Troubles du sommeil  stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées - Questions-Réponses benzodiazépines
8 pages
Français

Troubles du sommeil stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées - Questions-Réponses benzodiazépines

Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres
8 pages
Français
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Description

Documents Des mesures contre le mésusage des benzodiazépines HAS - DGS - ANSM (182,77 Ko) Questions-Réponses benzodiazépines (92,5 Ko) Affiche A4 somniferes (1,37 Mo) Mis en ligne le 25 sept. 2012 Après 65 ans, le sommeil évolue : nuits plus courtes, réveils plus fréquents, sommeil fractionné sur la journée, ... Ces modifications d'ordre physiologique chez les personnes âgées sont source de plaintes du sommeil en consultation et débouchent trop souvent sur une prescription de somnifères. Près d’un tiers des personnes de plus de 65 ans consomme des somnifères de manière chronique, et dans plus d’un cas sur deux, ces traitements ne seraient pas indiqués. Ces somnifères peuvent provoquer des effets délétères : dépendance, chutes et troubles de la mémoire. Quel sommeil après 65 ans ? Comment aborder la question des troubles du sommeil en consultation ? Quel usage des somnifères ? Comment les arrêter ? Avec quel accompagnement ? Est-il possible de retrouver un sommeil de qualité sans médicament ? Pour diminuer la prescription trop systématique de somnifères chez les personnes âgées, la Haute Autorité de Santé (HAS) a élaboré, dès 2006, avec des médecins généralistes, des gériatres, des psychiatres, des spécialistes du sommeil et des pharmaciens, des recommandations et des outils pour aider les professionnels de santé et informer les patients. Parce que la consommation ne diminue pas suffisamment et que de nombreuses prescriptions ne sont pas utiles, la HAS relance des actions d’information et de sensibilisation des professionnels et des usagers avec le soutien du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens (CNOP) et de l’association de lutte contre les infections nosocomiales et les accidents médicaux (LIEN) membre du Collectif interassociatif sur la santé (CISS). Seules 1 à 2 plaintes relatives au sommeil sur 10 relèveraient de l’insomnie véritable Le sentiment de « mal dormir » pousse de nombreuses personnes âgées à se plaindre d’insomnie, sans que cela en soit véritablement une. La plainte du sommeil chez la personne âgée doit faire l’objet d’un entretien spécifique lors d’une consultation dédiée. Pour aider les médecins dans cette démarche diagnostique, la HAS a élaboré des outils pratiques, comme par exemple des arbres décisionnels, des questions clés pour la prescription de psychotropes, un agenda du sommeil, un questionnaire d’attachement aux benzodiazépines, … Devant des plaintes chroniques du sommeil, le médecin doit rechercher des signes associés et orienter son patient vers un spécialiste si besoin : douleurs, anxiété, dépression ou encore problèmes urinaires, apnée du sommeil peuvent expliquer le sommeil de mauvaise qualité et doivent être recherchés. Par ailleurs, la plainte du sommeil peut être expliquée par le changement physiologique du sommeil : la personne âgée dort moins la nuit et son sommeil se répartit différemment sur l’ensemble de la journée (siestes par exemple). Seules 10 à 20% des plaintes du sommeil sont de véritables insomnies et peuvent alors relever d’un traitement par somnifères, mais toujours de courte durée, en prévoyant l’arrêt dès la prescription. Les techniques de relaxation et les thérapies cognitivo-comportementales peuvent être appropriées à la prise en charge des insomnies. La moitié des traitements ne serait pas indiquée La HAS rappelle aux médecins, aux pharmaciens et aux patients que la prescription et le renouvellement de somnifères ne doivent pas être systématiques. Les somnifères ne sont indiqués que pour de courtes périodes et dans un délai allant de quelques jours à 4 semaines maximum. Ils ne doivent pas être prescrits sur une longue durée, ce d’autant plus que leur efficacité diminue avec le temps. De plus, ils induisent des effets indésirables : chutes, risques d’accidents lors de la conduite, troubles de la mémoire ou de l’attention, dépendance, …. Les personnes âgées sont d’autant plus exposées aux risques des somnifères que leur résistance physique est moindre et leur métabolisme plus lent. Par ailleurs, le risque d’interaction avec d’autres traitements est augmenté car les personnes âgées prennent souvent plusieurs médicaments.  Arrêter les somnifères, c’est possible !  Le médecin traitant doit proposer une stratégie d’arrêt des somnifères en accord avec le patient. L’arrêt progressif et encadré de somnifère doit permettre aux personnes âgées de retrouver un sommeil naturel, plus récupérateur, même s’il est plus court ou plus fractionné. En ne subissant plus les effets secondaires du médicament, les personnes âgées gagnent en qualité de vie et en autonomie. Une bonne hygiène de vie pour améliorer naturellement le sommeil Les somnifères ne sont pas des médicaments anodins. Les changements de rythme du sommeil liés au vieillissement peuvent être améliorés par des habitudes simples et une bonne hygiène de vie : activités physiques régulières, exposition à la lumière en journée, alimentation et mode de vie sains, aménagement confortable de la chambre, … Un programme d’actions et des outils relayés par les partenaires de la HAS Dans les prochaines semaines, le CNOM et le CNOP relaieront les outils de la HAS et notamment l’affiche « Etre senior et mieux dormir », conseils pour bien dormir aux médecins et pharmaciens. Le LIEN quant à lui relaiera l’information sur son site internet. La HAS relaiera pour sa part ces informations sur son site, dans ses lettres destinées aux professionnels et sur son espace Facebook®. En novembre, la HAS organise une plénière nationale avec l’ensemble des professionnels de santé impliqués et les patients afin de renforcer la diffusion de l’information et réfléchir à de nouvelles actions et outils d’amélioration des pratiques. D’ici la fin de l’année, un rappel sera intégré aux logiciels d’aide à la prescription (LAP) et sera associé à des documents d’information des patients sur le sommeil et les somnifères.  Ainsi, à chaque fois qu’un médecin prescrira un somnifère à une personne âgée, il sera, par exemple, invité à proposer à son patient un rendez-vous dédié à l’exploration de ses problèmes de sommeil.   Les somnifères… en finir avec les mauvaises habitudes ! La prescription ou le renouvellement d’un somnifère n’est pas systématique.Le renouvellement d’une ordonnance nécessite la réévaluation de la situation clinique du patient.L’association de deux somnifères n’est pas recommandée.Une pathologie psychiatrique (dépression par exemple) ou une pathologie du sommeil (apnée du sommeil par exemple) peuvent être à l’origine de la plainte du sommeil et nécessitent une prise en charge adaptée.L’arrêt brutal d’une prescription de somnifères n’est pas recommandé, l’arrêt doit être progressif avec un suivi médical. Mis en ligne le 25 sept. 2012

