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Travailler après 60 ans, c'est possible !

De
274 pages


Plus de 60% de cadres pensent qu'ils devront travailler après 60 ans. Cependant, ils envisagent ce moment avec beaucoup d'appréhension : travailler certes, mais y a-t-il du travail pour eux ?



Pourtant, il n'y a pas lieu de se résigner !



Beaucoup de personnes de plus de 60 ans travaillent et ne sont ni grands patrons, ni hommes politiques ou artistes connus.



Ce livre, alimenté par de nombreux entretiens auprès de seniors en activité et la recherche de leurs bonnes pratiques, propose des pistes concrètes afin d'aider le lecteur à concevoir et à mettre en oeuvre son projet.




  • Une vie professionnelle pour quoi faire ?


  • Les bonnes pratiques de ceux qui travaillent après 60 ans


  • Et vous dans tout ça ?


  • Et si votre employeur actuel était une mine d'or !


  • Les contours du projet


  • Lancement du projet


  • Annexes

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EYROLLES Agnès du BOULLAYContinuer à travailler avec plaisir
emploi & carrière
Plus de 60 % de cadres pensent qu’ils devront
travailler après 60 ans. Cependant, ils envisagent ce
moment avec beaucoup d’appréhension : travailler
certes, mais y a-t-il du travail pour eux ?
Pourtant, il n’y a pas lieu de se résigner ! Travailler aprèsBeaucoup de personnes de plus de 60 ans travaillent
et ne sont ni grands patrons, ni hommes politiques
ou artistes connus.
Ce livre, alimenté par de nombreux entretiens
auprès de seniors en activité et la recherche
de leurs bonnes pratiques, propose des pistes
concrètes afi n d’aider le lecteur à concevoir et à 60 ans
mettre en œuvre son projet.
c’est possible !
Agnès du Boullay (diplômée de Sciences-Po
Paris) débute son parcours dans le secteur
public ; puis pendant plus de 15 ans elle sera
DRH dans les secteurs de l’Industrie et de
la Communication avant de devenir coach
et consultante en transition de carrière de
cadres supérieurs et dirigeants. Elle exerce son métier chez
Dirigeants & Partenaires. ■ Pourquoi faut-il anticiper ?
■ Les bonnes pratiques à partager
www.editions-eyrolles.com ■ Les clés pour réussir son projet
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Code éditeur : G54639 • ISBN : 978-2-212-54639-2
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www.loaloa.net
Agnès du BOULLAY
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Agnès du BOULLAY
Travailler après 60 ans, c’est possible !Travailler après 60 ans,
c’est possible !
• Pourquoi faut-il anticiper ?
• Les bonnes pratiques à partager
• Les clés pour réussir son projetÉditions Eyrolles
61, Bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire
intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans
autorisation de l’éditeur ou du Centre Français d’Exploitation du Droit de Copie,
20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles 2010
ISBN : 978-2-212-54639-2Agnès du Boullay
Travailler
après 60 ans,
c’est possible !
• Pourquoi faut-il anticiper ?
• Les bonnes pratiques à partager
• Les clés pour réussir son projetTable des matières
Avant-propos 1
Introduction St atistiques, perspectives et réalités pour les
nouveaux sexagénaires 3
Les « happy boomers » n’ont pas le moral . . . . . . . . . . . 4
Les charges des nouveaux sexagénaires…
un sac à dos bien rempli ! ........................ 9
Prise de conscience ............................ 12
La double contrainte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
Quelques pistes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
Partie 1 Une vie professionnelle pour quoi faire ?
1 Pour quelle(s) raison(s) travaillent-ils après 60 ans ? 23
La réelle nécessité fnancière ..................... 23
Le « bras plus long » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Le rôle et les liens sociaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Parlez-moi d’amour ........................... 27
La recherche d’un équilibre personnel . . . . . . . . . . . . . 28
2 Et v ous, pourquoi envisagez-vous une vie professionnelle
après 60 ans ? 31
Soyez clair sur les raisons de votre choix ............ 31
Revisitez la pyramide de Maslow ................. 32
Repérez vos motivations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
Cigale ou fourmi, quels besoins fnanciers ? . . . . . . . . . 35
Estimez et optimisez votre retraite ................ 36
Faites un budget prévisionnel pour les trente ans
à venir ..................................... 42
Écrivez le vade-mecum de vos motivations .......... 46
V
© Groupe EyrollesTravailler après 60 ans, c’est possible !
