LE CHATIMENT Une exégèse révolutionnaire

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Plaisante et néanmoins constructive contribution de l'auteur aux réflexions de l'actuel Synode romain concernant la Famille et l'homosexualité.

Publié le : mercredi 21 octobre 2015
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MICHEL BELLIN LE CHÂTIMENT Fondements scripturaires de la prééminence homosexuelle dans le récit vétérotestamentaire de la Création
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2 LE CHÂTIMENT
Avertissement
armi les trois versions bibliques de la Création, la Ptroisième est aussi remarquable que singulière. Cette variante – qui atteste la prééminence du couple homosexuel dans le plan divin – a toujours été considérée par l’Eglise officielle comme apocryphe et, comme telle, rejetée du Canon. Pour cette raison, pratiquement toutes les versions de la Bible sont encore aujourd’hui des traductions expurgées. er Ce texte est pourtant attesté dès le 1 siècle de notre ère et fut confirmé par l’examen des manuscrits de Qoumrân. Au Moyen Age, l’évêque Boudir de Bourgoeil en fit un commentaire autorisé qui fut amplement repris par Thomas Hobbes (De la nature humaine),le cardinal Bérulle puis par Richard Simon. Cet oratorien s’attira les foudres de Bossuet par son « Histoire critique du Vieux Testament ». Au siècle dernier, reprenant les travaux de l’Ecole de Jérusalem, l’exégète belge Dom Bellinus o.p. (1901-1998) consacra sa vie et son œuvre à fonder l’authenticité des chapitres 2 et 3 de la Genèse et à en établir l’apparat critique. C’est aujourd’hui son propre fils qui offre enfin aux nombreux lecteurs de la plate-forme littéraire YouScribe une traduction rajeunie d’une sobre homosensualité sémitique. Pour cette mise en ligne, les notes ont été revues et augmentées, directement intégrées dans le corpus pour en faciliter la consultation. Cette contribution exégétique de premier plan sera-t-elle un scoop voire un brûlot ? Quoi qu’il en soit, gageons que cette édition d’une version biblique refoulée durant plus de 20 siècles va permettre d’ouvrir plus sereinement – et sur des bases scripturaires enfin purifiées – le débat sur la légitimité du mariage universel, même si une telle révélation ne manquera pas de susciter dans les jours prochains de la part de la hiérarchie catholique rassemblée en Synode – et également, il faut le craindre, des Femen survoltées – démentis et protestations ! De Galilée à Hans Küng, l’histoire du catholicisme a hélas plus d’une fois montré qu’il est plus facile d’anathématiser, d’exclure et de diaboliser, plutôt que de s’ouvrir et de se convertir ! Michel Bellin À Boulogne-Billancourt, le 21/10/2015
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AU JARDIN D’ÉDEN (Livre de la Genèse, chapitres 2 et 3) Chapitre 2temps où YHVH Dieu fit la terre et le ciel, il n’y avait encore,4b Au
aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait encore
poussé,
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car YHVH Dieu n’avait encore pas fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas
d’homme pour cultiver le sol.
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1 Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol.
[Note 1 : on peut interpréter de deux façons ce flux primitif : soit l’océan primordial des
cosmogonies antiques, soit le premier don de Dieu qui détrempe une terre aride pour pétrir et faire
germer la vie. Dans le contexte homosensuel qui est celui de la toute première version de la Genèse
voirinfra, comment ne pas évoquer le liquide séminal encore en attente et déjà ferment de vie !]
Alors YHVH Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines
une haleine de vie.
L’homme devint un être vivant et YHVH l’appela Adam.
Et YHVH se réjouit car il vit que cela était bon.
2 YHVH Dieu planta ensuite un jardin en Éden , à l’orient, et il y mit Adam,
l’homme qu’il avait modelé.
[Note 2 : L’Eden est la steppe, mais évoque un mot hébreux signifiant « jouissance ».]
YHVH Dieu fit pousser du sol toute espèce d’arbres séduisants à voir et
savoureux à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la
connaissance du mal et du bien.
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Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former
quatre bras.
Le premier s’appelle le Pishôn ; il contourne tout le pays de Havila, où il y a de
l’or ;
l’or de ce pays est pur et là se trouvent le bdéllium et la pierre de cornaline.
Le deuxième fleuve s’appelle le Gihôn : il contourne tout le pays de Kush.
Le troisième fleuve s’appelle le Tigre ; il coule à l’orient d’Assur. Le quatrième
3 fleuve est l’Euphrate .
