Une semaine dans le Valbonnais

Publié par

LA FERME DUCHÂTEAU GÎTE DE FRANCE 4 ÉPIS PETIT GUIDE DU LOCATAIRE Une semaine dans le Valbonnais VALBONNAIS - ISÈRE - FRANCE La région de Valbonnais. Extrait du Poster Sud Dauphiné - édition Planisphère - www.planisphere-carto.fr LA FERME DUCHÂTEAU GÎTE DE FRANCE 4 ÉPIS BIENVENUE / WELCOME Ce petit guide n’a d’autres prétentions que de vous aider à réussir au mieux votre séjour à Valbonnais. Il ne cherche évidemment pas à remplacer les services de l’Office de tourisme locale. Il vise juste à faciliter vos réflexions sur “que faire” et “comment le faire” pour découvrir une région peut-être nouvelle pour vous. Inutile ainsi de passer du temps à surfer sur Internet ou à consulter des guides nationaux qui, probablement, ne vous apporteront pas ce que vous cherchez. Ce guide concerne un petit territoire, celui d’une vallée. Il fourmille de bons plans, d’anecdotes, de conseils. Toutes ces informations sont classées en trois parties. La première présente la région sous l’angle historique et économique. Le lecteur découvrira ainsi un territoire au passé riche, au développement inégal, et quelques célèbres personnages qui ont traversé son histoire. La deuxième partie est une série de quatre programmes pensés pour remplir au mieux votre séjour. Que vous soyez amoureux de randonnées, fin gourmets, amateurs de culture et de terroir, ou adeptes d’un simple programme familial, ce guide vous offrira de quoi passer six jours originaux.
Publié le : lundi 19 novembre 2012
Lecture(s) : 402
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, pas de modification
Nombre de pages : 29
Voir plus Voir moins

LA FERME
DUCHÂTEAU
GÎTE DE FRANCE 4 ÉPIS
PETIT GUIDE DU LOCATAIRE
Une semaine
dans le Valbonnais
VALBONNAIS - ISÈRE - FRANCELa région de Valbonnais. Extrait du Poster Sud Dauphiné - édition Planisphère -
www.planisphere-carto.frLA FERME
DUCHÂTEAU
GÎTE DE FRANCE 4 ÉPIS
BIENVENUE / WELCOME
Ce petit guide n’a d’autres prétentions que de vous aider à
réussir au mieux votre séjour à Valbonnais. Il ne cherche
évidemment pas à remplacer les services de l’Office de tourisme
locale. Il vise juste à faciliter vos réflexions sur “que faire” et
“comment le faire” pour découvrir une région peut-être nouvelle
pour vous.
Inutile ainsi de passer du temps à surfer sur Internet ou à
consulter des guides nationaux qui, probablement, ne vous
apporteront pas ce que vous cherchez.
Ce guide concerne un petit territoire, celui d’une vallée. Il
fourmille de bons plans, d’anecdotes, de conseils. Toutes ces
informations sont classées en trois parties.
La première présente la région sous l’angle historique et
économique. Le lecteur découvrira ainsi un territoire au passé
riche, au développement inégal, et quelques célèbres
personnages qui ont traversé son histoire.
La deuxième partie est une série de quatre programmes pensés
pour remplir au mieux votre séjour. Que vous soyez amoureux
de randonnées, fin gourmets, amateurs de culture et de terroir,
ou adeptes d’un simple programme familial, ce guide vous
offrira de quoi passer six jours originaux.
Enfin, la dernière partie est une liste pratique d’adresses, de
numéros de téléphone, de descriptions de promenade. Elle
reprend en détail tous les noms ou lieux cités dans les
programmes.
À ce jour, seuls les locataires trouveront une version imprimée et
gratuite de ce guide à leur arrivée au gîte. Il est toutefois
possible de le télécharger depuis notre site fermeduchateau.fr.
Bonne lecture et, surtout, bon séjour au gîte la Ferme du
Château.
Respirez, vous êtes à Valbonnais !
© La Ferme du Château - www.fermeduchateau.fr - ++ 33 (0)6 81 63 23 26 • Conception générale: Marc Galvin - Editions MaGix • Rédaction: Marc Galvin
• Photos et direction artistique: David Tchag (Sundance Agency - sundanceagency.com) • Finalisation et impression : Stéphane Ronchin • Carte : Planisphère
(planisphere-carto.fr) • Photo de couverture: © Nicolas Baron.
