Profils et pratiques d'entrepreneurs camerounais

De
Publié par

Cet ouvrage présente des monographies d'entreprises effectuées au Cameroun, dans le but de mieux connaître l'organisation et le fonctionnement des PME. Il est le résultat d'une étude de terrain menée auprès des différents acteurs impliqués dans la création et la gestion des entreprises. Les différentes expériences entrepreneuriales camerounaises présentées dans cet ouvrage invitent à relativiser ces images et à penser qu'un tel diagnostic peut et doit être revisité. L'ouvrage propose également un cadre de modélisation de l'évolution de la PME camerounaise.
Publié le : vendredi 1 mai 2015
Lecture(s) : 38
EAN13 : 9782336379500
Nombre de pages : 248
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

DDiivveerrssiittéé ccuullttuurreellllee Diversité culturelle
et e deet ddyynnaammiiqquue dess et dynamique des
oorrggaanniissaattiioonnss rganisationo s
Emmanuel Kamdem Emmanuel Kamdem Emmanuel Kamdem
PR OFILS ET PRATIQUE S D’EN TRE PR EN EEURS
avec la collaboration de Raphaël Nkakleu avec la collaboration de Raphaël Nkakleu avec la collaboration de Raphaël Nkakleu CAMER OUN AIS E XPÉE RIEN CECE S ET TÉ MOIGN AGE SS

Emmanuel Kamdem avec la collaboration de Raphaël Nkakleu
Cet ouvrage présente des monographies d’entreprises efeffectuées au Cameroun, dans le but de PRPRPROFILS EOFILS EOFILS ET PRT PRT PRATIQUEATIQUEATIQUES DS DS D’E’E’ENNNTRTRTREEEPRPRPREEENNNEEEURURURSSS mieux connaître l’organisation et le fonctionnement des PME. Il est le résultat d’une étude de
terrain menée auprès des dif férents acteurs impliqués dans la création et la gestion des entre
-prises. Lprises. Lprises. L ’analyse’analyse’analyse des monographies est organisée autour de deux axes majeurs : d'une part, CCCAMEAMEAMERRROUNOUNOUNAIS AIS AIS EEE XPXPXP ÉÉÉ R RR IEIEIE N NN C CECEE S S S EEET TÉT TÉT TÉMOIGNMOIGNMOIGNAGEAGEAGESSSl’insc ription des visions et des pratiques entrepreneuriales observées sur le double versant de
l’universalité et de la contingenc e ; d'autre part, l’identification et l’explication des continuités et
des ruptures qu’ elles laissent transparaître.
C CC Dans la littérature dominante actuelle, l’entreprise africaine apparaît généralement à travers travers
MMM plusieurs images fortes : complexité du climat d’investissement et de l’environnement des
Y YY afaffaires ; ; dialogu e de sourds entre les milieux d’af faires et les pouvoirs publics ; faiblesse des
CMCMCM structures d’acco mpagnement entrepreneurial ; double contrainte de l’enracinement socioculturel
MYMYMY et de l’ouverture sur la modernité technologique ; limites des expériences, de la formation, des
CYCYCY compétences techniques et managériales des créateurs d’entreprises ; informalisation croissante
CMY CMYCMY de l’activité écon omique, etc.
K KK
Les différentes expériences entrepreneuriales camerounaises présentées dans cet ouvrage
invitent à relativi ser ces images et à penser qu’un tel diagnostic peut et doit être revisité. LL’ouvrage
propose un cadre propose un cadre propose un cadre d’analyse des pratiques entrepreneuriales et managériales observées en
contexte camero unais ; ainsi qu’un cadre de modélisation de l’évolution de la PME camerounaise.
Emmanuel Kamdem est professeur des Universités au Département de
gestion des ressources humaines de l’ESSEC, Université de Douala où il
coordonne l’équipe de recherche « Centre d'Études et de Recherches
Africaines en Management et Entrepreneuriat » (CÉRAME).
Raphaël Nkakleu est maître de conférences au Département de gestion
des ressources humaines de l’ESSEC, Université de Douala où il est
membre membre membre fondateur fondateur fondateur du « Centre d'Études et de Recherches et de Recherches Africaines en en en
Management et Entrepreneuriat » (CÉRAME).
Avec le soutien de A
ISBN : 978-2-343-03731-8
25,5
Diversité culturelle DDiivveerrssiittéé ccuullttuurreellllee
et dynamique des eett ddyynnaammiiqquuee ddeess
organisations oorrggaanniissaattiioonnss
PR OFILS E T PR ATIQUE SD’E N TR E PR E N E UR S
PRPR OFILS EOFILS E T PRT PR ATIQUEATIQUE SD’ESD’E NN TRTR EE PRPR EE NN EE URUR SS
Emmanuel Kamdem avec la collaboration de Raphaël Nkakleu
Emmanuel Kamdem avec la collaboration de Raphaël Nkakleu
Emmanuel Kamdem avec la collaboration de Raphaël Nkakleu
CAME R OUN AIS EX PÉRIENCES ET TÉMO IG NAG ES
CAMECAME RR OUNOUN AISAIS EXEX PÉRIENCES PÉRIENCES ET ET TÉMOTÉMO IGIG NAGNAG ESESProfils et pratiques d’entrepreneurs
camerounais
Expériences et témoignages Diversité culturelle et dynamique des organisations
Collection fondée et dirigée par
Yih-teen LEE, IESE, Barcelone, Espagne
Cette collection se propose de prendre en compte la notion de culture en
l’abordant au travers d’enjeux liés au comportement humain dans les
organisations et aux pratiques de gestion.
