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1ETUDE DE CAS : PROGRAMME ASSAINISSEMENT ET PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT (PRAPE) BENIN Le PrAPE est une expérience d’amélioration des conditions de vie au Bénin, pays situé en Afrique de l’Ouest au sud du Sahara. Il compte 6 769 914 d’habitants (RGPH-3 en 2002) dont une importante couche juvénile composée de 46,8% de moins de 15 ans et 47,7% de la population active (15-49 ans). Sur le plan politique, le Bénin se gère suivant un régime démocratique où les libertés individuelles sont garanties. Il y a environ deux ans, une nouvelle phase, celle de la décentralisation s’est amorcée avec une réelle volonté des populations à la base à prendre en main leur avenir. Le contexte de stabilité politique dans la région confère au Bénin, un rôle de centre dynamique et d’accueil des populations des pays avoisinants. Tous ces facteurs créent sûrement toutes les conditions d’une urbanisation rapide qui est déjà au taux 38,9 % (RGPH-3 en 2002). L’esprit de réussite et de compétition au niveau des différents maires constitue également un facteur favorisant de l’urbanisation. Le Centre de Santé Béthesda, dans une approche de santé communautaire, a amorcé en 1993 un processus d’analyse et d’élaboration de démarches avec les populations pour améliorer leurs conditions de vie en milieu urbain. A cet effet, les activités d’assainissement ont démarré dans les quartiers autour de ce centre. Cette première expérience de ramassage des ordures et de leur traitement, ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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1
ETUDE DE CAS : PROGRAMME ASSAINISSEMENT ET PROTECTION DE
L’ENVIRONNEMENT (PRAPE) BENIN
Le PrAPE est une expérience d’amélioration des conditions de vie au Bénin, pays situé en Afrique
de l’Ouest au sud du Sahara. Il compte 6 769 914 d’habitants (RGPH-3 en 2002) dont une importante
couche juvénile composée de 46,8% de moins de 15 ans et 47,7% de la population active (15-49 ans).
Sur le plan politique, le Bénin se gère suivant un régime démocratique où les libertés individuelles
sont garanties. Il y a environ deux ans, une nouvelle phase, celle de la décentralisation s’est amorcée avec
une réelle volonté des populations à la base à prendre en main leur avenir.
Le contexte de stabilité politique dans la région confère au Bénin, un rôle de centre dynamique et
d’accueil des populations des pays avoisinants. Tous ces facteurs créent sûrement toutes les conditions
d’une urbanisation rapide qui est déjà au taux 38,9 % (RGPH-3 en 2002). L’esprit de réussite et de
compétition au niveau des différents maires constitue également un facteur favorisant de l’urbanisation.
Le Centre de Santé Béthesda, dans une approche de santé communautaire, a amorcé en 1993 un
processus d’analyse et d’élaboration de démarches avec les populations pour améliorer leurs conditions de
vie en milieu urbain. A cet effet, les activités d’assainissement ont démarré dans les quartiers autour de ce
centre. Cette première expérience de ramassage des ordures et de leur traitement, suivie de la promotion
des activités génératrices de revenus, de la formation à la base, de la coopération avec les services de l’Etat
et des agences nationale et internationale,
constituent aujourd’hui un exemple connu au Bénin pour
l’amélioration des conditions d’hygiène et de promotion du développement communautaire dans les villes.
Démarrée dans un arrondissement défavorisé de 40.000 habitants à Cotonou, cette expérience
s’est propagée avec l’appui depuis 1997 de EED (Evangelischer Entwicklungs Dienst) dans toutes les villes
du Bénin et, en 2002, a été nominée meilleure pratique par Un-habitat. Il y a eu certainement des échecs et
des succès dont le partage avec les acteurs du développement urbain constitue un enrichissement sûr. Cette
expérience, de par ses approches, pourra bien intéresser les pays tant en développement que développés car
ce qui est pratique et réel défie les générations, dépasse les limites territoriales et constitue à n’en point
douter, une opportunité pour le développement mondial.
Les conditions et le contexte de mise en place de l’expérience, la stratégie de sa mise en oeuvre,
les résultats obtenus, et sa duplication sont les aspects clés résumés dans cette communication au présent
atelier dans le cadre du forum mondial sur la gestion urbaine.
