UNIVERSITÉ PAUL VERLAINE METZ

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Niveau: Supérieur, Doctorat, Bac+8

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UNIVERSITÉ PAUL VERLAINE-METZ ÉCOLE DOCTORALE Perspectives interculturelles : écrits, médias, espaces, sociétés Centre de recherche sur les médiations (ÉA 3476) INTELLIGENCE TERRITORIALE ET OBSERVATOIRES SOCIO-ÉCONOMIQUES ET ENVIRONNEMENTAUX : UN PROCESSUS D'INTELLIGENCE TERRITORIALE ADAPTÉ (PITA) À L'OBSERVATOIRE DE MENZEL HABIB AU SUD DE LA TUNISIE Thèse pour le doctorat en sciences de l'information et de la communication présentée et soutenue par MOHAMED HADDAD sous la direction du Professeur Vincent Meyer codirection du Professeur Mongi Sghaïer Décembre 2008 te l-0 04 11 28 2, v er sio n 1 - 2 7 Au g 20 09

  • observatoire de menzel

  • qualités d'homme de science

  • meyer codirection du professeur mongi

  • observatoire

  • respectueuse reconnaissance au professeur philippe

  • institut des régions arides

  • coordinateur scientifique de l'observatoire de menzel habib


Publié le : lundi 1 décembre 2008
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UNIVERSITÉ PAUL VERLAINE-METZ

ÉCOLE DOCTORALE
Perspectives interculturelles :
écrits, médias, espaces, sociétés

Centre de recherche sur les médiations (ÉA 3476)

INTELLIGENCE TERRITORIALE
ET OBSERVATOIRES
SOCIO-ÉCONOMIQUES
ET ENVIRONNEMENTAUX :

UN PROCESSUS D’INTELLIGENCE TERRITORIALE
ADAPTÉ (PITA) À L’OBSERVATOIRE DE MENZEL
HABIB AU SUD DE LA TUNISIE



Thèse pour le doctorat en sciences de l’information et de la
communication présentée et soutenue
par

MOHAMED HADDAD


sous la direction du Professeur Vincent Meyer
codirection du Professeur Mongi Sghaïer


Décembre 2008
tel-00411282, version 1 - 27 Aug 2009

UNIVERSITÉ PAUL VERLAINE-METZ
ÉCOLE DOCTORALE
Perspectives interculturelles :
écrits, médias, espaces, sociétés
Centre de recherche sur les médiations (ÉA 3476)

INTELLIGENCE TERRITORIALE
ET OBSERVATOIRES
SOCIO-ÉCONOMIQUES
ET ENVIRONNEMENTAUX :

UN PROCESSUS D’INTELLIGENCE TERRITORIALE ADAPTÉ
(PITA) À L’OBSERVATOIRE DE MENZEL HABIB AU SUD DE LA
TUNISIE

Thèse pour le doctorat en sciences de l’information et de la
communication présentée et soutenue
par

MOHAMED HADDAD

Composition du Jury :

PHILIPPE DUMAS, Professeur en Sciences de l’information et de la communication à
l’Université de Toulon-Var.
WAHID GDOURA, Professeur en Sciences de l’information et de la communication à
l’Université de la Manouba-ISD -Tunis.
BRIGITTE GUYOT, Maître de Conférence- HDR, à l’Institut national des sciences
et techniques de l’information et au Conservatoire des arts et métiers – Paris.
HOUCINE KHATELLI, Professeur en Sciences biologiques appliquées à l’Institut des
régions arides – Médenine.
VINCENT MEYER, Professeur en sciences de l’information et de la communication à
l’Université Paul Verlaine-Metz (directeur de thèse).
MONGI SGHAÏER, Professeur en agronomie à l’Institut des régions arides – Médenine
(codirecteur de thèse).

Décembre 2008

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tel-00411282, version 1 - 27 Aug 2009Remerciements


Mes premiers remerciements vont au Professeur Vincent Meyer pour son suivi, sa
disponibilité et ses conseils avisés pour rendre ce travail possible. Les moments partagés
sur les deux rives sud et nord de la Méditerranée resteront gravés en mémoire. Nous
avons commencé ensemble ce qui est devenu aujourd’hui le programme LOTH. Les
nombreuses heures passées sur le terrain en sa compagnie resteront pour moi de
merveilleux souvenirs. Ses encouragements répétés ont été d’un grand soutien et ses
qualités d’homme de science n’ont d’égal que sa gentillesse et sa modestie. Aucun mot
n’est assez fort pour lui témoigner toute ma gratitude. Du fond du cœur, « Chokran ».

