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Emploi, ne pas renoncer

De
148 pages
Sept millions de chômeurs, à peine 60% de la population active a un travail, telle est la réalité de l'emploi en France. Pourtant, la politique suit obstinément les mêmes méthodes depuis 40 ans. Concevoir la vie professionnelle de façon moins linéaire, définir un nouveau pacte intergénérationnel, simplifier notre fiscalité, faire naître une entreprise qui soit génératrice de richesse et acteur social, repenser l'école. Une nouvelle organisation économique et sociale est une obligation.
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Questions contemporaines Emploi, Eric Lafond et Vincent Beley
nE pas r EnoncErQ
Questions contemporaines
Emploi,
7 millions de chômeurs, à peine 60 % de la population en âge de
travailler qui contribuent à la richesse collective, telle est la réalité nE pas r EnoncErde l’emploi en France. QCette réalité est méconnue, quand elle n’est pas dissimulée.
Pourtant, la politique de l’emploi suit obstinément les mêmes
Préface d’ Hervé Sérieyxméthodes depuis 40 ans. Accompagner les demandeurs d’emploi,
baisser le coût du travail, améliorer l’employabilité, aucune des trois
orientations ne présente un résultat satisfaisant.
Reconnaître l’échec est diffcile, mais il permet un nouveau
diagnostic. De celui-ci émergent des idées neuves.
Nous pouvons concevoir notre vie professionnelle de façon
moins linéaire et défnir un nouveau pacte intergénérationnel. Nous
devons « décomplexifer » notre fscalité, notre réglementation
administrative, sociale qui n’est plus ni effcace, ni protectrice. Nous
pouvons faire naître une nouvelle entreprise, à la fois génératrice
de richesses et acteur social. Nous pouvons enfn repenser l’école
et donner à nos enfants les moyens de se projeter sans peur dans
un monde complexe et sans certitude.
Une nouvelle organisation économique et sociale est possible,
avec un humanisme aussi exigeant que celui imaginé après guerre.
C’est une obligation pour notre génération.
Eric Lafond, 39 ans, est docteur en droit, directeur d’un club
d’entreprises, fondateur de l’université populaire d’économie et élu à
Lyon.
Vincent Beley, 39 ans, est diplômé de l’IEP de Lyon et de la Faculté Questions contemporaines
de sciences économiques et travaille dans le domaine de l’emploi et de
la formation à Lyon.
ISBN : 978-2-336-00824-0
9 782336 00824014,50 €
Eric Lafond et Vincent Beley
Emploi, n E pas r EnoncEr








EMPLOI,
NE PAS RENONCER


Questions contemporaines
Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland
et Jean-Paul Chagnollaud

Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions
contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes
à appréhender. Le pari de la collection « Questions contempo-
raines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous
ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser
autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles
pistes à la réflexion collective.

Dernières parutions

Geneviève GUILPAIN, Les célibataires, des femmes singulières.
e eLe célibat féminin en France (XVII -XXI siècle), 2012.
François DI SALVO, La Grèce à l’heure du décrochage
européen, 2012.
Grégory CARTEAUX, Eva Joly et les affaires financières.
Analyse du discours télévisuel, 2012.
Alain CHEVARIN, Fascinant/Fascisant. Une esthétique
d’extrême droite, 2012.
Marcelo BIDINOST, La ville comme paysage du sentiment, Le
e esentiment urbain à Buenos Aires aux XIX et XX siècles, 2012.
Gérard SAINSAULIEU, Les trottoirs de la liberté. Les rues,
espace de la République, 2012.
Jean-Christophe TORRES, Les enseignants. Quelle
reconnaissance pour un métier en crise ?, 2012.
Gérard LEFEBVRE, Les chemins du silence, 2012.
Hubert LEVY-LAMBERT et Laurent DANIEL (dir), Les douze
travaux d’Hercule du nouveau Président, 2012.
Tony FERRI, Qu’est-ce que punir ? Du châtiment à
l’hypersurveillance, 2012.
Abou-Bakr Abelard MASHIMANGO, La dimension sacrificielle
de la guerre. Essai sur la martyrologie politique, 2012.
Jordane ARLETTAZ, Séverine NICOT (dir.), Le cadre juridique
de la campagne présidentielle, 2012.

