02b1006_memoire_Laure Pagès mémoire PLC2

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02b1006_memoire_Laure Pagès mémoire PLC2

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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IUFM Académie de MONTPELLIER Site de PERPIGNAN                                                                        PAGES Laure      LE TRAVAIL SUR SOI :  UNE DEMARCHE VERS L’EFFICACITE      Discipline : espagnol Classes :2ndeLV2 et 1èreSTT LV2 Etablissement :Lycée Aristide MAILLOL Commune : RPPEGIAN N                                                      Tuteur du mémoire :Madeleine ALFOCEA  Assesseur :Isabelle SANTAROSSA                                                                           Année scolaire 2001-2002
              « Qui ne continue pas d’apprendre,               de s’affronter à une réalité qui résiste  toujours plus ou moins, ne peut guère  se prétendre enseignant. »                                                                     Philippe Meirieu1                                                                      1MEIRIEU Philippe,Apprendre…oui, mais comment, ESF Editeur, Paris,1987.
 
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                                               Résumé    Résumé en français   Les premiers mois d’enseignement représentent, pour le professeur débutant, une période d’intense recherche personnelle et professionnelle à la fois. Dans ce mémoire, je présente les diverses étapes de cet indispensable travail sur moi-même qui m’a amenée à remettre en question mes a priori et à affronter mes difficultés dans le but de favoriser l’apprentissage de mes élèves. Grâce à cette démarche constructive, je me suis efforcée de modifier et améliorer mes pratiques pédagogiques au sein de mes classes afin que mon enseignement devienne chaque jour plus efficace.    Résumé en espagnol   primeros meses de enseñanza representan, para el profesor novato, unLos periodo de intensa búsqueda personal y profesional a la vez. En esta tesina, presento las varias etapas de este indispensable trabajo sobre mí misma que me ha llevado a poner en tela de juicio mis prejuicios y a enfrentarme a mis dificuldades con el fin de favorecer el aprendizaje de mis alumnos. Gracias a este paso constructivo, me he esforzado en modificar y mejorar mis prácticas pedagógicas dentro de mis clases para que mi enseñanza se vuelva cada día más eficaz.    Mots clés : efficacitéTravail sur soi – démarche –doutes - prise de conscience –  –tentatives – apprentissage –remise en question.   
 
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 Appréciations du jury   
    
 
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                                                SOMMAIRE  RESUME 3  INTRODUCTION 6  I- 8MES A PRIORI 1. Mes peurs et mes angoisses 8 2. Le passage étudiante/enseignante 9 3. Ma vision de la mission du professeur d’espagnol 10  II- 13LE PASSAGE A LA REALITE 1. Présentation de mes classes et des premiers contacts 13 2. Tâtonnements et mimétismes 16 3. Désillusions et difficultés 18  III- 22REMEDIATIONS ET PREMIERS BILANS 1. Former ses classes 22 2. Oui, ils écoutent et apprennent ! 28 3. Bilan de ces premiers mois d’enseignement 30  CONCLUSION 32  BIBLIOGRAPHIE 33  ANNEXE 34
 