Début septembre 2005, je rencontrais pour la première fois le Professeur Mongi
Sghaïer, directeur du LESOR-IRA et coordinateur scientifique de l’Observatoire de
Menzel Habib. Je le remercie vivement d’avoir accepté de codiriger cette thèse. Merci
pour son ouverture sur les sciences de l’information et de la communication et de
m’avoir accueilli si favorablement à l’Institut des Régions Arides. Il a supporté mes
craintes et m’a fait part de son savoir sur les observatoires. C’est incontestablement la
personne qui a rendu ce travail possible. Je le remercie aussi pour l’accueil chaleureux
de tous les membres de l’équipe LOTH.

Je tiens à témoigner ma reconnaissance au Professeur Jacques Walter pour les conseils
avisés et les informations ciblées. Qu’il trouve ici l’expression de ma profonde
gratitude.

Je voudrais spécialement remercier le Professeur Houcine Khatelli, Président Directeur
général de l’IRA-Médenine, qui a accompagné le programme LOTH de sa genèse
et accepté de consacrer du temps à l’examen de cette thèse.

Ma gratitude est envers Monsieur Mohamed-Ali Benabed Directeur de CIDRA-IRA
et codirecteur du programme LOTH, Monsieur Amor Tbib (LESOR/Crem) et
Mademoiselle Sarra Belhassine (Crem) pour le soutien constant tout au long de ma
thèse. Je remercie également Pierre Morelli (Crem) et Ĕve Ross (Crem) pour leur
soutien moral et leur sympathie.

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tel-00411282, version 1 - 27 Aug 2009Merci au Professeur Ôunis Ôunissi d’avoir accepté de prendre de son temps pour relire
cette thèse.

Je remercie tous les collègues du Crem, de l’IRA, du programme LOTH et ses
partenaires pour toutes les remarques qui m’ont aidé à progresser dans mes recherches.

Je tiens à exprimer ma respectueuse reconnaissance au Professeur Philippe Dumas pour
avoir accepté de faire partie de mon jury. Je le remercie aussi pour ses remarques au
colloque SFSIC/ISD/IPSI-2008, pour ses mails et pour l’intérêt qu’il a accordé à mes
travaux.

Je tiens aussi à remercier tout particulièrement le professeur Wahid Gdoura. Sa grande
connaissance du pays et son écoute attentive m’ont été très utiles. Merci de m’avoir fait
l’honneur de rapporter ce travail.

Merci à Madame Brigitte Guyot pour la disponibilité qu’elle m’a accordée et pour avoir
bien voulu rapporter sur ce travail. Je lui suis reconnaissant.

Qu’il me soit permis de remercier ma famille qui me supporte depuis tant d’années et
surtout :
– mon père qui m’a entouré et apporté aide et soutien tout au long de mes études ;
– ma mère, toujours présente pour me réconforter ;
– mes frères, ma sœur, mes oncles et mon cousin Ismail pour leur soutien ;
– mon épouse d’avoir supporté mes absences et mon silence. Ses perpétuels
encouragements me font chaud au cœur ;
– Riheb et Omrane qui ont supporté que je sois devant mon ordinateur et d’avoir
attendus la fin d’une journée pour que je puisse leur consacrer quelques instants.

Enfin, on me permettra d’exprimer ma gratitude plus particulièrement à quatre amis de
longue date: le technologue Omrane Bennour, l’administrateur Mahmoud Amor,
l’architecte Saleh Bennour et l’enseignant Ayadi d’avoir su m’entourer, m’aider et
m’encourager. Qu’ils reçoivent ici le témoignage de ma sincère amitié. Merci aussi à
Mohsen Elkot de m’avoir autorisé, sur le lieu de mon stage (formation de l’ENA de
Tunis), de consacrer des moments indispensables pour avancer dans ma thèse. Pardon
enfin à tous ceux que ma mémoire un peu distraite aurait pu oublier.