Eric Lafond et Vincent Beley










EMPLOI,
NE PAS RENONCER



Préface d’Hervé Sérieyx


















































































Du même auteur

Eric Lafond et Guillaume Hublot, 11 septembre 2001, un tournant
pour la politique étrangère occidentale ?, L’Harmattan, 2002.




































































© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-336-00824-0
EAN : 9782336008240
Préface

Les politiques publiques de l’emploi : en attendant Godot
1 Par Hervé Sérieyx

C’est un livre coup de poing. Tout citoyen soucieux de l’avenir
du pays ne pourra plus arrêter sa lecture dès lors qu’il l’aura
commencée. Avec rigueur, calme et précision, les deux auteurs
démontrent que le vrai cancer de notre société, c’est moins ce
chômage qui n’en finit plus de croître que la cécité des
politiques publiques qui prétendent le combattre et dont on
refuse depuis quarante ans de reconnaître la stérilité.

Si nous continuons à faire ce que nous avons toujours fait, nous
continuerons à avoir ce que nous avons toujours eu ! Les
dispositifs divers, successifs, bigarrés, segmentés, d’accompa-
gnement vers l’emploi, d’allègement des charges sociales, de
développement de l’employabilité se sont multipliés depuis
quatre décennies sans pouvoir endiguer ce mascaret, cette
catastrophe qui place, en France, un nombre croissant de
personnes à l’écart du marché du travail. Et pourtant une sorte
de consensus stupide, borné, affolé semble unir acteurs
politiques, sociaux, économiques – patronaux et syndicaux -
pour reproduire sans fin des approches qui ont montré leur
inefficacité.

Il y a deux causes principales à cet aveuglement qui risque de
mettre définitivement en péril notre modèle social. D’abord,
nous nous mentons : des chiffres inexacts pour nous dissimuler
le caractère dramatique de la situation, des fariboles sur le
niveau de qualification de la population ou de la productivité
française, le déni face aux faiblesses de notre système éducatif
et à nos politiques d’orientation. Il y a surtout cette attente

1 Dirigeant de grandes entreprises (Lesieur, Quaternaire), aujourd’hui retraité,
Hervé Sérieyx est l’auteur de nombreux ouvrages économiques de référence,
dont L’Entreprise du 3e type en 1984 (Ed. le Seuil). Il fut aussi délégué
interministériel à l’insertion des jeunes de 1997 à 1998, puis membre du
Conseil économique et social de 2004 à 2005.
7passive d’un retour magique de la croissance : un jour la crise
va finir et règlera le problème du chômage ; donc, attendons
Godot.

Ce mot de crise qui revient sans cesse dans nos conversations et
nos analyses depuis plus de trente ans est parfaitement pervers :
il entretient en nous l’idée que nous vivons en ce moment un
simple accident de l’histoire, une panne circonstancielle bien
désagréable mais qui, un jour ou l’autre, ne sera plus qu’un
mauvais souvenir, avec le retour au statu quo ante. Il suffirait
donc de serrer les dents (et les boulons), le temps de laisser
passer la tempête, en essayant de protéger au mieux, à
l’identique, notre modèle social, nos institutions, nos pratiques
politiques, administratives, organisationnelles, managériales, le
fonctionnement de notre marché du travail, nos modes de
négociations…, bref, toutes nos habitudes d’hier, nos acquis
d’hier, nos conquêtes d’hier.

Mais on peut faire l’hypothèse que la crise est finie et que,
dorénavant, nous vivrons durablement, dans un environnement
où les ouragans inattendus et les évolutions imprévisibles,
heureuses ou malheureuses, deviendront la norme, une norme
dont il nous faudra nous accommoder. Quand la crise
permanente devient la norme, il n’y a plus de crise mais un
nouvel état du monde qui nous oblige à remettre en cause les
façons dont nous défendions nos ambitions collectives dans le
monde d’avant.

