Sténopé

De
Publié par

Un photographe européen au bout du rouleau échoue à Iamé, village malien. Cet homme est malade : quelque chose pousse dans la poitrine. Deux interprétations s'affrontent à ce sujet : celle du village traditionnel africain, pour qui cet homme est porteur de fécondité, et celle de la science occidentale, pour qui un amas de cellules prolifère en son sein. Laurent Contamin offre dans une langue énigmatique une fable simple où se côtoient le village africain et le village mondial, le mythe originel et le clonage ; où se mêlent poétique et politique, charnel et spirituel.
Publié le : samedi 7 février 2015
Lecture(s) : 10
EAN13 : 9782336368665
Nombre de pages : 156
Prix de location à la page : 0,0090€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois

Laurent Contamin
STÉNOPÉ
UNE ANNONCIATION
Un photographe européen au bout du rouleau échoue à
Iamé, un village malien, en plein pays dogon. Cet homme STÉNOPÉ
est malade : quelque chose lui pousse dans la poitrine,
et deux interprétations s’affrontent à ce sujet. Celle du UNE ANNONCIATION
village traditionnel africain, pour qui cet homme est
porteur de fécondité, et celle de la science occidentale,
pour qui un amas de cellules prolifère en son sein. Or, les
deux interprétations sont exactes…
À travers une langue qui offre une part d’énigme
irréductible, Laurent Contamin nous fait entendre une
fable simple où se côtoient le village africain et le village
mondial, le mythe originel et le clonage. Sa pièce mêle
avec bonheur le poétique et le politique, le charnel et
le spirituel, dans une écriture très singulière, qui ose
embrasser largement le monde.
Laurent Contamin écrit pour le théâtre, la radio (prix
Nouveau Talent SACD), le cirque, la marionnette...
Ses pièces tournent sur les scènes d’Europe,
d’Amérique et d’Afrique. Il publie des nouvelles et
de la poésie. Il est également formateur, metteur en
scène et comédien. Il travaille souvent au sein de
structures (Théâtre Jeune Public de Strasbourg, Centre Culturel
Boris Vian des Ulis) ou de villes (Colombes, Pont-Audemer , V alréas)
dans le cadre de résidences d’écriture et d’action artistique.
http://www.laurent-contamin.net
359
ISBN : 978-2-343-05431-5
15,50
Laurent Contamin
STÉNOPÉ


Sténopé


Théâtre des 5 Continents
Collection dirigée par
Robert Poudérou et Fanette Vendeville


Dernières parutions


358 – Cyrille GODEFROY, Tout est foutu, réjouissons-nous, 2014.
357 – Fadi A. AZAR, Le téléphone, 2014.
356 – Olivier DEMIGNÉ, Un diner, rue Göring, 2014.
355 – Lou FERREIRA, Les invités du diable, 2014.
354 – Alexandre NIKOLAÏEVITCH OSTROVSKI, Le mariage de
Balzaminov, 2014.
353 – Pierre-Alexandre BOURGINE, Le repentir des Ménines, 2014.
352 – Pierre TAMINIAUX, La faille, 2014
351 – Michel VIVIER, Le bout du monde, 2014
350 – Jo PAPINI, Nous on vit là, 2014.
349 – Catherine C. LAURENT, Les jours perdus, 2014.
348 – Emmanuel LAMBERT – Bulles de Zinc, Match retour, 2014.
347 – Jean-Paul INISAN, Ecrans et miroirs, 2014.
346 – Claude MILON, Un magicien nommé Mozart. Évocation
dramatique en 33 tableaux, 2014.
345 – Laurence HUARD, Et le jour..., 2014.
344 – Laetitia BOQUI-QUENI, Le grand Malbar, 2014.
343 – François AURORE, Je voudrais mourir en pleurant ,2014.
342 – Henri FABRE, L’héritière ,2014.
341 – Henri FABRE, Le maître et le marteau ,2014.
340 – Florestan VERHAEGEN, Un incroyable bijou ,2014.
339 – Hélène VRIGNAUD-MASUREL, La Pelle de la terre ,2014.
338 – Bernard FAIDUTTI, 39-45… Décisions nucléaires, 2014.
337 – Monique LANCEL, La tentation du capitaine Lacuzon, 2014.
336 – Marie-Aimée LEBRETON, Au fil des jours, 2014.
335 – Richard TSOGANG FOSSI, Le gibier humain, 2014.
334 – Ivan GAVRILOFF, La dernière pilule, 2014.
333 – Bernard MARTIN FARGIER, Bonheur voyage, 2014.
332 – Lou FERREIRA, Pour l’éternité, 2014.
331 – Jean-Luc TABARD, La truite aux amandes, 2014.
330 – Koshi AKOUBIA, Grinini, 2014.
329 – Nicky ATTIKI, Le sculpteur, 2014. Laurent Contamin




