Le rêve d'une femme hardie

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Ce roman raconte l'histoire incroyable et rocambolesque d'une jeune et belle fille qui s'appelle Nadika. Elle va vivre et étudier dans un orphelinat de N'Djamena, loin de sa famille, qui est restée dans le Tchad profond. Appelée à un destin exceptionnel, l'héroïne affrontera les vicissitudes et la beauté de la vie: son premier amour, ses études en France, son combat pour les droits de la femme et son engagement politique...
Publié le : lundi 2 février 2015
Lecture(s) : 76
EAN13 : 9782336369068
Nombre de pages : 180
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Youssouf TerriLe rêve d’une femme hardie
Ce roman raconte l’histoire incroyable et rocambolesque
d’une jeune et belle flle qui s’appelle Nadika. Elle va vivre Le rêve
et étudier dans un orphelinat de N’Djamena, loin de sa
famille, qui est restée dans le Tchad profond. d’une femme
Appelée à un destin exceptionnel, l’héroïne afrontera
les vicissitudes et la beauté de la vie : son premier amour, hardie
ses études en France, son combat pour les droits de la
femme et son engagement politique…
L’auteur nous embarque dans un récit captivant et hors
du commun.
Né le 22 avril 1991 à N’Djamena (Tchad), Youssouf
Terri a étudié à l’université de Yaoundé-II. Il est
titulaire d’une licence en droit et administration publics.
Le rêve d’une femme hardie est son premier roman.
Illustration de couverture de Moussa Touka Becher,
N’Djamèna, octobre 2014 : une femme tchadienne
actuelle.
18 € Lettres camerounaises
ISBN : 978-2-343-05526-8
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Le rêve d’une femme hardie
Youssouf Terri






Le rêve
d’une femme hardie

Lettres camerounaises
Collection dirigée par Gérard-Marie Messina


La collection Lettres camerounaises présente l’avantage du
positionnement international d’une parole autochtone
camerounaise miraculeusement entendue de tous, par le moyen
d’un dialogue dynamique entre la culture regardante – celle du
Nord – et la culture regardée – celle du Sud, qui devient de plus en
plus regardante.
Pour une meilleure perception et une gestion plus efficace des
richesses culturelles du terroir véhiculées dans un rendu littéraire
propre, la collection Lettres camerounaises s’intéresse
particulièrement à tout ce qui relève des œuvres de l’esprit en
matière de littérature. Il s’agit de la fiction littéraire dans ses
multiples formes : poésie, roman, théâtre, nouvelles, etc. Parce que
la littérature se veut le reflet de l’identité des peuples, elle alimente
la conception de la vision stratégique.


Déjà parus

SHANDA TONME, Tourments de polygamie. Un enfant de sa
mère, 2015.
Séverin Modeste MEBENGA EKOMBA, L’ombre éclairée, 2014.
Rodrigue FOTSO SOP, Au cœur d’un engrenage, 2014.
Daniel KENGNI TIOMO, Un chemin incertain, 2014.
Mariette Blanche EKOUME, L’inconnu sur la toile ou rencontre
avec Khaled M., 2014.
Gérard ESSOMBA MANY, Le zouave de Raspoutine. La faillite
d’une élite, 2014.
MARGO, Cette femme-là…, 2014.
Eli MEMVOUTA, Blues au village, 2014.
André Léonard TIAGNI, Une apparition surnaturelle, 2014.
Christian TIAKO, L’albinos, 2014.
Tekam TAGNE, Intrigues de couloir dans le marché du bâtiment,
2014.

Youssouf Terri



Le rêve
d’une femme hardie






















































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05526-8
EAN : 9782343055268




Je dédie cet ouvrage

à mon père Mahamat Youssouf Terri et
à mon adorable mère Bintou Mahamat Limane,
sans lesquels
ce roman n’aura pas vu le jour ; ni moi.