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 25 septembre 2012
Nombre de lectures 79
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Langue Français

Extrait

  
   
 
Questions / Réponses   Troubles du sommeil : stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées
Quel ues chiffres sur les troubles du sommeil et la consommation de benzodiazé ines en France :   Seulement 10 à 20% des troubles du sommeil en o seraient de ulation énérale vraies insomnies  
 
 
 
 
 65 ans (environ 3,5 millions de27,4%, soit près d’un tiers, des personnes de plus de personnes) sont exposées de manière chronique aux benzodiazépines et médicaments apparentés (chiffres de 2011)
   
 
38,6% our les lus de 85 ans environ 660 000 ersonnes Plus de la moitié des traitements ne serait as indi uée 7 mois : durée d’exposition moyenne constatée pour (anxiolytique, hypnotique) ou apparentée
une
benzodiazépine 
30 ours : durée de rescri tion maximale recommandée our une benzodiazé ine
anxiol ti ue, h noti ue ou a arentée    La France demeure le premier pays consommateur de somnifères, avec une consommation 3 à 5 fois plus importante que ses voisins européens. Cette consommation est particulièrement élevée et banalisée chez les personnes âgées.  En effet, aujourd’hui, en France, près d'un tiers des personnes âgées de plus de 65 ans, soit près de 3,5 millions de personnes, et près de 40% des plus de 85 ans consomment de façon régulière des somnifères. Or, plus de la moitié de ces traitements ne serait pas appropriée, les vraies insomnies étant rares chez la personne âgée.  Dès 2006, la HAS a élaboré, avec les professionnels de santé concernés (médecins généralistes, gériatres, psychiatres, pharmaciens …) des recommandations et des outils pour aider les professionnels de santé exerçant en ville à améliorer le diagnostic autour du sommeil chez la personne âgée et leur permettre de diminuer les prescriptions inappropriées de somnifères.
 