[Note 3 : Le Tigre et l’Euphrate sont des fleuves célèbres, mais le seul Guihôn est la source vivifiante de Jérusalem (Cf. 1 R 1,33-38, Psaume 46,5.) Dans le livre des Proverbes, on trouve cette mention satirique concernant la Mésopotamie honnie par Israël car considérée au temps des Prophètes comme la Grande Prostituée : «Le Tigre fait peur à la Poule et l’Œuf rate !»]
YHVH Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le
garder.
Et YHVH Dieu fit à Adam ce commandement : « Tu peux manger de tous les
arbres du jardin. Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne
mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu seras divisé en toi-même et
deviendras passible de mort. »
YHVH dit aussi : il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse un
compagnon qui lui soit assorti et en tous points semblable.
Alors YHVH Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme qui s’endormit. Il prit une
de ses côtes et referma la chair à sa place.
21 Puis, de la côte qu’il avait tirée de l’homme, YHVH façonna son compagnon. Il le
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4 nomma Amad et l’amena à Adam.
[Note 4 : La traduction du mot‘amaâdLesco-homme ». est délicate. Mot à mot « traductions modernes « compère » ou, comme ici, « compagnon » gagnent en élégance ce qu’elles perdent en acuité ontologique. L’étymologie reste mystérieuse : soit un mot berbère signifiant « la peau », soit un mot sémite « de couleur rose », sens attesté par l’historien Flavius Josèphe.]
Alors celui-ci s’écria : « Pour le coup, voici l’os de mes os ! » Et Amad répondit :
« Voilà bien la chair de ma chair ! »
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Adam reçut Amad et l’agréa. Et il dit : « Voici le bien-aimé, un sachet de
myrrhe à mon cou. »
Amad reçut Adam et l’agréa. Et il dit : « Voici le bien-aimé, une grappe de
cypre dans les vignes d’En-Gaddi. »
5 Tous deux s’agréèrent et se connurent .
Ainsi l’homme laisse-t-il son père et sa mère pour s’attacher à son
compagnon, et ils deviennent une seule chair.
[Note 5 : Au sens biblique du terme :avoir des relations charnelles.]
Et YHVH Dieu vit ce qu’il avait fait : il se réjouit car cela était très bon.
Et il parla ainsi à Adam et à Amad :
« J’établis mon alliance avec vous et avec vos descendants après vous.
Et voici le signe de l’alliance que j’institue entre moi et vous et tous les
êtres vivants qui sont avec vous pour les générations à venir :
6 je mets mon arc dans la nuée et il deviendra un signe d’alliance entre moi
et la terre.
[Note 6 : Il s’agit del’arc-en-cieldeviendra un thème récurrent ( qui Rainbow) de la symbolique homosexuelle et de l’alliance des genres, harmonieuse « passerelle » entre ciel et terre, entre l’unicité du Dieu Créateur et l’unité ontologique du couple gay créé à son image et ressemblance.]
Quand l’arc sera dans la nuée je le verrai et me souviendrai de mon alliance
entre moi et vous. »
7 Or les deux hommes étaient nus, sans se faire mutuellement honte .
[Note 7 : Sans exclure toute idée de pudeur, les motsnuditéethonteexpriment surtout dans la Bible la faiblesse, la force chancelante (cf. Am 2,16 ; Mi, 1,8 ; Psaume 6 etc.) L’emblématique érection virile, si vite détumescente, est l’autre face de sa faiblesse, à l’image deYHVHcréateur et omnipotent. Cf. aussi la thématique du éternellement Serpent d’airain ou du bâton que Moïse brandit pour protéger les Hébreux durant le passage du gué miraculeux. Exode 14, 14 ss.]
Chapitre 3, 1
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Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que
YHVH Dieu avait faits. Il dit à Amad : « Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas
de tous les arbres du jardin ? »
Amad répondit au serpent : « Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin.
Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en
mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort. »
Le serpent répliqua à Amad : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
Mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez
comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. »
Amad vit que l’arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu’il était, cet
arbre, désirable pour acquérir le discernement. Il prit de son fruit et mangea. Il
en donna aussi à Adam, qui était avec lui, et il mangea.
Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils
cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.
Ils entendirent le pas de YHVH Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du
jour ; Adam et Amad se cachèrent devant YHVH Dieu parmi les arbres du jardin.
YHVH Dieu appela l’homme : « Où es-tu ? » dit-il.
