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Jean-Pierre Cottet Gérard Eymery
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Avril 1999
Rapport à Madame Catherine TRAUTMANN Ministre de la Culture et de la Communication en exécution de sa lettre de mission du 22 octobre 1998
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SOMMAIRE
I PROBLEMATIQUE GENERALE. 5 -
La France a une position originale. La numérisation des réseaux analogiques s’inscrit dans les mouvements plus vastes de la numérisation mondiale et de la convergence. Mais pour quelles raisons, comme la plupart de ses voisins européens, la France devrait-elle s’engager dans la mutation des réseaux analogiques terrestres hertziens ? Y- ila -dtes raisons sérieuses pour presser le pas ? Le mouvement semble inéluctable, mais nous pouvons éviter de le subir.
II - LES TROIS CHANTIERS DU NUMERIQUE TERRESTRE. 7
La numérisation du réseau hertzien terrestre sera, tôt ou tard, une réalité ; mais, suivant les chemins choisis, les conséquences économiques de la migration ne seront pas identiques. Trois types de mouvement doivent se déployer en harmonie.
1) LA COUVERTURE DU TERRITOIRE, DANS UN SCHÉMA DE COMPLÉMENTARITÉ DES MODES DE DIFFUSION.
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Sans signal pas de télévision ; mais est-il logique dimaginer une couveertrrueres trte numérique hertzienne qui reproduise le fin maillage rdéessaillgolaeuqi ? s seL xnaeua tes et lesréseaux câblés existent. Comment peuvent-ils fonctionner en complémentarité ?
1.1) LA COUVERTURE DU TERRITOIRE. 8 1.2) LA COMPLÉMENTARITÉ DES MODES DE DIFFUSION. 9 1.3) LES INCIDENCES DE LA COMPLÉMENTARITÉ DES RÉSEAUX. 10 2) L’ÉQUIPEMENT DES MÉNAGES. 11
Sans parc de téléviseurs pas de public, sans public pas de chaîne, sans chaîne pas d’achat de poste de télévision. Que faut-il prospeor aux usagers pour quils acceptent rapidement dabandonner leurs postes analogiques et d’acquérir un poste susceptible de lire le numérique ? Un poste bi-standard ? Un poste numérique intégré ? De toutes façons la bataille des erbso ît«i extérieurs » va avoir lieu. Récepteurs, boîtiers. Et les antennes ?
2.1) LA PROBLÉMATIQUE. 2.2) LA CONCEPTION DES FUTURS TÉLÉVISEURS NUMÉRIQUES 2.2.1) Le téléviseur numérique dit intégré. 2.2.2) Le téléviseur numérique et analogique. 2.2) LES BOÎTIERS. 2.3) LES ANTENNES. 3) LES CHAÎNES, LES PROGRAMMES ET LES SERVICES.
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La qualité du programme doit être la finalité de l’opération. L’augmentation de la diversité de l’offre ne signifie pas, pour autant, la prroegssion de la qualité. La multiplication des canaux peut avoir des conséquences contradictoires pour les programmes et pour l’intérêt social de la télévision. La télévision locale est l’enjeu principal de cette mutation. La multidiffusion ouvre de nouvelles possibilités de programmation.
3.1) LES CONSÉQUENCES PRÉVISIBLES POUR LA PRODUCTION DE PROGRAMMES, ET SUR LA CONCEPTION DES GRILLES DE PROGRAMMES. 16 3.1.1) Les effets négatifs de la numérisation du réseau terrestre. 16 a)La fragmentation des publics et des budgets. 16 b) Plus d’achats et moins de production ? 17 c) L’affaiblissement, voire la marginalisation, de l’influence des grandes chaînes généralistes et la multiplication des accès sélectifs. 18 3.1.2) Les possibilités offertes par le nouveau réseau. 19 2
a) La télévision de proximité. b) L’adaptation au rythme de vie des téléspectateurs.
