L'Évaluation d'un portefeuille universitaire d'expériences et de compétences

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Cet ouvrage rend compte des résultats et enjeux de l'évaluation par le CEREQ et son réseau d'une expérimentation dans 13 universités de 2009 à 2013 du Portefeuille d'Expériences et de Compétences. Ce dispositif associe un outil numérique (e-portfolio) à l'accompagnement des étudiants dans leur démarche réflexive sur leurs expériences et parcours. Sa finalité est de valoriser les compétences acquises des étudiants et faciliter ainsi leur orientation et insertion professionnelle.
Publié le : jeudi 1 janvier 2015
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EAN13 : 9782336365138
Nombre de pages : 222
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L’ÉVALUATION D’UN PORTEFEUILLE UNIVERSITAIRE
D’EXPÉRIENCES ET DE COMPÉTENCES L’ÉVALUATION D’UN PORTEFEUILLE
UNIVERSITAIRE D’EXPÉRIENCES
Cet ouvrage rend compte des résultats et enjeux de l’évaluation par le
CEREQ et son réseau d’une expérimentation dans 13 universités de ET DE COMPÉTENCES
2009 à 2013 du Portefeuille d’Expériences et de Compétences. Ce
dispositif associe un outil numérique (e-portfolio) à l’accompagnement
des étudiants dans leur démarche réfl exive sur leurs expériences et
parcours. Sa fi nalité est de valoriser les compétences acquises des ENJEUX ET RÉSULTATS POUR 13 UNIVERSITÉS
étudiants et faciliter ainsi leur orientation et insertion professionnelle. La
recherche évaluative pluridisciplinaire (sociologie et économie) associe
les approches qualitatives (monographies, 132 entretiens) et quantitatives
Sous la direction de(enquête auprès de 6000 étudiants). Dans un contexte institutionnel,
français et européen, favorable aux e-portfolios, l’évaluation a permis de Philippe Lemistre
mettre en perspective les usages effectifs du Portefeuille d’Expériences
et de Compétences et les limites de ce type de démarche à l’université.
Cette recherche et cet ouvrage ont été coordonnés par Philippe Lemistre,
CEREQ et CERTOP, Université de Toulouse 2.
Préface : Malika Kacimi, Chef de la mission d’animation du Fonds
d’expérimentation pour la jeunesse.
Auteurs : Nathalie Beaupère, CEREQ et CREM, Université de Rennes
1 ; Catherine Béduwé et Françoise Dauty, CEREQ et CRM, Université
Toulouse 1 ; Isabelle Borras et Nathalie Bosse, CEREQ et CREG,
Université de Grenoble ; Sophie Divay, CEREQ et MATISSE, Université
de Paris 1, Laure Gayraud, CEREQ et CED, IEP Bordeaux.
ISBN : 978-2-343-04606-8
22 euros
L’ÉVALUATION D’UN PORTEFEUILLE UNIVERSITAIRE Sous la direction de
D’EXPÉRIENCES ET DE COMPÉTENCES
Philippe Lemistre
Collection EVALUER





L’évaluation d’un Portefeuille universitaire
d’Expériences et de Compétences


























Collection EVALUER
Dirigée par Jean Aubégny et Loïc Clavier



Cette collection, pionnière dans un champ dont l’importance
s’affirme dans des domaines sans cesse plus nombreux, vise à la
diffusion et à la confrontation de la variété des recherches et des
pratiques en évaluation.
Elle postule l’acceptation de la complexité comme clé à
l’élucidation du vivant social et celle de son corollaire, la
multiréférentialité. L’évaluation y sera donc envisagée comme une
régulation complexe tant au niveau micro (l’acte de formation et
d’éducation) qu’au niveau macro (organisation des systèmes de
formation).
Elle s’adresse tout autant aux chercheurs qu’aux concepteurs
de projets, aux formateurs qu’aux enseignants et étudiants.