REMERCIEMENTS
À BRAHIM ROZZI KELLEMI et ALI MAMADOU
KOURTOU, pour leurs conseils et pour m’avoir donné
l’amour même de la littérature ;
À mon cher Oncle ABAKAR IDRISS et mes grands
frères Inspecteur ADAM YOUSSOUF et Directeur
MAHAMAT MALLOUM que je me dois d’exprimer ici
mes sincères remerciements pour leurs soutiens
indéfectibles. Chers aînés, ma reconnaissance est très
grande, mais sachez que, aussi grande qu’elle puisse être,
elle ne sera jamais à la hauteur de votre générosité ;
À ERIC LAMBERT NDJEUKWE, MIRANGAYE
NGUEBAROUM et OUSMAN ABAKAR KORI qui ont
cordialement accepté de faire la relecture ;
À la mémoire de mon feu grand-père MAHAMAT
LIMANE MBALIMI ;
À tous mes frères et sœurs ainsi qu’à la grande famille
Terri ;
À tous mes amis et tous ceux qui m’ont apporté leur
soutien. Je pense particulièrement à : TOUKA BECHER
MOUSSA, ZENABA TIDJANI, HACHIM
BOUBAKARI, ABAKAR TERRI, LIMANE TERRI,
MAHAMAT MAMADOU KOURTOU, OUSMANE
MBO, IBRAHIM MAHAMAT MAMADOU, AHMAT
HAROUN LARY…
PROLOGUE
Un samedi, après une journée de soleil avec de timides
nuages, la grande ville de N’Djamena, si placide et si gaie,
s’ouvrait à l’air tiède du crépuscule où soufflait déjà une
cajoleuse fraîcheur. Sur la grande rue qui mène à la Place
de la Nation, une forte animation y battait son plein. Des
voitures la gravissaient au pas. De hauts bâtiments
jaunâtres, à sept étages et à quatre ou cinq croisées de
façade, s’alignent régulièrement de chaque côté, le long
des deux trottoirs. Des ‘affiches-portraits’ étaient partout
visibles le long de cette grande avenue : sur des pancartes,
sur les poteaux électriques, sur les portes et les murs des
boutiques, restaurants, salons de coiffure... La ville gardait
encore un peu de ses traditions de désordre urbain qu’elle
avait hérité de ses années sombres. Tous les portraits
étaient masculins. Sauf un seul faisait exception, c’était
celui d’une femme d’une extrême beauté, avec un teint
hâve sous un léger maquillage et au sourire enchanté. Une
écriture : « Votez pour Nadika ! » est visible légèrement
par-dessous l’image.
À quelques mètres plus loin, une marée humaine était
cantonnée devant la grande et splendide Place de la
Nation faisant face à une tribune sur laquelle des
personnes pour ainsi dire importantes étaient assises. Mais
une place distincte des autres, de par ses effets décoratifs,
était remarquablement déserte. Peu devant, un énorme
charivari surgit du tohu-bohu d’une masse de
motocyclistes, vêtus de tee-shirts à l’effigie d’une jolie
femme et brandissant des portraits et des écritures
indéchiffrables de loin sur des papiers, qui se dirigèrent
vers ladite place.
Il était quinze heures vingt minutes, de l’autre côté de
la rue, un cortège d’une dizaine de voitures débarquait et
traversait la foule avant de s’arrêter devant la tribune.
Deux portières d’une grosse cylindrée s’ouvrirent, quatre
individus en descendirent avec vélocité, puis deux autres
accrochés aux portières les suivirent ; tous massifs, courts
sur pattes, larges d’épaules comme des lutteurs africains
sur une place publique. Les crânes tellement rasés qu’on
voyait la chair bouger dessus. Ils prirent vite position
avant que l’un d’entre eux ne puisse s’approcher de la
limousine noire et ouvrir la porte arrière. Une très belle
femme de taille fine faisant preuve de souplesse et de
dynamisme en descendit. Ses cheveux noirs lisses et
soyeux, son aspect vestimentaire reflétaient son élégance
et son goût raffiné. Ses grands yeux noirs laqués
contrastaient avec sa peau foncée et inspiraient la
confiance. Ses lèvres rouge cerise découvraient de
magnifiques dents blanches produisant un sourire radieux
et inspirant la politesse, la sympathie et la confiance.
Apparemment, elle était épanouie dans sa veste bleu nuit
ornée d’un léger brandebourg, cintrée et accompagnée
d’une longue jupe de soie. Elle descendit de la limousine
tout en adressant un bonjour en levant la main droite au
public qui criaillait, s’égosillait et s’époumonait pour elle,
brandissant toujours sa photo et scandant son slogan
politique. Elle rejoignit avec dandysme sa place sur la
tribune. Un de ses gardes lui ajusta la chaise pour la rendre
plus convenable. Elle s’assit.
Des cris sortis de milliers de poumons pour célébrer