A. PRESENTATION DE L’EXPERIENCE
1-
Contexte de mise en oeuvre du projet
Il s’agit d’un projet mis en place en 1993 par le Centre de Santé BETHESDA, en partenariat avec
les communautés du 8
ème
arrondissement de Cotonou pour promouvoir la santé préventive. En ce moment-
là, le Bénin s’efforçait de sortir de la crise profonde socio économique et politique qui l’a amené à amorcer
le processus démocratique suite à la Conférence Nationale de 1990 qui a permis aux forces vives de la
Nation de débattre de la crise et de jeter les bases d’un développement durable du pays.
Ainsi la voirie, alors Service public chargé de la salubrité, n’a pu survivre à la crise et ne disposait
que de trois petits tracteurs pour collecter les ordures dans une ville qui a grandi aussi bien en espace qu’en
population. Cela a eu comme conséquence le non enlèvement des ordures dans les quartiers qui n’ont
trouvé comme approche de solution que de déverser chaque jour les ordures sur les voies publiques et pire
encore, ces ordures servaient de remblais des crevasses dans les quartiers entraînant la multiplication des
dépotoirs sauvages dans la ville. Cotonou, ville coincée entre la mer (au sud) et la lagune (au nord) se
trouve ainsi facilement sujette aux inondations qui, en milieu insalubre, constituent un cadre favorable pour
les maladies gastro entérites, et le paludisme dont les chiffres sont en tête des affections dans la ville.
Tableau 1
: Situation sanitaire entre 1992-1993 dans l’ex département de l’Atlantique
2
Taux (%)
Maladies
1992
1993
Paludisme
29,11
32,83
Maladies diarrhéiques
12,41
4,33
Affections broncho-pulmonaires
11,30
11,52
Anémies
6,54
7,32
Traumatismes tout genre
4,09
4,20
Source Ministère de la Santé Publique.
Le centre confessionnel de santé Béthesda, créé en 1990 par des missionnaires mennonites
Français, Canadiens et Américains en
partenariat avec les Eglises du Bénin en vue de
soulager les
populations pendant cette crise, était débordé de patients dont l’effectif a doublé en trois ans. C’est en
réponse à ce problème de santé publique que l’initiative d’une action avec la population s’est mise en place.
Les quartiers étaient caractérisés par l’absence de collecte d’ordures et l’inexistence d’une
décharge pour la ville, ce qui justifiait les objectifs du projet.
2-
Objectifs du PrAPE.
Les objectifs que visait le projet sont les suivants :
* Organiser de façon durable un système de ramassage des ordures
dans les quartiers de l’arrondissement
de Ste Rita ;
* Traiter de façon écologique les déchets collectés sur un site approprié ;
* Promouvoir des emplois pour les jeunes ;
* Négocier un partage des responsabilités avec les structures publiques ;
* Renforcer la capacité des structures de développement local.
3 - Stratégies de mise en oeuvre du projet.
L’une des caractéristiques de ce projet est sa démarche communautaire qui a consisté en une série
de discussions avec les responsables locaux (chefs quartiers, chefs d’arrondissement), les groupements des
femmes, des jeunes, les sages, pour le choix des priorités et la répartition des tâches entre la communauté,
l’ONG Béthesda, les partenaires financiers et les structures publiques. Un contrat entre la communauté et
l’ONG a organisé ce partage des rôles.
En somme, cette préparation a duré 18 mois et a permis de mettre ensemble les efforts de la
population, des Ministères de la Santé, de l’Environnement et de la Coopération Française pour le
Développement. Cette démarche bien longue, complexe mais volontaire, a rassuré tous les acteurs du
processus pendant toutes les étapes.
4 - Etapes du projet et les différents acteurs.
a - Initiative du projet.