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tel-00411282, version 1 - 27 Aug 2009











À mes parents : Mabrouk et Fatma
À mon épouse : Monira
À Riheb et Omrane
À mes trois frères
À ma sœur










« Il y a des limites au désespoir. Il n’y a pas de limites à l’espérance »
(Jabès, 1987 : 148)

« Une intelligence incapable d’envisager le contexte
et le complexe planétaire, rend aveugle,
inconscient et irresponsable ».
(Morin, 1999 :15)

« Celui qui sait tout n’a pas besoin de faire confiance,
celui qui ne sait rien ne peut raisonnablement
même pas faire confiance »
(Simmel, 1996 : 22)

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tel-00411282, version 1 - 27 Aug 2009Sommaire

INTRODUCTION……………………………………………………………...…...….8
OBJET ET DOMAINE DE LA RECHERCHE……………..………………..…..…..…....8
DE L’OBSERVATOIRE À L’INTELLIGENCE TERRITORIALE………………………...10
LE CADRE ET LE TERRAIN DE LA RECHERCHE………………...……………..… ..15
DE L’EXPLORATION À LA DETERMINATION DE LA PROBLÉMATIQUE
ET DES HYPOTHÈSE……………………………….……………………………..18
MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE………………………………….……….…20
PLAN DU TRAVAIL……………………………………………...………………...22

I- PARTIE 1 : OBSERVATOIRES ET INTELLIGENCES TERRIT-
ORIALES : MISE EN PERSPECTIVE D’UN CADRE CONCEPTUEL ……….26

1. LES OBSERVATOIRES SOCIO-ÉCONOMIQUES ?................................................27
ET ENVIRONNEMENTAUX : QUELS FONDEMENTS

1.1. ÉMERGENCE, INSTITUTIONNALISATION ET EVOLUTIONS……………..…29
DES OBSERVATOIRES

1.2. OBSERVATOIRES ET CONCEPTS GÉNÉRAUX D’OBSERVATION, ……….…48
D’INFORMATION ET DE COMMUNICATION

2. DIALECTIQUES MÉTHODOLOGIQUES DES OBSERVATOIRES…………...…...70
ARIDES ET MUTUALISATION TERRITORIALE DE L’INFORMATION

2.1. DIFFICULTÉS MÉTHODOLOGIQUES…………………………..…………...71

2.2. CONCEPTUALISATION ET MAILLAGE ……………………….....………....83
INFORMATIONNEL DE TERRITOIRE

3. RAPPROCHEMENT ENTRE INTELLIGENCE TERRITORIALE.........................105
ET OBSERVATOIRES : QUELS ENSEIGNEMENTS, QUELS REGISTRES ?

3.1. L’INTELLIGENCE TERRITORIALE : QUELLES UTILITÉS ? ......................... 107
QUELLES VALEURS ?

3.2. PENSER DES NOUVELLES RELATIONS TERRITORIALES………………...128

II. PARTIE 2 : L’OBSERVATOIRE DE MENZEL HABIB………………..……144
CARACTÉRSATION DE LA SITUATION ET PROPOSITION D’UN PITA

4. CARACTÉRISATION ET PERFORMANCE DE L’OBSERVATOIRE)…………...145
DE MENZEL HABIB (IRA
4.1. CARACTÉRISATION DE L’OBSERVATOIRE DE MENZEL HABIB……..……...148
4.2. LE PROBLÈME DE DÉSERTIFICATION …………………………………..164
À L’ORDRE DU JOUR

6
tel-00411282, version 1 - 27 Aug 20094.3. LES COMPORTEMENTS DE LA POPULATION LOCALE……………...….. ..171

5. UNE DÉMARCHE DE RECHERCHE POUR UNE INTELLIGENCE……...................179
TERRITORIALE

5.1. HYPOTHÈSES DE LA RECHERCHE……………………………………...180
5.2. LA PROBLÉMATISATION PROGRESSIVE DE LA RECHERCHE…………...188

6. IDENTIFICATION DES ACQUIS ET ANALYSE ÉLARGIE……………………...198
DES CONTRAINTES TERRITORIALES : PRINCIPAUX RÉSULTATS

6.1. MISE AU POINT DE QUELQUES PRÉOCCUPATIONS EN MATIÈRE…..….....200
D’INFORMATION ET DE COMMUNICATION

6.2. REGARD RÉTROSPECTIF SUR L’OMH : POTENTIEL ET LIMITES………....215

6.3. DIMENSION TERRITORIALE DE LA CONFIANCE : QUELLE.........................233
COMMUNICATION ? QUELLE CONFIANCE DANS UNE SOCIÉTÉ RURALE ?