Déjà parus

Catherine BEDUWE, Véronique BEDIN, Sandrine
CROITYBELZ (Coord.), « Évaluation Formation Emploi » un chantier
pluridisciplinaire, 2014.
Loïc CLAVIER (dir.), Peut-on encore éduquer à l’école ?,
2013.
Richard ETIENNE et Loïc CLAVIER (dir.), Évaluation dans la
formation des enseignants, 2012.
Didier MOREAU (dir.), L’éthique professionnelle des
enseignants, Enjeux, structures et problèmes, 2012.
Jean AUBEGNY, Poussière d’histoire. Une mémoire des années
80, 2009.
Martine HENRIOT, L’évaluation participative de l’action
publique. Etude d’une démarche qualité dans une collectivité
locale, 2009.
Jean AUBEGNY et Loïc CLAVIER (dir.), L’évaluation, entre
permanence et changement, 2006.
Gérard FIGARI et Lucie MOTTIER LOPEZ (eds), Recherche
sur l’évaluation en éducation. Problématiques, méthodologies et
épistémologie, 2006.
Jean-Pol ROCQUET, L’inspection pédagogique aux risques de
l’évaluation, 2005. Sous la direction de
Philippe Lemistre





L’évaluation d’un Portefeuille
universitaire d’Expériences
et de Compétences


Enjeux et résultats pour 13 universités



Préface de Malika KACIMI













































© L’HARMATTAN, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-04606-8
EAN : 9782343046068
SOMMAIRE



Préface ............................................................................................. 9
Avant Propos ...................................................................................... 15

Introduction. Expérimentation et « évaluation »
du Portefeuille d’Expériences et de Compétences ............. 19
Chapitre I. Le PEC du point de vue des « institutionnels » .............. 35
L’expérimentation du PEC sous le regard d’experts .......... 37
Émergence et développement du PEC… .......................... 55
Chapitre II. Le PEC : l’accompagnement en questions .................... 69
Chapitre III. Le PEC : le point de vue des étudiants ...................... 117
Chapitre IV. Le PEC et les étudiants : approche quantitative ......... 155
Conclusion Générale. Le PEC : bilan et perspectives .................... 191

Bibliographie .................................................................................... 201
Notices Bibliographiques ................................................................. 205
Index des Encadrés ........................................................................... 207
Index des Tableaux ........................................................................... 208
Table des Matières ............................................................................ 209


INDEX DES ABRÉVIATIONS


AES Administration Économique et Sociale
BAIP Bureau d’aide à l’insertion professionnelle
BIATOSS Personnels des Bibliothèques, Ingénieurs, Administratifs,
Techniques, Ouvriers, Sociaux et de Santé
CA Conseil d’administration
DIO DélégationInterministérielle pour l'Orientation
FEJ Fonds d’expérimentation pour la jeunesse
IDEFI Initiatives d'excellence en formations innovantes
IUFM Institut Universitaire de Formation des Maîtres
l’ENT Environnement numérique de travail
LEA Langues étrangères appliquées
LMD Licence Master Doctorat
LRU Loi relative aux libertés et responsabilités des universités
MCU Maître de conférences des universités
PEC Portefeuille d’Expériences et de Compétences
PPPE Projet Personnel et Professionnel de l’Étudiant
PRAG Professeur agrégé du secondaire
PRCE Professeur certifié du secondaire
PRES pôles de recherche et d'enseignement supérieur
PRL Plan réussite en Licence
PVP Préparation à la Vie Professionnelle
RNCP Répertoire national des certifications professionnelles
SCUIO Service commun universitaire d'information et
d'orientation
STAPS Sciences et techniques des activités physiques et sportives
TD Travaux dirigés
TPravaupratiques
TRS/TRE Ateliers de technique de recherche de stage et de
recherche d’emploi
UE Unité d’enseignement
UFR Unitéde Formation et de Recherche
VAE Validation des acquis de l’expérience



PRÉFACE
Malika KACIMI
Responsable Mission d’animation
du fonds d’expérimentations
pour la jeunesse


