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Bolloré veut-il reprendre Vivendi ?

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Bolloré veut-il reprendre Vivendi ? Anoncée début septembre, la prise de participation à hauteur de 60% (avec la possibilité de racheter les 40% restants sous trois ans) par le groupe Canal+ dans l'activité télévision du groupe Bolloré, autrement dit les deux chaînes de la TNT gratuites Direct 8 et Direct Star, a surpris la plupart des observateurs. Non seulement en raison d'un changement de cap stratégique pour le groupe Bolloré mais aussi par le choix d'une rémunération en actions Vivendi, qui conduit à s'interroger sur les intentions de Vincent Bolloré à moyen terme : montée en puissance ou coup financier ? En tout état de cause, la valorisation de la totalité des actifs des deux chaînes à 465 millions 'euros est une excellente affaire pour un CA d'à peine 90 millions. Le goût des médias m Le groupe familial dirigé par Vincent Bolloré est d'abord un gigantesque conglomérat présent sur tous les continents, avec plus de 31.000 employés et un chiffre d'affaires de 7 milliards d'euros. La papeterie bretonne, fondée en 1822, s'est imposée comme un acteur mondial de premier plan dans les transports, la logistique ou l'énergie. La décision de constituer un pôle média et communication a été prise en 2000, avec une première étape décisive, la prise de contrôle du géant de la publicité et de la communication Havas, au terme d'un raid éclair de trois mois qui en fait le premier actionnaire avec 20% du capital.
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Bolloré veut-il reprendre Vivendi ?
Anoncée début septembre, la prise de participation à hauteur de 60% (avec la possibilité de racheter les 40% restants sous trois ans) par le groupe Canal+ dans l'activité télévision du groupe Bolloré, autrement dit les deux chaînes de la TNT gratuites Direct 8 et Direct Star, a surpris la plupart des observateurs. Non seulement en raison d'un changement de cap stratégique pour le groupe Bolloré mais aussi par le choix d'une rémunération en actions Vivendi, qui conduit à s'interroger sur les intentions de Vincent Bolloré à moyen terme : montée en puissance ou coup financier ? En tout état de cause, la valorisation de la totalité des actifs des deux chaînes à 465 millions 'euros est une excellente affaire pour un CA d'à peine
90 millions.
Le goût des médias m
Le groupe familial dirigé par Vincent Bolloré est d'abord un gigantesque conglomérat présent sur tous les continents, avec plus de 31.000 employés et un chiffre d'affaires de 7 milliards d'euros. La papeterie bretonne, fondée en 1822, s'est imposée comme un acteur mondial de premier plan dans les transports, la logistique ou l'énergie. La décision de constituer un pôle média et communication a été prise en 2000, avec une première étape décisive, la prise de contrôle du géant de la publicité et de la communication Havas, au terme d'un raid éclair de trois mois qui en fait le premier actionnaire avec 20% du capital. Après plusieurs acquisitions de moindre envergure, notamment dans le cinéma et la production audiovisuelle, le groupe Bolloré s'implante sur deux secteurs majeurs : la télévision, avec le lancement de Direct 8 en 2005, et la presse, avec «Direct Soir», premier quotidien gratuit du soir, lancé en 2006. En 2008, Vincent Bolloré annonçait vouloir investir 10% des actifs du groupe, soit 500 millions d'euros dans les médias. Une stratégie de développement qui a conduit au lancement de «Direct Matin» en 2007 et au rachat de Virgin 17, devenu Direct Star, en 2010.
Un prix élevé éle evé
Direct 8 aura coûté depuis son lancement 130 millions d'euros (pertes cumulées) et Direct Star 70
millions d'euros (prix d'achat). Un investissement de 200 coû té 13 30 cu umulées) d'ac chat). e millions d'euros v valorisé 465 millions d'eu d'euros L'opération ros par Canal+. L'opérati on est un très joli coup financier pour Vincent Bolloré. finan ncier Elle représente en effet une plus-value théorique de 265 millions ! Et surtout, la valorisation à 465 millions de l'ensemble des actifs des deux chaînes représente 5,5 fois le chiffre un ne é d surto out, e chaîne d'affaires cumulé et place le «point d'audience» à 129 millions d'euros, largement au-dessus des dernières transactions (110 millions pour le rachat de NT1 et TMC par TF1 en 2009, et 100 millions pour celui de Virgin 17 en 2010).
Vision à long terme
Dans ce contexte, on peut s'interroger sur la cession d'une part importante de son activité média. Le choix d'un paiement en échange d'actions permet d'envisager deux hypothèses. Vincent Bolloré a réussi de jolis coups financiers. On se rappelle son entrée dans le capital de Bouygues en 1997, objet d'un conflit de plusieurs mois, François Pinault jouant les chevaliers blancs au secours de la famille Bouygues, rachetant au prix fort les 12,6% du groupe de BTP détenus par Vincent Bolloré, lui permettant d'empocher un bénéfice de plus de 1,5 milliard de francs (230 millions d'euros). Même opération juste après, avec un aller-retour au capital du groupe Pathé, et une revente des ces participations à Vivendi International, pour une plus-value de 800 millions de francs (120 millions d'euros). Mais l'industriel peut aussi avoir des ambitions beaucoup plus importantes. Pour l'instant, Vincent Bolloré va contrôler 1,3% du capital de Vivendi, ce qui le place parmi les 11 premiers actionnaires du groupe, mais c'est le seul industriel. Un industriel qui peut très bien imaginer de céder un jour sa branche de batteries automobiles à un constructeur type Renault. Surtout si on lui en offre un bon prix : de 1,5 à 2 milliards. L'idéal pour monter dans le capital de Vivendi. On ne change pas Bolloré. Il avance. c'est sa marque de fabrique !