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C'était la Nationale 7

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Description

La route Paris-Côte d'Azur, cela vous dit quelque chose? Mais si, voyons! La Nationale 7, vous connaissez assurément. Pour un bon nombre de Français, et les Parisiens ne sont pas les moins nombreux, cette belle route de près de 1000 kilomètres rejoignant la Capitale à la Méditerranée symbolise le temps des vacances, de l'insouciance, du soleil assuré et du bleu azuréen. C'était aussi les embouteillages dantesques, les poids lourds coincés dans les rues étroites des villages, les bouchons surchauffés...

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Publié par
Date de parution 01 décembre 2020
Nombre de lectures 48
EAN13 9782889523542
Langue Français
Poids de l'ouvrage 70 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0200€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Quelques belles automo biles stationnent devant l’Hôtel de l’Écu, rue de Paris à Nemours, en 1950.
Au Kilomètre 76, on pouvait pêcher son poisson dans le Loing, et le faire préparer en cuisine…
L’auberge du Poisson Doré à Glandelles, paradis des pêcheurs entre Nemours et SouppessurLoing.
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L’auberge du Km 76 à la sortie de Nemours n’existe plus. Ce restaurant routier était l’un des derniers arrêts possibles pour les chauffeurs à destination de la capitale. Ouvert 24 heures sur 24, il ne désemplissait pas. Beaucoup de routiers clermontois et stéphanois s’y retrouvaient aussi le soir pour boire un dernier coup, avant de repartir vers le sud. Portonville et Glandelles sont deux hameaux en face de BagneauxsurLoing. Une destination appréciée des pêcheurs, qui venaient souvent pour la journée ou le weekend.
NotreDame de la Route Enfin, au sud du département de SeineetMarne, la Nationale 7 arrive à SouppessurLoing. La légende raconte que le bourg tiendrait son nom d’un officier romain de César, Sulpicius. Rien n’est moins sûr, mais les habitants y ont gagné le nom de Sulpiciens ! La e notoriété de la ville s’est faite à partir du XVIII siècle, grâce à la « pierre de Souppes », une pierre de construc tion dure et blanche d’aspect. Plusieurs monuments parisiens ont fait sa réputation : la Sorbonne, la basilique du SacréCœur et la statue de SainteGeneviève sur le pont de la Tournelle. En 1957, monsieur Jean Walter, architecte et proprié taire richissime des mines de Zellidja (Maroc), est fauché par une voiture en traversant la route. Sa mort sera le point de départ d’un véritable roman policier
e Ancienne borne du XVIII siècle à Portronville. On y distingue encore une fleur de lys, symbole royal.
L’Hôtel du Mouton, principale étape de SouppessurLoing.
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La Nationale 7 à Souppes surLoing au début des années 1950.
Cette borne à peine visible marque la frontière entre la SeineetMarne et le Loiret, juste avant d’arriver à Dordives.
« Plaque de cocher » à Dordives, datant de la fin e du XIX siècle. Situées en hauteur, ces plaques étaient plutôt destinées aux cava liers et aux conducteurs de charroi.
À Dordives, la Nationale 7 croise l’ancienne chaussée de César, qui allait de Sens à Orléans. Une « super borne » Michelin indiquait toutes les directions.
LeRestaurant des 100 Bornesà Fontenaysur Loing, aujourd’hui disparu.
qui passionnera la France entière, quand son unique héritier, fils adoptif de son épouse, fera l’objet d’un « contrat » d’assassinat… À quelques centaines de mètres, une borne indique un nouveau changement de département : la Nationale 7 quitte la Seineet Marne et l’ÎledeFrance pour le Loiret et la région Centre. Elle croise à Dordives la « chaussée de César », l’ancienne voie romaine allant de Sens à Orléans,au tracé si rectiligne qu’on dit qu’il fut réalisé par des fées ! Après Dordives, le RN7 continue plein sud. C’est une large chaussée d’au moins trois voies jusqu’à Montargis, aménagée juste après la guerre pour éviter les villages et supprimer plusieurs passages à niveau. À FontenaysurLoing, on cherche en vain l’ancien Restaurant des 100 Bornesdont la façade était décorée d’une borne géante… Un bâtiment commercial a remplacé en 2008 cet établissement quasi légendaire ouvert avant la guerre par la famille Martin. C’est un autre édifice, plus religieux, qui va attirer notre attention sur le côté de la route, quelques kilomètres plus loin près de Ferrières : la chapelle de NotreDame de la Route. L’abbé Preux, le curé local, l’a fait construire en 1954 pour offrir aux voyageurs un lieu de recueil et de prière. Ses vitraux représentent les écussons des principales villes desser vies par la Route Bleue, ellemême symbolisée par un ruban qui les relie entre eux.
La Venise du Gâtinais La Nationale 7 longe maintenant la forêt de Montargis. Une forêt profonde qui rejoignait autrefois celle de Fontainebleau. C’est ici qu’est née la légende du chien e de Montargis. Elle se situe au XIV siècle, à la cour de Charles V. On y constate un beau jour la disparition d’un
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de ses courtisans, Aubry de Montdidier. Après plusieurs jours, les recherches mènent en forêt de Montargis, où l’on retrouve son chien gémissant et grattant le sol. En creusant, on découvre le corps de son maître assassiné. Le roi fait ramener le chien à la cour pour le soigner. On remarque alors qu’il semble vouer une haine féroce au chevalier Macaire, manquant de l’attaquer lorsqu’il le voit. Le doute commence à apparaître, et le roi ordonne finalement un jugement divin : le chien et Macaire doivent se battre en duel. Le chevalier est armé d’un bâton et le chien dispose d’un tonneau pour se protéger. Finalement, après plusieurs heures, il parvient à sauter à la gorge de l’homme éreinté qui avoue être le meurtrier d’Aubry… Il sera pendu pour son forfait. Après le village de Chalette, la route arrive à Montargis. Cette ville ancienne se trouve au confluent de plusieurs rivières, dont la principale est le Loing, et de trois canaux : ceux de Briare, du Loing et d’Orléans. On doit donc souvent passer sur des ponts pour traverser la ville, ce qui lui a valu son surnom de « Venise du Gâtinais ». Au e XVII siècle, le cuisinier du duc de Choiseul, comte de PlessisPraslin, inventa la recette d’une friandise parti culièrement exquise, composée d’une amande enrobée de sucre cuit et parfumé : la praline était née. C’est la e maison Mazet qui va relancer la recette au XIX siècle, et qui la produit toujours aujourd’hui. Leur magasin de style néogothique se trouve à quelques mètres de l’ancien passage de la RN7, sur la place Mirabeau. Car la traversée de Montargis par l’étroite rue Dorée a posé des problèmes de circulation très tôt. Une déviation est construite en 1965, mais l’urbanisation progressive de la ville l’a complètement englobée ! La mise en service de l’A77 et d’un grand échangeur en 1999 a partiellement réglé le problème…