1
 La HAS a travaillé spécifiquement sur les troubles et plaintes autour du sommeil car ils sont très souvent le signe d’alerte sur d’autres pathologies qui ne doivent pas être occultées et qui nécessitent une prise en charge spécifique : douleurs nocturnes, problèmes urinaires, apnée du sommeil, dépression.  1. Que faut-il savoir sur les troubles du sommeilchez le sujet âgé ?  
Au fil de la vie, le sommeil se modifie : vieillir s’accompagne d’une évolution physiologique qui change l’organisation temporelle et la qualité du sommeil. La personne âgée dort moins la nuit, son sommeil est fractionné, parfois avec plusieurs siestes dans la journée, et se répartit donc différemment sur l’ensemble des 24 heures. Chez beaucoup de personnes, cela induit un sentiment de « mal dormir », ce ressenti les poussant à se plaindre d’insomnie sans que cela en soit réellement une.
En effet, dans 80 à 90% des cas, les plaintes relatives au sommeil ne relèveraient pas de l’insomnie. Derrière une plainte liée au sommeil, peuvent se cacher des douleurs, une anxiété, une dépression, ou encore des problèmes urinaires. Lorsque des troubles du sommeil apparaissent avec l’âge, il faut rechercher une cause associée qui peut permettre d’expliquer ces troubles.
Devant une insomnie récente chez une personne âgée, le médecin généraliste recherchera une cause. Il pourra diriger le patient vers un spécialiste selon la pathologie suspectée (par exemple : psychiatre, spécialiste du sommeil dans un centre d’exploration du sommeil, cardiologue…).
Retrouver un sommeil de qualité est possible avec l’accompagnement d’un professionnel de santé : changements d’hygiène de vie et de sommeil pourront être envisagés. Certaines maladies associées nécessiteront quant à elles une prise en charge médicale spécifique. Les pathologies du sommeil - apnées, insomnies, mouvements périodiques des jambes par exemple – font elles aussi l’objet de prises en charge particulières.
 
2. Comment aborder la problématique du trouble dusommeil chronique avec son patient ?  Devant un patient se plaignant d’insomnie, le problème doit être abordé le temps d’une consultation dédiée et doit aussi être considéré en fonction de l’histoire personnelle et de l’environnement de ce patient.  L’insomnie se diagnostique essentiellement par une évaluation clinique comportant un entretien approfondi portant sur le ressenti du patient, son état psychologique et son environnement, ainsi que d’une étude de l’historique du sommeil du patient.  Il s’agit notamment pour le médecin de ne pas passer à côté d’unedépression les dont troubles du sommeil pourraient être la conséquence et pouvoir, si besoin, proposer une prise en charge adaptée.  
 
2
   3. Quelle est la prise en charge des troubles du sommeil recommandée par la HAS ?  Le médecin traitant a un rôle central dans la prise en charge des patients présentant des troubles du sommeil. Il doit proposer une consultation dédiée aux plaintes du sommeil de son patient, notamment quant celui-ci – en fin de consultation médicale – demande un renouvellement d’ordonnance.  Cette consultation sera l’occasion de rechercher avec lui les causes de ses difficultés à dormir, de déterminer si elles sont chroniques ou non, le retentissement sur sa vie quotidienne, et d’apprécier l’intérêt ou non de prescrire un somnifère.  Plusieurs outils sont à disposition des médecins pour accompagner leurs patients dans les différentes étapes de la prise en charge.  des troubles du sommeil et poser ou non un diagnosticPour rechercher les causes d’insomnie : agenda du sommeil, questionnaire du sommeil, recommandations pour la prise en charge des troubles du sommeil chez l’adulte.  Pour accompagner son patient dans la baisse ou l’arrêt des somnifères: recommandations pour l’aide à l’arrêt des benzodiazépines et médicaments apparentés, retours d’expérience, cas cliniques.  Voir annexe : fiche outils HAS professionnels de santé Un exemple de questionnaire d’évaluation du sommeil proposé par le réseau Morphée  http://www.reseau-morphee.fr  
 
