disparaît
lonté. (P. Presles) mais son usage. (R. Rochefort)

Constitution Avec le nouvel âge de la consommation,
C’est un grand vice dans toute constitu-plus émotionnelle que statutaire, dans
tion, de ne laisser d’alternative aux une société où prolifèrent les
consommahommes puissants, entre leur puissance tions esthétiques, nous recherchons les
et l’échafaud. (B. Constant) expériences hédonistes et sensibles que
l’art, notamment, est capable de fournir.
Une constitution enclenche les premiers (G. Lipovetsky)
pas d’une démarche progressive vers la
démocratie. (N. Hajime) La consommation n’est pas une destruc-
tion de matière mais une destruction
La constitution républicaine est la seule d’utilité. (J.B. Say)
qui soit pleinement conforme aux droits
de l’homme. Mais elle est si difficile à La consommation est le seul et unique
établir et à conserver, qu’il faudrait pour objet de la production, et on ne doit tenir
l’adopter non pas un peuple d’hommes compte des intérêts du producteur que
mais un peuple d’anges. (E. Kant) dans la mesure où il est nécessaire de fa-
voriser les intérêts du consommateur. (A.
Toute constitution d’un État a son fon-Smith)
dement dans un développement graduel
des rapports sociaux et des institutions ; C’est la consommation qui limite la
proelle est en partie le produit de la nature, duction et non la production qui limite la
en partie le produit du discernement et de consommation. (J. Hobson)
la volonté humaine. (A. Rehberg)
Si chacun d’entre nous produisait tout ce
La seule constitution durable est celle qu’il consomme et ne consommait que
qui s’appuie sur les forces temporelles et ce qu’il produit, non seulement sa
conspirituelles, dont l’influence est devenue sommation serait réglée en fonction de
prépondérante, et dont, en même temps, ses besoins de consommation, mais sa
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