LE BEAU MARIN

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Michel Bellin LE BEAU MARIN Nouvelle homoérotique© Le Beau Marin a presse a récemment révélé que le porte-avionsCharles-de-Gaulles’apprêtait à monter en L ligne contre Daech. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle mais ces préparatifs à Toulon m’ont rappelé une de mes plus belles rencontres avec l’armée de mer – contact paradoxalement le plus charnel et le plus pur – qui s’est passée il y aura bientôt un quart de siècle. D’abord une confidence. J’ai toujours chéri les marins. De tous les corps d’armée, c’est la marine que je préfère. Et que je vénère. Mes héros ont varié bien sûr, au gré de mon âge et de mes fantasmes. D’abord l’intrépide Surcouf, puis Corentin le débrouillard suivi du lieutenant Fletcher, chef des mutins du Bounty, et enfin le gracieux et christique Billy Budd… Et aussi Brad Davis dans “Querelle”, bien des années plus tard, surtout dans la séquence où il se masturbe rêveusement sous le regard de Madame Lysiane lourd de fard et de mépris. (Souviens-toi, c’était Jeanne Moreau qui tenait ce rôle dans le dernier film de Fassbinder.) Août 1990. En fait, plus que la date, ce dont je me souviens aujourd’hui c’est d’une stupéfiante suite de coïncidences tant littéraires que sensuelles. La guerre du Golf venait de débuter, plus exactement l’opération “Tempête du désert ”. La France avait fini par adhérer à « la logique de guerre ».
Publié le : mardi 17 mars 2015
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Michel Bellin LE BEAU MARIN
Nouvelle homoérotique©
Le Beau Marin a presse a récemment révélé que le porte-avionsCharles-de-Gaulles’apprêtait à monter en Lligne contre Daech. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle mais ces préparatifs à Toulon m’ont rappelé une de mes plus belles rencontres avec l’armée de mer – contact paradoxalement le plus charnel et le plus pur – qui s’est passée il y aura bientôt un quart de siècle. D’abord une confidence. J’ai toujours chéri les marins. De tous les corps d’armée, c’est la marine que je préfère. Et que je vénère. Mes héros ont varié bien sûr, au gré de mon âge et de mes fantasmes. D’abord l’intrépide Surcouf, puis Corentin le débrouillard suivi du lieutenant Fletcher, chef des mutins du Bounty, et enfin le gracieux et christique Billy Budd… Et aussi Brad Davis dans “Querelle”, bien des années plus tard, surtout dans la séquence où il se masturbe rêveusement sous le regard de Madame Lysiane lourd de fard et de mépris. (Souviens-toi, c’était Jeanne Moreau qui tenait ce rôle dans le dernier film de Fassbinder.) Août 1990. En fait, plus que la date, ce dont je me souviens aujourd’hui c’est d’une stupéfiante suite de coïncidences tant littéraires que sensuelles. La guerre du Golf venait de débuter, plus exactement l’opération “Tempête du désert ”. La France avait fini par adhérer à « la logique de guerre ». On ne savait pas grand chose mais nos troupes étaient sur le qui-vive tandis que TF1 rôdait son grand Magic Circus médiatique. À vrai dire, tout ce brouhaha international ne me préoccupait guère. J’étais surmené, déprimé même et j’avais décidé de prendre quelques jours de vacances à La Rochelle. Certes, ce n’était pas la bonne période mais avais-je le choix ? Tout plutôt que me morfondre à Paris, à y dépérir d’ennui en me bourrant d’antidépresseurs. J’étais donc fermement décidé à m’abêtir, à me noyer dans la crétinerie aoûtienne, sans même une seule arrière-pensée torride, je le jure. Juste cette obsession : que le soleil me calcine, que l’océan me sale, que le sable me masse et qu’on me foute la paix.  À peine arrivé en Aunis, je dus déchanter : si la mer comme à l’accoutumée était un ravissement pour l’œil, avec son ballet incessant de voiles sur l’onde irisée, les joies du farniente ensablé étaient compromises. Car la plage rochelaise est trop textile pour moi et trop pépère, ou plutôt mémère : de grasses otaries y étalent sans vergogne leur gélatine