Elle est ouverte à toute problématique abordant les questions de
management, de communication, de médiation, etc., dans les disciplines des sciences
humaines et sociales et des sciences de gestion.
Son but est d’établir des ponts entre des porteurs de cultures différentes tant
au niveau des individus que celui des communautés, tant sur le plan national
qu’international et sociétal. Emmanuel Kamdem
Avec la collaboration de
Raphaël Nkakleu
Profils et pratiques d’entrepreneurs
camerounais
Expériences et témoignages
Diversité culturelle et dynamique des organisations Diversité culturelle et dynamique des organisations


Collection fondée et dirigée par


Yih-teen Lee, IESE, Barcelone, Espagne

Comité scientifique :
Christoph I. Barmeyer
Universität Passau, Allemagne
Vincent Calvez
Groupe ESSCA, Angers, France
Alain Max Guénette
HEG Arc, Neuchâtel, Suisse
Carol Hansen
Georgia State University, États-Unis d’Amérique

Emmanuel Kamdem

ESSEC de Douala, Cameroun
Evalde Mutabazi
EM - Lyon, France
Philippe Pierre
Université Paris IX-Dauphine, France



Graphisme et illustration :
Samantha Guénette et F. Paolo Sciortino

Agence B+
bpositive.pa@gmail.com






© L'HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-03731-8
EAN : 9782343037318 À nos familles.
À nos épouses.
À nos enfants.
À nos petits-enfants. Présentation des auteurs :
Emmanuel KAMDEM est titulaire de l’habilitation à diriger des recherches
(HDR) en sociologie. Il est actuellement professeur des Universités au
Département de gestion des ressources humaines de l’ESSEC, Université de
Douala où il coordonne l’équipe de recherche « Centre d'Études et de
Recherches Africaines en Management et Entrepreneuriat (CÉRAME). Il
coordonne également un Groupe National de travail (GNT) du Conseil pour le
Développement de la Recherche en Sciences Sociales en Afrique
(CODESRIA). Il est Directeur de l’ESSEC de l’Université de Douala, depuis 1999.
Professeur invité et conférencier dans plusieurs institutions universitaires
africaines, françaises et canadiennes, il a déjà publié Management et
interculturalité en Afrique : expérience camerounaise, Paris et Québec,
L’Harmattan et Presses de l’Université Laval, 2002 ; et co-publié (avec
Valentin Nga Ndongo), La sociologie aujourd’hui : une perspective africaine,
Paris, L’Harmattan, 2010 ; (avec Bassirou Tidjani), Gérer les ressources
humaines en Afrique : entre processus sociaux et pratiques
organisationnelles, Caen, Éditions Entreprise et Management, 2010 ; (avec Raphaël
Nkakleu, Maurice Fouda Ongodo, Altante Désirée Biboum et Rose Ikellé),
Pratiques d’accompagnement et performance : très petites et petites entreprises
camerounaises en phase de démarrage, Dakar, Éditions Codesria, 2011. Il est
membre du Cercle de Réflexion Économique du Groupement Inter-Patronal
du Cameroun (CRÉG), principale organisation patronale du Cameroun.