3Partie 1 : Découverte du Valbonnais page 5
Un territoire
Pourquoi y venir?
Histoire
Economie
Partie 2 : Programmes page 11
Séjour familial (été - automne - printemps)
Séjour ski (hiver)
Séjour culture & patrimoine (été - automne - printemps)
Séjour sports & randonnées (été)
Partie 3 : Informations pratiques page 19
Musées, visites et loisirs
Sports et aventures
Ecologie, environnement et produits verts et de qualité
Spécialités culinaires régionales, producteurs et artisans
Stations de ski
Restaurants
Promenades et randonnées
… à pied depuis le gîte
… les lacs de montagne
… à voir aussi
… jogging et VTT depuis le gîte
Commerces et services dans Valbonnais
Agenda
Patrimoine et culture
Les personnalités du Valbonnais
Usage du guide
Les noms ou mots figurant entre {…} dans la partie 1 et 2 sont repris et
ecomplétés dans la 3 partie du guide, appelée “Informations pratiques”.
SOMMAIRELA FERME
DUCHÂTEAU
GÎTE DE FRANCE 4 ÉPIS
VALBONNAIS
UN TERRITOIRE
Aborder le Valbonnais, c’est distinguer une région adminis-
trative (un canton) forgée par des siècles d’histoire, du cœur
de cette région, concrètement une vallée étroite abritant le
village de Valbonnais.
La région
La grande région du Valbonnais s’ouvre aux visiteurs par deux portes na- Une vue de Valbonnais depuis les contreforts du Colombier.
turelles : à l’Ouest, par le défilé étroit et encastré qui longe la rivière de
la Bonne et mène au Pont du Prêtre ; au Nord-Est, par le haut passage les bords duquel se trouve l’agglomération de Valbonnais (750 mètres
du Col d’Ornon. Ce col, sur lequel débouche la vallée du Périer puis du d’altitude) et les hameaux de Verneys, des Angelas, de la Roche, plus à
Chantelouve, constitue un trait d’union historique entre les pré-Alpes au l’Est, Entraigues. Valbonnais doit son nom à la rivière de la Bonne qui
Sud (le Trièves et le Gapençais) et les vallées de l’Oisans –passage vers traverse la vallée. Ses habitants sont appelés les Valbonnetins (et pas
l’Italie– à l’Est. Pendant longtemps, il était commun de rallier Bourg d’Oi- Valbonnésiens comme on l’entend parfois). Cette dénomination cu-
sans à Grenoble en passant par ce col. Que de garnisons, de commer- rieuse fait écho à celles des habitants des hameaux voisins, tout aussi
çants, de voyageurs ont emprunté ce raccourci sinueux et stratégique ! savoureuses (car ces noms sont en patois). Ainsi les habitants des En-
La région du Valbonnais possède une affinité toute particulière avec le gelas s’appellent les Engelaurous, ceux de La Roche, les Rouchaïrous,
chiffre quatre, comme pour honorer les quatre angles du carré magique, ceux des Verneys, les Vernusaux, et ceux de Péchal, les Pécharaux.