III - LE ROLE SPECIFIQUE DE LA TELEVISION PUBLIQUE. 21
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Une fois de plus, dans une période de mutation, le secteur public de la télévision doit jouer un rôle e « défricheur ». La télévision publique doit exploiter les vertus du numérique et contribuer à atténuer les prises de risques liées à l’apparition de ces nouveaux réseaux.
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1) FRANCE 3 EST AU CENTRE DES ENJEUX. 2) LES AUTRES CHAÎNES DU SECTEUR PUBLIC 3) UN RÔLE IMPORTANT POUR LA TÉLÉVISION PUBLIQUE
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IV - DES PISTES POUR LA MISE EN ŒUVRE. 23
1) QUELS PROGRAMMES POUR UNE PÉRIODE DE TRANSITION ? 1.1) LE SIMULCAST. 1.2) D’AUTRES PROGRAMMES ET SERVICES 1.3) LES TÉLÉVISIONS LOCALES. 2) LES CONDITIONS D’ATTRIBUTION DES MULTIPLEXES.
3) UN CALENDRIER ENVISAGEABLE. 4) LA NUMÉRISATION CONCERNE L’ENSEMBLE DU SECTEUR DE LA COMMUNICATION.
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EN GUISE DE CONCLUSION. 30
ANNEXES   33
LETTRE DE MISSION PERSONNALITÉS RENCONTRÉES
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« Aucun projet de refondation hertzienne n’a encore été lancé, donc on ne sait pas affirmer aujourd’hui quels services bénéficieront des fréquences qui deviendront libres. Il est clair que ces projets de libération et de réutilisation s’inscrivent dans une logique européenne et d’harmonisation des utilisations des fréquences et des normes techniques. Une décision d’introduction de la télévision numérique ouvrira des perspectives pour des services candidats à ces fréquences libérées et laissera le temps d’étudier et de faire mûrir des projets. »
Rapport de l’Agence Nationale des Fréquences. "Etude sur la planification des fréquences en vue de l'introduction en France de la télévision numérique de terre - DVB-T" du 10 mars 1998
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I PROBLEMATIQUE GENERALE. -
La France, dans la course à la numérisation des réseaux de diffusion, a une position originale. En effet la diffusion et la distribution numérique existent sur son territoire depuis 1996 avec le salltitee et le câble. Toutefois, dans notre pays, la télévision hertzienne analogique terrestre demeure, et de loin, le mode le plus courant de réception de la télévision (85 % des foyers) et la question de la numérisation de ce réseau semble se poser désormais avec acuité, car de nombreux partenaires européens se sont déjà engagés dans cette mutation. Aujourd’hui, la Grande-Bretagne, l’Irlande, la Norvège, la Suède, les Pays-Bas et l’Espagne ont débuté des procédures d’installation du numérique terrestre, et l’Allemagne est en train de définir les siennes. De leur côté, le Japon et les États-Unis mettent également en œuvre des politiques volontaristes de numérisation de leurs réseaux terrestres hertziens.
Les questions qui accompagnent la mutation du réseau terrestre hertzien s’inscrivent dans le contexte, beaucoup plus large, du développement des techniques de communication numérique et du mouvement de convergence. Cette évolution mondiale est justifiée par les performances techniques du numérique en matière de production de programmes audiovisuels et de leur diffusion, associée à la diversité des modes de transport (satellite, câble, hertzien terrestre, réseaux filaires comme l’ADSL, etc.). Les conséquences semblent bénéfiques, pour la circulation des œuvres et des idées, et pour la qualité de conservation et de reproduction des documents. Cette évolution du « hard » a évidemment des conséquences sur la forme, le contenu et l’économie des programmes et la structure des grilles de programmes qui, à leur tour, engendrent des changements dans les modes de consommation de la télévision par le public. Fabrication, diffusion, stockage, le « tout numérique » devient désormais possible et appelle à une cohérence technique des différents réseaux.