Raphaël NKAKLEU est titulaire de l’agrégation en sciences de gestion. Il
est actuellement maître de conférences au Département de gestion des
ressources humaines de l’ESSEC, Université de Douala où il est membre
fondateur du « Centre d'Études et de Recherches Africaines en Management et
Entrepreneuriat (CÉRAME). Il est également membre du Groupe National
de travail (GNT) du Conseil pour le Développement de la Recherche en
Sciences Sociales en Afrique (CODESRIA) ; et chercheur associé au Bureau
d’Économie Théorique et Appliquée (BÉTA) de l’Université de Strasbourg,
France. Il est auteur ou co-auteur de plusieurs publications scientifiques sur
l’entrepreneuriat et l’accompagnement entrepreneurial au Cameroun et en
Afrique, le management des organisations africaines, la gestion des
ressources humaines. Il est membre du Cercle de Réflexion Économique du
Groupement Inter-Patronal du Cameroun (CRÉG), principale organisation
patronale du Cameroun Sommaire
Remerciements .................................................................................. 11
Avant-propos ..................................................................................... 13
Introduction générale ......................................................................... 19
Chapitre I :
Une femme entrepreneure .................................................................. 25
Chapitre II :
La rapide émergence d’une jeune entreprise ..................................... 39
Chapitre III :
L’insertion réussie dans la filière agro-industrielle ........................... 55
Chapitre IV :
L’évolution industrielle d’un commerçant ......................................... 65
Chapitre V :
La difficile mutation d’un grand commerçant ................................... 75
Chapitre VI :
La reconversion industrielle d’un enseignant fonctionnaire .............. 87
Chapitre VII :
L’héritage d’une maison française de commerce .............................. 101 PROFILS ET PRATIQUES D’ENTREPRENEURS CAMEROUNAIS
Chapitre VIII :
La difficile reprise de la filiale locale d’un groupe
industriel européen ............................................................................ 117
Chapitre IX :
La gestion à l’épreuve de la culture ................................................... 129
CHAPITRE X :
La patiente construction d’un pôle intégré de
production laitière .............................................................................. 143
Chapitre XI :
La pénétration dans la filière des pièces de rechange
automobile ......................................................................................... 159
Chapitre XII :
Pratiques entrepreneuriales et gestion des entreprises
industrielles camerounaises, entre universalité et contingence .......... 171
Chapitre XIII :
Continuités et ruptures ....................................................................... 201
Conclusion générale ........................................................................... 219
Bibliographie ..................................................................................... 223
Tables des matières ............................................................................ 233Remerciements
Nous voudrions exprimer notre profonde gratitude à tous ceux qui ont
participé de près ou de loin à la réalisation de l’étude dont est tiré cet
ouvrage, principalement :
Alain Henry, directeur à l’Agence Française de Développement
(AFD) à Paris, qui a eu l’initiative du projet d’étude des entreprises
camerounaises, a fourni une documentation enrichissante sur le sujet, a
participé aux différents entretiens sur le terrain, a relu et corrigé la version
initiale des monographies présentées dans cet ouvrage ;
Jean-Pierre Warnier, anthropologue, professeur à l’Université René
Descartes (Paris V) qui s’est considérablement impliqué dans la collecte
des données sur les entreprises concernées, la réalisation des différents
entretiens sur le terrain et la transcription des entretiens pour la rédaction
des monographies ;
Jean-Marie Momo, directeur général du cabinet de conseil en gestion
Fidit Conseil, qui a beaucoup œuvré pour la mise en forme du projet de
recherche et la facilitation des contacts avec les dirigeants des entreprises
visitées ;
Guy-Honoré Tchenté, conseil fiscal, président de l’Ordre National des
Conseils Fiscaux du Cameroun, pour son implication considérable dans le
projet de recherche et la relecture de différents textes qui lui ont été
proposés ;
tous les entrepreneurs camerounais rencontrés qui ont accepté de nous
recevoir afin de nous faire partager leurs expériences dans la création et
la direction des entreprises ;
tous les intervenants camerounais et étrangers avec qui nous avons eu
de nombreux échanges sur les entreprises camerounaises ;
le Groupement Inter Patronal du Cameroun (GICAM) qui a accepté de
mettre à notre disposition quelques informations essentielles sur les
entreprises camerounaises ;
l’Agence Française de Développement (AFD) dont l’appui financier,
matériel et logistique a été déterminant pour la réalisation de l’étude au
Cameroun ;
PROFILS ET PRATIQUES D’ENTREPRENEURS CAMEROUNAIS
tous nos collègues membres de l’équipe de recherche « Centre
d’Études et de Recherches Africaines en Management et Entrepreneuriat
(CÉRAME), de l’ESSEC de Douala, avec qui nous cheminons depuis
plusieurs années sur la question de l’entrepreneuriat en contexte
camerounais et africain ;
toutes les collaboratrices et tous les collaborateurs du secrétariat de la
direction de l’ESSEC de Douala qui ont participé à la saisie et à la
correction d’un certain nombre de pages de l’ouvrage ;
les Directeurs de l’École Supérieure des Sciences Économiques et
Commerciales (ESSEC) et les Recteurs de l’Université de Douala qui
nous ont donné la possibilité d’y exercer notre métier de professeur et de
chercheur depuis plusieurs années.
Les auteurs
Douala, mai 2014
12
Avant-propos
Justification de l’étude
Ce livre présente une série de monographies d’entreprises réalisées de
novembre 1992 à mai 1993, dans le cadre d’une recherche soutenue par
l’Agence Française de Développement (AFD) et qui avait pour but d’étudier
1l’organisation et le fonctionnement des entreprises camerounaises .
L’objectif principal de cette recherche était de recueillir, auprès des
entreprises échantillonnées, quelques informations essentielles en vue d’une
connaissance plus approfondie de leurs systèmes d’organisation et des pratiques
managériales qui s’y développent.