symbole du village. Quatre, comme les quatre principales rivières qui l’ir-
riguent : la Bonne, cours d’eau impétueux qui part du Valjouffrey et dans Généralités administratives de la commune
lequel se jettent successivement le Béranger, la Malsanne, et la Roizonne. Latitude – Longitude : 44° 54 03 Nord / 5° 54 18 Est
Quatre également comme les quatre grands lacs de haute montagne qui Altitude : 672 m (mini) – 2 544 m (maxi)
l’agrémentent ({Labarre}, {Vallon}, {Gary}, et {Ruif Bruyant}). Quatre, Superficie : 23,95 km2
enfin, comme les quatre principales vallées qui la traversent : celle de la Population: 440 habitants en 1999 (la commune en comptait plus de 1200
Roizonne, celle du Valbonnais, celle du Valjouffrey, et celle du Périer (qui en 1801)
2se poursuit dans le Chantelouve). Mais trois en revanche pour les grands Densité :18 hab./km
bourgs qui la composent : Valbonnais, Entraigues et le Périer. Cernée à
l’Ouest par la région de la Matheysine, au Sud par le Beaumont, et à Longtemps, la région historique du Valbonnais a été constituée de 5 pa-
l’Est par l’Oisans, la région du Valbonnais se présente comme une enfi- roisses (Valbonnais, Entraigues, Valjouffrey, Le Périer, Chantelouve). Val-
lade de vallées où coulent de remuantes rivières, parsemées de plaines bonnais est désormais un chef-lieu de canton à vocation administrative,
verdoyantes et dominées par des pics abruptes. qui compte 10 communes : Chantelouve (les habitants sont appelés les
Chantelouviers), Entraigues (les habitants s'appellent les Entraiguois),
La vallée Lavaldens, La Morte, Oris-en-Rattier, Le Périer (les habitants s'appellent
Pour beaucoup, le nom de Valbonnais est associé avant tout à une val- les Péretons), Siévoz, Valbonnais, La Valette, Valjouffrey (les habitants
lée que symbolise un village. Voici comment Marcelle Péry, auteur du s'appellent les Sapparys).
livre À l’ombre de la montagne (2005), décrit ce micro territoire : Le
Valbonnais est essentiellement la vallée moyenne de la Bonne, affluent Chaque commune possède de nombreux hameaux, généralement
du Drac.[…] C’est une large cuvette qui s’ouvre à la sortie de la gorge construits dans les lieux les plus favorables, à l'abri des avalanches et
du Pont du Prêtre fermée au Nord par la masse importante du Quoirau, proches d'un cours d'eau. Ainsi, le Perier compte 17 hameaux, Chante-
à l’Est par les contreforts étagés de l’Arcanier, et au midi par le Colom- louve 10, Valbonnais 5, Valjouffrey 5, Entraigues 2. Chaque hameau
bier que prolonge la chaîne de l’Averset. C’est un fond de lac alpin, sur possède des fontaines, des lavoirs, un four à pain et une chapelle.
Une vue de
Valbonnais
en hiver avec
l'Arcanier
en fond.
5
M. GALVIN M. GALVINLA FERME
DUCHÂTEAU
GÎTE DE FRANCE 4 ÉPIS
POURQUOI Y VENIR? Valbonnais
Des grandes montagnes depuis la
plaine du
château.L'Arcanier
enneigé.
Bien que la vallée soit connue comme “le petit Nice” en raison de son
climat privilégié, le visiteur sera aussi séduit par le caractère monta-
gneux et sauvage de la région. Située en limite occidentale du parc na-
tional des Ecrins, la région du Valbonnais abrite des sommets de
prestige comme l'Olan (3564 m), la Roche de la Muzelle (3465 m),
l'Aiguille des Arias (3402 m) qualifiée de « perle du Valbonnais », ou … mais façonnées par l'homme
encore le Coiro (2 605 m). Les hauteurs imposantes, les roches sombres Un territoire est toujours la rencontre d’un environnement biophysique,
aux formes déchiquetées des massifs cristallins alpins, dominant par- d’une culture, et d’une multitude de savoir-faire. À chaque époque, les
fois de près de 2 500 mètres les vallées de la Bonne et de la Malsanne, habitants ont du faire face à des défis différents, ce qui a contribué à
concourent à donner une impression de rudesse et d’austérité qui a mar- développer chez eux la capacité d’adaptation aux rudes exigences de la
qué les premiers voyageurs (Pour un art d’habiter le Valbonnais, 2000). montagne. Les paysages forestiers, agricoles ou bâtis du Valbonnais ont
Ce qui caractérise le Valbonnais, c’est donc cette double dimension qui évolué sans cesse, pris dans des logiques elles-mêmes évolutives. Le Val-
voit d’un côté des fonds de vallées verdoyantes dans lesquelles chaque bonnais est donc comme un millefeuille, une « superposition d’em-
parcelle est exploitée au mieux, comme poncée par le travail des preintes enchevêtrées, témoins des choix des hommes ». Ces éléments
hommes, avec de l’autre, la démesure des versants qui vous regardent constituent l’héritage d’une société montagnarde, aujourd’hui comme
d’en haut, et vous donnent le vertige. Pour qui les connaît, il y a indé- hier en perpétuel mouvement, cette idée prenant à revers le mythe d’un
niablement un « je ne sais quoi » qui rappelle certaines vallées andines, modèle de vie enraciné dans des pratiques séculaires et immuables.
