Agriculture et facteur 4 : accompagner la transition.

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Publié le : jeudi 3 janvier 2013
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Stratégie & études
N° 36 – 1ermars 2013
Agriculture et Facteur 4 : accompagner la transition
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agriculture mondiale doit relever un ment à la loi POPE1 mentationde 2005 et à la loi du prix des énergies fossiles. Il triple défi pour le XXIe consomme en effet massivement des Grenelle portant engagement national poursiècle : nour-L’ l’environnement. Parmi les secteurs ciblésrir convenablement près de 9 mil-de synthèse produits à partir de res- intrants liards d’individus en 2050, par des systèmes par les réductions d’émissions de GES, l’agri- sources énergétiques fossiles. respectueux de l’environnement, et tenir culture tient une place particulière à plu- L’ADEME a engagé une série d’études compte de la raréfaction des énergies fos- sieurs titres : avec 21 % des émissions prospectives sectorielles pour identifier des siles. La France, par ses conditions pédocli- nationales, elle est la principale émettrice de trajectoires envisageables en France per-matiques favorables et son histoire, reste un N2O (protoxyde d’azote) et CH4 d’atteindre le Facteur 4 d’ici à mettant(méthane) ; pays où l’agriculture joue un rôle économique elle est à la fois source et puits de carbone, 2050, et l’agriculture fait donc partie des sec-et culturel majeur. et elle est directement impactée par les teurs clés, avec le bâtiment et les transports. Dans le cadre de la lutte contre le chan- changements climatiques. Même si ses Ce 36eduserp-énuméro de Stratégie & ét gement climatique, notre pays s’est engagé consommations énergétiques directes sont sente les résultats de l’étude « Agriculture à diviser par 4 ses émissions de gaz à effet relativement faibles, le secteur est écono- et Facteur 4 » réalisée en partenariat avec de serre (GES) à l’horizon 2050, conformé- miquement très vulnérable face à une aug- les ministères de l’Agriculture et du Déve-loppement durable2. Trois scénarios contras-tés, présentant des ruptures fortes par FOCUS 1/rapport aux systèmes agricoles actuels, ont Visions énergie/climat ADEME 2030-2050 :été analysés en termes d’impact sur les deux scénarios complémentairesémissions de GES au travers d’un modèle phy-Durant l’année 2012, l’Agence a mobilisé d’énergies renouvelables et, d’autre part, de sique3. Une analyse qualitative des autres ses équipes sur un exercice de prospective regarder comment atteindre à l’horizon 2050 impacts environnementaux et socio-écono-énergét q la division par quatre des émissions de GES  i ue multisecteur « Visions miques potentiels a également>>> énergie/climat ADEME 2030-2050 ». de la France. Pour le secteur agricole et forestier, L’objectif de ce travail est, d’une part, d’examiner les enseignements issus de l’étude Facteur 4 un scénario réaliste mais ambitieux à l’horizon présentée ici ont été utilisés et les différents1.Loi de programmation fixant les orientations e én é la France. é2n0e3r0g édtei qmuaeî terti sdee  ddeé lvae lcoopnpseommemnatt idonloffrelleevniseersm abcltei vdéess  eanu tirnetsé gsreacntte luerss  iénctoernaocmtiioqnuse as.v ec2d.e ,roagolS tnemepuorg el  pariséeréalude tÉgreuqited ea  llipoquti eOréade-Brèche et ISL. 3.Modèle « MoSUT » développé par Solagro.
La lettre & études - StratégieAdeme & Vousest une lettre d’information régulièredestinée aux décideurs du monde de l’environnement et de l’énergie, partenaires et contacts de l’ADEME. Chaque numéro est consacré à la présentation d’un sujet à vocation stratégique, économique ou sociologique : recherche et études, travaux de synthèse, propositions dans l’un des domaines de compétences de l’Agence. L’objectif est de faciliter la diffusion de connaissances et d’initier réflexions et débats.