Ces informations concernent principalement les domaines suivants : le
processus historique de création de l’entreprise et les faits marquants de son
évolution ; le profil des promoteurs et des dirigeants ainsi que leurs pratiques
de direction ; l’organisation interne et le fonctionnement de l’entreprise ; les
relations entretenues avec les acteurs de l’environnement externe de
l’entreprise (administration publique, banquiers, clients, fournisseurs,
partenaires institutionnels nationaux ou internationaux, structures
d’accompagnement à la création ou dans la gestion) et enfin les
recommandations formulées par les personnes interrogées sur le développement des
entreprises camerounaises en général. Plusieurs critères ont été pris en
compte pour la sélection des entreprises étudiées, principalement :
1 La préparation, la conduite et la transcription des entretiens, en vue de la collecte des
données sur le terrain, ont été réalisées par Alain Henry (directeur à l’Agence Française de
Développement, Paris) ; Emmanuel Kamdem (professeur à l’École Supérieure des Sciences
Économiques et Commerciales de l’Université de Douala) ; Jean-Pierre Warnier (professeur à
l’Université de Paris V). La rédaction de l’introduction de l’ouvrage, des monographies
présentées dans les onze premiers chapitres, ainsi que de la conclusion générale a été réalisée par
Emmanuel Kamdem. Les chapitres 12 et 13, respectivement sur l’universalité et la
contingence des pratiques entrepreneuriales et sur les continuités et les ruptures ont été rédigés par
Raphaël Nkakleu (maître de conférences agrégé à l’École Supérieure des Sciences
Économiques et Commerciales de l’Université de Douala). PROFILS ET PRATIQUES D’ENTREPRENEURS CAMEROUNAIS
le cadre juridique formel (société légalement constituée et en activité
au moment de l’étude) ;
la propriété des capitaux (société entièrement ou majoritairement
camerounaise) ;
la nationalité des promoteurs et des dirigeants (camerounaise)
la taille de l’organisation (petites et moyennes entreprises ou
industries : PME/PMI avec un effectif variable de 20 à 200 employés) ;
le secteur d’activité (entreprise privée opérant principalement dans le
secteur de la production industrielle ou de la distribution commerciale) ;
la répartition territoriale des entreprises (implantation dans différentes
villes et régions camerounaises) ;
la collaboration des promoteurs et des dirigeants (facilités pour la
collecte des données et l’organisation des entretiens approfondis avec les
membres du personnel, au sein de l’entreprise et pendant les heures
habituelles de travail).
Le croisement de ces différents paramètres a permis de constituer un
échantillon limité à 11 entreprises dont la répartition sectorielle et territoriale
est la suivante :
production laitière : 2 (Douala, région du Littoral) ;
production et conditionnement chimiques : 1 (Douala, région du
Littoral) ;
assemblage électroménager : 1 (Douala, région du Littoral) ;
assemblage d’engins à deux roues : 1 (Douala, région du Littoral) ;
fabrication du matériel de bureau : 1(Douala, région du Littoral) ;
confection textile et distribution du linge domestique : 1 (Douala,
région du Littoral) ;
production agricole bananière : 1 (Penja, région du Littoral) ;
distribution du matériel de confection textile et assemblage
électroménager : 1 (Yaoundé, région du Centre) ;
production et distribution des pièces détachées automobiles : 1
(Yaoundé, région du Centre) ;
transformation et conditionnement des fruits : 1 (Maroua, région de
l’Extrême-Nord).
La forte représentativité des entreprises implantées à Douala s’explique
par le fait que cette ville est le pôle prédominant des activités économiques
au Cameroun.
14
AVANT-PROPOS
Méthodologie
Le choix méthodologique s’est orienté vers une démarche à la fois
qualitative et longitudinale. Celle-ci a consisté à « faire du terrain » dans les
entreprises échantillonnées afin de se rapprocher davantage des réalités
étudiées, de rassembler autant d’informations que possible auprès des personnes
susceptibles de permettre d’en savoir davantage sur les problèmes étudiés.
Cette approche méthodologique de type recherche-action (Argyris et Schön,
1978) convient parfaitement à notre recherche dont l’objectif est d’étudier
les processus sociaux ainsi que les pratiques organisationnelles des
entreprises camerounaises, dans une durée s’inscrivant sur le moyen et le long
terme.
La finalité de cette démarche est d’identifier et d’expliquer les
transformations, les mutations, les continuités et les ruptures susceptibles de
permettre une vision panoramique des entreprises camerounaises à travers
l’universalité et la contingence des pratiques observées. Cette approche est
inspirée de la « théorie enracinée » (Glaser et Strauss, 1967 ; Strauss et
Corbin, 1990) ; ainsi que de la démarche qualitative sous différentes formes
(observation participante, entretien approfondi, récit de vie, vécu
expérientiel, reconstitution de la trajectoire personnelle, etc.). Différents auteurs (Yin,
1989 ; Aktouf, 1992 ; Wacheux, 1996 ; Paillé, 2006 ; Paillé et Mucchielli,
2008) s’accordent sur l’intérêt de cette méthodologie qualitative qui permet
une exploration approfondie de l’objet d’étude.
Concrètement, cela signifie que les enquêteurs se sont fixés pour objectifs
essentiels, lors de la mise en œuvre de la méthodologie, d’observer les faits
de terrain et de faire parler les acteurs de terrain. Par ailleurs, ils ont adopté
une perspective dynamique et évolutive permettant d’analyser l’évolution
dans la durée des entreprises étudiées. Cette approche longitudinale permet
de mettre en évidence les mutations observées dans la vie de l’entreprise, par
la reconstitution historique et chronologique des faits marquants de sa
création et de son évolution.
