Pasteurs nomades et transhumants autochtones

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Les pasteurs nomades et transhumants constituent 100 à 200 millions de personnes dans le monde. Ils apportent une contribution importante aux économies locales, nationales et régionales. Les pasteurs ont beaucoup à offrir en termes de connaissances autochtones uniques, de contributions économiques, de diversité culturelle, etc. Mais, pour leur permettre de développer pleinement leur potentiel, il est nécessaire de corriger les idées fausses et de mettre en place de nombreux programmes et politiques de soutien.
Publié le : mercredi 1 septembre 2010
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EAN13 : 9782296262270
Nombre de pages : 151
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pasteurs nomades transhumants autochtones
Collection « Questions Autochtones »
Il y a dans le monde plus de 350 millions d’autochtones répartis entre 5 000 peu-ples au moins, dont la situation varie selon le degré de reconnaissance de leurs droits par les États qui les englobent.
Marginalisés politiquement, économiquement et culturellement par les événe-ments historiques qu’ils ont subi (conquêtes, guerres, spoliations de leurs territoires et de leurs ressources, atteintes à leurs visions du monde), ces peuples revendiquent des droits dans les États dont ils veulent faire évoluer la gouvernance.
La Collection « Questions Autochtones » souhaite faire connaître au public fran-cophone les expériences de développement des peuples autochtones dans les domaines politiques, économiques, sociaux et culturels, ainsi que les luttes qu’ils mènent auprès des organisations internationales pour la reconnaissance de leurs droits à disposer d’eux-mêmes et la protection de leurs droits humains.
Les ouvrages sont rédigés par des experts, aussi bien autochtones que non autoch-tones.
La Collection « Questions Autochtones » est la traduction en français de la revue « Indigenous Affairs » publiée en anglais et en espagnol par IWGIA, the International Work Group for Indigenous Affairs, basé à Copenhague au Danemark (www.iwgia.org).
Cette Collection est dirigée par le GITPA (Groupe International de Travail pour les Peuples Autochtones), branche francophone de IWGIA (International Work Group for Indigenous Affairs).
Déjà parus : • Droits territoriaux des peuples autochtones, 2005, 123 p. • Paroles de femmes autochtones, 2006, 175 p. • Exploitations forestières et peuples et autochtones, 2006, 165 p. • Peuples autochtones d’Afrique et Objectifs de Développement du Millénaire, 2007, 132 p. • Gaz, pétrole de l’Arctique et peuples autochtones, 2008, 168 p. • Changements climatiques et peuples autochtones, 2009, 159 p.
© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75 005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-12463-9 EAN: 9782296124639
Groupe International de Travail pour les Peuples Autochtones (GITPA)
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pasteurs nomades transhumants autochtones
Pasteurs nomades et transhumants autochtonesest une réédition de la revue « Indigenous Affairs » (n° 3-4 2009) publiée par International Work Group for Indigenous Affairs (IWGIA), Copenhague, Danemark.
Coordinatrice éditoriale de ce numéro Marianne Wiben Jensen Responsable de la publication pour GITPA/L’Harmattan Patrick Kulesza Traductions en français Gaëlle De Bourayne Révision des traductions Simone Dreyfus-Gamelon Maquette Jorge Monras, Jeanne Traon www.la souirs.org
GITPA Groupe International de Travail pour les Peuples Autochtones Rédaction et achat : 3, rue de la Châtaigneraie 92310 Sèvres Tel :01 45 07 99 65/06 78 28 21 55 Fax :01 46 26 81 73 Courriel :gitpa.iwgiafrance@wanadoo.fr Site Internet :www.gitpa.org
© IWGIA 2009 © GITPA-IWGIA France 2010
Éditorial
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Les pasteurs nomades du Tibet : 13 tradition, transformation et perspectives
La création de richesses grâce 31 à la variabilité de l’environnement : l’économie du pastoralisme dans les zones arides d’Afrique orientale
Déplacer, chasser et intimider : 47 une demi-décennie d’hostilité et de rancœur envers les peuples autochtones en Tanzanie
Le pastoralisme et les défis 61 du changement climatique
Les Droits de l’homme et les défis 77 du développement qu’affrontent les femmes pasteurs autochtones : l’expérience de Laikipia et Samburu au centre nord du Kenya
Les pasteurs nomades 99 au Burkina Faso
La constitution d’un réseau régional avec les communautés pastorales d’Afrique de l’Ouest : le Réseau Billital Maroobe
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Le pastoralisme 125 en Sibérie occidentale : les défis qu’affrontent les éleveurs de rennes
sOMM àiRE
Marianne Wiben Jensen
John Isom
Ced Hesse
Edward Porokwa
Joseph Ole Simel
Rebecca Lolosoli Johnson Ole Kaunga
Issa Diallo
Dodo Boureima
Stephan Dudeck
Marianne Wiben Jensen
É DiTO Riàl
Ce volume deQuestions Autochtonesconcerne la situation de millions d’autochtones, pasteurs nomades et transhumants qui gèrent des environnements difficiles rendus productifs grâce à des cultures et des modes de production uniques. Cependant ils sont, dans le monde entier, victimes de nombreux mythes et incompréhensions, qui ont conduit à la mise en œuvre de politiques de développement inadaptées et souvent hostiles, à une profonde pauvreté de leurs populations, à la discrimination et à de nombreuses violations des droits de l’homme. Les pasteurs nomades ont beaucoup à offrir en termes de connaissances autochtones uniques, de contributions économiques, de diversité culturelle, etc. Mais, pour leur permettre de développer pleinement leur potentiel, il est nécessaire de corriger les idées fausses et de mettre en place de nombreux programmes et politiques de soutien.
