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Surveillance des accidents avec exposition au sang dans les établissements de santé français en 2005 : résultats

De
76 pages
Depuis 1998, la surveillance des accidents avec exposition au sang (AES) est effectuée dans les établissements de santé français. Ce rapport présente les objectifs et les modalités de cette surveillance réalisée par le Réseau d'Alerte d'Investigation et de Surveillance des Infections Nosocomiales (RAISIN). La présente analyse correspond à la troisième année de fonctionnement sur la base de la méthodologie nationale RAISIN et agrège les données des réseaux des 5 CClin (Centres de coordination de lutte contre les infections nosocomiales).
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Maladies infectieuses
Surveillance des accidents avec exposition au sang dans les établissements de santé français en 2005
Résultats
Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin) CClin Est, CClin Ouest, CClin Paris-Nord, CClin Sud-Est, CClin Sud-Ouest, InVS http://www.invs.sante.fr/raisin/
Sommaire
Résumé ......................................................................2 I – Introduction 3 II – Objectifs 3 A – Connaître ....................................................3 B – Favoriser la prévention ..................................3 C – Réagir ........................................................3 III – Méthodes 4 A – Données recueillies ........................................4 B – Analyse des données ......................................4 IV – Résultats 4 A Origine des données constituant la base Raisin 2005 ..................................................4
B – Distribution des AES selon le type d’établissement ..................................5 C – Distribution des AES selon la taille des établissements ........................................5 D – Statut immunitaire des accidentes vis-à-vis de l’hépatite B ..............................................8 E – Délai de prise en charge (en heures) de l’accidenté ..............................................9 F – Circonstances de l’accident..............................9 G – Distribution des AES selon la nature de l’exposition et la fonction..........................12 H – Moment de survenue de l’AES (pendant / après le geste) ..............................24 I – Distribution des mécanismes en cause ............26
J – AES survenu pendant le geste ........................28
K – AES survenu après le geste ............................29
L – Personnes en cause ......................................30
M –Distribution des matériels en cause ................31 N – Distribution des matériels en cause selon le type d’AES ......................................33
O – Contribution du matériel à l’accident..............35 P – Contribution du matériel pour les AES impliquant des collecteurs ..................35 Q – Contexte de travail ......................................35 R – Prévention : protections utilisées ....................36 S – Prévention : Suggestions des agents ................39 T – Réaction à l’accident ....................................40 U – Statut sérologique du patient source................41 V – Suivi sérologique ........................................44 W –Prophylaxie VIH ..........................................46 V – Taux d’incidence 48 A – Taux pour 100 lits d’hospitalisation ................48 B – Taux pour 100 équivalents temps plein ............49 C – Taux d’incidence selon la taille des établissements ........................................53 D – Taux d’incidence selon la nature des établissements ........................................53 E – Taux d’incidence des AES impliquant un dispositif médical à risque ........................54 VI – Evolution depuis 2002 54 A – Taux d’incidence des AES par piqûre ..............54 B – Taux d’incidence des AES impliquant un collecteur jugé contributif de l’AES ............55
VII – Evolutions Raisins 2004 et 2005 56
A – Contexte de l’AES ........................................56
B – Incidence....................................................58
VIII – Discussion
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Annexes ....................................................................68
Références bibliographiques ......................................71 Index des tableaux et graphiques .............................. 72
Résumé
Sous légide du Réseau d'alerte, d'investigation et de surve illance des infections nosocomiales (Raisin) et avec le Groupe détude sur le risque dexposition des soignants aux agents in fectieux (Geres), les méthodes de surveillance des accidents exposant au sang (AES) font lobjet dun c onsensus et dun réseau national depuis 2002. Chaque établissement documentait de manière volontaire, a nonyme et standardisée tout AES chez un membre du personnel (étudiant ou stagiaire inclus) déclaré au médecin du travail du 1erjanvier au 31 décembre 2005. Les données étaient recueillies sur une fiche adaptée du Geres documentant les circonstances de lAES (nature, mécanisme, matériel en cause), son suivi (soins immédiats, suivi et prophylaxie éventuelle) et le statut infectieux du patient source. Lincidence des AES était rapport ée au nombre de lits dhospitalisation, aux nombres déquivalents temps plein (Etp) de professionnels et à la consommation de certains dispositifs médicaux. En 2005, 13 949 accidents d'exposition au sang étaient recensés dans 385 établissements. La couverture nationale du réseau peut être estimée à 13 % des établissements de santé et 34 % des lits soit une légère progression par rapport à 2004 qui confirme lassise large de ce réseau. Lincidence des AES trou vée pour 100 lits dhospitalisation est de 8,8. Sur la base des 4 61 774 lits dhospitalisation recensés en France (données SAE 2004) cela permet destimer à 40 620 (IC95 % : 40 243  40 998) le nombre dAES qui auraient été déclarés en 2005 aux Méde cins du travail des établissements de santé Français. La connaissance du statut du patient source vis-à-vis du VHC et du VIH, qui conditionne la prise en charge ultérieure du soignant, demeure encore dans plus de 20 % des cas inconnue. Le taux de prescription de la chimioprophylaxie antirétrovirale sest stabilisé à 4,5 % en 2005 et interrompue dans 46% des cas le plus souvent en raison de la connaissance a posteriori du statut négatif du patient source pour le VIH. Le délai médian de prise en charge dun soignant après son AES était dune heure démontrant le caractère très opérationnel de cette organisation en France. Comme en 2004 les aiguilles à suture arrivent en première position des AES liés à des aiguilles, avant les sous cutanés, avec 1 080 AES et 10 % de lensemble des accidents qui concerne les secteu rs de chirurgie, dobstétrique mais aussi de réanimation et durgence. Il paraît donc toujours nécessaire de favoriser la sécurisation de ce geste et de promouvoir lusage daiguille à bo ut mousse. Une comparaison portant sur les 258 établissements ayan t participé à la surveillance en 2004 et 2005 permet déjà de visualiser certains progrès significatifs. L observance du port du gant chez les victim es et la proximité du conteneur de sécur ité sont passées respectivement de 62,5 à 64,3 % et de 67,3 à 69,8 % entre 2004 et 2005. Lincidence des AES pour 100 lits dans ces établissements est restée stable à savoir 8,1 en 2005 contre 8,3 en 2004 et on a enregistré une augmentation significative des AES liés aux systèmes de prélèvements sous vide pa ssant de 5,1 pour 100 000 dispositifs en 2004 à 6,8 en 2005. La mise en commun des données 2005 de surveillance des AES conf irme la forte implantation de ce réseau en France et témoigne de limplication des médecins du travail dans la préven tion de ce risque. Les données RAISIN permettent dobjectiver la poursuite de lamélioration de lobservance des précautions standards sans baisse significative associée des AES cette année. La poursuite de limplantation des dispositifs de sécurité doit permettre une baisse du risque dans les années à venir e t le dispositif national de surveillance est à même de pouvoir lobjectiver.
 
