Guide de Bruxelles : une occasion unique de mieux connaître la capitale

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Publié le : jeudi 15 mai 2014
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Une occasion UniqUe de mieUx connaître la capitale
4 clichés tenaces: y a-t-il du vrai là-dedans?
D’un quartier à l’autre
Bruxelles est-elle riche?
Apprendre le néerlandais? C’est possible!
Régions? Communautés? Lois linguistiques?
 Bruxelles pour vous  
 ‘Venez découVrir 
  Bruxelles!’ 
101
conseils
culturels!04 12
Bienvenue
à Bruxelles
Bruxelles, c’est aujourd’hui une mosaïque 20 26 32
de communautés et de cultures. Une ville
aux opportunités gigantesques, confrontée à
de grands défs. C’est pourquoi chacun doit
collaborer de manière intensive pour faire de
Bruxelles une ville encore meilleure, plus belle
et plus agréable à vivre.
À Bruxelles, la Flandre opte résolument   Pages intérieures     
pour la coopération et le partenariat. Avec
d’autres, nous participons à la construction
d’une ville interculturelle, dans laquelle
les diférentes communautés apprennent à
comprendre et à respecter leur spécifcité 04 exploration de Bruxelles :
respective. un  parcours-découverte au fl des quartiers de la ville, avec
Bruxelles est une ville qui pétille, qui vit l’histoire en fligrane.
et qui vibre – vous ne manquerez pas de le
constater dans cette brochure. C’est un pas- 12 Il se passe toujours quelque chose à Bruxelles :
sionnant laboratoire de la cohabitation, dans goûtez ce pétillant cocktail culturel: Bruxelles
lequel la Flandre entend continuer à jouer interculturelle.
pleinement son rôle.
20 Vivre et travailler : Bruxelles est économique-
Bonne découverte! ment riche et socialement pauvre. Mais il y fait bon vivre!
26 l’enseignement à Bruxelles :
Pascal Smet Comment l’enseignement néer landophone a fait école et où
Ministre famand de apprendre le néerlandais à Bruxelles.
l’Enseignement, de la Jeunesse,
de l’Égalité des Chances et 32 Bruxelles, un imbroglio politique? Suivez le guide dans ce
des Affaires bruxelloises labyrinthe: langue et gouvernement
à Bruxelles.
 Plus d’information sur cette brochure? 
l’Autorité famande, Coordination Bruxelles, Avenue Baudoin
30, boîte 20, 1000 Bruxelles, T 02 553 56 28,
brussel@vlaanderen.be, www.vlaanderen.be/brussel
Tony Mary 04
 colophone  Leo Timmers 14
Éditeur responsable: Ann Steenwinckel, chef d’équipe Jonas Helseth 15
Anouk De Vroey 25Coordination Bruxelles. Rédaction et réalisation:
Jansen & Janssen Customer Media, www.jaja.be. Gunther Van Neste 30
Madeleine Ki Shi 35Conseils: Coordination Bruxelles et Onthaal en Promotie
Brussel. Traduction: Michel Teller (Cyrano) Photos: Christophe
Vander Eecken. Numéro de dépôt: D/2010/3241/205.
02
Interviews de
 editorial   des coriaces s
Les Bruxellois sont volontiers surnommés les ‘Zinnekes’.
En dialecte bruxellois, ce terme désigne les chiens bâtards
qui errent dans les rues. Il y a bien longtemps, on les jetait
dans l’eau sale de la Senne pour les noyer. Mais beaucoup
de ces chiens parvenaient à s’en sortir: le Zinneke est un
coriace, un symbole de l’identité bruxelloise, croisement
de sang famand, wallon, italien, espagnol, arabe, anglais,
allemand ou autre.
Depuis 2000, la Zinneke Parade se tient tous les deux
ans au mois de mai: un cortège carnavalesque dans lequel
les 19 communes bruxelloises se présentent sous leur
meilleur jour. Cette spectaculaire Parade est l’aboutis-
sement d’un long processus de création: dans chaque
quartier, des habitants, des écoles, des associations et des
artistes mettent leurs idées en commun. À ne pas manquer!