tremblotante tandis que des gosses espiègles m’éclaboussaient de sable et de criailleries. Si encore, malgré mon inappétence du moment, j’avais pu me consoler avec la vision béatifique de jeunes étalons minces et bien membrés sous leur triangle de lycra. Hélas, pas le moindre petit morceau de bite ou de vermisseau… Je dus crier famine ailleurs et partir explorer un rivage plus hospitalier. C’est à quelques kilomètres au sud de la ville, près d’Angoulins-sur-mer que je dénichai mon éden : une petite crique tout à fait improbable près de la pointe du Chay. Des pancartes annonçaient que l’accès à la falaise était dangereux mais j’avais passé outre et mon audace fut récompensée. Soudain, au détour du sentier, entre deux blocs de rochers, alors que la mer était à marée haute, j’aperçus dix mètres carrés de sable fin. Une oasis de poche ! Comme si, de toute éternité, la terre et l’océan avaient réservé à votre serviteur ce havre inattendu. C’est là qu’eut lieu le miracle de ma résurrection, un dimanche après-midi, je m’en souviens très bien. Ce jour-là, fuyant la foule, mon livre préféré sous le bras, j’étais venu comme à l’accoutumée dans mon enclave, face au phare du Bout du Monde. Lorsque je débouchai du sentier, quelle ne fut pas ma surprise : un drap de bain y était déjà posé. Non loin du rivage, un point noir avançait dans la mer : la tête de l’intrus(e). Sur le coup, je fus contrarié et faillis rebrousser chemin. Je descendis néanmoins vers ma plage privée et fus dans l’obligation, vu l’exiguïté des lieux, d’étendre mon drap de bain tout à côté de la serviette encore inhabitée. Je gardai provisoirement mon maillot (vieil atavisme de pudeur sociale) et, assis en tailleur, je me mis à suivre les évolutions indolentes du nageur. Car c’était sûrement un garçon, à en juger par le sac de toile rêche qui contenait ses maigres effets et surtout une paire d’espadrilles de pointure conséquente. Je n’eus pas à attendre très longtemps. Embusqué derrière mes lunettes de soleil, je contemplais tout à mon aise l’éphèbe qui venait à ma rencontre. Une vingtaine d’années à peine. Corps longiligne, peau mordorée, foulée élastique. Pas un seul cheveu sur le caillou, une belle tête de jeune panchen lama. Un sourire très cordial et des yeux lumineux, d’un bleu intense. Une bonne bouille de boy scout trop vite monté en graine. J’allais oublier la pièce maîtresse : mon bel inconnu portait un slip de bain immaculé, pas un mini slip à la mode en nylon moulant, non, plutôt un slip de coton à l’ancienne à la fois suggestif et pudique, contenant les formes sans les comprimer. L’effet fut saisissant lorsqu’il s’ébroua en secouant sa serviette : d’une cuisse à l’autre, le trop lâche tissu ployait sous le fardeau. Indécente pudeur ! Deux énormes palourdes entre lesquelles se recroquevillait (adorable contraste !), sous l’effet de la fraîcheur de l’onde, un charmant bigorneau. Pour camoufler mon trouble naissant, je préférai prendre les devants et précipiter les présentations.
