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Anti-Onfray 3

De
353 pages
La parution du libre de Michel Onfray Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne, en avril 2010, a été la source d'une grande abondance de débats qui se sont cristallisés presque immédiatement. Dans ce troisième volume, Emile Jalley analyse : l'attitude des praticiens et des usagers de la psychanalyse, psychopathologie psychanalytique, positions des philosophes, du milieu littéraire, de la science historique, des sciences sociales, questions politiques de l'antisémitisme et de la pensée extrémiste, réactions de l'étranger.
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Anti-Onfray 3
Les réactions au livre de Michel Onfray




















Emile Jalley

Anti-Onfray 3



Les réactions au livre de Michel Onfray
Clinique, psychopathologie, philosophie, lettres, histoire,
sciences sociales, politique, réactions de l’étranger,
le décret scélérat sur la psychothérapie













L’HARMATTAN
Émile JALLEY, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de philosophie, psychologue
diplômé d’État, professeur émérite de psychologie clinique et d’épistémologie à l’Université Paris
Nord.
Principales publications
Livres
Wallon lecteur de Freud et Piaget, Paris, Éditions sociales, 1981. n : La Vie mentale, présentation, Paris, Éditions sociales, 1982.
Henri Wallon : Psychologie et dialectique, (avec L. Maury), présentation, Paris, Messidor, 1990.
Atlas de la psychologie (H. Benesch), direction de traduction de l’allemand avec augmentation,
Paris, Livre de Poche, 1995.
Dictionnaire de la psychologie (W. D. Fröhlich), direction de traduction de l’allemand, Paris,
Livre de Poche, 1997.
« Psychanalyse, psychologie clinique et psychopathologie » : in Psychologie clinique et
psychopathologie (R. Samacher et col.), Paris, Bréal, 1998.
Freud, Wallon, Lacan. L’enfant au miroir, Paris, EPEL, 1998.
La crise de la psychologie à l’université en France, tome1 : Origine et déterminisme, tome 2 : état
des lieux depuis 1990, Paris, L’Harmattan, 2004.
La psychanalyse et la psychologie aujourd’hui en France, Paris, Vuibert, 2006.
Wallon et Piaget. Pour une critique de la psychologie contemporaine, Paris, L’Harmattan, 2006.
La guerre des psys continue. La psychanalyse française en lutte, Paris, ibid., 2007
Critique de la raison en psychologie. La psychologie scientifique est-elle une science ? ibid., 2007.
La guerre de la psychanalyse. Hier, aujourd’hui, demain, ibid., 2008.
La gueanalyse. Le front européen, ibid., 2008.
Un Franc-Comtois à Paris. Un berger du Jura devenu universitaire, ibid., 2010.
Interventions 2008 - 2010 sur la crise de la psychanalyse et de la psychologie, ibid., à paraître,
2010.
Anti-Onfray 1, Anti-Onfray 2, Anti-Onfray 3, ibid., 2010.

Encyclopédies
« Wallon Henri » : Encyclopaedia Universalis, tome 18, Paris, 1985.
« Wilfred Bion » : ibid., tome 4, 1989.
« Concept d’opposition » : ibid., tome 16, 1989.
« Psychanalyse et concept d’opposition » : ibid., tome 19, 1989. ologie génétique » : ibid., tome 19, 1989.
« Les stades du développement en psychologie de l’enfant et en psychanalyse » : ibid.,
Symposium, 1989.
« Les grandes orientations de la psychologie actuelle » : Encyclopédie médicochirurgicale, Paris,
Éditions techniques, 1989.
« Psychologie clinique » (en collaboration) : ibid., 1991.
« La psychologie moderne » : Encyclopédie Clartés, Paris, Éditions Clartés, 1996.
« Wallon Henri 1879-1962 » : Encyie philosophique universelle. Dictionnaire : Paris,
Presses Universitaires de France. 1992.

Articles divers
« Le thème du miroir dans l’histoire de la philosophie » : L’Unebévue, Paris, EPEL, n° 14, Hiver
1999.
« Données pour un panorama bref, partiel et provisoire de la structure institutionnelle de la
psychologie française aujourd’hui » : Psychologie clinique, Paris, L’Harmattan, n° 11, 2001,
pp.185217.
« Etat de la psychologie en France : déontologie, publications, gestion des carrières », Le Journal
des psychologues, n° 184, février 2001, pp. 14-18.
« La psychologie, une science fondée sur l’éthique ? », ibid., n°188, juin 2001, pp. 8-9. hologie est-elle en crise ? », ibid., n° 213, déc. 2003-janv. 204, pp. 10-15.
« Le retour de Wallon et Piaget », ibid., n° 244, fév. 2007, pp. 58-63.









Pour PIERRE JALLEY, notre fils
BÉNÉDICTE JALLEY-MEURISSE, mon épouse
Et GISÈLE PONCHARD-BONNARD, ma mère
En hommage aussi à mes deux psychanalystes
Madame le Docteur Anny Cordié
Et Monsieur le Docteur Jean Gillibert



« Bientôt seront tous morts ceux qui savaient de quoi il est question »
Philippe Sollers, France-Culture du 1er août 2010






Illustration de couverture : Georges Philibert Charles Maroniez (1865-1933) : Village en Flandre.



























© L'HARMATTAN, 2010
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-13199-6
EAN : 9782296131996


ANTI-ONFRAY 1, 2, 3
Sommaire des trois volumes, celui-ci étant Anti-Onfray 3

ANTI-ONFRAY 1
Sur Freud et la psychanalyse

Sommaire

En guise de bref discours de la méthode, 9

Chapitre 1 : Nietzsche déguisé en Charlot, 15

1.1. Une rhétorique de l’invective contre un Idéal du Soi à expulser, 15
1.2. La philosophie à coups de marteau organisant les jeux du cirque, 19
1.3. La caricature risible d’une idée géniale de Nietzsche, 24
1.4. Swift et Hegel : le grand homme assailli par les nains du jardin, 35
1.5. De la littérature sur la soi-disant littérature de la pensée freudienne,
37

Chapitre 2 : Freud habillé en satyre, 41

2.1. Freud et la philosophie : l’ambivalence n’est pas du tout la haine, 41
2.2. Une réelle incompétence en histoire de la psychologie, 44
2.3. L’imaginaire œdipien n’aurait jamais existé avant la fable freudienne,
50
2.4. D’autres aberrations en matière d’histoire des sciences, 56
2.5. La contrevérité sur l’absence de cas cliniques, 60
2.6. Un totalitarisme encore pire que celui reproché à l’adversaire, 61
2.7. La profanation des tombeaux comme genre littéraire nouveau, 65

Chapitre 3 : Gare aux chiens de garde, 73

3.1. La contradiction ingérable d’un renversement total de perspective,
73
3.2. Le problème difficile de l’ « influence » dans l’histoire des idées, 82
3.3. Une avalanche de contradictions chez un philosophe de métier, 91

7

Chapitre 4 : L’histoire des idées vue par Cadet Rousselle, 105

4.1. Une conception rudimentaire de la nature de la science, 105
4.2. La psychanalyse sauvage de l’inventeur de la psychanalyse, 116
4.3. Des oublis et des erreurs par ignorance ou par mauvaise foi, 124

Chapitre 5 : Tartuffe à la pêche en eau trouble, 141

5.1. La farce impayable du juif antisémite et complice des dictateurs, 141
5.2. L’histoire rocambolesque d’un complot universel, 160
5.3. La contre-histoire au détriment de la véritable histoire critique, 161
5.4. L’auteur masqué en Descartes qui s’avance masqué, 170

Coda, 175

Références, 183

ANTI-ONFRAY 2
Les réactions au livre d’Onfray

Débat central, presse, psychanalyse théorique

Sommaire

Introduction : la psychanalyse vit toujours même combattue par
les pouvoirs en place, 19

Chapitre 1 : Présentation du corps d’un auteur, 33

François-Xavier Ajavon : Michel Onfray, mini-Nietzsche, mais on le voit un maximum,
Marianne, 26/5/2009, 33
François-Xavier Ajavon : Michel Onfray, Le libertaire libertin en psy-show-thérapie, id.,
22/5/2010, 33
Gérard Miller : Edito : Freud, Nietzsche et Zavatta, 9/11/2009, 37
Patrick Pecatte : Les souvenirs d’enfance de Michel Onfray, 30/4/2010, 38
Gérard Glatt, 25 05 2010 : Portrait d’un philosophe, 25/5/2010, 44
Claude Guillon : Michel Onfray ou l’esprit de l’escabeau, 1/6/2010, 45



8
Chapitre 2 : Le débat central entre Élisabeth Roudinesco et Michel
Onfray, 15/4/- 28/4/2010, 49

Élisabeth Roudinesco : Onfray et le fantasme antifreudien, Le Monde des livres, 15 ou 16/
4/2010, 49
Élisabeth Roudinesco : Roudinesco déboulonne Onfray, 16/4/2010, 56
Élisabeth Roudinesco : Pourquoi tant de haine ? (Suite…), 19/4/2010. Élisabeth
Roudinesco : Onfray projette sur l’objet haï, ses propres obsessions, 21/4/2010. Ce texte
est à peu près identique aux deux précédents, et il est publié à nouveau à peu près sans
changement dans le Livre intitulé Mais pourquoi tant de haine ? 56
Élisabeth Roudinesco : Interview exclusive avec Pierre Cormary, Surlering.com, 25/4/20
10, 58
Élisabeth Roudinesco publie un livre sur l’affabulation d’Onfray, annonce, Surlering.com,
2/5/2010, 60
Élisabeth Roudinesco : Onfray revisite son affabulation, 19/5/2010, 62
Élisabeth Roudinesco : Interactiv’, interview, 28/5/2010, 66