Sténopé
Une annonciation
Du même auteur

Etre (ou ne pas être, etc.) – Théâtre, L’Agapante & Cie

Hérodiade – Théâtre, L’Harmattan

Le Rendez-vous de Tulle – Théâtre, Librairie Théâtrale

La petite Odyssée, 1 (avec G. Callies) – Théâtre, Le Cerisier

Sweet Summer Sweat, L’Autre Chemin – Théâtre, Théâtrales

Babel ma belle – Théâtre, L’Agapante & Cie

Partage des Eaux – Poésie, Eclats d’Encre

Un Loup pour l’Homme ? – Théâtre, Art et Comédie

Tobie – Théâtre, Lansman

Les Veilleurs de Jour – Théâtre, Le Bonhomme vert

Une petite Orestie – Théâtre, Lansman

La Cigalière – Théâtre, Le Jardin d’Essai

Carnets extimes – Poésie, Eclats d’Encre

Noces de Papier – Théâtre, Lansman

Dédicace – Théâtre, L’Harmattan

Il est interdit aux Poissons… – Conte, Le Jardin d’Essai

Chambre noire – Théâtre, Lansman

Brèches – Nouvelles, Eclats d’Encre


Liminaire



Les Dogon croient qu’à l’origine du monde, l’harmonie
a été brisée à cause de la brouille de deux frères jumeaux
(Nommo et Yourougou) : dès lors, la mort est arrivée
sur la Terre. La fête du sigui rappelle à la fois cette
origine du monde, de la vie et de la mort. C’est une
cérémonie expiatoire de la part des hommes, dans
l’espoir d’une réconciliation entre le monde humain et le
monde céleste. Le sigui est la fête la plus importante
parmi les fêtes traditionnelles et les rituels dogon. Elle a
lieu tous les soixante ans : pendant cette fête, une langue
secrète est apprise à la caste de la société des hommes.
Une femme, la yassiguiné (« femme du sigui »), est la
seule femme concernée par la fête. Transmis de village
en village, le sigui s’étale sur sept années environ. La
fête proprement dite dure de trois à cinq jours.

Dans la mesure où le sigui commémore la mort du
premier ancêtre (Dyongou Sérou), il ne peut y avoir
d’autres funérailles fêtées en même temps. Les jeunes
initiés font vrombir des rhombes et tinter les clochettes
aux abords du village. Puis on danse avec les masques
(qu’on a fabriqués le mois précédent), on chante, les
hommes revêtent des attributs féminins, on boit, on
mange. Le grand masque est sorti de la chambre des
masques (une caverne dans la falaise) ; il est exposé sur
le lieu de la fête.

7 Le sigui est aussi l’occasion de resserrer des liens entre
les familles, de faire des promesses de mariage, etc. Le
fait que la durée du cycle, d’un sigui à l’autre, soit de
soixante ans, admet plusieurs significations. L’une
d’elles met en relation cette durée avec la période de
révolution d’un satellite de Sirius.

Un lexique avec quelques mots et expressions utilisés
dans la pièce est proposé à la fin de l’ouvrage.