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I - Introduction
Le contexte réglementaire et scientifique de ces dix dernière s années a conduit à positionner la surveillance des Accidents ave c exposition au sang (AES) comme un impératif pour chaque ét ablissement de santé. La circulaire n° 249 du 20 avril 1998 souligne que l'interprétation des données de surveillance des AES par le médecin du travail, en collaboration avec le Comité de lutte contre les infections nosocomiales (Clin), doit permettre d'identifier les circonstanc es de survenue des AES (matériel utilisé, geste effectué). Cette surveillance doit aussi permettre de déterminer , en concertation avec les différents acteurs, les actions à me ttre en place (information, formation, organisation du travail, élaboration de protocoles de soins incluant la sécurité du personnel, c hoix de matériel). Dès 1998, le Comité technique national des infections nosocom iales (Ctin) a placé la surveillance des AES comme une des priorités devant faire l'objet d'un consensus national en terme de méthode de recueil et d'analyse des données au même titre que la surveillance des infections du site opératoire, des Bactér ies Multi-Résistantes (BMR), des bactériémies et des infection s en réanimation. La mise en place de ce travail dharmonisation méthodologique a été confiée au Réseau d'alerte d'investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin). Ce réseau associe lInstitut de veille sanitaire, et les Centres de coordination de lutte contre les infections nosocomia les (CClin), selon la thématique, des représentants de réseaux experts déjà présents en France. Pour la surveillance des AES, le Geres a été de ce fait un des partenaires du Raisin. Le groupe de travail du Raisin chargé de proposer une méthod ologie nationale de surveillance a été mis en place en fin dannée 2001 et la méthodologie nationale issue de sa réflexi on a été validée en septembre 2002. Deux rapports relatifs aux années de recueil 2002 et 2003 ont déjà été produits. La présente analyse correspond à la troisième année de fonctionne ment sur la base de la méthodologie nationale Raisin et agrège les données des réseaux des 5 CClin. Deux rapports relatifs aux années de recueil 2003 et 2004 ont déjà été produits.
II - Objectifs
A Connaître -
Mettre en uvre lorganisation d'un recueil épidémiologique st andardisé de données de surveillance à partir dun réseau détablissements pour obtenir des données épidémiologiqu es comparables au niveau interrégional, puis national. Constituer une base nationale large permettant des études épid émiologiques plus pertinentes dans des domaines tels que les matériels, les accidents à risque (VHB chez les non vaccinés par exemple) ou le coût de la prise en charge.
B - Favoriser la prévention
Permettre aux établissements de comparer leurs données à des résultats interrégionaux puis nationaux recueillis selon une méthodologie similaire. Permettre aux établissements nayant pas lhabitude de ce type de surveillance de se former à la réalisation de ce suivi épidémiologique.Diffuser ou mieux faire connaître des initiatives pédagogiqu es réussies dans le domaine de la prévention des AES.
C - Réagir
La mise en place dans le cadre du Raisin d'un groupe de réfl exion permanent sur les AES doit permettre une réactivité plus grande sur certaines alertes ou phénomène nouveau.
 
