Alter ego : Le genre superhéroïque dans la BD au Québec (1968-1995) , bd

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« Les super-héros envahissent le Québec ! » Voilà ce qu’annonçait en lettres rouges la couverture du premier numéro de la bande dessinée The Valiant, la publication inaugurale des éditions Héros. Le genre superhéroïque est effectivement bien représenté dans la trentaine de librairies spécialisées en bande dessinée des grands centres urbains québécois et dans la plupart des succursales des chaînes de librairies généralistes. Il trône aussi dans les salons dédiés à la bande dessinée et à la culture populaire nord-américaine, comme les Comiccon, qui attirent des dizaines de milliers de visiteurs annuellement. Cependant, on connaît mal les conditions qui ont permis à ce genre profondément américain de franchir la frontière pour venir s’immiscer dans une tout autre aire géographique et culturelle. Comment, depuis les années 1960, les différentes entreprises de traduction et d’édition d’ici ont-elles rendu possible cette adoption du superhéros ? Question à laquelle l’auteur s’attaque – sans peur et sans reproche – dans cet ouvrage richement illustré faisant une passionnante jonction entre cultures populaire et savante et qui fera découvrir au public québécois un pan méconnu de son histoire.
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Date de parution

14 novembre 2022

Nombre de lectures

9

EAN13

9782760646315

Langue

Français

Philippe Rioux
ALTER EGO
Le genre superhéroïque dans la BD au Québec (1968-1995)
Les Presses de l’Université de Montréal


Placée sous la responsabilité du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ), la collection «Nouvelles études québécoises» accueille des ouvrages individuels ou collectifs qui témoignent des nouvelles voies de la recherche en études québécoises, principalement dans le domaine littéraire: définition ou élection de nouveaux projets, relecture de classiques, élaboration de perspectives critiques et théoriques nouvelles, questionnement des postulats historiographiques et réaménagement des frontières disciplinaires y cohabitent librement.
Directrice:
Martine-Emmanuelle Lapointe, Université de Montréal
Comité éditorial:
Marie-Andrée Bergeron, Université de Calgary
Daniel Laforest, Université de l’Alberta
Karim Larose, Université de Montréal
Jonathan Livernois, Université Laval
Nathalie Watteyne, Université de Sherbrooke
Comité scientifique:
Bernard Andrès, Université du Québec à Montréal
Patrick Coleman, University of California
Jean-Marie Klinkenberg, Université de Liège
Lucie Robert, Université du Québec à Montréal
Rainier Grutman, Université d’Ottawa
François Dumont, Université Laval
Rachel Killick, University of Leeds
Hans Jürgen Lüsebrinck, Universität des Saarlandes (Saarbrücken)
Michel Biron, Université McGill




Mise en pages: Yolande Martel Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Titre: Alter ego: le genre superhéroïque dans la BD au Québec (1968-1995) / Philippe Rioux. Nom: Rioux, Philippe, 1990- auteur. Description: Comprend des références bibliographiques. Identifiants: Canadiana (livre imprimé) 20220005869 | Canadiana (livre numérique) 20220005877 | ISBN 9782760646292 | ISBN 9782760646308 (PDF) | ISBN 9782760646315 (EPUB) Vedettes-matière: RVM: Bandes dessinées de superhéros—Québec (Province)—Histoire et critique. Classification: LCC PN6731.R56 2022 | CDD 741.5/9714—dc23 Dépôt légal: 4 e trimestre 2022 Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 2022 www.pum.umontreal.ca Cet ouvrage a été publié grâce à une subvention de la Fédération des sciences humaines de concert avec le Prix d’auteurs pour l’édition savante, dont les fonds proviennent du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Les Presses de l’Université de Montréal remercient de son soutien financier la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).