Le FEJ
Le Fonds d’expérimentation pour la jeunesse (FEJ) a été
créé en 2008. Le principe qui a présidé à sa création était de
promouvoir la démarche expérimentale comme méthode
permanente de renouvellement des politiques publiques en
faveur de la jeunesse. Le FEJ est la concrétisation de la volonté
d’investissement de l’État dans l’expérimentation et
l’évaluation concernant le champ des politiques de jeunesse.
Les programmes expérimentaux du FEJ visent à favoriser la
réussite scolaire des élèves, à contribuer à l’égalité des chances
et à améliorer l’insertion sociale et professionnelle durable des
jeunes de moins de vingt-cinq ans. Le FEJ est donc souvent cité
comme un laboratoire de politiques publiques finançant des
actions innovantes en faveur des jeunes, mises en œuvre à une
échelle limitée et évaluées rigoureusement.
La diversité des enjeux et les difficultés rencontrées par les
politiques publiques pour répondre aux besoins des jeunes
incitent à réfléchir en dehors des cadres habituels et à tenter de
mettre en œuvre des solutions nouvelles. Depuis la création du
FEJ, près de 600 projets portant sur des questions aussi diverses
que le décrochage scolaire et universitaire, le logement, la
santé, la lutte contre les discriminations, la mobilité, l’insertion
professionnelle ou la réinsertion des jeunes détenus ont été
soutenus.
La mise en place d’une évaluation est un trait commun aux
expérimentations. Conçues concomitamment aux projets entaux eux-mêmes, opérées par des organismes
indépendants, les évaluations ne visent pas seulement à rendre
compte du bon déroulement des projets ; elles s’attachent à
L’évaluation d’un PEC : enjeux et résultats pour 13 universités
apprécier les effets sur les bénéficiaires, en particulier à l’aide
d’études d’impact.
Les enseignements des expérimentations ont vocation à être
partagés au-delà du cercle des acteurs qui les ont portés.
À travers la capitalisation et la diffusion des enseignements,
c’est l’ensemble des décideurs publics, des acteurs des
politiques de jeunesse, mais aussi des chercheurs qui disposent
d’une somme d’informations d’un genre nouveau susceptibles
d’éclairer la réflexion préalable à l’élaboration de nouvelles
politiques publiques de jeunesse.
Le projet PEC
Le projet du Portefeuille d’Expériences et de Compétences
(PEC) porté par l’Université de Toulouse III chef de file d’un
réseau de 13 universités, et évalué par le Céreq, est à mon sens
l’une des expérimentations soutenues par le FEJ que je
qualifierais de particulièrement notable à plusieurs titres.
Répondant au premier appel à projets du FEJ, avec pour
objectifs de réduire les sorties prématurées du système de
formation initiale et d’améliorer la transition entre formation et
emploi, c’est un dispositif ambitieux fondé sur les besoins des
étudiants identifiés par les responsables universitaires, les
enseignants-chercheurs et les spécialistes de l’accompagnement
en orientation et insertion souhaitant doter leurs étudiants d’un
Portefeuille d’Expériences et de Compétences numérique et
mettre en œuvre une nouvelle démarche d’accompagnement,
d’aide à l’insertion et de prévention du décrochage.
Le PEC est à la fois un outil et une démarche comme aiment
à le souligner ses praticiens.
Outil de sécurisation des parcours de formation et de la
démarche professionnelle, il accompagne l’étudiant tout au long
de sa formation et de son parcours professionnel et lui permet
de capitaliser ses expériences et compétences acquises tant dans
le cadre de l’éducation formelle que dans celui de l’éducation
non formelle, dans une dynamique de formation tout au long de
la vie. C’est un outil évolutif qui est actualisé par les utilisateurs
(étudiants, et accompagnateurs) et par les réseaux
professionnels (intervenants extérieurs, acteurs de l’emploi) et

10 Préface
associatifs. Il permet une traçabilité des parcours qui constitue
une aide au suivi des étudiants par l’Université. Il a fait l’objet
d’une optimisation constante tout au long de l’expérimentation.
Démarche de qualité qui traduit l’implication de
l’Université dans la politique d’aide à l’insertion, des
enseignants-chercheurs dans la valorisation des formations, des
diplômes et dans l’accompagnement des étudiants avec leur
participation active dans la construction de leur parcours
personnel et professionnel.
Le succès du PEC trouve sa source dans le partenariat
collaboratif interuniversitaire, interrégional et pluridisciplinaire
qui a permis d’initier le dispositif. La gouvernance mise en
place a été fondamentale pour la bonne mise en œuvre de
l’expérimentation : elle repose sur une coordination solide
autour de pôles de compétences (ingénierie numérique et
informatique, ingénierie pédagogique et ingénierie de
formation), sur un conseil scientifique, et sur un pilotage
structuré incluant les partenaires institutionnels de la Délégation
à l’information et à l’orientation, du ministère chargé de
l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle et du
ministère chargé de la jeunesse.
L’Évaluation
L’équipe du Céreq a mené une évaluation « embarquée » sur
la durée de l’expérimentation et a réalisé une évaluation
reposant tant sur les méthodes quantitatives que qualitatives, ce
qui est la meilleure démarche pour obtenir des enseignements
aussi complets que possible sur une expérimentation.
Le protocole mis en œuvre a permis l’analyse de la mise en
œuvre du PEC à partir d’enquêtes monographiques réalisées sur
les 13 sites universitaires, d’une enquête qualitative auprès
d’enseignants-chercheurs accompagnateurs de la démarche et
d’enquêtes auprès des étudiants bénéficiaires du dispositif PEC
(avec groupes témoins).
Il a permis de mesurer l’impact du dispositif PEC sur la
réduction du décrochage, sur l’amélioration de l’insertion des
décrocheurs et des sortants en fin de cycle L, d’évaluer la
qualité de l’accompagnement personnalisé proposé aux