Pour la collecte des données sur le terrain, nous avons eu recours à
plusieurs méthodes complémentaires (visites des sites de production ; recueil et
analyse documentaires ; entretiens semi directifs individuels et collectifs
avec différentes catégories d’acteurs : promoteurs, dirigeants, membres du
personnel, fournisseurs, clients, banquiers, conseils financiers, consultants).
Les visites et les entrevues se sont essentiellement déroulées sur le lieu du
travail et ont duré en moyenne 2 heures par personne interrogée. Le nombre
total de personnes interrogées s’est élevé à 42 incluant : les promoteurs, les
cadres dirigeants, les employés, les banquiers, les fournisseurs, les clients,
15PROFILS ET PRATIQUES D’ENTREPRENEURS CAMEROUNAIS
les conseils en gestion. Les entrevues avec les promoteurs et les dirigeants
ont généralement porté sur l’ensemble des activités de l’entreprise. Avec les
autres personnes concernées, parties prenantes de l’activité entrepreneuriale,
elles se sont limitées à leurs domaines spécifiques d’intervention dans les
entreprises concernées. Les entrevues étaient structurées autour des cinq
préoccupations majeures définies par les enquêteurs et présentées plus haut.
L’enregistrement des entrevues a été effectué soit sur bande audio (avec la
permission du répondant), soit par écrit.
Par la suite, il a été procédé à une retranscription intégrale des
enregistrements audio effectués. Cette documentation écrite, complétée par
quelques autres informations recueillies sur l’entreprise ou sur le secteur
d’activité (notes internes, données statistiques, extraits de journaux,
témoignages personnels, etc.), constitue la principale base de données ayant servi
à la rédaction de cet ouvrage.
Afin de restituer aussi fidèlement que possible les propos des personnes
interrogées, les auteurs de l’ouvrage ont volontairement choisi de reprendre
(dans la version finale de l’ouvrage) plusieurs extraits des discours recueillis
pendant les entrevues. Le lecteur pourra ainsi apprécier le contenu, la
profondeur et la signification des déclarations spontanées des personnes
interrogées. Ces déclarations permettent d’en savoir davantage sur leurs visions,
leurs pratiques entrepreneuriales et managériales.
La phase d’étude de terrain a connu beaucoup de difficultés, du fait de la
méfiance affichée par quelques entrepreneurs contactés pour participer à
l’étude. La principale explication de cette situation réside dans le contexte
socioéconomique et sociopolitique très conflictuel dans le pays avant,
pendant et après l’étude de terrain (grèves prolongées et « villes mortes » en
1991, fréquence des violences suite à la contestation des résultats des
élections présidentielles et législatives en 1992, dévaluation monétaire en 1993).
Pour ces raisons, plusieurs entrepreneurs contactés et apparemment
favorables au projet de recherche n’ont pas répondu favorablement à notre
proposition de recherche. Ceux qui ont accepté l’entrevue ont parfois affiché
beaucoup de discrétion dans leurs réponses aux questions posées.
Publication des résultats
La publication du présent ouvrage, plusieurs années après l’étude de
terrain effectuée entre novembre 1992 et mai 1993, a une justification
fondamentale. Lors des entrevues, la quasi-totalité des dirigeants, éventuellement
favorables à notre désir de publier les monographies rédigées dans le cadre
16AVANT-PROPOS
de l’étude, ont clairement exprimé leur souhait de voir cette publication se
faire plusieurs années après le déroulement des entrevues. Cette prudence,
affichée par nos interlocuteurs, est la principale explication de l’absence de
données chiffrées pertinentes pour l’appréciation de la situation de quatre
entreprises sur les onze étudiées. Par fidélité à l’engagement pris alors
auprès des participants à notre étude, nous avons respecté leur souhait en
engageant le processus final de publication de l’ouvrage deux décennies après la
réalisation des entrevues. Cette clarification est fondamentale pour éviter au
lecteur d’avoir l’impression d’une rupture ou d’un déphasage temporels,
entre les faits observés à l’époque de l’étude de terrain et la situation
effective de l’entreprise lors de la publication de l’ouvrage.
Le souci d’actualisation des monographies, avant la publication de
l’ouvrage, nous a conduit à reprendre contact avec les différentes entreprises
dans lesquelles nous avons mené nos investigations quelques années
auparavant. Malheureusement, le temps et les contingences de l’environnement
camerounais des affaires n’ont pas fondamentalement changé l’attitude
frileuse de nos interlocuteurs actuels face aux chercheurs universitaires. Notre
souhait d’effectuer de nouvelles entrevues comparatives n’a pas été accueilli
favorablement. Notre insistance les a parfois amenés à justifier leur attitude
comme une réaction défensive face au « harcèlement fiscal » dont ils disent
être victimes de la part de l’administration publique camerounaise. Cette
attitude a malheureusement compromis notre ambition d’actualiser les
données et les monographies.
Mais compte tenu du fait que ces dernières, au-delà de leur dimension
informative, ont une dimension essentiellement pédagogique et expérientielle
qui justifie d’ailleurs la réalisation de notre étude et la publication de
l’ouvrage, il nous a semblé opportun de conserver les monographies. Il aurait
été tout à fait regrettable que leur contenu et leur richesse ne soient pas
accessibles à un large public intéressé par la vie des entreprises camerounaises
(enseignant, chercheur, étudiant, entrepreneur, praticien, décideur, etc.).
