Données épidémiologiques sur le cancer du col de l'utérus : état des connaissances - actualisation 2008

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Le carcinome du col de l'utérus est une pathologie d'origine infectieuse. Il est au deuxième rang des cancers chez la femme dans le monde en termes d'incidence et au premier rang en termes de mortalité, principalement dans les pays en voie de développement. Dans les pays industrialisés, l'amélioration des conditions d'hygiène et de vie ainsi que l'apparition il y a une cinquantaine d'années d'un test cytologique de dépistage, le frottis cervico-utérin, a permis de faire chuter l'incidence et la mortalité de ce cancer. Candidat idéal au dépistage par son évolution lente et l'existence de nombreuses lésions précancéreuses curables, il s'agit d'un cancer pouvant potentiellement devenir en France une maladie rare. Ce document dresse un état des connaissances (mis à jour en mars 2008) sur le cancer du col de l'utérus : son épidémiologie (incidence et mortalité) en France et sa position en Europe et dans le monde ; sa survie relative à 5 ans ; son histoire naturelle depuis l'infection par un papillomavirus humain oncogène jusqu'au cancer invasif. Il présente également les recommandations et les résultats d'évaluation du dépistage en France ainsi que les recommandations pour les vaccins papillomavirus prophylactiques. Enfin, il rappelle les différentes classifications utilisées pour la pathologie cervicale.
Publié le : jeudi 1 mai 2008
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Source : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/084000274-donnees-epidemiologiques-sur-le-cancer-du-col-de-l-uterus-etat-des-connaissances
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Maladies chroniques et traumatismes
Données épidémiologiques sur le cancer du col de l’utérus
État des connaissances – Actualisation 2008
Dr Nicolas Duport
Sommaire
Glossaire 
Définitions – Termes utilisés
Préambule 
1. Épidémiologie du cancer du col de l’utérus 1.1 Dans le monde
1.2 Dans l’Union européenne (25 États membres)
1.3 En France
2. La survie relative du cancer du col de l’utérus
3. Histoire naturelle du cancer du col de l’utérus 3.1 L’infection à papillomavirus humain (HPV)
3.2 Lésions histologiques cervicales
4. Le dépistage du cancer du col de l’utérus en France 4.1 Le dépistage individuel (appelé également spontané)
4.2 Le dépistage "organisé"
4.2.1 Organisation en Alsace 4.2.2 Organisation en Isère 4.2.3 Organisation en Martinique
5. Les vaccins papillomavirus prophylactiques
Références bibliographiques
Annexe 1. Compte-rendu cytologique (système de Bethesda 2001)
Annexe 2. Classification histologique [code ICD-O-3] des cancers primitifs du col de l’utérus
Annexe 3. Classification par stades des cancers du col utérin
Annexe 4. L Europe des 15, l’Europe des 25
Annexe 5. Critères OMS de Wilson et Jungner (1968)
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Données épidémiologiques sur le cancer du col de l’utérus
État des connaissances – Actualisation 2008
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Glossaire
1. Anomalies cytologiques (selon le système de Bethesda 2001, cf. annexe 1) ADC :anomalies cytologiques évocatrices d’un adénocarcinome AGC (Atypical Glandular Cells) : cellules glandulaires atypiques
AIS :tocygiloaloms ienaarciénocn ad duciseacrté ovuqseutis ni emon ASC-H (Atypical Squamous Cells cannot exclude HSIL) : cellules malpighiennes atypiques ne permettant pas d’exclure une HSIL
ASC-US (Atypical Squamous Cells of Undetermined Signicance) : cellules malpighiennes atypiques de signification indéterminée (avant 2001, l’ancienne dénomination ASCUS regroupait ASC-US et ASC-H)
CE :anomalies cytologiques évocatrices d’un carcinome épidermoïde HSIL (High grade Squamous Intraepithelial Lesion) : lésion malpighienne intra-épithéliale de haut grade (appelée également LMIEHG) LSIL (Low grade Squamous Intraepithelial Lesion) : lésion malpighienne intra-épithéliale de bas grade (appelée également LMIEBG) 2. Lésions histologiques
ADC :adénocarcinome invasif
AIS :adénocarcinome insitu
CLCC :Centre de lutte contre le cancer CnamTS :Caisse nationale d’assurance - maladie des travailleurs salariés Crisap :Centre de regroupement informatique et statistique en anatomie pathologique