l’arrivée de la présidente retentissaient. Tout à coup, un
présentateur vint devant les micros, rétablit le calme, salua
le public ainsi que l’arrivée de la présidente de l’Union
pour la démocratie (U.P.D), avant de l’inviter en des
termes aussi bien révérencieux que dithyrambiques : « A
présent, je vous prie d’accueillir avec de très, très, très
10 grands applaudissements, cette femme courageuse, cette
femme talentueuse, cette femme vertueuse, Madame la
présidente Nadika Malli ! » proclama-t-il avant d’ajouter :
« Madame, à vous l’honneur ! » Des vivats résonnèrent de
nouveau. La présidente se leva et se dirigea vers les
micros impatients installés depuis plusieurs heures. En
même temps, de l’autre côté de la rue, sur le bâtiment d’en
face, situé à une centaine de mètres près, un jeune tireur
d’élite, orfèvre en la matière, aux yeux ternes dissimulés
avec des lunettes sombres, les mains gantées de noir et
arborant une de ces moustaches qu’arborent les hommes
peu dignes de confiance. Il est l’archétype des tueurs à
gages qui servent leurs maîtres avec une dévotion quasi
religieuse. Il s’était positionné avec son fusil de sniper,
transporté dans un sac à dos, de type Hécate-II en version
polymère ; calibre 50 BMG, long de 1380mm et d’une
portée efficace de 1800m. Équipé d’une lunette Scrome
LTE J10 F1 sur montage STANAG et avec une capacité de
chargeur de 7 cartouches, l’énergie cinétique du projectile
est d’environ 14300 joules à la sortie de canon et une
vitesse de balle de 780m/s. C’est un fusil très efficace de
fabrication française provenant de la Firme PGM
Précision.
Sur la place, le moment tant attendu arriva, Nadika,
déjà face aux micros, attendait impatiemment, avec un
large sourire, que la foule ait fini de clamer pour qu’elle
amorce son discours.
Quand la foule se calma, Mme Malli ébaucha son
discours :
« Chers amis, chers camarades,
« Je suis très enchantée de me joindre à vous en cette
soirée marquant la phase décisive de notre campagne
présidentielle pour vous souhaiter la bienvenue à vous
tous.
11 « Chers militantes et militants de l’Union Pour la
Démocratie, aujourd’hui est un grand jour qui a réuni les
grands électeurs, pour élire, de la même façon, une
grande présidente à la tête de ce grand et beau pays
qu’est le Tchad.
« Vous voilà dans une ambiance sans égale sur la place
de la Nation, vous avez dû abandonner vos
préoccupations respectives pour venir donner du souffle à
l’U.P.D et la porter, le moment venu, à la tête de ce pays.
Je vous suis amplement reconnaissante. Le parti vous l’est
également. Je vous dis une fois de plus merci et encore
merci ! (une salve d’acclamations de la foule…).
Le jeune tireur pointa son fusil, entre-temps,
directement sur le public. Puis d’un geste très minutieux et
professionnel, d’un seul œil il jeta un regard dans la
jumelle de son arme, esquissa un sourire, l’index sur la
gâchette, et aperçut sa cible. Il bougea
précautionneusement, le redoutable sniper, et mit le viseur
au centre du cœur de sa cible.
Hadjira se sentant coupable et éprouvant encore un brin
d’affection pour son amie, essaya de nouveau de joindre
l’appareil de Nadika, pour l’informer du coup que le R.P.S
envisageait de faire, malheureusement l’appareil était une
fois de plus éteint.
Le discours continua cependant :
« Chers camarades, ce n’est pas du tout une sinécure
que de diriger un pays comme le nôtre, mais je vous
assure que si vous m’accordez vos voix et que j’accède à
la présidence, je sacrifierai tout mon temps et tout mon
être, pour être la femme apte à conduire notre pays à un
développement meilleur. Il y a lieu de rappeler que notre
pays a eu une histoire douloureuse depuis le milieu des
années 1970 ; cette histoire est faite de guerres, tueries,
12 pleurs, morts… par suite de quoi, nous avons accusé
plusieurs retards dans tous les domaines que certains
doutent même d’une possibilité de se rattraper.
« Chers frères et sœurs, tout ce qui a été fait dans ce
pays depuis 1960 à nos jours n’est qu’amateurisme. On ne
peut pas sortir un pays de la pauvreté, de la misère, et
amorcer un développement en faisant des investissements
sauvages ; c’est-à-dire sans tenir compte de besoin du
peuple, sans jeter un œil sur les chiffres.
« Voici ce que nous avons inscrit dans notre plan du