à commencer par les techniques de culture en terrasse.
Promenade
en âne dans
le Valjouffrey.
La plage du
Plan d'eau.
... à l'écart des grands massifs Le Plan d'eau
Quant à celui qui, dans ses voyages, recherche les sites peu fréquentés depuis la
plaine dud’une nature pittoresque vierge de tout émondement symétrique et de
château.tout embellissement tracé au cordeau, qu’il parcourt le Dauphiné et vi-
site la petite vallée de Valbonnais. Ces propos écrits en 1839 (par un au-
teur anonyme et extraits de l’Album du Dauphiné) ont traversé le
20ème siècle, porteurs d’une vérité sur laquelle le temps n’a pas eu de
prise. Aujourd’hui encore, le Valbonnais peine à se sortir de cette image
de région en retrait du monde, oubliée par le progrès et le développe-
ment économique. Un réseau routier longtemps de piètre qualité a
concouru à donner une réputation de montagne enclavée. Si l’on re-
prend l’Annuaire Statistique du département de l’Isère, on peut lire en
1809 : On ne parvient dans les communes de ce canton que par des en-
tiers étroits, rapides et dangereux, impraticables aux voitures. La route
actuelle ne date d’ailleurs que de 1822.
6
M. GALVIN M. GALVIN
D. TCHAG M. GALVIN
D. TCHAGLA FERME
DUCHÂTEAU
GÎTE DE FRANCE 4 ÉPIS
HISTOIRE Moyen âge
Premiers habitants Après l’épisode noir des invasions, la vie religieuse reprend avec effer-
Les premières empreintes de civilisation dans le Valbonnais datent de – vescence à partir des années 1000. Des lieux de culte ({églises} et {cha-
800 avant JC (une hache de bronze a été découverte à Entraigues) et pelles}) sont érigés dans tous les villages et hameaux du Valbonnais, et
concernent les Ligures, une peuplade venue d’Italie du Nord avec leur ani- chacun se choisit un saint. Le premier château de la région est construit
emaux. Cultivateurs et éleveurs, ils créent les premiers villages, souvent sur par la famille des Alleman au Périer au 11 siècle. Le Périer était une
des sommets, près de point d’eau et de bois. D’une indépendance farouche, place importante de la région. Preuve en est la construction d’une mai-
travailleurs, sobres, ils étaient courageux mais non agressifs (Gueydan, son des Templiers dans ce village. Ces maisons étaient construites dans
2006). Aux alentours de – 700 avant JC, les historiens ont établi que des des lieux de passage stratégique (dans la région, les deux autres étaient
Proto-Celtes en provenance de Suisse ou d’Autriche se sont installés au Col à Mens et à Vizille). Par la suite, un premier château est construit à Val-
d’Ornon. Ces derniers avaient instauré un système de rançonnage destiné bonnais - dont le {château d’en haut} a gardé une tour - dans lequel vé-
à prélever une partie des marchandises transportées par les commerçants curent également des membres de la famille des Alleman, l’une des
de passage, en échange de quoi ils offraient la sécurité à ces derniers en grandes familles du Dauphiné (Hugonin signa en 1349 le traité de ces-
les convoyant jusqu’au point de « douane » suivant. Ils disparaissent en – sion du Dauphiné à la France). L’occasion de rappeler que, suite à cette
400 avant JC. En – 300 avant JC, une invasion massive de Celtes (les Gau- signature, et ce jusqu’en 1466, les rois de France sont, jusqu’à la date
lois) se produit dans toute la région (Matheysine et Beaumont compris). Un de leur couronnement, Seigneurs du Dauphiné.