CSHPF :Conseil supérieur d’hygiène publique de France (remplacé en 2007 par le Haut Conseil de la santé publique, HCSP) EDITH :étude de la distribution des types d’HPV en France : étude française, sponsorisée par le laboratoire Sanofi-Pasteur MSD, menée dans 15 centres dont les premiers résultats ont été publiés en 2008 Epas :échantillon permanent des assurés sociaux (CnamTS)
Epib :échantillon permanent interrégime des bénéficiaires (pour le moment il ne concerne que la CnamTS ; il remplace l’Epas) FCU :frottis cervico-utérin
Figo :Fédération internationale de gynécologie obstétrique Francim :France-cancer-incidence et mortalité : réseau français des registres du cancer
HCL :de Lyon (le service de biostatistiques de LyonHospices civils centralise la base des registres du cancer)
HCSP : :Haut Conseil de la santé publique (ancienne dénomination Conseil supérieur d’hygiène publique de France, CSHPF)
CE :carcinome épidermoïde invasif HPV (Human Papilloma Virus) : papillomavirus humain (appelé CIN 1 (Mild Cervical Intraepithelial Neoplasia) :  égalementnéoplasie cervicale VPH ou PVH) ; on distingue les papillomavirus humains intra-épithéliale de grade 1, appelée également de bas grade à haut risque oncogène (HPV HR) des papillomavirus humains à bas risque oncogène (HPV BR) CIN 2 (Moderate Cervical Intraepithelial Neoplasia) : néoplasie cervicale intra-épithéliale de grade 2, appelée également de gradeRAIalontinaernt(IC O)WH  : Agency for Reserahco  naCcnre , intermédiaire (souvent regroupée avec les CIN 3)Centre international de recherche sur le cancer, OMS (appelé également Circ) CIN 3 (Severe Cervical Intraepithelial Neoplasia) : néoplasie cervicale intra-épithéliale de grade 3, appelée également de haut grade ;O-DCIetnI( 3- ; nOocolyges sof r Dofeaisatcn iolC lissatanranoi cette lésion ne peut être dissociée dun carcinome épidermoïde in situThird Edition) :classification internationale des maladies oncologiques, troisième édition (CIMO-3) CIN 2-3 :lésions cervicales intra-épithéliales de haut grade (regroupe les CIN 2 et 3)INCa :Institut national du cancer 3. Autres termesInpes :Institut national de la prévention et de l’éducation pour la santé
ADN :acide désoxyribonucléique
AMM :autorisation de mise sur le marché
Insee :Institut national de la statistique et des études économiques
InVS :Institut de veille sanitaire
Anaes :Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé,IST :infection sexuellement transmise (ancienne dénomination : MST) actuellement Haute autorité de santé (HAS)MSA :Mutualité sociale agricole CépiDc :Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès,RSI : :Régime social des indépendants (ancienne dénomination Inserm Canam) p. 2 /État des connaissances - Actualisation 2008Données épidémiologiques sur le cancer du col de l’utérus - — Institut de veille sanitaire
Définitions – Termes utilisés
Cancer du col de l’utérus :dans ce document, le terme ne correspond qu’aux carcinomes du col de l’utérus (cf. annexe 2). Ce sont des cancers d’origine épithéliale parmi lesquels les carcinomes épidermoïdes (CE), qui sont les plus fréquents (80 à 90 %), et les adénocarcinomes (ADC), qui sont plus rares, mais dont la fréquence a tendance à augmenter (10 à 20 %) [1-4] ; les lésions cervicales d’origine non épithéliale (sarcomes, mélanomes, lymphomes, tumeurs secondaires), beaucoup plus rares, ne sont pas incluses.
Cancer in situ :stade initial de son développement, restantcancer au limité au tissu qui lui a donné naissance, sans franchissement de la membrane basale (cancer non invasif). Cette dénomination ne concerne que ladénocarcinome, le carcinome épidermoïde in situ n’étant pas véritablement individualisé de la CIN 3 (cf. Glossaire et 3.2 Lésions histologiques cervicales). Cancer micro-invasif :il se définit comme une lésion cancéreuse précoce, comportant une invasion débutante du chorion ( i.e.membrane basale franchie), sans envahissement vasculaire lymphatique. Il correspond à un stade IA de la Figo (cf. annexe 3).
Clairance virale :élimination du virus par le système immunitaire. Cette élimination est associée à la régression des lésions éventuellement présentes (en dehors des lésions cancéreuses invasives). Conisation :technique chirurgicale qui consiste en l’ablation d’un fragment du col de l’utérus en forme de cône.