Chapitre 3 : Les contributions personnelles d’Onfray, 67

Michel Onfray : La diva des divans Où l’on apprend que je suis un masturbateur
compulsif…, 15/4/2010, 68
Michel Onfray : Défections : Où l’on apprend qu’une séance non honorée doit toujours
être payée…, 15/4/2010,70 : Et distinctions : Où l’on apprend que tous les psychanalystes ne sont
pas des malades…, 15/4/2010,70
Michel Onfray : Où l’on apprend ce qu’est la position du missionnaire, 17/4/2010,71 : Les patients, c’est de la racaille, 20/4/2010. Ce texte est repris sous la
même forme dans : Freud, une chronologie sans légende, mai 2010,72
Michel Onfray : Freud est-il décidément une chasse gardée et son œuvre interdite de
relecture critique, 21/4/2010, 90
Michel Onfray : interview par Élise Lucet sur France 2, 23/4/2010, non reproductible. ay : interview sur Arte, 23/4/2010, non reproductible.
Michel Onfray : Freud aime Mussolini et la gauche l’aime…, 24/4/2010, transféré dans
le ch. 20 : Les questions politiques : l’antisémitisme et la pensée d’extrême droite, 90
Michel Onfray : Éloge d’Élisabeth Roudinesco, 27/4/2010, 90 ay : Une certaine « attention flottante » avec le fisc, 27/4/2010, 91 ay : L’inquisition post-moderne, 1/5/2010, 91
Michel Onfray : Ni ce soir, mais jamais, 5/5/2010, 94 ay : Le bal des faux-culs, suite…, 7/5/2010, 97
Michel Onfray : Psychanalystes, encore un effort si vous voulez être républicains, 7/5/
2010, 98
Michel Onfray : Chez (mon ami) Denis Mollat, 9/5/2010, 98 ay : Courrier du cœur, 9/5/2010, 99
Michel Onfray : Éloge de quelques philosophes nazis, transféré dans le ch. 21 : Les
questions politiques : antisémitisme, racisme et pensée d’extrême droite, 12/5/2010, 99
Michel Onfray : Freud, une chronologie sans légende, mai 2010, 99
Michel Onfray : Salaud de philosophe de merde, 21/5/2010, 99
9
Michel Onfray : La psychanalyse et les psychanalystes ont fourni pas mal de thèmes aux
théoriciens nazis, transféré dans le chapitre 21 sur Les questions politiques :
antisémitisme, racisme et pensée d’extrême droite, 24/4/2010, 99

Chapitre 4 : Les grands dossiers de presse : Le Nouvel
Observateur, Le Point, Marianne, Le Monde, Libération, Le Figaro, 101

Le dossier : Haro sur Freud ! À quoi sert la psychanalyse ?, Le Nouvel
Observateur n° 2369 du 1-7/4/2010, 18-32,102
Sylvain Courage : Haro sur Freud ! À quoi sert la psychanalyse ?, 18-19, 103
Marcel Gauchet : La psychanalyse permet de devenir soi-même, 20-22, 104
Denis Olivennes : propos recueillis par, 20-22, 104
Boris Cyrulnik : La rencontre de deux âmes, 24, 104
André Green : Aucun triomphalisme n’est justifié, 26, 104
Christophe André : Du respect mais pas d’idolâtrie, 28, 104
Élisabeth Roudinesco : La révolution de l’intime, entretien du 1/1/2010, 30, 104
Paroles de lecteurs, 106, Guerdoux, Rachelli, 107, Ansermet, 108, Lemardelé, 109

Le dossier : Onfray déboulonne Freud, Le Point n° 1961 du 15/4/2010, 69-81,
110116
Émilie Lanez, 69-76, 110, Philippe Grimbert, 76-78, 113, Serge Hefez, 78-79, 114,
Christophe André, 80-81, 115, Jacques-Alain Miller, 81, 116

Basile de Koch : Télésubjectif : Onfray-Freud : Un choc de titans, Valeurs
actuelles, 15/4/2010, 63,117

Le dossier : Le philosophe Michel Onfray publie un essai féroce, Le crépuscule
d’une idole. L’affabulation freudienne. Julia Kristeva psychanalyste et auteur des
Nouvelles maladies de l’âme lui répond, Nouvel Observateur n° 2372 du
2228/4/2010, 28-30, 90-94,119
Julia Kristeva, Michel Onfray : Le fond du débat, propos recueillis par François
Armanet et Gilles Anquetil, 90-94 ; Paroles de lecteurs, 28-30.

Le dossier : Michel Onfray, l’intellectuel qui fait peur aux élites, exécute Freud.
Le prêcheur laïc. Un pamphlet au mépris de la vérité historique, Marianne n°
679, 24-29/4/2010, 76-85, 122
Alexis Lacroix : Il exécute Freud, Michel Onfray, l’intellectuel qui fait peur aux élites,
76-78, ,123
Judith Perrignon : Enquête : le prêcheur laïc, 78-84, 125
Philippe Petit : Un pamphlet au mépris de la vérité historique, 85, 128

Le dossier : Contre-enquête : Freud : pourquoi tant de haine ? Le Monde du
23/5/2010, 14-18, 129
Thomas Wieder : Freud, pourquoi tant de haine ? Décodage, 14, 130
Véronique Maurus, médiatrice : Freud déboulonné ?, 15, 133
Béatrice Gurrey : Ce débat si français qui fascine les intellectuels étranger, 16 transféré
dans le chapitre 22 sur Les réactions de l’étranger, 16, 134
10
Samuel Lézé : La psychanalyse a des ressources pour résister, 16, transféré dans le
chapitre 18 sur La position des sciences sociales, 134

Les dossiers de Libération des 26/4 (20), 3/5/ (24-25), 4/5/2010 (20), 134
Michel Crépu : Le divan dans de beaux draps, 26/4/2010, Rebonds, 20, transféré dans
le chapitre 16 sur La position du milieu littéraire.
René Major, Chantal Talagrand : Michel Onfray ou la folie raisonnante, 26/4/2010, Re-
bonds, 20, transféré dans le ch. 12 sur Le point de vue de la psychopathologie.
Alain Badiou, Étienne Balibar, Jean-Luc Nancy, Michel Deguy : Attaques sur Freud ou
la philosophie au bulldozer, 3/5/2010, Rebonds, 24-25, transféré dans le chapitre 13
sur La position des philosophes.
Anne E. Berger : Plaidoyer pour la « psychologie littéraire », 3/5/2010, Rebonds, 24,
transféré dans le chapitre 16 sur La position du milieu littéraire.
Michel Onfray : Oui, Freud avait un goût pour le fascisme, 3/5/2010, Rebonds, 25,
transféré dans le chapitre 20 sur Les questions politiques : antisémitisme, racisme et
pensée d’extrême droite.
Guillaume Mazeau : Onfray : faux paria, vrai populiste, 4/5/2010, Rebonds, 20,
transféré dans le chapitre 17 sur La position de la science historique.
Jacob Rogozinski : L’art de ne pas lire Freud, 4/5/2010, Rebonds, 20, transféré dans le
chapitre 13 sur La position des philosophes.

Le Figaro : Dossiers : Ces psys qui changent notre vie, Le Figaro Magazine,
5665 ; Un siècle de controverse : Le procès fait à Freud ; Le malentendu avec les
lettres françaises, Le Figaro littéraire, 1-2, 135
Patrice de Méritens, Christophe Doré, Sophie Roquelle : Ces psys qui changent notre
vie, Le Figaro Magazine, 17/4/2010, 56-65, 135
Paul-Francois Paoli : Le procès fait à Freud, Le Figaro littéraire, 29/4/2010, 1-2, déjà
analysé dans Anti-Onfray 1, 136
Paul-François Paoli : Le malentendu avec les lettres françaises, Le Figaro littéraire, 29/
4/2010, 2, transféré dans le chapitre 16 sur La position du milieu littéraire, 138

Chapitre 5 : Interventions d’autres journalistes, 139

Myriam Chaplain-Riou : Michel Onfray déboulonne Freud et fait grincer des dents, 14/
4/2010, 139
Jean-Clet Martin : Onfray/Roudinesco, 17/4/2010, 141
Robert Maggiori : Onfray jette un pavé dans la psychanalyse, Libération, 17/4/2010, 142
Yvan Najiels : L’abject Onfray ne recule devant rien, 18/4/2010, 144
Henri Roudier : Les 450 euros de Freud. L’affabulation arithmétique d’Onfray, 19/4/
2010, 145
Pierre de Charentenais : Les intellectuels hooligans, 23/4/2010, 146
Nabil Farès : Différence entre critique et délation, 27/4/2010, 147
Jean-Luc Porquet : Le divan marquis, Le Canard enchaîné, 148
Librairie Rêvalire : Le crépuscule d’Onfray, splendeur et misère des courtisanes : Michel
Onfray en martyr !, 4/5/2010, 149
Gérard Ponthieu : Onfray, Freud et les freudistes. Le crépuscule d’un débat religieux,
7/5/2010, 150
La planète psy dans tous ses états, éditorial, lemonde.fr, 7/5/2010, 153
11
Nicolas Romeas : Chute d’une icône populaire, non daté, 154
Jean-François Marmion : Sur le net, pour ou contre Michel Onfray, 12/5/2010, 156
Olivier Postel Vinay : Onfray déboulonne Freud, ses critiques aussi sont dans le déni,
17/5/2010, 158
Emmanuel Lemieux : Les tontons flingueurs, 17/5/2010, 159
M. Queen : Élisabeth Roudinesco répond à Michel Onfray dans Mais pourquoi tant de
haine (L’affabulation d’Onfray), 27/5/2010, 162
Emmanuel Fleury : Pourquoi cette haine (de Michel Onfray à l’encontre de la
psychanalyse) ?, 28/5/2010, 163
Zoé Azar : Hasardages : Élisabeth Onfray, 31/5/2010, 164
Alexis Lacroix, Le fond de l’air Onfray, Marianne n° 687, 19-25/6/2010, 166

