Enquête sur les infections congénitales à cytomégalovirus détectées pendant la grossesse ou à la naissance en France métropolitaine

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Le cytomégalovirus (CMV) est la cause la plus fréquente d'infection congénitale et touche entre 0,3 et 0,5 % des naissances en Europe de l'Ouest. Environ 5 à 10 % des enfants infectés in utero naissent avec des anomalies. Entre novembre 2004 et janvier 2005, une enquête nationale prospective a été conduite afin d'estimer l'incidence des infections maternelles à CMV et des infections transmises au foetus et détectées pendant la grossesse ou à la naissance. Ce rapport présente les méthodes utilisées pour l'enquête et les estimations de l'incidence annuelle ; il décrit et classifie les infections congénitales et les primo-infections détectées. En conclusion, il estime que la plupart des infections congénitales symptomatiques sont détectées en France pendant la grossesse ou à la naissance.
Publié le : samedi 1 décembre 2007
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Maladies infectieuses
Enquête sur les infections congénitales à cytomégalovirus détectées pendant la grossesse ou à la naissance en France métropolitaine
I. Parent du Châtelet, D. Lévy-Bruhl
Sommaire
Abréviations 
1. Introduction
2. Méthodes 2.1 Identification des laboratoires participant à l’enquête
2.2 Enquête descriptive
2.3 Estimation de l’incidence annuelle nationale
2.4 Analyses
2.5 Aspects éthiques
3. Résultats 3.1 Description des cas
3.2 Classification des cas
3.3 Description des infections congénitales détectées
3.4 Description des primo-infections maternelles détectées 3.5 Estimation de l’incidence annuelle des infections à CMV détectées pendant la grossesse ou à la naissance
4. Discussion
5. Conclusions/perspectives
Références bibliographiques
Annexes
2
3
4 4
4
6
7
7
8 8
8
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17
Enquête sur les infections congénitales à cytomégalovirus détectées pendant la grossesse ou à la naissance en France métropolitaine— Institut de veille sanitaire
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Enquête sur les infections congénitales à cytomégalovirus détectées pendant la grossesse ou à la naissance en France métropolitaine
Auteur du rapport :
I. Parent du Châtelet
Équipe en charge de la mise en œuvre et du suivi de l’enquête à l’InVS :
I. Parent du Châtelet (épidémiologiste), D. Lévy-Bruhl (épidémiologiste), Y. Le Strat (biostatisticien), A. Leblond (moniteur d’étude)
Comité de pilotage de l’enquête :
Y. Aujard1, F. Freymuth2, L. Grangeot-Keros3, F. Jacquemard4, P. Lebon5, D. Lévy-Bruhl6, I. Parent du Châtelet6
Liste des laboratoires ayant participé à l’enquête disponible en annexe
Remerciements
• À l’ensemble des biologistes ayant participé à l’enquête et transmis les résultats biologiques • À l’ensemble des médecins généralistes, pédiatres et gynécologues ayant participé à l’enquête et fourni les données • Aux membres du comité de pilotage pour leur contribution à l’élaboration du protocole, au suivi de l’étude et l’interprétation des résultats Au Dr Véronique Goulet pour sa relecture attentive du rapport • À messieurs Éric Manck (Biomérieux) et Thierry Vidalenc (Dade Behring) pour leur contribution à l’élaboration de la liste des laboratoires réalisant les tests d’avidité des IgG anti-CMV en France
1e gilotonaéo nde ecivreSarisDebré, PtilaR  .edl hpô 2u,eaae Cle Cncmeud eUHC arobriotnLa 3mar ClaorabL dreoiat .A HC u,erèlcéB 4viceSerygénd  eig eocolaris ldensItutidet éup ucirrutlP ,e 5Laboratoir eudC  HaSni-tiVP ,luaP ed tnecnisar 6tiias naliel eevurict-MaSainre, e dutitstIn
Institut de veille sanitaire —Enquête sur les infections congénitales à cytomégalovirus détectées pendant la grossesse ou à la naissance en France métropolitaine/ p. 1
Abréviations
Afssaps Anaes CMV IMG InVS PIM MIC MFIU PCR
Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé Cytomégalovirus Interruption médicale de grossesse Institut de veille sanitaire Primo-infection maternelle Maladie des inclusions cytomégaliques Mort fœtale inutero Polymerase chain reaction
p. 2 /Enquête sur les infections congénitales à cytomégalovirus détectées pendant la grossesse ou à la naissance en France métropolitaine— Institut de veille sanitaire
1. Introduction
Le cytomégalovirus (CMV) est la cause la plus fréquente d’infection des mères (gradient nord-sud) [24]. Parmi les femmes séronégatives, on congénitale et touche entre 0,3 et 0,5 % des naissances en Europe estime l’incidence des primo-infections maternelles entre 0,6 et 1,4 %. de lOuest [1-3]. Environ 5 à 10 % des enfants infectés in utero Lincidence des infections congénitales après réactivations ou réinfections naissent avec des anomalies [4-6]. L’infection fœtale pluriviscérale serait inférieure à 1 % parmi les femmes immunes [25]. ou maladie des inclusions cytomégaliques (MIC) est rare (5 % des enfants symptomatiques) et touche des organes vitaux (foie, organes Une première réflexion au sein d’un groupe de travail du Conseil hématopoïétiques) dans lesquels le virus se multiplie. À la naissance, supérieur d’hygiène publique de France concernant la pertinence l’enfant est hypotrophe, présente un tableau ictéro-hémorragique ou non d’un dépistage systématique de l’infection à CMV durant la (hépatosplénomégalie, pétéchies, purpura), peut être microcéphale grossesse a été menée en 2002 mais n’a pas abouti. L’insuffisance de et présenter des calcifications intracrâniennes ou des dilatations données épidémiologiques et de données sur les pratiques actuelles ventriculaires [7]. Environ 10 à 20 % des enfants présentant ce en cas de suspicion de primo-infection a été un des facteurs limitants tableau décèdent. L’infection fœtale pauci-symptomatique touche dans l’obtention d’un consensus. 95 % des enfants symptomatiques et concerne les mêmes organes que la MIC. La traduction clinique peut être une hépatomégalie, une Une évaluation spécifique de l’intérêt du dépistage de l’infection à CMV thrombopénie avec pétéchies, une microcéphalie, une choriorétinite. pendant la grossesse en France a été effectuée en 2004 par l’Anaes1,à partir Environ 80 à 90 % des enfants symptomatiques survivants présentent des données de littérature et a confirmé l’absence de recommandation des séquelles neurosensorielles (retard psychomoteur, surdité uni ou pour un dépistage systématique ou ciblé pendant la grossesse. Cependant, bilatérale, retard de langage, cécité). une augmentation importante du nombre de sérologies CMV avait été observée entre 2001 et 2002, probablement en rapport avec la promotion Environ 5-10 % des nouveau-nés infectés asymptomatiques à la des tests de diagnostic (tests d’avidité des IgG) faite par un fabricant à la naissance, développeront également dans les premiers mois de vie des même période auprès des professionnels de santé (figure 1). On pouvait troubles neurosensoriels notamment auditifs ou de développement estimer qu’en 2004 près de 300 000 sérodiagnostics avaient été réalisés psychomoteur [6,8,9]. chez des femmes enceintes dans les laboratoires privés (estimations InVS à partir des données CnamTS2et Sniiram3). Une primo-infection survenant en cours de grossesse, conduira à une transmission au fœtus dans 30 à 50 % des cas [10-12]. Le taux Dans ce contexte, une enquête épidémiologique nationale a été de transmission augmente modérément au long de la grossesse (25 conduite afin : à 35 % au 1er 35 à 45 % au 2 trimestre,e, 45 à 75 % au 3e). Les-d’estimer le nombre et les caractéristiques des infections congénitales infections fœtales du 1ergrossesse ou à la naissance sur une année en détectées pendant la trimestre sont plus sévères [4,7,13]. Comme d’autres virus du