L'inconnu sur la toile

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A tout juste 30 ans, Gabriela est une brillante avocate qui croyait avoir tout pour être heureuse. Même l'amour, qu'elle ne cherchait plus. Emportée par ses sentiments, elle est sourde aux mises en garde de son entourage sur cet amour, virtuel. Ainsi, c'est tout son univers qui bascule le jour où se dévoile la véritable identité de ce mystérieux inconnu du Net. Gabriela réalise, avec horreur, qu'elle a chatté pendant près d'un an avec l'un des terroristes les plus recherchés au monde.
Publié le : mardi 2 décembre 2014
Lecture(s) : 24
EAN13 : 9782336364292
Nombre de pages : 156
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Mariette Blanche EkoumeL’INCONNU SUR LA TOILE
ou Rencontre avec Khaled M.
Belle, jeune, à tout juste 30 ans, Gabriela est une brillante avocate
qui croyait avoir tout pour être heureuse. Même l’amour, qu’elle
ne cherchait plus. Le seul problème est que cet amour était virtuel. L’INCONNU SUR LA TOILE
Emportée par ses sentiments, elle est sourde aux mises en garde
récurrentes de sa meilleure amie Samantha, aux avances des autres ou
prétendants, et, surtout, aux conseils de son pasteur.
Ainsi, c’est tout son univers qui bascule le jour où se dévoile Rencontre avec Khaled M.
l’identité de ce mystérieux inconnu du Net. Avec horreur et
épouvante, elle réalise alors qu’elle a chatté pendant près d’un an
avec l’un des terroristes les plus recherchés au monde.
Entre intrigue et mélodrame, L’inconnu sur la toile, à travers le
récit de l’une de ces rencontres les plus inespérées, voire redoutées,
revisite l’univers cybernétique pour en relever les enjeux et les dés,
les incertitudes et les mystères, dans une société prisonnière de
l’évolution et de la modernité.
Mariette Blanche EKOUME est née il y a 32 ans
à Douala. Titulaire d’une maîtrise en droit obtenue
à l’Université de Dschang, elle est aujourd’hui élève
à l’École nationale d’administration et de magistrature
du Cameroun (ENAM). Passionnée de lecture et
d’écriture, mais encore plus soucieuse de prémunir les
inconditionnels de la toile contre les dangers du Net, l’auteur souhaite
interpeller la conscience collective, pour un meilleur encadrement de
l’outil cybernétique et une protection renforcée des usagers contre des
menaces issues d’un monde globalisé.
Préface de Linus Toussaint Mendjana
ISBN : 978-2-343-04354-8
Lettres camerounaises
15,50 €
f
L’INCONNU SUR LA TOILE
Mariette Blanche Ekoume
ou Rencontre avec Khaled M.





L’inconnu sur la toile
ou Rencontre avec Khaled M.


Lettres camerounaises
Collection dirigée par Gérard-Marie Messina


La collection Lettres camerounaises présente l’avantage du
positionnement international d’une parole autochtone
camerounaise miraculeusement entendue de tous, par le moyen
d’un dialogue dynamique entre la culture regardante – celle du
Nord – et la culture regardée – celle du Sud, qui devient de plus en
plus regardante.
Pour une meilleure perception et une gestion plus efficace des
richesses culturelles du terroir véhiculées dans un rendu littéraire
propre, la collection Lettres camerounaises s’intéresse
particulièrement à tout ce qui relève des œuvres de l’esprit en
matière de littérature. Il s’agit de la fiction littéraire dans ses
multiples formes : poésie, roman, théâtre, nouvelles, etc. Parce que
la littérature se veut le reflet de l’identité des peuples, elle alimente
la conception de la vision stratégique.


Déjà parus

Gérard ESSOMBA MANY, Le zouave de Raspoutine. La faillite
d’une élite, 2014.
MARGO, Cette femme-là…, 2014.
Eli MEMVOUTA, Blues au village, 2014.
André Léonard TIAGNI, Une apparition surnaturelle, 2014.
Christian TIAKO, L’albinos, 2014.
Tekam TAGNE, Intrigues de couloir dans le marché du bâtiment,
2014.
Béatrice AMMERA MENDO, La vie se moque d’être aigre-douce,
2014.
Gabiel TAGNE, Cellule, 2014.
OPIC SAINT CAMILLE, Un cœur n’aime qu’une seule fois, 2014.
Rabiatou NJOYA, Les cloches du prédateur. Œuvres variées,
2014.
Emmanuel NDJERE, Une vie austère ou une galère ? Entre
tradition et modernité en Afrique, 2014.
Mariette Blanche Ekoume



L’inconnu sur la toile
ou Rencontre avec Khaled M.