Chapitre 6 : La défense doctrinale de la psychanalyse (1) 169

Jacques-Alain Miller, Michel Onfray : En finir avec Freud, Martin Duru, Alexandre
Lacroix, Philosophie Magazine, février 2010, débat du 15/1/2010, 169
Jacques-Alain Miller : Communiqué à propos de Michel Onfray, 18/4/2010, 178
Emmanuel Debur : Onfray seul en scène, SudOuest.fr, 8/4/2010, 180
Geneviève Morel, psychanalyste : Commentaires en avant-première du livre de Michel
Onfray contre Freud, sur une émission télé, 12/4/2010, 182
Vérités bonnes à dire : Michel Onfray chez Frank Olivier Giesbert et son livre sur
Freud, 15/4/2010, 186
Léon-Marc Levy : Onfray ou la haine de Freud, 17/4/2010, 189
Frédéric Nathan-Murat : Droit de réponse à M. Onfray et au Livre noir de la psychanalyse,
pour un enjeu de civilisation, article non daté, 193
Patrice Declerck : La psychanalyse sans illusion, Le Monde, 21/4/2010, 195

Chapitre 7 : La défense doctrinale de la psychanalyse (2) 199

Michel Guilloux : Onfray-Freud, de la haine du Père à la misère du philosophe, 21/4/
2010, 199
Jean-Daniel Causse : Michel Onfray : un retour de l’obscurantisme, 2/5/2010, 201
Raphaël Draï : Approche freudienne du cas Onfray, Droit Science Po, Aix, 2/5/2010,
204
Gérard Huber : De l’introduction de la délation en philosophie, 3/5/2010, 205
Françoise Wilder : Dans les pas de Dan Brown, 3/5/2010, 218
Patrick Valas : Commentaires raisonnés, 7/5/2010, 219

Chapitre 8 : La défense doctrinale de la psychanalyse (3) 227

Jacques Sibony : Les analysants n’ont que faire de savoir si Freud était un héros ou pas,
Le Monde, 7/5/2010, 227
Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste : Qui a peur de Michel Onfray, lemonde.fr,
7/5/2010, 230
Janine Abécassis, psychanalyste et universitaire : Se croire casseur d’idées, lemonde.fr, 7/5
/2010, 232
12
Leguil Clotilde, psychanalyste, membre ECF : Pourquoi il faut défendre Freud au XXIe
siècle, Marianne 681, du 8-14/5/2010, 40, 233
Marie-Hélène Brousse : La vertueuse férocité de l’Inquisiteur, ibid., du 8-14/5/2010,
40, 241
Gérald Messadié : Ne tirez pas sur Freud ! Ibid., du 8-14/5/2010, 67, 243
Jean-Christophe Grellety : Onfray versus Freud, de l’ego des surfaces à ses
profondeurs, 9/5/2010, 243
Alithia : Lectures de l’opération Onfray contre la psychanalyse, 10/5/2010, 244
Christophe Chaperot, psychiatre, psychanalyste : Faut-il encore répondre à Onfray ?, 10
/5/2010, 246
Anthony Balletano : Un beau-paquet cadeau : Onfray, Mijolla, Van Rillaer & Co., 12/5/
2010, 249

Chapitre 9 : La défense doctrinale de la psychanalyse (4) 255

Chloé Salvan : Mais de quoi Michel Onfray est-il donc le symptôme ?, 14/5/2010, 255
Hervé Hubert : Ce que Michel Onfray apporte à la psychanalyse, 17/5/2010, 258
Yann Leroux : Comment les institutions de psychanalyse ont traité l’affaire Onfray,
20/5/2010, 262
Karim Sarroub : Michel Onfray ou la conversion d’un hédoniste en gredin de la pensée,
20/5/2010, 263
Xavier Lacavalerie : Onfray contre l’affreux Freud, 23/5/2010, 273
Frédéric Forest, François Pommier : Onfray : le chapitre manquant, lemonde.fr, 1/6/
2010, 277
Clotilde Leguil : Nietzsche à la sauce noire des TCC, L’Âne, 26/6/2010, 279, 235
Joseph Macé-Scaron : Gourologie : Les petits tyrans du divan, Marianne,
26/62/7/2010, 78, 279
Jean-Pierre Chartier, psychanalyste : Faut-il brûler Michel Onfray ?, Journal des
psychologues n° 278, Juin 2010, 6, 281

Conclusion : Sur Nietzsche et Freud, et aussi l’idéologie
d’extrême droite, 285

Références, 311

ANTI-ONFRAY 3
Les réactions au livre d’Onfray

Clinique, psychopathologie, philosophie, lettres, histoire, sciences
sociales, politique, réactions de l’étranger

Sommaire

Introduction : le décret scélérat sur la psychothérapie, 19
13
Chapitre 10 : L’attitude des praticiens et usagers de la
psychanalyse (1), 37

Vérités bonnes à dire : À propos de psychanalyse, 2/11/2009, 37
Marcel Rufo : Toi tu es le docteur des soucis ! Le Figaro Magazine, 16/4/2010, 40
Vérités bonnes à dire : Lettre ouverte à Laurent Joffrin sur Onfray et Freud, 18/4/
2010, 45
Nilk the Coubert : Lettre ouverte à Michel Onfray….et Freud aussi…, non daté, 48
Le collectif des 39 contre la nuit sécuritaire : Le pamphlet contre S. Freud et la
psychanalyse, une nouvelle imposture, communiqué, 30/4/2010, 51
Dominique Lanza, Patrick Rodel, Passifou, Thierry, Ternisien, pleinaile, Paul Machto,
Ouzbek, Marielle Billy, Joël Martin, Cocchyme, loriot : Lettre au philosophe de gauche
qui me séduisait, 30/4/2010, 52
Pierre Delion, pédopsychiatre : Réponse à Michel Onfray, 2/5/2010, publié dans É.
Roudinesco : Mais pourquoi tant de haine ?, Paris, Seuil, 2010, 80-84, 55
Philippe Grauer, CIFP : À paraître le 27 mai au Seuil : Mais pourquoi tant de haine ?
L’affabulation d’Onfray, 4/5/2010, 55
Fernando De Amorim : Un non événement, 5/5/2010, 57

Chapitre 11 : L’attitude des praticiens et usagers de la
psychanalyse (2), 61

Patrice Ragni : Le crépuscule d’une idole, 7/5/2010, 61
Téri Feugeas, architecte : Lettre à Michel Onfray, lemonde.fr, 7/5/2010, 63
Emmanuel Fleury : À propos, 8/5/2010, 66
Echoterra : Onfray suite et fin, éditorial, 8/5/2010, 70
François-Régis Dupond-Muzart : En réalité, Michel Onfray veut sauver la psychanalyse
contre Freud et les psychanalystes : une « psychothérapie » pour aujourd’hui, 8/5/2010,
70
Anne-Laure Barret : Avec des psys en banlieue, 16/5/2010, 71
Pascal Meunier : Vendez vos livres et laissez nous vivre ce qui nous fait du bien, 16/5/
2010, 74
Myriam Illouz : Enseigner Freud dans l’Université populaire de Michel Onfray,
interview, 19/5/2010, 75
Jean-Pierre Olié, psychiatre : La guerre des pys est-elle fondée?, 2/6/2010, 75

Chapitre 12 : Le point de vue de la psychopathologie
psychanalytique, 79

Jean-Marie Durand : L’affabulation d’Onfray, 24/4/2010, 80
René Major, Chantal Talagrand : Michel Onfray ou la folie raisonnante, Libération, 26/
4/2010, 20, 81
Gérard Haddad : Lettre ouverte à Michel Onfray, Le Monde, 10/5/2010, 83
Philippe Grauer, CIFP : Onfray sur Canal accuse… un déficit de capacité à débattre,
éditorial, 22/4/2010, 84
Jean-Jacques Moscovitz : Michel Onfray, un shérif de l’esprit ou version 2010 de Port-
noy et son complexe, 24/4/2010, 85
14
Henri Rey-Flaud : Sur le Racine mort, le Campistron pullule, lemonde.fr, 26/4/2010, 93
Jean-Louis Vanier : Réponse à Michel Onfray sur Freud et la psychanalyse, L’édito du
psy, Œdipe, 2/5/2010, 94
Frédéric de Rivoyre : Lettre au professeur Freud, 5/5/2010, 96
Marc Strauss : Le ressentiment du philosophe, une demande d’analyse en souffrance, Le
Monde, 7/5/2010, 100
Bruno Roger-Petit : Michel Onfray, Freud, l’argent, la psychanalyse et la télé, 9/5/2010,
102
Fernando De Amorim : Rendez-vous psychanalytique dans le 9ème, sans Michel
Onfray, interview, 26/5/2010, 104

Chapitre 13 : La position des philosophes (1) : Bisson, Dugué,
Pingeot, Quiniou, Badiou, Balibar, Nancy, Deguy, Rogozinsky,
Duportail, 107

Frédéric Bisson : Lettre ouverte à Michel Onfray, 5/9/2009, 107
Bernard Dugué, scientifique, philosophe, écrivain : Michel Onfray, intellectuel taliban
ou bienfaiteur de la philosophie ?, 23/4/2010, 109
Mazarine Pingeot : Michel Onfray/1, Le NouvelObservateur, 26/4/2010, 113
Yvon Quiniou : Michel Onfray, la rationalité freudienne bien mal comprise, 29/4/2010,
114
Alain Badiou, Étienne Balibar, Jean-Luc Nancy, Michel Deguy : Attaques sur Freud ou
la philosophie au bulldozer, Libération, 3/5/2010, 24-25, 116
Jacob Rogozinski : L’art de ne pas lire Freud, Libération, 4/5/2010, 20, 119
Guy Félix Duportail, philosophe, Université de Paris 1 : Camera obscura, 4/5/2010,
120
Alain Badiou : De l’obscurantisme contemporain, Le Monde, 7/5/2010, 124

Chapitre 14 : La position des philosophes (2), Goldschmidt, Miclo,
Godin, Mavrakis, Delorca, Roftus, Mary, 129

