Secret Sophia
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Description

Cet ouvrage présente une compilation de dessins, recherches et illustrations autour de Sophia. Adriano de Vincentiis ouvre ses archives personnelles et dévoile la face cachée de Sophia. Une histoire courte, Alias, vient compléter Secret Sophia: invitée à Marrakech par un riche homme d'affaire russe, Sophia ne tarde guère à découvrir que ce voyage n'a rien à voir avec les affaires...

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Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2020
Nombre de lectures 226
EAN13 9782889523757
Langue Français
Poids de l'ouvrage 41 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0400€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

AdrianoDe Vincentiis
© Editions Paquet 2015 Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
www.editionspaquet.com
Deuxième édition Conception Graphique : Luca Di Sabatino Traduction : GiovannaPaola Vergari ISBN: 9782888906933 ∙ Dépôt légal : janvier 2015 Print arranged by WeBundle Group Édition numérique ∙ PAO: StoneBundle.ch ISBN: 9782889523757
PRÉFACE ParMilo Manara
Certaîns pensent que choîsîr comme sujet ’érotîsme, rend pus acîe e chemîn de ’auteur vers e succès. Cea est peut-être vraî pour e cînéma, a téévîsîon et a pubîcîté où es joîes ies sont des personnes réees, en chaîr et en os. Maîs î en est tout à aît autrement pour e dessîn et ’îustratîon. Dans e cas du dessîn, es seues choses réees sont e papîer et e crayon. Tout e reste vîent du dessînateur. C’est e dessînateur quî doît créer es joîes ies et cea n’a rîen de acîe. Dessîner un personnage mascuîn permet queque marge d’erreur sans que e personnage en soît afecté ; un nez égèrement trop proémînant, es oreîes un peu pus décoées, es bras un peu pus ins ou égèrement trop gros, es genoux pus poîntus etc. Ce sont chaque oîs des petîts déauts quî passent quasîment înaperçus. Dessîner une emme, en revanche, demande une précîsîon absoue. Un dîxîème de mîîmètre de pus ou de moîns peut gâcher de açon îrrémédîabe e dessîn. Dessîner une emme est sans doute pus passîonnant, pus captîvant, maîs a concentratîon ne doît jamaîs aîre déaut, et cea est oîn d’être
acîe. Regardons es emmes dessînées par Adrîano : après es avoîr apprécîées dans eur întégraîté, essayons de suîvre es contours centîmètre après centîmètre, comme ’on suîvraît sur une carte un chemîn merveîeux, et découvrons a sagesse de ce traît quî serpente entre crîques et promontoîres, sans jamaîs perdre en întensîté, sans jamaîs tomber dans a banaîté du métîer, de ’habîtude. Puîs observons attentîvement es cheveux, a précîsîon avec aquee îs sont dîvîsés en mèches et a manîère dont ces mèches sont anîmées d’une vîe propre. Regardons égaement es drapés, es pîs des vêtements, a précîsîon des chaussures. Puîs venons-en à ’arrîère pan, aux objets, à a perspectîve, aux umîères, aux ombres… I est acîe de dîre : ce ne sont que des « dessîns de joîesies ». Certaînement a voîe du succès est-ee en traîn de s’ouvrîr en grand devant Adrîano, maîs e mérîte en revîent seuement à son taent et sa passîon, et non au aît qu’î aît choîsî ’érotîsme comme sujet. D’autant pus que ce n’est pas e dessînateur quî choîsît ’érotîsme, maîs ’érotîsme quî choîsît e dessînateur.
SECRET SOPHIA LA MACHINE DU REVE ET LA PERCEE DU SECRET ParAndrea Gattinoni
e Monstre souLait e ong des parois de Miroirs et i noyait sa propre image dans ’Eternité sériee du abyrinthe qu’i habitait sans e connaître, tee ’eau où ’on se noie sans jamais mourir. a Proie, à bout de souLe, attendait e Monstre, comme un joyau enchâssé au miieu de a diformité des parois spécuaires qui relétaient mie portions d’image, cees que a Proie voyait d’ee-même, à bout du souLe.