11 L’évaluation d’un PEC : enjeux et résultats pour 13 universités
étudiants par l’intermédiaire du PEC en ciblant les intérêts et
limites du dispositif, d’évaluer l’appropriation du dispositif par
les enseignants-chercheurs et l’impact sur l’exercice de leur
« métier » et enfin de mettre en évidence les conditions et
modalités de mise en œuvre du PEC.
C’est l’objet du présent ouvrage que d’en livrer les
enseignements.
Les perspectives
Le projet intégrait dès l’origine une dimension de
généralisation du PEC à l’ensemble des universités en
prévoyant les moyens d’une mutualisation des ressources utiles
au transfert de l’outil et de la démarche.
À l’issue de l’expérimentation, le réseau PEC s’est engagé
dans une démarche de pérennisation et de déploiement contrôlé,
dans le cadre des politiques publiques. La gouvernance du PEC
a évolué et est réorganisée en Consortium du réseau élargi à 30
universités et bientôt à 40, soit près de la moitié des universités
françaises. Le PEC intéresse aussi au-delà de nos frontières en
Europe. Le réseau développe également des partenariats avec
les instances régionales dans une volonté d’ancrage territorial.
Encourager l'engagement des jeunes fait partie des mesures
arrêtées par le Comité interministériel de la jeunesse. Mieux
reconnaître et valoriser cette implication citoyenne et
l'expérience qu'elle représente en fait partie.
Pour ce faire, le ministère chargé de la jeunesse et de la vie
associative a piloté un outil, le portefeuille de compétences des
bénévoles, qui aide tout bénévole à identifier, formuler, décrire,
les compétences démontrées à travers son expérience
d’engagement, au-delà d’un intitulé de mission. L'outil résulte
d'une mutualisation des réflexions d’associations, auquel a
participé Pôle Emploi et des entreprises, et est utilisé par des
universités pour leurs étudiants engagés dans une association.
Pour faciliter et reconnaitre la possibilité et les leviers de
valorisation de l'expérience bénévole, il est important d'articuler
les outils existants qui sont complémentaires. Le ministère
poursuit ainsi sa collaboration engagée avec les porteurs du
projet PEC pour articuler leurs deux outils complémentaires,

12 Préface
tous deux partageant une même démarche d'autodiagnostic
destinée à accompagner les étudiants pour mieux savoir
valoriser leurs expériences dans le cadre de leur projet
personnel et professionnel : le portefeuille de compétences des
bénévoles tourné vers la prise en compte de l'expérience
bénévole, et le PEC tourné vers la prise en compte de toutes les
expériences. Le portefeuille de compétences des bénévoles peut
donc être un outil ressource au sein du PEC, pour la valorisation
de l'expérience associative.
Gageons que les résultats de l’évaluation ici présentés auront
également contribué à cette évolution positive et à la
reconnaissance du PEC comme un outil pour les jeunes dans la
construction de leur parcours personnel et professionnel.


13
AVANT PROPOS
Philippe LEMISTRE


Cet ouvrage fait suite à une recherche menée pour le Fonds
d’Expérimentation pour la Jeunesse par des membres de six
centres associés régionaux du Céreq (équipes de recherche
universitaires et CNRS). Il s’agissait d’évaluer un dispositif
public dans treize universités : le Portefeuille d’Expériences et
de Compétences. Ce type d’évaluation était à son début en
France après celle menée pour le Revenu de Solidarité Active.
Il s’agit donc d’une expérience originale, notamment pour
les chercheurs mobilisés en regard de certaines méthodologies
suggérées qui n’étaient pas encore très usitées en France. De
plus, le terrain lui-même reflétait une nouvelle manière
d’aborder la professionnalisation à l’université dans le cadre des
attendus de la loi relative aux libertés et responsabilités des
1universités (LRU ).
C’est dans ce cadre que les équipes associées au Céreq ont
élaboré un protocole d’évaluation pluridisciplinaire qui associe
méthodes quantitatives et qualitatives, une pratique habituelle
du Céreq enrichie par l’approche test-témoin privilégiée par le
FEJ. Les différents chapitres rendent compte de la mise en
œuvre de cette méthode et notamment du cadre institutionnel où
elle se déploie.
Ce type d’évaluation – dont l’objectif est de participer à la
préconisation ou non d’une éventuelle extension du dispositif
public testé – fait l’objet d’un regard critique en mettant en
garde contre une approche type new public management.
Approche pour laquelle la recherche est censée apporter des
réponses binaires à des questions de politiques publiques à
travers l’évaluation de leurs instruments (ici le dispositif
Portefeuille d’Expériences et de Compétences). Les limites de