Marc Goldschmidt, philosophe : Freud et la vengeance des cancres, lemonde.fr, 7/5/
2010, 129
François Miclo : La faute de l’abbé Onfray, 7/5/2010, 133
Christian Godin : Onfray, un philosophe-bulldozer, Marianne 2, 8/5/2010, 133
Kostas Mavrakis : Un combat d’ombres : les champions de Freud versus Michel
Onfray, 10/5/2010, 135
Frédéric Delorca : Badiou, Onfray, Freud…. Dawkins, Zenon, 10/5/2010, 138
Michel Roftus : Psychanalystes que faites-vous de Freud ?, 11/5/2010, 140
TR : Freud-Onfray ou l’exagération philosophique, 12/5/2010, 145
Arthur Mary : Onfray, l’aube d’une idole, 12/5/2010, 146




15
Chapitre 15 : La position des philosophes (3), Fainsilber, Floury,
Nunzio d’Annibale, Bruckner, Collin, Lelièvre, 147

Liliane Fainsilber : À tâtons, dans l’obscurité, le philosophe et le psychanalyste, 15/5/
2010, 147
Nicolas Floury, Fabien Tarby : Onfray encore un effort pour être… philosophe !, 15/
5/2010, 149
Nunzio d’Annibale : Onfray, la statue est finie, 19/5/2010, 151
Pascal Bruckner : Pourquoi j’aime le livre de Michel Onfray, 21 05 2010, 158
Denis Collin : Bref retour sur Michel Onfray, 26/5/2010, 160
Michel Roftus, philosophe : Vous n’aurez pas le dernier mot, 29/5/2010, 161
Franck Lelièvre : 700 à Caen mais pas d’Onfray, 11/6/2010, 163

Chapitre 16 : La position du milieu littéraire, 165

Crépu Michel, écrivain, directeur de la Revue des deux mondes : Le divan dans de
beaux draps, Libération, 26/4/2010, 20, 165
Alain de Mijolla : Le malentendu avec les lettres françaises, Le Figaro littéraire, 29/4/
2010, 168, Gide, Daudet, Breton, Romains, 170
Berger Anne E. : Professeure de littérature française et d’études de genre, Paris-8 et
Cornell University : Plaidoyer pour une « psychologie littéraire », Libération, 3/5/2010,
24, 171
Philippe Sollers : Mon journal du mois, chronique, 29/5/2010, 173

Chapitre 17 : La position de la science historique, 175

La réplique d’Alain de Mijolla à Onfray, 9/3/2010, 175
Michel Onfray répond à de Mijolla : Pas de haine contre Freud, 1/3/2010, 179
Les interventions de l’historien Guillaume Mazeau
Mazeau Guillaume : Onfray, l’histoire et l’extrême droite, 18/4/2010, 181
Mazeau Guillaume : Halte aux impostures de l’histoire, Le Monde, 21/4/2010, 183 : Les dérives de l’intellectuel médiatique, 22/4/2010, 183 : Onfray : faux paria, vrai populiste, Libération, 4/5/2010, 20, 184
Mazeau Guillaume : Retour sur l’affaire Onfray, 8/5/2010, 188

Chapitre 18 : La position des sciences sociales (1), 193

Les interventions de Roland Gori :
Roland Gori : Jeux de cirque et tapage médiatique, SIUERRP, 18/4/2010, Colblog, Le
Monde, 18/4/2010, L’Humanité, 21/4/2010, 193
Roland Gori : La psychanalyse heurte la culture du moment, Propos recueillis par
Gilbert Charles, L’Express, 26/4/2010, 194
Jean-Claude Paye, Tülay Umay : Pour dénier la psychanalyse, tout est bon et, in fine, le
succès assuré, 28/4/2010, 199
Samuel Lézé : Tout contre Freud, 28/4/2010, 203
Samuel Lézé : La psychanalyse a des ressources pour résister, 3/5/2010, 205
Jean-Claude Paye, Tülay Ulmay, À quoi sert Michel Onfray ?, 3 ou 9/5/2010, 207
16
Michel Tort : La séance continue, 14/5/2010, 207
Samuel Lézé : La persistante autorité des psychanalystes, une énigme pour les sciences
sociales ?, 28/5/2010, 213

Chapitre 19 : La position des sciences sociales (2), 217

Le blog de Philippe Petit (17/4 et 21/4/2010).
Petit Philippe : Freud, Michel Onfray et les élites, Le blog, www.Marianne2.fr, 17/4/
2010, 217
Petit Philippe : Onfray… à la recherche du lobby lacano-freudien, Le blog,
www.Marianne2.fr, 21/4/2010, 217
Philippe Cohen : Onfray rejoint la pensée unique anti-internet, 19/4/2010, 222
Jean-François Kahn : Le fond de l’air est… Onfray, 19/4/2010, 223
Bernard Maris : Onfray moi peur, ColBlog, Le Monde, 27/4/2010, 225
Philippe Cohen : Feu sur Onfray ou sur la psychanalyse ?, Marianne, 16/5/2010, 226
Jacques Arènes : Un hédoniste pas si fun, 26/5/2010, 229
Paul-Marie Coûteaux : Freud, l’antimoderne, Le Figaro, 12-13/6/2010, 232

Chapitre 20 : Les questions politiques : antisémitisme, racisme et
pensée d’extrême droite (1), 235

Fabien Trécourt : Psychanalyse : antisémite toi-même !, 19/4/2010, 236
Philippe Grauer : Onfray : en bas et extrêmement à droite, 19/4/2010, 237
Michel Onfray : Freud aime Mussolini et la gauche l’aime…, 24/4/2010, 239
Frédéric Schiffter : Précisions sur Freud et le nazisme, 29/4/2010, 242 c Sc : Michel Onfray ou la philosophie à coups de ragots, 29/4/2010, 242
244
Christian Dubuis-Santini : Freud avec Marx, et Marx avec Freud, 1/5/2010, 248
Michel Onfray : Oui, Freud avait un goût pour le fascisme, Libération, 3/5/2010, 251
Gérard Courtois : La France partagée entre déprime et crise de nerfs, Le Monde, 3/5/
2010, 253
Jacques Bouchard : La pensée détruite en s’attaquant au corps. Encore Auschwitz ?, 3/
5/2010, 255

Chapitre 21 : Les questions politiques : antisémitisme, racisme et
pensée d’extrême droite (2), 261

Catherine David : Le courage de Freud, 4/5/2010, 261
Diane Furet : Onfray-Roudinesco : place au psychodrame, Libération, 5/5/2010, 262
Collectif « Les mots sont importants » : Proposition de loi pour l’interdiction de Michel
Onfray dans l’ensemble de l’espace public, 5/5/2010, 263
Laura Sokolowski, psychanalyste : Freud et la montée du nazisme, 8/5/2010, 270 ky : À propos d’Onfray, 10/5/2010, 274
Michel Onfray : Éloge de quelques philosophes nazis, 12/5/2010, 276
Michel Onfray : La psychanalyse et les psychanalystes ont fourni pas mal de thèmes aux
théoriciens nazis, 24/5/2010, 276
17
Faysal Rida : Sur la bouche : retour freudien sur une « bonne blague » onfresque, 31/5/
2010, 279

Chapitre 22 : Les réactions de l’étranger, 283

Lettre de Mikkel Borch-Jacobsen à Jacques Bénesteau, CIFP, 18/4/2010, 283
Béatrice Gurrey : Ce débat si français qui fascine les intellectuels étrangers, Le Monde,
3/5/2010, p. 16, 284
Jacques Van Rillaer : Les légendes freudiennes de Mme Roudinesco, 6/5/2010, 286
Mikkel Borch-Jacobsen : Le crime de M. Onfray ?, Avoir suggéré que Freud n’était pas
de gauche, Le Monde, 7/5/2010, 292
René Major : Réponse à Mikkel Borch-Jacobsen, Le Monde, 8/5/2010, 295
Oscar Caballero : Onfray contra Freud, 9/5/2010, 296
Marlène Belilos, psychanalyste : À Onfray, la psychanalyse en Iran, au nom de Freud,
10/5/2010, article envoyé aujourd’hui à Rebonds, Libération, en réponse à l’article de
Onfray du 3/5/2010, 297
Le devoir (Canada) : Un livre provocateur - Polémique en France autour de Freud, 10/
5/2010, 298

Conclusion : Pour en finir avec la guerre des psys, 301

Coda : privatisation, cyberpolice, hypercapitalisme éditorial, 326

Références, 341














Pour communication avec l’auteur : et aussi son éditeur :
emile.jalley@wanadoo.fr ; tél-fax : 01 43 50 84 80 ; 09 72 95 08 00 ; 06 74 01 21 65.
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Émile Jalley : Google ; alapage.com; amazon.fr ; chapitre.com.









Introduction : le décret scélérat sur la psychothérapie

Une lecture rapide et soucieuse d’un bilan d’ensemble pourra
d’abord se concentrer sur cette introduction puis sur la conclusion de
notre livre (56 pages) et faire de même avec le précédent Anti-Onfray 2
(40 pages), soit environ 100 pages, quitte à entrer dans le détail aux
endroits qui attireront plus particulièrement l’intérêt. Même à ce niveau, on
pourra toujours abréger la lecture en ne suivant que les caractères
spéciaux, en gras ou en italiques, qui sont de nous avec parfois la mention
de nos initiales EJ.

Plus d’un lecteur risque de trouver surprenant, voire même
incongru, le lien établi par moi ici entre le dossier Onfray et ce que je prends le
risque, on verra plus loin et progressivement pourquoi, d’appeler le
décret scélérat sur la psychothérapie.

Le remous causé par l’affaire Onfray bat son plein de la mi-avril
jusqu’à fin mai environ, cependant que, vers ce moment (20 mai) est
publié le « décret relatif à l’usage du titre de psychothérapeute ». Sous ce
titre d’apparence anodine, il s’agit en fait d’un véritable guet-apens tendu
par l’institution médicale, soutenue par le pouvoir politique réactionnaire,
à la psychanalyse et à la psychologie clinique, en fait aussi à tout
l’ensemble de la psychologie non-clinique, le Judas cognitiviste borné qui
manœuvre dès longtemps contre les deux premières sans comprendre
qu’il court lui-même du même mouvement vers sa propre perte.