3
4. Est-il possible d améliorer son sommeil sans médicament ?  Pour retrouver un sommeil de qualité, il est nécessaire de respecter quelques règles d’hygiène de vie et de sommeil. Celles-ci peuvent être adaptées au rythme et au style de vie de chaque patient et sont à discuter avec le médecin. Pour les personnes âgées alitées, il faudra respecter la synchronisation veille/sommeil, c'est-à-dire tous les facteurs qui permettent au corps et à l’esprit de faire la différence de sommeil entre la nuit et le jour pour obtenir un sommeil de meilleure qualité la nuit.  Quelques « clés » pour bien dormir :  Maintenir des activités régulières :  Se lever à des horaires réguliers ;  Avoir une activité physique ou mobilisation dès le matin; éviter l’activité physique le soir ; L’exercice physique modéré de la journée quant à lui contribue à limiter les manifestations anxieuses ou les troubles de l’humeur et favorise l’endormissement.  S’exposer à la lumière :  Lumière naturelle le matin en ouvrant les volets de la chambre, surtout si la personne  est alitée ;  Réaliser des sorties à l’extérieur dans la journée si possible.  Certaines méthodes peuvent aider à retrouver un sommeil confortable :la photothérapie par exemple, pourrait aider à retrouver un rythme biologique veille/sommeil, en particulier en hiver ou dans les appartements mal éclairés.  Une alimentation et des habitudes saines :  Prendre ses repas à des heures régulières ;  Privilégier des repas légers en soirée, mais contenant des sucres lents ;  Eviter les excitants en particulier à partir de la fin d’après midi : café, thé, alcool…  Eviter de regarder la télévision ou un écran d’ordinateur juste avant de se coucher.  Une chambre respectant certains pré-requis :  Une chambre tempérée : température entre 18°C et 20°;  Un lit confortable réservé au sommeil.  Pour les personnes alitées qui ont souvent la télévision dans la chambre, trouver une solution pour la regarder dans une autre position que couché (position assise dans un fauteuil, demi-assise dans le lit…).  Certains médicaments pouvant parfois induire des troubles du sommeil, l’ordonnance est parfois à réévaluer avec le médecin pour trouver les prescriptions les plus adaptées au patient.  Le médecin traitant et le pharmacien sont des interlocuteurs privilégiés pour échanger et aider les patients sur la meilleure stratégie à adopter.  Sites grand public consacrés au sommeil : - association Sommeil et santé :http://www.sommeilsante.asso.fr/ - Réseau Morphée :www.reseau-morphee.fr  - Institut National du Sommeil et de la Vigilance : http://www.institut-sommeil-vigilance.org/ - Association Narcolepsie-cataplexie :http://www.anc-narcolepsie.com/ - Association Française du Syndrome des Jambes Sans Repos :http://www.afsjr.fr/ 
 
4
- Fédération Française des Associations et des Amicales des Insuffisants Respiratoires (FFAAIR) :http://www.ffaair.org/ - centre de référence des Hypersomnies Rares : http://www.je-dors-trop.com  Sites des professionnels de santé de la médecine du sommeil - Société Française de Recherche et de Médecine du Sommeil :http://www.sfrms.org/ - Syndicat de la Médecine du Sommeil et de la Vigilance :www.smsv.org - Sommeil et médecine générale : http://www.sommeil-mg.net  Voir annexe : fiche outils HAS professionnels de santé   5. Y a-t-il une place pour les somnifères en cas de ? du sommeil troubles Quelles sont les indications ?  Les somnifères sont indiqués dans les cas de « troubles sévères du sommeil dans les insomnies occasionnelles ou transitoires » pour de courtes périodes en accord strict avec les indications autorisées, la durée de prescription pouvant aller de quelques jours à 4 semaines maximum.  En dehors de cette indication et de cette durée, les somnifères ne sont pas recommandés et le cumul de plusieurs somnifères est particulièrement à éviter.  Chez le patient de plus de 65 ans, le médecin traitant pourra proposer une stratégie d’arrêt selon la situation :  dès la première prescription de somnifères : il est recommandé au médecin d’expliquer au patient la durée du traitement et ses modalités d’arrêt progressif et de mettre en place un contrat de traitement avec le patient ;   dans le cas d’une consommation supérieure à 30 jours et/ou lors d’une demande de renouvellement de prescription : le médecin doit réévaluer la situation et déterminer si la prescription est justifiée. Si l’indication n’est plus valide, le médecin traitant doit choisir une stratégie d’arrêt et la proposer au patient ;   dans le cas d’une consommation longue : le médecin traitant peut proposer une stratégie d’arrêt après évaluation du degré d’attachement du patient à ses médicaments.   6. Quels sont les effets secondaires des somnifères ? Y a-t-il réellement un lien entre somnifères (benzodiazépines et apparentées) et démence ?  Les personnes âgées sont plus exposées aux risques des somnifères pour plusieurs raisons : une résistance physique moindre, un métabolisme plus lent, des interactions entre plusieurs médicaments qu’elles doivent souvent prendre pour plusieurs maladies, etc.  La balance bénéfice/risque est clairement défavorable dans les traitements chroniques des troubles du sommeil, avec de nombreux effets indésirables potentiellement graves et source d’hospitalisation et de surmortalité : chutes, troubles cognitifs (troubles de la mémoire, difficulté de compréhension), troubles psychomoteurs et du comportement, perte de l’autonomie ou encore dépendance à ces médicaments.  Tout traitement par les benzodiazépines peut entrainer une dépendance psychologique ou physiologique plus particulièrement dans le cas d’utilisation prolongée.  
 
