Le loup

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Le froid. La neige. De vastes étendues. Un loup qui cherche une meute. Parviendra-t-il à trouver ce qu’il cherche malgré les embûches semées sur son chemin ? La technique de la gravure permet à l’imaginaire de voyager dans des contrées lointaines et contribue à faire vivre une aventure palpitante. Ce livre numérique est le fruit d’un projet interdisciplinaire mené avec une classe de 6e. Cinq groupes ont rédigé 5 nouvelles sur le thème du concours : la liberté. La liberté de chaque groupe s’est jouée en cours de français sur la rédaction du texte, le choix de l’histoire et des personnages. Ils ont également rédigé leur quatrième de couverture relatant l’histoire et le rendu et choisi quelques passages à mettre en exergue. La liberté a également été mise en œuvre dans le choix des techniques de réalisation des visuels en cours d’arts plastiques (ici, la gravure). Enfin, les élèves ont été libres de choisir la police d’écriture du titre de leur nouvelle et la disposition des visuels dans le livre avec les professeurs-documentalistes. La classe a décidé à l’unanimité de choisir la licence Creative Commons BY-SC-ND pour les 5 nouvelles numériques réalisées par les différents groupes d’écriture. Il est apparu important aux élèves que les utilisateurs sachent qui étaient les auteurs et qu’il faille les citer en tant que créateurs. Les élèves n’ont pas souhaité que des marques éventuelles fassent un bénéfice avec leurs créations. Ils ont trouvé aussi intéressant de pouvoir partager leurs œuvres sur Internet pour que des lecteurs puissent découvrir les histoires écrites. Les élèves ne veulent pas qu’on modifie leurs textes et qu’il y ait plagiat ou appropriation. Les élèves veulent pouvoir reconnaitre leurs textes et qu’ils ne soient pas dénaturés. L’œuvre originale doit rester originale. Groupe « Black Wolf », classe de 6e5
Publié le : lundi 1 février 2016
Lecture(s) : 144
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, pas de modification
Nombre de pages : 14
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Mathy C. Enora L. G. Asma M.
Le loup
 Collège Jean VilarLa Courneuve
Nombre total de mots : 1290
 2016, Licence: BYNCND
Je ŵaƌĐhe daŶs la Ŷeige. J’ai fƌoid. Et faiŵ. Tout à Đoup, uŶe odeuƌ… UŶ Đadavƌe! Je cours eŶ diƌeĐtioŶ de Đette odeuƌ… ŵais la pƌoie est déjà prise par deux lynx. Je rebrousse chemin puis ŵ’alloŶge daŶs uŶ ďuissoŶ.
MoŶ espƌit vagaďoŶde…
Je goutte une fois de plus au lait de ma mère. Doux et velouté. Je sens sa fourrure contre moi. Tout dans le noir.
Dans les buissons, je cherche en vain cette chaleur. Seul un vent glacial ébouriffe mes poils. Il est temps pour moi de repartir. Je me remets en marche. Au bout de quelques minutes, j’aƌƌive au ďoƌd d’uŶe falaise au soŵŵet de la montagne. Les sapins blancs et verts dominent le paysage enneigé. En bas, tout en bas, il y a un village d’hoŵŵes.
3
Un souvenir affleure à nouveau à mon esprit.
Pan ! Pan ! Des coups de feu retentissent.
«N’aie pas peuƌ,me dit Aile de Brume, ma nourrice ! Ce ne sont que des humains au loin. Ne t’appƌoche jaŵais d’eux! Leurs armes cracheuses de feu ont déjà tué plusieurs des nôtres! Jaŵais, tu Ŷ’eŶteŶds, jaŵais! » La boule de poils que je suis se blottit contre la nourrice. Jamais! Jaŵais je Ŷe ŵ’appƌocheƌais d’eux !
Je continue ma marche vers mon avenir. Mais quel avenir? Celui d’uŶ alpha, d’uŶ oŵĠga, ou d’uŶ solitaiƌe? Ou aloƌs, auĐuŶ aveŶiƌ… Mes LJeudž se feƌŵeŶt. Je sais Ƌue Đ’est pouƌ la deƌŶiğƌe fois. Je seŶs le fƌoid ŵ’eŶvahiƌ. J’essaie en vain de me relever.
4
QuaŶd j’aƌƌive à eŶtƌe-ouvrir les yeux, une louve blanche se tient devant moi. Elle a un lapin dans la gueule. Elle a des yeux noisette profonds. Je chancelle sur mes pattes.
- Qui es-tu ? parvins-je à articuler.
-Je ŵe Ŷoŵŵe Neige et je t’ai tƌouvé perdu et pƌesƋue ŵoƌt de fƌoid. J’ai ƌĠussi à te tƌaîŶeƌ jusƋu’à Đette gƌotte. Et toi, Ƌui es-tu ?
- Tout comme toi, je suppose, un loup qui cherche une meute.
-Reste aveĐ ŵoi, je t’eŶ pƌie. Seuls, Ŷous Ŷe survivrons pas longtemps.
5
- Tu as raison. Sans toi, je serai déjà mort et dans ƋuelƋues jouƌs, je pouƌƌai t’aideƌ à Đhasseƌ. RestoŶs eŶseŵďle jusƋu’à Đe Ƌue l’uŶ de Ŷous se trouve une meute.
***
J’ai uŶ lapiŶ daŶs la gueule Ƌue je ƌaŵğŶe dans la grotte pour le partager avec Neige. TieŶs, elle Ŷ’est pas là, elle a dû aller chercher quelque chose à chasser pendant mon absence. SoudaiŶ, j’apeƌçois uŶe luŵiğƌe, ƋuelƋue Đhose qui brille.