INTRODUCTION
«Les super-héros envahissent le Québec!» Voilà ce qu’annonce en lettres rouges la couverture du premier numéro de la bande dessinée The Valiant 1 , publication inaugurale des éditions Héros, lancée au mois d’avril 2016. En jetant un coup d’œil rapide à la culture bédéique québécoise des dernières années, on constate effectivement que le genre superhéroïque y est omniprésent. Il est bien représenté dans la trentaine de librairies spécialisées en bande dessinée américaine des grands centres urbains (Montréal et sa banlieue, Québec, Sherbrooke) et sa popularité lui assure même une place dans la plupart des succursales des chaînes de librairies généralistes (Renaud-Bray, Archambault, Chapters-Indigo). Il se trouve aussi au cœur de salons dédiés à la bande dessinée et à la culture populaire nord-américaine, comme les Comiccon de Montréal et de Québec et le Fantasticon de Montréal, lesquels attirent des dizaines de milliers de visiteurs annuellement. En outre, des émissions de baladodiffusion ( Les Mystérieux étonnants , Podcast et gomme balloune ) en font leur sujet de prédilection depuis plusieurs années et, enfin, des projets télévisuels ( Les Invincibles , de Jean-François Rivard et François Létourneau), cinématographiques ( Le super-héros québécois , de Dominique Adams) et numériques ( Heroes of the North , du collectif éponyme) font passer le genre du papier aux écrans de la province.
Toutefois, bien que la présence du genre superhéroïque dans la culture bédéique et médiatique québécoise actuelle est palpable, on connaît encore mal les conditions et les paramètres ayant permis à celui-ci de franchir la frontière américaine pour s’immiscer dans une tout autre aire géographique et culturelle. Ce n’est que récemment que des historiens et des amateurs ont commencé à faire la lumière sur le travail accompli par des éditeurs québécois dans le domaine de la bande dessinée de superhéros. Pourtant, en y regardant de plus près, il semble que ce soit justement dans la sphère éditoriale que cette importation générique (et médiatique, en ce qui concerne le support qu’est le « comic book 2 ») prenne racine de la manière la plus durable: la publication de bandes dessinées de superhéros, on le verra, a cours presque sans interruption depuis près d’un demi-siècle, au Québec. Devant ce constat, une question s’impose: comment les différentes entreprises de traduction, d’édition et de réédition de ces bandes dessinées menées par des éditeurs québécois, depuis les années 1960, ont-elles rendu possible le transfert du genre superhéroïque au Québec?
Ainsi formulée, cette question suppose un parti pris: celui de se concentrer particulièrement sur l’étude du secteur éditorial et de son impact sur la migration du genre en terre québécoise. Il ne s’agira pas, pour autant, d’évacuer de la réflexion l’intervention de médiateurs appartenant à d’autres sphères d’activités (la librairie, la critique, la diffusion, la distribution) au sein de ces transferts culturels. Au contraire, il serait maladroit d’isoler complètement l’action des éditeurs, en faisant fi de leurs interactions avec le reste de la chaîne du livre. Il s’agira donc de bien rendre compte du contexte dans lequel l’éditeur travaille, autant que des changements qui ont affecté ce dernier durant près de cinquante ans. L’étude plus fine d’objets ciblés révélera aussi les traces tangibles des transferts et les mécanismes variés qui les rendent possibles. En permettant le mariage de l’analyse historique, textuelle, paratextuelle et sociologique, l’étude de l’activité éditoriale est sans doute la plus apte à fournir un portrait détaillé et pluridimensionnel du phénomène qui nous occupe.
La série: lieu privilégié de transferts
Né dans les comic books américains à la fin de la décennie 1930, le genre superhéroïque progresse, depuis ses origines, selon un mode sériel. Les éditeurs comme Marvel et DC Comics tirent ainsi profit de la popularité de leurs personnages en assurant la longévité de leurs parutions mensuelles, vouées à une existence quasi pérenne. Ce mode de publication, qui repose, entre autres, sur «la récurrence d’un héros (éponyme ou non) 3 », entraîne une relative fidélisation du lectorat, dont on imagine facilement les retombées économiques positives pour les éditeurs. Toutefois, au-delà de ces considérations pécuniaires, la sérialité crée aussi l’environnement propice au (re)déploiement de transferts culturels, pour une raison notable: elle permet des ajustements, d’un numéro à l’autre, en tenant compte de l’avis des lecteurs.
Les comics de superhéros publiés par les éditions Héritage sont peut-être ceux qui donnent le mieux à voir cette utilisation de la série comme le lieu de rapports dynamiques entre l’éditeur et le lecteur, ces échanges prenant d’ailleurs des formes diverses. Le «Coin du lecteur», par exemple, agit en tant qu’espace de dialogue en présentant les échanges épistolaires entre les lecteurs et les éditeurs des comics Héritage. Riche en informations, cette rubrique, elle-même calquée sur ce qui se trouve déjà dans les comics américains, permet aux nouveaux adeptes de superhéros de s’enquérir des origines de leurs personnages favoris, d’en apprendre plus sur l’univers narratif élargi de Marvel et DC Comics, ou encore, de préciser quelles séries sont les plus (ou les moins) appréciées. Autrement dit, elle facilite le transfert du genre superhéroïque en permettant aux lecteurs d’aller chercher des informations complémentaires à celles contenues dans les récits publiés et en fournissant des indications aux éditeurs quant aux modèles superhéroïques qui trouvent le plus facilement preneurs: «Nous lisons toutes les lettres que nous recevons, soutiennent les éditions Héritage, parce qu’elles sont un excellent moyen de savoir ce que les lecteurs pensent de nos comics. Nous aimons recevoir toutes sortes de commentaires pour nous aider à améliorer nos revues pour qu’elles continuent de plaire à nos lecteurs 4 .»
Avec le temps, d’autres rubriques trouvent leur place au sein de leurs comics et agissent dans le même sens que le «Coin du lecteur», en ayant toutefois une fonction plus ouvertement informative, pour ne pas dire pédagogique. L’«Info-Héritage», le «H. Magazine» et les leçons de dessin, par exemple, servent tous à faire connaître au lecteur l’une ou l’autre facette de l’univers des comics américains. Qu’il soit question de fournir des renseignements sur l’histoire du genre superhéroïque, de résumer la biographie des protagonistes dont on publie les exploits ou d’enseigner les fondements du dessin (et, par le fait même, de l’esthétique picturale spécifique au genre), l’effet demeure apparemment le même: par ce transfert de connaissances relatives à la bande dessinée américaine de superhéros s’opère vraisemblablement, à long terme, l’apprivoisement de cet objet exogène à la sphère culturelle québécoise.
Cet ouvrage entend creuser ces pistes de réflexion afin de mieux cerner la relation qui existe entre la publication sérielle et les transferts culturels, en tentant particulièrement de comprendre comment ces derniers gagnent en efficacité dès lors qu’ils se déploient dans la durée et que les stratégies qui

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