   Pages intérieures     
l’iris?
L’emblème de Bruxelles – l’iris, une
feur des marais – est une référence
aux origines de la ville, sur les rives
boueuses de la Senne. Au Moyen
Âge, Bruxelles était entourée
de marécages où feurissaient
des masses d’iris dorés. L’iris
est l’emblème de la Région de
Bruxelles-Capitale et fgure également
dans le blason de la Vlaamse Gemeens-
chapscommissie, aux côtés du lion famand.
180
C’est le nombre de langues parlées à Bruxelles. Pas mal pour
une ville de 1.048.000 habitants. Il n’est donc pas étonnant
que 41 pour cent des familles ne soient pas linguistiquement
homogènes. D’ailleurs, on dénombre aussi à Bruxelles 45
nationalités comptant plus de 1000 membres – en tout cas,
selon le dernier recensement (2001). Depuis lors, ce chifre a
certainement augmenté.
03
  en Bref   tony mary à propos de ‘son’ BrUxelles
‘Bruxelles
1 V illedeBruxelles
2 Saint-Josse-ten-
Noode
3 Schaerbeek
4 Ever e
5 W oluwe-Saint-
Lambert
6 W oluwe-Saint-Pierr e
7 Auder ghem
8 Etterbeek
9 W atermael-Boitsfort
10 Ixelles
04
 exPloration de Bruxelles           ‘Bruxelles est la seule ville cosmopolite que
possède la Belgique’, dit Tony Mary. ‘Son
multilinguisme et sa multiculturalité sont
des atouts uniques. Bruxelles est notre fenêtre
sur le monde et notre moteur économique. est unique’ Et notre marque la plus forte.’
ony Mary a derrière lui une brillante car- on recense pas moins de 169 nationalités sur 6 comparable à celui des plus grandes métropoles. Trière de cadre dirigeant chez IBM, Belga- kilomètres carrés. ‘Bruxelles est devenue une Le théâtre de la Monnaie est vraiment l’un des
com et KPMG et il a été administrateur délégué ville multilingue et multiculturelle. Quand on meilleurs opéras au monde. Et Bozar – le palais
à la Vlaamse Radio en Televisie (VRT). Il est examine la composition de la population, on des Beaux-Arts – draine aujourd’hui plus d’un
plus que jamais un ambassadeur passionné de constate un mélange tout à fait exceptionnel. million de visiteurs par an.’
Bruxelles. ‘Dans ma carrière, j’ai quitté cinq Les Belges “autochtones” ne représentent plus
fois la Belgique’, dit-il. ‘J’y suis revenu cinq que 44 pour cent. Le reste se subdivise en deux Laboratoire
fois – uniquement pour Bruxelles. Elle a les catégories. D’un côté, on a ce qu’on peut appeler ‘Les néerlandophones font plus qu’apporter leur
avantages des grandes métropoles mondiales la migration traditionnelle: les fux d’Espagnols, pierre à ce riche foisonnement. Que l’on songe
comme Londres et Paris, mais de manière plus de Portugais, de Nord-Africains, de Turcs et par exemple au Kaaitheater et au Koninklijke
compacte, à taille humaine.’ d’Européens de l’Est qui sont venus à Bruxelles Vlaamse Schouwburg (KVS), qui jette des ponts
pour chercher un travail – souvent mal payé – avec des partenaires multiculturels et avec
Un mélange exceptionnel surtout depuis les années 50. Certains se sont les francophones à Bruxelles. Ou à l’Ancienne
‘Faites le compte. On y trouve des quartiers bour- intégrés, d’autres cherchent encore leur place.’ Belgique (AB), une salle renommée pour la scène
geois, comme ici à Ixelles, mais aussi des coins ‘D’un autre côté, il y a la migration qui est gé- pop et rock internationale. Si la culture néerlan-
qui ont conservé un petit air rural, comme à Ber- nérée par la fonction internationale de Bruxelles: dophone est si forte et si attrayante à Bruxelles,
chem-Sainte-Agathe, et des zones résidentielles, des fonctionnaires de l’Union européenne et c’est parce qu’elle ne se replie pas sur elle-même,
notamment dans le sud-est de l’agglomération. de l’OTAN, des lobbyistes, des juristes, des mais qu’elle est immergée dans le brassage inter-
Tout est très près l’un de l’autre: le quartier journalistes, pour ne citer que ceux-là. Grâce culturel de Bruxelles. Et c’est très bien ainsi.’