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02 Agriculture et Facteur 4
ADEME&VOUS Stratégie & études
Graphique 1émissions de  remplacement de certains aliments parGES, ou pour améliorer la dis- Le ponibilité alimentaire. d’autres moins émetteurs de GES, des pro-Répartition du volume totalduits de saison par exemple qui nécessitent de déchets alimentaires en EuropeFaire évoluer les régimes alimentairesmoins d’énergie pour leur production, consti-(179 kg/hab/an)D’ici à 2050, les besoins alimentaires tue un autre gisement potentiel, à condition mondiaux devraient croître plus vite que la de bien définir l’objectif ciblé (niveau de 42 % 39 %opupalitno+  ( %70co, rent3 + % 3pos cèacle  ditaf ud tnemelapic6ca, esriloserud e  lgiré-dsierériatnd era ememile alimenéquilibr tedc nopa t,r)i-)neier m-enseson ans populations en développement à des ble. L’exercice se révèle donc plus complexe régimes alimentaires qui tendent vers ceux qu’une simple question d’alimentation car-des pays industrialisés. Avec de fortes née ou non, et des travaux complémentaires consommations de produits issus de l’éle- sont en cours sur ce sujet. 5 %vage (viandes, laitages…), ceux-ci mobilisent une partie importante de la productionRéduire la dépendance énergétique 14 %agricole végétale pour nourrir les animaux.de l’agriculture En France, la consommation alimentaire La dépendance aux énergies fossiles de moyenne est caractérisée par une surcon- l’agriculture française est importante, par MénagesIndustries agroalimentaires consommations directes de carburant, sessommation par rapport aux besoins estimés DistributionRestauration hors foyer gaz ou d’électricité, mais également parpar les nutritionnistes. Actuellement, la de Source : DG environnement /octobre 2010 consommation d’énergie « indirecte » liéeconsommation moyenne d’un Français la est évaluée, en énergie ingérée, à à la fabrication et au transport des intrants : 3 500 kcal/jour, alors que le besoin moyen engrais, aliments pour animaux, semences >>> estimé à 2 700 kcal/jour estété réalisée. Ces scénarios n’ont pas pour7 produits de protection des cultures. Une et. Une réduction   objectif de servir de trajectoires de référence, de cette surconsommation permettrait étude récente9a analysé la dépendance de mais ils permettent d’analyser différentes ainsi, outre les avantages directs sur la l’agriculture à l’énergie pour identifier les alternatives et de fournir des pistes de santé, un gain théorique d’environ 30 % de filières les plus vulnérables. Elle montre réflexion pour l’avenir. GES sur le poste « alimentation ». notamment que, pour l’exploitant, le mon-De manière générale cependant, l’impact tant total des charges liées à l’énergie DIVISER PAR 4 LES ÉMISSIONS directe carbone de l’alimentation (fonction de laet indirecte a augmenté de 130 % DE GAZ À EFFET DE SERRE :quantité ingérée et de la composition de entre 1990 et 2009, et que cette aug-LES LEVIERS À ACTIONNER mentationl’assiette), fait encore débat. La consom- est fortement corrélée à l’évo-L’étude prospective sectorielle Agricul- mation de plats préparés issus de l’indus- lution du prix du pétrole et du gaz naturel ture a été construite à partir d’une réflexion trie agroalimentaire complexifie le sur la même période. en amont sur les leviers à actionner pour problème. À titre d’exemple, une étude Les mesures d’efficacité énergétique réduire les émissions de gaz à effet de serre. Inra/ADEME8montre, à partir de l’analyse pourraient encore être mises en place qui du régime alimentaire réel d’environ auront un impact direct sur la réduction des Limiter le gaspillage alimentaire2 000 Français, que plus de la moitié de l’im- émissions de CO2. D’autre part, face au La FAO4estime qu’untiers admis de hausse durable des prix de carbone serait imputable aux pro- risquede la pro- pact duction alimentaire mondiale estperdu ou la réduction de cette dépendance l’énergie,duits issus de l’élevage (viande, œufs, jeté,soit l’équivalent de1,3 milliard depoissons, produits laitiers…). La réduction de constitue un enjeu majeur, car elle condi-tonnes chaque année, consommation de ces produits constitue la directement la compétitivité, voire tionneradepuis les pertes après récolte jusqu’au gaspillage par le donc une piste d’action. Cependant, cette