Comme déjà signalé, tout est parti de l’hôpital Bethesda dont les statistiques démontraient
comment les mêmes personnes revenaient avec les mêmes affections. Ce centre a alors choisi, après une
évaluation globale de ses activités en mai 1993, de s’investir également dans la santé communautaire avec
un accent sur la responsabilisation des populations et le partenariat avec les structures publiques. Ainsi, au
sein de l’hôpital, il a été créé un service approprié dénommé Développement Communautaire et
Assainissement du Milieu (DCAM) qui est devenu une direction à part entière après deux ans d’activité,
pour porter cette initiative.
Dans une approche de promotion de l’hygiène du milieu, ce service a démarré un travail de santé
environnementale en conscientisant toute la population. Le phénomène était si réel et alarmant
que
l’initiative au niveau du centre n’a été qu’une simple alerte à la communauté et aux autres acteurs.
3
b- Préparation du projet.
La préparation du projet a duré 18 mois et c’est cela qui constitue aujourd’hui la clé du succès de
cette initiative. Elle a consisté en :
Des réunions avec les autorités locales qui ont permis de s’entendre sur un cadre de travail et de
désigner les représentants qui doivent représenter les populations. Au cours de ces réunions, des
options d’organisation des activités ont été étudiées, de même que les frais d’abonnement que
devrait supporter chaque maison pour la pérennisation du projet et qui ont été fixés à 0,4 euro par
mois. Par ailleurs, le mode de recrutement du personnel a été défini et une durée de trois ans a été
retenue pour laisser l’initiative se gérer par la population elle-même ;
Le choix des premières actions comme porte d’entrée du projet et à ce niveau, il a été retenu de
remblayer les crevasses par la terre jaune au moment de la suppression des dépotoirs. Ce qui était
intéressant est que le contenu du projet se modifiait au fur et à mesure que les discussions faisaient
ressortir de nouvelles idées adoptées ;
Des visites des services publics concernés par la gestion des déchets au niveau des villes de
Cotonou (cellules des services techniques, voirie urbaine) et Porto-novo (cellule des services
techniques) et le ministère de l’environnement (direction de l’environnement sur les aspects
techniques du centre de tri, et des autorisations à obtenir dans ce sens et le projet GTZ conseiller
technique auprès du ministère), le ministère de la santé publique (la direction de l’hygiène et de
l’assainissement de base, le centre régional pour l’assainissement et l’approvisionnement en eau à
faible coût, etc.). Il faut souligner l’importance accordée à la mention de ces différents services qui
ont fortement contribué à la préparation du projet à travers des conseils et la participation à la
sensibilisation ;
Des échanges réguliers avec la Caisse Française de Développement étaient organisés
simultanément que ceux avec la population et leur flexibilité a favorisé la prise en compte des
besoins exprimés ;
L’adoption finale du projet par un conseil composé des représentants de la Caisse Française de
Développement, de la Mission Française de Coopération et d’Action Culturelle, du Ministère des
Finances du Bénin, du Programme des Nations Unies pour le Développement au Bénin. Ce comité
va valider le projet comme étant un programme d’intérêt communautaire et porteur d’espoir pour
la promotion du développement durable au Bénin.
Tout ce processus qui a duré un long moment a abouti à l’élaboration d’un projet avec les
financements disponibles, les terrains nécessaires pour les actions du tri ; l’obtention des autorisations
auprès du ministère de l’environnement a été négociée et les accords de partenariat ont été signés avec les
communautés et les partenaires financiers.
5 - Activités du projet.
a - Education en matière de santé environnementale
Elle a consisté en des animations sur les thèmes liés à l’hygiène corporelle et du milieu et leur
relation avec la santé des individus et de la communauté tout entière. Il était expliqué de façon pratique
comment celui qui a peu de moyens financiers devrait travailler pour la prévention en vue de protéger ses
maigres revenus. En effet, les séances incitaient les habitants à la souscription à l’abonnement au ramassage
des ordures et au payement des frais afférents. Ces séances étaient organisées de façon hebdomadaire ou
mensuelles dans les marchés, les écoles et collèges, églises et maisons.