-Salut ! Ça ne t’ennuie pas que je me mette ici. J’ai l’habitude, j’y viens chaque jour depuis le début du mois. C’est tellement plus calme qu’à La Rochelle… Mais on va être un peu à l’étroit ! -Pas de problème. Je connais bien ce coin moi aussi, je suis souvent basé à Rochefort. Moi, c’est Billy… Je dus lui jeter un regard dubitatif, car il ajouta aussitôt : -Ça t’étonne ? Si, si, je t’assure. Enfin, mon vrai prénom, c’est William, mais tout le monde m’appelle Billy bien sûr. Et même Bébé Billy ! Mon père est de Portsmouth, ma mère de Marseille, ils se sont connus en Amérique et m’ont fabriqué en Bretagne. Pas mal non ? Pour toute réponse, je lui tendis mon livre. Il dut se pencher pour déchiffrer le titre.  - Ça alors ! siffle-t-il entre ses dents.
Puis, comme si la glace était définitivement rompue par la seule grâce de ces trois mots magiques sur la couverture, il me tend sa main vigoureuse. Son nombril, que sa courbette plisse, m’adresse un clin d’œil complice. Si je le voulais, je pourrais illico empoigner son arsenal ! Décidément, les dieux nous sont propices et mon trouble se précise dangereusement. L’archange se redresse alors, part d’un rire retentissant et s’ébroue. Puis il enfle son torse, jambes écartées, face au soleil et sourit béatement. -Waouh ! ! Le bonheur avant l’enfer ! Allez, au boulot !
Billy, d’une chiquenaude, s’est délesté de son caleçon antique. Il me tourne encore le dos, toujours perdu dans son culte solaire. Ses fesses de neige qui contrastent avec le corps hâlé bombent vers moi, puissantes, redondantes. Je suis toujours assis sur ma serviette, le souffle court, les yeux exorbités. Je fais mine à présent de me passionner pour le bouquin que je tiens devant mes yeux d’une main nerveuse. Pas moyen de me concentrer. Mon regard est hypnotisé par ce cul conquérant, les deux môles bombés et, entre les deux, la mystérieuse vallée de l’ombre, l’antichambre d’une raie profonde que frisotte, à la commissure supérieure, une touffe mutine. Putain, qu’il se retourne ! Comme s’il avait entendu ma supplique muette, mon gabier de misaine me fait face à présent
-
Au fait, toi l’intello parigo, ça te gêne pas que je me foute à poil ? C’est l’endroit rêvé, non ?
Sans même attendre ma réponse, il rit à nouveau, puis plonge sur son drap de bain et s’allonge sur le ventre. J’ai à peine eu le temps d’entrevoir le triangle des Bermudes. Les deux dunes ont tressauté, tout le corps s’étale voluptueusement. Je me retrouve côte à côte dans la même posture, reins cambrés, postérieur au soleil. Il me suffirait d’étendre le bras gauche (zut ! ce n’est pas ma bonne main) pour honorer le Saint des Saints.  Mon gisant ne bouge pas, ne dit mot. S’est-il endormi ? Se peut-il qu’il ne soit qu’un touriste lambda, juste soucieux de son bronzage de star et de l’efficacité de son gel Piz Buin ? Mais non, il m’a parlé de sa base à Rochefort. Serait-il un authentique moussaillon ? Peut-être n’est-il pas d’humeur à badiner après tout. Seulement le plaisir du farniente entre deux virées en mer. Ô rage et désespoir ! Et ce maudit bouquin qui me barbe et me raidit la nuque ! C’est à n’y rien comprendre car c’est mon opus préféré – le chef-d’œuvre de Melville – que je m’étais promis de relire en toute sérénité. Et me voilà troublé ! Mais il faut avouer qu’entre la blancheur des pages et la candeur des fesses, la concurrence est déloyale ! Le jeunot dort-il ou