village important se constitue à Valbonnais. Grâce à leurs armes de fer, ils La vie est dure dans les montagnes du Valbonnais. Les hivers rigoureux
dominent rapidement les Ligures et en quelques générations, une popula- sont régulièrement accompagnés de disettes dans le Valjouffrey et à
tion celto-ligure se constitue. Chantelouve. À cela, s’ajoute les dangers que constituent certains ani-
maux sauvages tels que les loups et les ours qui s’approchent des vil-
Ére gallo romaine lages. Ainsi, le dernier ours sauvage du Valbonnais sera tué à Valjouffrey
Vers – 150 avant JC, une nouvelle invasion se produit depuis l’Est. Les vers 1505. Les racines complétaient souvent le froment lorsque l’hiver
eRomains débarquent. Grâce à un art militaire supérieur, les vallées te- s’attardait plus que d’habitude. Très tôt, dès le 14 ou 15 siècle, les
nues par les gaulois deviennent en très peu de temps possession ro- hommes ont commencé à quitter les vallées durant l’hiver pour partir
maine. La colonisation romaine apporta l’ordre et la discipline, faire du commerce sur les routes de France. Dans les creux de vallées du
l’administration et la justice, et aussi le nom même du pays (Vallis bon- Valbonnais, en revanche, les paysans vivent plutôt bien. Mais les mau-
nesii, vallée du Bonnesium). L’ère gallo-romaine, caractérisée par la paix vaises saisons sont fréquentes (destruction des récoltes par des tem-
et la stabilité, allait durer quatre siècles. Les valbonnetins reçoivent pêtes et des chutes de neiges). Des catastrophes naturelles (inondations
donc, durant un temps, la citoyenneté romaine. et avalanches causées par un déboisement important), puis des épidé-
mies, ravagent encore les vallées. En 1428 et en 1447, les deux tiers de
la population du Valbonnais sont emportés par la peste.
Faute d’un état centralisé (mais en construction), c’est une époque carac-
térisée par un ordre féodal où les seigneurs locaux organisent la défense
des villages et des paysans, en contre partie du paiement d’impôt et du
versement en nature de biens et autres productions agricoles. C’est autour
de trois châteaux (Le Périer, Valbonnais, Roizon) et de maisons fortes (àLe “ruisseau chaud”, une eau en
Entraigues, aux Angelas et à Valbonnais) que l’ordre militaire de la ré-permanence à 17°.
gion s’organise. Les premières maisons de santé s’établirent autour du
eInvasions 13 siècle (une maladrerie et un hôpital à Valbonnais). En 1425, le {Baron
En 410, ce sont les Visigoths qui envahissent la région, marquant par là la fin de Valbonnais} se voit confier certaines missions par le roi de France
de la colonisation romaine. Dans la foulée, les Burgondes s’installent à leur Charles VII. Il deviendra un fidèle compagnon de Jeanne d’Arc, et recevra
tour et constituent un royaume qui perdure jusqu’en 532, date à laquelle les de Charles VII, en guise de récompense, d’autres seigneuries, ainsi que le
Francs mettent fin à ce règne et en prennent le contrôle. Clovis s’étant converti titre de Comte de Dunois, nom sous lequel il restera populaire.
au christianisme, la région se voit imposer cette nouvelle religion. La première
e e{église} est d’ailleurs construite en 575 à Valbonnais. L’Eglise, en tant qu’insti- Du 15 au 18 siècle
tution ecclésiastique, va progressivement devenir un espace de pouvoir et de Cette période fut également une époque difficile pour la région. La
décision, au point d’organiser la vie politique et administrative de la région. En guerre de religion, les épidémies, puis, comme partout en France, la ré-
732, suite à la défaite des troupes musulmanes face aux armées de Charles volution éprouvent durement les campagnes.
Martel, des fuyards se répandent aux quatre coins des Alpes, et pillent notam-
Vue de l'église.
ment le Trièves, le Beaumont, la Matheysine et le Valbonnais. Les églises sont
systématiquement détruites. Il fallut six ans au Gouverneur de la Maurienne
pour exterminer les pillards. Une deuxième invasion musulmane laisse une
etrace douloureuse dans les Alpes au début du 10 siècle. Le village de Valbon-
nais est en effet à nouveau pillé en 906, engendrant un exode massif. Greno-
ble est pillé à son tour en 924. En 965, l’Evêque Isarn lève une armée qui va
mettre plus de deux ans à les expulser. Les pillards se réfugient cependant dans
le Dévoluy, dans un camp retranché, laissant planer sur les populations locales
une menace permanente. Un des valeureux capitaines de cette armée reçut en
retour un immense territoire pillé, dans le but de le repeupler. Rodolphe, c’est
son surnom, fit construire une {motte castrale} à l’entrée du village de Valbon-
nais, en contrebas du lieu-dit la plaine du Château, afin de prévenir les at-
taques des sarrasins refoulés.