la survie des exploitations>>>   consommateur, en passant par l’ensemble étude met également en évidence les des étapes de conservation/transforma- limites liées à la substitution d’aliments par tion/distribution. En Europe, d’après une d’autres, qui peuvent présenter des quali-enquête menée par la Commission euro- tés nutritionnelles différentes. Elle montre4.Rapport de la FAO de mai 2011 « Global food péenne5, le volume total annuel des que, contrairement aux idées reçues, lesl5os a etsorcsnd aess.» etsaw doof ry sratorepa« Pw saofdoo  nutyd . déchets alimentaires représenterait environ régimes observés offrant de meilleuresEU 27 », DG environnement, octobre 2010. 89 millions de tonnes, nutritionnelles présentent un qualitéssoit 179 kg/hab/anf6o.«Lagriculture elaidnomrohl à 05 2onizumr,0»pxred eOA ,stF 2009 (voir graphique 1).impact carbone légèrement plus élevé que7.Organisation des Nations unies pour l’alimen-Certains produits, notamment les pro- les régimes déséquilibrés, notamment en ,erésabcirgutluetn a ltioatenemisno-oivparpn dbila un  surnt duits périssables tels que le lait, les fruits raison de la substitution de produits à8.Impact carbone des régimes alimentaires des et légumes et la viande, génèrent davan- forte densité énergétique (produits gras,F9r.ançais, Inra-ADselyco éminoe qu,EME102 «1anA  de aédedl naecepdn tage de pertes que d’autres. La réduction’a ment du gaspillage alimentaire constitue doncdsue cfrréusi)t sp aert  dleésg uqumaenst iptoésu rp lruésp iomnpdorret aà nutnesetéléude . Ét2012rgtalb egraec-ahopréCée  let ,EMEDAl ruop a:ur se  lteuintmeDAl EMEetis ed grltureicul EreCaI neonirnvenél à  ,» eigr un gisement important pour réduire les même demande énergétique.www.ademe.fr/publications
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Agriculture et Facteur 4
ADEME&VOUS Stratégie & études
françaises, et déterminera leur capacité à (sur les eaux notamment). Cependant, les changements de régime alimentaire ou encore amorcer les investissements humains et impacts sur l’énergie et les GES par unité par arrêt de l’artificialisation des sols13, peut économiques nécessaires à leur transition produite sont variables et souvent plus éle- offrir des possibilités de production de res-agricole et environnementale. vés qu’en agriculture conventionnelle. sources renouvelables intéressantes, les ques-La production agricole « intégrée »tions autour des émissions de GES liées au Anticiper et adapter les systèmes(PI) : d’affectation des sols amènent àelle peut se définir comme un mode de changement et les pratiques de production le potentiel global avec prudence,production utilisant les mêmes piliers que considérer La production agricole a des impacts l’agriculture biologique, mais s’autorisant notamment dans le cas de concurrence avec multiples et complexes sur l’environne- l’utilisation d’azote minéral et de traite- des cultures alimentaires. La méthanisation, ment liés aux pratiques et aux techniques ments phytosanitaires (en dernier recours) dans une optique de gestion et de valorisation de culture et d’élevage. Même si certaines pour ne pas limiter trop les rendements. pertinente des résidus et déchets organiques, filières deviennent aujourd’hui très stan- L’idée centrale est de construire des itiné- offre aussi des perspectives très intéressantes dardisées, les pratiques diffèrent fré- raires techniques permettant de « valoriser de développement local et territorial. quemment sur des territoires et des au mieux les ressources naturelles et en productions comparables. Dans le cadre de mettant à profit des processus naturels deEXERCICE PROSPECTIF cette étude prospective, les modes de pro- régulation » (Viaux, 1999) : allongement desFACTEUR 4 : SCÉNARIOS duction existants (et futurs) sont unifor- rotations, généralisation des intercultures,ÉTUDIÉS ET IMPACTS GES misés et schématiquement regroupés simplification du travail du sol, développe- Des scénarios ont été modélisés en pre-autour de trois modèles principaux : ment de l’agroforesterie11… Il n’y a pas à nant en compte à différents degrés les • L’agriculture conventionnelle :modèle l’heure actuelle de dispositif de certification leviers d’action décrits précédemment, et en historique et très majoritaire aujourd’hui, il pour la production agricole « intégrée », évaluant leur impact sur les émissions de est basé sur de hauts niveaux de produc- mais différents concepts se rattachent aux GES. Chaque scénario repose sur des hypo-tivité obtenus notamment par la spéciali- mêmes principes tels que l’agriculture thèses comportementales et techniques à sation des fermes, la sélection de variétés écologiquement intensive ou l’agroécologie. l’horizon 2050, calibrées à partir de données à hauts rendements (notamment les statistiques historiques d’une part, et de céréales), l’utilisation importante d’intrants Face aux limites et aux problèmes que l’état des connaissances concernant les (fertilisants, produits phytosanitaires, posent les systèmes conventionnels actuels, évolutions et les progrès techniques envi-concentrés alimentaires pour l’élevage…), la la nécessité d’une transition vers des sys- sageables d’autre part. Pour permettre l’in-simplification des rotations et l’usage de tèmes intégrant mieux l’écologie semble terprétation des résultats, un état des l’irrigation. Si l’agriculture conventionnelle indispensable. Accompagner les agricul- lieux de référence a été réalisé pour l’année est parvenue à démontrer ses perfor- teurs dans cette transition majeure sera 2010, et un scénario tendanciel pour 2050 mances pour satisfaire les besoins alimen- nécessaire et essentiel pour garantir la via- modélisé. Dans ce scénario tendanciel, les taires des populations, elle présente bilité et la résilience des systèmes futurs. politiques publiques déjà engagées sont cependant aujourd’hui des limites en termes Il ne s’agit pas d’une évolution vers de nou- supposées atteindre leurs cibles (20 % de de durabilité environnementale (appau- veaux modèles de production standardisés, SAU en agriculture biologique par exemple) vrissement des sols, pollution des nappes mais de préserver une diversité des sys- et sont complétées par d’autres hypo-phréatiques, perte de biodiversité…) et tèmes de production plus compatible avec thèses optimistes sur les systèmes de économique (dépendance aux énergies la variabilité des situations et les incerti- production, les déchets, l’énergie… fossiles par les biais des intrants). tudes du changement climatique. De nom- Les différents scénarios n’ont pas pour • L’agriculture biologique (AB) :visant breuses objectif recherches et études sont encore de prédire les évolutions probables la préservation des sols et des ressources à mener, mais les objectifs récemment pré- du secteur, mais d’analyser des profils naturelles, l’AB est fondée notamment sur sentés par le ministère de l’Agriculture pour d’évolution contrastés et les bilans de la non-utilisation de tous produits chi- initier et inciter aux principes de l’agroéco- GES associés. L’ensemble des>>>   miques de synthèse rendue possible par le logie12tendront à accélérer les processus de recours aux équilibres naturels : rotation des décision et de diffusion des connaissances. cultures, recyclage des matières orga-niques, lutte contre les maladies et para-Développer la production sites biologiques. Elle repose sur und’énergies renouvelables référentiel et un dispositif de certification. La transition énergétique nationale10.Surface agricole utile, représentant en France  environ 29 millions d’hectares, soit 54 % du ter-En France, fin 2011, l’agriculture biolo- nécessitera une substitution partielle desritoire national. 11.L’agroforesterie est un mode d’exploitation gique représentait seulement 3,5 % de la consommations d’énergies fossiles par desdes terres agricoles associant des plantations d’ar-SAU10, malgré un objectif de 20 % en 2020. productions de biomasse renouvelablebres dans des cultures ou des pâturages. Les rendements de l’agriculture biologique (qu’elles soient solides, liquides ouj1et2_.oleciqog_puer_ouF_alcnarlc_eac0ere.gouv.fr/IMG/pfdP/or-arg-opgdrficbufl5t.uhttp://avio r sont généralement inférieurs à ceux de gazeuses selon les possibilités et les13.L’artificialisation des sols résulte de l’urba-l’agriculture conventionnelle, et les impacts besoins). Si la libération de terres agricoles,liv(,seltcurseruar pngkiou rs,tel epxnanoe  ted infrastsion desitasin nhctsu C es.)mentange locaux sur l’environnement plus faibles à la suite de réductions de gaspillage, descomplet et souvent irréversible.