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                                          INTRODUCTION  Le métier de professeur consiste, tout d’abord, à instruire les élèves, c’est-à-dire à leur transmettre des connaissances à acquérir, mais aussi à développer leur autonomie et à éveiller leur esprit critique. Cette définition, pourtant simplifiée et donc quelque peu réductrice, permet déjà de souligner l’ampleur de la mission de l’enseignant.  Le monde des enseignants, je le connais bien car ma mère est institutrice et, depuis toujours, par le biais de ses anecdotes concernant ses pratiques quotidiennes en classe et grâce aux récits de ses amis, enseignants également, j’ai pu percevoir les divers aspects du métier et son évolution face à un public de plus en plus difficile. Par ailleurs, ma sœur (jumelle de surcroît), ens eigne depuis deux ans l’anglais en collège. Ceci m’a permis d’avoir une vision plus vaste et réaliste de l’enseignement (1° et 2° cycles), de m’y familiariser davantage et surtout d’affirmer ma certitude . Car si enseigner n’est pas, cela va de soit, quelque chose qui se transmet par les gênes, l’envie de devenir professeur est en tout cas devenu une évidence pour moi  Malgré cette conviction, qui du reste n’a jamais été ébranlée jusqu’à ce jour, je dois avouer que de nombreux doutes et interrogations m’ont assaillie à la veille de la rentrée des classes. En effet, une chose est de maîtriser une discipline, et mon parcours universitaire avec l’obtention du CAPES à la clé le prouvait, une autre est de les transmettre à une trentaine d’élèves qui n’a, de plus, pas forcément d’atomes crochus avec l’espagnol. J’ai donc dû me rendre à la terrible évidence : je possédais un certain savoir, mais non le savoir-faire ni le savoir-être. Et cette carence, ni ma soif d’enseigner, ni mon amour des enfants ou de l’espagnol, ni l’expérience familiale n’allaient la combler .  Je me rassurai tant bien que mal en me disant que cette situation était le lot de tous les professeurs stagiaires, puisque l’année de préparation au concours forme des têtes bien pleines et non de futurs enseignants. Sachant par ailleurs qu’il n’existe pas de guide miracle livrant la « recette » du parfait enseignant en dix
 
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leçons (cela se saurait, et cela aurait du reste l’inconvénient de rendre l’enseignement terriblement ennuyeux), je décidai (du moins à ce stade-là de l’année) de ne pas me jeter à corps perdu sur des ouvrages de didactique et de pédagogie, et de tirer le meilleur parti possible de cette année de stage.  Je pris ainsi conscience que cette année en tant que professeur stagiaire allait être très importante et enrichissante puisque, à travers mes tâtonnements, mes expériences, mes erreurs et mes réussites, j’allais me constituer mes propres pratiques pédagogiques, mon Moi professeur. J’allais donc nécessairement devoir travailler sur moi-même pour trouver ma voie dans l’enseignement afin de devenir chaque jour plus efficace, c’est-à-dire pour permettre à mes élèves d’apprendre et de progresser dans les meilleures conditions possibles.  Au cours de ce mémoire, je retrace les différentes étapes de ma démarche personnelle vers un enseignement qui tend chaque jour vers plus d’efficacité. C’est pourquoi je présenterai tout d’abord mes divers a priori (sur l’enseignement, les élèves et sur moi-même) que j’ai dû remettre en question par la suite. Puis je décrirai mes premiers pas avec mes classes et quelques situations m’ayant posée problème. Enfin, j’exposerai les procédés divers et variés que j’ai mis en place au sein de mes pratiques pédagogiques grâce à un difficile mais indispensable travail sur moi-même et sur mes méthodes, afin de pouvoir faire un premier bilan de ces débuts dans l’enseignement.
 
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I – MES A PRIORI.  1. Mes peurs et mes angoisses.  Toute personne qui se lance dans l’enseignement, même si elle n’a encore jamais été confrontée à des classes en qualité de professeur, a déjà à l’esprit diverses représentations de ce qui l’attend. Voici à présent un aperçu de ce qu’étaient les miennes ; elle étaient nombreuses mais je souhaite toutes les décrire car leur nombre est proportionnel à mes angoisses de pré-rentrée, et il n’a pas toujours été évident de les combattre.  Comme je l’ai déjà signalé auparavant, je sus très jeune (dés la classe de sixième) que je voulais devenir professeur. Dans cette optique, j’avais passé le BAFA (brevet d’animateur) à dix-sept ans afin de me familiariser avec le contact des pré-adolescents et adolescents. Je savais pertinemment qu’il ne fallait pas reproduire la relation animateur-jeune avec les élèves et je ne prétends pas comparer la simple fonction d’animateur au métier d’enseignant. Mais j’ai toujours pensé que savoir comprendre la façon de penser et d’agir des jeunes, être capable de m’adresser à un groupe et de gérer des conflits de façon efficace me serait d’une grande utilité face à mes futures classes. Par la suite, lors de l’année de concours du CAPES, en particulier pendant les cours consacrés à l’épreuve sur dossier où l’on explore les divers objectifs des documents, je n’ai pas perdu de vue l’éventuelle application en classe. Parfois, la complexité des œuvres proposées m’a impressionnée et je me suis quelquefois demandée si je serais à la hauteur avec mes futures classes. Serais-je capable de fouiller avec mes élèves un poème de Quevedo ou un tableau de Goya si j’avais moi-même du mal à les analyser avec exactitude ? Par ailleurs, je ne viens pas d’une famille hispanophone et ai donc appris l’espagnol à l’école depuis la quatrième. Cette sorte de manque a toujours ébranlé ma confiance en moi : et si un élève me demandait un mot que je ne connais pas ? Que faire ?  Obtenir le CAPES du premier coup m’a rassurée sur mes connaissances ; je décidai malgré tout de reporter mon stage d’un an pour préparer l’agrégation
 