Partie 2 Les bonnes pratiques de ceux qui travaillent
après 60 ans
3 « Connais-toi toi-même » 49
Un regard positif sur soi-même . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
Mais pas superman pour autant ! . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
Une bonne estime de soi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4 Prends soin de toi 53
La santé on n’en parle pas… mais on s’en occupe ! . . . . 53
Faire marcher les neurones ...................... 56
Respecter l’équilibre familial et personnel . . . . . . . . . . 57
5 De l’ouverture avant toute chose 59
Plus dans l’avenir que dans le passé . . . . . . . . . . . . . . . 59
Vivre avec son temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
Réceptif aux autres générations . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
Jamais sans réseau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
Apprendre toujours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
Utiliser les technologies d’aujourd’hui ............. 64
6 Quelques valeurs fortes 67
60 ans : c’est un âge facile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
Rien sans plaisir .............................. 68
Être dans l’action et s’appuyer sur ce que l’on sait faire . 69
Une bonne dose d’anticipation et de souplesse . . . . . . . 70
Assumer ses choix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
Voir le verre à moitié plein ...................... 72
Plutôt faire envie que pitié 73
Accepter l’effort 74
Ne jamais dételer ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
Partie 3 Et vous dans tout ça ?
7 Quelle est votre écologie personnelle ? 79
Qui veut aller loin… .......................... 79
Que faites-vous de votre « monture » ? . . . . . . . . . . . . 80
VI
© Groupe EyrollesEt la tête ? .................................. 82
Comment faites-vous travailler votre cerveau ? ....... 84
La part de l’émotionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
Bonnes pratiques et homéostasie . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
8 Prenez en compte votre situation familiale 89
Des enfants à la maison ? ....................... 89
Ciel, ma femme ! (mon mari !) ................... 90
Comment rapprocher les attentes ? . . . . . . . . . . . . . . . 91
Génération « sandwich » 93
9 Identifez vos ressources profondes 95
Qu’est-ce qui vous fait courir dans la vie ? . . . . . . . . . . 95
10 Vos ressources professionnelles 97
Partez à la recherche de vos talents ................ 97
Misez sur vos réussites ! ........................ 98
Faites le tri de vos savoirs ...................... 100
Et les nouvelles technologies dans tout ça ? . . . . . . . . 101
Faire le point ............................... 102
Vérifez votre image professionnelle .............. 105
Si on parlait de votre look ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
11 Où en est votre réseau ? 109
Quel est votre réseau ? ........................ 109
Comment nourrissez-vous votre réseau personnel ? ... 110
Il n’est jamais trop tard pour rejoindre des réseaux
existants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
12 Faire face aux interrogations, aux freins, aux craintes 115
Identifer et lever les doutes .................... 115
Combattre les idées reçues ..................... 117
Mesurer l’effort et l’accepter 121
Qu’êtes-vous prêt à lâcher ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
VII
© Groupe EyrollesTravailler après 60 ans, c’est possible !
Partie 4 Et si votre actuel employeur
était une mine d’or !
13 Vous êtes dans l’entreprise ? Restez-y ! 127
Rester le plus longtemps possible : un bon calcul .... 127
L’herbe plus verte à côté ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
Pourquoi votre employeur pourrait vouloir vous
garder ? ................................... 130
Quel senior en entreprise êtes-vous ? . . . . . . . . . . . . . 131
Soyez incollable sur votre entreprise .............. 133
Cultivez votre réseau interne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
Développez votre visibilité ..................... 135
Recherchez le plaisir dans votre job . . . . . . . . . . . . . . 136
Ne ratez pas une occasion de vous former .......... 137
Des évaluations pas bidon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
Ne parlez jamais de votre âge ................... 139
Les lamentations ne sont pas de mise . . . . . . . . . . . . . 140
Rester dans l’entreprise après 65 ans ? . . . . . . . . . . . . 142
14 Votre vie avec votre entreprise ne s’arrête pas
avec la liquidation de votre retraite 145
Que faire au sein de son ancienne entreprise ? . . . . . . 145
Préparez le terrain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
Comment, à qui et quand en parler ? ............. 147
Sous quel statut travailler avec votre ancienne
entreprise ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
Soignez votre départ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150
Partie 5 Les contours du projet
15 N’attendez pas pour réféchir 155
Pratiquez la « Sullenberger attitude » . . . . . . . . . . . . 156
Anticiper et préparer : l’art de la sérendipité . . . . . . . 158
16 Défnir le cadre 161
Plusieurs fers au feu dans le projet ? .............. 161
VIII
© Groupe EyrollesMettez de l’ordre dans vos projets . . . . . . . . . . . . . . . 162
Utilisez le SWOT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
Faites votre homework ........................ 165
Gardez-vous de la solitude ..................... 166
Le nez à la fenêtre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
Passez à la vitesse supérieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
Prenez en compte les contraintes . . . . . . . . . . . . . . . . 170
La famille : s’en faire une alliée .................. 171
17 Ouvrir le champ des possibles 173
Explorer la multi-activité ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
Ou alors un projet complètement différent ? . . . . . . . 176
18 Existe-t-il des pistes privilégiées pour les seniors ? 179
Vive le conseil ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
L’enseignement, une valeur sûre ................. 184
Manager de transition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
Partie 6 Lancement du projet
19 Avant de lancer le projet 189
Faire un business plan ? ....................... 189
N’hésitez pas à vous former ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
Pour quelle rémunération ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
20 Choisir la bonne structure juridique 197
Revenir à l’objectif ........................... 197
Le régime salarié . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
Le portage salarial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
Créer sa structure ............................ 205
Encore quelques clés en guise de conclusion 211
Votre temps vous appartient . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 211
Communiquez effcacement .................... 213
Votre meilleur outil de développement : le réseau . . . 214
Ayez toujours un coup d’avance ! ................ 216
IX
© Groupe EyrollesTravailler après 60 ans, c’est possible !
