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Les journalistes sont -ils responsables ?

3 pages
Les journalistes sont -ils responsables ? Depuis plus de vingt-cinq années, j'ai eu la chance de pouvoir être un observateur privilégié de ce que l'on peut appeler l'élite de notre nation. Au cours de cette période, tout un aréopage de journalistes, de chefs d'entreprise, de jeunes technocrates pour la plupart issus de l'École Nationale d'Administration et d'hommes politiques ont croisé mon chemin, la plupart sans me voir n'étant pas moi-même issu de ces filières de formation reconnues comme seul susceptible de permettre l'accès à la connaissance, la compétence, et donc à l'expression sous quelque forme que ce soit... Cette chronique s'adresse tout d'abord à eux et à tout ceux qui ont quelque chose à dire, des idées à exprimer, pour qu'ils aient le courage de parler, notre Pays à besoin d'aide, il est en panne ! Certains pourront s'étonner que je ne m'exprime qu'aujourd'hui, cette situation m'a paru indispensable non pour me préserver mais pour pouvoir obtenir une lecture plus objective de ces lignes. En effet, ma proximité avec un homme politique de premier plan ne pouvait que dénaturer aux yeux de certains le contenu réel de mes réflexions et la force de certaines propositions qui ne sont jamais sans conséquences politiques.
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Les journalistes sont -ils responsables ?
Depuis plus de vingt-cinq années, j'ai eu la chance de pouvoir être un observateur privilégié de ce que l'on peut appeler l'élite de notre nation. Au cours de cette période, tout un aréopage de journalistes, de chefs d'entreprise, de jeunes technocrates pour la plupart issus de l'École Nationale d'Administration et d'hommes politiques ont croisé mon chemin, la plupart sans me voir n'étant pas moi-même issu de ces filières de formation reconnues comme seul susceptible de permettre l'accès à la connaissance, la compétence, et donc à l'expression sous quelque forme que ce soit... Cette chronique s'adresse tout d'abord à eux et à tout ceux qui ont quelque chose à dire, des idées à exprimer, pour qu'ils aient le courage de parler, notre Pays à besoin d'aide, il est en panne ! Certains pourront s'étonner que je ne m'exprime qu'aujourd'hui, cette situation m'a paru indispensable non pour me préserver mais pour pouvoir obtenir une lecture plus objective de ces lignes. En effet, ma proximité avec un homme politique de premier plan ne pouvait que dénaturer aux yeux de certains le contenu réel de mes réflexions et la force de certaines propositions qui ne sont jamais sans conséquences politiques. L'une des particularités du fonctionnement de notre pensée réside, comme je l'ai exposé dans mon préambule, dans l'obligation de répertorier, classer et cataloguer les individus en fonction de leurs origines, de leurs formations, de leurs âges et de leurs catégories sociaux professionnels, cette terminologie bien pensante voulant exprimer d'une certaine manière le milieu social dans lequel ils évoluent. En ce qui me concerne, le jugement sera d'autant plus difficile qu'il ne pourra se rattacher à aucune certitude sur mes affinités politiques, sur les doctrines qui auront conduit ma réflexion, ainsi que sur les buts certainement inavouables que je poursuis par cette démarche ; La réalité est malheureusement simple, je souhaite qu'en soulevant un coin du voile, nous puissions faire progresser notre Pays en abordant les vrais problèmes sans tabous, mais aussi sans langue de bois ou complaisance. Comment peut-on imaginer qu'un homme politique de gauche puisse faire des propositions concernant une remise en cause du temps de travail ou des conventions particulières relatives aux régimes spéciaux de retraite de la fonction publique ! Dans le même ordre d'idée, pourrionsnous accepter qu'un homme politique de droite avalise le bien-fondé de l'impôt sur le capital ou la progressivité de l'impôt sur le revenu ! Prisonniers de leur rôle, défenseurs de leurs prérogatives, ils sont tous prêts pour préserver l'illusion du pouvoir qu'ils croient détenir à défendre l'indéfendable, à nier les réalités, pour plaire à un électorat qui devrait leur assurer une réélection. Dans ce grand théâtre où se joue le dernier acte de cette comédie, comment ne pas s'interroger sur le rôle des médias en général et de certains journalistes politiques en particulier, Les liens si étroits qui unissent les grands groupes de presse au pouvoir en