populaire des Marolles, l’ambiance africaine de à cette fonction internationale, Bruxelles reste ‘Le monde devient de plus en plus intercul-
Matonge et le luxe de l’avenue Louise. Bruxelles notre moteur économique et possède une image turel. Cela se remarque aussi à Anvers et à
est aussi beaucoup plus verte que ce qu’on croit, d’une valeur exceptionnelle: elle est connue dans Gand, et bientôt dans le reste de la Flandre. À
vu de l’extérieur. Il y a des parcs et des jardins le monde entier, ce qui n’est pas le cas, dans la Bruxelles, il faut être aveugle pour ne pas le
agréables, mais aussi la forêt de Soignes et son même mesure, pour la Flandre. En tant que capi- voir. Pour évoluer à Bruxelles avec souplesse,
extension urbaine, le bois de la Cambre. Et il ne tale européenne, Bruxelles attire des personnes il  faut être trilingue. Je trouve personnelle-
faut pas manquer les jardins de l’abbaye de la très qualifées et à pouvoir d’achat élevé, qui lui ment que l’enseignement doit s’adapter à cette
Cambre, qui ont été superbement restaurés.’ donnent une formidable dynamique. On trouve réalité nouvelle. C’est le seul moyen de prépa-
Tony Mary vit à Ixelles – une commune où à Bruxelles un éventail d’activités culturelles rer nos enfants au monde multiculturel.’
19 Bruxelles: la ville et la région11 Uccle
1812 For est LorsquenousparlonsdeBruxellesdanscettebr ochur e,nous4
13 Saint-Gilles désignonsleterritoir edelaRégiondeBruxelles-Capitale.Celui-ci17 16 3
14 Anderlecht secomposedes19communesbruxelloises.L ’uned’entr eellesest15
215 Molenbeek- lavilledeBruxelles.5
1
Saint-Jean
16 Koekelber g QuandlesgensparlentdelavilledeBruxelles,ilsveulentsouvent814 61317 Ber chem- dir elepentagone,autr ementditlecentr e-ville,quiestdélimitépar10
10Sainte-Agathe lesboulevar dsdelapetiteceintur e.LavilledeBruxellesestplus
712
18 Ganshor en grandequecepentagone(codepostal1000).Ellecompr endaussi
19 Jette Laeken(1020),Neder -Over -Heembeek(1120),Har en(1130),lapar -
9 tiesudLouise-Roosevelt(1050)etlequartiereur opéen(1040).11
05Demandez à un Flamand de Hasselt
ou de Bruges ce qu’il pense de
Bruxelles, et vous en entendrez de
belles. Que c’est une ville sale et
dangereuse, par exemple. Ou que
personne n’y comprend le néerlandais.
Y a-t-il une part de vérité dans cette
accumulation de clichés? Nous en
avons soumis quatre à Tony Mary.
y a-t-il dU Vrai là-dedans?
Quatre clichés tenaces sur Bruxelles
1 2 3
Bruxelles est une ville sale. Bruxelles est une ville laide où On ne se sent pas en sécurité
‘Le service de nettoyage, Bruxelles Propreté, il n’y a rien à voir. à Bruxelles.
efonctionne correctement et fournit de grands ‘On a rasé de superbes quartiers, je le sais bien, ‘Bruxelles est une ville cosmopolite du 21 siècle.
eforts. Avec pas mal de succès – mais pas et on voit encore des chancres urbains. Mais il Toutes proportions gardées, c’est une ville très
dans tous les quartiers. On sait que la pauvreté faut aussi prendre la peine de fâner tranquille- sûre. J’emprunte souvent le tram et le métro et je
favorise le délabrement. Et les déchets qui traî- ment à Bruxelles. Le nez en l’air, pour admirer ne me sens pas en insécurité. Bien entendu, il ne
nent dans les rues restent un gros problème. toutes les façades. On y trouve de beaux faut pas tenter le diable: mieux vaut ne pas lais-
Pourquoi les gens jettent-ils leurs crasses échantillons de tous les styles architecturaux, ser traîner des objets de valeur dans la voiture
par terre? C’est sans doute une question de à l’exception peut-être de la Renaissance. Mais et être sur ses gardes dans certains quartiers
manque de respect, de civisme et d’éducation. il faut savoir ouvrir l’œil. Un conseil: participez et stations de métro. Mais cela s’apprend vite.