groupe des Herpesviridae, le CMV peut s’installer chez France métropolitaine ; l’hôte sous forme latente après une primo-infection et des épisodes de-et de mieux décrire les pratiques actuelles des biologistes et cliniciens réactivation peuvent survenir par la suite. En cas de réinfection ou de pour le diagnostic maternel, fœtal et néonatal de l’infection à CMV réactivation pendant la grossesse, la transmission au fœtus est peu et la prise en charge de la grossesse. fréquente, de l’ordre de 0,2 à 2 % [14] mais peut être symptomatique et à l’origine de séquelles neurologiques [15].Évolution du nombre de sérodiagnostics d’une Des stratégies de dépistage maternel ou néonatal ont été évaluéesinfection récente à CMV de àp atyrsa vneras  idnitféfgérrée nltuens e étduednetsr e[ 2e,l1le6s- 1d9a] nsm auins  parcotgureallmemmee ndt,e  asuacnutén  Figure 1200ceurso (0420à 0 loib ed setcA : sés bour remogie00 3ne2 publique. Les limites du dépistage maternel sont principalementet 2004 par le régime général de l’Assurance maladie liées aux faibles séries de cas des études réalisées sur l’efficacité des traitements antiviraux dans le cadre des infections congénitales [20,21]– Biolam) et aux questions de pratique et d’éthique liées à la prise en charge400 000 du diagnostic d’infection maternelle. Celles du dépistage néonatal 350 000 sont surtout liées à des questions de techniques de diagnostic et de coût-bénéfice [20,22].300 000 250 000
En France, l’incidence des infections congénitales à CMV reste peu200 000 documentée. Des études ont estimé la prévalence de l’immunité anti-150 000 CMV chez la femme enceinte en début de grossesse entre 43 et 51 %100 000 [10,11,23,24]. Une étude conduite en France a montré que la séroprévalence50 000 maternelle augmente avec l’âge, la parité (rôle de la transmission du 2001 2002 2003 20040 2000 virus par les enfants en bas âge) et qu’elle est liée au lieu de naissance 1ytom à ctionnfeceh zsuc vorigélau  dêtérnti ldeil ed egatsipédnc entei flameemne e Agceentatirédit don eoiann taacceld va Éé.ntn ioatluitaulavéas ne no France, septembre 2004. 2.maloi B ieadal mceanssrul A ledénare géégimle rpar goeir meobrués sen 2003 et 2004 Aescte  dolbi 3ncrasuAsdilamae migér-rel ed seormainf inttion eantsmèlad itnoyS.e
Institut de veille sanitaire —Enquête sur les infections congénitales à cytomégalovirus détectées pendant la grossesse ou à la naissance en France métropolitaine/ p. 3
2. Méthodes
Une enquête prospective a été réalisée sur trois mois entre novembre 2004 et janvier 2005 auprès des biologistes de laboratoires répartis sur l’ensemble du territoire français métropolitain et auprès de cliniciens en charge du suivi des grossesses et des enfants à la naissance.
2.1 Identification des laboratoires participant à l’enquête En présence d’IgG, alors que l’absence d’IgM signe une primo-infection ancienne, des IgM positives ne sont pas systématiquement révélatrices d’une séroconversion récente (IgM persistantes ou réactivation). Une pré-enquête a été réalisée par l’InVS en 2003 afin de documenter les pratiques des laboratoires en matière de diagnostic des infections à CMV chez la femme enceinte en France (données non publiées). Cette enquête a porté sur un échantillon de 427 laboratoires constitué par : un ensemble de 276 laboratoires participant au réseau Rénarub chargé de la surveillance des infections rubéoleuses en cours de grossesse en France (www.invs.sante.fr) et par 151 laboratoires sélectionnés par sondage aléatoire simple dans une liste de 1 018 autres laboratoires référencés à l’Afssaps4 comme faisant le diagnostic par sérologie des infections à CMV. Cette enquête a estimé que la présence d’IgM positives chez une femme enceinte conduisait à prescrire une mesure de l’index d’avidité des IgG dans près de 98 % des cas, cette technique permettant de dater la primo-infection [26].
