Energies 2050. : rapport

De
L'analyse des différents scénarios possibles de politique énergétique à l'horizon 2050 développée dans le présent rapport doit éclairer la programmation plurianuelle des investissements à présenter au Parlement en 2013. Elle a pour objectif d'identifier les investissements souhaitables dans le secteur de l'énergie au regard de la sécurité d'approvisionnement et prend la mesure du programme d'économie d'énergie et de diversification du mix engagé par le Grenelle de l'environnement.
Le rapport présente une synthèse générale qui se traduit par huit recommandations et rend compte de l'ensemble des travaux de la commission :
- le contexte énergétique mondial et européen,
- les enjeux du devenir du mix énergétique français et les incertitudes,
- l'analyse de la problématique du mix énergétique français à l'horizon 2050 à l'aune des modélisations étudiées,
- les enseignements de l'analyse : pertinence des représentations du futur correspondant aux scénarios retenus, forces et faiblesses des systèmes énergétiques étudiés, enjeux à prendre en compte quel que soit le mix énergétique, rôle et devenir du nucléaire.
En annexe figurent les propositions des différents organismes membres de la commission.
Auverlot (D), Lavergne (R), Mandil (C), Percebois (J). Paris. http://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/document.xsp?id=Temis-0075296
Source : http://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/document.xsp?id=Temis-0075296&n=2014&q=%28%2Bdate2%3A%5B1900-01-01+TO+2013-12-31%5D%29&
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 197
Voir plus Voir moins
éRnAPePrORgTies
Rapport deJacques PERCEBOIS & Claude MANDIL
 
 Président Jacques PERCEBOIS  Vice-président Claude MANDIL    Personnalités qualifiées Christian de BOISSIEU Jean-Marie CHEVALIER Pierre GADONNEIX Jean-Marc JANCOVICI Colette LEWINER Christian De PERTHUIS
Rapporteurs généraux
Dominique AUVERLOT Richard LAVERGNE
Rapporteurs
Etienne BEEKER Johanne BUBA Stéphanie COMBES Raphaël CONTAMIN Jean-Guy DEVEZEAUX de LAVERGNE Timothée FUROIS Guy MAISONNIER François PERFEZOU
Assistante
Pierrette AUGE  Février 2012
 
Synthèse Générale
Sommaire
 
 
 
.................................................................... 9
Chapitre 1 – Introduction .......................................................... 17
Chapitre 2 Le contexte éner gétique mondial et européen ...... 21
1. Les principaux enjeux énergétiques à l’échelle de la planète .............23
1.1. Une demande énergétique mondiale en croissance et satisfaite par une offre très 23majoritairement carbonée ................................................................................. 23 1.2. Les ressources énergétiques sont abon dantes mais des incertitudes pèsent sur leur accessibilité et sur leur prix ............................................................................ 27 1.3. L’impact climatique et l’acceptabilité des politiques énergétiques sont au cœur des préoccupations............................................................................................... 29  2. Le contexte énergétique européen ....................................................30
2.1. Le paquet Energie-Climat ..................................................................................... 30 2.2. La réalisation progressive du marché unique de l’énergie.................................... 32 2.3. Les enjeux du mix énergétique européen ............................................................. 33 2.4. Les perspectives ................................................................................................... 37  3. Les politiques contrastées de nos voisins européens ........................39
3.1. L’Allemagne accélère sa sortie du nucléaire......................................................... 39 3.2. Le Royaume-Uni revient à plus de régulation et maintient son programme nucléaire ................................................................................................................ 45  
   
 
 
Chapitre 3 – Les enjeux du deve nir du mix énergétique français et les incertitudes ..................................................................... 53
1. Le mix énergétique français actuel ....................................................55
1.1. Un mix énergétique encore fortement dépendant des énergies fossiles............. 55 1.2. La dépendance énergétique de la Fran ce s’est considérablement réduite depuis 1973 ...................................................................................................................... 57 1.3. Le parc de production d’électricité co nfère à la France le double avantage d’une électricité décarbonée et peu chère...................................................................... 62 1.4. La facture énergétique de la France est déficitaire, mais l’électricité apporte une contribution positive.............................................................................................. 65  2. Les contraintes et les incertitudes externes à la France qui pèsent sur la négociation énergétique ................................................................66
2.1. La lutte contre le changement climat ique et les incertitudes qui pèsent sur la négociation internationale ..................................................................................... 66 2.2. La croissance et la volatilité des prix du pétrole et du gaz ................................... 68 2.3. L’achèvement du marché unique européen de l’électricité pose un certain nombre d’interrogations ........................................................................................ 71 2.4. Les évolutions contrastées de l’indust rie du raffinage, entre pays occidentaux et pays émergents..................................................................................................... 73  3. Des déterminants et des incertitudes propres à la France pèsent également ses perspectives énergétiques .........................................74
3.1. La nécessaire maîtri se de la demande.................................................................. 75 3.2. L’exigence de sûreté : un préalable absolu au fonctionnement des centrales nucléaires ............................................................................................................. 77 3.3. Des technologies prévisibles à l’horizon 2030, incertaines au-delà. .................... 80 3.4. La construction nécessaire de nouve lles lignes électriques doit conduire à en accélérer la réalisation .......................................................................................... 85 3.5. Un tissu industriel français à développe r en lien avec la politique énergétique.... 89 3.6. Une opinion publique favorable aux éner gies renouvelables, plutôt favorable au nucléaire, mais surtout très sensible au prix de l’énergie ..................................... 92 3.7. L’ « acceptabilité » de certaines évolut ions technologiques n’est pas assurée.... 94  4. Les critères auxquels doit répondre le futur mix énergétique français à l’horizon 2050 ................................................................................95
4.1. 4.2. 4.3.  
   