Des actions spécifiques ont accompagné cette sensibilisation et ont été des occasions pour le
gouvernement et les autorités locales d’apporter leur appui politique et moral au projet. Il s’agit par
exemple du lancement du projet en janvier 1995 par le Ministre de l’Environnement de l’Habitat et de
l’Urbanisme et les représentants de la Coopération Française au Bénin. Egalement des jeux concours ont
été organisés dans 24 écoles primaires et le Ministre de l’Environnement en personne a participé à la
4
remise des prix aux écoles qui ont présenté des oeuvres théâtrales qui traduisaient bien la contribution des
enfants à l’hygiène du milieu. Ces exemples révèlent bien une coopération avec les différentes structures
publiques. Aujourd’hui la sensibilisation continue mais est orientée sur le tri des déchets à la source, qui a
déjà touchés plus de six mille ménages.
b - Organisation du ramassage des ordures.
Le système retenu pour la gestion des ordures dans les quartiers comprenait trois étapes.
La suppression et la gestion des dépotoirs :
Il s’agit ici de nettoyer les dépotoirs sauvages, de
veiller sur les lieux en vue de les maintenir propres et de disposer de nouveaux endroits où les
ordures ramassées des maisons peuvent être stockées avant d’être transportées sur le site final. Des
plaques d’interdiction de dépôt des ordures ont été posées et certains de ces sites ont été gardés
de nuit pour empêcher que les réfractaires viennent verser les déchets sur ces lieux et les salir à
nouveau.
La pré collecte :
Cette phase importante de la chaîne de gestion des ordures devrait, pour rendre le
système durable, s’autofinancer et être gérée à l’échelle de quartier. Le principe de l’utilisation des
charrettes tirées par des jeunes a été retenu comme moyen de collecte de maison en maison. Le
passage se fait deux fois par semaine contre payement
de 0,4 euros en 1994, 0,8 en 1995, 1,6
euros en 1999, et de 2,4 euros par mois actuellement.
Le taux de couverture du quartier est passé de 0 % en 1994, 20 % en 1995, 50 % en 1997 et à
plus de 90 % actuellement dans toutes les zones habitées. Le recouvrement des frais de ramassage
d’ordures est passé de 20 % à 50 % puis à 95 % depuis l’année 2001. De nos jours, cette activité continue
avec la mise en place d’un système de récupération des matières non dégradables comme les plastiques qui
vont au centre de recyclage. Depuis quatre (04) ans, un effort se fait pour encourager les ménages à
s’entraîner au tri à la source. Environ mille (1 000) maisons, soit au moins six mille ménages, s’adonnent à
cet exercice quoique bien difficile. Il constitue le moyen approprié d’une gestion correcte qui responsabilise
le producteur et facilite le travail à la mairie non seulement par la réduction des coûts, d’économie et
d’énergies, mais aussi favorise l’industrie de recyclage, la maîtrise des impacts environnementaux et la
prolongation de la durée de vie de la décharge. Nos statistiques en 2004 révèlent une économie de transport
de 15.262,5 CFA soit 23,27euro par tonnes de déchets. Cela fait 131% de prolongation de la durée de vie
de la décharge s’il est adopté dans toute la ville de Cotonou.
Cette activité de simple pré collecte s’est finalement étendue dans toute la ville. Aujourd’hui, la
mairie de Cotonou a reconnu cette approche que d’autres structures au Bénin ont soutenue. Les Ministères
de la Santé et de l’Environnement l’ont assez soutenu par la mise à disposition des équipements aux
structures non gouvernementales pour travailler dans ce secteur. On peut citer les tracteurs du Ministère de
l’Environnement et des formations données en 1995, 1998, 1999 et 2000 par les deux ministères, qui ont
renforcé la participation de la société civile à la gestion des déchets au Bénin. Un réseau des structures à
Cotonou s’est créé et, présidé pendant quatre ans (2 mandats consécutifs) par le PrAPE, a favorisé la
structuration et le renforcement des capacités avec d’autres acteurs comme OXFAM QUEBEC. Dans toute
la ville de Cotonou, 75 ONG de pré collecte opèrent aujourd’hui avec 700 ouvriers et un chiffre d’affaires
d’un demi million d’euros.
Un réseau national se met en place actuellement pour défendre et protéger ces petites initiatives.