8 Un espace nu où
s’inscrivent les images
nées de la parole



Deux occidentaux, fuyant une société où l’humain
a de moins en moins sa place, se retrouvent face à
face au Mali, dans un village traditionnel. Chez les
Dogon, le monde s’organise autour de l’Homme,
de la dualité qu’il porte en lui, mettant en jeu sa
fécondité et sa capacité de destruction. Dans la
cosmogonie dogon figurent deux jumeaux
originels, dont l’un a mangé l’autre, avant que ce
dernier ne ressuscite et ne donne naissance à toute
la lignée des humains. Les actes des hommes
s’inscrivent dans un cycle temporel. Tous les
soixante ans, le sigui, grande fête du pardon, expie
la faute originelle. La pièce commence à
l’approche du sigui …

La pureté de cette Afrique traditionnelle,
préservée de toute influence extérieure, n’existe
plus que dans l’esprit des touristes. A la recherche
d’une virginité fantasmatique, ils courent les rares
îlots épargnés par leur propre influence. Le
tourisme culturel, à la recherche de l’enfance du
monde et du paradis perdu, bâtit une mythologie
des origines ; la photo ne cadre plus que
l’authentique. La pièce évoque ce fantasme, et son
9 envers, celui d’un tiers monde entièrement acquis
à la cause terroriste, dangereux vivier de pirates et
de rançonneurs de tous poils. Ces deux fantasmes
constituent sa toile de fond, une Afrique
imaginaire rêvée par les Blancs. La forteresse
occidentale reconstruit son ailleurs mythique.

Laurent Contamin invente lui aussi une Afrique.
Mais celle-ci est ouverte : Alou, le fils du hogon du
village (chef spirituel), fait de l’import-export en
Côte d’Ivoire. Son père, gardien des traditions,
reconnaît en l’homme du nord une fécondité
venue de l’extérieur. Iréli est une femme libre,
affranchie. Jean Dianogo, qui pratique la médecine
occidentale, est « fatigué de ce peuple aux pieds
terreux » qu’il essaie de soigner. Bako, le chevrier
qui reçoit l’héritage spirituel, partira faire du flysurf
sur la côte sénégalaise ...

La portion d’humanité rassemblée là est faite de
gens qui, chacun à leur manière, sont des
marginaux. Sténopé concentre l’altérité. L’autre
étant peut-être le meilleur moyen de parler de
nous-mêmes. Or, ce détour par l’autre se retrouve
dans la langue. La pièce fait cohabiter différents
parlers par un jeu sur la convention théâtrale.
Tantôt le français représente du français, tantôt il
représente du toro, nous sommes alors en
présence de l’invention d’une langue
prétendument traduite, chargée pour le spectateur
français d’une poétique étrangère et d’une
étrangeté poétique. Tous les personnages ne se
comprennent pas entre eux. Tantôt la parole sert à
10 communiquer à travers le sens, tantôt elle traverse
ceux qui la disent, à leur insu.

La réception de cette langue place le spectateur
dans une situation très particulière. L’opacité,
toute relative, l’étrangéité de la langue désarçonne,
et nous réveille l’oreille. Elle féconde le français.

L’Afrique est rêvée comme un double utérus
fantasmatique. Matrice du monde et matrice de sa
destruction. Rêvée comme le lieu de la fécondité.
Marthe, « l’ethnographe » assimilée, croit avoir
trouvé en l’Afrique un lieu où l’homme peut vivre
en harmonie avec le cosmos. Tyko Asplund, le
photographe égaré en Afrique, et Bako le chevrier
banni, sont finalement les deux seuls qui ne
prétendent pas avoir trouvé le lieu, ni être dans le
bon terroir. C’est peut être pour cela qu’ils sont
porteurs d’une fécondité, que la fécondation
devient possible.

Jörn Cambreleng











11



Personnages :



Tyko Asplund / Rahat Lek
Bako
Iréli
Alou
Jean Dianogo
Langevin
Marthe Bouillon-Baker
Le hogon









La pièce se déroule sur trois jours.

13


Sténopé a reçu les encouragements du Centre National
du Théâtre et a été nominée au Prix Godot des lycéens
de Basse-Normandie.


Sténopé a été lue en public sous la direction de Jörn
Cambreleng au Théâtre 95 de Cergy (Nouvelles
Ecritures Scéniques), au Centre National du Théâtre, et
au Théâtre de l’Est Parisien (Festival des Ecritures
Croisées).


L’équipe de création était composée de Jacques Vincey,
Frédéric Kontogom, Kwamé N’Goran, Maïmouna
Coulibaly, Paul Minthe, Adama Niane, Frédérique
Ruchaud et Marius Yélolo.


Sténopé a également été créée à France Culture, dans une
réalisation radiophonique de Myron Meerson.
14

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.