Sans être décisive pour l’évolution de ce mouvement général, la numérisation du réseau terrestre hertzien est une des étapes de la mise en harmonie des réseaux de production et de diffusion puisque, in fine, pour éviter les déperditions, la totalité du dispositif devra parler « la même langue ».  
L’extinction, au bout du processus de numérisation, du réseau analogique est, pour les programmes, un moment crucial de rupture. En effet, avec les réseaux analogiques peut aussi disparaître une certaine idée de la télévision et une façon de la consommer. Il est cependant difficile de s’y opposer car, au fil des années, dans un paysage européen progressivement gagné par le numérique, l’existence d’un réseau analogique dominant peut devenir rapidement un archaïsme technologique. A terme, ce réseau est donc condamné ; mais y a-t-il urgence à engager le processus de remplacement ?
Même si d’autres pays ont déjà fait le choix de la numérisation et l’ont engagée, la France n’est pas en retard. Si l’on considère que la qualité du service pour les téléspectateurs français doit être la première préoccupation, on constate qu’aujourd’hui le public de la télévision jouit d’une grande diversité en matière de choix de programmes et que l’offre est également de qualité.
Sur un plan technique, la numérisation de la diffusion permet, essentiellement, de multiplier la quantité d’informations véhiculées dans l’espace hertzien et d’augmenter la fiabilité des réseaux. Sur le plan économique, le coût de diffusion diminue, et la création de nouvelles chaînes et de nouveaux services est la conséquence immédiate de ces vertus techniques et économiques. La numérisation du signal analogique terrestre va encore
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enrichir et diversifier l’offre de programmes, et permettre de nouveaux modes de programmation. Elle signe la fin d'une conception des programmes, des grilles de programmes et des chaînes, jusque-là imposées par le nombre réduit de réseaux analogiques disponibles dans la bande VHF-UHF, 6 dans notre pays.
Ces possibilités de la technique devraient être confrontées à la réalité des besoins sociaux, des formes de consommation et de vie. Mais la dialectique de l’offre et du besoin est une « boîte noire » qui ne s’ouvre et ne révèle sa logique qu’après l’événement.
Il est difficile de se substituer aux futurs industriels, aux prochains responsables d’antennes et de programmes, aux auteurs ou réalisateurs à venir, aux millions de consommateurs potentiels, pour tenter de dire ce que doit être, ou sera, le programme numérique proposé sur le réseau hertzien numérique terrestre dans les années à venir.
Cependant, les programmes interactifs installés sur le câble, les stratégies de multidiffusion de Canal +, l’accès à internet à haut débit, les premières grilles de programmes et les premiers services proposés sur le réseau terrestre numérique par nos partenaires européens, ou encore, les grilles de programmes des télévisions de proximité, sont autant d’indications de directions vers lesquelles les programmes hertziens numérisés français vont peut-être s’orienter. Pour tenter d’appréhender les conséquences sur les programmes, il faut donc apprécier les potentialités techniques de ce nouveau réseau, d’observer quelques modèles existants qui semblent préfigurer l’évolution. Enfin, il faut essayer de déterminer les faiblesses du système audiovisuel français que le numérique terrestre pourrait contribuer à corriger.
En France, le secteur de la télévision locale révèle de répétitives insatisfactions. Le numérique terrestre hertzien est, pour notre pays, un moyen efficace pour la diffusion de programmes locaux, pour la création de télévisions de communauté (professionnelles, culturelles etc.), et pour l’adaptation des grilles de programmes nationales à l’évolution du rythme de vie des Français et au respect de la différence des emplois du temps, en particulier entre les zones rurales, urbaines et périurbaines.
Sur le plan européen, le calendrier de la numérisation est bousculé par les initiatives de nos voisins (voir tableau ci-dessous). Le déploiement des plans de fréquences et la mise en œuvre concrète de la numérisation en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Espagne ont des incidences sur la disponibilité des futures fréquences numériques dans les zones frontalières. Au-delà des accords, le premier installé bénéficie d’une meilleure position de négociation en cas de problème technique, voire de conflit. Cette organisation pousse également, à une prise de position sans délais inutiles.