L’importance du pastoralisme
Les pasteurs nomades et transhumants constituent environ 100 à 1 200 millions de personnes dans le monde . Ils vivent dans de nombreuses parties du monde, en Afrique, en Asie centrale, dans l’Arctique et au nord de l’Europe. En Afrique sub-saharienne seulement, on les estime à plus de 50 millions. Les cultures et modes de vie pastoraux, basés sur l’élevage des bovins, des chèvres, des moutons, des yacks et des rennes - sont particulièrement bien adaptés à la survie au sein d’environnements difficiles et à une utilisation productive des terres semi-arides, arides et des déserts. Des recherches scientifiques en nombre croissant démontrent que les pasteurs et le pastoralisme apportent une contribution importante aux économies locales, nationales et régionales. Les articles de Ced Hesse et de Joseph Ole Simel montrent que, dans des conditions environnementales similaires, le pastoralisme en Afrique est beaucoup plus productif à l’hectare que l’élevage commercial ou sédentaire. En outre, la productivité élevée des systèmes pastoraux permet non
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seulement la survie de millions de pasteurs nomades, mais contribue également, de manière significative, à d’autres secteurs des économies nationales et régionales.
La mobilité
Ainsi que le soulignent les articles de ce numéro deQuestions Autochtones, l’aspect essentiel du pastoralisme nomade est la mobilité. Les zones dans lesquelles vivent les pasteurs sont très souvent difficiles et non fertiles, avec des conditions environnementales extrêmes, il est donc impératif pour eux de se déplacer sur de grandes surfaces pour trouver des pâturages et de l’eau pour préserver leurs troupeaux. L’espace nécessaire et la mobilité s’accroissent, en raison du changement climatique qui aggrave des conditions climatiques déjà extrêmes. Ces conséquences sont décrites dans les articles de Joseph Ole Simel, de Stephan Dudeck et de John Isom, mettant l’accent, respectivement, sur l’Afrique orientale, la Russie et le Tibet. Les représentants des pasteurs, qui ont récemment e participé à la 15 Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP 15) à Copenhague, ont fortement souligné les graves conséquences du changement climatique pour les pasteurs nomades et la nécessité de développer des stratégies d’adaptation. L’espace disponible pour les pasteurs nomades diminue rapidement, ils sont de plus en plus victimes, dans le monde entier, de dépossession de leurs terres et de leurs ressources naturelles. Ils sont expulsés des zones qu’ils ont habitées et utilisées pendant des siècles, pour faire place à l’agriculture sédentaire et commerciale, à l’extraction des ressources naturelles, à des initiatives de protection de l’environnement, à la chasse commerciale de la faune sauvage, au développement du tourisme, etc.
