La taxe carbone : mythe ou réalité ? De la théorie à la pratique.

De
L'objet de cette étude est de préciser quels pourraient être le périmètre de la taxe carbone, son niveau, les caractéristiques de son assiette et de son taux, ainsi que ses conditions de mise en oeuvre. L'étude soulève la question des mesures visant à compenser les effets négatifs de cette taxe sur la distribution des revenus et la compétitivité sectorielle des entreprises.
Elle aborde les conditions de mise en oeuvre d'une "taxe extérieure carbone" complétant le dispositif et visant à compenser les distorsions entre entreprises européennes et non européennes.
Paris. http://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/document.xsp?id=Temis-0063841
Publié le : mardi 1 janvier 2008
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Source : http://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/document.xsp?id=Temis-0063841&n=11637&q=%28%2Bdate2%3A%5B1900-01-01+TO+2013-12-31%5D%29&
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LA TAXE CARBONE : MYTHE OU RÉALITÉ ?

DE LA THÉORIE À LA PRATIQUE

Institut de l’entreprise

Juillet 2008

Les Notes de l’Institut

LØIãêëÜëíë ÅÇ âØÇãëèÇçèÜêÇ Çêë íãÇ aêêåÄÜaëÜåã ÄèééÇ Çã 5791çaè íãÇ ëèÇãëaÜãÇ ÅÇ ÑèaãÅê
ÑèåíçÇê .SÇê çèåäåëÇíèê éëaÜÇãë aãÜäéê çaè âÇ ÅéêÜè ÅÇ ÅÜêçåêÇè Å'íã åèÑaãÇ ÅÇ
èéÉâÇïÜåã ,ÜãÅéçÇãÅaãë ÅÇ ëåíë äaãÅaë êñãÅÜÄaâ åí çåâÜëÜéíÇ ,éíÜ âÇíè çÇèäÇëëÇ ÅØaÉÉÜãÇè
âÇíè aççèåÄÖÇ ÅÇê éíÇêëÜåãê éÄåãåäÜéíÇê ,êåÄÜaâÇê Çë êåÄÜéëaâÇê.
A âa ÉåÜê ÅÜÉÉéèÇãë ÅÇê åèÑaãÜêaëÜåãê çèåÉÇêêÜåããÇââÇê Çë Çã ÄåãëaÄë çÇèäaãÇãë aìÇÄ ÇââÇê ,
âØIãêëÜëíë êÇ ÅÜêëÜãÑíÇ çaè êa ÄaçaÄÜëé à éÄÖaççÇè aíï çèÇêêÜåãê ÅÇ âa ÄåãáåãÄëíèÇ ÜääéÅÜaëÇ .
Daãê êa ÅéäaèÄÖÇ ÅÇ äÜêÇ Çã çÇèêçÇÄëÜìÇ ÅÇê çåêÜëÜåãê ÅÇ ëåíê âÇê aÄëÇíèê ÅÇ âa ìÜÇ
éÄåãåäÜéíÇ Çë êåÄÜaâÇ ,ÉèaãçaÜê Çë éëèaãÑÇèê ,Üâ Çêë à âa ÉåÜê íã âÜÇí Å'éâabåèaëÜåã Å'íãÇ
éèaÑâÇÜaåÅ äãÇÇèÇçÇéêããaä êåÄê ÅÇíáÇëÇê ê .éÜéëÅÇÇ ëèÇã Äíãë Çâ èíê ãåÜïÇâÉéè
AíáåíèÅ'Öí Ü,âØIãêëÜëíë ÅÇ âØÇãëèÇçèÜêÇ ,éíÜ ÄåäçëÇ çâíê ÅÇ 21 0aÅÖéèÇãëê ,a íãÇ ëèÜçâÇ
ìåÄaëÜåã :