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externe. Sous couvert d’être une fille ambitieuse et de passer le concours sur la lancée, je crois que j’ai en réalité voulu repousser l’échéance et compléter ma formation pour me sentir plus instruite, et donc moins vulnérable face à mes élèves. En restant ainsi étudiante un an de plus, je pouvais observer à loisir ma sœur et mes ami(e)s, fraîchement diplômé(e)s du CAPES, faire leurs premiers pas dans l’enseignement. Le récit de leurs doutes, de leurs diverses tentatives, de leurs méthodes, de leurs difficultés mais aussi de leurs réussites m’a enthousiasmée et m’a redonnée des ailes : si toutes ces personnes étaient capables d’enseigner, pourquoi pas moi ? Je me voyais déjà, face aux élèves, et étais impatiente de voir arriver la fameuse rentrée des classes.  Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, fin août, que je n’étais pas affectée en collège comme tous mes amis les années précédentes, mais en lycée, et dans un quartier peu recommandable de Perpignan. En effet, les élèves du lycée Maillol, situé dans le Haut-Vernet, proviennent en majorité de deux collèges ZEP de la même zone (Joseph Sebastiá Pons et Marcel Pagnol). Cette nouvelle m’a fait l’effet d’une douche froide et a, de plus, refait surgir mes doutes concernant mes propres savoirs ; les documents vus au lycée allaient être plus riches qu ‘en collège et donc plus ardus à préparer pour mes cours. Se posait également le problème de l’autorité et de ma crédibilité face à des élèves que j’imaginais, en raison de leur âge et du type de population du quartier, « révoltés » contre l’institution scolaire. Car si la différence d’âge est nette entre un professeur de collège et ses élèves, ce n’est certes pas le cas en lycée où l’enseignant qui débute est à peine plus vieux que ses élèves. Et telle fut ma nouvelle inquiétude : allais-je pouvoir dépasser ces obstacles et enseigner correctement ?   2. Le passage étudiante/enseignante.  L’année de stage en responsabilité est une année quelque peu étrange en raison du statut ambivalent qu’elle confère au jeune stagiaire. En effet, ce dernier est à la fois élève et professeur, ou formé et formateur, et il n’est pas toujours aisé d’y trouver son équilibre. Les diverses formations, didactique ou générale, bien que très utiles à l’enseignant débutant, ont parfois un caractère infantilisant car elles mettent
 