L’économiste Daniel Cohen laisse entrevoir, dans son dernier
2ouvrage , ce monde nouveau, encore en gésine, suscité par la
conjonction d’une compétition mondialisée, du surgissement de
considérables acteurs émergents, de la financiarisation du
capitalisme, des métissages multiples de cultures, des mutations
relationnelles engendrées par les nombreuses révolutions des
TIC et de la multiplication des « périls flous » ; un monde où
nous allons devoir ré inventer nos conduites, nos modes

2 Homo economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux, Daniel Cohen,
Albin Michel, 2012.
8d’action et de réaction, nos choix individuels et nos fonctionne-
ments collectifs.

Eric Lafond et Vincent Beley pourraient faire leur cette phrase
du philosophe Pierre Caillé « Nous continuons à rechercher les
dépanneurs de la planète Alpha alors que nous sommes sur la
planète Beta ». Après avoir dégonflé, chiffres en main, ces
politiques publiques de l’emploi qui ne marchent pas, car
conçues pour un monde qui n’existe plus, les auteurs ne
renoncent pas : ils proposent un regard nouveau, des voies
audacieuses, des approches expérimentales, des politiques
publiques pour « l’emploi sur la planète Beta », celle où, doré-
navant, nous allons vivre.

Par les temps gris d’aujourd’hui, il n’est pas fréquent de lire un
ouvrage aussi confrontant, passionnant, rafraîchissant et nova-
teur. Il ne se contente pas de mettre en cause de pernicieuses
idées reçues : il en prouve les dangers ; mais surtout, il ouvre
des chemins novateurs et crédibles. L’emploi est au cœur de
notre modèle social : souhaitons que ce livre qui lui donne un
autre et riche avenir soit lu par un maximum de responsables
politiques économiques et sociaux.

9

Emploi, ne pas renoncer !



« Quand les gouvernements et les spécialistes
sont incapables de prévoir l’évolution économique
des douze prochains mois, est-il concevable d’anticiper
e 3ce qui va se passer au cours du XXI siècle ? »

3 SAINT-ETIENNE (Christian), Guerre et paix au XXIè siècle, François
Bourin Editeur, Paris, 2010, 183 p.
Propos introductifs


Les politiques publiques de l’emploi sont nées de l’apparition
d’un chômage massif dans les années 1970.

Pendant près de quarante ans elles se sont définies comme des
initiatives visant à réparer les déséquilibres du marché de
l’emploi. On trouve le plus souvent les mêmes méthodes:
alléger les coûts du travail supposés constituer un frein à
l’embauche, créer des emplois hors marché, accompagner les
demandeurs d’emploi ou améliorer leur employabilité. A
travers ces méthodes, c’est le rôle de l’État dans le marché du
travail qui est dessiné. Dès lors que ce dernier est déséquilibré,
il appartient à la puissance publique de mettre en œuvre les
actions nécessaires, sur le plan juridique ou financier, pour le
ramener à l’équilibre. Schématiquement ces actions peuvent
conduire à augmenter l’offre d’emploi, diminuer la demande
(nombre de demandeurs d’emploi) ou organiser le « stock » de
ces derniers dans l’attente d’un rééquilibrage naturel.

Les commentateurs ont commencé à parler de chômage de
masse lorsque le nombre de demandeurs d’emploi atteignit le
4chiffre de 1 million . Aujourd’hui, les demandeurs d’emploi
sont officiellement près de 5 millions, toutes catégories
confondues. Ce seul chiffre atteste, a minima, de la nécessité
d’une remise en question de ce qui a été développé depuis
quarante ans.

Quarante ans de politiques publiques de l’emploi, ce sont deux
générations à qui le concept de « crise » est tellement familier
qu’il en a perdu sa signification première, c'est-à-dire courte,
passagère. Le fait qu’une partie significative de la population
active ne soit pas en mesure de travailler, de contribuer à la
richesse collective, est une donnée essentielle du modèle
économique et social français aujourd’hui. Cette réalité devrait

4 Janvier 1976
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