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Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires européennes sur le projet de taxe sur les transactions financières

De
57 pages
Le présent rapport d'information analyse le projet de directive de la Commission européenne, présenté en septembre 2011, visant à instaurer une taxe sur les transactions financières (TTF) sur l'ensemble du territoire de l'Union européenne. Revenant sur l'échec de ce projet ainsi que sur les difficultés persistantes de la coopération renforcée à ce sujet, le rapport rappelle les origines de la TTF et identifie les prototypes existants, dont la TTF française, mise en place en 2012, qui se décline en trois taxes : une sur les achats d'actions, une autre sur le trading et une troisième sur les contrats d'échange sur défaut d'un Etat (CDS – « credit default swap »). Sur cette base, le rapport avance des pistes susceptibles de préfigurer la mise en place d'une coopération renforcée européenne qui réunirait onze Etats, à savoir la Belgique, l'Allemagne, l'Estonie, la Grèce, l'Espagne, la France, l'Italie, l'Autriche, le Portugal, la Slovénie et la Slovaquie.
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N° 259
SENAT
SESSION ORDINAIRE DE 2012-2013
Enregistré à la Présidence du Sénat le 21 décembre 2012
RAPPORT D´INFORMATION
FAIT
au nom de la commission des affaires européennes (1) sur leprojetdetaxesur lestransactions financières,
Par Mme Fabienne KELLER,
Sénateur.
(1) Cette commission est composée de :M. Simon Sutour,présidentAlain Bertrand, Michel Billout, Jean Bizet,; MM. Mme Bernadette Bourzai, M. Jean-Paul Emorine, Mme Fabienne Keller, M. Philippe Leroy, Mme Catherine Morin-Desailly, MM. Georges Patient, Roland Ries,vice-présidents; MM. Christophe Béchu, André Gattolin, Richard Yung,secrétaires; MM. Nicolas Alfonsi, Dominique Bailly, Pierre Bernard-Reymond, Éric Bocquet, Gérard César, Mme Karine Claireaux, MM. Robert del Picchia, Michel Delebarre, Yann Gaillard, Mme Joëlle Garriaud-Maylam, MM. Joël Guerriau, Jean-François Humbert, Mme Sophie Joissains, MM. Jean-René Lecerf, Jean-Louis Lorrain, Jean-Jacques Lozach, François Marc, Mme Colette Mélot, MM. Aymeri de Montesquiou, Bernard Piras, Alain Richard, Mme Catherine Tasca.  
 
- 3 -
S O M M A I R E  
 
Pages
INTRODUCTION : UNE TAXE FACILE À CONCEVOIR, DIFFICILE À METTRE EN ŒUVRE..................................................................................................................................5 . 
I. AUX ORIGINES DE LA TAXE SUR LES TRANSACTIONS FINANCIÈRES.................... 11 A. DE KEYNES À TOBIN ........................................................................................................... .. 11 
B. UNE CONSÉQUENCE DE LA CRISE DE 2008........................................................................ 12 
C. LE DÉBAT SUR UNE CONTRIBUTION PLUS IMPORTANTE DU SECTEUR FINANCIER.............................................................................................................................. 13 
1. La taxe sur les activités financières......................................................................................... 13 2. La taxe bancaire de risque systémique française..................................................................... 14 3. Le fond du débat : souverainet é fiscale et égoïsmes nationaux................................................ 14 
D. LES PROTOTYPES DE LA TTF ............................................................................................... 15 
1. Le droit de timbre en Suisse..................................................................................5..1 ................ 2. La « Stamp Duty » britannique6.. 1.............................................................................................. 3. L’ancien impôt d’opération de bourse français....................................................................... 16 
E. LE CHOIX FISCAL DE L’ANGLETERRE À PARTIR DE 2008 : LA TAXE SUR LE PASSIF ET L’OPPOSITION DÉTERMINÉE À LA TTF .......................................................... 17 
II. LES RAISONS DE L’ÉCHEC DU PROJET DE LA COMMISSION ET LES  DIFFICULTÉS DE LA COOPÉRATION RENFORCÉE..................................................... 21
A. L’AMBITIEUX PROJET DE DIRECTIVE DU 28 SEPTEMBRE 2011 ..................................... 21 
1. Des objectifs trop nombreux et très ambitieux......................................................................... 21 2. L’assiette de la TTF : le princi pe de résidence et l’extraterritorialité..................................... 21 3. Des exonérations nécessaires mais insuffisantes..................................................................... 23 4. Des taux faibles en apparence................................................................................................. 24 5. Le risque d’un impact négatif sur les marchés........................................................................ 24 
B. LES RAISONS DE L’ÉCHEC DU PROJET DE LA COMMISSION ......................................... 24
 