place sont connus et reconnus, l'interdépendance de ces deux mondes toute tendance politique confondue est telle que la vraie question est de savoir si ce ne sont pas les médias qui font la politique du gouvernement. A une époque où les sondages constituent la base du bien-fondé de la plupart des décisions prises par nos gouvernants, comment peut-on comprendre les réelles motivations des dirigeants de ces groupes de presse, de radio ou de télévision. Les récentes cessions sont malheureusement là pour nous rappeler la dure réalité du marché et les conséquences qu'une telle attitude pourrait avoir très rapidement sur le paysage médiatique national. L'inertie peut conduire à l'affaiblissement et la marginalisation du secteur. Que chacun soit conscient de cette situation est un point fondamental du devenir des derniers grands supports nationaux et de notre démocratie. Dans ce contexte, l'espoir pourrait venir des journalistes eux-mêmes et particulièrement de ceux de la rubrique politique, sociale et économique, malheureusement le système est puissant pour embrigader les meilleurs en les initiant aux plaisirs du pouvoir, combien d'entre eux ai-je pu en observer, journalistes talentueux sous la gauche ou sous la droite, qui ont succombé aux ors de la République ! Les autres pour eux, nul de salut, ils sont voués à l'anonymat et quant ils se rebel-lent en écrivant un livre par exemple il constitue rapidement une nouvelle proie pour ceux qu'ils auront combattus, qui tenteront de les décrédibiliser ou de les intégrer dans l'antichambre de la foire aux privilèges. L'objet de mon propos n'est pas à l'image des Sycophantes de dénoncer le système dans son ensemble, mais bien de tenter d'établir une nouvelle hiérarchie de fonctionnement de nos institutions ou chacun aura sa place pour un meilleur équilibre des pouvoirs et dans le respect de tous. Une telle démarche pourrait paraître bien prétentieuse dans le contexte actuel, pourtant je reste intimement persuadé que le seul fait d'exposer ce point de vue permettra à chacun des acteurs concernés de prendre conscience des nouvelles composantes qui régissent les codes de notre Société du 21ème Siècle. Les grands équilibres ont changé entraînant inéluctablement une modification fondamentale du rapport entre les individus ; tout se sait vite et les conséquences peuvent être considérables en terme d'impact sur l'opinion public, la presse se trouve donc au coeur du quotidien ce qui lui donne des droits et aussi des devoirs, le premier d'entre eux étant celui de ne pas nous décevoir en restant totalement indépendant et objectif.
Les journalistes doivent retrouver leur légitimité dans le combat, la presse ne doit plus être le faire valoir de la téléréalité, son rôle dans notre société doit redevenir le contrepouvoir qui seul permettra de sauver la démocratie, c'est ce que nous sommes nombreux à attendre. Qui peut contester ce droit à l'expression qui trouve son fondement dans l'adhésion quotidienne de milliers de lecteurs, l'acte d'achat est plus que tout autre un geste fort que l'ensemble de la presse doit savoir utiliser pour garantir sa liberté d'expression ! Le développement des nouvelles technologies comme internet offre un espace de liberté sans pareil qui, si nous ni prenons pas garde, sera demain la base de l'information publique un pouvoir considérable entre les mains d'individus mais aussi de lobbys puissants et sans contrôle ! La contestation a de tout temps été l'apanage de nos écrivains, la plume est une arme qui a tant dans le passé que de nos jours su démontrer sa puissance, si nous ne savons pas revenir à nos valeurs il n'existera plus bientôt de refuge et nos sociétés glisseront vers des doctrines aussi contestables que dangereuses. La presse est aujourd'hui le garant de la restauration des valeurs fondatrices de nos libertés, nous devons pouvoir compter sur elle comme elle pourra compter sur nous, son rôle est plus que jamais déterminant dans les périodes de difficultés et de remise en question que nous allons connaître. Que chacun puisse défendre ses
opinions, puisse librement s'exprimer est une étape de l'évolution de nos sociétés, mais une telle démarche doit s'inscrire dans le respect mutuel de nos différences qui sont porteuses de réussite et de progrès. La première des missions que l'on pourrait attendre d'une presse responsable serait de nous guider dans une réflexion approfondie sur les conséquences dans le temps de certaines décisions politiques. Face à la croissance permanente de la marginalisation de toute une partie de nos concitoyens, le silence assourdissant de certains médias constitue à mon sens les prémices d'une tentative d'étouffement de toute remise en cause du « Modèle Français » que tant de pays nous envie mais que personne ne veut copier. La mémoire est malheureusement une valeur non transmissible, mais le recul que nous impose certaine situation devrait nous permettre une analyse plus objective de la réalité de notre existence. U est incontestable que nous ne pouvons tolérer qu'une part importante de notre population vive dans un état de pauvreté indigne d'une démocratie comme la notre jouissant de telle richesse, mais je considère que la réponse ne se trouve pas dans la culpabilisation de la réussite qui seule est porteuse d'espoir. L'échec de nos élites réside essentiellement dans leurs incapacités à faire fonctionner l'ascenseur social tout en verrouillant l'accès à l'escalier...
Christian Ciganer-Albeniz, a conseillé au cours de sa carrière de grands groupes industriels et financiers parmi lesquels Framatome, Axa en passant par Lagardère, Crédit Foncier ou Accor. Il a par ailleurs participé à la rédaction de plusieurs textes ou rapports de référence, dont récemment le Rapport d'Information sur l'Epargne Retraite (mai 2003), la proposition « la cession du patrimoine public au service de la défense du système de retraite » (juin 2004), ou le rapport « Prévention des difficultés d'entreprises, sécurisation du financement des PME » (décembre 2004).