développement, chers militantes et militants :
Nous avons, de prime abord, un grand chantier, le plus
grand de tous, celui de l’éducation. Comme veulent la
logique et les calculs des économistes, il faut commencer
par le commencement. Nous avons en programme de
mettre le Tchad dans le rang des pays qui rivalisent avec
les autres par le nombre de gens formés et d’avoir l’une
des meilleures qualités de formation en Afrique. Le
programme de notre parti vise à investir deux cents
milliards entre cinq et sept ans dans l’éducation primaire,
car faut-il toujours commencer le mur de l’éducation par
sa fondation. Par la suite, nous allons accompagner aux
collèges et lycées ces enfants sortis désormais de l’un des
meilleurs systèmes éducatifs d’Afrique. Ils auront
également tous les matériels didactiques à leur
disposition, les revenus du pétrole vont financer ce grand
chantier du cerveau. Des milliards seront également mis à
la disposition de l’éducation secondaire. Et nous
penserons aussi à panser les plaies dégénérescentes de
notre enseignement supérieur, de nos universités. Car
nous avons à faire du Tchad le plus grand pôle de
recherche en Afrique. Construire des universités ne suffit
pas comme on voit aujourd’hui, il faut alimenter ces
universités, les financer, les sortir de cette sombre
13 situation actuelle. Éduquer nos enfants, c’est développer
le Tchad, le sortir de l’obscurantisme. Nous visons loin, et
notre premier objectif est l’éducation.
« Aussi, allons-nous faire une réforme au niveau de la
santé publique. Nous accorderons des bourses d’études
aux étudiants en médecine chaque année. Sur ce, notre
objectif serait de faire en sorte d’avoir un nombre
considérable de médecins pour un minimum raisonnable
de personnes.
« La réforme agraire sera également inscrite dans nos
priorités.
« L’accent sera aussi mis sur le secteur d’élevage et
mêmement sur celui de la pêche.
« L’émancipation de la femme et les violences faites
contre cette dernière seront de même au cœur de nos
combats. Avec un courage comme celui de la petite
Malala Yousafzaï et avec une intrépidité comme celle de
Aung San Su Kyi, nous allons risquer nos vies, s’il le faut,
pour que désormais la gent féminine ne souffre plus
jamais de la misogynie, du machisme et des toutes les
autres formes d’injustice sociale.
« Écoutez-moi mes chers compatriotes, nos adversaires
sont en train de vouloir, vaille que vaille, détourner la
conscience de notre jeunesse fragile en lui inculquant la
fallacieuse idée selon laquelle une femme ne peut pas
diriger ce pays. Laissez-moi vous dire, chers camarades,
que ces apprentis politiciens, ces politiques en herbe, ces
politicards intrigants se méprennent largement. Car il y a
ici en Afrique, des femmes qui bravent les tempêtes, des
femmes qui affrontent des géants, des femmes baobabs. Il
y a des femmes qui exercent des métiers nobles et des
femmes nobélisées pour leurs métiers. Nous avons des
femmes philosophes à l’instar de la Sénégalaise Aminata
14 Diaw et de la Camerounaise Thérèse Belle Wangue ; l’une
est spécialiste de Rousseau et de philosophie politique et
l’autre, spécialiste de Spinoza et professeure titulaire. Il y
a des femmes grandes cinéastes dont Safi Faye du
Sénégal, Aissatou Amadou du Niger, Gyasiwa Ansah du
Ghana, Zanele Mthembu d’Afrique du Sud, Assia Djebar
d’Algérie et tant d’autres. Aussi dans les nouveaux
paramètres d’engagement dans la littérature africaine, il y
a également des femmes qui font partie intégrante de cette
démarche, que ce soit sous forme d’essais, ou dans leurs
écritures poétiques, à travers les romans, les nouvelles…
Notons enfin la présence d’une femme présidente ici en
Afrique, plus précisément au Liberia (Ellen Johnson
Sirleaf) et bientôt une deuxième femme présidente ici au
Tchad grâce à votre soutien, bien entendu (une tempête
d’applaudissements suivie des éclats de rire…).
« Nonobstant toutes ces grandes figures féminines, la
femme continue toujours à être considérée, par certains,
comme un être inférieur, une esclave, un objet sexuel ou
encore une machine à accoucher ; mais dorénavant nous
ne pouvons garder un silence coupable et tolérer
l’inadmissible qui se déroule sous nos yeux.
« Chers camarades militantes et militants de l’U.P.D
nous allons, nous tous ensemble…. ».