1. Taxer davantage le secteur financier : une augmentation en trompe-l’œil ?........................... 25 2. Le renchérissement du coût du crédit...................................................................................... 25 3. Le risque de délocalisation.........................................................52 ............................................ 4. Réaffirmation du princi pe de territorialité.............................................................................. 26 5. La taxation à l’achat et à la vente........................................................................................... 27 6. Les taux de la taxe...................................................................................................... 27............ 7. Le financement de l’économie nationale................................................................................. 27 
C. LA POSITION DU PARLEMENT EUROPÉEN : ENTRE RÉALISME ET EXCÈS D’AMBITION ..................................................................................................................... ...... 27 
4 - -
D. LE REPLI STRATÉGIQUE SUR UNE COOPÉRATION RENFORCÉE ................................... 28 
III. LA TTF À LA FRANÇAISE : PRÉFIGURATION D’UN MODÈLE POSSIBLE ET D’UN COMPROMISA MINIMA?................................................................................... 31 
A. TROIS TAXES EN UNE.......................................................................................................... .. 31 
1. La taxe sur les achats d’actions françaises............................................................................. 31 2. La taxe sur le trading à haute fréquence................................................................................. 33 3. La taxe sur les CDS souverains nus........................................................................................ 34 B. DES PRINCIPES CLAIRS MAIS DES RÉSULTATS MITIGÉS ............................................... 36 
C. DES PISTES POUR LA NÉGOCIATION D’UNE COOPÉRATION RENFORCÉE .................. 38
 
1. Assurer l’autorisation et la réussite de la coopération renforcée............................................ 38 2. Limiter les buts assignés à la TTF........................................................................................... 39 3. Recenser les difficultés juridiques, économiques et administratives liées à la création d’une TTF limitée aux États membres de la coopération renforcée......................................... 39 4. Reconnaître que le champ d’application est imposé par les connaissances que l’on a des transactions et que ce champ s’étendra grâce à MiFID et à EMIR................................... 39 5. Adopter le principe de « territorialité limitée »....................................................................... 45 6. Éviter de créer une taxe supplémentaire sur l’épargne........................................................... 46 7. Ne pas gêner le financement des entreprises et des États........................................................ 47 8. Maintenir les taux aussi bas que possible............................................................................... 47 9. Affecter le produit de la TTF au budget de l’Union................................................................. 47 
ANNEXE 1 PROPOSITION DE RÉSOLUTION EUROPÉENNE............................................ 49
ANNEXE 2 LISTE DES PERSONNALITÉS AUDITIONNÉE  
S
 
............................................... 53 
 
- 5 -   
UNE TAXE FACILE À CONCEVOIR, DIFFICILE À METTRE EN ŒUVRE
  àUne longue histoire qui pourrait aboutir une coopération renforcée
Évoquée par Keynes en 1936 et théorisée pour le marché des changes par Tobin en 1972, la taxe sur les transacti ons financières (TTF) a fait l’objet d’un projet européen en 2011. Dans un texte du 28 septembre 2011, la Commission propose l’établissement d’un système commun de taxe sur les transactions financières dans l’Union européenne. Ce texte s’est heurté à des divergences fondamentales et insurmont ables au sein des 27 et, en conséquence, il a été im possible de se mettre d’a ccord. Le texte est devenu caduc, faute d’avoir obtenu le soutien unanime requis en matière de fiscalité.
Cependant, une coopération renforcée semble aujourd’hui possible qui réunirait onze États, à savoir la Belgique, l’Allemagne, l’Estonie, la Grèce, l’Espagne, la France, l’Italie, l’Autriche, le Portugal, la Slovénie et la Slovaquie. Entre temps, la France s’est dotée d’une taxe sur les transactions financières en 2012 et l’Italie vient de l’introduire dans son projet de budget pour 2013.
 La crise de 2008 a servi d’accélérateur
La taxe sur les transactions finan cières a toujours été présentée comme le grain de sable nécessaire pour ralentir celles des transactions financières indésirables parce qu’elles ne sera ient suscitées que par la spéculation et l’appétit du lucre ; elle a été par la suite présentée comme un moyen de financer l’aide au développement Cependant, avec l’éclatement de la crise financière de 2008, ses défenseurs ont invoqué de nouvelles raisons en faveur de sa création.
Premièrement, il semble juste que le secteur financier qui est en grande partie à l’origine de la crise financière de 2008 par sa gestion des «subprimes la sophistication des», mais aussi par la multiplication et opérations et des instruments financiers, apporte une contribution équitable et substantielle au rétablissement des grands équilibres publics. En effet, les États membres se sont attelés à la lo urde tâche de l’assainissement des finances publiques et ils ont besoin de ressources nouvelles.
Auparavant, au plus fort de la crise fi nancière, les gouvernements et les contribuables ont pris en charge le coût élevé du renflouement du secteur
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