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III - Méthodes
Le médecin du Travail est la personne chargée du recueil épidémiologique des données concernant les accidents avec exposition au sang et du remplissage de la fiche Raisin. Chaq ue établissement documente de manière volontaire, anonyme et standardisée tout AES chez un membre du personnel soignant ou non (étudiant ou stagiaire inclus) déclaré au médecin du travail du 1er avec exposition au sang tout contact percutané au 31 décembre 2005. Etait défini comme accide nt janvier (piqûre, coupure) ou muqueux (il, bouche) ou sur peau lés ée (eczéma, plaie) avec du sang ou un produit biologique contenant du sang. A - Données recueillies
La fiche de recueil et le guide de codage utilisés étaient ceux conçus et réactualisés en 1999 par le Geres et le CClin Paris-Nord et harmonisés dans le cadre du Raisin . Ceux-ci sont accessibles à l'adresse suivante:http://svni.wwwf.etnas.inisrar//à la rubrique Incidence. Les questions 1 à 49 constituaient le corpus commun devant exister dans les différents réseaux de surveillance CClin. Les questions 50 à 55 étaient à utiliser par les CClin souhaitant a pprofondir les informations sur la chimioprophylaxie. Hormis pour le CClin Sud-Est, le choix des CClin a été de conserver ces items. Une fiche par établissement devait également être complétée afin d'avoir des dénominateurs et des variables de stratification. Cette fiche complétée au terme de la période de surveillance contenait des données administratives relatives à l'année civile 2005 (période de surveillance) : ventilation des personnels par catégories, taille de létablissement et activité en termes de nombre de lits et nombre dadmissions par grands types de séjour. Dans le cadre du projet national, depuis 2003 des indicateurs de consommation de certains dispositifs médicaux à risque sont à faire compléter par la pharmacie de létablissement. Cette fiche est également accessible à l'adresse suivante : http://www.invs.sante.fr/raisin/ à la rubrique Incidence. B - Analyse des données
Au sein du document : - sous le terme IDE seront regroupées les infirmièr(e)s et les infirmièr(e)s spécialisées (IBODE et IADE). - considérés comme accidents évitables à l'instar du Geres et du CClin Paris Nord les AES survenus aprèsseront le geste et liés au non respect des Précautions Standard (annexe 2).
IV - Résultats Entre le 1er et le 31 décembre 2005, 13 949 accidents dexposition au sang ont été recensés (médiane par janvier établissement : 14, étendue par établissement : 0 à 528). A - Origine des données constituant la base Raisin 2005  Etablissements Lits AES  N % N % N % CClin Ouest 47 12,2 20 687 13,1 1 505 10,8 CClin Est 3910,1 17 579 11,1 1 381 9,9 CClin Sud-Est 127 33,0 *38 507 24,3 2 498 17,9 CClin Sud-Ouest 75 19,5 32 240 20,4 3 031 21,7 CClin Paris Nord 97 25,2 49 457 31,2 5 534 34,2 Total 385 100,0 158 470 100,0 13 949 100,0 *N=126 établissements du fait dun centre dhémodial yse ne comptabilisant pas de lits mais des places.
 
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B - Distribution des AES selon le type d'établissement
 Etablissements AES  N % N % CHU 26 6,8 4988 35,8 Centre hospitalier 158 41,0 6667 47,8 PSPH 51 13,2 725 5,2 Psychiatrie 34 8,8 420 3,0 Hôpital local 23 6,0 90 0,6 Clinique privée 65 16,9 844 6,1 Autres* 28 7,3 215 1,5 Total 385 100,0 13 949 100,0 *Autres : 3 Hôpitaux militaires, 21 privés non psph (1 structure HAD, 13 SSR et 7 divers), 4 publics (1 SSR, 3 SLD).
C - Distribution des AES selon la taille des établissements
Taille
N * établissements
AES**
N moyen/étab Min. Perc.25
Médiane
Perc.75
Max.
< 300 202 1 966 9,7 0 7 7 14 64 300-499 75 2 058 27,4 0 12 24 35 106 500-999 79 4 722 59,8 0 31 50 73 232 > 1 000 28 5 194 185,5 32 81 139,5 280 528 *N=384, **N= 13 940 du fait dun centre dhémodialys e ne comptabilisant pas de lits mais des places. Figure 1 : Distribution des services ayant déclaré au moins un AES en 2005, selon leur spécialité
 
MEDECINE BLOC CHIRURGIE URGENCES GERONTOLOGIE REANIMATION PSYCHIATRIE4,2 GYNECO-OBSTETRIQUE4,1 MED. PEDIATRIQUE2,6 LABORATOIRES2,5 CONSULTATIONS2,5 SERV. GENERAUX2,2 EXPLORATIONS2,1 AUTRE2,0 INCONNUE0,9 HAD0,3
0
5
8,6 8,2 8,0
10
5
12,9
15
15,6
20
23,5
25%
 
Figure 2 : Détail des catégories de personnels concernés
Personnel non médical
Médecins
Elèves
Etudiants/externes
Personnels médico-techniques
3,3
2,6
Autres personnels1,2
Inconnu0,1
0
10
11,4
16,1
20
6
30
%
40
50
60
65,2
70
Un pour Un
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