Pour aller plus loin… 217
Annexes
Bibliographie 221
Ouvrages .................................. 221
Rapports et documents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223
Sites Internet ............................... 223
La loi Retraite 2010 – Ce qui se prépare 227
Les enjeux mesurés en quelques chiffres clés ........ 227
Quel calendrier ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
Les solutions envisagées ....................... 229
Quatre outils 235
Outil 1 – Repérez vos motivations ............... 235
Outil 2 – Qu’est-ce qui vous fait courir dans la vie ? . 241
Outil 3 – À la recherche de vos talents ? . . . . . . . . . . 242
Outil 4 – L’histoire de ma vie ................... 243
À la recherche d’une meilleure hygiène de vie 245
Connaissez-vous les examens médicaux recommandés
à votre tranche d’âge ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
Les conseils d’alimentation pour rester en meilleure
santé après 60 ans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
Quelques histoires exemplaires 249
Histoire de Jacques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 249
Histoire de Pierre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 253
Histoire de Jeanne ........................... 257
Index 260
X
© Groupe EyrollesAvant-propos
L’idée de ce livre m’est venue de la conjonction de deux
éléments : mon métier de consultante et l’environnement
économique et social français d’aujourd’hui.
Après un long parcours en entreprise, j’accompagne depuis
sept ans des cadres en recherche d’emploi. Bien souvent, il
s’agit de seniors.
Je suis frappée de voir comme souvent après 55 ans, leur
regard sur la vie professionnelle change : remise en cause
profonde, découragement. Tout à coup ils font leurs comptes :
encore quatre, cinq ou sept ans à « cotiser » avant de pouvoir
« décrocher ». Fin des rêves, de l’envie, en tout cas dans la vie
professionnelle. Et en même temps, croît l’inquiétude quand
des charges importantes sont encore là, voire l’angoisse face au
vide qu’ouvre le seuil de la soixantaine.
Mais je vois aussi des cadres se projeter, au-delà de cette
fameuse soixantaine, dans des projets professionnels qui
dépassent largement l’échéance de la retraite, et qui traversent ces
moments de remise en cause avec beaucoup plus de confort.
Nous sommes dans une période de grande contradiction : les
seniors doivent travailler – même probablement travailler plus
longtemps et il y a certainement beaucoup de bonnes raisons
à cela –, mais… où est le travail pour eux ? Comment le
repérer ? Les attend-on seulement ? Des mesures réglementaires,
des accords d’entreprises, une nouvelle loi sur les retraites
suffront-ils à changer la donne économique et sociale française ?
Bien sûr que non !
Pourquoi faudrait-il se résigner à cette contradiction ?
1
© Groupe EyrollesTravailler après 60 ans, c’est possible !
Il y a pourtant des seniors qui travaillent après 60 ans et très
longtemps au-delà ; pas seulement des hommes politiques,
de grands journalistes ou des artistes célèbres, mais des gens
comme vous et moi. J’ai voulu comprendre leurs raisons et
pénétrer leurs valeurs, leurs attitudes, leurs motivations. Et
bien entendu, la façon dont ils ont mené leur projet à terme.
Ce livre n’est absolument pas militant : il y a évidemment
d’autres vies que la vie professionnelle après 60 ans. Beaucoup
de personnes aspirent légitimement à s’arrêter de travailler
parce qu’elles n’en peuvent plus (physiquement ou
moralement), ou parce que le décalage entre leurs compétences et les
attentes du monde du travail semble impossible à combler.
Beaucoup d’autres aussi vivent une retraite heureuse, avec un
bel équilibre personnel, et en plus contribuent avec effcacité à
améliorer le monde autour d’eux.
Mon propos est simplement d’apporter un éclairage à ceux,
nombreux, qui souhaitent et/ou doivent travailler après 60 ans,
et qui, bien souvent, sont taraudés par cette question
longtemps avant l’échéance ; de les aider à prendre conscience que
c’est possible, et à repérer les bonnes clés du succès pour mettre
en œuvre leur projet et trouver l’énergie pour s’y lancer.
Il ne sera jamais trop tôt pour y réféchir.