Tout mix énergétique à horizon 2050 est-il réalisable ?........................................ 95 Les critères d’appréciation d’un scénario énergétique français à horizon 2050 .. 97 Une trajectoire à 2050 se doit d’être flexible ........................................................ 97
- 4 - 
   
Chapitre 4 – Une analyse de la problématique du mix énergétique français à l’horizon 2050 à l’aune des modélisations étudiées ................................................................................... 99
1. Panorama des scénarios ................................................................ 100
1.1. Description des scénarios ................................................................................... 101 1.2. Comparaison des scénarios................................................................................ 103  2. Enjeux en termes de demande d’énergie ......................................... 105
2.1. Le cadre réglementaire français ne fixe pas d’objectifs de réduction de la demande au-delà de 2020 .................................................................................. 105 2.2. Les gisements d’économie d’énergie da ns les différents secteurs sont bien identifiés par les scénarios traitant la demande.................................................. 108 2.3. Certains scénarios peuvent se montrer prudents quant à l’atteinte des objectifs du Grenelle à l’horizon 2020 ............................................................................... 111  3. Enjeux en termes d’offre.................................................................. 113
3.1. Une grande variété de mix électriques est proposée, mais les effets sont loin d’être identiques ................................................................................................. 113 3.2. A horizon 2050, les projections sont évidemment plus hasardeuses qu’à 2030 119 3.3. L’électricité ne représente néanmoins qu’une partie du mix énergétique français, qui doit être considéré dans sa globalité ............................................................ 119 3.4. Les évolutions des coûts de prod uction, de prix et d’éventuels sauts technologiques sont des déterminants ma jeurs pour juger de la pertinence des scénarios étudiés ................................................................................................ 120 3.5. Le développement et le renforcement des réseaux so nt des défis à relever dans la plupart des scénarios ce qui a un lien avec l’évolution des échanges internationaux...................................................................................................... 123  4. Enjeux transverses .......................................................................... 126
4.1. Impacts des options sur les investissements ..................................................... 127 4.2. Impacts des options sur les coûts unitaires et les prix de l’électricité................ 129 4.3. Impacts des options sur la protection de l’environnement en particulier la lutte contre le changement climatique ........................................................................ 132 4.4. Impacts des options sur la facture énergétique et les approvisionnements....... 134 4.5. Impacts des options sur l’acceptabilité sociale des solutions ............................ 136 4.6. Impacts des scénarios en termes d’emplois....................................................... 137  Chapitre 5 - Les principaux en seignements de l’analyse ........ 141
1. Pertinence des représentations du futur correspondant aux scénarios étudiés ............................................................................................ 144
1.1. La réduction de la demande est une va riable à mieux documenter dans le futur 144 1.2. Quel que soit l’horizon étudié et quel que soit le scénario, les incertitudes justifient que des calculs de sensibilité soient effectués pour évaluer leur robustesse........................................................................................................... 146
   
- 5 - 
   
 
 