éclairage. L’inspection se déroule en trois temps : i) examen sans préparation, ii) examen à l’acide acétique, iii) examen au lugol (test de Schiller). Elle a pour objectif d’identifier la zone de transformation et de repérer dans cette zone l’existence éventuelle d’une lésion. Revenus par unités de consommation :pondération des revenus du ménage en fonction de la composition du ménage : 1 pour le premier adulte, 0,5 pour les autres personnes de 14 ans ou plus, 0,3 pour les enfants de moins de 14 ans. Survie relative :survie que l’on observerait pour une pathologie donnée au sein d’une population si seule cette cause de décès était présente. En d’autres termes, la survie relative prend en compte la mortalité due aux autres causes.
Taux standardisé (monde) :un taux standardisé est un taux que l’on observerait si la structure par âge de la population étudiée était la même que celle de la population de référence, ici la population mondiale estimée par l’OMS en 1976 [5]. Ces taux éliminent les effets de structure d’âge.
Vaccin prophylactique :dont le but est de prévenir l’infectionvaccin avant qu’elle ne se déclare, par opposition aux vaccins thérapeutiques dont le but est de traiter les infections déjà présentes (en cours de développement). Virus oncogène :virus ayant la propriété de rendre cancéreuse la
cellule qu’il infecte. Colposcopie :examen visuel du col de l’utérus à l’aide d’un spéculum et d’un colposcope, loupe binoculaire équipée d’un écran et d’un bon
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Préambule
Le cancer du col de l’utérus est une pathologie d’origine infectieuse. Il est au deuxième rang des cancers chez la femme dans le monde en termes d’incidence et au premier rang en termes de mortalité, principalement dans les pays en voie de développement. Dans les pays industrialisés, l’amélioration des conditions d’hygiène et de vie ainsi que l’apparition il y a une cinquantaine d’années d’un test cytologique de dépistage, le
frottis cervico-utérin (FCU), ont permis de faire chuter l’incidence et la mortalité de ce cancer. Candidat idéal au dépistage par son évolution lente et l’existence de nombreuses lésions précancéreuses curables, il s’agit d’un cancer pouvant potentiellement devenir, en France, une maladie rare. Cependant, il reste une proportion non négligeable de femmes se faisant encore peu ou pas dépister.
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1. Épidémiologie du cancer du col de l’utérus
Les nombres de cas, de décès et les taux d’incidence et de mortalité présentés dans ce document se basent sur des estimations et non des données observées. Les méthodes d’estimation peuvent varier selon qu’il s’agit d’estimations réalisées dans un cadre international (IARC) ou spécifiques à la France (HCL-Francim).
mondiale) varie de 2,1 (en Égypte) à 47,3 (au Zimbabwe) cancers invasifs du col utérin pour 100 000 femmes selon les pays [9]. Le risque d’être atteint d’un cancer du col utérin au cours de la vie est estimé à 4 % dans les pays en voie de développement et inférieur à 1 % dans les pays industrialisés [6,11,12].
ranc es estim enne EPmnoo urFrt aélittuéed ,ie lenr  Flreas nécveo, aliult itfoiaonunst s ss teoe nrtmé frpééorarecertl laueuaslx i sddéee elrsni itnèocriuedss e lenescst eic imenta qtd ieoa nnlass  . mbmes)re2(tÉ 5 stas lUnion europé12.D na produites pour l’ensemble de la période 1980-2005 [6,7]. En 2004, il a été estimé à près de 30 400 le nombre de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus (neuvième cancer chez la femme dans 1.1 Dans le mondeà près de 13 500 le nombre de décès (douzièmel’Union européenne) et position chez la femme) dus à ce cancer [13]. Le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer le plus fréquent chez la femme avec près de 493 000 nouveaux cas estimés en 2002 et La situation est hétérogène selon les pays. Le taux d’incidence plus de 500 000 en 2005 [8,9]. Le cancer du col de l’utérus a provoqué standardisé (monde) estimé en 2004 varie de 4,7 (en Finlande) à en 2005 près de 260 000 décès dont près de 95 % dans les pays en 18,6 (en Slovénie) cancers invasifs du col utérin pour 100 000 femmes développement, pays dans lesquels ce cancer est la première cause selon les pays [14]. La France est dans une position moyenne en termes de mortalité par cancer dans la population féminine [9,10]. d’incidence (onzième position) et de mortalité (neuvième position) parmi les 25 États membres de l’Union européenne (cf . annexe 4 ; Il existe une grande inégalité de répartition de l’incidence selon les à noter que l’article n’intégrait pas la Bulgarie ni la Roumanie dans pays, au bénéfice des pays industrialisés, 83 % des nouveaux cas les taux, ces deux pays sont entrés dans l’Union européenne en de cancers survenant dans les pays en voie de développement. Le janvier 2007) (figure 1). taux d’incidence standardisé (sur la structure d’âge de la population
