Contribution du groupe EELV Néo Terra

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Contribution du groupe EELV NeoTerra- Mai 2019 Liminaire : Construire la résilience des territoires et habitants la Nouvelle-Aquitaine Interpellation du groupe Ecologiste et Citoyenpour la Plénière NeoTerra A quoi ressemblera le quotidien des territoires de la Nouvelle-Aquitaine en 2030, 2040, 2050 ? Plus personne ne peut prétendre le savoir, depuis que les prévisions basées sur les décennies passées sont systématiquement disqualifiées par le cours des événements. Bouleversements du climat, volatiOLWp GHV FRQGLWLRQV GH GLVSRQLELOLWp GHV pQHUJLHV j O¶pFKHOOH PRQGLDOH pYpQHPHQWV SROLWLTXHV VRQW autant de paramètres imprévisibles qui rendent la plupart des scénarios tendanciels de long terme peu fiables.

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Publié le 09 juillet 2019
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Contribution du groupe EELV NeoTerra- Mai 2019
Liminaire : Construire la résilience des territoires et habitants la Nouvelle-Aquitaine Interpellation du groupe Ecologiste et Citoyen pour la Plénière NeoTerraA quoi ressemblera le quotidien des territoires de la Nouvelle-Aquitaine en 2030, 2040, 2050 ? Plus personne ne peut prétendre le savoir, depuis que les prévisions basées sur les décennies passées sont systématiquement disqualifiées par le cours des événements. Bouleversements du climat, volatilité des conditions de disponibilité des énergies à l’échelle mondiale, événements politiques, sont autant de paramètres imprévisibles qui rendent la plupart des scénarios tendanciels de long terme peu fiables.
Pourtant, il y a au moins un paramètre sur lequel tous les scientifiques s’accordent: nous allons vivre, à court, moyen et long terme, des changements importants et souvent imprévisibles. L’imprédictibilité des phénomènes climatiques est ainsi le principal enseignement à tirer d’AcclimaTerra, qui sera aggravé par l’érosion dramatique de la biodiversité dont témoignera EcoBiose.
Le contexte nous y contraint : nous devons poser un regard réaliste et responsable sur cet état des lieux. Qu’il s’agisse des phénomènes météorologiques, de l’accès à l’eau pour l’ensemble de ses usages notamment l’eau potable, de la contrainte énergétique, de la crise d’un modèle économique dépassé, de la production agricole ou encore de la perte majeure de biodiversité,il n’est plus raisonnable d’envisager le long terme sans perturbations majeures, et imprévisibles, dont les conséquences seront plus ou moins prononcées selon les territoires.
Tout en poursuivant une ambition forte d’atténuation du dérèglement climatique et de ses effets, il est de notre responsabilité de politiques d’impulser et de construire une organisation des territoires qui leur permette d’aborder les prochaines décennies dans les meilleures conditions possibles, en particulier dans l’intérêt des jeunes générations.
Construire la résilience de la Nouvelle-Aquitaine est aujourd’hui la trajectoire dans laquelle nous devons nous engagerUn territoire résilient doit être capable de subir des chocs ou des. « changements perturbants, de s’y adapter et de se réorganiser tout en maintenant de manière durable 1 son identité, ses fonctions principales, sa structure et ses capacités de réaction ».
Aujourd’hui, notre système économique et social mondialisé, dans laquelle la Nouvelle-Aquitaine s’inscrit, se fonde sur une recherche permanente de compétitivité et de productivité. Cette dynamique, que l’on voudrait nous faire croire inévitable, conduit malheureusement à une augmentation de la vulnérabilité des territoires et de leurs habitants. 1  « Vers des territoires résilients en 2030 », Rapport pour le Groupe des Verts/ALE au Parlement européen, 2014. 1/29
L’uniformisation des productions et les économies d’échelle, la forte dépendance à l’égard des énergies fossiles et de certaines ressources stratégiques, la faible réactivité causée par l’inertie des structures centralisées sont autant de leviers qui ont permis l’optimisation et les profits des décennies passées dans un contexte mondialisé, mais qui ne font qu’accroître la fragilité du système aujourd’hui, et demain. 2 Or, la durabilité de tout écosystème passe par un équilibre entre efficience et résilience .