Toutefois pour permettre au lecteur de ne pas avoir la mauvaise
impression de lire un ouvrage statique, dépassé, et peu enrichissant, nous avons
estimé utile et pertinent de revisiter les monographies et d’enrichir l’ouvrage
avec deux nouveaux chapitres : l’un dédié à l’universalité et la contingence
des pratiques entrepreneuriales au Cameroun, l’autre plus focalisé sur
l’analyse des continuités et des ruptures dans les monographies rédigées
quelques années plus tôt. Ces chapitres permettent d’actualiser la recherche
effectuée et les résultats obtenus.
En définitive, le présent ouvrage (principalement centré sur les récits de
vie, les cheminements personnels et les vécus expérientiels de quelques
en17PROFILS ET PRATIQUES D’ENTREPRENEURS CAMEROUNAIS
trepreneurs camerounais) ne se réduit pas à une simple présentation des
monographies structurées autour des principales thématiques de la recherche. Il
propose également, dans l’avant dernier chapitre, une analyse synthétique
des rapports multiples et complexes entre d’une part, les entreprises
industrielles camerounaises et d’autre part, l’environnement socio-économique,
socioculturel et institutionnel dans lequel elles opèrent.
Par conséquent, dans ce chapitre synthétique, l’analyse est constamment
illustrée avec des références aux monographies présentées dans les chapitres
précédents. L’ouvrage propose enfin, dans le dernier chapitre, une réflexion
sur ce qui est demeuré constant et sur ce qui ne l’est plus dans le
cheminement des entreprises étudiées. En d’autres termes, il s’agit de mettre en
évidence les continuités et les ruptures dans les pratiques entrepreneuriales et
managériales en contexte camerounais. Cela est fait dans une perspective de
réflexion et d’action sur l’approche appropriée pour l’accompagnement des
entrepreneurs, afin de pouvoir leur apporter les compétences inductrices de
performance entrepreneuriale et de performance des unités industrielles
camerounaises.
18Introduction générale
Depuis le début des années quatre-vingt, l’entreprise africaine est
devenue un objet d’études prisé. Depuis lors, on voit se développer dans plusieurs
champs disciplinaires (histoire, économie, gestion, sociologie,
anthropologie) des recherches universitaires ou professionnelles en vue d’une meilleure
connaissance du phénomène entrepreneurial et des dynamiques managériales
dans les sociétés africaines. Par rapport à l’expérience des pays d’Occident,
d’Asie et même d’Amérique du Sud, il n’est pas risqué d’affirmer que
l’Afrique connaît un développement tardif de la tradition d’études sur
l’organisation et le fonctionnement des entreprises, ainsi que sur la
socialisation par le travail dans les entreprises. Tradition qui, comme on le sait,
remonte bien loin dans le temps avec les premières analyses faites au début du
siècle dernier par F. W. Taylor (1911) et H. Fayol (1916), respectivement sur
l’organisation du travail en atelier et l’organisation fonctionnelle de
l’entreprise.
À la faveur du mouvement de colonisation, l’Afrique a connu un
renforcement du phénomène entrepreneurial (phénomène existant déjà, quoique de
façon marginale, dans quelques sociétés traditionnelles (Collectif, 1983)). Ce
renforcement s’est notamment traduit par la mise en place des premières
unités de production économique (industrielle et commerciale) dont on sait
bien qu’elles avaient principalement pour but de permettre l’exploitation et
l’exportation, vers l’Occident, des immenses ressources naturelles et
minières du continent. Pendant toute cette époque, l’entreprise africaine comme
lieu de construction de rapports sociaux, de production matérielle et
symbolique, bref comme objet d’études, n’a suscité que peu d’intérêt.
La préoccupation récente quoique tardive autour de l’entreprise africaine,
depuis bientôt deux décennies, connaît un développement important à la
faveur de la mondialisation économique. Cette situation, nouvelle et
déterminante pour l’avenir économique des sociétés africaines, peut être justifiée
de différentes manières. Il y a tout d’abord la chute du mythe, longtemps
entretenu et à tort, de l’administration publique comme forme dominante
d’organisation structurante dans les sociétés africaines postcoloniales.
Produit de l’extension à travers le monde du modèle de rationalisation concep-PROFILS ET PRATIQUES D’ENTREPRENEURS CAMEROUNAIS
tualisé au début du siècle dernier par M. Weber (1971), cette vision de la
société s’est développée en Afrique et a conduit au renforcement de la
position dominante et dominatrice de l’État au sein de la société. Cette situation
qui se justifiait sans doute par la nécessité de faire de l’État bureaucratique
une structure de stabilisation sociale dans une Afrique en proie à des conflits
de toutes sortes, comme l’explique bien D. Brown (1989), a eu des
implications non négligeables sur le développement de l’entreprise. Les nombreux
échecs économiques tant décriés en Afrique, ajoutés à la
décompositionrecomposition des structures étatiques depuis plus de deux décennies,
conduisent ici et là à penser qu’il est urgent de donner un nouveau sens à
l’entreprise africaine, aussi bien publique que privée ; pour en faire le levier
essentiel de la création de la richesse, de la croissance économique et du
développement de la société.