Le caractère pervers de ce dispositif n’apparaît sous son jour clair
que lorsqu’on étudie les mesures de détail recensées dans un tableau
final touchant le volume horaire de formation complémentaire en
psychopathologie requis en plus du cursus ordinaire Bac + 5 pour mériter le
hochet de psychothérapeute tel qu’agrémenté par l’actuelle République
inégalitaire des privilèges. On va en étudier les détails scabreux un peu
plus loin.
19
Par-delà son contenu manifeste, d’apparence simplement
technique et prétextant le motif hypocrite couramment invoqué de protéger
l’usager - en fait pour mieux l’enchaîner, la sorte de nouvelle verrue
législative qui se présente ici au décours d’un régime politique de plus en
plus discrédité - comporte un contenu latent, comme tous les mauvais
rêves, d’implication pire encore que son apparence.

Il ne s’agira de rien de moins, comme on va essayer de le montrer,
que de subordonner, sinon même de réduire totalement la psychanalyse,
et avec elle, l’ensemble des disciplines psychologiques, à la médecine, au
continent vaste et sombre - tant il peine à cerner lui-même sa propre
définition, des disciplines médicales : Métier ? Profession ? Art ? Pratique ?
Technique ? Technologie ? Science ? Technoscience ?

Il est donc tout simplement question à terme, ce qui n’apparaît pas
tout à fait d’emblée, d’affirmer l’hégémonie - en même temps que
technico-pratique - intellectuelle, scientifique et culturelle, sociale et politique
aussi, de la médecine strictement organique - ce qui ne saute pas tout de
suite aux yeux - sur toute espèce d’approche psychique, quelle qu’en soit
la perspective - qu’elle se dénomme psychologie (clinique et/ou
cognitive, peu importe) ou psychanalyse - psychiatrique même. Car il s’agira
alors d’une psychiatrie totalement biologique, excluant route trace de
réalité psychique. Donc, pour vous, pour nous, plus jamais d’âme, au
diable même l’esprit, rien qu’un corps, comme les veaux. Et c’est en ce
point que nous rejoint le camarade de gauche Onfray. Car que nous dit-il
en somme ? Que l’œuvre de Freud, c’est son corps, proposition d’une
sottise immonde, mais qu’il claironne tout de même à tue-tête. Alors
œuvre ou pas, l’homme n’est rien que corps, un sac de viande, quoi, mais
bon pour bosser tout de même : métro, boulot, dodo ! On a déjà
entendu parler de cela. Mais n’allons pas trop vite.

On a appelé lois scélérates de 1893-1894 des lois d’exception
votées à l’époque par les Républicains conservateurs contre le mouve-ment
des anarchistes. Eh bien, la psychanalyse et la psychologie clinique,
disons même l’ensemble de la psychologie, et même des sciences
humaines, sont vécues comme des sources sinon toujours efficaces, au moins
potentiellement dangereuses, d’anarchie à l’égard d’un pouvoir
ultraconservateur, ne parlant que de « réforme », mais en fait exclusivement
occupé à promouvoir un ordre social investi par le modèle d’un
HommeMachine dès longtemps fomenté (La Mettrie, Le Meilleur des mondes
d’Al20
dous Huxley, Metropolis de Fritz Lang) et récemment amélioré sous forme
d’un Homo cyberneticus, muni d’un esprit-cerveau (mind-brain) soi-disant
adapté à l’espace de l’économie hypercapitaliste (appelée par un
euphémisme regrettable néo-libérale). C’est donc la contre-réforme sous
l’apparence de réforme, un antonyme qui marche toujours et depuis des années
en piégeant des millions de benêts humant leurs bières après le boulot et
le métro, et juste avant le dodo, devant la télévision.

J’ai moi-même appelé parfois décret scélérat le décret
socialocommuniste Savary-Mitterand-Le Pors de 1984, qui aboutissait dans les
faits à soustraire 20 points de leur niveau de vie à la moyenne des
Professeurs des universités. Il y a là, soit dit en passant un vieux compte à
régler entre le corps des professeurs des universités et la gauche qui
souhaiterait faire le plein de ses voix aux prochaines échéances électorales. J’ai
parlé de ce scandale sur lequel je ne reviendrai pas dans mon premier
ouvrage de 2004 sur la Crise de la psychologie à l’université en France.

L’enjeu est d’une trivialité aussi obtuse que persévérante :
dissoudre le psychisme dans l’organisme, le mental dans le somatique, l’âme
dans le corps, l’esprit dans la matière, la pensée dans l’espace, le concept
dans la chose, et en fin de compte rabattre les sciences humaines sur les
sciences de la nature. Même la plupart des américains, ces idéalistes,
croient encore disposer d’un mind, fût-ce d’un mind-brain, distinct tout de
même du body. On fera mieux qu’eux dans l’aménagement de la nouvelle
bête humaine, dans l’ère postmoderne comme on dit, en la replaçant,
palpitante de vie bien contrôlée, comme en deçà de l’âge de pierre.

Ribot, le grand fondateur de la psychologie scientifique française,
était un homme d’une grande culture philosophique, mais qui,
probablement par crainte de trop « faire l’ange », s’ingéniait, selon le mot de
Pascal, à faire le plus possible « la bête » : il réclamait à cor et à cri, sans avoir
jamais fait aucune observation ni mené aucune expérience, rien qu’à lire
des dizaines de livres dans son cabinet, « une psychologie sans âme ». On
peut dire qu’il a enfin été servi, bien au-delà de ses souhaits, et que la
psychologie française n’a plus ni âme, ni esprit, ni même aucune
existence, sauf sa place institutionnelle à céder, en commun avec son
ennemie intime la psychanalyse, toutes deux l’une à côté de l’autre emmenées
dans la même charrette vers la guillotine, soit encore dans le même
wagon vers la solution finale, leur mise en bière par la médecine. Bravo,
c’est un beau résultat !
21
Mais venons-en maintenant au fait du fameux décret scélérat sur la
promotion du métier de psychothérapeute, qu’il va s’agir en réalité de
soumettre peu ou prou au paradigme de la médecine somatique, gardons
bien cela à l’esprit pour le moment.

Cependant, on n’abordera ce sujet précis qu’après un tout dernier
préalable, dont chacun devrait saisir l’importance conceptuelle, aussi bien
que stratégique et tactique.

Il n’est pas question ici d’esquisser l’histoire, fût-elle sommaire de
la notion de « psychothérapie ». Mais il est clair que, sans en requérir
l’usage exclusif, le champ de la psychanalyse revendique, dès les origines
de la discipline, comme l’une de ses appartenances, le domaine « De la
psychothérapie » (Über Psychotherapie, Freud, 1904), envisagée dès le début
encore comme « traitement psychique, traitement d’âme » (psychische
Behandlung, Seelenbehandlung, 1890) mis en jeu par un « médecin de l’âme »
(Seelenartz). En même temps, le lien que Freud revendique aussi d’emblée
entre la psychanalyse (1896) et la psychologie clinique (klinische Psychologie,
1899) représente également comme un brevet d’attribution à cette
dernière du thème et du champ de la psychothérapie. De pareilles évocations
sembleront complètement nuageuses à la plupart, le nez dans l’ornière du
« présent mourant », pour l’opposer au Présent Vivant (lebendige
Gegenwart) mis en vedette par Husserl en des temps plus joyeux.

On ne peut pas dire que la psychanalyse de littérature française se
soit beaucoup intéressée à cette pièce réellement importante de l’héritage
freudien, pas plus d’ailleurs qu’à pas mal d’autres. Le terme en est absent
de l’ensemble des dictionnaires de psychanalyse d’usage classique
(Vocabulaire de la psychanalyse, Laplanche et Pontalis, 1967 ; L’apport freudien,
Kaufman et col., 1993 ; Dictionnaire de la psychanalyse, Chemama et
Vandermersch, 1995). Il ne faudra alors pas s’étonner que la nouvelle
psychiatrie biologique qui se met progressivement en place dans toute
l’institution hospitalière, au moins ce qu’il en reste, vienne dérober à la
psychanalyse et à la psychologie clinique leur bien originel propre dans leur
dos, si ce n’est même sous leur nez, cependant que celles-ci lèveront les
bras en se récriant, avec des gestes de désespoir, comme dans les
anciens vaudevilles. Effectivement, elles auraient le plus grand mal à
argumenter leur protestation autrement que sur le ton de l’indignation
morale. Par exemple en osant démontrer publiquement à l’adversaire qu’il
n’est remarquable que par son crétinisme épistémologique, et que sa
pré22
tention à remplir l’outre de la science n’est rien que de la daube. Non,
non, non, on « respecte » d’abord la science, on fait génuflexion devant la
« schienche ». Sans la moindre idée que la science fondamentale pourrait
bien être celle du Sujet plutôt que celles de l’objet qui en dépendent, tout
en lui faisant sans cesse la leçon. À la « psychologie sans âme » de Ribot
s’opposerait la « science de l’âme » que postule résolument Freud
(Wissenschaft der Seele, 1927 ; Seelenwissenschaft, 1932), aucune n’excluant en
principe l’autre au double point de vue logique et épistémologique - ceci étant
d’ailleurs une autre histoire.



Le nouveau décret du 23 mai 2010 subordonne l’obtention du titre
de psychothérapeute à une formation spécifique en psychopathologie
comportant elle-même une formation théorique de 400 heures et un
stage pratique de 5 mois. Le projet de cahier des charges de cette
formation reprend 4 axes de connaissances présents dans d’anciennes
moutures du projet de décret, et définis on n’a jamais su par quels experts
secrètement nommés comme d’habitude par les Ministères concernés
(Enseignement supérieur, Santé). Voici ces 4 axes ou thèmes :

1. Développement, fonctionnements et processus psychiques
(100 heures, les psychologues étant dispensés seulement de ce
premier axe) ;
2. Critères de discernement des grandes pathologies psychiatri-
ques (100 heures) ;
3. Théories se rapportant à la psychopathologie (100 heures) ;
4. Principales approches utilisées en psychothérapie (100
heures).