fait-il semblant ? En fait, il attend… il m’attend. Il a fini par tourner la tête de mon côté et me fixe droit dans les yeux. Il a repéré le bouquin qui a valdingué dans le sable. Bébé Billy a un sourire d’ange : il a deviné que son heure est venue et que mon attente, exacerbée par la prose trop savante, est à son comble. Je vais choir dans ses rets. Raminagrobis me surveille du coin de l’œil et ses mirettes étincellent. Et tandis que le minet hypnotise mon regard, il se met à onduler du dos, d’abord imperceptiblement, puis d’une manière flagrante, de plus en plus ensorcelante. Le train-arrière est souple et élastique, les deux miches m’aguichent. Les reins se creusent, les cuisses s’écartent, le postérieur ainsi honoré prend de la hauteur. Mon beau marin me toise toujours, toujours souriant, sans ciller, ses pupilles me vrillent et sa langue à présent erre sur ses lèvres, les explore avec gourmandise. Je ne bouge toujours pas, scotché à ma serviette, seule mon ancre s’arc-boute et prétend faire levier. Ce n’est décidément plus
tenable. À l’assaut, moussaillon ! D’un bond, je suis à la poupe. Le cul de plaisance continue de tanguer et le balcon arrière oscille à hauteur de mes yeux. J’empoigne les palans des cuisses et les écarte d’autorité pour faciliter la manœuvre. Les balustrines pendent lourdement, l’une un peu plus bas, flasques et somnolentes. Le mousse n’a pas encore hissé le mât de misaine. J’étreins, sous le hauban, l’escarcelle pantelante, la tire en arrière et fais rouler dans ma paume les deux balles dociles. Elles ont encore un goût de sel et d’embruns. Je les flaire et les pourlèche. Et tandis que ma dextre et ma bouche les maintiennent de force en ce doux esclavage, ma main gauche
fourrage dans la toison ventrale, moussue, surabondante. Une touffe de lichen ! J’adore empoigner les copeaux soyeux et noyer mes phalanges dans les boucles de jais. Le chaton a miaulé et son rostre à présent quémande un câlin. Ohé matelot ! Il faut dresser ta vergue. J’ahane, je m’impatiente, j’arrime mon désir à sa bitte d’amarrage. De dos, je ne peux apercevoir le gaillard d’avant mais je sens l’aileron de quille, sa raideur, sa chaleur, sa texture conquérante. Ma main gauche a abandonné l’étoupe pour palper la mâture. Je souque ferme tandis que mon écouvillon souhaite enfin mouiller l’ancre. Le rythme s’accélère, ventre contre croupe. À tribord toutes ! Mes mains ont abandonné les bricoles en sautoir pour arpenter le pont-arrière. Je masse la carène et scrute le lamparo : l’œillet violet s’entrouvre sous ma langue, palpite, frissonne, aspire la brise du large. Envie irrésistible d’éplucher illico cette tendre crevette ! Billy a plongé sa main dans son sac de plage et me tend l’épuisette à crème après avoir ouvert l’étui d’un coup de dent précis.Dura lex sed latex, telle était – dit-on – la devise de Surcouf et de ses flibustiers. Paré pour la manœuvre. À l’abordage ! Mon mât à pible vise sa cible. Je souque ferme et baby donne du lest. Nous gémissons, tendrement enlacés. Nos pieds s’amarrent dans le sable chaud tandis que je m’arc-boute de plus en plus sur le puissant galion. Ma vigoureuse étrave pourfend ses reins offerts. Quelle allure ! Quelle