Je trouve que l’état des rues à Bruxelles de- à l’une des promenades urbaines organisées C’est vrai qu’il y a de la délinquance à Bruxelles:
vient tout doucement un plus grand problème. par Brukselbinnenstebuiten. Les lunettes de elle est due en grande partie au chômage et à la
Dans certains quartiers, on se croirait dans un Horta, par exemple: une balade à travers toute pauvreté. Dans les quartiers les plus défavorisés
pays du tiers monde!’ l’histoire de l’architecture. Elle privilégie l’art – Molenbeek-Saint-Jean, Cureghem, Schaerbeek
nouveau, mais elle ravira aussi les amateurs de – beaucoup de jeunes sans emploi traînent dans
classicisme, d’éclecticisme, d’art déco, de style les rues, avec toutes les conséquences qui en
expo 58 … Un régal pour les yeux.’ résultent: soit ils deviennent apathiques, soit ils
se réfugient dans l’illégalité et la criminalité. Ces
quartiers défavorisés connaissent une explosion
démographique assez inquiétante.
06
 exPloration de Bruxelles           le parcoUrs-
décoUVerte
Que fait Tony Mary quand il reçoit
des amis étrangers qui veulent
découvrir Bruxelles? ‘Si c’est la
première fois qu’ils viennent à
Bruxelles, j’essaie de leur donner
quelques notions historiques. Nous
allons d’abord au musée archéolo-
gique au Coudenberg, puis au parc
de Bruxelles. C’est là que se trouvait
jadis le palais où résidaient les ducs
de Bourgogne, jusqu’à l’abdication de
Charles-Quint. L’Ordre de la Toison
d’Or s’y réunissait aussi. Bruxelles
était alors sans conteste la capitale de
l’Europe. Hélas, ce palais a été ravagé
par un incendie. Les archéologues
ont mis au jour les vestiges de l’Aula
Magna, la salle d’apparat. Impres-
sionnant!’
‘Ensuite, on va au Petit Sablon.
C’est un lieu qui permet très bien
d’expliquer le confit qui a déchiré la Quatre clichés tenaces sur Bruxelles Belgique au dix-neuvième siècle: la
lutte entre catholiques et libéraux.
En face de l’église, le bourgmestre
libéral Charles Buls a fait ériger une
sorte d’anti-église, avec 48 statues de 4 vieux métiers en bronze. De la place
du Jeu de Balle – juste en dehors de
À Bruxelles, le néerlandais l’ancienne enceinte de la ville – on
ne sert à rien. rejoint le Palais de Justice, d’où on a
au-delà des ‘C’est faux. Quand on parle néerlandais, on un vaste panorama sur Bruxelles. À
est correctement traité. L’époque où tout ce moment-là, c’est souvent le mo-clichés avec le
néerlandophone était qualifé de ‘boer’ par les ment de boire un verre à la Fleur en
Bruxellois francophones est révolue depuis Papier doré, le café que fréquentaient
longtemps. Mais il faut être conscient que naguère des surréalistes comme Ma-
Bruxelles est devenue une ville où on parle gritte. Bien sûr, je montre aussi à mes
des dizaines de langues. Si vous vous obstinez V ousr echer chezdes visiteurs la Grand-Place et les splen-
à vouloir que tout le monde vous parle dans informationsactuelles dides galeries Saint-Hubert, avec
un néerlandais irréprochable, vous allez vous etfablesBruxelles? leur dôme vitré, les plus anciennes et
énerver. En ce qui me concerne, je m’adresse LeBRIO(Brussels les plus belles galeries commerçantes
toujours à quelqu’un en néerlandais, mais je Informatie-, d’Europe. Ensuite, nous allons man-
suis content de voir que mon interlocuteur fait Documentatie-en ger un bout dans une authentique
des eforts pour me comprendre. Je ne vais pas Onderzoekscentrum) brasserie bruxelloise, Aux Armes de
exiger d’un garçon de café polonais ou d’une lesrassemblepourvous: Bruxelles. J’y commande toujours une
commerçante turque qu’ils me répondent en www .briobrussel.be cervelle de veau sauce tartare, suivie
néerlandais.’ d’un vol-au-vent. Mais mes invités