Avant qu’elle eût fini son discours, Nadika s’écroula et
défaillit devant les micros, sous une balle venue de nulle
part. Panique totale ! Les gardes du corps l’entourèrent à
la vitesse de l’éclair. La foule troublée, ne sachant où aller,
se dissémina et se lança dans une grande cavalcade. Le
corps gisant par terre et ensanglanté de la présidente fut
encerclé par une poignée de gardes du corps irrités.
Sur-lechamp, les téléphones appelèrent l’ambulance, les
talkieswalkies annoncèrent la nouvelle exécrable à la police.... Le
15 jeune tireur s’est débarqué, cependant, à bord d’une 4×4
sombre et s’est échappé en toute hâte. Le maelström était à
son comble. Mme la présidente, inconsciente, la poitrine
saignante, suffoqua longuement pendant qu’une personne,
penchée sur elle, lui administrait le massage cardiaque, le
bouche-à-bouche, le temps que l’ambulance vînt la porter.
Peu de temps après, l’ambulance et la police vinrent avec
les bruits de leurs sirènes - la Police intervient toujours
après la scène de crime, on ne la voit pas quand on en a
besoin, mais elle pullule les rues lorsqu’on n’en veut plus.
Nadika suffoqua de nouveau et le sang continua à couler.
Elle était sous l’effet d’un hallucinogène strident. Sans
ouvrir les yeux, elle eut des perceptions d’images mentales
chargées d’émotions agréables de sa vie d’enfance et
celles, tantôt juste horripilantes, tantôt très affligeantes,
parfois victorieuses, etc., du reste de sa vie. Car la
mémoire est une force mouvante, mobile ; elle bouge, elle
se déplace, en quelques secondes, Nadika avait fait le tour
de son vivant passé…

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PREMIÈRE PARTIE

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