5
Par ailleurs, chez le sujet âgé les somnifères sont souvent associés à d’autres traitements et sont souvent à l’origine d’une iatrogénie* médicamenteuse importante. Cette iatrogénie peut entrainer des chutes, une confusion mentale, une sédation excessive. Cette iatrogénie est en grande partie évitable car plus de la moitié des traitements ne serait pas indiquée. Les ordonnances doivent être révisées par le médecin avec le patient.  Par ailleurs, plusieurs études scientifiques ont montré un lien statistique (et non de cause à effet) entre prise prolongée de benzodiazépines et survenue de démence. Parmi les personnes atteintes de démence, les chercheurs ont en effet constaté qu’un nombre significatif de personnes avaient consommé ces médicaments. Pour autant, il n’est pas démontré que cette consommation est à l’origine de la démence. L’état antérieur de la personne peut l’avoir prédisposer à des troubles du sommeil et à une démence. L’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) examine actuellement le lien suggéré par ces études entre benzodiazépines et démences et des travaux sont en cours sur le sujet. Pour autant, la seule existence de ce doute cumulé aux effets délétères des médicaments lorsqu’ils ne sont pas utilisés à bon escient doivent pousser les professionnels de santé et les patients à changer leurs habitudes.   ’ ’ 7. Quels sont les effets de l arrêt des somnifères ? Qu en est-il du syndrome de sevrage ?  Un arrêt progressif associé à un suivi médical permet d’arrêter les somnifères en toute sécurité. En revanche, un arrêt brutal des somnifères expose le consommateur chronique à n des effets plus ou moins importants : anxiété, rebond de l’insomnie, voire confusio , hallucinations, convulsions…On parle alors de syndrome de sevrage.C est pourquoi il est important que le patient diminue toujours progressivement sa consommation de somnifères et bénéficie d un suivi médical.  Certains signes de sevrage peuvent parfois apparaître pendant la phase de réduction de consommation et s’atténuer au fil des jours. Certains facteurs de risque potentiels sont à rechercher pour mieux prévenir ce syndrome de sevrage : forte dépendance, surconsommation d’alcool, etc. Ayant informé le patient et son entourage, prévenu en cas de survenue de ces signes, le médecin pourra réévaluer la posologie dégressive et adapter la stratégie d’arrêt de somnifères au patient pour que l’arrêt se déroule sans effet indésirable.   8. Quels sont les bénéfices à stopper la consommation de somnifères ?   Arrêter de prendre des somnifères diminue les risques liés à ces médicaments : chutes en particulier chez le sujet âgé, ainsi que leurs conséquences, notamment en termes d’hospitalisation et de perte d’autonomie ; altérations des fonctions supérieures (vigilance, mémoire, raisonnement), accidents de la voie publique, notamment si la personne conduit.  L’arrêt progressif et encadré d’un somnifère permet de retrouver un sommeil naturel, plus récupérateur, même s’il est plus court ou plus fractionné, et améliorer ainsi certaines de ces fonctions supérieures.   9. Comment faire pour arrêter de consommer des somnifères (benzodiazépines et apparentées) ?  Les modalités d’arrêt des somnifères (benzodiazépines ou apparentées) doivent être adaptées au patient, en fonction de ses besoins, de ses attentes et de son degré «  
 