Dans la pratique, la mesure de l’index d’avidité des IgG anti-CMV et/ou le diagnostic direct (culture ou détection de l’ADN viral par PCR) apparaissaient comme les investigations biologiques actuelles contribuant à la confirmation d’une infection à CMV récente chez la femme enceinte ou chez le nouveau-né à la naissance. Les laboratoires spécialisés pratiquant ces techniques centralisent des spécimens maternels, fœtaux ou néonataux à visée diagnostique collectés par d’autres laboratoires notamment des laboratoires d’analyses biomédicales. Un total de 213 laboratoires réalisant au moins un de ces tests a été identifié en France métropolitaine à partir des informations collectées lors de la pré-enquête et d’une liste de laboratoires fournie par les fabricants des kits d’avidité avant le démarrage de l’étude.
2.2 Enquête descriptive
Échantillon des laboratoires participants
Parmi les 213 laboratoires identifiés en France et réalisant la mesure de l’index d’avidité des IgG anti-CMV et/ou le diagnostic direct (culture ou détection de l’ADN viral par PCR), un échantillon de 71 laboratoires répartis sur l’ensemble du territoire a été constitué : 66 identifiés lors de la pré-enquête et 5 laboratoires de CHU non enquêtés en 2003 mais identifiés par le comité de pilotage. Parmi ces 71 laboratoires, 16 laboratoires étaient privés et 55 laboratoires étaient hospitaliers. Ces laboratoires, d’après l’enquête 2003, réalisaient environ 98 %
4des ire uitsprodastnd  e.éAgesiaçed e ecnnarfsaé taniéc situr
des diagnostics d’infections congénitales (cultures ou détections de l’ADN viral par PCR). Notification des cas par les laboratoires
Les biologistes ont notifié tous les 15 jours sur des questionnaires spécifiques (annexe 1), l’ensemble des cas répondant à des critères biologiques d’inclusion. -Chez la femme enceinte, les critères d’inclusion étaient ceux d’une primo-infection maternelle (tableau 1). -Les cas d’infections congénitales étaient inclus soit au moment d’un diagnostic d’infection fœtale ou lors d’un diagnostic chez un nouveau-né de moins de deux semaines (tableau 1). Des relances étaient faites auprès des différents laboratoires en cas de retard à l’envoi des questionnaires. La majorité des cas ayant été notifiés par des laboratoires spécialisés (recevant des échantillons prélevés dans des laboratoires d’analyse biomédicale en ville ou des laboratoires hospitaliers), les critères d’inclusion étaient souvent incomplets (par exemple résultat du test d’avidité seul) et devaient être recherchés auprès des laboratoires d’origine. Modalités de suivi des cas notifiés et classification des cas
Si les cas étaient inclus dans l’étude, un questionnaire individuel était adressé aux cliniciens ayant suivi la grossesse et/ou pris en charge l’enfant à la naissance afin de recueillir des données sociodémographiques, biologiques, paracliniques et cliniques sur le suivi et l’issue des grossesses (annexe 2).
En cas de notification sur des critères biologiques maternels, les dossiers cliniques étaient envoyés à la période correspondant à la date présumée de l’accouchement, ou juste après, afin de ne pas influencer les pratiques des cliniciens devant un diagnostic sérologique de primo-infection.
Pour chaque cas de primo-infection maternelle inclus, les données collectées à l’issue de la grossesse permettaient de déterminer si une infection congénitale avait été diagnostiquée ou non et le cas échéant si cette infection était symptomatique ou asymptomatique (figure 2).
Pour chaque cas d’infection congénitale inclus (diagnostic anténatal ou à la naissance), les données recueillies de façon rétrospective visaient à déterminer si l’infection maternelle avait été dépistée ou non et le cas échéant le type d’infection maternelle et le caractère symptomatique ou asymptomatique de l’infection congénitale (figure 2).
