Joachim du Bellay

Joachim du BellayQuel joli saut dans le temps que celui qui nous permet de vous présenter dans la bibliothèque numérique de YouScribe les poèmes de Joachim du Bellay ! Soucieux de consacrer à la poésie la place qui lui revient, il nous paraissait évident de lui offrir cette deuxième « Renaissance », lui qui marqua de son empreinte magistrale cette époque bénie des arts avec ses non moins illustres compagnons poètes de la fameuse Pléïade.

La vie d’un érudit entre la France et l’Italie

Le poète Joachim du Bellay naît en Anjou à Liré en 1522 dans le château familial de la Tourmelière, de Jean du Bellay, seigneur de Gonnord et de Renée Chabot. Mais il devient orphelin à l’âge de 10 ans et son frère aîné est désigné comme tuteur. Négligé par ce dernier, il passe le reste de son enfance, rêveur et mélancolique, maladif et sans grande activité.

Prenant pour modèle le cousin de son père, le cardinal Jean du Bellay, Joachim se lance à Poitiers dans des études de droit en 1545. C’est ainsi qu’il se liera d’amitié avec Jacques Peltier du Mans et Pierre de Ronsard en 1547. Il suivra ce dernier à Paris pour profiter des enseignements de Jean Dorat au Collège Coqueret. Ce talentueux humaniste les initie à la poésie italienne et ils découvrent avec lui les auteurs de l’Antiquité gréco-latine.

Il rédige en 1549 sa célèbre Défense et illustration de la langue française, manifeste collectif écrit pour imposer la langue française dans la littérature alors plus volontiers en grec et en latin. Cet ouvrage fonde la formation du groupe de poètes que du Bellay et Ronsard baptisent d’abord la « Brigade » avant d’être rejoints par Rémi Belleau, Etienne Jodelle, Pontus de Tyard et Jean-Antoine de Baïf pour donner naissance à la « Pléiade ».

Désireux de découvrir Rome et la culture antique, il suit son cousin le cardinal à la cour pontificale. En charge, de son intendance, il est accaparé par les intrigues de cour et s’ennuie. Joachim du Bellay, qui tombe malade en 1557, est renvoyé en France. Il loge alors au cloître Notre-Dame chez son ami Claude de Bize. Il meurt finalement en 1560 d’une apoplexie, à l’âge de 37 ans.

Les oeuvres de Du Bellay ou comment le français s’est fait poésie...

La Défense et illustration de la langue française est un manifeste des auteurs de la Pléiade, à la gloire de la langue française considérée jusque-là comme vulgaire et barbare. Ils contribuent largement à lui donner ses lettres de noblesse en droite ligne de la politique prônée par le roi François 1er. 

L’Olive est un recueil de sonnets à la gloire de Pétrarque qui connaît un grand succès. Les Regrets marquent la période de la vie du poète Joachim du Bellay à Rome de 1553 à 1557. Ce livre de sonnets exprime une véritable nouveauté sur le fond comme sur la forme. Composé de textes en alexandrins remplaçant le décasyllabe, il aborde la nostalgie du pays natal là où on était plutôt habitué à la célébration de l’amour pour une femme. C'est incontestablement, parmi les œuvres de Joachim Du Bellay, le livre dans lequel sont composés les vers les plus illustres. On y retrouve notamment le sonnet le plus célèbre qui débute par le fameux alexandrin « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un bon voyage… ». On peut encore citer, parmi les poèmes de Joachim du Bellay présents dans cet ouvrage, « France, mère des arts, des armes et des lois... »

Les Antiquités de Rome constituent son dernier ouvrage majeur en 1558. Il nous livre une méditation sur les grandeurs de la Rome Antique et sa mélancolie sur l’anéantissement de cette civilisation.

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