« J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit Adam, j’ai eu peur parce que je
suis nu et je me suis caché. »
Il reprit : « Et qui t’a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l’arbre dont
je t’avais défendu de manger ! «
Adam répondit : « C’est Amad, le compagnon que tu as mis auprès de moi, qui m’a
donné de l’arbre et j’ai mangé ! »
YHVH Dieu dit au compagnon : « Qu’as-tu fait là ? » Et Amad répondit : « C’est le
serpent qui m’a séduit et j’ai mangé. »
Alors YHVH Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela,
maudit sois-tu entre tous les bestiaux
et toutes les bêtes sauvages.
Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre
tous les jours de ta vie. »
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Puis YHVH Dieu fit de nouveau tomber une torpeur sur Amad qui s’endormit. Il
rouvrit sa chair et la transforma.
Il remodela sa poitrine et évasa ses hanches en forme d’amphore. Puis il gonfla sa
8 chevelure, l’étira et la lia en torsade de joncs.
[Note 8 : Traduction approximative d’un fragment de texte corrompu. D’une manière poétique, l’auteur de la Genèse semble vouloir évoquer la transformation physique d’Amad et sa féminisation. Idem dans le verset suivant à propos de la « souche » (phallique) et du sillon (vaginal).]
YHVH Dieu extirpa du ventre d’Amad la souche de Jessé et, à sa place, ouvrit un
profond sillon. Puis il referma sa chair. C’est ainsi que YHVH façonna une femme
et l’amena à l’homme.
Et YHVH Dieu dit à Adam : « Voici ta nouvelle compagne à qui tu donneras le nom
9 de « Eve » . Parce que tu as écouté la voix d’Amad et que tu as mangé de l’arbre
interdit, je te prive à jamais du compagnon que j’avais établi près de toi.
[Note 9 : Le nom d’Eve,Havvah, est expliqué par le verbehaya, vivre.]
Désormais tu chercheras ton semblable dans la confusion et c’est dans la honte
que vous vous connaîtrez à la face des nations.
À cause de votre désobéissance, maudit soit aussi le sol ! À force de peine tu en
tireras substance tous les jours de ta vie.
Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l’herbe des champs.
À la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes au sol
puisque tu en fus tiré.
Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise. »
Puis YHVH Dieu dit à la femme : « Tu remplaces désormais le compagnon de vie.
10 En vain, tu le chercheras et le jalouseras ; ta convoitise te poussera alors vers
Adam ton mari et il dominera sur toi. »
[Note 10 : mot à mot «Tu seras avide de ton homme.» Il s’agit d’une pulsion instinctive de celle qui
est devenue un ersatz d’Amad. Au lieu de se situer sur un plan d’égalité harmonieuse – possible avec
le seulalter égooriginel –, la femme éprouve un sentiment d’infériorité et le besoin lancinant de
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l’homme, de sa force, de sa raison. C’est une caractéristique des sociétés primitives. Notons qu’elle
peut toutefois jouir d’autres conditions et d’une certaine autonomie, même si les mentions
vétérotestamentaires restent rares (cf. Pr 31, 10-31 ; Ga 3, 28.)]
Je multiplierai les peines de tes grossesses, Dans la peine tu enfanteras des
fils. »
YHVH fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit. Puis il les
renvoya du jardin d’Éden pour cultiver le sol d’où ils avaient été tirés.
11 Il bannit l’homme et il posta devant le jardin d’Éden les chérubins et la flamme
du glaive fulgurant pour garder le chemin de l’arbre de vie.
[Note 11 : Ici, au sens générique, l’Humanité. Variante : « Il bannit l’hommeet la femme».]
Y H V H D i e u v i t q u e to u t ce la n ’ é t ai t p lu s bo n d u to u t e t i l v o i l a
Sa f a ce .
L ’ a u t e u r e t s o n œ u v r e Michel Bellin vit en France dans les Hauts-de-Seine. Outre ses travaux d’écriture, il exerce le métier d’auxiliaire de vie. Depuis 1994, il a publié une trentaine d’ouvrages, soit des livres traditionnels (chezGap,H&O,L’Harmattan…), soit des opus numériques sur la plate-forme d’autoédition d’Amazon/kindle, certains titres étant édités en version mixte. Ainsi son dernier ouvrageLe Pacte neuf(ebook, février 2015) sera également disponible dans une version papier début décembre 2015. Par ailleurs, sous le pseudonymeBellinus, l’auteur met régulièrement en ligne ses textes les plus incisifs sur des sites de publication communautaire telsYouScribe,Short Edition,etc. Contact : michelcombebellin@hotmail.com
Site littéraire : www.michel-bellin.fr
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