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Qui en veut à nos PME solaires ?

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Qui en veut à nos PME solaires ? Après avoir connu des jours radieux au début des années 2000, la filière française du solaire photovoltaïque semble désormais prise dans la tempête. Même l'éolien terrestre, très bousculé par ailleurs, ne suscite pas autant de polémiques. L'éolien en mer, de son côté, est poussé par Paris, qui a mis en place une vraie stratégie industrielle. Le biogaz et la biomasse ne déchaînent pas non plus les passions. Les énergies marines ou la géothermie suscitent l'espoir... Pourtant, cela fait des mois que la filière est mobilisée pour défendre ses intérêts et faire passer une vision énergétique synonyme de retombées économique, sociale et environnementale. Autrefois considéré comme le fer de lance de la croissance verte, ce secteur semble aujourd'hui au bord du gouffre, déjà étranglé par les décisions actées en rafale en 2010 (baisse des tarifs de rachat et du crédit d'impôt). Entamée par un gel des projets qui a ébranlé les acteurs du marché, l'année 2010 s'est achevée par une avalanche de dépôts de bilan, à l'instar d'Inovasol, One Network... Placé en redressement judiciaire en novembre dernier par son propriétaire ATS, Photowatt, pourtant leader français des panneaux solaires, reste quant à lui suspendu au choix d'un repreneur qui se fait désirer. Et cette tempête s'abat sur les emplois du secteur ! Selon le Syndicat des énergies renouvelables, près de 7.000 emplois ont été détruits en 2011 (18.000 fin 2011 contre 25.000 fin 2010).
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Qui en veut à nos PME solaires ?
Après avoir connu des jours radieux au début des années 2000, la filière française du solaire photovoltaïque semble désormais prise dans la tempête. Même l'éolien terrestre, très bousculé par ailleurs, ne suscite pas autant de polémiques. L'éolien en mer, de son côté, est poussé par Paris, qui a mis en place une vraie stratégie industrielle. Le biogaz et la biomasse ne déchaînent pas non plus les passions. Les énergies marines ou la géothermie suscitent l'espoir...
Pourtant, cela fait des mois que la filière est mobilisée pour défendre ses intérêts et faire passer une vision énergétique synonyme de retombées économique, sociale et environnementale.
Autrefois considéré comme le fer de lance de la croissance verte, ce secteur semble aujourd'hui au bord du gouffre, déjà étranglé par les décisions actées en rafale en 2010 (baisse des tarifs de rachat et du crédit d'impôt). Entamée par un gel des projets qui a ébranlé les acteurs du marché, l'année 2010 s'est achevée par une avalanche de dépôts de bilan, à l'instar d'Inovasol, One Network... Placé en redressement judiciaire en novembre dernier par son propriétaire ATS, Photowatt, pourtant leader français des panneaux solaires, reste quant à lui suspendu au choix d'un repreneur qui se fait désirer. Et cette tempête s'abat sur les emplois du secteur ! Selon le Syndicat des énergies renouvelables, près de 7.000 emplois ont été détruits en 2011 (18.000 fin 2011 contre 25.000 fin 2010).
Dans la tempête des politiques
Tarifs de rachat avantageux, crédit d'impôt de 50% et aides financières à l'installation de panneaux... autant de mesures incitatives qui ont offert de belles années à la filière française, pour lui permettre de rattraper son retard, notamment sur l'Allemagne. Cependant en créant une situation opportuniste, ces dispositifs ont également causé des dégâts.«Prix de rachat de l'électricité trop élevé, création d'entreprises et d'emplois sur des bases économiques malsaines, grands groupes saturant la demande de projets... Le moratoire décidé fin 2010 était justifié par cet emballement. Il fallait en effet donner un cadre favorable au déve- loppement harmonieux de la filière» estime Daniel Bour, président de Sunnco GC et qui tente de rameuter ses confrères. Le problème du solaire est politique depuis 2009. Initialement, les raisons du recul de l'État s'expliquaient donc par la bulle photovoltaïque et les PME opportunistes. Mais trois ans plus»,tard, la bulle a éclaté et les
entreprises opportunistes sont sorties du marché. Pourtant, la volte-face du gouvernement se poursuit : gel du raccordement de nouvelles installations en décembre 2010, révision trimestrielle des tarifs de rachat, cadre réglementaire sans cesse chambouulé...«La nouvelle organisation repose sur un système d'appel d'offres lourd et onéreux qui amène une insécurité totale pour les entreprises»,Daniel Bour. Un conflit toujours en cours donc, révélateur de positions critique dogmatiques sur l'énergie en France.