2
© Groupe EyrollesIntroduction
Statistiques, perspectives
et réalités pour
les nouveaux sexagénaires
Baby, papy, ou happy boomers, ou simplement boomers, aînés,
seniors, vétérans, anciens, générations pivot, sandwich, prince
Charles ou même shaker, période de la maturescence, retraités,
personnes âgées, vieux… deux, trois ou quatre segments de
population chez les seniors ? Tous les six mois, un nouveau
nom pour eux, tandis que bientôt plus personne ne s’y
retrouvera. La classifcation des seniors est devenue presque aussi
compliquée que les multiples époques de la préhistoire dans
les musées, qui ne commencent jamais au même moment ni
ne recouvrent les mêmes périodes.
Je sais que ces nouvelles classifcations rangent dans la
catégorie des seniors les personnes âgées de tout juste 45 ans, qui ne
sont guère qu’au milieu de leur vie et en pleine force de l’âge !
Je voudrais toutefois retenir ici une défnition pour le mot
senior tout au long de ce livre : il s’agit d’une personne
qui dépasse soixante ans.
Économistes, sociologues, politiques et publicitaires, chacun
se penche sur cette population dont on ne sait si elle sera l’un
des piliers de la relance de notre économie par sa
consommation, ou si elle la mettra défnitivement dans une impasse par
le poids de ses retraites. Comment s’y retrouver ?
3
© Groupe EyrollesTravailler après 60 ans, c’est possible !
Les « happy boomers » n’ont pas le moral
Happy boomers, voici un joli nom qui ne leur va pas si bien en ce
moment car les boomers qui devraient prendre leur retraite dans
les prochaines années sont inquiets. Et peut-être à juste titre…
Des retraites à la traîne
Si on le chuchotait il y a trente ans, voici quelques années qu’on
le dit haut et fort : avec plus de 800 000 nouveaux retraités
par an, nos régimes de retraite explosent quand, dans le même
temps, le nombre d’actifs diminue de façon spectaculaire.
Depuis le Livre blanc du rapport Rocard sur la retraite en 1991,
les réformes se sont succédé : réforme du régime général des
retraites du secteur privé en 1993, réforme du régime spécial
des retraites des fonctionnaires en 2003, réforme des régimes
spéciaux en 2007, plan emploi senior et nouvelles dispositions
dans la loi de sécurité sociale 2008/2009…
Rien n’y fait : les défcits dramatiques et chroniques de nos
régimes vieillesse s’accélèrent. Le Conseil d’orientation des
retraites (COR) tire la sonnette d’alarme chaque année dans
son rapport, et ses dernières prévisions envisagent un défcit de
125 milliards d’euros en 2010 .
En juin 2009, devant le Congrès réuni à Versailles, le
président de la République a réintégré le sujet des retraites dans les
priorités : « Avant juillet 2010, une solution devra être
trouvée ! ». Et en février 2010, lors de la négociation de l’agenda
avec les partenaires sociaux, il a, à nouveau, rappelé cette
priorité pour l’année, donnant pour objectif le dépôt d’un projet
de loi devant les deux Assemblées en septembre, « tout devant
être mis sur la table » ; « tout » pouvant dire notamment
l’âge de départ en retraite bien sûr, mais aussi la pénibilité du
travail ou le rapprochement entre les régimes de retraite des
fonctionnaires et ceux des salariés.
1. Voir notamment www.cor-retraites.fr
4
© Groupe EyrollesStatistiques, perspectives et réalités pour les nouveaux sexagénaires
Chacun sait que ce problème va devoir être traité avec au
moins trois leviers possibles : augmenter les recettes, cotiser
plus longtemps, ou diminuer les prestations versées aux
retraités. Et il est probable que, à plus ou moins court terme, les
1trois leviers seront utilisés .
Il ne s’agit pas ici de prendre une position pour l’une ou l’autre
des solutions envisagées, mais simplement de regarder de façon
réaliste les conséquences sur la population senior.
Augmenter les recettes
Quatre actifs pour un retraité en 1960, 1,7 pour un aujourd’hui,
et 1,3 pour un en 2030… Les chiffres sont malheureusement
suffsamment parlants… l’accroissement des cotisations ne
pourra être qu’un élément mineur de la recherche de
l’équilibre des régimes de retraite… faute de cotisants !
Et même si un gouvernement voulait privilégier la récolte
d’un argent disponible immédiatement auprès des actifs, toute
mesure augmentant sensiblement les cotisations sera lourde de
conséquences : sur la compétitivité de notre économie bien sûr,
mais aussi sur la population des actifs qui, déjà aujourd’hui,
supporte une pression fscale et sociale très lourde et qui vivra
de moins en moins bien d’être la seule à mettre la main à la
poche.
D’autres pistes sont néanmoins étudiées par le gouvernement.
Retarder le départ en retraite
Il y a au moins deux façons d’allonger la durée des cotisations :
en reculant l’âge légal de départ à la retraite, ou en allongeant
de nombre d’annuités nécessaires.
1. Pour une approche plus détaillée des enjeux et des solutions envisagées, se
référer à l’annexe : la loi Retraite 2010 - ce qui se prépare.