Enfin, la numérisation du réseau analogique aura une influence majeure sur l’évolution du marché de l’industrie électronique. La mutation du réseau et le genre de programmes ou de services offerts sur le réseau numérique hertzien vont déterminer le marché et la typologie des postes de télévision, l’existence ou non de « dénumérisateurs » ou de  décodeurs. La numérisation doit aussi permettre l’expansion du 16/9ème ou l’offre de services nouveaux, tels que les écrans nomades ou mobiles, les services interactifs, etc. Les premières chaînes numériques européennes vont donc donner l’orientation du marché et influencer la fabrication des récepteurs. En retour, la spécificité des téléviseurs présents sur le marché aura une influence sur la typologie des services et des programmes.
Nous pouvons éviter de subir ce mouvement.
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Il nous apparaît ainsi qu’avec sa propre méthode, son propre rythme, avec le souci premier de protéger au mieux les intérêts du public, du programme et de sa spécificité culturelle, la France doit donc également s’engager dans cette mutation et veiller à occuper, en Europe, l’espace numérique hertzien qui doit être le sien.
Date de Taux de Date Structure de l'offre de programmes Multiplex Moteur Accès démarrage couverture extinction d'interactivité condition au analogique -nel démarrage Public en Commercial Payant PPV clair en clair Grande- 15 nov-98 70%-90% 2015? 4 4 24 0 6 MHEG-5 Média Bretagne Guard Irlande 1er DVB 6 0 25 Javasep.2000 95% 27 puis 6 4 2009-2015 Norvège Courant 65% ? 2 2 puis 3 ? 0 2 2000 Suède 1er 4 8 % 2008-2012avr 99 50 3 puis 6 ? 0Senda VIAccess Allemagne ? ? 2010 ? ? ? ? ?OpenTV-MHP France ? 60%-80% ? ? ? ? 6 ? Hollande 2000/2002 18%-52% 2010 3+régions 7 2 0 5 puis 6 ? Danemark ? ? ? ? ? ? ? 4 ? Espagne 1999/2000 20%-50% 2012 4+régions ? 15 0 6 puis 11 ?
Tableau récapitulatif de l'état du développement du numérique terrestre hertzien en Europe
II - LES TROIS CHANTIERS DU NUMERIQUE TERRESTRE.
Abstraction faite des délais dans lesquels elle se produit, on peut considérer que la mutation du réseau analogique vers le numérique est une échéance fort probable. La marque de la réussite n’est donc pas l’aboutissement de la migration, mais la minimalisation du coût de ce transfert ; la minimalisation du coût pour l’Etat, pour les entreprises françaises et pour les consommateurs. L’importance de la dépense totale découle, en grande partie, de la durée de la période de transition. Le calcul des moyens à mettre en œuvre doit donc tenir compte du paramètre « temps » et de la nécessité d’abréger la période de migration. Le souci de raccourcir le temps du transfert ne doit cependant pas conduire à un volontarisme sans nuances. A l’inverse, la prudence ne peut justifier des mesures dilatoires ou ambiguës qui provoqueraient un gaspillage et un retard inutile. Chaque voie d’accès a une durée de transition et un coût. Une bonne gestion du calendrier est donc essentielle.
L’autre paramètre de la réussite est, au terme de la migraltieo nm,aintien d’une industrie de programmes en bonne santé et d’un niveau qualitatif ambitieux des programmes, alors que les conditions de production, de financement et de diffusion vont être bouleversées.