Préface de Linus Toussaint Mendjana











































© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04354-8
EAN : 9782343043548
PRÉFACE
« L’inconnu sur la toile », roman d’une actualité brûlante, est
le récit de l’une de ces rencontres improbables qu’internet rend
possibles. Il suffit d’un simple clic, pour qu’une existence soit
transformée, bouleversée. Pour qu’une vie soit détruite.
L’avènement des technologies de l’information et de la
communication, la vulgarisation de l’internet avec la multiplication
des cybercafés, ont facilité les contacts interpersonnels, la
transmission des informations et des données, au point où
aujourd’hui on parle de village planétaire.
Malheureusement, les hackers se sont emparés de ce précieux
outil de travail pour assouvir leur instinct criminel : la
cybercriminalité est née. Les férus de la toile trouveront dans ce
roman une raison supplémentaire pour redoubler de vigilance et
échapper ainsi aux dangers d’une navigation imprudente.
La conscience collective se sent plus que jamais interpellée à
renforcer la protection des usagers de l’internet sur son côté
perfide, voire sournois. Plus qu’une plateforme de rencontres
enrichissantes et d’échanges, la toile s’est muée en un haut lieu de
perversion et de déviances aussi bien en milieu jeune que chez les
adultes.
La trame de l’histoire mélodramatique relatée dans cet ouvrage
est une réelle motivation pour les États en vue du renforcement de
la coopération et l’intensification de la lutte contre la
cybercriminalité et tous les dangers véhiculés par l’internet.
« L’inconnu sur la toile » est donc une bouteille jetée à la mer.
Il revient donc à chacun de tirer ses propres enseignements.