5
© Groupe EyrollesTravailler après 60 ans, c’est possible !
Depuis quinze ans, les différentes législations ont déjà
prolongé de manière signifcative le nombre d’années de
cotisation nécessaires pour pouvoir liquider une retraite : elles sont
passées de 150 trimestres en 1993, à 164 trimestres (41 ans)
1en 2012 .
Pour que la mesure soit suffsamment effcace il aurait fallu
que l’augmentation du nombre d’années de cotisations
demandées corresponde, dans la réalité, à une augmentation effective
du nombre d’années travaillées. Ce qui n’a pas été le cas de
manière suffsante, notamment parce que, en parallèle de cet
allongement des durées de cotisation et jusqu’en 2004, le
recours aux préretraites a été massif ; et depuis, le nombre de
chômeurs seniors n’a cessé d’augmenter.
Mais jusqu’à maintenant, on n’a pas touché au seuil de
60 ans.
Mesure phare du premier mandat de François Mitterrand, la
baisse de l’âge légal de la retraite de 65 à 60 ans a revêtu un
caractère symbolique. On le sait, revenir sur cette mesure serait
très impopulaire et les syndicats ont, jusqu’à aujourd’hui, tenu
2des positions très tranchées sur le sujet . Ce sujet a fait
largement débat lors des Rendez-vous retraite de 2009 (le Medef dans
ses premières propositions ayant demandé que l’on repousse
cet âge à 63,5 ans dès 2012 !).
Malgré son impopularité, il serait irréaliste de ne pas envisager
que l’âge légal de la retraite soit repoussé en France, comme
l’ont fait progressivement les autres États européens. En effet,
tous les pays d’Europe sont confrontés, comme la France, au
1. Et même à 41,5 années pour les générations qui prendront leur retraite en
2020.
2. Aucun syndicat de salariés n’y est aujourd’hui favorable. Certains pourraient
accepter un allongement de la durée de cotisation en faisant un préalable de
démarches particulières en faveur de l’emploi des salariés seniors, de la prise en compte de
la pénibilité du travail ainsi que des carrières longues démarrées très tôt.
6
© Groupe EyrollesStatistiques, perspectives et réalités pour les nouveaux sexagénaires
vieillissement de leur structure de population : trois personnes
sur dix auront en Europe plus de 65 ans en 2050 !
Pour tenter de préserver l’équilibre de leur régime de retraite,
nos voisins ont tous, depuis une dizaine d’années,
progressivement relevé au-dessus de 60 ans le seuil de l’âge légal de départ
1à la retraite. Il est aujourd’hui à 65 ans en Allemagne , Belgique,
2Espagne, Irlande, Italie , aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Il
atteint 67 ans au Danemark et en Islande.
La France n’a pas encore suivi le mouvement. Il paraît peu
probable qu’un gouvernement ne s’engage pas dans cette voie
prochainement.
Diminuer les prestations versées
Déjà depuis quinze ans, même si de manière absolue les pensions
moyennes versées continuent d’augmenter (car les salaires et
donc la base de calcul des prestations a augmenté), les pensions
versées au moment du départ à la retraite ont commencé à
diminuer en valeur relative. Inutile d’interroger longtemps les
experts : la tendance ne va pas s’inverser, et les cadres
notamment vont continuer de voir se creuser l’écart entre ce qu’ils
percevaient en activité et leur indemnité de retraite.
Depuis 1993, plusieurs dispositions sont venues minorer
le taux de remplacement (pourcentage de la retraite perçue
comparée au dernier salaire), infuant sur la retraite de base des
3salariés du privé et spécialement le calcul de la retraite établi
non plus sur les dix meilleures années de cotisation mais sur
1. Ce seuil sera relevé à 67 ans à partir de 2020.
2. Ce seuil est encore à 60 ans pour les femmes en Italie et au Royaume-Uni.
3. Nous ne regarderons ici que les salariés du régime général des salariés du privé
qui représentent plus de 50 % des futurs retraités. Certes, d’autres régimes sont
beaucoup plus favorables aux retraités et ont été impactés moins fortement par
les réformes : régimes des fonctionnaires, régimes spéciaux ; mais d’autres, au
contraire, peuvent avoir des dispositions nettement moins avantageuses :
indépendants, professions libérales, agriculteurs…
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© Groupe EyrollesTravailler après 60 ans, c’est possible !
les vingt-cinq meilleures années. De leur côté, le rendement
du point ayant diminué, les prestations versées par les
caisses de retraite complémentaires ont également commencé à
évoluer à la baisse.
Ainsi, à titre d’exemple, en 1993 lors d’un départ en retraite,
1un salarié du secteur privé percevait en taux de remplacement
68,4 % de son dernier salaire s’il était non-cadre, 64,37 % s’il
était cadre, et 56,43 % s’il était cadre supérieur. En 2008, les
2taux sont respectivement de 62,69 %, 54,67 %, et 46,27 % .