Il faut savoir qu’une année universitaire de charge modérée
représente traditionnellement environ 400 heures de cours ou conférences,
soit 16 heures d’enseignement théorique étalées sur 25 semaines.

Et voici les différents types de clientèles susceptibles d’être
intéressées par le nouveau gadget :
1. Psychiatres : dispense totale des rubriques 1, 2, 3, 4, et du
stage.
2. Médecins non psychiatres : 100 h de 3 ; et 100 h de 4, total 200
h ; 2 mois de stage.
23
3. Psychologues cliniciens : 50 h de 2, 50 h de 3, 50 h de 4, total :
150 h ; 2 mois de stage.
4. Psychologues non cliniciens : 100 h de 2 ; 100 h de 3 ; 100 h de
4, total : 300 ; 5 mois de stage.
5. Psychanalystes régulièrement inscrits dans leurs annuaires : 100
h de 2 ; 50 h de 3 ; 50 h de 4, total : 200 h ; 2 mois de stage.
6. Professionnels n’appartenant à aucune des catégories
précédentes : 100 heures de chaque thème, total : 400 h ; 5 mois de
stage.

On fera les remarques suivantes :

Première remarque principale : Le thème 1 est défini avec une
grande inconsistance conceptuelle, s’agissant de la psychologie non
pathologique, donc apparemment développementale, puis fonctionnelle (de
quelle nature ? Cognitive, Sociale, Différentielle, Clinique, Biologique ?).
Clinique se distingue-t-il de pathologique et si oui comment ? «
Fonctionnement » se distingue-t-il de « processus » et comment ? Tout cela
produit une forte impression de grande précarité intellectuelle. Les
experts (cognitivistes et ou médicaux) qui ont osé produire ce chiffon sont
atteints d’une formidable incapacité théorique - ce que l’on savait déjà
depuis longtemps pour les premiers, pour ne pas parler du personnel
politique qui laisse publier pareil oripeau sous sa responsabilité.

Deuxième remarque principale : En tout état de cause, les
psychiatres dont la formation est de filière strictement médicale sont censés
connaître la psychologie générale, autant de psychologie générale que les
étudiants qui déjà ont besogné pendant 5 ans déjà à l’université de
psychologie. Les connotations implicites de ce discours sont évidentes :

Premièrement, les médecins ont une connaissance infuse de la
psychologie, ils se sont toujours présentés socialement en France comme
des connaisseurs en psychologie, il n’y a de psychologie que de tradition
et d’essence médicale. Et qui maîtrise le « corps » contrôle du même
coup l’ « âme », cette sorte de vague frisson qui tressaille dans le
mouvement des organes : le sait depuis les médecins de Molière, et leur latin de
cuisine, dignam matieram medici (Ballet du Malade imaginaire).

Deuxièmement, le niveau des 5 années d’études de psychologie
spécialisées ne vaudrait vraiment pas grand-chose. Pas plus en tout cas
24
que les 3 années du CES spécialisé en psychiatrie qui couronnent les 6
années précédentes de formation à la médecine somatique. Il y aurait un
certain degré de vérité dans cette évaluation cynique, étant donné le
degré de détérioration où en est arrivée la situation désastreuse de
l’enseignement de la psychologie à l’université. J’ai produit des données très
consistantes sur ce triste sujet, dont les évaluations précisément chiffrées,
pour ne pas me valoir la sympathie de beaucoup, n’ont jamais été
démenties par personne. Dans la dernière étude que j’ai produite sur ce
sujet en décembre 2009, à propos de la compétence des membres de la
Commission spéciale de l’AERES, j’arrivais à la conclusion consternante
que chacun d’eux produisait environ, au cours de 25 ans de carrière,
environ 1 page par mois, dans 85 % des cas en anglais de cuisine, et dans
85 % des cas aussi en s’y mettant par collectifs de 2-3 à 5-6 personnes.
Plus un livre personnel au cours de leur carrière. Je sais que cela est très
difficile à croire. Toutefois d’autres signes convergent avec ce bilan
lamentable. Il semblerait que le niveau des études de psychologie soit
nettement plus élevé par exemple en Allemagne. Voici.

Une jeune allemande de Brême me dit qu’elle a réussi récemment à
s’inscrire sans problème en psychologie à l’Université René-Descartes
Paris V de Boulogne-Billancourt, ce qui l’a beaucoup étonnée, alors
qu’en Allemagne, dit-elle aussi, sur 15 demandes qu’elle a faites,
seulement trois en psychologie mélangée (économie, gestion) lui sont
revenues comme favorables, alors que pour les autres on lui demandait de
justifier d’une moyenne d’au moins 18 au baccalauréat allemand (Abitur).
Autre espace, autres mœurs.

Ce n’est pas pour autant que le niveau de compétence en
psychologie générale généré par le CES de psychiatrie soit forcément très
audessus de celui des études de psychologie universitaires spécialisées. Et
sans doute la situation est-elle à cet égard paradoxale. L’accès aux études
ère èmemédicales est extrêmement difficile : le passage de 1 en 2 année met
en jeu des proportions d’admis comparables aux taux observables dans
les grandes Écoles ou aux concours d’agrégation de l’enseignement
secondaire, toutes choses égales d’ailleurs pour ce qui est des différences
d’âges et de contextes : 1 sur 8 environ cette année à Paris. Ceci dit, les
années suivantes sont consacrées à une formation exclusive en médecine
somatique, où intervient aussi une formation pratique mobilisant un
grand nombre de stages hospitaliers. Les rudiments en psychologie
médicale qui existaient jadis au tout début du cursus, et dont je me souviens
25
d’un manuel ad hoc, semblent avoir disparu. Quant à ce qui se passe en
CES de psychiatrie, l’opinion qu’on peut s’en former n’incline guère à
une évaluation très avantageuse. Dans une tribune récente de Libération
(16/7/2010), Élisabeth Roudinesco et Roland Gori évoquent « la
normalisation sociale et épistémologique actuelle de la formation des
psychiatres », désormais à l’abri de toute référence importune à la
psychanalyse, à l’inverse de ce qui se passait dans les années 1970-1990 à peu
près, avant la grande relève des départs à la retraite de la génération de
1968 : « à quelques exceptions près, la formation hospitalo-universitaire
en psychiatrie demeure sous l’ombre portée des thérapies
cognitivocomportementales (TCC), des neurosciences et du complexe industriel
formé par le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux
(DSM) et les psychotropes. » Dont acte.

Troisième remarque principale : les médecins non psychiatres ne
sont pas traités certes de manière aussi avantageuse que leurs collègues
psychiatres. Soumis à 200 heures de formation théorique en thèmes 3 et
4 (Théories en psychopathologie et Approches en psychothérapie), et 2
mois de stage, ils sont traités avec un avantage à peine moins marqué que
les psychologues cliniciens (150 heures théoriques) mais nettement plus
que les psychologues non cliniciens (300 heures). Ce que l’on pourra
considérer comme de l’ordre de l’« ironie » si l’on est gentil (Roudinesco
et Gori), mais autrement aussi comme de l’ordre de la provocation
statutaire, voire de l’arrogance professionnelle si ce n’est de l’outrecuidance
sociale. Les médecins généralistes sont supposés connaître d’instinct,
comme génétiquement, toute la psychologie générale (thème 1) et aussi la
nosographie psychiatrique classique (thème 2), ce qui relève d’un
présupposé véritablement scandaleux. Il leur suffira de se référer au DSM IV
édition de poche comme au Guide Vidal.

Le paradoxe dans tout cela, et qui reflète tout de même un nœud
gordien de contradictions, c’est la manière infâmante dont est traitée, par
le pouvoir médical, la psychologie non clinique, à prétention objective ou
scientifique, qui s’est toujours acoquinée à celui-ci comme un chien
fidèle dans tous les mauvais coups fomentés contre la psychanalyse : traitée,
la psychologie scientifique, ni plus ni moins que comme du pipeau, ou
même encore, passez-moi le mot, de la … fiente. Les psychologues non
cliniciens sont censés connaître à peu près leur leçon en psychologie
cognitive, mais rien de rien du reste, ce qui est probablement vrai dans la
situation actuelle, mais leur est dit avec une brutalité peu supportable
26
pour leur dignité. De ce point de vue, la médecine peine à se rendre
compte qu’elle se cause probablement du tort à mépriser avec un tel
excès le concept de la science dans un champ disciplinaire qui cherche le
même gente de parenté qu’elle-même avec la base biologique.

En même temps qu’il lui donne un coup de pied, Esculape donne
aussi un sucre à son chien cognitiviste en lui garantissant un débouché
après environ un an, 18 mois peut-être, de travail universitaire pour une
fois plus soutenu, vers le métier de psychothérapeute, le mettant du
même coup de façon perverse en rivalité avec le psychologue clinicien, pour
ne rien changer au rapport de haine héréditaire entre les deux camps, et
qui a été la principale cause du désastre irrémédiable actuel. Mao : une
contradiction non traitée à temps peut de non-antagonique devenir
antagonique, et létale pour le système. Que l’on ne croie pas pour autant que
je suis un « maoïste »…

Les psychanalystes sont traités de la même manière que les
médecins non psychiatres, ce qui revient à l’aveu public éclatant bien que
non proféré comme tel, que la psychanalyse elle aussi n’est pour le
réformateur médecin rien que du pipeau, tout comme la psychologie
cognitive scientifique : 200 heures de formation et 2 mois de stage également, à
ceci près que, tandis que les médecins non psychiatres sont censés
connaître la nosographie psychiatrique (dispense de la rubrique 2), les
psychanalystes devront l’apprendre entièrement (100 heures de la même
rubrique) à partir du DSM IV : ça leur apprendra à se guérir plus vite de
leur obstination à pratiquer la psychanalyse. Ils auront aussi à apprendre
les modèles théoriques en psychopathologie (thème 3) et les diverses
espèces de psychothérapies (thème 4) que les psychiatres ont déjà in the
pocket avec leur CES de luxe Bac + 10.

