Pas de dimanche pour le self-mademan de Bricorama !

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Pas de dimanche pour le self-mademan de Bricorama ! La sentence est tombée sèche ce 31 octobre : contre l'avis de la direction et des employés réunis, Bricorama n'a plus le droit d'ouvrir le jour du seigneur. Pire, le syndicat Force Ouvrière, attaquant pour travail illégal, réclame plus de 37 millions d'euros alors que les résultats nets de l'enseigne s'élèvent à 24 millions. La juge de l'exécution du TGI a mis sa décision en délibéré au 17 décembre mais Jean-Claude Bourrelier, self made man aguerri n'est pas homme à s'en laisser compter. Né et élevé dans la Sarthe près de Saint-Calais, ce fils d'ouvriers a commencé sa carrière à 14 ans comme apprenti dans une boulangerie, avant de passer un CAP charcuterie. à force de courage et de ténacité, il monte son affaire, développant un petit empire européen du bricolage... jusqu'à ce coup de massue. Bâtisseur méthodique Après quelques années dans la charcuterie, Jean-Claude Bourrelier « monte à Paris » où il exerce divers petits métiers avant de devenir commercial au sein d'une marque d'électroménager. « Je ne pouvais pas y évoluer favorablement », raconte-t-il. « J'ai alors suivi des cours du soir pour me former à la gestion et au management. Ensuite, j'ai eu l'opportunité de reprendre un magasin de quincaillerie, alors en dépôt de bilan, situé dans le 13ème arrondissement de Paris. Il a été le premier d'une longue série puisque, en 35 ans, nous en avons ouvert près d'une centaine en France ».

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Publié le 30 novembre 2012
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Pas de dimanche pour le self-mademan de Bricorama !
La sentence est tombée sèche ce 31 octobre : contre l'avis de la direction et des employés réunis, Bricorama n'a plus le droit d'ouvrir le jour du seigneur. Pire, le syndicat Force Ouvrière, attaquant pour travail illégal, réclame plus de 37 millions d'euros alors que les résultats nets de l'enseigne s'élèvent à 24 millions. La juge de l'exécution du TGI a mis sa décision en délibéré au 17 décembre mais Jean-Claude Bourrelier, self made man aguerri n'est pas homme à s'en laisser compter. Né et élevé dans la Sarthe près de Saint-Calais, ce fils d'ouvriers a commencé sa carrière à 14 ans comme apprenti dans une boulangerie, avant de passer un CAP charcuterie. à force de courage et de ténacité, il monte son affaire, développant un petit empire européen du bricolage... jusqu'à ce coup de massue.
Bâtisseur méthodique
Après quelques années dans la charcuterie, Jean-Claude Bourrelier «monte à Paris» où il exerce divers petits métiers avant de devenir commercial au sein d'une marque d'électroménager. «Je ne pouvais pas y évoluer favorablementraconte-t-il. « », J'ai alors suivi des cours du soir pour me former à la gestion et au management. Ensuite, j'ai eu l'opportunité de reprendre un magasin de quincaillerie, alors en dépôt de bilan, situé dans le 13ème arrondissement de Paris. Il a été le premier d'une longue série puisque, en 35 ans, nous en avons ouvert près d'une centaine en FranceDepuis 1975 et ce magasin Boulevard Vincent Auriol, cet homme de poigne a su ». développer son entreprise, principalement par croissance externe. Une stratégie qu'il explique simplement : «Certains de nos concurrents n'ont pas les mêmes critères de rentabilité que les nôtres. Notre structure de coûts étant parfaitement maîtrisée, nous nous concentrons sur les emplacements situés sur les plus belles zones de chalandises. Plus chères, mais plus rentables». En 1980, c'est l'envol, il lance ainsi l'enseigne Batkor puis rachète Pictoral (1990), Projet (1991), La Bricaillerie (1995), les filiales continentales du Groupe Wickes Pic (1997), Outirama (1998), Bricostore (2000)... Après une entrée au second marché de la Bourse de Paris en 1996, les années 2000 signent les débuts du Groupe à l'étranger (Belgique, Hollande, Espagne...) avant le lancement sur Internet en 2011.
Le bricolage au top
Chiffre d'affaires sous enseignes :902 millions d'euros dont60,8% réalisés en France,13,3% aux Pays-Bas,15,7%en Belgique, 2,8% en Espagne et7,4%en Franchise.
222dont magasins 94 en France,42Belgique, en 32Pays-Bas, au 9 en Espagne et45 en Franchise.4.593collaborateurs dont2.556en France. Capital :85,32%M14 (holding de la famille Bourrelier),12,71% public,1,29%Bourrelier, Jean-Claude 0,68% famille Bourrelier. Concurrents : Leroy Merlin et Castorama70%du marché), Mr Bricolage...