Après validation des questionnaires, les cas étaient classés en fonction du type d’infection maternelle et selon le statut infectieux congénital (tableau 1).
p. 4 /sur les infections congénitales à cytomégalovirus détectées pendant la grossesse ou à la naissance en France métropolitaineEnquête — Institut de veille sanitaire
Figure 2el s lon cestèri serp edomirfni-Suivi ed sac sonitifséénngcon ealiton mectinellater ud eo tcoinief Notification par les laboratoires Infection non transmise au fœtus
Femme enceinte Primo-infection
Primo-infection maternelle
Infection secondaire maternelle
Type d’infection maternelle indéterminé
Tableau 1Définition des cas
Statut infectieux maternel Primo-infection
Infection secondaire (réinfection ou réactivation)
Type d’Infection indéterminé
Statut infectieux congénital Infection du fœtus
Infection du nouveau-né (âgé de moins de 2 semaines) Infection congénitale symptomatique
Infection congénitale
Statut infectieux du fœtus ou du nouveau-né indéterminé
Fœtus ou nouveau-né Infection congénitale
Notification par les laboratoires
Infection symptomatique Infection asymptomatique
Deux des trois critères : -IgM positives -Séroconversion -Index d’avidité des IgG évoquant une infection récente -(IgG détectée au moins 3 moins avant le débutImmunité préconceptionnelle datée de grossesse) et -Diagnostic d’infection congénitale du fœtus ou du nouveau-né -Résultats sérologiques maternels incomplets ou pas de sérologie maternelle et -Diagnostic d’infection congénitale du fœtus ou du nouveau-né
Détection du virus ou de l’ADN viral par PCR dans le liquide amniotique (LA), le sang fœtal (SF) ou dans un produit d’expulsion Détection du virus ou de l’ADN viral par PCR dans un liquide biologique (urines, salive, sang, LCR) ou IgM positives après 4 jours de vie -Infection du fœtus ou du nouveau-né et -Diagnostic de maladie des inclusions cytomégaliques (MIC) ou -faveur d’une infection congénitale à CMVPrésence d’au moins une anomalie en chez le nouveau-né ou lors de l’examen anatomopathologique du fœtus
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2.3 Estimation de l’incidence annuelle nationale Recueil des données auprès de tous les laboratoires impliqués dans le diagnostic maternel ou congénital L’échantillon de 71 laboratoires participant à l’enquête descriptive n’étant pas exhaustif, des données agrégées d’activité (nombre de tests et nombre de tests en faveur d’une infection maternelle ou congénitale) chez la femme enceinte, le fœtus ou le nouveau-né ont été recueillies sur questionnaire auprès de l’ensemble des 213 laboratoires susceptibles de poser des diagnostics d’infections maternofoetales à CMV (cf. 2.1). Les données agrégées mensuelles pour la période d’étude concernaient : -de tests IgM réalisés chez des femmes enceintes ou enle nombre âge de procréer (15-45 ans) pendant la période d’étude et le nombre de tests IgM positifs ; -le nombre de recherches virales (cultures et/ou PCR) effectuées sur des prélèvements anténataux (liquide amniotique, sang fœtal, de produit d’expulsion ou d’IMG) pour un diagnostic fœtal ou chez des nouveau-nés pendant la période d’étude et le nombre de tests positifs.
Plusieurs relances ont été faites auprès des différents laboratoires afin d’obtenir ces données agrégées.