La seconde source d’explication de l’émergence de l’intérêt pour
l’entreprise africaine peut être rattachée au discours dominant aujourd’hui
sur la mondialisation, ainsi qu’aux manifestations diverses qui en découlent.
Cette mondialisation apparaît avant tout comme une compétition à grande
échelle qui s’inscrit dans un mouvement multipolaire de remise en cause des
rapports économiques, politiques et sociaux entre les différentes nations de
la planète. À l’instar de Ph. Engelhard (1996, p. 77) qui y voit davantage
« l’un des derniers avatars de l’explosion de la modernité occidentale qui
ecommence au XV siècle », on est bien en droit de s’interroger sur le devenir
de l’Afrique et des entreprises africaines dans ce vaste mouvement de
transformation sociale.
Face à une telle situation, on est très frappé par le fort contraste entre
l’abondance des ressources (naturelles, minières, énergétiques, humaines,
spirituelles) en Afrique et la marginalisation du continent, à l’exception
peutêtre de l’Afrique du Sud (E. Kamdem, 1999). Dans cette optique, les
entreprises africaines pourraient avoir un rôle central à jouer dans la recherche
des voies susceptibles de conduire à la réduction de cette marginalisation.
Au fond, une entreprise et un entrepreneur, dont la réussite (économique et
sociale) est effective et reconnue dans leur environnement
socioéconomique, pourraient par exemple avoir de meilleurs arguments pour
négocier des partenariats avantageux hors du pays ou du continent. Cela
pourrait ainsi leur permettre de mieux se faire comprendre et respecter par les
acteurs majeurs de la mondialisation.
Or force est de constater que les entreprises et les entrepreneurs africains
sont peu connus chez eux-mêmes, encore moins à l’étranger. Cette
occultation relative du phénomène entrepreneurial et de ses acteurs principaux n’a
pas permis de s’intéresser en profondeur à des expériences entrepreneuriales
20INTRODUCTION GÉNÉRALE
et managériales réussies quoiqu’encore insuffisantes sur le continent. Les
expériences à succès observées çà et là sur le continent africain peuvent bien
être considérées comme des références pertinentes pour le développement de
« l’esprit d’entreprise » qui, quoique pensent certains observateurs
afropessimistes (A. Kabou, 1990), est bien présent dans les traditions africaines
(J.-P. Warnier, 1993).
Enfin, la perspective constructiviste suivant laquelle il convient
aujourd’hui d’étudier les sociétés africaines (sociétés en mouvement, sociétés
en transition, sociétés en reconstruction) invite à admettre l’émergence de
nouvelles catégories d’acteurs sociaux moins passifs et réactifs, et beaucoup
plus tournés vers l’innovation, la créativité et la prise de risque. Parmi ces
catégories, les entrepreneurs et les managers occupent une place de choix.
Ce sont souvent des personnes (diplômés universitaires ou non) qui,
généralement avec peu de ressources financières et matérielles mais beaucoup
d’engagement personnel et de mobilisation du capital social, arrivent à
composer utilement à la fois avec les traditions de leurs sociétés d’origine et avec
les exigences de la compétition internationale accentuée par la
mondialisation.
Contrairement à l’élite politico-administrative qui s’est très souvent
contentée du confort des positions d’autorité pour accumuler et redistribuer des
privilèges, cette nouvelle élite entreprenante voudrait donner de l’Afrique
une autre image que celle d’un continent en détresse livré à d’incessantes
guerres supposées religieuses ou ethno-tribales. Il n’est pas besoin de
rappeler que, très souvent, ces dernières ne sont en réalité que l’expression d’une
farouche compétition pour le contrôle et l’utilisation des ressources
naturelles et minières dont regorge le continent (J.-F. Bayart, 1996). On peut
donc comprendre mieux pourquoi, depuis quelque temps, les recherches sur
l’entreprise africaine mettent en évidence des figures représentatives et
emblématiques de cette catégorie émergente d’entrepreneurs et de dirigeants
économiques.
De manière générale, le présent ouvrage s’inscrit dans un champ de
recherche beaucoup plus large qui couvre l’analyse des organisations
africaines. Dans ce champ de recherche émergent et prometteur, du fait de
l’immensité et de la richesse des problèmes à étudier, on voit se construire
progressivement un sous-champ sur l’analyse des organisations de
production économique. Comme on l’a souligné plus haut, il s’agit bien d’une
tradition d’étude relativement récente ; par rapport à ce qui se fait ailleurs dans le
monde. Les travaux pionniers, en contexte africain, ont été développés entre
la fin des années soixante et la fin des années quatre-vingt (S. Amin, 1969 ;
J. Binet, 1970 ; J. Chevassu et A. Valette, 1975 ; R. Devauges, 1977 ; P.
21PROFILS ET PRATIQUES D’ENTREPRENEURS CAMEROUNAIS
Kennedy, 1980 ; C. de Miras, 1981 ; Collectif, 1983 ; G. Hyden, 1983 ; H.