Des efforts continueront de se faire pour que de nouveaux acteurs que sont les maires ne prennent pas de
mesures qui vont désorganiser cette initiative qui marche.
c -Le transport
Cette phase a consisté en l’utilisation d’un camion du projet pour transporter les déchets des points
de regroupement vers le centre de tri situé à 30 km. Cette opération, la première à Cotonou, participait de
ce souci de la gestion durable des déchets. Du fait de cette ambition et de cette détermination de gestion
correcte, cette activité malgré son coût élevé était assumée. C’est cette phase de notre travail qui va
déterminer les orientations vers la valorisation sur place des déchets à Cotonou. Après trois années de
5
travail, nous nous sommes rendus compte que c’est le transport qui constitue la phase la plus coûteuse en
matière de gestion des déchets et en conséquence, susceptible de fragiliser le budget de nos communes.
En effet, un modèle axé sur la valorisation en vue de la réduction des quantités a inspiré les actions
citées ci-dessus. C’est ce modèle qui a été mis en place dans une commune située à 600 km de Cotonou
avec l’appui de EED. Il s’agit de la commune de Kandi où seulement 20 % des déchets produits sont
transportés vers la décharge. Ceci a été possible du fait de la disponibilité de l’espace pour l’installation des
dépotoirs intermédiaires où les déchets sont triés et seules les matières non biodégradables sont transportées
à la décharge finale qui est en fait un centre d’entrepôt des différents éléments non biodégradables qui
seront enfouis plus tard, si aucune solution de recyclage n’est trouvée. Les piles et les batteries sont gardées
sous un abri souterrain et étanche. En réalité, les différentes innovations dans le système de précollecte
comme le recyclage des plastiques, des papiers et la sensibilisation pour la réduction des quantités des
déchets viennent de la recherche de solutions au problème de transport.
Depuis plus de 6 ans, la ville de Cotonou elle-même fait face aux frais de transport et de traitement
et les responsabilités se trouvent ainsi bien partagées entre le producteur des déchets qui paye pour la
précollecte jusqu’au point de regroupement où la mairie prend la relève avec des camions pour
l’enlèvement et le transfert vers centre de traitement.
d - Le traitement.
Il consiste au tri manuel en vue de la séparation des différentes composantes pour mieux maîtriser
leur neutralisation. En effet, on se retrouve finalement avec des tas des divers éléments dont la matière
organique qui sert à la préparation du compost en condition aérobie. Les autres éléments triés sont restés
jusqu’à ce que leur recyclage commence comme le cas des plastiques. Les verres, les ferrailles, les
plastiques, les chiffons, les cartons, les os d’animaux, etc. constituent les parts essentielles et leur présence
se traduit comme suit :
Composition des déchets solides ménagers à Cotonou
Matières biodégradables
52,13%
Sables et débris
31,65%
Plastiques
7,26%
Papiers / cartons
3,14%
Métaux
1,56%
Tissus (chiffons)
1,14%
Verre
1,6%
Chaussures / cuir
0,22%
Os et coquilles
0,37%
Piles
0,15%
Autres
0,78%
En ce qui concerne les déchets biomédicaux, ils étaient au début mélangés aux déchets ménagers.
Après un an, un incinérateur artisanal à base des briques et vulgarisé par le Ministère de la Santé a été
utilisé sur le site du centre de tri pour brûler ces types de déchets dangereux. Les centres de santé de notre
zone de travail ont été sensibilisés sur la séparation des déchets assimilables aux ordures des déchets
dangereux des salles de soins et des laboratoires. Finalement, la meilleure solution de leur traitement a été
d’avoir un contrat avec le centre national hospitalier et universitaire de Cotonou qui dispose d’un matériel
adéquat pour leur élimination.
6
e - La gestion des impacts socio environnementaux.
Des mesures sociales sont prises et dans la zone du centre de tri, des efforts sont faits pour que la
ville de Cotonou puisse leur fournir l’énergie électrique à partir du réseau national et un système
d’adduction d’eau est en cours d’installation dans le village situé à proximité du site. Une zone de ceinture
de trois kilomètres est suivie en terme d’affections développées au sein de la communauté et un centre de
soins pour les ouvriers et les populations avoisinantes est en place. Des négociations avec le Ministère de la
Santé ont permis d’organiser des campagnes de désinfections dans cette zone de sécurité.