1.3. Les conséquences sur les réseaux de distribution et de transport, du déploiement des énergies intermittentes dans la production d’électricité mériteraient d’être précisées............................................................................... 147 1.4. La valeur du carbone est pour le mo ins incertaine dans les scénarios étudiés et traduit les incertitudes de la négociation internationale...................................... 149 1.5. La capacité de l’économie à financer les investissements proposés par les différents scénarios mériterait d’être mieux détaillée ......................................... 151  2. Quelques idées forces pour un fu tur mix énergétique reposant sur l’examen des systèmes énergéti ques étudiés à travers leurs représentations sous forme de scénarios ........................................ 151
2.1. Les technologies qui pourraient émer ger sont relativement bien connues d’ici 2030, mais difficiles à imaginer au-delà ; l’action de la puissance publique doit être adaptée à l’état de maturité de la technologie............................................. 152 2.2. Les prix futurs de l’énergie représentent un enjeu majeur pour l’économie française .............................................................................................................. 154 2.3. L’acception des choix énergétiques so us-tendus par les scénarios est difficile à évaluer que ce soit pour les émissions de CO2, la sobriété énergétique, le nucléaire, les gaz de schiste ou de no uvelles technologies comme le CSC ; un dialogue sur l’encadrement des nouvelles t echnologies est à prévoir le plus en amont possible.................................................................................................... 156 2.4. La politique énergétique doit préserve r ses filières d’excellence et en développer de nouvelles : il faut miser sur les fi lières d’excellence pour lesquelles nous possédons des compétences reconnues, mais aussi sur celles qui ont un potentiel de croissance important....................................................................... 158 2.5. La R&D doit être renforcée pour ouvrir les choix du futur et positionner au mieux l’industrie nationale ............................................................................................. 159 2.6. La combinaison de différentes énergies peut constituer l’une des clés du mix énergétique de demain ....................................................................................... 162 2.7. La formation doit constituer une pr iorité dans le cadre de la transition énergétique ......................................................................................................... 163  3. Les conditions de réalisation et les impacts globaux de quatre grandes options de mix énergétique en fonction du rôle joué par le nucléaire ........................................................................................ 164
3.1. Classification des scénarios et regroupement en options .................................. 164 3.2. Description des quatre grandes options ............................................................. 167 3.3. Quelques éléments quantifiés de co mparaison de ces différentes options ....... 176 3.4. Analyse qualitative des options........................................................................... 192  Annexes : .............................................................................. 197
Annexe 1 : Lettre de mission ................................................................................... 199 Annexe 2 : Composition du groupe......................................................................... 203 Annexe 3 : Propositions des membres de la commission ...................................... 211 Propositions de l’ADEME .................................................................................... 212 Propositions de l’AEE.......................................................................................... 218 Propositions de l’AFG ......................................................................................... 222 Propositions de ANCRE ...................................................................................... 227
   
- 6 -
   
Propositions de Dominique BUREAU ................................................................. 235 Propositions de CAP GEMINI ............................................................................. 241 Propositions de la CFDT ..................................................................................... 246 Propositions de la CFE-CGC .............................................................................. 252 Propositions de la CGT ....................................................................................... 261 Propositions de Jean-Marie CHEVALI ER, Université Paris Dauphine ................ 268 Propositions de la CLCV ..................................................................................... 271 Propositions du Conseil National des In génieurs et Scientifiques de France..... 280 Propositions de la Direction Générale de la Recherche et l’Innovation (MESR) . 288 Proposition de FO ............................................................................................... 291 Propositions de Pierre GADONNEIX, Présid ent du Conseil mondial de l’énergie294 Propositions du MEDEF ...................................................................................... 299 Propositions de Sauvons le climat ...................................................................... 306 Propositions du SER ........................................................................................... 308 Annexe 4 : Synthèse de certains scénarios ........................................................... 319 Annexe 5 : Analyse des scénarios........................................................................... 353 Annexe 6 : Technologies : coûts et diffusion .......................................................... 385 Annexe 7 : Réseaux et marchés.............................................................................. 447 Annexe 8 : Filières énergétiques et compétitivité.................................................... 481 Annexe 9 : Emplois.................................................................................................. 499 Annexe 10 : Acceptabilité.......................................................................................... 515
   
- 7 - 
   
 
   
-
8 -
 
 
 
 
 