7. CONCEPTION D’UN PITA ET DESCRIPTION DE LA DÉMARCHE…………….244
EXPÉRIMENTALE

7.1. ÉLÉMENTS FONDAMENTAUX DU PITA……………….……………...…245

7.2. LE DÉPLOIEMENT D’UN PITA : QUELLES DIFFICULTÉS ? ………………256
QUELLES DIFFICULTÉS

CONCLUSION………………………………………………………………………278
RAPPEL DU CONTEXTE DE LA RECHERCHE…….……………………………278
LES LIMITES DE LA RECHERCHE………………………….…………………280
PITA : UNE PRATIQUE A EXPÉRIMENTER……………………….……………281

BIBLIOGRAPHIE…………………………………………………………………..283
LISTE DES FIGURES /TABLEAUX/ ACRONYMES/AUTEURS………...……305
ANNEXES……………………………………………………………………………320
TABLE DE MATIÈRES…….…………………………..……………………..……369
RÉSUMÉ………………………………………………………………………..…....376


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tel-00411282, version 1 - 27 Aug 2009Introduction

Objet et Domaine de la recherche

L’organisation de l’espace rural au sud tunisien connaît des disparités socio-
économiques, des déséquilibres flagrants à différents niveaux et des mutations multiples
affectant l’échelon territorial de ces zones difficiles. Partant d’un contexte
problématique et vulnérable, les sociétés rurales sont appelées à mobiliser davantage
leurs capacités adaptatives dans un milieu où la désertification devient une des
préoccupations majeures de la région. Si la notion de la gouvernance territoriale est
largement répondue dans le domaine public, ce n’est plus le cas aujourd’hui avec
l’émergence des nouveaux défis et priorités liés à un contexte mondialisé. Suite
désengagement progressif de l’État en matière de mise en place des projets
d’envergures, l’action devient l’affaire de tout un chacun. Dès lors, une meilleure
concertation face aux défis nécessite une communication et un échange entre les acteurs
concernés. Désormais, L’objectif est de mobiliser leurs capacités et augmenter leurs
marges de manœuvre face aux différentes mutations. Ceci est d’autant plus important
que le devenir de ces zones difficiles reste ambigu. Ainsi, le territoire et « tous les êtres
qui en relèvent, quels qu’ils soient - est composé de deux grands éléments: d’un côté les
formes, les idées, les messages, les - informations - (tous ces termes sont équivalents
ici); et de l’autre, le désordre, le hasard, l’entropie [nombre qui mesure l’incertitude de
la nature d’un message donné à partir de celui qui le précède]. D’un côté, l’esprit, de
l’autre, la matière » (Breton, 2000 : 36). Devant cette complexité accrue se pose aussi la
question sur les dispositifs et les processus nécessaires susceptibles d’apporter des
articulations et éclairages afin de maintenir la dynamique de développement territorial.

En dépit de cette rareté des ressources naturelles et de la précarité de l’environnement,
le contexte est riche d’information. Divers organismes de recherche scientifique
et coopération internationale focalisent leurs efforts pour bien aborder des
problématiques complexes dans une optique de développement durable où l’information
et la communication constituent ses éléments clés.


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tel-00411282, version 1 - 27 Aug 2009Notre recherche se propose donc d’étudier les observatoires dans une perspective
d’information et de communication qui vise à valoriser les comportements susceptibles
d’améliorer les capacités et l’efficacité en matière d’actions. Partant de l’idée que
tout acteur social est saisi par la communication et qu’« on ne peut pas ne pas
communiquer », « il en résulte que la communication est l’affaire de tous et non
(conséquence rassurante) celle d’une poignée d’experts ; sa compétence est éparse et se
confond avec l’exercice de la démocratie » (Bougnoux, 1993 : 9). Dans un
environnement hostile (zones difficiles) au sud tunisien les événements externes sont
multiples et peuvent se transformer en menaces affectant les comportements et les
relations des acteurs territoriaux. Dans cette situation entre menaces
et opportunités, on examinera le rôle de la communication. Il faut souligner aussi que
dans ce contexte fragile « le continuum de la menace et de la rupture est chose
exceptionnelle. Dès que la menace est identifiée, elle génère habituellement chez
l’humain ou l’animal un échafaudage des conjectures fondées sur un recueil accéléré de
données qui tend à connaître son épilogue lors de la mise en œuvre d’un dispositif de
protection » (Herbaux, Bertacchini, 2007 : 33).