régate ! Nous filons au moins à quinze nœuds. Le vent gonfle nos voiles, le roulis nous emporte. Notre grand voyage vient de commencer, au rythme des vents et des courants. Nous cinglons vers l’extase. Et puis, sans crier gare, la tempête menace, un grain survient, plus soudain que prévu. Nous tanguons et virons, pris au dépourvu. Des marins si experts ! Mais le sexe n’est pas toujours une croisière pépère. Alerte orange ! Le mousse a crié, désarçonné il tressaute sous moi. Un puissant jet d’écume inonde sa main, un autre, puis un autre… Purée de ta mer ! Mon plaisir à son tour éclate contre le brisant En beuglant, je débourre l’écosystème et mets mes burnes en cale sèche. Il faut se rendre à l’évidence : notre catamaran vient d’exploser, ses deux coques accouplées se séparent. Chacun se retrouve échoué sur sa serviette, haletant, exténué, vidé mais à bon port. Un grand silence. Juste le clapotis des vagues. Sur le sein de Billy encore haletant, une mousse opaline ; dans ses yeux outremer, des larmes de bonheur… -Désolé, cap’taine. Pas pu freiner… -No problem ! Pas trop difficile, l’accostage ? -Ça va, cap’taine. -À quand la prochaine virée ? Demain ? Même endroit, même heure ? -Demain, j’pourrai pas. J’ suis sur leClemenceau
Je la contemple, ma goélette, mon cadeau de Neptune, mon vaillant combattant, mon mataf de Rochefort. Mon Billy Budd à moi ! Il est si beau avec son chef brillant poudré de sable fin ! Si tendre avec son air canaille de moussaillon pubère ! Plus accueillant qu’un port quand il m’ouvre sa soute ! -Merde ! Mais alors, petit, rien qu’aujourd’hui… Profitons encore d’aujourd’hui ! Nous nous sommes alors élancés vers la mer. Sautant dans les vagues, nageant le crawl, s’agrippant à mon cou, Billy était éblouissant de jeunesse, ruisselant de bonheur. Puis nous avons couru à nouveau vers le rivage, main dans la main. C’était à la fois un peu niais et attendrissant mais on ne s’aperçoit qu’après coup de cette ambivalence, n’est-ce pas ? De nouveau, à même le sable, alternativement et profondément nous nous ancrions l’un dans l’autre, haletants, rieurs, infatigables. Nos baisers avaient le goût du sel et nos corps étaient si polis par le bain prolongé, si flexibles, qu’ils s’emboîtaient à la perfection dans un bruissement de succion à peine perceptible et quasi musical.  Puis le soleil baissa à l’horizon. Il faisait un peu plus frais et l’océan avait pris une teinte verdâtre. Je savais que les heures de Billy étaient comptées. Nous n’avions voulu parler de rien lorsque nous nous aimions, surtout lorsque nous jouions et jouissions dans les vagues mais des mots s’étaient échappés à nos corps défendant… Rochefort… Paris… son appareillage demain… chaque jour mon ennui à Paris … son escale à Djibouti… la routine… « R.A.S. ! », disait-il. Rien à signaler ! Sauf que j’allais me retrouver plus seul que jamais, seul à en crever, plus sûrement que mon p’tit Billy au fin fond du Golfe d’Oman. À un moment, alors que je l’étreignais tendrement, encadrant son visage entre mes mains pour boire goulûment son regard, pour l’imprimer dans ma mémoire, Billy prononça une phrase stupéfiante. Plus exactement, ce ne furent pas ses pauvres mots qui furent stupéfiants, mais la manière dont il les prononça.
-
C’est… t…t… trop… bê… bête. Je… p…p…pars… demain !