Des stéréotypes négatifs
Les gouvernements et les sociétés dominantes sont malheureusement en grande partie ignorants de la dynamique et des contributions du pastoralisme, et les pasteurs souffrent de stéréotypes négatifs et d’une discrimination bien enracinée. Bien qu’étant utiles à la promotion du tourisme, et apparaissant comme des attractions
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exotiques et colorées dans les publicités, ils sont généralement perçus comme arriérés, irrationnels, improductifs, à l’origine de nombreux conflits et de la destruction de l’environnement. En outre, ils sont souvent insuffisamment représentés dans le processus décisionnel national et ne sont pas bien organisés, aux niveaux local, national ou régional. Ils tendent donc à être en position de faiblesse lorsqu’il s’agit de conflits et de compétition sur les terres et les ressources naturelles. Les incompréhensions et le manque de volonté d’écouter et d’apprendre de la part des gouvernements ont conduit à l’adoption de politiques de développement inadéquates et hostiles. Tel est le cas en Tanzanie — comme le décrit l’article d’Edward Porokwa — où le gouvernement actuel, clairement anti-pastoraliste, a adopté un certain nombre de mesures qui ont une incidence négative sur cette activité. Le Tibet et la Russie sont des cas récents où, comme le décrivent John Isom et Stephan Dudeck, les modes de vie et l’existence des pasteurs nomades ont été minés par des politiques de développement désastreuses. Les stéréotypes négatifs à l’encontre des pasteurs entraînent de graves violations des droits de l’homme. Celles-ci prennent de nombreuses formes telles que, par exemple, leurs expulsions forcées, décrites par Edward Porokwa dans son article sur la Tanzanie. Dans certains cas, les stéréotypes négatifs entretiennent une culture d’intolérance ethnique et de haine. Telle est la situation au Burkina Faso et au Niger où Issa Diallo décrit les massacres horribles commis à l’encontre desPeuls au Burkina-Faso. Les pasteurs nomades, en général, souffrent de marginalisation, mais leurs femmes sont doublement marginalisées, comme pasteurs et comme femmes. Beaucoup de cultures pastorales sont profondément patriarcales et ceci - combiné avec les formes modernes de développement et de prise de décisions, également dominées par les hommes – élimine les femmes de pasteurs. Dans leur article, Rebecca Lolosoli et Johnson Ole Kaunga décrivent la situation des femmes de pasteurs dans le nord du Kenya et mettent en évidence de graves problèmes tels que la violence généralisée qu’elles subissent.
La voie à suivre
On notera que, malgré les nombreux défis auxquels elles font face, les communautés pastorales agissent de plus en plus pour améliorer
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leur situation et revendiquer leurs droits. L’auto-organisation et le renforcement de leurs capacités d’organisation sont des éléments clés. Dans son article, Dodo Boureima décrit comment les organisations pastorales de l’Afrique occidentale ont formé un réseau régional de défense de leurs intérêts économiques, politiques, sociaux et culturels. Comme l’a souligné Ced Hesse, une société civile de plus en plus écoutée et organisée est en train d’émerger - notamment en Afrique orientale - et contribue à maintenir le pastoralisme à l’ordre du jour politique. Afin de continuer à développer un plaidoyer en faveur de politiques propices au pastoralisme, il est - comme le soutient Ced Hesse - important pour les pasteurs et leurs partisans de conduire de nombreuses recherches de terrain sur l’apport économique global du pastoralisme. Et ce, afin de recueillir des preuves tangibles des multiples contributions du pastoralisme aux économies locales et nationales. Il est important pour les pasteurs nomades d’élaborer des stratégies nationales d’adaptation au changement climatique. Il est également nécessaire de rappeler aux décideurs les avantages économiques, sociaux et culturels qu’ils retireraient en soutenant les stratégies d’adaptation des pasteurs eux-mêmes. En outre, les bailleurs de fonds qui soutiennent les initiatives étatiques d’adaptation aux changements climatiques doivent garder à l’esprit qu’il est de leur devoir d’accorder une attention particulière aux groupes les plus vulnérables. Ce plaidoyer peut s’appuyer sur la« Résolution sur les changements climatiques et les droits de l’homme et la nécessité d’étudier leurs conséquences en Afrique »,de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples du 25 novembre 2009, qui met l’accent sur la nécessité d’inclure les droits des peuples autochtones dans les mesures d’adaptation au changement climatique. Le droit des pasteurs nomades à maintenir et à développer leurs propres identités, cultures et modes de vie relève des droits de l’homme ; il est important que les organisations pastorales s’appuient sur le droit international dans leur travail de sensibilisation nationale. Un document clé est la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), récemment adoptée, qui contient des clauses relatives aux droits individuels et collectifs des peuples autochtones, y compris leurs droits à la terre, aux territoires et ressources et le droit de ne pas être expulsés de force de leurs terres et
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