Il y a donc déjà, avant même que de nouvelles mesures soient
prises, une diminution de fait de 9 à 10 % de la retraite
poten3tielle d’un cadre .
Les experts appelés à la rescousse travaillent sur de nouvelles
mesures : parmi les dispositions envisagées à partir de 2010,
on peut noter un nouvel allongement de la période de
référence ou la diminution, voire la suppression progressive, de
4l’AGFF , ou encore une nouvelle baisse du rendement des
points de retraite complémentaire.
En résumé, ce qui semble certain c’est qu’à très court
terme, et quelles que soient les mesures retenues pour
tenter de remédier au défcit de nos régimes de retraite,
une de leurs conséquences immédiates, directe ou
indirecte, sera de demander aux seniors de travailler plus
longtemps, et peut-être pour des indemnités de retraite
minorées pour une partie d’entre eux.
1. Taux de remplacement : pourcentage la retraite perçue comparé au dernier
salaire.
2. Source : étude de Jacques Alguarron, actuaire, pour l’association Sauvegarde des
Retraites, janvier 2009.
3. Et que dire de la situation des femmes dont les retraites sont inférieures en
moyenne d’un tiers à celles des hommes !
4. L’AGFF est un système de fnancement qui permet aux salariés de percevoir leur
retraite complémentaire entre 60 et 65 ans – sous réserve qu’ils puissent liquider
leur retraite à taux plein dans le régime de base général. Le régime de l’AGFF a été
prolongé jusqu’à fn 2010, le temps de trouver une solution à son défcit…
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© Groupe EyrollesStatistiques, perspectives et réalités pour les nouveaux sexagénaires
Les charges des nouveaux sexagénaires…
un sac à dos bien rempli !
Dans le même temps, les charges des retraités augmentent :
il n’y a pas si longtemps on pouvait espérer que le départ à la
retraite coïncide avec la satisfaction de laisser les principales
charges de la vie active derrière soi. Les propriétaires de leur
résidence principale avaient fni d’en rembourser les emprunts,
les enfants, partis depuis quelques années, avaient terminé
leurs études et volaient de leurs propres ailes et parfois, avec
le décès des parents, un héritage permettait même d’envisager
sans trop de crainte un coup dur.
Le paysage est en train de changer grandement !
1Tanguy encore à la maison
Il n’est pas rare aujourd’hui d’être retraité et d’avoir encore des
enfants à charge ! Carrières féminines, progrès médicaux,
divorces et familles recomposées sont venus bousculer la donne.
L’âge moyen des mères à la naissance du premier enfant n’a cessé
de reculer dans les trente dernières années, et est aujourd’hui
autour de trente ans. Près de 60 % des enfants qui naissent
2aujourd’hui ont un père de plus de trente ans . Et beaucoup
d’enfants ont des parents de plus en plus âgés ; depuis 1990, le
nombre d’enfants nés de mères de plus de 40 ans a triplé !
Familles certes moins nombreuses dans l’ensemble qu’il y a
trente ans, mais dont les enfants vont rester plus longtemps à
la charge de leurs parents – et souvent chez eux – car Tanguy
n’a plus rien d’une exception !
D’abord les études se sont beaucoup allongées depuis 1985,
date où la France a décidé de porter 80 % d’une génération
1. En référence au flm d’Étienne Chatiliez, Tanguy, réalisé en 2001.
2. Source : statistiques Insee 2008.
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© Groupe EyrollesTravailler après 60 ans, c’est possible !
au bac : aujourd’hui, les jeunes Français qui ont atteint le
baccalauréat poursuivent en moyenne cinq années d’études
1supérieures .
Ensuite, même si la France reste un pays où les études
supérieures sont encore peu coûteuses, les occasions de dépenses se
sont largement multipliées. Les études supérieures des enfants,
souvent loin du domicile parental, se déroulant en écoles privées
ou semi-privées (nombreux sont les étudiants qui, par crainte
des diffcultés pour trouver un emploi ensuite, ne choisissent
pas l’université), et les stages ou années d’études à l’étranger,
venus très heureusement compléter des enseignements parfois
trop théoriques, alourdissent sérieusement et durablement la
contribution familiale.
Enfn malheureusement, le démarrage dans la vie active de
ces jeunes adultes est plus diffcile que celui de leurs parents :
période plus ou moins longue de recherche, stages de
préembauche et CDD se succèdent souvent avant le premier « vrai
emploi ». Et ce ne sont pas les chiffres récents sur l’emploi des
jeunes qui viennent nous rassurer.
En attendant un peu de stabilité fnancière, notre jeune, qui
n’a pas toujours les moyens de son indépendance, va rester plus
longtemps au domicile familial. Au-delà des éventuelles
diffcultés de cohabitation avec les parents, cette charge fnancière
pèse à un moment où les ressources familiales diminuent avec
la retraite.