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Tableau 1
Agriculture et Facteur 4
ADEME&VOUS Stratégie & études
Principales hypothèses chiffrées retenues pour chacun des scénarios Leviers d’action Paramètres Actuel 2010 Tendanciel 2050 Alpha Beta Gamma Part d’agriculture conventionnelle 97 % 60 % 25 % 20 % 25 % Part d’agriculture biologique 2 % 20 % 35 % 30 % Part de production intégrée 1 % 20 % 55 % 45 % 45 % Production 10 % 0 % 0Part d’agroforesterie % 20 % Part de poulets standard 90 % 20 % 90 % AOC 10 % 80 % 10 % Part de porcs standard 98 % 20 % 98 % AOC 2 % 80 % 2 % Part de vaches laitières à 5 000 L 100 % 50 % 100 % 50 % à 10 000 L 0 % 50 % 0 % 50 % Part de déjection méthanisée 0 % 20 % 80 % Livraison de phosphore et de potassium = 2004 Efficacité de l’azote organique 65 % 80 % Efficacité de l’azote minéral 80 % 90 % Consommation d’énergie liée -10 % -20 % Efficacitéà la fabrication de l’azote minéral énergétique % -60Émissions de N2O liées -90 % à la fabrication de l’azote minéral Consommation d’énergie des serres -20 % -30 %
Consommation d’énergie pour la production de lait Consommation d’énergie des bâtiments d’élevage Population française (millions d’habitants) Part des protéines animales Surconsommation protéines Surconsommation glucides Réduction des pertes évitables ConsommationApport de calcium par le lait (mg/j/ e) alimentairepersonn Consommation de viande de bovins d’ovins et caprins de suidés de volailles
Utilisation des terres
autres
Importations* Exportations Réaffectation des terres libérées Prélèvement forêt Artificialisation des terres
* Importation de protéines pour les cheptels s’adapte aux besoins
67 65 % 70 %
50 %
0 %
50 %
390 38 %
24 %
Tendanciel
-20 %
-10 %
60 %
50 % 40 % 10 %
72
50 % 30 % 20 % 30 % 350 35 %
4%
27 % 27 % 7 % = 2010  = 2010  
Culture annuelle 60 %
-30 %
-20 %
33 % 10 % 10 % 50 % 200 19 % 19 %
35 %
35 %
-25 % -50 %
Forêt 70 % Max en 2030
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Agriculture et Facteur 4
ADEME&VOUS Stratégie & études
>>> est maximisée grâce à une forte utili- raleprincipaux déterminants avec les valeursLe scénario « alimentation, retenues de chacun des scénarios sont pré- sation de la paille, des résidus de culture etefficacité et stockage » (Gamma) sentés dans letableau 1 page 4.des produits forestiers. Le stockage de carbone et la production de carbone renouvelable sont privilégiés, de Le scénario « intensification Le scénario « alimentation,même que la réduction des émissions de écologique » (Alpha) autonomie et sobriété » (Beta)GES. Des évolutions majeures à la fois Dans ce scénario, les systèmes les plus Ce scénario repose sur une profonde évo- dans les modes de production (proches du productifs sont privilégiés, tout en recher- lution des régimes alimentaires. La pro- scénario Alpha) et dans les régimes ali-chant une forte réduction des impacts portion de protéines animales (qu’il s’agisse mentaires (identiques à ceux du scénario environnementaux, principalement par l’in- de viande ou de lait), et en particulier la Beta) sont proposées. Dans le scénario novation agronomique et technologique. viande bovine, diminue au profit des pro- Gamma, du point de vue des émissions de Cette dynamique se traduit par une rupture téines végétales. Les surconsommations ali- GES à la tonne produite, l’élevage est « opti-  dans les modes de production : la produc- mentaires sont fortement réduites, sur la misé » (contrairement à Beta où le bien-être tion intégrée devient la principale forme base de recommandations sanitaires déjà de l’animal, les impacts locaux et les signes d’agriculture. L’utilisation de cultures inter- existantes. Pour répondre à l’évolution de officiels de qualité sont privilégiés). Les médiaires se généralise, tandis que l’agro- la demande et aux enjeux environnemen- exportations (principalement céréales et foresterie et les cultures associées taux, les modes de production opèrent poudre de lait) sont fortement diminuées connaissent un fort développement. La pro- une rupture encore plus importante que pour privilégier les usages intérieurs de la ductivité annuelle moyenne des vaches dans le scénario Alpha, privilégiant la qua- biomasse et le stockage de carbone. Cela se laitières est fortement augmentée