Figure 1
France
Taux d’incidence et de mortalité du cancer du col de l’utérus (cancer invasif et micro-invasif) – Europe (standardisation sur la population mondiale) [14]
25 États membres
10 nouveaux États membres
15 premiers États membres
0
2
Mortalité
4
6
Incidence
8
10
12 14 16 Pour 100 000 femmes
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Cependant, il est nécessaire de rester prudent quant à l’interprétation de ces données qui sont liées aux modes de recensement des cas de cancer (registres nationaux dans certains pays, registres départementaux dans d’autres et absence de registre pour certains) et également aux politiques et pratiques différentes concernant la certification des décès. 1.3 En France Le cancer du col de l’utérus est le dixième cancer chez la femme par sa fréquence, avec 3 068 cas estimés pour l’année 2005, l’intervalle de confiance à 95 % étant [2 739-3 399], et le neuvième lorsque l’on considère le taux d’incidence standardisé (monde) qui est, pour l’année 2005, estimé à 7,1 pour 100 000 femmes [6,7]. À titre de comparaison, les estimations pour l’année 2000 selon la même méthodologie sont de 3 295 cas pour un taux d’incidence
Figure 2
standardisé (monde) de 7,8 pour 100 000 femmes. Pour l’année 2005, le cancer du col de l’utérus est le quinzième cancer le plus meurtrier chez la femme avec 1 067 décès estimés, et au douzième rang si l’on considère le taux de mortalité standardisé (monde) qui est estimé à 1,9 pour 100 000 femmes [6,7]. À titre de comparaison, les estimations pour l’année 2000 selon la même méthodologie sont
de 1 215 décès pour un taux de mortalité standardisé (monde) de 2,2 pour 100 000 femmes.
Le taux d’incidence du cancer du col de l’utérus n’a cessé de diminuer entre 1980 et 2005 avec un taux annuel moyen de décroissance de 2,9 %. Dans le même temps, le taux de mortalité a diminué en moyenne de 4,0 % par an (figure 2). Toutefois, cette décroissance a tendance à se ralentir depuis 2000. Entre 2000 et 2005, la décroissance moyenne annuelle du taux d’incidence était de 1,8 % et celle du taux de mortalité de 3,2 % [6,7].
Tendances chronologiques des taux standardisés (monde) d’incidence et de mortalité du cancer du col de l’utérus (cancer invasif et micro-invasif) – France [6,7]
Limite des estimations des décès par cancer du colcancer de l’utérus SAI sur ces deux localisations. Afin de déterminer de l’utérusla proportion de décès attribuable au col et au corps de l’utérus, La notification des décès par cancer de l’utérus dans les certificats de chacune des mortalités a été estimée à partir de l’incidence et de la décès enregistrés au Centre d’épidémiologie sur les causes médicales survie relative correspondante. de décès (CépiDc) est peu précise. En effet, le décès par cancer de l’utérus peut être codé, d’après la classification internationale des Une étude de faisabilité de répartition des cancers du col et du corps maladies, selon trois modalités : "décès par cancer du col de l’utérus", de l’utérus a été réalisée à l’InVS en 2006 [20]. Cette étude a permis "décès par cancer du corps de l’utérus" ou "décès par cancer de de tester une méthode d’appariement entre les décès recueillis par l’utérus sans autre information (SAI)". D’après les données nationales les registres du cancer et par le CépiDc. La phase d’extension de de mortalité, 60 % des décès par cancer de l’utérus sont notifiés comme cette méthodologie à l’ensemble des registres généraux de cancer est cancer de l’utérus SAI [6,15-19]. en cours. Cette étude a pour but d’obtenir des chiffres de référence français qui pourraient être utilisables pour les estimations d’incidence Pour le calcul de la mortalité par cancers du col et du corps de l’utérus, nationale. le réseau Francim des registres du cancer réaffecte les décès par
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La figure 3 présente les taux d’incidence et de mortalité des cancers du col utérin par âge estimés pour l’année 2005.