7
D. TCHAG
D. TCHAGLA FERME
DUCHÂTEAU
GÎTE DE FRANCE 4 ÉPIS
eAu cours de la deuxième moitié du 16 siècle, en effet, les guerres de re- Le bocage
du Valbonnais.ligion ensanglantent la région, La Mure et Mens, deux villes voisines,
étant des bastions protestants. Ainsi, le siège de la Mure par le Duc de
Mayenne en 1580 va faire plus de 1 000 victimes. À cette époque, le roi
de France ordonne aux militaires d’occuper les maisons des protestants
pour leur faire entendre raison. Une compagnie de Dragons du Roi sé-
journe à ce titre dans le Valbonnais en 1582.
En 1608, la construction d’un deuxième château à Valbonnais sur les
eruines d’une maison forte ayant subi un redoutable incendie au 15 siè-
cle — le {château d’en bas} – marque un changement profond dans l’or-
ganisation sociale. La noblesse se développe et les châteaux forts
– devenus inutiles face aux canons – laissent place de plus en plus à des Agro pastorale
emaisons de maître. Le 17 siècle reste toutefois une période de rivalité Pendant des siècles, les paysans ont constitué la grande majorité des ha-
entre les seigneuries locales, voire entre les hameaux d’un même vil- bitants du Valbonnais. Les richesses produites dans les foyers étaient
lage. maigres et provenaient principalement de la terre (agriculture et éle-
eLe début du 18 siècle garde le souvenir des épidémies qui vont ravager vage). L’autosuffisance agricole, couplée à un commerce local très li-
le sud de la France. Durant l’année 1720, la France est coupée en deux. mité et à un artisanat minimal, a caractérisé longtemps le modèle
Des postes de gardes empêchent toute circulation sur les routes de Gap. économique des zones de montagne, qui a pu fonctionner grâce à une
Vizille est bloquée. solidarité de raison et à la présence de réseaux d’échanges sociaux très
e eÀ la fin du 17 siècle, la Baronnerie du Valbonnais se transforme en structurés. À compter du 14 siècle et de la mise en place d’un système
Marquisat suite à un décret du Roi. Le marquisat de Valbonnais com- d’irrigation très performant — {le canal des moines} – à une large échelle
prend alors les paroisses de Chantelouve, le Périer, Entraigues, Valjouf- dans les plaines d’Entraigues et du Valbonnais, les paysans ont pu pro-
frey et Valbonnais. duire et consommer davantage. Outre les jardins, les vergers dans les-
Enfin, à la révolution en 1790, le château de Valbonnais – symbole de quels poussaient pruniers, pommiers, poiriers, noyers (beaucoup dans la
l’ordre royal– est pillé par les paysans. Toutes les archives et les livres plaine du château de Valbonnais, le long des canaux d’irrigation) ont
vont être brûlés sur la place publique du village, à l’occasion d’une fête permis d’améliorer la nourriture quotidienne, et de faire commerce des
equi dura deux jours. surplus à l’occasion des marchés et des foires. À partir du 19 siècle, les
céréales (orge, blé, houblon, froment), le chanvre, et les pommes de
Histoire contemporaine terre, servaient à préparer les longues saisons d’hiver. On trouvait éga-
Le principal et dernier fait d’armes qui eut lieu dans le Valbonnais se lement des vignes qui produisaient le vin rouge et la «gnole» (eau de
produisit à l’occasion du passage des Allemands, le 9 août 1944. En vie de raisin) dont la production en alambic était réglementée et gérée
milieu d’après midi, douze maquisards de l’Armée secrète (du secteur V) collectivement. Les agriculteurs montaient leurs animaux dans les pâtu-
postés au pont du Prêtre se font violemment prendre à revers par une rages alentours (ceux de Côte belle, et de l’Alpe notamment) durant la
division allemande commandée par le colonel Heflinger, qu’ils atta- belle saison. Curieusement, depuis fort longtemps, et cela continue au-