grâce à lité, le respect de l’environnement et le bien- traduit par une forte progression des sur-un mix entre des systèmes d’élevage her- être animal. L’agriculture biologique et la faces disponibles boisées. bagers extensifs et une part plus importante production intégrée deviennent les sys-de systèmes intensifs (faible part de pâtu- tèmes majoritaires pour les cultures végé-Des impacts contrastés rage et ration en concentré importante). tales, les systèmes herbagers sont favoriséssur les émissions de GES Les pertes évitables et la surconsom- pour les animaux, les productions sous Le bilan des émissions de GES en 2050 mation de produits alimentaires sont label remplacent la plupart des élevages du scénario tendanciel et des trois scéna-réduites de manière importante. Le régime intensifs actuels. rios prospectifs sont présentés dans le alimentaire évolue peu, mais la consom- L’évolution des besoins alimentairesgraphique 2. mation de produits animaux diminue de nationaux, associée à une baisse des expor- Les quatre principaux leviers d’action manière un peu plus prononcée que dans tations14 sont les changements des pratiques agri-de 25 %, permet de libérer une le scénario tendanciel. L’exploitation des partie de la surface agricole utile, qui est coles et des systèmes de culture, les modi-ressources en biomasse de manière géné- affectée à la production de biomasse en fications profondes du régime alimentaire substitution des ressources fossiles. de la population française, le niveau des exportations des produits agricoles (notam-Graphique 2oitcudorp al à séeérib lesrrtes  nedtaoieftcaé-fla r et blé) le droudee ai lett m tnep aln Les émissions de GES 1990, 2010 et 2050sed nucu-écs  .)sa iSf uotêroesllt/ esareuenn sc(luutvulebaelies renodénerg des scénarios Facteur 4narios ne permet d’atteindre une division par quatre des émissions de gaz à effet de >>> GAMMA 2050  
BETA 2050
ALPHA 2050
Tendanciel 2050
Actuel 2050
Passé 2050
0
20
40
60
CH4N2OCO2Émissions de GES (form Source : ADEME/Solagro/Oréade-Brèche et ISL
80
100 120 140 at ClimAgri) en million tonnes éq. CO2
14.baisse des exportations a été envisagéeLa dans un objectif pédagogique pour tester l’impact de ce levier sur la réduction des émissions de GES. Cette réduction serait envisageable dans un contexte d’évolution générale des régimes alimentaires, ou si les prix domestiques de la biomasse devenaient plus élevés que les cours internationaux des produits alimentaires. Cette hypothèse pourrait cependant être remise en question par la forte croissance de la demande alimentaire mondiale, pouvant elle-même engen-drer une hausse des prix agricoles. -15. une économie com VersFeuille de route « pétitive à faible intensité carbone à l’horizon 2050 », communication de la Commission euro-péenne, mars 2011.
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consommateurs peuvent y trouver un FOCUS 2/bénéfice sur le plan économique et sur le o la modélisationplan de la santé. Les leviers d’action pour-Méthodol gie de Facteur 4 « agriculture »raient être de nature incitative (éducation, Le modèle utilisé est basé sur des flux de l’assolement16nécessaire à la couverture information des consommateurs, signal matières et n’inclut pas de données socio- de ces besoins et le potentiel de terres pouvant prix) ou réglementaire (contrôle de la publi-économiques. L’agriculture est considérée être affectées à d’autres usages, en particulier cité, étiquetage nutritionnel et affichage ceontmrem lea  udne smyasntdèem (ec oonùs uonm émqautiiliobnr en adtoiiotn saléet ablirLà al af oprrêotd eusctt iéogna dleémneerngti ems ordeénliosuévee, lambaliess .environnemental). La production de biomatériaux et de et exportations) et l’offre (production nationale de manière simplifiée par rapport à la et importations). La consommation alimentaire production agricole, pour estimer la production bioénergies est une fonction de l’agriculture nationale détermine ainsi le volume de de bois et son rôle de puits de carbone. qui pourrait connaître un fort essor, dans un prod uncotiuornri rv léag pétoapluel aetti oann ifmraanleç aniséec e(sstaiirme é(Laavsesc ollees mperantti qdue elas  a« gfreicromlee sF lriaénecse)  e»t  lescontexte favorable (prix relatif élevé de la pà o7u2r