Synthèsegénérale  
Jacques Percebois  ClaudeMandil                               L’analyse des scénarios énergétiques à 2050, effectuée dans le corps du rapport, apporte des réponses aux questions posées par la lettre de mission du ministre, en particulier sur la place souhaitable du nucléaire. Elle montre tout d’abord le rôle essentiel que doivent avoir les actions d’efficacité énergétique. Pour ce qui concerne l’énergie nucléaire, question centrale en ce moment dans le débat politique national, elle montre que la trajectoire optimale pour notre pays consiste à prolonger la durée de vie des centrales existantes aussi longtemps que l’autorité de sûreté nucléaire le permettra, à prévoir un petit nombre d’EPR pour lisser la production au moment de la fermeture des centrales les plus anciennes, et à préparer l’avenir en poursuivant, au côté du développement des énergies renouvelables, le développement de la génération 4, tout en laissant ouverte la question de la part du nucléaire en 2050 et même en 2030. Celle-ci dépendra en effet de plusieurs facteurs : réussite des politiques de maîtrise de la demande, baisse des coûts des énergies renouvelables, percées technologiques, retour d’expérience sur le fonctionnement des EPR français et étrangers, prix du gaz naturel.  Mais en outre, les débats du groupe de travail ont mis en lumière quelques données de base qui doivent être prises en compte lors de toutes les décisions de politique énergétique à venir.  1. Il n’existe ni énergie sans inconvénients, ni scénario idéal, ni trajectoire idéale pour y parvenir. Chaque scénario implique des choix entre différents avantages et inconvénients, et l’opinion publique doit en être clairement informée. Les analyses partielles ou simplistes, celles qui présentent les avantages en oubliant les inconvénients, devraient être proscrites d’où qu’elles proviennent. Certains scénarios ne sont envisageables qu’au prix de révolutions dans les
- 9 - 
Commission Energies2050    comportements individuels et sociaux, qui ne nous semblent ni crédibles, ni souhaitables. Il faudra certes adapter fortement nos comportements à de nouvelles contraintes, notamment pour économiser une énergie qui risque d’être chère et largement polluante, mais pas au prix de scénarios qui prônent la mise en œuvre d’une société autarcique et qui ne ferait que gérer la pénurie dans tous les domaines de la vie courante.  2. Notre pays n’est pas un isolat énergétique ; il s’approvisionne sur des marchés mondiaux, il participe pleinement à la grande œuvre de progrès et de solidarité qu’est l’Union européenne, ses entreprises se développent et sont en compétition sur les marchés mondiaux, la contrainte climatique est mondiale, la crise financière est durable et profonde. Cela ne signifie pas qu’aucune politique autonome n’est possible, mais qu’on ne peut pas agir comme si l’extérieur était insignifiant. Or les tendances lourdes de l’évolution du paysage énergétique mondial sont décrites dans les publications récentes de l’AIE, et elles sont souvent très différentes de ce que nous percevons comme nécessaire ou souhaitable : croissance continue de la demande d’énergie et en particulier d’électricité, tirée par les besoins des économies émergentes, place durablement prépondérante des énergies fossiles et en particulier du charbon, maintien du pétrole comme énergie de choix pour les besoins de transport, développement spectaculaire de la production des hydrocarbures non conventionnels (pétrole et gaz), part croissante mais modérée des énergies renouvelables et du nucléaire, maintien d’une grande partie de l’humanité dans un état de pauvreté énergétique insupportable. Nous ne pouvons pas nier ce contexte, nous devons nous y insérer. Quels que soient les choix qui seront faits il faudra investir massivement et il faudra le faire en tenant compte des perspectives qui s’offriront à la France dans les pays émergents et des données de la construction européenne.  3. En particulier, la contrainte du changement climatique est considérable. D’après l’AIE, les émissions mondiales de gaz à effet de serre créées par la production ou l’utilisation de l’énergie sont d’environ 30 milliards de tonnes par an et risquent, même avec les politiques ambitieuses décidées dans plusieurs pays, de dépasser 35 milliards de tonnes en 2035, alors que pour avoir des chances raisonnables de respecter l’objectif de Cancun (augmentation de la température moyenne à long terme limitée à 2°C) les émissions ne devraient pas dépasser 20 milliards de tonnes en 2035 et 13 en 2050. Il s’agit réellement d’opérer sans délai un changement complet de trajectoire et cela signifie que tous les outils à notre disposition seront nécessaires. C’est vrai pour l’offre : il faudra plus de renouvelables, plus de nucléaire, encore beaucoup d’énergie fossile et donc de la capture et de la séquestration du dioxyde de carbone, mais c’est tout aussi vrai pour la demande : le point commun entre tous les scénarios que nous avons examinés est le rôle primordial de la sobriété (réduire la consommation de services énergétiques) et de l’efficacité (réduire la consommation d’énergie pour un même service rendu). Certes l’Europe, et a fortiori notre pays ne peuvent pas à eux seuls apporter la solution à ce défi et il serait dangereux pour l’économie européenne de vouloir faire cavalier seul, mais en sens inverse personne ne comprendrait que notre continent ne fasse pas sa part de l’effort indispensable. En d’autres termes, et sans sous-estimer la contrainte liée à l’épuisement des ressources énergétiques fossiles, c’est la contrainte environnementale qui prend aujourd’hui le pas sur celle du « peak-oil ». La stratégie engagée par notre pays par le Grenelle de l’environnement prend bien en compte, jusqu’en 2020, le besoin de maîtrise de la demande et de diversification de l’offre. Il s’agit maintenant de voir plus loin.
   
- 10 -
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.