quent pourtant. Dispersés en quatre colonnes, les Allemands mettent ra- jourd’hui encore, les éleveurs des vallées voisines du Beaumont et du Ga-
pidement en fuite les assaillants. Il y aura cinq morts du côté des pençais organisaient la transhumance de leurs animaux qui venaient
résistants. Pour se venger, les Allemands bombardent Valbonnais au paître sur les hauteurs du Valbonnais. C’était là une source de revenu
mortier, fusillent deux villageois après avoir découvert une cache supplémentaire, et aussi l’occasion d’échanger des nouvelles et des in-
d’armes dans le hameau de Bourcheny, et tuent un jeune juif réfugié au formations. Les paysans pêchaient également les truites dans les ri-
Verney. Installés dans le {château d’en bas} le temps de leur séjour, les vières, et attrapaient les écrevisses dans les zones marécageuses
Allemands vont incendier l’école de Valbonnais à leur départ, non sans (nombreuses en raison des crues des rivières). Ils chassaient dans la me-
avoir au préalable volé les tapisseries (des Gobelins) qui décoraient le sure où cela était permis par les seigneurs de la vallée. Les animaux
grand salon du château. d’élevage étaient principalement des brebis, moutons et cochons, les
Voir : http://www.ac-grenoble.fr/lamure/resistance/default.html vaches étant rares car chères. Certaines fermes avaient des ânes et des
chevaux de labour. Pour autant, la vie était difficile. Dès le moyen âge,
ÉCONOMIE un type de migration saisonnière s’est développé qui voyait, chaque
L’économie locale du Valbonnais a évolué au travers de quatre grandes hiver, le départ des hommes du village. Aux premières neiges, les pay-
époques : la période agro-pastorale traditionnelle qui a duré jusqu’à la sans se muaient en colporteurs, et ils ne revenaient du sud de la France
emoitié du 19 siècle, le développement économico industriel à cheval sur qu’au retour du printemps. Cette pratique a réellement pris son essor au
e e e eles 19 et 20 siècles, le virage manqué des trente glorieuses (1945- 17 , connaissant son apogée au 19 siècle, pour disparaître progressive-
e1975), et le néo-ruralisme du 21 siècle (qu’il reste à inventer). ment après la première guerre mondiale. Dans le village, une classe de
commerçants s’était également développée, comme les rémouleurs, les
hôteliers, les tailleurs d’habits, et autres marchands de vin. Il y avait
eégalement un corps administratif, puisque, jusqu’au 16 siècle, Valbon-
nais comptait outre un hôpital, un tribunal, une poste, un greffier, et en-Les chevaux du
Haras du Don tretenait une petite garnison de soldats, généralement financée par la
à Valbonnais. noblesse. La noblesse était une noblesse de parvenus, mais pas de sang.
eLe développement au 19 siècle
Alors que la révolution industrielle gagne progressivement l’ensemble
du territoire français dans une euphorie intellectuelle portée par l’es-
prit des lumières, et dont les mots « progrès et modernité » sont les fers
8
D. TCHAG
D. TCHAGLA FERME
DUCHÂTEAU
GÎTE DE FRANCE 4 ÉPIS
de lance, un vent nouveau souffle dans les montagnes alpines à partir Le virage manqué des trente glorieuses
ede la moitié du 19 siècle. Concrètement, dans le Valbonnais, l’amélio- À la fin de la deuxième guerre mondiale, un constat s’impose : les val-
ration des axes de communication (routes et chemins de fer) permet le lées du Valbonnais se sont transformées comme jamais, à l’issu d’un
développement du commerce et l’exploitation des ressources du sous- siècle d’euphorie industrielle et de guerres qui ont bouleversé les équi-
esol. Sous la 3 république (à partir de 1870), l’État s’engage comme ja- libres démographiques. Pourtant, ce modèle de développement pseudo
mais et entreprend des grands travaux de restauration (voir le industriel de la campagne n’a pas débouché sur un résultat probant.