• un pôle De rÎflexion
LÇê ÄåääÜêêÜåãê ÅØéëíÅÇ ÅÇ âØIãêëÜëíë èéíãÜêêÇãë ,ÅÜèÜÑÇaãëê ÅØÇãëèÇçèÜêÇ Çë ÇïçÇèëê ,
ÉaìåèÜêaãë aÜãêÜ âÇ çaèëaÑÇ ÅÇê ÇïçéèÜÇãÄÇê Çë âa ÄåãÉèåãëaëÜåã ÅÇê åçÜãÜåãê .LÇíèê
èéÉâÇïÜåãê abåíëÜêêÇãë à âØéâabåèaëÜåã ÅØaãaâñêÇê Çë ÅÇ èaççåèëê âaèÑÇäÇãë ÅÜÉÉíêéê.
CÇê ëèaìaíï çèéêÇãëÇãë éíaëèÇ ÄaèaÄëéèÜêëÜéíÇê çèÜãÄÜçaâÇê :Üâê êØÜãêÄèÜìÇãë Åaãê íãÇ
ìÜêÜåã çèåêçÇÄëÜìÇ ,Üâê ÜãëèÑèÇãë âa ÅÜäÇãêÜåã ÜãëÇèãaëÜåãaâÇ Ü,âê çèÜìÜâéÑÜÇãë âÇê ÇïçéèÜÇãÄÇê
ÄåãÄèèëÇê ,Çë Üâê êåãë âÇ ÉèíÜë ÅÇ Åébaëê ÄåãëèaÅÜÄëåÜèÇê.

• un lieu De rneoctner
LÇê ÅÜÉÉéèÇãëÇê äaãÜÉÇêëaëÜåãê åèÑaãÜêéÇê çaè âØIãêëÜëíë ÅÇ âØÇãëèÇçèÜêÇ çÇèäÇëëÇãë ÅÇ êëÜäíâÇè
âÇê éÄÖaãÑÇê Çë ÅØÇãèÜÄÖÜè âÇê èéÉâÇïÜåãê ÅÇ âÇíèê çaèëÜÄÜçaãëê .DÜèÜÑÇaãëê ÅØÇãëèÇçèÜêÇ ,
çÇèêåããaâÜëéê çåâÜëÜéíÇê ,ÇïçÇèëê Üêêíê ÅÇ âØÇãëèÇçèÜêÇ åí Åí äåãÅÇ íãÜìÇèêÜëaÜèÇ êåãë ÜãìÜëéê à
êØÇïçèÜäÇè à âØåÄÄaêÜåã ÅÇ ÅéáÇíãÇèê ÜãÉåèäÇâê ,ÅÇ ÄåââåéíÇê Çë ÅÇ êéäÜãaÜèÇê ÜãëÇèãaëÜåãaíï.

• un pôle De formation
DÇçíÜê éíÇâéíÇê aããéÇê ,âØIãêëÜëíë ÅÇ âØÇãëèÇçèÜêÇ êØÇêë ÇãÑaÑé Åaãê ÅÇê aÄëÜåãê éíÜ åãë
çåíè bíë ÅÇ ÄåãÉèåãëÇè ÄÇèëaÜãê çíbâÜÄê aí äåãÅÇ ÅÇ âØÇãëèÇçèÜêÇ ,Åaãê âØåbáÇÄëÜÉ ÅÇ âÇíè
Çã ÅåããÇè íãÇ èÇçèéêÇãëaëÜåã çâíê ÄåãÄèèëÇ .
TèåÜê çíbâÜÄê êåãë aÄëíÇââÇäÇãë ÄåãÄÇèãéê çaè ÄÇê çèåÑèaääÇê :âÇê Éíëíèê èÇêçåãêabâÇê
ÅÇê ÑèaãÅê êÇÄëÇíèê ÅØaÄëÜìÜëé ÅÇ âa ìÜÇ çåâÜëÜéíÇ ,éÄåãåäÜéíÇ Çë êåÄÜaâÇ aìÇÄ âØIHEE ,âÇê
çèåÉÇêêÇíèê ÅÇ SÄÜÇãÄÇê ÎÄåãåäÜéíÇê Çë SåÄÜaâÇê ÅÇê âñÄéÇê Çë âÇê éâèìÇê áåíèãaâÜêëÇê.

LØIãêëÜëíë ÅÇ âØÇãëèÇçèÜêÇ aÄÄíÇÜââÇ çaè aÜââÇíèê âÇ Fåèíä ÅÇê AäÜê Åí PaÄëÇ MåãÅÜa â,èÇâaÜê
çåíè âa FèaãÄÇ Åí Gâåbaâ CåäçaÄë ,èéêÇaí äåãÅÜaâ ÅØÇãëèÇçèÜêÇê èÇêçåãêabâÇê Äèéé à
âØÜãÜëÜaëÜìÇ ÅÇê NaëÜåãê-UãÜÇê.

Påíè Çã êaìåÜè çâíê ,èÇãÅÇó-ìåíê êíè ãåëèÇ êÜëÇ

îîî.ÜãêëÜëíë-ÇãëèÇçèÜêÇ.Éè

La taxe carbone :
mythe ou rÎaLitÎ ?