Ainsi donc, le croiras-tu lecteur ? Ce pur joyau de la Marine Nationale que je serrais dans mes bras n’avait qu’un seul défaut, exactement le même que dans le livre, et cette similitude éclipsait et anéantissait la différence accessoire entre les épis d’or de l’un et le crâne lisse de l’autre : mon Billy à moi bégayait aussi lorsqu’il était violemment ému ! Qui pourra expliquer cette coïncidence ? Qui osera prétendre que j’ai rêvé ? J’en fus bien sûr bouleversé, presque terrifié, songeant au destin de l’autre Billy dans la grande vergue. Je l’embrassais alors plus violemment, voulant le calmer comme avait tenté de le faire le
capitaine de la frégate britannique, et d’autant plus fort que je sentais qu’il me glissait entre les doigts pour saisir son sac et se rhabiller. Rien de dramatique au demeurant, l’aspirant protestait avec gentillesse, me repoussait en riant. Mais moi, je m’agrippais, j’aurais voulu l’incorporer à moi, le garder, le préserver, sanctifier à jamais cette chair à canon qu’on exilait au loin et, tandis que j’embrassais son crâne encore et encore, mon petit bonze à moi ! – des bisous par dizaines sur le dôme bombé, sonores, multicolores, tous ces papillons offerts qui butinent et s’agglutinent ! – oui, je m’en souviens, tandis que mes lèvres avides exploraient la mappemonde de l’Innocence, je me récitais mentalement l’incantation d’Herman Melville, dans le dernier manuscrit presque illisible qu’il laissa à sa mort en 1891 et qui moisit 28 ans durant dans un coffre : «L’esprit qui habitait Billy et qui regardait par ses yeux célestes comme par des fenêtres, ce quelque chose d’ineffable qui creusait d’une fossette ses joues hâlées, assouplissait ses jointures et dansait dans ses boucles blondes, était ce qui faisait de lui, par excellence, le Beau Marin.»
M i ch el Bel l i n 17 mars 2015
PourYouScribe, Michel Bellin a retravaillé et raccourci “Grains de malice en Aunis”, l’une de ses nouvelles érotiques fétiches. Le lecteur intéressé pourra retrouverle texte intégral ainsique 10 autres nouvellesebook de poche dans un « » (à moins de 3 € !) sur tous les sites d’Amazon où le recueil estpublié sous le titre «Cinquante nuances degays». Présentation page suivante.
Présentation de l'éditeur
Nuances, vous avez dit "Nuances" ? Et cinquante, en plus ! Pure impertinence. Rien à voir avec la fameuse trilogie. Simple rouerie publicitaire assumée autant que moquée. Car si le titre de ce recueil homoérotique est un clin d’œil au fameux autant que surfait best-seller anglo-saxon, ici, nulle brunette en chaleur ni dérives SM au fond d'un cottage. Rien à voir, on vous dit, avec les dessous chic d'Anastasia : ici des mecs, rien que de jeunes mecs bandants et hypercool pour répondre aux invites facétieuses de l’auteur. Oui, dans « Cinquante nuances de Gays », tout n’est qu’acquiescement et connivence, douceur et volupté, liberté et bonne humeur. Et humour ! En témoignent les titres des 11 nouvelles :Black Angel, Ivresse alpine,de malice en Aunis Grains , Sarabande en b-Dur (BWV 69),Charme et splendeur des plantes d’intérieurÀ partir de son concept favori (“ Le sexe ? Une urgence sans raison ! ”), l’écrivain récidiviste s’en donne à corps joie et, se mettant gaillardement en scène, va droit au but : faire jouir et se réjouir son lecteur (pourquoi pas sa lectrice ?!). Mais sans vulgarité ni outrance, uniquement par la cocasserie des situations, la puissance de l’imagination, l’anachronisme et le pastiche, le rythme de la phrase, la musique des mots, la magie de la langue française, bref, l e S t yl e . Tel est le défi de l’écrivain érotomane : faire rimer sextoy avec Tolstoï en réécrivant “ Guerre et Pet ” (Cf. la finale tonitruante de 'Charme et splendeur' !), n’en déplaise aux tâcheron(ne)s du pornochic et à leurs aficionados analphabites. «Une lecture jubilatoire !» (Marc Le Quillec, TETU) «Lecture euphorisante. Avec Bellin, on se prend à croire que nos rêves peuvent sans problème devenir réalité. » (Eric Garnier, PAGAYE INFOS)
«Extrême qualité de la langue, grande maîtrise de la tension érotique (…) L’auteur fait preuve d’une virtuosité dans le verbe qui confine à l’orgasme (…) Michel Bellin réussit à marier avec une grande maestria l’alchimie délicate de la langue littéraire avec un stupre de tout acabit. » (Benoît Migneault, FUGUES, 22 mai 2014)
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