Jeunesse, le devoir d'avenir

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Analyse de l'évolution de la situation des jeunes et bilan des politiques publiques qui influent sur cette situation, qu'elles leur soient ou non spécifiquement destinées avec le constat plutôt négatif d'une multiplication de dispositifs commandés par le court terme, voire l'urgence. Puis cadre prospectif de refondation de l'action publique qui rompt avec la logique du dispositif et a pour objectif, non pas de résoudre tous les problèmes des jeunes mais de formuler un projet culturel, politique et social pour eux et avec eux. Le rapport propose d'instituer un droit individuel de l'éducation et de la formation tout au long de la vie, garanti par l'État, de réformer le système d'aides aux familles et aux jeunes, pour faire des jeunes, dès l'âge de 18 ans, les destinataires directs des aides publiques.
Source : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/014000282-jeunesse-le-devoir-d-avenir
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COMMISSARIAT GÉNÉRAL DU PLAN
Jeunesse, le devoir d’avenir
 
Rapport de la commission
 
présidée par Dominique Charvet
Mars 2001
 
 
COMMISSARIAT GÉNÉRAL DU PLAN 
Jeunesse, le devoir d’avenir 
 
Rapport de la commission 
« Jeunes et politiques publiques »
 
Président  Dominique Charvet 
Rapporteurs Pierre-Jean Andrieu Francine Labadie Marc-Olivier Padis Michel Théry
Coordinateur Michel Mirandon 
Mars 2001
 
SOMMAIRE
 
Avant-propos par Jean-Michel Charpin, Commissaire au Plan _________________ 9 Préface Jeunesse, le devoir d’avenir : un défi démocratique par Dominique Charvet _____________________________________ 11 Introduction générale ______________________________________ 17  Première partie - Analyses __________________________ Jeunes et société : changer de regard 23 Chapitre Premier Les jeunes, « plaque sensible » du c ngemen __________________ 25 ha t 1. La transformation des âges, des temps et des parcours :  une autre lecture de la jeunesse ______________________________28 2. La jeune génération à l’épreuve de l’éclatement des sorts _______________________________ et des aléas de la transmission 55 ____________ 3. Jeunes et société : à la recherche d’un monde commun 74 Chapitre II « L’état de jeunesse », un produit de l’action publique ____________ 97 1. Vingt-cinq ans de politiques « jeunes » ou « l’institutionnalisation » de la jeunesse _________ 100 ___________ 2. Le renvoi des jeunes aux familles ou la « familialisation » de la jeunesse 128 ________________________ 3. L’essor d’une catégorie « jeune » de l’action publique ou la « naturalisation » de la jeunesse_______ 141 __________________ 4. Vers de nouveaux modes d’action : vers des représentations nouvelles des jeunes _________________ ? 158  
 
 
 
Deuxième partie - Perspectives Construire un monde nouveau : ducation comme l chang _____________________ l’é evier du ement 177 Chapitre III Apprendre et se former tout au long de la vie : un droit pour tous, une obligation partagée ___________________ 185 1. Apprendre tout au long de la vie : l’actualité d’un projet politique _____________________________ 187 2. Le droit de l’éducation et de la formation tout au long de la vie : pro p _________________________________________ 198 cadre s ectif Chapitre IV Repenser les liens entre formation et travail : _________________________________ vers un droit de la mobilité 231 1. Flexibilité, adaptabilité : la mobilité au risque de la précarité ______ 232 2. De la reconnaissance des compétences au droit de la mobilité_____ 236 3. Rendre le droit effectif : une ambition nouvelle, un enjeu collec gique _______________________________ tif straté 245 Chapitre V Apprendre tout au long de la vie : l’école au défi de réussir la« formation première » _____________ 257 1. De l’obligation scolaire à l’obligation éducative : redéfinir la « formation p em __________________________ 258 r ière » 2. Obligation éducative et formation première : une nouvelle donne pour l’évolution du système scolaire _________ 271 3. L’éducation et la formation tout au long de la vie dans la dynamique du développement : un double défi pour le service public _______________ 278 __________ Chapitre VI La famille, acteur clé d’un nouveau mo catif____________ 285 dèle édu 1. La famille, cadre de la transmission__________________________ 286 2. La famille, cadre de l’émancipation 297 __________________________  
 
 
Chapitre VII Jeunes et institutions : mettre en capacité d’agir________________ 313
1. Promouvoir de nouvelles relations entre jeunes et institutions 316 _________________________________
2. De la coordination à la synergie des acteurs : ______________________________ assurer la continuité éducative 325
3. Les jeunes, acteurs du changement ________________ 334 _______ ____
Conclusion générale par Dominique Charvet ____________________________________ 341
________________________________________________ Annexes 349  
 