Modalités de calcul de l’incidence nationale annuelle
L’estimation des taux d’incidence annuels a pris en compte le nombre de nouveaux cas diagnostiqués sur la période d’étude par les 71 laboratoires et la proportion de diagnostics positifs posés par ces laboratoires par rapport au nombre total de tests positifs estimé en France (IgM et détection virale positives). L’estimation du nombre total annuel de tests positifs a reposé sur l’hypothèse d’une absence de saisonnalité de l’infection à CMV et a considéré que les 213 laboratoires de l’échantillon avaient été tirés au sort selon un plan de sondage à quatre strates définies selon le statut du laboratoire (privé ou hospitalier/militaire) et la participation ou non à la notification des cas (enquête descriptive) (annexe 3). On a affecté à chaque laboratoire de l’échantillon, un poids de sondage prenant en compte le fait que l’étude ne se soit déroulée que sur trois mois et la proportion de laboratoires qui ont effectivement renvoyé les données (laboratoires répondants) dans chaque strate. Les nombres totaux d’IgM positives chez les femmes en âge de procréer, de diagnostics positifs sur prélèvements d’amniocentèses et de diagnostics positifs chez des nouveau-nés ont été estimés pour l’ensemble des laboratoires. Ils ont été calculés sur une année par l’estimateur pour un plan stratifié de Horvitz & Thompson [27]. Les bornes des intervalles de confiance à 95 % ont été calculées par l’estimateur de Sen-Yates-Grundy [28].
Les résultats figurent dans le tableau 2.
imation annuelles du nombre de tests diagnostiques positifs en France (IgM Tableau 2uan-)éuon uoevfœz s tuCR Phe ce eruo/tc ,eEuttlsueint encemmela feh zc Estimations annuelles Lab. hospitaliers Lab. privés Total IC 95% ou militaires (n=82) (n=213) (n=131) IgM + femmes 15-44 ans 1 964 1 892 3 855 [3 378 - 4 333] Tests en anténatal 85 14 98 [72 - 125] + Tests + à la naissance 123 114 237 [149 - 326]
L’incidence annuelle des cas détectés Ninf bornes de l’intervalle de confiance à 95 % ont été estimées par Lesa été estimée, pour chaque type d’infection (infections détectées chez la femme enceinte, le fœtus les formules suivantes : ou le nouveau-né) et en prenant en compte deux strates (hospitaliers-militaires versus privés) comme le produit de la proportion de cas répondant aux critères et détectés parmi les tests positifs dans=+ +⎡ −+22 l’échantillon de laboratoires par le nombre total estimé de tests positifsBorne Inf(Ninf)nn11T11.96V(T1)nn22⎣⎢T691.V(T); posés en France par, selon la formule : Ninf=n1+T1+n2+T2oBùo rVne(TI1n)f (etN inVf)(=nn)11+soTn1t+le1s. 9e6stimVa(tTi1o)ns+dnen2s2+vaTri2a+nc1e.s9 6duVno(Tm2)b, re n1n2T2 Avec estimé annuel de diagnostics. -n1+et n2+: nombre de cas notifiés par les laboratoires de l’échantillon dans chaque strate ; Les taux d’incidence ont été calculés en rapportant le nombre de cas -n1et n2de diagnostics positifs relevés dans les tableaux: nombre  en France 816 nombre de naissances vivantes estimé en 2004 à 767 au récapitulatifs d’activités par les laboratoires de l’échantillon dans métropolitaine (source : Insee). chaque strate ; T1etT2nombre estimé annuel de diagnostics positifs dans chaque:   strate.
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2.4 Analyses
Les données ont été saisies sur le logiciel EpiData 2.1.b.
L’analyse a été réalisée sous Statatmversion 8.2.
Dans l’analyse, les proportions ont été comparées en utilisant le test duχ2ou le test exact de Fisher.
Les intervalles de confiance des estimations ont été calculés selon la loi binomiale en prenant un risque d’erreur alpha égal à 5 %.
2.5 Aspects éthiques Compte tenu du type d’informations recueillies et notamment le traitement informatique d’informations indirectement nominatives, l’étude relevait de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés complétée par la loi n° 94-548 du 1erjuillet 1994 relative au traitement de données nominatives ayant pour fin la recherche dans le domaine de la santé.
Le protocole et les questionnaires ont reçu un avis favorable du Comité consultatif sur le traitement de l’information en matière de recherche dans le domaine de la santé et une autorisation de traitement de
données à caractère personnel de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.