DÇ âa ëÖåèÜÇ à âa çèaëÜíÇ

IãêëÜëíë ÅÇ â'ÇãëèÇçèÜêÇ

JíÜââÇë

© IãêëÜëíë ÅÇ âØÇãëèÇçèÜêÇ ,280
Tåíê ÅèåÜëê ÅÇ èÇçèåÅíÄëÜåã ,ÅÇ ëèaÅíÄëÜåã ,ÅØaÅaçëaëÜåã Çë ÅØÇïéÄíëÜåã
èéêÇèìéê çåíè ëåíê âÇê çañê

DÜèÇÄëÇíè ÅÇ âa çíbâÜÄaëÜåã

:JÇaã-DaäÜÇã Pô ,ÅéâéÑíé Ñéãéèaâ ÅÇ âØIãêëÜëíë ÅÇ âØÇãëèÇçèÜêÇ

SåääaÜèÇ

Rêíä.

1LÇê ëÇèäÇê Åí Åbaë Å é:ÇââåÑå ÜÄh ÜíÇ
âÇê ÇãáÇíï ÄåãåäÜíÇê Çë âÇê çèÜãÄÜçaâÇê
äÇêíèÇê ÇãìÜêaÑÇê .........................

1. La contrainte carbone :
un instrument de lutte contre le changement climatique ? . . . . . . . . . . . . . . . .

2. La contrainte carbone : une mesure pénalisante pour l’économie ? . . . . . . . . . .

3. . . . . . . . . . . . . . .Les principales mesures envisagées par les pouvoirs publics .

2 aëãÇãåÜëè häÇâÑíh aêåë.ïÇTa âÇí:èëèäÜèç Ç
çåíè âa ëaïÇ ÜãëèÜÇíèÇ ÄaèbåãÇ ?..............

1. L’objectif : l’internalisation des « externalités négatives » . . . . . . . . . . . . . . . .

2. La taxe : un outil généralement plus efficace que la réglementation . . . . . . . .

3. La taxe : un instrument complémentaire au système des quotas . . . . . . . . . . . .

.3 ãÇbåaèÄ ÇèíÇÜèëãÜ Çïaâa ë ÅÇ íÇêÜêëÜëÄèaÄaèÇL ê

1. Les différents types de taxe carbone envisageables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

2. La détermination du bon niveau de taxation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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La taxe carbone: mythe ou rÎaLitÎ ?

LÇê ÄåãÅÜëÜåãê ÅÇ äÜêÇ Çã íìèÇ
ÅÇ âa ëaïÇ ÜãëèÜÇíèÇ ÄaèbåãÇ


1. Pour garantir l’efficacité de la taxe carbone : exclure toute exonération . . . . . . .

2. Assurer un niveau de prélèvements obligatoires constant . . . . . . . . . . . . . . . . .

3. Ne pas affecter les recettes de la taxe carbone à des dépenses pérennes . . . .

4. Remettre à plat la fiscalité écologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

LÇê ÄåãêíÇãÄÇê ÅÇ âa äÜêÇ Çã íìèÇ ÅÇ
âa ëaïÇ ÜãëèÜÇíèÇ ÄaèbåãÇ ................


1. Les conséquences sur la situation des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

2. Les conséquences sur la compétitivité sectorielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

La ëaïÇ ÇïëèÜÇíèÇ ÄaèbåãÇ


1. Les possibilités d’ajustements de taxe à la frontière (ATF) offertes
par le régime général de l’OMC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

2. Les régimes d’exception de l’OMC concernant l’environnement . . . . . . . . . . . . .

PÇèêåããaâÜëê aíÅÜëÜåããÇê

BÜbâÜåÑèaçÖÜÇ

AããÇïÇ II Åí èaççåèë Åí CåãêÇÜâ ÅÇê Üäçôëê
êíè âa éÜêÄaâÜë ÅÇ âØÇãìÜèåããÇäÇãë .........

CåäçåêÜëÜåã ÅÇ âa ÄåääÜêêÜåã
MåÅÇèãÜêaëÜåã ÅÇ âa éÜêÄaâÜë .