Dans tout cea, a Réaité est ce que e Moi voit par ui-même.
Le quadrîatère quî saîsît ’une après ’autre chaque vîsîon subjectîve et objectuee de Sophîa est un départ înîtîatî-que vers e Centre d’un Labyrînthe mystîque constammentappeé hors de son propre cadre et pourtant déjà înscrît et secrètement dîssîmué à ’întérîeur de a même vîsîon. Chaque înstantané de Sophîa contîent e Centre vîde du Labyrînthe et à a oîs e Peîn Ininî de toutes ses autres représentatîons possîbes. L’entreacement de a Tresse et de a Spîrae est a cé du Labyrînthe comme représentatîon humaîne de ’Ininî : a Spîrae dans son îninî devenîr et a Tresse dans son îninî retour composent, en se ondant, un cadre inî quî contîent dans e dessîn du Labyrînthe e poînt d’arrîvée de a vîe vers a vîe. Une cavîté înter-dîmensîonnee et utérîne où a vîe prend son orîgîne et où se perd ’âme en état de grâce, déaîssant tous es sîgnîiants quî empêchaîent e quîd de ’être mystîque de subsîster au deà de a représentatîon de tout concept de soî ou d’« autre que soî ».
Voîcîesdoîgtsde Sophîa quîouîent chaque cavîtédea machîne-quîd-Sophîa ; es doîgts de Sophîa quî entrent dans a bouche, dans e vagîn de Sophîa ; ’extase dystonîque de a Machîne-Femme dont e seu et împerectîbe « au-deà du prîncîpe de paîsîr » est de se aîsser traverser par chaque cadre-cadrage en poursuîvant seuement a vîbratîon înînterrompue de sa propre stupeur, vîbratîon rebondîssant mécanîquement dans a suspensîon de chaque dessîn, dans e barattement d’énergîe quî a pousse à se rempîr de soî et à aîre rempîr d’Objets-Mascuîns, en dehors de soî, toute cavîté de son corps capabe et créée pour contenîr et – tout en contenant – îbre de s’absenter totaement, désîntégrant même son propre status conceptue de Machîne. Tout orîice rempî de Sophîa s’appuîe sur a douceur déaîs-sée du Zéro, un Zéro jamaîs absou et au contraîre toujours manqué. A a dîférence de a perceptîbîîté du monde mascuîn, où ’Objet-Soî est îusoîrement toujours e Soî, et rîen d’autre que Soî, ’Objet-Soî de Sophîa est, au contraîre, e Fantasme quî délagre de a recherche déaîssée de cette extatîque condîtîon d’Absence : des proondeurs obscures de sa propre Négatîvîté a Femme Machîne dépîe et repîe ce syntagme quî est e sîen en se projetant dans un déveoppement sîmutané d’évènements dont e chîfre est moîns ceuî înéaîre et înstructî de ’’hîstoîre’ que ceuî, écaté, du rêve. Consîdéré dans sa totaîté, e Corpus de chaque Sophîa accompîe apparaït de pus en pus comme un enchaïne-ment magîque de chutes dans e vîde, dîatatîons de temps, accéératîons et omîssîons antastîques où toute soîde et éémentaîre habîtude à a « înéarîté de ’événement » est rempacée par a majestueuse stupeur ébouîe et ébouîssante de ’Hérone, aîguîonnée par ses antasmes à poursuîvre des ragments de soî, cadrage par cadrage, cage par cage, abandon par abandon.