Figure 3Taux d’incidence et de mortalité par âge en 2005 (courbes transversales) – France (taux bruts) [6]
Ces courbes transversales d’incidence et de mortalité selon l’âge ne jusqu’à 40 ans puis diminue ensuite et le risque de mortalité augmente reflètent pas le risque qu’une femme subit tout au long de sa vie, car jusqu’à 50 ans pour également diminuer ensuite. La figure 5 présente ce risque pour le cancer du col utérin a diminué de façon importante les risques d’être atteinte ou de décéder d’un cancer du col de l’utérus au cours des générations. Ainsi, lorsqu’on compare en 2005 le risque entre 0 et 74 ans, selon l’année de naissance. Le risque d’être atteinte d’une femme âgée de 90 ans, c’est-à-dire née en 1915, à celui d’une d’un cancer du col utérin avant 74 ans diminue de 3,57 % pour les femme âgée de 50 ans, c’est-à-dire née en 1955, deux éléments femmes nées en 1910 à 0,85 % pour celles nées en 1940, puis décroît interviennent : la différence d’âge mais également la différence entre plus lentement ensuite pour atteindre 0,57 % pour les femmes nées deux générations qui n’ont pas le même niveau de risque. Les figures 4 en 1950. Le risque de décéder de ce cancer avant 74 ans diminue et 5 [6] illustrent ces deux aspects. La figure 4 présente les variations avec l’année de naissance pour les cohortes de 1910 (1,25 %) à 1940 du risque en fonction de l’âge pour les femmes nées en 1930 (appelé (0,22 %) puis se stabilise à 0,2 %. effet longitudinal de l’âge). Le risque d’incidence augmente avec l’âge
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Figure 4
Taux d’incidence et de mortalité par âge pour la cohorte née en 1930 (courbes longitudinales)
Figure 5
Risque cumulé 0-74 ans d’incidence et de décès selon la cohorte de naissance
Ce qu’il faut retenir sur l’épidémiologie du cancer du col utérin en France
 cas estimés pour l’année 2005. 070Dixième cancer chez la femme en France pour le nombre de cas incidents avec près de 3 Le pic d’incidence est à 40 ans.
Quinzième cancer chez la femme en France pour le nombre de décès avec près de 1 070 décès estimés pour l’année 2005. Le pic de mortalité est à 50 ans.
Le risque cumulé de développer un cancer du col de l’utérus avant 74 ans a considérablement diminué avec l’année de naissance : - 3,6 % chez les femmes nées en 1910 ; - 0,6 % chez les femmes nées en 1950.
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2. La survie relative du cancer du col de l’utérus
En 2007, les registres du cancer du réseau Francim ont publié les de l’Isère, de la Manche, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, de la Somme résultats de la survie à 5 ans des patients atteints de cancer diagnostiqué et du Tarn. entre 1989 et 1997 [21-23]. La survie relative (cf. Dénitions  Termes utilisés) du cancer du col Les survies brutes et relatives présentées ont été calculées sur de l’utérus diminue rapidement les trois premières années jusqu’à 2 932 patientes enregistrées dans 9 des 13 registres existants 75 % et plus lentement les années suivantes jusqu’à atteindre 70 % entre 1989 et 1997 : les registres du Calvados, du Doubs, de l’Hérault, à 5 ans (figure 6).
Figure 6
Survie relative du cancer du col de l’utérus [21]
Le cancer du col de l’utérus est un cancer de la femme jeune : 67 % La survie relative était de 85 % à 3 ans et de 82 % à 5 ans chez les (n=1 966) des cancers du col de l’utérus ont été diagnostiqués chez femmes les plus jeunes (15-44 ans). Elle diminuait ensuite avec l’âge des femmes de moins de 65 ans (tableau 1). jusqu’à atteindre, chez les femmes de 75 ans et plus, 48 % à 3 ans et 38 % à 5 ans (tableau 1).
Tableau 1
Âge (ans)
15-44 45-54 55-64 65-74 75+
Ensemble
Survies brute et relative (% [IC95 %]) à 1, 3 et 5 ans du cancer du col de l’utérus en fonction de l’âge [21]
N
925 481 560 521 445
2 038
1 an 3 ans 5 ans brute relative brute relative brute relative 95 [94-96] 95 [94-96] 84 [82-87] 85 [82-87] 82 [79-84] 82 [80-85] 90 [88-93] 91 [88-93] 76 [72-80] 77 [73-80] 72 [68-76] 73 [69-77] 86 [84-88] 86 [84-88] 70 [66-73] 71 [67-74] 61 [57-65] 64 [60-67] 86 [83-88] 88 [85-90] 68 [64-72] 71 [67-75] 60 [56-64] 66 [61-70] 66 [62-70] 72 [68-76] 37 [33-42] 48 [43-52] 25 [21-29] 38 [33-44] 87 [86-88] 89 [88-90] 70 [68-72] 75 [73-76] 64 [62-66] 70 [69-72]
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