Des études ont été réalisées pour analyser les échanges entre le site et le milieu naturel avec un
suivi des populations de deux types d’oiseaux et des rats.
B. N
OUVELLES ACTIVITES ENGENDREES PAR CETTE EXPERIENCE
COMMUNAUTAIRE ET
SA
DUPLICATION
.
Cette partie qui constitue le centre d’intérêt de la présentation comprend le développement de
nouvelles activités et sa duplication dans d’autres milieux. Les stratégies de ce développement seront aussi
analysées de même que les conditions d’une réelle duplication.
En effet, si en juillet 1993 sa création était surtout axée sur l’assainissement du cadre de vie et la
santé communautaire dans le 8
ème
arrondissement (ex commune de Sainte Rita et zone d’implantation de
l’ONG) à Cotonou, à ce jour, DCAM intervient dans divers domaines sur tout le territoire national. De ses
interventions, on peut retenir les résultats suivants :
1)
En matière d’assainissement et protection de l’environnement
Plusieurs volets sont pris en compte dans ce domaine qui couvre actuellement 12 communes. Il
s’agit de :
-
L’organisation de la précollecte des ordures ménagères. Démarré en 1994 dans le 8
ème
arrondissement (ex commune de Sainte Rita) de Cotonou, cette activité, qui couvrait au
départ 8 quartiers, s’est rapidement accrue en ce sens qu’elle est menée aujourd’hui dans
14 quartiers de Cotonou, 7 à Kandi, 7 à Porto Novo, 3 à Parakou 3 à Comé, et 3 à
Aplahoué ;
-
Par ailleurs, DCAM a apporté son expertise dans la création et la formation du personnel
de plusieurs structures partenaires (20 au Bénin, 2 au Togo, et une au Congo et
précisément Boukavou) opérant dans le domaine de la précollecte ;
-
La gestion des déchets biomédicaux d’une trentaine de centres de santé répartis sur 4
arrondissements de la ville de Cotonou ;
-
L’organisation du tri des déchets de toute la ville de Cotonou depuis 1995. Deux cent
(200) tonnes de déchets sont reçus quotidiennement et triés sur le centre de traitement des
déchets de DCAM. La nécessité de rapidité dans les opérations de tri ont conduit à la
mise en place d’une mécanisation ;
-
Le recyclage du plastique et du papier pour fabriquer respectivement des gaines
électriques et des briquettes depuis l’année 2000 au centre Agriplas, une petite unité mis
en place pour les dites activités. Des granulés de plastiques y sont produits et servent à la
fabrication des gaines électriques utilisées dans la construction. Trois (03) tonnes de
granulés sont produites chaque mois et cette activité avec les efforts
pour son
autofinancement, deviendra une usine gérée par des opérateurs privés ;
-
Un réseau de récupérateurs est mis en place à cet effet dans toute la ville de Cotonou pour
la collecte des déchets plastiques et de papiers ;
7
-
L’amélioration du recyclage des véhicules hors d’usage à travers la formation et
l’équipement des artisans ferblantiers et des forgerons de Cotonou ;
-
L’appui conseil apporté à 12 communes du Bénin en matière d’élaboration de plan de
gestion des déchets. Des 12 communes, celle de Kandi, située à plus de 600 km de
Cotonou, est en avance sur les autres du fait que depuis l’année 2001, un programme
d’appui de la Mairie pour la gestion des déchets est mis en oeuvre avec l’appui financier
de l’ONG allemande EED, et qui prend en compte toute la filière à savoir, la précollecte,
les centres de transfert et la décharge finale des déchets.