Tout trîange de nudîté, toute hanche oferte, tout sommeî suspendu, tout escaîer descendu est une chute dans es entraî-es de a Terre Femee, Femee avant d’être Mère, Fémînîne avant d’être Maternee : en efet, dans a transsubstantîatîon antastîque du quîd Sophîa, a Machîne Hérone est orpheîne de mère pendant son enance et grandît seue et cachée de a amîe. Je ’îmagîne adoescente, abandonnée au vîde mécanîque de sa propre soîtude, entourée par des igures et des objets étran-gers non encore încorporés au cours des années cachées de a puberté, puîs, en un battement de cî, a voîà suspendue à une igure de statue marmoréenne scuptée de chaîr quî est son pro-pre corps de emme, leurî et revenu devant e mîroîr ; aors, à ses épaues nues se relètent es archîtectures antastîques d’un utur passé antérîeur, Venîse dérouée dans e relet des canaux, gratte-cîes paraîts où î n’y a pas de nuages, des échappées exo-tîques de caîrîère, mînarets et vapeurs de sauna, antres sombres et escaîers ascendants et bacons, machînes, banquîses, bateaux à moteur, pîstoets, hommes et ’entîère Machîne-Monde con-tempée comme mesure de tout vîde possîbe. C’est justement ace au monde entîer, quî est întérîorîsé au travers des yeux de ’Hérone comme un quîd unîque à încorporer, que a vaence absoue de Sophîa apparaït presque dogmatîquement comme une ode à ’anîma émînîn pur, non conceptuaîsé, à a perectîon passîve de k’un dans e I Chîng, à ’obscurîté îngouvernabe que tout remue et tout accueîe à partîr des acs sombres de ’înconscîent. La Machîne Sophîa déveoppe passîvement sa propre recherche des cés mystîques quî entrouvrent ’accès aux pouvoîrs secrets de sa propre amîe ; passîvement, ee se aîsse traïner entre es corps d’Objets-Mâes quî a pénètrent et a dîrîgent comme s’îs vouaîent ’assîmî-er, ’încorporer, a détruîre ; c’est pourtant Sophîa ee-même quî, abandonnée à sa propre passîvîté mécanîque, încorpore et engobe tout objet actî autour d’ee en ’assîmîant aux
coordonnées onîrîques de ses propres paysages înconscîents, à a géométrîe soupe de a antaîsîe quî a aît bouger et a dessîne. Le rîsson de constante envîe, a charge érotîque stupéaîte de toute non-actîon agîe, des pas abandonnés à a certîtude du vîde dans et en dehors du Rêve chîfrent dans es détaîs arrachés à tout cadrage une Unîversaîté Fémînîne de a Machîne-Sophîa ; à a manîère de Carmeo Bene : une répétîtîon réîtérée en arrî-ère du contînuum d’ee-même, dans a tentatîve – à aussî manquée – de se dîssoudre et, en se dîssovant, de recréer de nouveaux mondes et avec eux une nouvee vîe. Dans e mîroîr du ac mystérîque où tout est conondu, Sophîa se ève et s’îmmerge îndîférente à toute îmîte dîmensîonnee, exceptée à cee de a inîtude pastîque de son propre corps pénétré, manîpué, travaîé. Le Secret Mystîque înscrît dans a successîon de tout cadre déroué par ee est peut-être juste-ment ceuî de a revanche de ’Eau sur ’Aîr, de ’Obscurîté sur a Lumîère, du yîn sur e yang, de tamas sur sattva, de ’încon-scîent sur e conscîent ; a revanche de a vîsîon arrachée au Rêve sur ’hîstoîre au cours précîs et pourvu de mora ; a revanche du mystère sur chaque réponse donnée ; e courant sombre de ’abïme quî gîsse parmî es choses du monde sans être vu et quî pourtant conduît tout, contîent tout, et auque tout revîent.
a Proie souLait e ong des parois de Miroirs et son image se noyait dans ’Eternité sériee du abyrinthe qu’ee habitait sans e connaître, tee ’eau où ’on se noie sans jamais mourir. e Monstre attendait a Proie, à bout de souLe, comme un joyau enchâssé au miieu de a diformité des parois spécuaires qui relétaient mie portions d’image cees que e Monstre voyait de ui-même, au bout du souLe.
En tout cea, a Réaité est ce que e Moi ne voit pas par ui-même.
Note de ’éditeur : a traduction a voontairement conservé e sens du texte itaien d’origine.