millions dhabitants en 2050, coenstre e t ramétrés biomasse, valorisation économique du car-67 millions en 2010). À ces besoinsviennentdpaenusp lleomuteiln tCsli fmorAegsrtii®e rpso suor ncalpcauler lesbone stocké, développement dinfrastruc- s’ajouter les exportations de produits agricoles consommations d’énergie, les émissions tures de transformation et de transport, et se déduire les importations pour estimer de GES, le stock et les variations de stock etc.). Cette fonction a été représentée de lLe voludmuec tài opnr oadguriirceo lpe anr altai o«n faelre mees tFrance ». d1e6 .cLa'arsbsoolneem. d’une exploi- sent est la division des tmanière grossière dans les scénarios par dif-a pro férents modes de production de biomasse :  dcaerparcotédruicstéieo ne. nLseu ivteolpuamr ed àe sp rmoodduierse  par erretioatagn corie culturune à unp neadtn eodnneés,ieup oesol sescahc seércasnoc s dirtien pale eepél ,patcsetsnisurfaces en herbe, cultures annuelles (Beta  ,le secteur agricole français permet d’estimerune saison culturale.et Gamma), boisement (Gamma) pour les terres qui ne sont plus nécessaires à la cou-verture des besoins alimentaires et des exports. Il s’agit d’une approximation de sys-  >>>serre (division par 1,7 à 3,2 selon les scé- programmes de recherche nécessaires, des tèmes agricoles dédiés à la production de narios), ils s’inscrivent dans les objectifs de freins au changement sont prévisibles. La biomasse qui restent encore largement à la feuille de route européenne15 (taillis à courte rotation, cultures inventer en œuvre de cette transition suppose miseoù le sec-teur agricole se voit assigner un objectif de un appui des pouvoirs publics : incitations pérennes, etc.). l’ordre d’un facteur 2. économiques, financements de programmes Un des objectifs de la France est le de recherche, valorisation et promotion développement de la filière biomasse-ACCOMPAGNER LA TRANSITIONdes pratiques alternatives… énergie, notamment par la mobilisation de ENVIRONNEMENTALE biomasseLes scénarios supposent également une forestière supplémentaire. Pour Dans les trois scénarios de l’exercice évolution de la demande et des régimes ali- cela, il serait nécessaire de pérenniser les « agriculture et Facteur 4 » de l’ADEME, une mentaires des consommateurs : réduction mesures mises en œuvre pour soutenir la modification des systèmes de culture est des surconsommations et des pertes évi- demande en biomasse-énergie, développer envisagée, entraînant des ruptures signifi- tables, diminution des protéines d’origine l’utilisation conjointe du bois d’œuvre et des catives par rapport au scénario tendanciel. animale et de la part du lait dans les biomatériaux et améliorer l’offre en incitant Ces scénarios conduisent à une forte dimi- apports en calcium. les propriétaires forestiers à davantage nution de l’agriculture conventionnelle au Les changements dans les pratiques ali- valoriser leurs forêts (mutualisation de la profit de la production intégrée et de mentaires sont lents, mais dans les qua- gestion forestière, développement des l’agriculture biologique, qui deviennent rante années à venir, soit deux générations, infrastructures disponibles pour l’exploita-majoritaires. des changements significatifs sont possi- tion forestière…). Enfin, la réaffectation Du fait du manque actuel de référentiels bles par l’accélération de tendances déjà des terres libérées dépendrait également techniques reconnus, des coûts et délais observables, et avec l’appui de politiques d’un signal prix, en lien notamment avec d’apprentissage, et de la réorientation des publiques volontaristes, d’autant que les ceux de l’énergie et des aliments.
Éric @Éco nVoimdiael eentcP,ro lder eucepsevitttaem i,na Saaprraohs pMeacrttiivn  euas reivecctsereu uart,eem an di au service Agriculture et Forêts. eric.vidalenc@ademe.fr              sarah.martin@ademe.fr
ADEME&VOUS/ Stratégie&études Cette lettre est diffusée gratuitement par voie électronique. Abonnement :-suonobaementna.edwwwr/adme.fet-veme-ADEME&vous - BP 90406 - 49004 Angers Cedex 01  www.ademe.fr Directeur de la publication :François Moisan / Rédacteur en chef :Anne Chêne / Conception-réalisation :www.specifique.com – N° ISSN : 1954-3794
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