Reste enfin les autres « professionnels » titulaires d’un quelconque
Bac + 5, mais qui par exemple ? Disons un ingénieur universitaire, un
mastère d’anglais, ou de bibliothécaire, vous voyez ? Eh bien, c’est cool
tout de même : 18 mois de recyclage, et voilà encore un nouveau
psychothérapeute.

Tout cela laisse atterré, ou alors révolté, ou encore…quel autre
affect choisir au négatif ?


27

Le simple compte rendu que nous venons de faire du tableau des
profils de formation pour les diverses sources de candidats potentiels au
titre de psychothérapeute rend parfaitement clair ce que l’on annonçait
au début : le projet du pouvoir médical lié aux plus hautes sphères
conservatrices du pouvoir d’État de s’assurer le monopole de toute espèce de
gestion du psychique, seulement saisi comme un simple attribut enté
sans autonomie réelle sur le somatique. La psychologie clinique, le reste
même de la psychologie dite scientifique, la psychanalyse doivent en
ressortir amendées, réduites, voire même anéanties, faute d’imagination et
même de désir pour inventer quelque appendice qui puisse les remplacer.
En fait, le pouvoir médical n’aura jamais renoncé depuis les propositions
de compromis avancés par Lagache en 1949 à reprendre un jour la main.
Il en est de même du pouvoir politique de la classe des nantis dans ce
pays, qui n’a jamais renoncé non plus à récupérer, avec une hargne sans
défaillance, l’ensemble des concessions que les puissances d’argent
avaient dû consentir aux classes pauvres et moyennes en 1936, puis en
1945. C’est le même acharnement, dans l’un et l’autre cas, qui érode et
détruit, en des champs divers, l’énergie interne de ce pays dans une
guerre d’usure endémique.

La psychanalyse française s’est développée historiquement dans
une sorte de clivage. D’une part, la psychanalyse hors-université a
produit l’école de psychanalyse probablement la plus riche du monde,
comme j’ai tenté de le montrer dans La psychanalyse et la psychologie aujourd’hui en
France (2006). Cependant, elle-même, mais encore bien davantage la
psychanalyse à l’université, certes considérablement plus réduite au plan
numérique, mais dont bien des stratégies dans le réel ont dépendu, n’ont
pas su avec le même succès que Freud répéter son propre geste lorsqu’en
créant la psychanalyse, il entreprend de situer le système du dialogue et
des échanges de celle-ci avec ces trois partenaires principaux que sont la
psychologie, la médecine et la philosophie. Le conflit créé par le partage
de l’espace universitaire entre la psychanalyse et la psychologie est resté
depuis des décennies insoluble. L’antagonisme latent avec la médecine
n’a jamais pu non plus déboucher sur un compromis stable en raison
probablement de la puissance sociale inentamée d’un tel partenaire.
Enfin la distanciation d’avec la philosophie, encore plus sensible après le
décès de Lacan, laissait la psychanalyse dépourvue d’une capacité
argumentative assez puissante à l’égard de ses deux adversaires acharnés.

28
Dans mon ouvrage de 2004 sur La crise de la psychologie à l’université
en France, j’étais surtout sensible au fait que le conflit intra-universitaire
affaiblissait dangereusement la capacité créative des deux adversaires, la
psychanalyse me paraissant encore à l’époque conserver un certain
avantage de dynamisme à l’égard de la psychologie scientifique.
Brusquement, avec le rapport Inserm de 2004, le Livre noir de 2005, puis en 2010
enfin, le livre d’Onfray en avril, le tout nouveau décret du 20 mai, les
forces de déclin ont progressé très vite.

De ce fait, la psychologie comme la psychanalyse vont passer sous
les fourches caudines, sous l’autorité administrative et policière de la
médecine, des Docteurs Diafoirus, Macroton, Filerin, Purgon, Tomès et
autres médecins de Molière. Même la psychologie cognitive y laissera sa
peau. Car les Diafoirus et Compagnie n’ont au bout du compte pas
besoin d’elle. Et c’est ce que ses hiérarques stupides n’ont jamais compris,
depuis des décennies qu’ils luttent avec fureur, dans l’espace du cirque
universitaire, contre la psychanalyse à l’université. Les cognitivistes
seront jetés dans l’abîme, la pierre au cou, en même temps que les
psychologues cliniciens et les psychanalystes.

Mais qu’on y prenne garde, le jeu n’est pas fini, cela se passe
comme dans la doctrine militaire de la guerre subversive dite jadis des
dominos, ou encore comme dans le jeu des quilles alignées : le premier
élément à tomber entraîne le second dans sa chute, puis celui-ci le
troisième, et ainsi jusqu’au dernier. Les militaires, luttant contre le Viêt-Cong
ou les fellaghas, croyaient qu’un premier bastion tombé entraînait la
chute d’un autre. Malins, non ! ?

Donc, même les nouveaux psychiatres neuroscientistes, qui se
frottent en se moment les mains de tirer du feu les marrons chauds de la
psychothérapie, subiront un jour le même sort que les psychologues
qu’ils auront d’abord précipités dans la géhenne. On n’aura même plus
besoin de leur reste d’âme, de leur mind, même sous forme d’un
mindbrain. Quoi ! 12 000 psychiatres en France sur quelque 30 000 médecins,
mais c’est beaucoup trop ! Alors, déjà depuis quelques années, on a
resserré de plus en plus, et même quasiment fermé, leur recrutement.

Même les médecins généralistes, qui se voyaient déjà hériter au
bout du compte du rôle de distributeurs de pilules du bonheur, ont à
s’inquiéter. On ferme des hôpitaux et on les reconcentre, et ne resteront
29
bientôt plus que de grands mouroirs régionaux. Mais les quilles
tomberont encore bien au-delà : peut-être disposera-t-on un jour de
distributeurs de pilules sur diagnostic à programmation automatique, comme les
nouvelles machines à billets dans les gares. On gardera un certain
nombre de grands cabinets de vétérinaires instrumentés dans les chefs- lieux,
peut-être seulement dans les capitales des provinces, où les gens feront la
queue par centaines, comme on a vu cet hiver pour les absurdes
vaccinations de Rosine Bachelot touchant le bétail humain. Beaucoup de
médecins généralistes de la jeune génération se sentent menacés et s’inquiètent
avec raison. Même le Figaro-Magazine (3/7/2010), peu suspect d’appeler
les masses à la révolution, s’inquiète de l’incurie de ces gestionnaires
d’une hyperdroite ubuesque. « Appel de 200 patrons médecins au
président de la République : « Sauvons l’hôpital public ». Selon eux, les
réformes en cours et la publication prochaine des derniers décrets
d’application de la loi hôpital, patients, santé et territoire (HPST)
menacent le système hospitalier… On tend à remplacer la complémentarité
entre les trois secteurs, hôpitaux publics, privés et à but non lucratif et
cliniques privées, par une concurrence entre les établissements… Un
risque majeur pour nos hôpitaux… Aujourd’hui, la sécurité de prise en
charge des patients est clairement en danger… La défense de notre
système de santé repose sur une autonomie des décisions médicales. La
réforme en cours va accentuer les inégalités aux soins… Tous les jours,
je vois des infirmières débordées, stressées et j’entends que le budget doit
baisser et qu’elles sont encore trop nombreuses. » Voilà ce qui peut se
lire aujourd’hui dans les quotidiens dits de droite. Même la droite se fait
peur à elle-même de ses propres excès. Elle se ferait presque pleurer
ellemême à chaudes larmes.

Mais Onfray dans tout cela ? Dans son combat haineux contre la
psychanalyse, eh bien il est du même côté, dans le même camp, que les
têtes politiques qui ont apposé leurs noms au bas du décret : Fillon,
Pécresse, Hortefeux. Mais qui ne le comprendrait ? Et à qui cela peut-il
échapper, même en courant acheter, le cœur battant, l’esprit ému, d’une
main fébrile, son pavé illisible ? Toujours dans le peloton de tête des
chiffres de vente environ 6 mois plus tard, il faut bien l’avouer…

Onfray nous dit que la pensée et l’œuvre de l’homme, c’est son
corps. Tandis que les autres poussent à la roue pour promouvoir un
humain réduit à une machine béhavioristo-cybercognitiviste, munie d’un
degré de liberté bidon. Mais c’est le même combat : il s’agit d’écraser
30
l’âme comme un moustique importun contre la viande d’un corps promu
à secréter un excédent de profit pour le capital, et l’autre moitié tout au
plus en valeur d’échange pour lui, afin de survivre avec la seule dignité
civique de client du supermarché du voisinage.

J’ai parlé d’Ubu, qui semble être une référence fondamentale et
classique de la mentalité française, de sa capacité rare, dans tous les sens
du terme, à révéler le grotesque politique, à dévoiler l’obscénité du
pouvoir, dans la dérision du phénomène de ses symboles caricaturaux. Au
bout de la série bien connue des Ubu Roi, Ubu cocu, Ubu enchaîné, Ubu sur
la butte d’Alfred Jarry, il faudrait ajouter un jour un Ubu psy, à condition
que quelqu’un fût capable de l’écrire. La manière dont le pouvoir depuis
des décennies tourne en bourrique les professions de psychologues n’est
pas due qu’à la mauvaise volonté ni à l’incompétence, mais ressort
probablement aussi d’un sadisme ludique qui donne un grand plaisir à ceux
qui l’exercent pour rire entre eux de la sottise du bétail qu’ils ont en
charge de gérer, en le leurrant et le bernant pour la plus grande joie de la
galerie des premières. C’est franchement une situation moliéresque de
voir imposer aux psychanalystes d’avoir à réviser leur nosographie
psychiatrique (thème 2), la différence entre névroses et psychoses, entre la
schizophrénie et la paranoïa, alors que les médecins généralistes non
psychiatres, censés y être à l’aise dès leur sortie de la Faculté de
médecine, en seraient dispensés. Mais enfin, ces chers collègues, que des
ennarques blafards se foutent d’eux à ce point, et qu’ils soient à peine
capables de s’en apercevoir, d’ouvrit la paupière, de bouger un doigt, c’est
tout de même insensé, non ?