MENDJANA Linus Toussaint
Directeur Général ENAM









Première partie

L’amour

- C’est bon de vous être confessée Gabriela. Reconnaître son
péché est le premier pas pour obtenir le pardon de la part de notre
Seigneur et la guérison de notre âme. L’impudicité est un péché
très grave. La Bible nous enseigne que, quel qu’autre péché que
nous ayons commis, il est en dehors du corps, mais celui qui
commet l’impudicité pèche contre son propre corps qui est le
temple de Dieu. Nous devons garder nos membres purs tout
comme nos pensées, car étant enfants de Dieu, nous portons par
son Esprit en nous une part de divinité.
« Je suis heureux que vous ayez déjà reconnu que l’acte que
vous avez posé est un acte grave. Mais notre père céleste est
miséricordieux. Nous allons prier pour lui demander pardon.
Élevons la voix pour implorer sa compassion ... ».
Au moment où ils allaient commencer à prier, Gabriela dit :
- J’aimerais vous poser une question pasteur ...
- Je vous écoute ...
- Combien de fois Dieu nous pardonne-t-il ?
- Notre Dieu est compatissant et miséricordieux. Il nous
pardonne tous les jours de notre vie, quand nous le lui demandons.
Il connaît nos faiblesses, car il se souvient que nous ne sommes
que poussière ...
- Me pardonnerait-il même s’il savait que je suis prête à
recommencer, que je n’abandonnerais pas ce péché ? ...
Le pasteur posa sur elle un regard surpris. En trente années de
ministère, c’était la première fois qu’il voyait quelqu’un demander
l’absolution avec la ferme intention de continuer de pécher.
À moins que ce ne fût qu’une question ! ...
- Avez-vous l’intention de commettre de nouveau ce péché
Gabriela ?
- Je n’en sais rien, répondit-elle avec une gêne manifeste, vous
ne pouvez pas comprendre ... Cet homme me rend complètement
folle. Il suffit que je le voie sur mon écran pour perdre tous mes
9repères ... Et même quand je ne le vois pas, je l’aime autant. Il est
si beau ... Je n’ai jamais été aussi amoureuse de toute ma vie. Je
l’ai dans la peau ... Vous vous rendez compte que je ne m’intéresse
plus à aucun homme autour de moi ? ... Bien sûr, ce n’est pas
comme si j’étais une nympho non plus ! D’ailleurs, depuis un an
que j’ai donné ma vie au Seigneur, je n’ai pas connu d’homme.
Même si ma foi y a joué un grand rôle, je crois surtout que c’est
aussi que je suis très prise par mon travail. Parfois, je me dis que si
j’avais plus de temps libre, un petit accident aurait pu vite arriver ...
Bien entendu, ce n’est qu’une hypothèse, nous sommes des
hommes après tout ! C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’ai
pas arrêté un moment de prendre mes précautions ...
« Le problème c’est qu’à ce moment-là, j’étais quand même
sensible à certaines attentions autour de moi. Je vivais ...
Voyezvous, j’ai même parfois accepté quelques invitations à dîner ...
Bien sûr, ce n’est jamais allé plus loin ; c’étaient des types
fascinants, mais rarement prêts pour le mariage et moi, j’avais
décidé de ne plus vivre dans l’adultère ...
« Pourtant, depuis que j’ai connu Ahmed, tout a changé. On
dirait qu’il m’a jeté un voile sur les yeux ... Je suis aveugle à tout.
Je ne pense qu’à lui ...
« Et vous savez ce qui est drôle ? C’est que j’aime ça ... J’aime
cette passion. C’est magique ... ».
Elle se tut. Son regard était brillant. Elle n’avait pas encore vidé
sa coupe, mais ça suffisait pour l’instant ... D’ailleurs était-il
possible qu’elle puisse la vider un jour ?
- Et cet homme ... vous aime-t-il ?
- Il s’appelle Ahmed !
- D’accord, mais vous aime-t-il ?
- Il m’aime, je le sais ...
- Comment pouvez-vous en être sûre puisque vous ne discutez
jamais que sur Internet ?
- Quand vous vivez ce que nous vivons tous les deux, il y a des
choses que vous comprenez sans avoir besoin qu’on vous le dise ...
10
Elle était peu convaincue de ce qu’elle disait, mais c’était là la
vérité qui l’arrangeait. Elle voulait y croire pour ne pas étouffer son
rêve ...
Et maintenant, elle se demandait pourquoi elle était venue le
voir. Que peut-on espérer d’un homme de Dieu, sinon qu’il vous
mette sur la bonne direction ? Comment avait-elle osé penser qu’un
soupçon d’ombre d’hypocrisie aurait pu l’amener à lui donner un
espoir, l’espoir que ce qu’elle faisait n’était pas si horrible que ça ?
Comment avait-elle pu penser que Dieu se parjurerait pour elle ?
- Être amoureux n’est pas un péché, dit le révérend. L’amour est
une des choses les plus nobles que Dieu ait créées ... Cependant,
comme tout ce que le Seigneur a mis à notre disposition, il doit être
vécu selon des règles strictes. Votre relation avec cet homme est
entachée de beaucoup de tares ; outre cette indécence dont vous
m’avez parlé tantôt, vous appartenez en plus à deux religions
diamétralement opposées. Même si vous décidiez de vous marier,
ce serait encore un problème à résoudre. Renoncez à cet amour !
C’est la meilleure chose que vous puissiez faire ...
- Je ne peux pas, je suis désolée ...
Dans son regard brillait une étrange détermination. Le révérend
avait l’habitude de ce genre de fermeté. C’était comme des murs
qu’aucune prière n’était capable de briser. Pourtant, il dit :
- Ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu ! Nous
allons prier le Seigneur ...
Elle se leva. Son tailleur en soie noire moulait avec une fine
décence son corps élancé et généreux. Elle avait les mains qui
tremblaient. Le pasteur la regardait avec un mélange de peine et de
consternation.
- Pardonnez-moi ... balbutia-t-elle, je ne veux pas prier ... Je ne
veux pas que Dieu éteigne cet amour. J’aime cet homme. Si vous le
voyez ! Il est comme un soleil ...
- Vous savez mon enfant, derrière un ange se cache parfois un
incorrigible démon !
- Laissez-moi avec mon démon ...
11 Elle sortit en courant, remplissant l’église du son désespéré de
ses talons aiguille.
Dehors, la nuit était tombée. Le tableau de bord de la Rav 4
marquait 7 heures. Elle fut étonnée de constater qu’elle avait passé
autant de temps avec le révérend, tant de temps qui n’avait servi à
rien ! Et dire qu’elle aurait pu être déjà au Tranquillo en train de
dîner en toute quiétude avec Sam. Probablement devait-elle déjà
commencer à s’impatienter.
Sam n’aimait pas Ahmed non plus. Elle lui en voulait de ne pas
vouloir une histoire plus sérieuse avec Gabriela et reprochait à
cette dernière de nourrir un amour qui de toute évidence n’allait
jamais se concrétiser. C’était vraiment trop bête, trop stupide ...
Dire qu’elle pensait ça alors même qu’elle ne connaissait encore
que la moitié de l’histoire ...

Gabriela arriva au Tranquillo à 19h 30.