«Le résultat des mesures prises a été un arrêt brutal du développement du secteur avec la disparition de nombreux emplois et entreprises».Daniel Bour, président de Sunnco GC
Alors que le marché est entré en décroissance, l'ensemble du segmentest aujourd'hui sinistré.«Le résultat des mesures prises a été un arrêt brutal du développement du secteur avec la disparition de nombreux emplois et entreprises, empêchant également la réalisation de multiples projets industriels», détaille le président de Sunnco. Le moratoire aurait en effet vidé les carnets de coommandes des PME d'assemblage et d'installation,« des acteurs particulièrement malmenés» selon Céline Alleaune, consultante chez Kurt Salmon. Quant aux géants industriels, ils se sont tournés vers d'autres horizons, en investissant dans des plus eléments. Total s'esteurs particulièrement maCéline Alleaune, consultante chez Kurt Salmon. Quant aux géants selon industriels, ils se sont tournés vers d'autres horizons, en investissant dans des pays plus cléments. Total s'est engaagé dans une prise de particcipation de plusieurs start-up américaines et finance la plus grande centrale solaire jamais construite à Abu Dhabi. Sainnt-Gobain développe des sites de production de matériaux après avoir acquis des parts de Bekaert, socciété américaine spécialisée dans les films solaaires. Une stratégie qui n'appporte aucuune éclaircie au marché françaiis.
NKM peut-elle laisser mourir la filière solaire française ?
- Des pertes d'emplois en 2012, après la suppression de10.000 postes en2011,les sur 25.000 créés ces dernières années.
- La non-création de100.000 emploiscumulés d'ici à 2020, dont12.000 emplois industriels.- La mort d'un secteur à fort potentiel exportateur à moyen terme. Le marché mondial annuel est annoncé entre50
e t80 milliards d'euros2015 (24 à 44 GW). - Le déficit structurel de la balance commerciale en
française d'environ1,5duBepos. milliard d'euros/and'euros/an,à l'heure de la parité réseau et du Bepos.
Une révolution qui dérange
Pour que la filière jouisse d'un avenir ensoleillé, une refonte de ses fondements s'avère nécessaire. «Le développement de la filière française requiert un marché national suffisant, ce qui est loin d'être
le cas puisque les quotas d'installation annuels sont limités à 500 MW, contre 6.000 MW en Allemagne»,déplore Daniel Bour. Danns le même ordre d'idée, le synndicat Enerplan privilégie un objectif de production en 2020 de 20 GW, contre 5 actuellement fixé par l'État, avec à la clé un potentiel de 100.000 créations d'emplois. Pourquoi le solaire fait-il peur en France ? Dans les couloirs des états généraux du solaire sont évoquées quelques pistes. Une énergie décentralisée et bon marché dérange. Plus que l'éolien, plus que la biomasse-énergie, plus que le biogaz ou les énergies marines, le solaire est synonyme de révolution. Derrière les propositions concrètes faites par les états généraux du solaire, c'est donc un changement de principes qui est clairement posé. Hélas, l'essor du solaire dans le monde n'attendra pas les tergiversations françaises.
Pour l'heure, l'avenir de l'énergie solaire française demeure quelque peu brumeux. Daniel Bour préfère rappeler que«selon certains experts, le photovoltaïque sera compétitif en France dans les cinq ans à veniransàvenir la période actuelle n'étant qu'une phase de transition. Un optimisme qui pourrait être vite balayé si aucun cadre stable ne vient souffler un vent de nouveauté. Désormais, l'enjeu est autant politique - faire passer le message auprès du gouvernement et des candidats à la présidentielle -qu'économique : sauver des emplois et des entreprises dans un marché d'avenir, aujourd'hui en dépression. Il est vrai que nos PME doivent aussi endurer le tir groupé et insidieux des géants francais de l'énegie (EDF, GDF-Suez, Areva...) qui n'ont que faire de leurs essais.