«Je suis un entrepreneur. Je ne m'arrête pas. Même le dimanche !». Jean-Claude Bourrelier, fondateur et Président de Bricorama
Premier Groupe indépendant sur le marché des surfaces moyennes, Bricorama a su créer des magasins à taille humaine, adaptés aux attentes d'une clientèle majoritairement composée de particuliers. Implanté dans des agglomérations moyenne de 35.000 à 40.000 habitants, le Groupe est aussi présent dans les grands centres urbains et confirme sa parfaite connaissance du marché de proximité. Une belle réussite de la distribution francaise.
Un marché en dents de scie
Jean-Claude Bourrelier, qui réalise 33% de son chiffre d'affaires hors de France, n'a pas connu que des succès. Ainsi, la récente tentative d'implantation en Afrique du Nord s'est soldée par un échec : «Nous nous sommes résignés à fermer ces points de vente, notamment en Tunisie où la révolution de jasmin a exigé que nous placions des services de sécurité à l'entrée des magasins, une ineptie pour un commerçantL'entrepreneur avoue pourtant volontiers son opportunisme, ». étudiant la possibilité d'ouvrir des magasins dans de nouveaux pays, «même si nous préférons prendre notre temps pour n'engager nos ressources financières que dans des projets mûrement réfléchis et rentables», précise-t-il.
Il faut dire qu'en Europe, le marché du bricolage a subi la crise de plein fouet. La consommation d'articles de peinture, plomberie, électricité ou décoration dépendant naturellement du marché de l'immobilier, de l'accession à la propriété... «Dans ce cadre, les déménagements constituent un foyer d'activi- tés significatif pour nos magasins. Nos activités se portent bien en dépit d'une certaine tension sur les marchés européens. Malgré la crise économique, notre chiffre d'affaires affiche encore une hausse de 1,06% sur les neuf premiers mois de l'année», se félicite ce PDG pugnace, qui enregistre hélas au 3ème trimestre un recul de 13,6% en Espagne, 0,9% au Benelux et 2,7% en France.
L'injustice du dimanche
Ce qui ennuie le plus Jean-Claude Bourrelier, ce n'est pas de devoir fermer ses magasins le dimanche (même si en région parisienne, cela représente 15% de son chiffre d'affaires). Mais plutôt que ses concurrents directs, stratégiquement placés dans les PUCE (Périmètre d'Usage de Consommation Exceptionnel où l'ouverture est autorisée) puissent le faire «Nous ne militons pas pour l'ouverture des magasins le dimanche. Nous voulons simplement que la loi soit modifiée car elle est injuste et crée une distorsion de concurrence. Il n'y a aucune raison pour que nos magasins soient fermés alors que nos concurrents, eux, obtiennent des dérogations pour en ouvrir. Les pouvoirs publics nous entendent... mais ils ont simplement peur des syndicats, qu'il faut certes écouter, mais qui ne doivent pas tout dicter. Car, ne l'oublions pas, ils ne représentent qu'une extrême minorité des salariés. Nous devons aussi entendre la majorité. C'est Force Ouvrière qui agit pour que l'on ferme. Cela peut sembler légitime à certains, mais ce n'est en fait pas très honnête lorsque l'on sait qu'ils ne s'en sont pris qu'à Bricorama, en oubliant sciemment nos concurrents qui continuent d'ouvrir certains de leurs magasins sans autorisation. FO a demandé des dizaines de millions d'euros. Pas pour les salariés, juste pour eux. Qu'en feront-ils s'ils les obtiennent ? Les 2.600 salariés de Bricorama apprécieront, eux qui viennent de perdre des centaines d'euros par mois de salaire supplémentaires».
Pour interpeller les pouvoirs publics et inciter les députés à faire évoluer la loi, Jean-Claude Bourrelier s'est même permis d'envoyer à chacun d'eux une «boîte à outils législative» comprenant, entre autres, un pinceau brosse «pour repeindre l'ancien décretun mètre ruban « », pour la précisionet un rouleau d'adhésif « » pour emballer le tout! « » Je n'ai pas pour habitude de baisser les bras, et vais poursuivre le combat pour que Bricorama puisse bénéficier des mêmes dispositions que ses concurrents en termes d'horaires d'ouverture de magasins», martèle le patron en colère. «Je suis un entrepreneur. Je ne m'arrête jamais. Même le dimanche !». Il serait temps d'entendre ces entrepreneurs de terrain qui font et créent les emplois d'aujourd'hui et de demain.