2) En matière de la promotion des activités génératrices de revenus
Dans le souci de répondre aux préoccupations des populations défavorisées de ses zones
d’intervention, DCAM a du mettre en place, en avril 1996, un programme d’appui aux activités
génératrices de revenus. Le Programme d’Epargne Crédit à Base Communautaire (PEBCo), qui a
commencé ses interventions dans la commune de Sainte Rita a très vite couvert une partie de la ville de
Cotonou et ses environs pour, au bout de 4 ans, s’étendre aux 3 principales villes du Bénin à savoir
Cotonou, Porto Novo et Parakou. Des études sont actuellement en cours pour animer des réseaux de
commercialisation des principaux marchés du pays et ceci en vue de réduire les risques auxquels sont
soumis les commerçants travaillant dans un système informel. Les activités sont constituées d’opérations
d’épargne, d’appui conseil en élaboration de micro-projets et en gestion, et d’octroi de crédits. L’épargne
brute mobilisée à ce jour est de quatre milliards, cinq cent un million, cent vingt et un mille neuf cent trente
neuf (4 501 121 939) francs CFA soit environ 6 869 000 euros. Pour ce qui concerne les crédits, neuf cent
quarante six millions sept cent quatre vingt dix mille huit cent trente neuf (946 790 839) francs CFA soit
1 443 279 euros ont été placés auprès de 1500 personnes physiques ou morales.
3) En matière d’appui au développement local.
Avec l’évolution des activités de gestion des déchets et de promotion des activités génératrices de
revenus axées sur une approche communautaire, DCAM a développé des capacités pour l’auto promotion à
la base. Ainsi, il a favorisé et appuyé la mise en place d’une association communale pour le développement
de l’Arrondissement de Sainte Rita (ODASR), qui fonctionne aujourd’hui avec d’autres partenaires tels que
le Centre International pour le Développement Régional (CIDR). Cette association a à son actif
l’organisation de la salubrité et l’appui aux artisans de sa localité.
Cette expérience fructueuse va susciter la sollicitation de DCAM dans l’accompagnement de la
décentralisation.
En effet l’ONG va être retenue sur le plan national pour assister l’agence d’exécution qu’est la
Société d’Etudes Régionales, d’Habitat et d’Aménagements Urbains (SERHAU-SA) pour l’exécution de la
Composante C : Participation et Intégration Communautaire du Projet de Gestion Urbaine Décentralisée
(PGUD).
Ce projet initié par le Gouvernement béninois et financé par la Banque Mondiale a été mis en
oeuvre dans cinq localités périurbaines des trois grandes villes du Bénin à savoir Cotonou, Porto-Novo et
Parakou. D’une durée de trois ans, ce projet a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des
populations de ces quartiers à travers la réalisation et la gestion d’infrastructures socio collectives de
proximité.
Environ 100 000 habitants ont bénéficié des activités du projet qui sont regroupés en trois volets :
-
construction/réhabilitation d’infrastructures communautaires de base : centres de santé,
centre de loisir, marchés, infrastructures scolaires, points d’eau, latrines dans les
établissements scolaires publics, etc. ;
8
-
activités améliorant le cadre de vie immédiat des populations : ramassage des ordures,
reboisement, IEC en santé communautaire, etc. ;
-
appui aux activités génératrices de revenus.
La philosophie d’intervention est basée essentiellement sur l’approche participative qui a consisté
à mobiliser et à organiser les habitants en communautés appelées
Comités de Développement de Quartiers
.
Ces derniers ont été les artisans principaux de l’élaboration et de la mise en oeuvre des plans de
développement de quartier. Les résultats suivants ont été obtenus :
-
Les Comités de Développement des Quartiers (CDQ) ont été installés dans tous les quartiers
et leurs Bureaux Exécutifs ont participé à toutes les activités du projet ;
-
Chaque quartier dispose d’un plan de développement de quartier (PDQ) validé et publié ;
-
Les capacités des CDQ ont été renforcées à travers l’organisation des ateliers de formation sur
le développement communautaire, la bonne gouvernance locale, et des visites d’échanges,
pour leur permettre de gérer, à travers les contrats de quartiers par lesquels les mairies leur
donnent le pouvoir de gérer les infrastructures qui sont du ressort de leur localité ;
-
La mise en oeuvre des plans de développement à travers la réalisation d’infrastructures
scolaires, de santé, marchandes, des kiosques à eau, des latrines publiques et individuelles et
des puisards, ainsi que l’appui à l’organisation de la pré collecte des ordures ménagères.