1 Loi n°2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des
universités.
L’évaluation d’un PEC : enjeux et résultats pour 13 universités
la recherche dans ce domaine et la posture des chercheurs sont
argumentées en introduction puisqu’elle détermine le protocole
d’évaluation, puis au vu des résultats au fil du texte et en
conclusion.
L’équipe d’évaluation mobilisait des personnes au-delà des
rédacteurs de l’ouvrage. Catherine Soldano, maître de
conférences à l’université du Mirail et membre du centre
associé Céreq de Toulouse, a largement contribué aux enquêtes
de terrain et aux discussions d’ensemble. Ceci d’autant plus
qu’elle a coordonné pour le FEJ une autre évaluation de
l’ensemble des dispositifs mis en œuvre à l’Université d’Albi.
Or, parmi ces dispositifs figurait le Portefeuille d’Expériences
2et de Compétences .
Marie-Hélène Toutin, chargée d’études Céreq au centre
associé de Lille et Gabriel Tahar directeur de recherche CNRS
au centre associé de Toulouse ont également contribué à cette
recherche.
Par ailleurs, les observatoires des treize universités ont non
seulement effectué les enquêtes en cotraitance avec le Céreq,
mais aussi très largement contribué à l’élaboration du protocole
d’enquête quantitative et du questionnaire.
Nous remercions l’ensemble des membres de l’équipe
d’expérimentation au sein des treize universités qui ont permis
que l’évaluation se déroule dans les meilleures conditions
possibles. Enfin, nous remercions les 132 personnes qui ont
bien voulu participer à nos entretiens en face à face (étudiants,
personnels université, Ministère de l’Enseignement Supérieur et
de la Recherche, membres du Conseil scientifique du réseau
PEC).
Cet ouvrage reprend en partie les éléments du rapport remis
au FEJ fin 2013. Il y est défendu davantage une posture
empirique et épistémologique. Ces éléments et les résultats
produits n’engagent que leurs auteurs, et ne sauraient en aucun
3cas engager le Ministère financeur . Nous remercions sa

2 http://www.experimentation.jeunes.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article
=338
3 Ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie
associative Direction de esse, de l'Éducation populaire et de la Vie
associative

16Avant-Propos
Mission d'animation du Fonds d'Expérimentation pour la
Jeunesse dont nous avons pu apprécier les coordinations
administrative et scientifique nourries de nombreuses
discussions constructives.

17
Expérimentation et « évaluation » Introduction
du Portefeuille d’Expériences
et de Compétences (PEC)
Laure GAYRAUD, Philippe LEMISTRE


Le projet du Portefeuille d’Expériences et de Compétences
(PEC) prend sens dans un contexte où l’analyse de la perte de
compétitivité de l’Europe s’articule à un discours sur
l’efficacité des formations supérieures à développer
l’employabilité des étudiants. La question de la
professionnalisation dans l’enseignement supérieur tend alors
vers une conception plus large qui englobe les notions
d'employabilité et de compétences tant professionnelles que
4sociales . En moins de dix ans, les conditions qui vont conduire
à impliquer plus fortement les universités dans le devenir
professionnel de leurs formés vont être réunies.
En France, ce mouvement se traduit par la réorganisation de
l’offre de formation selon la logique LMD et se traduit dès 1999
par la création des licences professionnelles. Dans le même
temps, l'idée selon laquelle les formations supérieures générales
doivent aussi développer l'employabilité des étudiants se
diffuse. Lutter contre l'échec en licence par une meilleure
information sur les filières post-bac, développer un
rapprochement durable de l'université avec les milieux
économiques, améliorer le taux d'insertion en Licence et Master
en préparant les étudiants à s'insérer sur le marché du travail
5sont autant d'injonctions que l'on retrouve dans ces rapports
6pour améliorer l'insertion des sortants des universités .