Si les dispositifs existent déjà, il importe alors de s’interroger sur le processus susceptible
de renforcer la concertation des sociétés rurales dans un milieu aride et assurer une
articulation « réussie » Observatoire/intelligence territoriale (IT). Dès lors, étudier les
rôles des observatoires dans cette perspective consiste à élargir la fonction classique
(production de l’information) attribuée à l’observatoire. Ce propos découle du constat
de l’existence d’un décalage entre les capacités d’évolution de ce dernier et l’utilisation
qui en est faite. On peut donc s’interroger sur ce qu’ils peuvent être aussi ces dispositifs.
L’intérêt de ce questionnement est de dépasser le visible et le quantitatif de
l’observatoire en territoire aride et comprendre les tensions et les logiques d’acteurs
pensées dans une dimension combinatoire (développement durable, gouvernance
territoriale, recherche-action, intelligence territoriale, etc.).

La proposition d’une mise à l’expérimentation d’un processus d’intelligence territoriale
adapté (PITA) à l’observatoire de Menzel Habib vise la compréhension de la structure
et de la dynamique des territoires, l’amélioration de la concertation et l’implication de
tous les acteurs devant les opportunités et les menaces territoriales. Notre contribution à
cet égard est donc d’avoir inséré un nouveau concept dans un milieu différent et un

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tel-00411282, version 1 - 27 Aug 2009champ de recherche pluridisciplinaire et d’en avoir proposé la démarche nécessaire
(adapté au contexte rural). Ainsi, le PITA s’inscrit dans une démarche de suivi et
d’évaluation continue couplée à une recherche de valorisation et de validation de
l’information et l’amélioration des pratiques territoriales. Mais la question se pose
toujours sur le niveau de l’acceptabilité et l’adhésion des acteurs à ce processus au
niveau d’un territoire aride. Ce processus se base sur la détection et l’anticipation des
opportunités et des menaces moyennant une mutualisation systémique de l’information.
Nous avons pensé cette relation entre les observatoires et l’intelligence territoriale et les
rapports entre les acteurs ruraux dans un milieu aride dans une optique
constructiviste. Notons, qu’à l’ère des sociétés de l’information et de la communication,
les productions effectuées en matière d’explorations environnementales en zones arides
tunisiennes nous invitent à réfléchir aux approches et aux modalités permettant de
valoriser les acquis dans des nouvelles orientations communicationnelles de lutte contre
la désertification et de développement durable.

Cette brève évocation de l’objet et du domaine général de notre recherche nécessite, au
moins, un retour sur le fondement de ce rapprochement entre le dispositif
« observatoire » et l’approche « intelligence territoriale ».

De l’observatoire à l’Intelligence territoriale

Le problème général de cette recherche émerge d’un questionnement sur les enjeux des
observatoires suite à l’apparition (la dernière décennie) d’un grand nombre
d’organismes portant, dans leur sigle ou leur raison sociale, le terme « observatoire ».
Le terme vient originellement de l’astronomie. « Son transfert dans les sciences
humaines s’est effectué dans l’entre-deux guerres grâce à la démographie lorsqu’il a
fallu suivre l’évolution de la population. Mais ce n’est que récemment qu’il a pris toutes
son importance dans de nombreuses applications, notamment socioéconomiques [et
environnementales] » (Dubois, 2004 : 1). Ce transfert peut être expliqué par le fait que
les chercheurs en sciences humaines et sociales ont trouvé dans les principes et les
fondements de l’astronomie le symbole de l’objectivité scientifique (Clignet, 1998 :
124) même s’ils ne suivent pas toujours la même logique des sciences dures.
Aujourd’hui, la question se pose sur la grande prolifération, voire la mode abusive dans

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tel-00411282, version 1 - 27 Aug 2009

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