Et même quand les enfants ont pu enfn prendre leur
autonomie, bien souvent les parents vont continuer à les aider
fnancièrement, de façon ponctuelle ou régulière, dans les premières
années de leur vie professionnelle, afn qu’ils puissent conser -
2ver une partie du niveau de vie auquel ils sont accoutumés .
1. Source OCDE.
2. Voir notamment Claudine Attias Donfut, Nicole Lapierre, Martine Segalen,
Le nouvel esprit de famille, Odile Jacob, 2002.
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© Groupe EyrollesStatistiques, perspectives et réalités pour les nouveaux sexagénaires
Ainsi, 20 % des acquéreurs de leur logement principal
préci1sent qu’ils bénéfcient d’une aide familiale !
Fragilisation et dépendance des parents
Une des conséquences de l’évolution de notre pyramide des
âges et de l’amélioration des conditions de vie est
l’accroissement de notre population très âgée et dépendante. Et de
plus en plus nombreux, sont les retraités qui soutiennent leurs
parents dont la dépendance s’accroît.
Aujourd’hui, la dépense publique liée à la prise en charge
de la perte d’autonomie des personnes âgées est évaluée à
219 milliards d’euros soit 1 % du PIB .
Parallèlement à cette solidarité nationale, les ménages
acquittent plus de 7 milliards d’euros en complément de ressources
pour assurer un maintien à domicile ou dans une institution
spécialisée de leurs parents âgés. Ce sont bien souvent les
enfants, eux-mêmes largement seniors, qui assurent le relais :
d’abord en consacrant du temps à leurs parents pour régler
leurs problèmes de vie quotidienne, puis en aidant aux
conditions d’un maintien à domicile et enfn, si nécessaire, en
participant au complément de fnancement de la prise en charge
dans un établissement spécialisé.
Les projections de vieillissement de notre population laissent
prévoir, à brève échéance, une tension très forte sur ces dépenses
qui, pour la part publique, pourraient atteindre 1,6 % du PIB
d’ici une quinzaine d’années… la part des ménages évoluant
en conséquence ! Et même si on peut imaginer qu’à terme
de nouveaux systèmes d’assurance et de prise en charge soient
1. Source : enquête ORPI/CREDOC 2009.
2. Cette dépense est assurée conjointement par l’assurance-maladie, les
départements via l’allocation personnalisée d’autonomie, la Caisse nationale pour la
solidarité, et l’État.
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© Groupe EyrollesTravailler après 60 ans, c’est possible !
mis en place, ils auront un coût. L’augmentation de cette ligne
dans le budget des retraités est donc plus que probable.
Le poids des frais médicaux qui augmente
Avec une cotisation qui va de 20 euros à largement plus de
100 euros par mois et par personne, l’assurance
complémentaire santé commence à peser dans le budget familial. Et ce
n’est pas fni ! Les dépenses de santé ne cessent de croître et
la sécurité sociale continue de réduire ses prises en charge sur
certains risques : la facture de la complémentaire santé est
appelée à s’alourdir ; comme celle du « reste à charge » qui
correspond aux dépenses qui ne sont couvertes ni par la
sécurité sociale ni par les assurances complémentaires.
L’addition est particulièrement lourde pour les seniors : une
1enquête de novembre 2009 montre que les plus de 65 ans
ont vu leurs dépenses de santé augmenter de 55 % en 8 ans ;
la santé représentant aujourd’hui 11 % de leur budget ! Mais,
insiste l’enquête « vu le défcit actuel de l’assurance-maladie, il
faut s’attendre à de nouvelles hausses du coût de la santé aussi fortes,
voire plus, d’ici 2015. »
On voit que le budget des retraités est en mauvaise
posture avec une baisse des revenus des retraites d’un
côté, et un accroissement de leurs charges de l’autre !
Prise de conscience
Tout ceci ressemble à un scénario catastrophe ! Avec les
mauvaises nouvelles par lesquelles on aurait commencé
l’histoire. Heureusement, la bonne nouvelle, on le sait, c’est que
nous vivrons beaucoup plus longtemps que les générations qui
nous ont précédé, et en bien meilleure santé.
1. Enquête Jalma/CSA – Le Monde, 25 novembre 2009.
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© Groupe EyrollesStatistiques, perspectives et réalités pour les nouveaux sexagénaires
Un cadeau de vie de dix ans au moins
Notre espérance de vie à la naissance a évolué de façon
spectaculaire au cours du siècle dernier. De façon presque
continue depuis quarante ans, elle augmente, pour les hommes
comme pour les femmes, d’un trimestre par an : en 1970,
elle était en France de 71 ans (68 ans pour les hommes, 75
1ans pour les femmes), en 2005, elle était de 79 ans (76 ans
pour les hommes, 83 ans pour les femmes). Nous aurons, en
France, plus de 14 000 centenaires en 2010, à comparer aux
1 500 centenaires d’il y a moins de 30 ans !