sont libres de choisir autre chose…’
0708
 exPloration de Bruxelles          Balade aU fil de l’histoire
une mosaïque 
de quartiers
La ville basse La ville haute
Bruxelles est née dans les marécages qui bor- Le pouvoir se retranche sur les hauteurs. Vers
dent la Senne, près de l’actuelle place Saint- 1100, on vit s’ériger sur le Coudenberg un
Géry. C’est là, à proximité de l’important axe château en pierre qui allait se transformer, au
commercial reliant Bruges et l’Angleterre à la cours des siècles suivants, en un imposant en-
vallée du Rhin, que s’est développé un premier semble palatial. Le palais brûla en 1731, mais
noyau urbain appelé Bruocsella, ‘habitation les souverains qui régnaient sur Bruxelles
du marais’. Des artisans et des marchands y continuèrent à résider au Coudenberg. Ce site
vivaient dans des maisons en argile. abrite aujourd’hui la place Royale, de style
Aujourd’hui, c’est le quartier de l’ancien et classique, le parc de Bruxelles et le palais
du nouveau Marché aux Grains et de la rue royal, fanqué du musée BELvue, qui retrace
Dansaert, avec ses nombreuses boutiques l’histoire (royale) de la Belgique. Un peu plus
de mode branchées, ses galeries d’art, ses loin se trouve la rue de la Loi. Les maisons
commerces d’antiquités et ses magasins de maître construites par l’élite sociale tout
design. On y trouve aussi la rue de Flandre, ce autour du parc sont aujourd’hui devenues des
qui reste de l’ancienne voie commerciale qui ministères, des ambassades, des banques: la
conduisait à Gand et à Bruges. Avec les char- ville haute reste ainsi un lieu de prospérité, de
mantes ruelles avoisinantes, elle est devenue prestige et de pouvoir.
depuis quelques années une forissante artère
commerçante, avec de sympathiques cafés tels La Senne
que le Daringman, le Roskam ou le Monk, ou Vers 1860, la Senne traversait encore le
des restaurants comme Viva M’Boma et Le Pré centre-ville, comme un égout à ciel ouvert, au
Salé, où on peut encore déguster une cuisine milieu de lugubres quartiers ouvriers. Après
bruxelloise traditionnelle. La rue Dansaert une épidémie de choléra qui ft 3.500 morts, le
et ses environs constituent pour beaucoup le bourgmestre Anspach ft voûter la rivière. Les
quartier le plus famand de Bruxelles. taudis frent place à des maisons de maître, »
09
Dans le sens des aiguilles
d’une montre, en partant en haut
à gauche: la rue Dansaert,
Archiduc, Watermael-Boitsfort,
la place du Jeu de Balle, le quartier
européen, la zone du canal
(au milieu) et la rue de Flandre »
des hôtels et des bureaux. De larges boule- la Bibliothèque royale de Belgique. Grecs, des Turcs, des Nord-Africains. Après la
vards rectilignes, dont le boulevard Anspach, Le Palais de justice fut également édifé sous chute du Rideau de fer, des dizaines de milliers
relièrent la gare du Nord à la gare du Midi. le règne de Léopold II. Il fallut pour cela raser d’Européens de l’Est émigrèrent également
Le long de ces boulevards, on construisit la une partie des Marolles, le quartier popu- à Bruxelles. Toutes ces communautés ont
Bourse, autour de laquelle se développa un laire situé en contrebas. Heureusement, on marqué la ville de leur empreinte: les Turcs
nouveau pôle urbain, avec entre autres la place conserva la place du Jeu de Balle. Sans cela, on à Schaerbeek et à Saint-Josse-ten-Node, les
de Brouckère. Celle-ci fut longtemps l’un des ne pourrait pas y fâner au charmant marché Portugais à Saint-Gilles et à Ixelles (où on peut
hauts lieux de la vie nocturne bruxelloise. aux puces qui s’y tient chaque jour. voir une stature du poète Pessoa), les Grecs
dans le quartier de la gare du Midi, les Maro-
Léopold II Vers l’ouest cains à Molenbeek-Saint-Jean et à Anderlecht.