Une lettre d’information a été envoyée aux femmes enceintes et mères de fœtus ou de nouveau-nés infectés, par l’intermédiaire des
cliniciens recueillant les données. Cette lettre mentionnait la nature des informations traitées dans le cadre de l’enquête, les personnes destinataires des données, le droit d’accès et de rectification et le droit
d’opposition et mentionnait un délai de 15 jours avant l’informatisation des données (annexe 4).
Les informations nominatives patients, laboratoires ou médecins n’étaient pas saisies dans la base de données.
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3. Résultats
3.1 Description des cas
Inclusion des cas
Le taux de participation des 71 laboratoires, estimé chaque quinzaine, a varié entre 97 et 100 %. Parmi 304 notifications reçues, 147 cas ont été inclus dans l’analyse : 81 présentaient les critères de primo-infection maternelle (PIM), 22 ceux d’une infection fœtale et 44 ceux d’une infection du nouveau-né (tableau 3).
Répartition des cas inclus Tableau 3en fonction des critères d’inclusion
Critères d’inclusion
virurie positive sur des prélèvements faits à plus de un mois de vie (2), ou un refus de participation de la mère (1).
Le taux de réception de dossiers cliniques totalement ou partiellement complétés pour les cas inclus sur des critères d’infection du fœtus et du nouveau-né a été respectivement de 91 et 89 %. Ce taux a été plus faible quand il s’agissait de dossiers d’infections maternelles (43 %). 3.2 Classification des cas
Parmi les 81 infections maternelles notifiées, le suivi prospectif a été documenté pour 35 grossesses et a permis de montrer l’existence d’une transmission fœtale, c’est-à-dire d’une infection congénitale pour 9 d’entre elles (26 %).
Primo-infection maternelle 81 Innffeeccttiioonn  dduu  fnœotuuvseau-né2424Parmi les 66 infections congénitales notifiées, le suivi rétrospectif des I dossiers a permis de documenter l’existence d’une PIM pour 29 cas, Total inclusions 147une réinfection pour 4 et le type d’infection n’a pas été déterminé pour 33 (en raison de résultats biologiques ne permettant pas de faire Parmi les 157 cas non inclus : la distinction entre primo-infection ou infection secondaire ou parce - n’y avait pas eu de sérologies maternelles). qu’il26 (17 %) présentaient des éléments sérologiques incomplets ne permettant pas d’affirmer le caractère récent ou pas d’une infection maternelle (présence d’IgG ± IgM et index d’avidité des IgG anti- Au total, en prenant en compte les informations recueillies, la CMV intermédiaire mesuré à plus de trois mois de grossesse ou IgM classification finale des cas selon le statut infectieux maternel associées à un syndrome mononucléosique) ; conduit à 110 cas de primo-infections maternelles, 4 cas d’infections -100 (64 %) présentaient des éléments sérologiques incomplets secondaires, le type d’infection maternelle n’ayant pas été déterminé (IgM seules ou index d’avidité intermédiaire à plus de trois mois pour 33 cas. La classification finale en fonction du statut infectieux de grossesse seul ou dates de début de grossesse inconnues) qui du fœtus ou du nouveau-né a permis d’identifier un nombre total n’ont pu être complétés davantage auprès des biologistes et des d’infections congénitales de 75, un nombre d’enfants non infectés cliniciens prescripteurs et n’ont donc pas permis de conclure à une de 26, le statut d’infection congénitale étant resté indéterminé pour primo-infection maternelle ; 46 cas (tableau 4). -pour les 31 autres cas, les raisons de non-inclusion étaient l’absence de grossesse (7), une immunité antérieure à la grossesse (21), une
Tableau 4selon le statut infectieux maternel ou congénitalClassification finale des cas
Statut infectieux maternel Statut infectieux fœtus ou nouveau-né Critères d’inclusion des cas Primo- Réinfection Infection Infections Non infecté Inconnu infection /réactivation primaire ou congénitales certaine certaine secondaire Primo-infection maternelle (n=81) 81 - - 9 26 46 Infection du fœtus (n=22) 13 1 8 22 - -Infection du nouveau-né (n=44) 16 3 25 44 - -Total inclusions (n=147) 110 4 33 75 26 46
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3.3 Description des infections congénitales détectées Techniques diagnostiques
Pour les 75 infections congénitales identifiées, le diagnostic a été posé en anténatal par amniocentèse pour 28 cas (37,3 %), par détection du virus lors de lexamen du produit dexpulsion après mort fœtale in utero pour 1 cas (1,3 %) et à la naissance pour 46 cas (61,3 %).