programme Restauration des Terrains de Montagne) avec l’idée que la Les industries n’ont pas perduré faute de rentabilité, principalement en
nature doit être domestiquée. Il installe ou restaure également des édi- raison des coûts élevés de transport. Le chemin de fer n’a pas apporté
efices publics tels que les écoles, les mairies, et les églises. Le 19 siècle l’ouverture économique escomptée. Alors, à un moment où se généra-
voit la population du Valbonnais atteindre des sommets avec plus de lise un modèle de vie basé sur le confort et la consommation (l’Ameri-
1 200 habitants. On va chercher de la main-d’œuvre là où on peut pour can way of life), et où l’attrait pour les villes s’impose pour des raisons
faire tourner l’économie locale. Des italiens, puis plus tard des espa- économiques, le monde agricole entame à partir des années 60 une
gnols, viennent travailler comme bûcherons ou maçons. Des prisonniers déprise, qui voit les enfants d’agriculteurs se détourner du métier, et les
allemands sont même employés en 1916 à la construction du Pont du exploitations agricoles fermer les unes après les autres. Beaucoup pré-
Prêtre. Voici quelques exemples du dynamisme industriel de l’époque fèrent travailler comme mineurs à la Mure, gardant parfois quelques
(d’après Pour un art d’habiter le Valbonnais, p. 56) : animaux en complément. La hausse du pétrole dans les années 70
contribue à décourager les propriétaires de grandes batisses coûteuses
L'ancienne cimenterie
en énergie. Si l’on continue ci et là à venir s’y installer, la vallée, pour-du Pont du Prêtre.
tant, n’a plus rien à offrir. Pendant les vingt ans qui suivent, le territoire
se dépeuple. Le Valbonnais n’a pas su (pu ou voulu) prendre le virage
du développement touristique qui a caractérisé les massifs alpins, avec
le ski comme activité motrice. Il y a bien eu le projet de la station de ski
du Parquetout, qui aurait pu également desservir le sanctuaire de la Sa-
lette. Mais le projet a été jugé trop dangereux et trop coûteux. La mu-
nicipalité de Valbonnais d’alors s’est repliée sur la construction en 1972
d’un plan d’eau, misant là sur un tourisme local d’été. En 1973, le grand
virage attendu survient avec l’ouverture du Parc des Ecrins. Cette ré-
de 1821 à 1878 : exploitation d’un filon d’anthracite à Entraigues orientation totale du modèle économique, basé désormais sur la conser-
de 1834 à 1899 : exploitation d’une carrière de marbre statuaire blanc vation du territoire, s’est accompagnée de quelques conflits d’intérêt, à
à Valsenestre commencer par un conflit avec les chasseurs.
1868 – 1939 : exploitation des cimenteries Pelloux au Pont du Prêtre
1872 : creusement du canal du Beaumont
1920 : mise en service de l’Usine hydroélectrique de Malbuisson
1925 : mise en service de la ligne de chemin de fer La Mure / Valbon-
nais pour la cimenterie
1932 – 1949 : fonctionnement de la ligne de chemin de fer électrifiée
1939 : fermeture de la manufacture de draps de Pont Battant, à En-
traigues
Le viaduc de
La Bonne.
Le Plan d'eau.
Le château
et l'église.
eNéo-ruralisme du 21 siècle
Le Valbonnais est aujourd’hui un pays de néo-ruraux, même si des fa-
milles installées de longues dates contribuent à cimenter l’esprit et la
culture de la vallée. De nombreuses maisons ont été restaurées, mar-
quant un intérêt nouveau qui a fait s’envoler les prix au cours des an-
nées 2000, même si beaucoup restent à vendre. Une seule entreprise de
taille s’est installée : il s’agit de Valécrin, l’unique « eau de montagne »
de l’Isère et du Parc des Ecrins. Reste que pour ne pas se contenter de
esurvivre, un modèle économique adapté au 21 siècle doit être inventé
en tenant compte de ses atouts : le climat, la faune et la flore, sa géo-
graphie, et sa proximité avec le parc des Ecrins.
9
D. TCHAG D. TCHAG
D. TCHAG D. TCHAGLA FERME
DUCHÂTEAU
GÎTE DE FRANCE 4 ÉPIS
PROGRAMMES
ACTIVITÉS
ÉTÉ-HIVER
SÉJOUR FAMILIAL
SÉJOUR CULTURE ET PATRIMOINE
SÉJOUR SPORTS & RANDONNÉES
SÉJOUR SKI

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Pays Basque 3ed

de lonely-planet

Népal 7

de lonely-planet