C’est à peu près à la même époque que l’ambi- Lorsque la Senne fut voûtée, cela faisait Des villages s’urbanisent et voient déferler
tieux roi Léopold II marqua Bruxelles de son déjà belle lurette que la navigation fuviale des habitants venus de tous les horizons,
empreinte. Il voulait en faire une grande ville, empruntait le canal, qui passait à l’ouest de donnant naissance à un kaléidoscope d’odeurs
capable de rivaliser avec Paris. Léopold II dota Bruxelles. Des industries se développèrent sur et de couleurs. Le quartier de Matonge se
Bruxelles d’édifces monumentaux et de larges les deux rives de ce canal. La ville, qui était développe ainsi près de la Porte de Namur, à
artères créant des efets de perspective. Son restée très longtemps confnée à l’intérieur de Ixelles, avec ses nombreux magasins exotiques
règne vit l’aménagement du parc du Cinquan- son ancienne enceinte, explosa vers l’ouest, où on peut acheter des spécialités africaines.
tenaire, de la majestueuse avenue de Tervuren, où d’anciennes communes rurales, comme À la périphérie de ce quartier, l’Horloge du
du parc Josaphat à Schaerbeek, de la Basilique Molenbeek-Saint-Jean et Anderlecht, se trans- Sud est une brasserie qui organise aussi des
de Koekelberg et de l’avenue Louise, qui est formèrent en faubourgs industriels densément débats et des projections de flms. Autour de la
aujourd’hui encore l’une des rues commer- peuplés. La zone du canal attira des dizaines place Jourdan, à Etterbeek, bordée de platanes,
de milliers de Flamands et de Wallons pauvres, les cafés populaires cèdent peu à peu la place
venus faire un travail pénible dans les usines. à des établissements plus chers. Un agréable
Quelque 55.000 fonction- Leurs enfants et petits-enfants montèrent dans quartier multiculturel voit le jour du côté de la
l’échelle sociale et allèrent s’installer à Laeken, Porte de Hal, avec un peu plus loin la Maison naires très qualifés, consul-
à Jette, à Ganshoren, à Berchem-Sainte-Agathe du Peuple à Saint-Gilles: un ancien bastion so-
tants et hommes d’affaires ou plus loin encore, laissant les anciens quar- cialiste reconverti en café culturel. Molenbeek-
tiers ouvriers aux immigrés qui allaient venir Saint-Jean est une succession de quartiers travaillent dans les insti-
après eux. marocains très animés, où on peut acheter
tutions européennes ou
C’est surtout dans les années 1950 et 1960 des légumes frais, des épices et de la viande.
que les fux migratoires s’intensifèrent. Des Près de la gare du Nord, la rue de Brabant est gravitent autour d’elles.
chantiers urbanistiques à grande échelle – devenue l’une des artères commerçantes maro-
çantes les plus huppées du pays. Au pied de pour l’Expo 58, pour le métro – nécessitaient caines les plus connues de Bruxelles.
la place Royale fut créé le Mont des Arts. On une main-d’œuvre bon marché, principalement
y trouve entre autres les Musées royaux des en provenance du bassin méditerranéen: des Zone du canal
Beaux-Arts, le palais des Beaux-Arts (Bozar) et Espagnols, des Italiens, des Portugais, des Après le déclin de l’industrie, la zone située
10
De gauche à droite:
la ville haute (place Royale),
le parc de Bruxelles et
le Palais de la Nation,
une poissonnerie à l’ancien
Marché aux Grains
 exPloration de Bruxelles           

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