Lorsque des anomalies échographiques sont détectées chez le fœtus, la recherche d’une infection congénitale par amniocentèse est pratiquée dans 68 % des cas alors qu’elle n’est effectuée que dans 24 % des cas en l’absence d’anomalies échographiques (p<0,001).
Parmi les 12 cas diagnostiqués suite à la découverte d’anomalies échographiques et pour lesquels on a fait le diagnostic de PIM, le diagnostic sérologique maternel a pu être posé par reprise de sérums prélevés en début de grossesse chez la mère dans 3 cas sur 12 (25 %).
Contexte du diagnosticPour 13 cas, le diagnostic d’infection congénitale n’était la conséquence ni du diagnostic d’une PIM, ni d’anomalies échographiques ou cliniques Les contextes de diagnostic (sérologies maternelles antérieures, des nouveau-nés (autres circonstances) et concernait essentiellement résultats échographiques et/ou examen clinique des nouveau-nés) des diagnostics posés à la naissance. Pour 7 d’entre eux, on retrouvait ont été renseignés pour 63 cas et sont présentés dans le tableau 5. des sérologies maternelles sans diagnostic de PIM confirmée, pour les 6 autres, le diagnostic a pu être fait dans le cadre d’un dépistage systématique.
Tableau 5Contexte de diagnostic des infections congénitales Diagnostic posé Diagnostic posé en anténatal à la naissance PIM et signes d’appel échographiques 9 (35 %) 3 (8 %) Signes d’appel échographiques 8 (30 %) 5 (14 %) PIM 9 (35 %) 13 (35 %) Signes d’infection CMV à la naissance 0 (0 %) 3 (8 %) Autres 0 (0 %) 13 (35 %) Total 26 (100 %) 37 (100 %)
Types d’infection maternelle transmise au fœtus
Pour déterminer le type d’infection ayant conduit à une transmission fœtale, ont été pris en compte rétrospectivement les résultats des 66 cas notifiés sur des critères d’infection du fœtus ou du nouveau-né sur la période d’étude. Des sérologies maternelles avaient été réalisées pendant la grossesse pour 46 d’entre eux. Pour 30 cas l’infection congénitale résultait d’une PIM documentée (65 %), pour 4 d’une réinfection ou d’une réactivation
Total
12 (19 %) 13 (21 %) 22 (35 %) 3 (5 %) 13 (20 %) 63 (100 %)
(9 %) et pour 12 les résultats sérologiques ne permettaient pas de faire la distinction entre primo-infection et infection secondaire (26 %).
Issues des grossesses
L’issue des grossesses a été documentée pour 73 cas parmi lesquels l’infection congénitale à conduit à 15 interruptions de grossesse (20,5 %) : 14 interruptions médicales de grossesse (IMG) et 1 mort fœtale inutero (MFIU) (tableau 6).
Tableau 6tira plan loses tlusér el te euqIssuseesorssseg sed eosgrssseamniocenat de ladtnl  aètesp ne
Issues des grossesses
IMG MFIU Accouchement Total
Pratique d’une amniocentèse
Oui Résultat Résultat Résultat positif négatif Inconnu 14 0 0 0 0 0 12 2 1 26 2 1
Non
0 1 37 38
Inconnu
0 0 6 6
Total
14 (19,0 %) 1 (1,5 %) 58 (79,5 %) 73 (100,0 %)
Institut de veille sanitaire —sur les infections congénitales à cytomégalovirus détectées pendant la grossesse ou à la naissance en France métropolitaineEnquête / p. 9
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