Bourgoin, 1984 ; Ph. Delalande, 1987 ; P. Labazée, 1988).
Ces premiers travaux ont cherché à mettre en perspective l’histoire des
entreprises africaines, leur organisation et leur fonctionnement, les logiques
et les pratiques dominantes qui s’y développent, les trajectoires des
promoteurs et des dirigeants. Des travaux plus récents reprennent ces mêmes
thèmes et contribuent considérablement à l’évolution de la réflexion autour
de l’épineuse question de l’existence effective ou probable de modèles
africains de management et d’entrepreneuriat (G. Hénault et R. M’Rabet, 1990 ;
P.-N. Denieuil, 1992 ; P. Kammogne Fokam, 1993, 2000 ; J.-P. Warnier,
1993 ; P. Geschiere et P. Konings, 1993 ; P. Blunt, L. J. Merrick et D.
Richards, 1993 ; R. Zghal, 1994 ; Fauré, Y.-A., 1994 ; Y. Gasse et C. Carrier,
1994 ; S. Ellis et Fauré, Y.-A., 1995 ; I.-P. Lalèyê, H. Panhuys, T. Verhelst,
H. Zaoual, 1996 ; D. Mercure et al., 1997 ; E-M. Hernandez, 1997 ;
Collectif, 1998 ; Gafd, 1998 ; M. Zadi Kessy, 1998 ; E. Kamdem, 2002 ; Jackson,
2004 ; G. Y. Jimngang, 2004 ; J.M. Éla, 2006 ; J. Nizet et F. Pichault, 2007 ;
V. Tsapi, 2007 ; R. A. Tsafack Nanfosso et al. 2010 ; Atangana Onana,
2011 ; M. Fouda Ongodo, 2011 ; R. Finifter et G. Verna, 2011 ; Kamdem et
al., 2011).
En définitive, cet ouvrage veut apporter une série de témoignages sur les
figures, les itinéraires et les pratiques managériales de quelques
entrepreneurs camerounais qui ont accepté de participer à l’étude. Tous les noms
utilisés ici ont été modifiés afin de respecter l’anonymat des personnes et des
entreprises concernées.
L’ouvrage comprend treize chapitres dont les onze premiers, plus
descriptifs, sont consacrés à la présentation des monographies d’entreprises. Ces
2dernières sont structurées autour de trois axes directeurs suivants :
l’historique de l’entreprise et le profil de l’entrepreneur, l’organisation
interne et le fonctionnement, les relations avec l’environnement et les
difficultés courantes.
Le douzième chapitre, plus analytique et plus synthétique, nous donne
l’occasion de proposer une grille de lecture des interactions entre les
pratiques entrepreneuriales et managériales observées et l’environnement dans
lequel opèrent les entreprises concernées. Il s’agira donc de faire une
tenta2 Dans la version finale de l’ouvrage, nous avons procédé à un regroupement des principaux
thèmes étudiés. En effet, après le dépouillement des textes retranscrits, il nous a semblé plus
cohérent et plus significatif pour l’analyse de regrouper dans une même catégorie les
informations concernant l’histoire de l’entreprise, l’histoire personnelle ainsi que le profil des
promoteurs et des dirigeants. Par ailleurs, nous n’avons pas insisté sur les recommandations des
personnes interrogées afin de ne pas donner une orientation prescriptive à l’ouvrage.
22INTRODUCTION GÉNÉRALE
tive de modélisation de l’entrepreneuriat africain. Cette lecture se fera sous
l’éclairage du paradigme de la contingence structurelle qui pose le problème
central de l’adaptation des structures et des pratiques organisationnelles aux
caractéristiques spécifiques de l’environnement. Toute cette démarche vise à
mettre en évidence le dénominateur commun entre le paradigme de la
contingence structurelle et celui de l’interculturalité. En d’autres termes,
comment s’effectue l’adaptation des structures et des pratiques entrepreneuriales
dans un environnement de diversité culturelle (Y-t Lee, V. Calvez, A. M.
Guénette, 2007 ; E. Davel, J.-P. Dupuis, J.-F. Chanlat, 2008 ; E. Mutabazi, P.
Pierre, 2008). .
Quant au treizième et dernier chapitre dédié aux continuités et aux
ruptures, il permet de répondre à une difficulté majeure rencontrée sur le terrain
et qui est l’absence d’actualisation des monographies présentées. Cette
difficulté, récurrente dans les recherches de terrain en Afrique, provient
principalement de la situation d’asymétrie informationnelle caractéristique de
l’environnement économique camerounais et africain. L’information,
considérée comme une ressource stratégique, n’est livrée qu’à dose
homéopathique par les entrepreneurs et les opérateurs économiques dont la méfiance
est encore très forte à l’égard des autorités administratives et des
intervenants extérieurs. Par conséquent, à défaut de présenter une étude comparée
sur la durée et auprès des mêmes personnes précédemment rencontrées, il
nous a semblé judicieux de proposer une analyse des continuités et des
ruptures observées dans les visions et les pratiques entrepreneuriales des
entrepreneurs camerounais.
23

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.