- Ce n’est pas trop tôt ! J’ai essayé de t’appeler sur ton portable,
mais tu étais injoignable.
- Je l’ai éteint. Je ne voulais pas être dérangée.
- On dirait que tu as une belle histoire à me raconter ! lança
Sam, le regard déjà gourmand d’écouter la suite.
- Ce n’est pas ce que tu crois. J’étais avec mon pasteur ou
devrais-je plutôt dire, mon ex-pasteur. Je viens de quitter la
synagogue.
- Ça se fête ça ! s’écria Sam très excitée. Ça fait longtemps que
j’attends que tu m’annonces cette nouvelle ...
Samantha n’était pas une athée. Depuis son enfance, elle était
catholique et comme la plupart des religieux traditionalistes, elle
considérait toutes les nouvelles églises comme des sectes. Aussi
avait-elle été sidérée lorsque Gabriela s’était engagée à la
Synagogue de la foi et depuis ce jour, elle n’avait eu de cesse de la
décourager d’y rester.
12
- Ne t’emballe pas trop vite. Je ne suis pas sûre que la cause de
ma désertion te plairait.
- Je m’en fous. L’essentiel c’est que tu sois sortie de cette secte.
Allez, retourne si tu veux à tes évangéliques ou viens simplement
chez moi ! C’est relax. Tu verras, tu y seras plus heureuse. Tu n’as
pas besoin de tous ces tapages nocturnes pour être en accord avec
Dieu ! En plus, tu seras libre de vivre ... Souviens-toi de ce pauvre
Frankie que t’as balancé simplement parce qu’il voulait que vous
appreniez à mieux vous connaître avant tout engagement.
- Je te signale qu’apprendre à mieux se connaître pour Frankie
ne se limitait pas à parler et à sortir ...
- Et alors ? Où a-t-on vu qu’on faisait des omelettes sans casser
les œufs ? Tu sais ce que j’ai fait moi pour avoir mon mari ? Je te
pose la question comme si tu l’ignorais ! D’ailleurs, tu ne tenais
pas ce langage avant ta repentance ... Même si d’un autre côté cela
ne t’a pas empêchée de tomber quand même amoureuse de cet
Amid ...
- Ahmed !
- Amid, Ahmed ... je m’en tape ! Il fait partie de la même clique
que ces frères. J’ignore ce qu’ils t’ont tous mis dans la tête ; mais
grâce à Dieu, tu t’es déjà libérée de quelques-uns. Ça viendra aussi
pour les autres ... En attendant, si on commandait ? J’ai promis à
Martial que notre petite sortie entre filles n’allait pas durer
longtemps. Garçon !
Le serveur s’amena.
- Deux camparis ... Et apportez-nous aussi la carte s’ il vous
plaît !
L’apéritif leur fut vite servi, puis chacune commanda son plat.

Elles avaient coutume de se retrouver ainsi toutes les deux -Sam
loin du train-train routinier de son foyer et Gabriela de l’ennui du
bureau et des prétoires- pour discuter entre filles. Martial s’était
souvent joint à elles, mais la morosité qui s’en était suivie l’avait
vite convaincu qu’elles préféraient de loin tenir pour chasse gardée
13 ces moments privilégiés. Elles avaient besoin d’être seules. Elles se
sentaient alors plus libres de discuter ... Aussi avait-il cessé de les
emmerder.
- Tiens donc, on dirait que la roue tourne vraiment en ta faveur
aujourd’hui ! Il y a un type là-bas au comptoir qui te dévore des
yeux ! Il est vachement craquant en plus ! ... Attention il arrive ...

Bientôt il fut près d’elles ; un homme avoisinant la
cinquantaine, plutôt élégant ... Sam qui avait un background digne
de rivaliser avec les frasques d’une Monroe fit quelques constats
rapides : veste-lie-de-vin, mocassins luisants, montre Louis Vuitton
... C’est sûr, c’était un mec ! Un bon parti pour Gabriela.
- Bonsoir mesdames ...
Samantha leva vers lui un regard fier, puis ayant brandi la
bague à son annulaire, elle dit :
- Vous êtes vraiment trop craquant, mais désolée, je ne suis pas
libre ...
Il pâlit aussitôt, l’air embarrassé.
- Je suis très gêné ... En fait, c’est à votre amie que je voudrais
parler ...
Elle fit semblant de piquer un fard.
- Oui vous avez raison d’être gêné ... excusez-moi !
Elle se leva et alla s’accouder au comptoir, son verre à la main.
- Je suis désolé, je ne voulais pas blesser votre amie ... fit-il en
s’asseyant.
- Rassurez-vous, elle s’en remettra ! ... Et si vous me disiez
plutôt pourquoi vous êtes là ... !
Même si la question semblait brutale, le ton était demeuré
courtois. Le type dégageait une prestance naturelle qui imposait le
respect. Que pouvait-il bien faire dans la vie : homme d’affaires ou
bien député ? ...
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