 
Avant-propos  par Jean-Michel Charpin,  Commissaire au Plan
La réflexion engagée par le Commissariat général du Plan, dans le cadre de son programme de travail défini par le Premier ministre, sur le thème « Jeunes et politiques publiques » reposait sur un constat et sur une intuition.
Le constat était que l’insertion des jeunes, professionnelle ou sociale, ne fonctionnait pas de façon satisfaisante. Nombreux étaient alors les jeunes qui peinaient à trouver le chemin du travail, malgré leurs qualifications accrues et leurs efforts d’intégration, malgré les nombreux dispositifs mis en place par les pouvoirs publics pour accompagner et faciliter leurs parcours. Ce constat était et reste largement partagé même si, depuis, la situation de l’emploi s’est améliorée. Les familles, les enseignants, les entreprises, les élus expriment leur désarroi face au malaise de la jeunesse.
L’intuition, c’était que la société française n’était pas au clair avec ses représentations de la jeunesse. Comment agir avec utilité et pertinence si notre vision du sujet à traiter n’est ni nette ni partagée ? Or la jeunesse est un concept qui apparaît de plus en plus flou. Cela tient à ce qu’on appelle quelquefois son « allongement », aux brouillages croissants des âges de la vie, comme aussi à la grande diversité des situations qu’elle recouvre et dont le terme générique de « jeunesse » ne rend pas compte. Comment peut-on aujourd’hui caractériser les jeunes, ou la jeunesse, ou les jeunesses ? Comment se définissent et s’enchaînent les étapes qui conduisent de « l’enfant dans sa famille » à « l’adulte dans son foyer » ? Comment ont évolué les représentations de la jeunesse ? Jusqu’où faut-il aller dans la prise en compte de la diversité des sorts individuels ?
Ce sont ces questions qui ont animé les débats de la commission présidée par Dominique Charvet. Avec les rapporteurs qui l’entouraient, celui-ci a pris le juste parti de ne pas chercher les réponses seulement du côté des jeunes, mais
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-Avant-propos -
aussi dans la société tout entière. Partant d’un champ de vision élargi de la sorte, son rapport nous convie à changer de regard sur la jeunesse. Il a su ainsi éviter le risque, que le choix même du sujet faisait courir, de privilégier une approche alarmiste, négative de la jeunesse. Il nous convie à renverser la tendance, trop répandue, à représenter la jeunesse moins comme la génération porteuse de l’avenir que comme une source potentielle de nuisances.
Les jeunes sont au premier chef concernés par les évolutions de la société et de l’économie, celles de la famille et du travail, l’entrée dans une économie de la connaissance et les nouvelles technologies, la montée des inégalités et les changements dans les rapports sociaux et les modes de vie. Ces évolutions touchent une partie seulement des générations adultes ; elles ont des conséquences pour tous les jeunes. L’expérimentation du nouveau se fait largement par et sur les jeunes. Dès lors, la perte de sens des repères traditionnels et l’absence de vision collective de l’avenir ne sont-elles pas d’abord ressenties par les jeunes ? Comment peut-on redéfinir des normes, contraignantes mais reconnues par tous ? Comment favoriser la création d’opportunités nouvelles sans faire peser sur certains des risques excessifs ? Comment concilier mobilité et sécurité dans les parcours individuels, notamment par une conception nouvelle de l’éducation et de la formation tout au long de la vie, comme de leurs liens avec le travail et avec la vie sociale ?
Les politiques et actions destinées aux jeunes ont connu depuis vingt ans une considérable extension. Au-delà des politiques nationales d’éducation et d’insertion dans l’emploi, de multiples dispositifs ont été mis sur pied à différents niveaux, notamment par les collectivités territoriales. Ils ont concerné un nombre croissant de jeunes et mobilisé des ressources financières importantes. Conçus de façon catégorielle, quelquefois coupés des politiques globales, ces dispositifs ont-ils été efficaces ? Sur cette question, le rapport porte une appréciation qui, pour nuancée qu’elle soit, n’en est pas moins critique.
Sans nier les traits spécifiques de la jeunesse, sans méconnaître les problèmes qu’elle rencontre ou auxquels elle nous confronte aujourd’hui, il nous met en garde contre la tendance actuelle à faire d’elle une catégorie particulière de l’action publique. Pour faciliter le passage des jeunes - de tous les jeunes - à l’autonomie, pour en faire des acteurs de leur propre vie, pour les préparer à porter le destin collectif, le rapport de Dominique Charvet invite à des changements de grande ampleur. En mettant en avant des droits nouveaux, il propose une réponse aux aspirations, croissantes et légitimes, d’autonomie, ainsi qu’au besoin d’accès au savoir et à l’emploi.
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Préface  Jeunesse, le devoir d’avenir : un défi démocratique  par Dominique Charvet 
Les hasards de la conjoncture ont fait que les travaux de la commission « Jeunes et politiques publiques » se sont déroulés pendant que l’opinion était agitée de discours successifs contradictoires sur la condition des jeunes : livrés au chômage et à la violence en 1998, ils étaient soudain porte-drapeau, en 2000, de la « nouvelle économie » ou médiateurs compétents, par la grâce des emplois-jeunes, restaurant la sociabilité dans les quartiers et la crédibilité des administrations en difficulté. Euphorie de courte durée : les illusions des fortunes ramassées par des génies post-adolescents s’envolant en 2001 tandis que la permanence d’un malaise social, au-delà de la baisse du chômage, se profile.
Ces contradictions, ces permanences et ces changements sont venus illustrer un des premiers axes forts dégagés par les travaux de notre commission selon lequel les représentations de la jeunesse sont largement tributaires du moment historique. Le rôle de plaque sensible, de révélateur, des nouvelles générations - pour le meilleur comme pour le pire - sera amplement développé dans notre rapport. La jeunesse n’est pas seulement nouvelle venue au monde, elle introduit le monde nouveau, elle nous permet d’en comprendre les enjeux pour peu que l’on s’efforce de déchiffrer ce que nous donne à voir l’expérience des générations qui adviennent.
Alors que les « start-up » des trentenaires nous parlent de nouvelle économie, la précarité d’autres jeunes et la violence de leur révolte nous signalent la disparition du compromis socio-économique de l’après-guerre fait d’intégration par le travail et de progrès collectif. Mais c’est aussi la façon d’entrer en société, de faire lien avec les autres et de se construire soi-même qui changent dans ce contexte nouveau. Les chiffres du suicide ou les états de dépendance des jeunes ont une fonction d’alerte à cet égard.
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