6
d’attachement » aux benzodiazépines. L’objectif de la démarche est l’arrêt des benzodiazépines, mais l’obtention d’une diminution de posologie constitue déjà un résultat favorable chez certains patients consommateurs de longue durée ayant développé une dépendance et un attachement forts aux médicaments.  Un arrêt de traitement peut en effet signifier pour certaines personnes âgées la remise en cause d’un certain équilibre, voire d’un mode de vie auquel elles sont habituées. Un des freins important à la diminution et au sevrage est l’angoisse. Il est important d’évaluer le contexte : personnalité, solitude, peur de la mort. Il est donc recommandé d’analyser avec chaque patient ses attentes et son degré « d’attachement » aux médicaments pour aboutir à une décision partagée.  Le médecin peut s’appuyer sur le questionnaire ECAB (cf annexe fiche outils) qui implique que le patient s’interroge sur sa consommation et exprime son ressenti.  La proposition d’arrêt peut ne pas être acceptée par le patient. Il est alors recommandé de la renouveler lors d’une consultation ultérieure et d’éviter le stress d’une situation d’arrêt imposée qui, réactivant l’angoisse, risque de fragiliser le patient.  L’arrêt doit être toujours progressif, par paliers, sur une durée de quelques semaines ou de quelques mois. La mise en place de la stratégie d’arrêt doit s’accompagner d’une consultation de suivi une semaine après la première diminution de dose, puis à chaque diminution, de façon plus espacée lorsque la réduction de la posologie se fait sans difficulté.  Dans le cadre d’une démarche d’arrêt des somnifères pour retrouver un sommeil naturel, les thérapies cognitivo-comportementales ont fait la preuve de leur efficacité. Elles peuvent être réalisées de manière individuelle ou collective.    Les somnifères… en finir avec les mauvaises habitudes !   La prescription ou le renouvellement d’un somnifère n’est pas systématique.   Le renouvellement d’une ordonnance nécessite la réévaluation de la situation clini ue du atient.    as recommandée.L’association de deux somnifères n’est   Une pathologie psychiatrique (dépression par exemple) ou une pathologie du sommeil (apnée du sommeil par exemple) peuvent être à l’origine de la plainte du sommeil et nécessitent une prise en charge adaptée.    as recommandé, l’arrêt doit être tion de somnifères n’estL’arrêt brutal d’une rescri ro ressif avec un suivi médical.          
 
7
LEXIQUE  Qu est ce qu un sujet âgé ? ’ ’ Selon la définition de l’OMS (organisation mondiale de la santé), une personne est considérée comme âgée à partir de 65 ans. Dans la pratique médicale et comme retenu par la HAS et l’ANSM, on considère sous le vocable « personne âgée » une personne de plus de 75 ans, ou de plus de 65 ans polypathologique.  ’ ’ Qu est ce qu un trouble du sommeil ? Les troubles et plaintes du sommeil peuvent prendre plusieurs formes : la difficulté voire l’impossibilité de s’endormir, les réveils fréquents ou le ressenti d’une mauvaise qualité de sommeil. De nombreux facteurs peuvent influer sur le sommeil : douleurs, anxiété, mauvaises habitudes…  Dans la majorité des cas, les troubles du sommeil sont des troubles transitoires qui prennent fin une fois la cause traitée.  ’ ’ Qu est ce qu une insomnie chronique ? L’insomnie chronique se caractérise par un trouble du sommeil qui persiste au delà de 3 mois.  Qu appelle t on iatrogénie médicamenteuse ? ’ ’ On appelle iatrogénie médicamenteuse les effets indésirables liés à la prise d’un ou plusieurs médicaments.  Qu est ce qu une thérapie cognitivo-comportementale ? ’ ’ En groupe ou individuellement, il s'agit d'un travail d'échange avec un thérapeute qui aide la personne à prendre conscience de ses comportements, de ses automatismes et de ses difficultés. Des consignes lui sont données pour modifier ses habitudes. Une évaluation des résultats sur des outils simples comme l'agenda du sommeil permet de valider l'efficacité des nouvelles habitudes et entrainer l'adhésion du patient.  Quelles différences entre benzodiazépines, somnifères, tranquillisants, psychotropes ? - Les somnifères et tranquillisants sont des médicaments de la classe des psychotropes. Cette classe thérapeutique compte aussi notamment les antidépresseurs et les neuroleptiques. Les psychotropes agissent sur le cerveau en réduisant ou en stimulant son activité. Efficaces sur certains symptômes ou maladies, ils induisent également des effets qui peuvent devenir nocifs pour le patient.  - Les somnifères (essentiellement les benzodiazépines et apparentées) provoquent ou maintiennent le sommeil. Qu’il s’agisse d’insomnie récente ou chronique, ils ne sont indiqués que sur une période courte.  - Les tranquillisants soulagent les signes d’anxiété par leur action calmante. A ce titre, ils peuvent favoriser le sommeil et sont parfois utilisés comme somnifères bien qu’ils n’en aient pas l’indication.   
 
8
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • Podcasts Podcasts
  • BD BD
  • Documents Documents