37

38

38

40

43

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48

49

Rêíä

e réchauffement climatique est un problème international, qui doit
Ltrouver une solution dans un cadre avant tout international. Toutefois,
ce constat n’exclut pas toute action au niveau européen ni au niveau national :

– la France participe à la politique européenne de réduction des émissions
de gaz à effet de serre, qui prend la forme essentiellement de systèmes
de quotas d’émissions : à cet égard, la mise en place d’une «taxe extérieure
carbone» visant à compenser les distorsions entre entreprises européennes
et non européennes — résultant de ce système de quotas — est un sujet à
l’étude;

– le gouvernement envisage de mettre en place unetaxe intérieure carbone
nationale Elle est destinée à ». climat-énergie contribution, baptisée
«
produire un signal-prix sur les émissions de dioxyde de carbone à l’attention
de tous les acteurs nationaux. Un rapport doit être remis au Parlement
avant la fin 2008.

La commission Modernisation de la fiscalité de l’Institut de l’entreprise a
voulu présenter dans ce document les points les plus importants susceptibles
d’éclairer le débat public, conformément aux principes de bonne gouvernance
fiscale qu’elle avait mis en avant dans une contribution de février 2005*.

LÇ çèÜäèëèÇ ÅÇ âa ëaïÇ ÜãëèÜÇíèÇ ÄaèbåãÇ

Uã ÜãêëèíäÇãë ÄåäçâäÇãëaÜèÇ aí êñêëèäÇ ÇíèåçÇã ÅÇê íåëaê
ÅØäÜêêÜåãê
La taxe intérieure carbone ne peut s’appliquer qu’au secteur résiduel des
activités non déjà soumises au marché desquotas d’émissions, organisé au
niveau européen. Les acteurs ne doivent en effet recevoir qu’une seule fois le
signal économique sur la teneur en CO2des produits qu’ils consomment.

ÇÇèíìãÄãaÉÜÇ aâêÄäè ÇéèåÉ aåÑÇÅâ ãê çÜëÜåíãÇ åíè êåçåèP
â'IãêëÜëíë ÅÇ â'ÇãëèÇçèÜêÇ ,ÉéìèÜÇè 0êíè bâÇ èÑÇaÄéaÖTâé.2

,CåääÜêêÜåã MåÅÇèãÜêaëÜåã ÅÇ âa ÉÜêÄaâÜëé ÅÇ
îîî.ÜãêëÜëíë-ÇãëèÇçèÜêÇ.Éè

La taxe carbone: mythe ou rÎaLitÎ ?

LÇê çèÜãÄÜçaíï aÄëÇíèê ÄåãÄÇèãê Çã çèaëÜíÇ
Il en résulte que la taxe intérieure carbone devrait principalement s’appliquer
aux ménages (concernés au titre du carburant automobile et du chauffage
domestique), aux secteurs de l’agriculture et de la pêche (en raison des moyens
de transports utilisés, consommateurs en carburant), au transport routier,
ainsi qu’à l’ensemble du secteur tertiaire (en tant qu’utilisateur de bâtiments
consommateurs d’énergie).

La íÇêëÜåã ÅÇ âØâÇÄëèÜÄÜë
L’électricité entre dans le champ du système des quotas européens. Elle ne
devrait donc pas entrer dans le champ d’application de la taxe. En outre, une
taxe n’est pas nécessaire pour fixer le signal-prix au niveau souhaité dans un
système réglementé, et il est probable que ce signal-prix se fixerait de lui-même
à un niveau suffisant dans un système de marché. Taxer l’électricité ne pourrait
donc répondre qu’à d’autres motivations : faire accepter l’augmentation
tarifaire dans le système réglementé et appréhender une partie de l’avantage
économique tiré du nucléaire dans le système de marché.

LÇê ÄaèaÄëèÜêëÜíÇê ÅÇ âa ëaïÇ ÜãëèÜÇíèÇ ÄaèbåãÇ

PèéèÇè íãÇ ëaïÇ Ã aäåãë » à íãÇ ëaïÇ Ã aìaâ »

L’option la plus pragmatique consiste non pas à taxer en aval le contenu en
carbone (en CO2objets, mais à taxer en amont la consommation d’énergie) des
fossile à l’origine d’émissions de CO2.

Une taxation en aval est directement assise sur toutes les quantités de CO2
qui ont été nécessaires à la fabrication d’un produit, y compris si ces émissions
n’ont laissé aucune trace dans le produit final. Cette démarche est la plus
pertinente et la plus pédagogique. Elle demeure cependant très difficile à
appliquer à l’ensemble des produits de consommation.

La taxation en amont est donc la solution la plus réaliste pour une mise en
œuvre dans un horizon proche.