Les pouvoirs publics ne possèdent pas l’essentiel des clefs de la réussite ou de l’échec de l’opération. La décision d’engager la numérisation de l’hertzien terrestre donne le signal de démarrage de la période de transition pendant laquelle doit, rapidement, s’installer une offre de programmes et de services attractifs diffusés sur l’essentiel du territoire, en direction de ménages qui devront s’équiper de récepteurs numériques (poste de télévision et/ou décodeurs), en plus ou à la place de leurs équipements analogiques actuels. En effet, l’efficacité de la migration dépend de ces trois paramètres qui sont eux-mêmes interdépendants. Le progrès ou le retard de l’un a des conséquences sur l’état d’avancement de l’autre.
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Ces trois paramètres sont donc : 1) Le taux de couverture du territoire par les émetteurs numériques associés au câble et au satellite. 2) Le niveau d’équipement des ménages en récepteurs ou en décodeurs numériques. 3) des programmes et des services offerts enL’attractivité et la qualité diffusion numérique. Pour éviter les pertes de temps et les éventuels malentendus sources de gâchis, les opérateurs du signal, les diffuseurs de programmes, les industriels de l’électronique doivent partager les grandes lignes du projet de migration. L’orchestration de ces trois mouvements nécessite une politique d’incitation et de coordination. Il est donc nécessaire, dans la phase de transition, de créer une dynamique pour que le taux de couverture du territoire par le signal numérique, l’offre de programmes et le développement du parc de récepteurs numériques progressent à un rythme synchrone et soutenu.
1) LA COUVERTURE DU TERRITOIRE, DANS UN SCHEMA DE COMPLEMENTARITE DES MODES DE DIFFUSION.
1.1) LA COUVERTURE DU TERRITOIRE. Le taux de couverture du territoire, par les émetteurs numériques associés au câble et au satellite, est le premier mouvement essentiel de la migration. Le rapport de l’Agence Nationale des Fréquences établit les disponibilités immédiates de fréquences. Sans remettre en question les fréquences analogiques en cours d’utilisation, les premiers multiplexes disponibles vont permettre l’existence d’une période de transition, car il est nécessaire que les programmes émis en numérique soient immédiatement et largement accessibles.
Le rapport de l’Agence Nationale des Fréquences précise que :
« L’étude sommaire des scénarios sur la zone parisienne et de la Bretagne montre qu’il est possible de dégager au moins 6 fréquences, en incluant les fréquences du réseau multiville dont les fréquences n’ont pas été utilisées. »
Cet objectif de 6 multiplexes diffusés, dans la phase de lancement, en cohabitation avec les réseaux analogiques, est à la hauteur des chiffres retenus par les grands pays européens. Il faut noter que, suivant le rapport de l’Agence Nationale des Fréquences, la préservation des 6 multiplexes contraint au gel des fréquences analogiques aujourd’hui encore disponibles et qui font, ou peuvent faire, l’objet d’un appel aux candidatures du CSA.
Les 6 réseaux sont ainsi constitués :
·  %4 réseaux multiplexes couvrent 80 de la population française (18 millions de foyers TV)
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· 2 réseaux multiplexes couvrent 60 de la population française (13 % millions de foyers TV)
Ils peuvent véhiculer chacun de 4 à 6 can1mes gramen2  4ostip or à63ua ,x tout2. TDF dans une note destinée à alimenter les travaux de cette mission se montre plus optimiste :
« Pour approfondir les premières évaluations de l’efficacité de la desserte en TV numérique de terre, TDF a retenu un ensemble d’hypothèses de taux de couverture en fonction du nombre d’émetteurs. Ces hypothèses sont établies sur la base des taux de populations desservies par les réseaux TF1, F2, F3, d’une part (réseaux à couvertures maximales) et par les réseaux Arte, La Cinquième, et M6 d’autre part (réseaux à couverture moindre).
Les résultats de cette étude complémentaire sont plus favorables que ceux du rapport de l’ANFR :
· A partir des 150 sites les plus importants, c’est 76 % de la population qui serait desservie.
· En équipant les 100 sites supplémentaires qui desservent actuellement chacun plus de 10 000 habitants, on atteint le seuil de 80 % de population mentionné dans le rapport de l’ANFR.