Qu’il s’agisse par ailleurs, derrière la mise au pas des disciplines
psys par les sciences biomédicales, d’une tentative plus générale pour
étouffer les sciences humaines sous la lourde botte des sciences de la
nature, comme on en a déjà parlé plus haut, c’est parfaitement clair à de
multiples autres indices, par exemple la suppression des programmes
d’histoire et de géographie dans les Terminales S, fomentée par un
conseiller de l’Élysée et sans que cela ait soulevé la moindre émotion
durable. Napoléon III avait supprimé les agrégations d’histoire et de
philosophie. Même Pétain n’avait pas osé refaire cela. Ou bien encore les
techniques des sciences humaines les plus difficiles à manier avec honnêteté
intellectuelle, comme avec objectivité méthodologique, par exemple les
enquêtes d’opinions, sont journellement prostituées de la façon la plus
31
abjecte depuis quelques années dans toutes sortes de tripatouillages
onéreux exercés par des maquereaux de rencontre promus par le Prince.



Face à ce coup de culot politique, les psys semblent pour l’instant
plutôt désemparés, ils commencent certes à s’organiser pour protester,
mais comme dans le bruissement des opinions diverses - un peu comme
les cigales, les grillons, les criquets - désireuses de s’unir, mais peinant
tout autant à se composer entre elles, comme d’habitude dans la
corporation.
Un premier intervenant, au moins connu de moi, assez
rapidement, une quinzaine de jours (6/6/2010) après la parution du décret,
Philippe Grosbois, Maître de conférences de psychopathologie à Angers,
parle, à propos du nouveau titre de psychothérapeute, d’ «
incompétence légalisée pour tous », de « psychothérapeutes état-proclamés » venant
remplacer les « psychothérapeutes auto-proclamés » des diverses
associations extra-universitaires privées déjà assez bien connues. Il moque
« l’hypertrophie du Moi des psychologues », qui considéreraient avoir le
droit d’accéder à un titre de psychothérapeute sans autre viatique qu’une
formation en psychopathologie ayant du reste, en tout état de cause, peu
de chose à voir avec une véritable « formation à la psychothérapie ». Il
soutient encore que l’attraction exercée sur les psychologues cliniciens
par le « psychothérapique » reproduit à distance celle pour le «
psychanalytique » décrite vers les années 70 par Jacques Gagey. Il traite encore ces
malheureux de « paons orgueilleux sans vergogne » prêts à se faire les
« charlatans de la psychothérapie ».

D’emblée, on comprend bien pourquoi Accoyer et ses amis
peuvent rire sous cape d’avoir affaire à des adversaires de ce genre,
ergoteurs, mais tout aussi indécis, divisés, incapables de faire front tous
ensemble du même mouvement, toutes griffes dehors. C’est là le mal
français, déjà bien identifié chez les Gaulois par Jules César.

D’après le même Grosbois encore, le Président de l’Assemblée
Nationale, Bernard Accoyer, qui est à l’origine lointaine de ce décret du
20 mai, a pourtant souligné récemment que son contenu « ne concerne
strictement en rien les psychiatres, les psychologues cliniciens ni la
psychanalyse ».

32
Ce qui est une énorme contrevérité. Ou ce personnage ment toute
honte bue, ou bien il a oublié son dossier.

Grosbois note encore une autre forme du désordre sciemment
organisé par le même personnage et ses alliés, lequel formule qu’en ce qui
concerne la formation à la psychothérapie proprement dite (thème 4),
« la formation académique ne saurait se substituer aux dispositifs
spécifiques d’apprentissage et de transmission des méthodes
psychothérapiques », mais sans que, paradoxalement, ni la loi (de 2004) ni le décret
(de 2010) ne précisent « quels devraient être ces dispositifs », et alors que
par ailleurs encore, « la délivrance du titre de « psychothérapeute » devrait
normalement correspondre à des compétences psychothérapiques
(réelles, et tout autant pratiques que théoriques) et non seulement
psychopathologiques ».

Oui, je sais, déjà le lecteur n’y comprend plus rien ; mais c’est fait
pour ça : c’est le foirail de Byzance, le caravansérail de l’antique Bagdad,
l’agitation des fourmis dans la Tour de Babel. Depuis toujours, la
communication entre psys relève de cette incertitude cotonneuse. Les
autorités politiques n’ont qu’à donner encore un coup de pied de temps en
temps, pour rire, dans la fourmilière. De toute manière, c’est la fin, finita
la commèdia : la médecine organiciste a d’ores et déjà la partie gagnée.
Pourtant, les centaines de pages que nous avons publiées avec
AntiOnfray 2 et que allons encore publier avec cet Anti-Onfray 3 montrent
qu’une opposition résolue existe, pourrait encore exister, d’une certaine
qualité intellectuelle au surplus, à cette issue fatale.

Grosbois rapporte encore la position de Laurent Le Vaguerèse,
psychanalyste et webmestre du site « œdipe.org » consistant à dire que
quiconque indique de manière fondée qu’il exerce à titre de «
psychanalyste « ou de « psychologue » n’a rien à faire de la loi ou décret
concernant le titre de psychothérapeute, « du moins en l'état actuel des
choses ».

Il rapporte aussi la position assez intéressante, peut-être même
assez inattendue, de François Kammerer, vice-président de l’Association
Française de Psychiatrie et du Syndicat des Psychiatres Français, qui
soutient que « ce décret va entraîner une déqualification de la
psychothérapie et même d’une partie de la psychiatrie ». Sans que l’on sache si
33
cette position s’oppose à la médicalisation intégrale de la psychothérapie
ou si au contraire elle la réclame encore davantage.

Il dit encore que les diverses organisations de «
psychothérapeutes » ont déjà « compris que ce nouveau label d’État était une outre vidée
de son contenu et s’orientent d’ailleurs vers une autre appellation non
contrôlée de leur pratique. » Il va falloir phosphorer.

Il ajoute encore qu’il a « honte en tant que psychologue formé à la
psychothérapie de la position prise par ses pairs », de les voir, sans
référence à aucun principe éthique, s’apprêter collectivement, avec la
complicité de certaines universités, à tromper légalement les usagers, via cette
« dérive légalisée » organisée par le décret, sur leur qualification et leurs
compétences de « psychothérapeute », qu’il convient, pour les instances
universitaires, de ne rien organiser, de ne siéger nulle part, et que ce qui
reste à faire aux psychologues cliniciens, c’est à « exercer une activité
psychothérapique en tant que psychologue » et à « renoncer à faire usage
du terme de « psychothérapeute » », à en faire leur deuil.

Grosbois donne encore des informations sur l’état des choses dans
certains pays étrangers, par exemple en Italie où seuls les psychologues et
les médecins peuvent pratiquer la psychothérapie sous réserve qu’ils aient
suivi une formation post-master ou post-doctorat d’une durée de quatre
ans ( !), cette formation étant dispensée soit par des universités agréées
soit par des écoles psychothérapiques privées agréées par le Ministère de
la Santé. Il nous dit aussi que la Fédération Suisse des Psychologues a
établi également des critères de formation psychothérapique semblables
très stricts.

Grobois, si l’on comprend bien, n’en a donc rien à faire du hochet
de psychothérapeute offert par le décret du 20 mai, tout en dénonçant
l’incompétence des psychologues cliniciens produits par le système
actuel. Il est contre le décret mais en réclamant en fait le principe d’un
supplément de formation postmaster en conformité avec le décret, ce qui
fait partie de ces incohérences typiques et à terme mortelles que l’on voit
couramment dans le double champ de la psychologie clinique et de la
psychanalyse depuis des décennies.

Dans le même temps une autre tendance prend consistance et
s’impose, du reste visée par Grosbois, qui réclame pour les psychologues
34
cliniciens la possession du titre de psychothérapeute du fait même de
leur formation universitaire existante, et dans des conditions homologues
à celles des psychiatres, sans la pénalité de ce différentiel de formation
complémentaire prévu par le décret entre psychologues cliniciens et
psychiatres.

Un autre intervenant, Maximilien Bachelart, surgit donc un mois
plus tard (14/7/2010), dans une situation un peu mieux clarifiée, qui fait
état de deux courants, l’un pro-décret représenté par des regroupements
universitaires qui préparent déjà, dans le cadre de la formation continue,
des Diplômes universitaires (DU) portant la mention « psychothérapie »
et satisfaisant aux exigences formulées par le décret ; l’autre anti-décret,
qui semble prendre de l’ampleur, regroupé autour d’une pétition qui a
déjà recueilli plus de 10 000 signatures, soutenant que les psychologues
cliniciens ont déjà suivi à l’université la formation (enseignements et
stage) que le décret impose dans son annexe, prônant donc une
modification des conditions d’accès au titre définies par le décret, et qui
proposent une rencontre avec les ministères de la Santé et de l’Enseignement
Supérieur, laquelle pourrait finalement avoir lieu le 28 juillet.

Par ailleurs, à l’appui d’une telle tendance, l’Association «
Analyser », dont le président est François-R. Dupont-Muzart, du site
d’informations « Psychanalogie », a décidé d’un « Recours contentieux pour
excès de pouvoir devant le Conseil d’État », afin d’obtenir l’annulation
partielle du décret.


Le 16/7/2010 paraît dans Libération une Tribune intitulée «
Encadrer la psychothérapie… au profit de qui ? » et signée par Élisabeth
Roudinesco et Roland Gori.

Les auteurs notent que le nouveau décret relatif au titre de
psychothérapeute revient à créer « dans le champ de la santé mentale une
nouvelle profession à mi-chemin entre le psychologue clinicien et le
psychiatre… un nouveau métier de santé ». Que ce faisant, on « établit une
hiérarchie arbitraire des professionnels conduisant à une médicalisation
abusive de la psychothérapie : la dispense totale des suppléments de
formation n’étant accordée qu’au psychiatre, promu modèle idéal du
psychothérapeute. » Que la formation à la psychopathologie clinique prévue
en vue de l’obtention de ce titre s’insère « dans un nouveau dispositif
35