Mais plus intéressante encore est l’espérance de vie pour une
personne qui a atteint 60 ans : en 2008, elle était de 22 ans
pour les hommes et de 27 ans pour les femmes ; ce qui veut
dire qu’un homme de 60 ans aujourd’hui va a priori vivre
jusqu’à 82 ans et une femme jusqu’à 86 ans.
Et non seulement nous allons vivre plus longtemps mais
nous allons vivre mieux, car cet accroissement de la
longévité s’est accompagné de progrès médicaux considérables et
d’une évolution des modes de vie qui repoussent d’autant la
période de la grande vieillesse et de la dépendance.
Les études montrent qu’à 60 ans un homme ou une femme
sont dans plus de 90 % des cas en pleine forme physique et
intellectuelle. À 75 ans, plus de la moitié des gens ne souffrent
d’aucune diffculté de santé permanente. Et nous le voyons
bien autour de nous : les sexagénaires ne renoncent
aucunement à pratiquer un sport, à voyager, à s’inscrire dans une
université…
Mais ils ne travaillent plus… et pour une grande majorité
d’entre eux, cela leur va bien.
1. Source INED.
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© Groupe EyrollesTravailler après 60 ans, c’est possible !
Dix ans de gagnés ou dix ans à travailler ?
Les chiffres sont têtus : l’âge effectif de cessation d’activité en
France est de 58,5 ans.
Par ailleurs, 81 % des Français sondés sur l’avenir
préfé1reraient prendre leur retraite à 60 ans ou avant . Et
aujourd’hui, même si la moitié des Français pensent qu’ils
devront travailler après 60 ans, ceux de l’autre moitié
préféreraient se retirer de la vie active, y compris si pour cela ils
doivent encore minorer leurs revenus.
Pourquoi renonçons-nous à travailler ?
Face à cette longévité plusieurs attitudes sont possibles ; elles
sont liées à l’histoire individuelle, à la qualité – ou la pénibilité
– de la vie professionnelle antérieure, aux contraintes
fnancières, mais aussi à une attitude face à la vie et à des convictions
personnelles.
Et ce questionnement nous ne pouvons pas l’éluder.
Comment, avec plus d’un actif pour un inactif dans une dizaine
d’années, l’équilibre économique de notre pays pourrait-il
être pérenne ? Déjà, la dette de notre pays est insupportable
avec 42 milliards d’euros par an pour en assurer le
remboursement. Comment pourrait-on imaginer accroître ce défcit ?
Comment pourrions-nous contribuer à assurer à nos enfants un
niveau de vie équivalent au nôtre autrement qu’en acceptant –
au moins pour ceux qui le veulent et le peuvent – de travailler
plus longtemps ?
Et voilà la génération des baby boomers accusée d’avoir fait
« le casse du siècle » en vivant à crédit sans chercher à limiter
le défcit public ni à réformer le marché du travail fermé aux
jeunes.
1. Source : baromètre Entreprise et Carrière/Notre temps, décembre 2008.
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© Groupe EyrollesStatistiques, perspectives et réalités pour les nouveaux sexagénaires
Faut-il pour autant se laisser culpabiliser ? Et laisser penser que
cette génération des sexagénaires est une génération d’égoïstes
inconscients ?
La double contrainte
Les seniors au travail…
Les seniors l’ont bien compris depuis quelques années : ils devront
travailler plus longtemps. Pour assurer la pérennité des
régimes de retraite. Par solidarité avec les jeunes générations. Pour
améliorer le versement de leurs prestations. Et pourtant…
… Il n’y a pas de travail pour les seniors
Même si ceux qui, approchant l’âge de 60 ans, ne souhaitent plus
travailler, sont largement majoritaires, il serait bien trop simple
de penser que ce désir soit lié uniquement à l’envie légitime de
« profter de la vie ». Bien souvent, la fn de sa vie professionnelle
et l’environnement général dans lequel il évolue poussent le senior
à accepter, voire à hâter sa sortie aussi vite qu’il le peut…
Quel senior ne serait pas découragé par les statistiques
publiées tous les jours dans la presse ? Comment pourrait-il
imaginer continuer travailler facilement (ou pire, retrouver
du travail !)… jusqu’à 65 ans ou plus devant l’avalanche des
informations désespérantes ? 606 000 chômeurs entre 50 et
57,5 ans à fn juillet 2009 (au-delà ils sont sortis des
statistiques n’étant plus soumis à une obligation de recherche !)
Le taux d’emploi des 55/64 ans en France est de 38 % – un des
plus mauvais de l’Europe malgré un objectif européen 2010
de 50 %. Pire, en affnant la statistique, on voit que le taux
1d’emploi des 60 à 64 ans n’est plus que de 15,7 % . L’âge
1. Statistiques DARES 2008/2009. Taux d’emploi : nombre de personnes en emploi
rapporté à la population totale de la classe d’âge.
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