· En équipant les 800 sites supplémentaires de diffusion desservant chacun actuellement les bassins de population compris entre 1 000 et 10 000 habitants, on atteint 85 % de la population.
De fait, les résultats seront sans doute plus favorables car les téléspectateurs en marge des dessertes numériques n’hésiteront pas à améliorer leur antenne extérieure pour capter les nouveaux programmes. Ce mécanisme a existé lors des déploiements des 5ème et 6ème réseaux analogiques, et il se développe au Royaume-Uni pour les réseaux numériques. La TV Numérique de Terre en France devrait pouvoir bénéficier du même mécanisme. »  
1.2) LA COMPLEMENTARITE DES MODES DE DIFFUSION. Ce réseau hertzien doit être complété par l’utilisation du câble et du satellite, car il n’est pas logique, aujourd’hui, d’imaginer à terme une mutation de l’analogique vers le numérique qui viserait à remplacer, émetteur par émetteur, l’actuel réseau terrestre. La numérisation du signal passe par une utilisation complémentaire et rationnelle des différents modes de diffusion ou distribution3. L’installation du numérique terrestre hertzien doit donc tenir                                            1Dans ce rapport, l'acception retenue pour le mot "canal" est une unité de division d'un multiplexe, c'est à dire la quantité de ressource allouée pour un service. 2Une gestion dynamique des capacités offertes aux différents programmes regroupés au sein d’un multiplexe en fonction de leur besoin semblerait autoriser à terme, selon le type de programmes, de 6 à 8 chaînes par multiplexe (technique du multiplexage statistique). 3 « le plus simple ».Les clients confrontés aux trois offres considèrent que le réseau terrestre est le moyen Ainsi, en Grande-Bretagne, Ondigital indique que 25 % de ses clients étaient auparavant abonnés au câble 9
compte de l’existence des réseaux câblés et de leur développement, ainsi que de la couverture par satellite. L’utilisation des différentes techniques de diffusion, en fonction de la spécificité des lieux ou du programme, doit contribuer à une amélioration de la gestion du spectre des fréquences et à une diminution des coûts de diffusion.
L’utilisation complémentaire du réseau terrestre, du câble et du satellite suppose que les chaînes publiques soient reprises sur chacun de ces supports suivant un principe de « must carry », c’est à dire une obligation de transport4.
Sur les 23 millions de foyers que comportera la France2 0en1 0, on peut estimer que 9 millions de foyers seront situés sur des zones câblées (la moitié étant effectivement raccordée) et plus de 5 millions de foyers auront un équipement pour capter les satellites. Donc plus de la moitié de la population disposera d’un moyen de réception autre que les réseaux terrestres he5.rtziens
Il est impossible de ne pas en tenir compte.