QíÇâ ãÜìÇaí ÅÇ ëaïaëÜåã

?

Réêíäé

Dans une logique écologique, qui consiste à faire payer au consommateur
d’énergie le dommage environnemental produit, le niveau de taxation demeure
indépendant de l’évolution du prix hors taxe de cette énergie (du prix du baril
de pétrole par exemple).

Le niveau de la taxe intérieure carbone, future « contribution climat-énergie »,
pourrait être fixé à l’aune de la valeur carbone recommandée par la commission
Qui ar tonne de CO à l’horizon 2030, à partir d’une
net (100 euros p2 de valeur
O ret uellement). Le lien entre la taxe et cette
27 euros la tonne de C2enue act
valeur carbone n’est toutefois pas mécanique : il convient de tenir compte des
autres instruments permettant l’internalisation de cette valeur carbone (permis
d’émissions, mesures réglementaires, etc.).

La solution la plus adaptée consisterait dans tous les cas à adopter un taux
progressif dans le temps : faire évoluer le prix du CO2en fonction de l’évolution du
coût des dommages environnementaux. Ce type de mesure nécessite cependant
une volonté pérenne et un engagement de long terme des pouvoirs publics.

LÇê ÄåãÅÜëÜåãê ÅÇ äÜêÇ Çã íìèÇ ÅÇ âa ëaïÇ ÜãëèÜÇíèÇ
ÄaèbåãÇ

EïÄâíèÇ ëåíë ÅÜêçåêÜëÜé ÅØÇïåãèaëÜåã

La suppression de toute exonération en fonction d’intérêts catégoriels est
une condition indispensable à l’efficacité de la taxe intérieure carbone, sous
peine de retomber dans les travers de la fiscalité écologique française actuelle.

Comment garantir ce principe ? La jurisprudence constitutionnelle a ouvert
sur ce point de nouvelles perspectives : la finalité écologique de la taxe carbone
doit être expressément affirmée par le législateur.

GaèaãëÜè íã ãÜìÇaí ÅÇ çèâèìÇäÇãëê åbâÜÑaëåÜèÇê Äåãêëaãë
Les pouvoirs publics se sont engagés à ce que la taxe intérieure carbone
soit « strictement compensée par une réduction des autres prélèvements

La taxe carbone :mythe ou rÎaLitÎ ?

obligatoires ». engagement constitue une condition indispensable à laCet
mise en place de la réforme.

NÇ çaê aééÇÄëÇè âa ëaïÇ à ÅÇê ÅçÇãêÇê çèÇããÇê
Il sera difficile d’anticiper le rendement de la taxe. L’affectation du produit
de la taxe à des dépenses pérennes comporte le risque fort de dévoyer, à terme,
la finalité écologique de la taxe vers une finalité uniquement financière et
budgétaire.

NÇ çaê ÄèÇè íãÇ ãåíìÇââÇ ëaïÇ häaÜê èéåèäÇè Çã çèåéåãÅÇíè
âa TIPP
On a vu que l’option la plus pragmatique consiste non pas à taxer en aval
le contenu en carbone des objets, mais à taxer en amont la consommation
d’énergie fossile. Dès lors, ce choix d’une taxation amont conduit assez
logiquement non pas à la création d’une nouvelle taxeex nihilo, à la mais
réforme de la TIPP.

LÇê ÄåãêíÇãÄÇê ÅÇ âa äÜêÇ Çã íìèÇ
ÅÇ âa ëaïÇ ÄaèbåãÇ

PèÇãÅèÇ Çã ÄåäçëÇ âÇê ÇééÇëê ãÑaëÜéê êíè âa èçaèëÜëÜåã ÅÇê èÇìÇãíê
Çë êíè âa ÄåäçëÜëÜìÜë ÅÇ ÄÇèëaÜãê êÇÄëÇíèê

La taxe intérieure carbone peut emporter des effets négatifs sur la répartition
des revenus des ménages et sur la compétitivité de certains secteurs d’activité
(agriculture, pêche, transport routier, mais aussi secteur tertiaire en général).

CÖåÜêÜè ÅÇê äÇêíèÇê ÅÇ ÄåäçÇãêaëÜåã ãÇ çèÜìaãë çaê âa ëaïÇ
ÅÇ êÇê ÇééÇëê
Les pouvoirs publics doivent envisager des mesures de compensation, sans
toutefois priver la taxe de ses effets. En ce sens, des exonérations catégorielles
sont à exclure (cf.supra).

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