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le stagiaire en situation d’apprentissage et donc de « dominé » vis-à-vis du formateur. Bien entendu, il n’est pas ici question de renier l’importance de ces formations ni le rôle essentiel des formateurs, car le professeur novice a besoin d’être guidé, en particulier au cours des premiers mois d’enseignement. Mais peut-être peut-on regretter d’entendre quelquefois les formateurs appeler les stagiaires « les étudiants »; ou inversement de constater que beaucoup de stagiaires désignent les formateurs par le terme mal approprié de « professeurs » , et parlent de « cours » pour évoquer les journées de formation. Les formateurs sont bien sûr des professeurs avant tout, mais ne nous enseignent pas exactement un savoir : ils guident plutôt notre réflexion, notre savoir-être et notre savoir-faire. Il m’a, en revanche, été facile d’ «entrer dans la peau » de professeur au lycée car mes collègues, d’espagnol en particulier, m’ont accueillie de façon chaleureuse et m’ont toujours traitée d’égal à égal. Malgré cela, il n’est pas toujours facile d’être en formation le lundi, d’enseigner le mardi et de se retrouver à nouveau en situation d’ « élève » le mercredi : il faut avoir une image bien claire de ce double statut pour ne pas être déstabilisé.  Un professeur est à mes yeux un adulte respectable (et donc respecté de ses élèves), solide et responsable, et je voulais que ces qualités se dégagent de moi au premier coup d’œil ; c’est pourquoi depuis la rentrée je mets un soin tout particulier à mon apparence. J’ai toutefois compris peu à peu que, même si je venais en classe vêtue de jeans ou sans maquillage, cela ne changerait pas grand chose car ce n’est pas par mon apparence que j’ai pu asseoir mon autorité. Cela me permet toutefois de revêtir une sorte de masque qui m’amène à adopter une attitude posée, à être douce et patiente en classe alors que je suis plutôt d’un naturel spontané, enjoué et impatient. Comme un acteur, j’entre en scène lorsque je pénètre dans le lycée pour jouer le rôle du professeur en ne révélant que quelques facettes de ma personnalité, et je redeviens entièrement moi-même une fois les cours terminés.  3. Ma vision de la mission du professeur d’espagnol.  Après quelques jours passés au lycée, j’ai été amenée à me poser quelques questions afin de mieux me connaître pour rendre mon enseignement plus efficace.
 
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Pourquoi avais-je choisi d’être professeur ? Pourquoi l’espagnol ? Et de quelle façon voulais-je enseigner ?  Ayant toujours été bonne élève et m’étant sentie à l’école comme un poisson dans l’eau, je pense que j’ai voulu faire durer ce plaisir autant que possible en passant de l’autre côté de la barrière. J’espérais bien sûr y trouver des élèves aussi passionnés et studieux que je ne l’avais été. J’ai à ce propos toujours été stupéfaite d’entendre certains collègues, en général des stagiaires, raconter qu’ils étaient mauvais élèves autrefois, qu’ils n’aimaient pas l’école ou qu’ils chahutaient beaucoup. Viennent-ils à présent réparer leurs fautes passées en devenant enseignants ? Quelle motivation peut-elle les animer ? L’espagnol est par ailleurs pour moi une langue vivante formidable et très riche à tout point de vue. Et je pense, comme Jean-Marc Bedel, que «même si la langue espagnole ne lui est d’aucune utilité, le jeune hispanisant aura bénéficié tout au long de son apprentissage d’u ne formation culturelle, éducative et humaine que seul, peut-être, l’enseignement d’une langue étrangère peut dispenser».2  Il me semble être lucide et j’ai toujours été bien consciente du fait que mes élèves n’allaient pas forcément apprendre ma discipline par choix. Je désirais en tout cas être un professeur qui les fasse réfléchir et les enrichisse ; je décidai pour cela de faire une liste des différents aspects de ma mission de professeur d’espagnol, plus exactement des divers éléments que je souhaitais transmettre à travers mes cours. Tout d’abord, je voulais être un professeur respectée ; de part mon caractère assez fort, j’ai toujours été déterminée à ne pas avoir à remettre en question mon autorité et j’aimerais savoir manier une poigne de fer dans un gant de velours. Ensuite, j’avais décidé de rendre mes cours passionnants : pour cela je voulais convaincre mes élèves que chacun d’eux était un élève unique et non un individu parmi le groupe-classe, que tous allaient progresser car « les nuls » pour moi n’existaient pas et qu’ils allaient aiguiser leur esprit critique et se cultiver en espagnol. Enfin, je tenais à ne pas les infantiliser et à les considérer comme des « grands » pour ne pas froisser leur susceptibilité, souvent à fleur de peau durant l’adolescence.                                                  2BEDEL Jean-Marc,Un regard sur la pédagogie de l’espagnol, CRDP des pays de la Loire, Nantes, 2000, p 107.
 
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