Par ailleurs, toujours en matière d’appui au développement local, DCAM a appuyé la communauté
de l’Arrondissement de Hèvié dont relève le centre de traitement des déchets, à lever les conflits internes
qui les divisaient et à se mettre ensemble autour d’une association de développement qui est actuellement
en train d’élaborer son plan de développement.
3-
Stratégies de duplication de l’expérience PrAPE
En réalité il n’y avait pas une stratégie élaborée en matière de duplication de l’expérience mais
plutôt des actions qui ont favorisé cela.
a.
Expansion dans les quartiers environnants
L’expansion de l’expérience dans les autres quartiers de Cotonou est le fait qu’elle est une source
d’emplois. Ainsi, beaucoup de sans emplois se sont mis dans le secteur pour avoir de quoi survenir à leurs
besoins à ceux de leur famille.
b.
Des étudiants stagiaires pour la préparation de leurs mémoires
Au moins 5 sujets de mémoire sont réalisés chaque année sur l’expérience. C’est ce qui a connecté
l’expérience aux universités et cela a également favorisé son expansion. De même au moins 2o stagiaires
sont reçus chaque année en préparation au marché de l’emploi.
c.
Une période favorable
Un intérêt des agences de financement et du gouvernement en particulier les ministères de
l’environnement et de la santé va favoriser plusieurs financements aux ONG de jeunes. La période était
d’autant plus favorable que le pays était en train de chercher les moyens de sortir de la crise économique
avec des initiatives privées.
9
d.
Démarrage simple
Avec déjà une charrette (150.000 CFA environ 230 euros) deux jeunes peuvent déjà avoir la
possibilité de gagner au mois au moins 60.000 F CFA par moins chacun.
e.
Une conscience générale de la salubrité est née partout dans le pays.
La vraie raison de cette multiplication est que tout le monde voulait une amélioration de la
situation sanitaire dans les villes. Notre expérience qui donnait des résultats encourageants motivait
plusieurs à susciter des initiatives dans ce sens. Ceci ne dépendait pas directement de nous mais surtout à
travers les invitations à plusieurs niveaux pour partager l’expérience.
En conclusion, en reconstituant à partir de ce qui est vécu nous pouvons dire que la stratégie a
consisté au développement des actions par le partenariat avec les universités et centre de recherches,
l’organisation de stages, séminaires, les participations au foire, études et l’animation des réseaux des ONG.
4-
Leçons apprises pour qu’une expérience se propage
Les enseignements qui se dégagent de cette expérience peuvent se résumer en ces termes.
La nature de l’expérience : elle doit régler un problème majeur ressenti au
niveau local ou national, avoir un caractère public, et dont la résolution est
vue globalement avec des idées simples et facilement mise à jour ;
L’initiative enrichit d’autres structures et est génératrice de revenus pour les
acteurs ;
La bonne coopération dès le départ avec les structures publiques comme
privées. Une expérience ne doit pas être entourée de mythe. Les autres devront
facilement accéder aux informations et participer aux discussions sur
l’initiative ;
Contexte favorable avec des résultats visibles et convaincants ;
Les populations vivent les bénéfices de l’expérience. En réalité aucun projet
n’est un succès s’il ne profite pas à la population, ce qui constitue le gage que
cela va continuer.
CONCLUSION
L’expérience du PrAPE en matière de gestion des déchets est unique et édifiante au Bénin et dans
la sous région ouest africaine. Grâce à celle-ci, DCAM a pris une part active dans la gestion des déchets et
la lutte contre la pauvreté au Bénin et en particulier dans la ville de Cotonou qui produit 5oo tonnes de
déchets par jour.
La création du PEBCo et le recyclage des déchets plastiques en gaine électrique sont le fruit de ces
efforts.
Avec l’appui de notre partenaire allemand EED, ce programme est en train de gagner les autres
communes du Bénin à travers la conception et la mise en place d’un modèle simple de gestion des déchets
ou une assistance technique à certaines pour une gestion durable de leurs déchets.
L’incapacité des leaders politiques à valoriser ce qui se fait localement et qui résout un problème
pour en faire une force, constitue l’un des maux dont souffrent notre pays et l’Afrique en général. Ceci
constitue le nouveau défi pour influencer les décideurs à valoriser les expériences locales en vue des
solutions durables.
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