Une voix intérieure me dit de rester ici. Cette même voix intérieure qui, quelques mois plus tôt ŵ’avait iŶĐitĠ à la pƌudeŶĐe…
U OUUU A !!!!
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Ce cƌi soŶoƌe avait aloƌs déchiƌé l’aiƌ. Ma Ŷouƌƌice s’était seƌƌée coŶtƌe le louvaƌt Ƌue j’étais. UŶe laƌŵe lui avait aloƌs échappé. C’était un loup qui avait été attrapé par les humains et qui hurlait de désespoir.
Mes crocs se serƌeŶt à l’ĠvoĐatioŶ de Đe souveŶiƌ. Mais la ĐuƌiositĠ l’eŵpoƌte. Je ŵe ŵets eŶ ƌoute veƌs la luŵiğƌe. C’est uŶ feu Ƌui crépite.
Soudain, des hommes sortent de leurs abris avec leurs bâtons de feu ! Ils lancent un filet daŶs ŵa diƌeĐtioŶ Ƌue j’esƋuive puisun deudžiğŵe. EŶ essaLJaŶt de l’Ġviteƌ, je toŵďe à uŶ ŵğtƌe d’uŶ hoŵŵe Ƌui ŵe dĠĐoĐhe uŶ puissaŶt coup de poing dans la mâchoire. Un filet de sang gicle! Sous l’effet de la suƌpƌise, je Ŷ’aƌƌive pas à éviter un nouveau filet. Je sens un choc sur mon crâne.
7
Et puis, Đ’est le Ŷoiƌ.
Seulement le noir.
Je repense à mon père et à son épaisse fourrure noire qui volait dans le vent. Il nous exhortait à la prudence en cette période trouble et dangereuse.
Aujouƌd’hui, Đ’est ŵoi Ƌui ai ŵaŶƋuĠ de prudence. Je suis désoƌŵais eŶfeƌŵĠ iĐi. Je Ŷ’ai rien à manger, ni à boire. Ma seule compagne est la solitude.
Je finis par déceler une odeur familière : celle de Neige !J’ai à peiŶe le teŵps de ƌĠaliseƌ Ƌue Đ’est ďieŶ elle Ƌue j’apeƌçois daŶs la pĠŶoŵďƌe les silhouettes d’iŵmenses loups qui rôdent autour du campement des hommes. Je distingue leurs yeux brillants et je perçois leurs ŵouveŵeŶts souples. SaŶs Ƌue les huŵaiŶs s’eŶ8
apeƌçoiveŶt, le Đaŵp est eŶĐeƌĐlĠ et l’attaƋue est fulgurante. Je comprends immédiatement ce Ƌui s’est passĠ: durant mon absence, Neige a trouvé une meute à laquelle se rallier et elle est maintenant venue me délivrer avec ses nouveaux compagnons !
Je ŵe ƌeŶds Đoŵpte de la ĐhaŶĐe Ƌue j’ai de l’avoiƌ Đoŵŵe aŵie.
Les loups sont plus nombreux et grâce à
9
l’effet de suƌpƌise, deudž des tƌois hoŵŵes soŶt ƌapideŵeŶt ŵis hoƌs d’Ġtat de Ŷuiƌe. Les loups ont sauté hors de la forêt et ont bondi directement à la gorge des humains qui étaient ƌĠuŶis aupƌğs du feu. Ils Ŷ’oŶt ŵġŵe pas eu le temps de réaliser ce qui leur arrivait. Le tƌoisiğŵe, Ƌui Ġtait à l’iŶtĠƌieuƌ de la teŶte, a entendu du bruit. Il sort avec son bâton de feu et commence à tirer sur les loups. Les tirs résonnent dans la nuit glaciale. Les loups ƌeĐuleŶt, teŶteŶt d’Ġviteƌ les ďalles. Ils dĠƌapeŶt sur le sol gelé. Neige, pleine de courage essaie de saisiƌ l’hoŵŵe à la ŵaŶĐhe de ses ŵâĐhoiƌes puissantes pour faire tomber son arme, mais l’hoŵŵe devaŶĐe ses iŶteŶtioŶs et il tiƌe.
La ďalle Đœuƌ.
l’atteiŶt
10
pleiŶ
Neige s’ĠĐƌoule suƌ le Đoup. SoŶ saŶg teinte le sol iŵŵaĐulĠ. J’ai le souffle ĐoupĠ. Si seuleŵeŶt j’Ġtais hoƌs de Đette pƌisoŶ…
Les loups se regroupent et se préparent à une nouvelle attaque. Tous veulent venger Neige. L’hoŵŵe a Đoŵpƌis Ƌu’il Ŷ’aƌƌiveƌait à ƌieŶ, seul contre la meute. Il tente de fuir, bientôt rattrapé par les loups en furie.
J’eŶteŶds des gƌogŶeŵeŶts pƌğs de ŵoi et des ƌaĐleŵeŶts suƌ le sol. C’est uŶ gƌoupe de jeunes loups qui essaie de me faire sortir de ma cage. À force de pousser, ronger, bousculer les barreaux de bois, ils finissent par céder.
Je suis libre.  Mais cette liberté a un goût amer.
J’auƌais voulu la paƌtageƌ aveĐ Neige… Je ŵ’appƌoĐhe d’elle, je la pousse de ŵoŶ ŵuseau 11
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