1.3) LES INCIDENCES DE LA COMPLEMENTARITE DES RESEAUX. Cette affirmation et ce souci de la complémentarité des modes de transports, a de nombreuses incidences :
· Elle permet de placer les opérateurs de services dans une logique complètement « utilitariste » en terme de rapport coût/efficacité, sachant que la desserte terrestre des derniers pourcentages de la population (environ les derniers 15 %) est beaucoup plus coûteuse qu’une desserte par satellite. Sur les coûts de l’opération, TDF fournit les indications suivantes :
« Pour un déploiement qui porterait sur les 250 sites les plus importants (desservant un bassin de population au moins égal à 10000 habitants), les premières estimations menées par TDF établissent vers 3 milliards de francs le montant des investissements pour la diffusion de 6 multiplexes. Ces montants sont étroitement liés au service souhaité par chaque opérateur ; par exemple dans le cas d’une régionalisation des multiplexes, mais aussi en fonction du degré de sécurisation souhaité du réseau de diffusion. Cette évaluation ne prend pas en compte les nécessaires travaux de réglage des réémetteurs analogiques (les réaménagements) qui sont nécessaires à la mise en place des diffusions numériques à grande puissance.                                                                                                                 ou au satellite et que 84 % des abonnés estiment que « c’est le moyen le plus simple pour recevoir de la télévision numérique ». 4Ce principe d’obligation de transport du signal des programmes des chaînes publiques est incompatible avec l’actuelle exclusivité de TPS. Le principe du « must carry » est déjà posé pour les réseaux câblés et étendu à l'ensemble des chaînes historiques. En effet toutes les chaînes hertziennes normalement reçues sur le site, qu’il s’agisse de chaînes publiques ou de chaînes privées, doivent être reprises par le câblo-opérateur. 5Il est cependant possible que ces estimations faites, alors qu’existent des réseaux analogiques qui couvrent le territoire à 99 %, se révèlent faussées par la perspective de l’arrêt du réseau analogique et l’installation progressive d’un réseau terrestre numérique qui ne couvrirait pas la totalité du territoire. 1
Pour le montant des prestations de diffusion, il faut tout d’abord relever que les coûts progressent pendant la période des déploiements en fonction du nombre des équipements effectivement installés ; le montant en régime établi de la prestation ne serait atteint qu’au-delà de la cinquième année dans un scénario de déploiement rapide (…) Cette montée en puissance de la charge de diffusion est à mettre en parallèle avec la montée en puissance des recettes des opérateurs. »
· Elle permet à l’inverse pour certaines zones, urbaines ou frontalières, où la desserte hertzienne se heurte à des difficultés de disponibilité de fréquences, mais où existent des réseaux câblés, de proposer une offre à peu près aussi large que sur le reste du territoire.
· de la diffusion hertzienne, conçue dans laMais, la numérisation complémentarité des transports, a aussi des répercussions sur les types de programmes qui sont appelés à circuler sur ce réseau hybride (câble, hertzien, satellite). Par exemple, certains des programmes thématiques aujourd’hui diffusés par le câble et dans les bouquets de programmes des satellites peuvent aspirer à une économie différente en accédant à la diffusion, simultanée et complémentaire, sur le réseau numérique terrestre hertzien. Ainsi, les multiplexes rapidement disponibles pourraient être en grande partie occupés par la diffusion de ces chaînes payantes soumises à un accès conditionnel et diffusées sur le câble et/ou le satellite actuellement.
2) L’EQUIPEMENT DES MENAGES.
2.1) LA PROBLEMATIQUE. Le passage de l’analogique terrestre hertzien au numérique est rendu difficile principalement par le fait, qu’aujourd’hui, la totalité du parc des postes de télévisions (34 millions) ne peut recevoir, directement, que des programmes reçus en analogique. Tout a été logiquement conçu pour délivrer un signal analogique à des postes de télévision ou des systèmes de réception qui ne reconnaissent que ce type de signal. L’émission de programmes sur un réseau numérique hertzien ne s’adresserait aujourd’hui à personne, et il faut créer ex-nihilo le parc de matériels qui permet la réception.
Le démarrage du numérique terrestre hertzien vient compliquer un dispositif d’émission-réception qui était déjà complexe. En effet, le nombre de cas de connexions possibles est amplifié par l’existence de plusieurs modes de transport (câble analogique ou numérique, satellite analogique ou numérique, hertzien terrestre analogique ou numérique) et multiplié par la double possibilité d’accès conditionnel ou en clair.
Dans un tel dédale de propositions de connexions, il faut créer les conditions pour que les usagers identifient la spécificité de l’offre numérique de terre et acceptent, pendant la période de transition, de s’équiper d’un matériel leur permettant de recevoir le signal numérique hertzien et les programmes qui sont diffusés sur ce réseau. La proposition n’est acceptable que si la réception de ces nouveaux programmes ne se fait pas au détriment des programmes reçus jusqu’alors sur le réseau analogique, notamment les grandes chaînes historiques (TF1, France 2, France 3, M6, Canal Plus, Arte, La Cinquième).
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