4 Gayraud, Soldano, Simon-Zarca, « Université : les défis de la
professionnalisation », Céreq, NEF, 46, 2011.
5 Hetzel, De l’université à l’emploi (2006) ; Lunel Schéma national de
l’orientation et de l’insertion professionnelle (2007) et Goulard
L’enseignement supérieur en France, état des lieux (2007).
6 Gayraud, Soldano, & Simon-Zarca, op. cit.
L’évaluation d’un PEC : enjeux et résultats pour 13 universités
L'adoption de la loi relative aux libertés et responsabilités
7des universités (LRU) qui introduit comme nouvelle mission
l'orientation et l'insertion professionnelle, puis du Plan pour la
8réussite en licence constituent le cadre politico-institutionnel
dans lequel va se développer l’expérimentation PEC. En cela, le
projet s’inscrit pleinement dans les préoccupations des
universités souhaitant améliorer l’orientation et l’insertion de
leurs étudiants et plus particulièrement ceux en difficulté.
1. Le Portefeuille d’Expériences et de Compétences
avant l’expérimentation FEJ
L’origine du PEC s’ancre dans la démarche conjointe – entre
2005 et 2007 – des professionnels des SCUIO des universités
de Grenoble 1, Poitiers, Toulouse 1 et 3.
Le porteur de projet résume la genèse du PEC avant sa
formalisation dans le cadre de l’expérimentation financée par le
9FEJ (Faudé & Loumé, 2012) .
Tous souhaitent « initier une démarche de construction et de
valorisation de soi, de valorisation par l’illustration et la
démonstration des connaissances et des compétences acquises
dans une formation universitaire ».
« L’idée est d’ancrer dans tout le parcours LMD la
construction du projet (de formation et professionnel), à la suite
de la démarche PPPE (Projet Personnel et Professionnel de
l’Étudiant) initialisée en L1… ceci en apportant à l’étudiant des
possibilités de réflexion sur ses acquis expérientiels tout au long
de son parcours de formation – puis professionnel ; des
possibilités d’actualiser son projet tout au long du LMD ; de
meilleures possibilités d’agir et de communiquer sur ses
expériences, sa formation, son/ses projet(s) ».

7 Loi n°2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des
universités.
8 Le 13 décembre 2007, Valérie Pécresse présentait son plan pluriannuel de
réussite en licence.
9 Faudé & Loumé, 2012, La genèse du projet : un effet « boule de neige », in
Gasté, D., Loumé, D. (coord.), Le Portefeuille d’expériences et de
compétences. De l’université à la vie active, Céreq, Relief, 39, 13-23.
20 Introduction
Très rapidement la démarche va s’appuyer sur un outil
numérique dans le cadre de l’émergence des e-Portfolio
(encadré 1). « Le PEC doit être accessible sur l’ENT
[environnement numérique de travail] de l’établissement dans
un espace numérique confidentiel, sécurisé, propriété de
l’étudiant… L’étudiant y intégrera toutes ses expériences,
actualisera ses compétences, son ou ses projets, et
communiquera enfin en exportant « son PEC » ou « ses PEC »
(jobs, stages, emplois, formations...) vers les environnements de
formation ou professionnels ».
Encadré 1. Le e-portfolio

Un e-portfolio est une collection d’informations numériques
décrivant et illustrant l’apprentissage ou la carrière d’une
personne, son expérience et ses réussites. C’est un espace privé et
son propriétaire a le contrôle complet sur son accès (qui y accède,
comment et quand ?). Le contenu des e-portfolios et les services
associés (liens aux divers référentiels de compétences, à des
entreprises, à des services d’organismes publics privés, etc.)
peuvent être partagés avec d’autres pour : accompagner les
validations des acquis de l’expérience ; compléter ou remplacer
des examens ; réfléchir sur son apprentissage ou sa carrière ;
accompagner le développement de la formation professionnelle
continue, planifier l’apprentissage ou la recherche d’un travail.
En outre, « La démarche doit être accompagnée, pour que
l’individu s’approprie une méthodologie de l’analyse et de la
valorisation des expériences et arrive progressivement à
l’autonomie. Le PEC est donc intégré aux formations, en
commençant par les Unités d’Enseignement « Projet Personnel
et Professionnel », « Stage », « Communication ».
L’accompagnement est confié à des équipes ressources formées
associant SCUIO, BAIP, services de Formation Continue,
enseignants des composantes et intervenants extérieurs
partenaires des universités ». (Faudé & Loumé, op. cit.).
À nouveau cette approche accompagnée se situe clairement
dans le cadre des attendus Européens liés à la sécurisation des
parcours. Les e-portfolios sont en effet un moyen de sécuriser le
parcours au-delà du système éducatif et pour l’ensemble de la
21

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