Cette vulnérabilité de notre système démocratique, politique et social est aggravée par une croyance en le fait que la réponse aux problèmes de dérèglement climatique et d’érosion de la biodiversité pourrait être uniquement technologique.Cette illusion nous fera perdre la bataille du temps, elle engage notre énergie dans de mauvaises directions : plutôt que de changer de modèle de pensée, elle entretient l’idée que nous pourrons verdir le système, sans en changer les logiques en profondeur.
Pour construire la résilience des territoires de la Nouvelle-Aquitaine, la logique doit au contraire être inversée : partir des besoins essentiels des habitants, actuels et futurs, auxquels leurs territoires de vie devront être en mesure de répondre. Et il n’y aura pas qu’une réponse, la diversité des territoires de notre Région imposant d’accepter la diversité des solutionsà concevoir, et une forme d’autonomie à rechercher et accompagnerafin d’assurer les besoins essentiels de la population.
Olivier Bouba-Olga, plusieurs fois sollicité pour éclairer de son expertise nos travaux régionaux, ne dit pas l’inverse lorsqu’il invite à nous émanciper de la logique de Compétitivité, Attractivité, Métropolisation, Excellence, qui a trop longtemps dominé la conception de nos politiques publiques, pour tendre vers une logique de développement endogène des territoires. «Le récit territorial que j’appelle de mes vœux […] n’a pas vocation à mettre sur le devant de la scène un modèle générique de développement des territoires, mais à donner à voir comment des collectifs d’acteurs se débrouillent, bricolent, se coordonnent, inventent parfois, se résignent d’autres fois, pour créer les emplois auxquels les individus aspirent, pour éviter que ne se creusent les inégalités sociales, pour réduire les problèmes environnementaux. Il repose sur la conviction que si des réponses globales doivent être apportées à des échelles plus largesmondiales, continentales, nationales, régionalesd’autres se jouent à des échelles locales, dès lors que l’économie, la sociologie, la géographie et l’histoire des lieux diffèrent.Les « territoires » ont un rôle à jouer [aux côtés des institutions d’échelle plus large], mais ceci se heurte à la façon classique de produire de la politique publique, qui consiste à rechercher soit des réponses macroéconomiques, soit un modèle génériqueà déployer sur l’ensemble d’entre eux. Il me semble que la bonne réponse consiste […], aux échelles nationales et régionales, à donner à voir ce qui s’invente localement pour régler tel ou tel problème [social, écologique]. […] Il ne s’agit pas de se limiter à des échelles géographiques trop fines, il s’agit d’indiquer que pour résoudre des problèmes ou pour saisir des opportunités, il convient d’identifier le sous-ensemble du monde social avec lequel on aurait intérêt à 3 agir, pour partager ses interrogations, pour fédérer les énergies ».
Au-delà de la recherche d’atténuation dans laquelle nous sommes déjà engagés, nous, écologistes, appelons donc à ce que NéoTerra impulse un changement réel de regard et d’orientationssur les politiques publiques régionales, en favorisant différents leviers de résilience écologique et sociale de nos territoires. Parmi ces critères :
2  Robert Ulanowicz (2009), Université de Maryland.3  Pour un nouveau récit territorial, Olivier Bouba-Olga, Université de Poitiers, Janvier 2019
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Ladiversité: l’hyper-spécialisation de nos territoires, induite par la mondialisation, les soumet à une vulnérabilité dangereuse, et entraîne une disparition progressive de la souveraineté locale en ce qui concerne les besoins essentiels: alimentation, santé, énergie. Il s’agit d’inverser la logique : le diversification des productions agricoles, le soutien aux circuits de proximité, la relocalisation des maillons de certaines productions industrielles, vont par exemple dans ce sens. Lamodularité et la participation, autrement dit la capacité de chaque territoire (et de ses habitants) à inventer et mettre en œuvre par lui-même ses fonctionsessentielles, et d’assurer la souveraineté de ses fonctions essentielles. L’accompagnement aux projets citoyens de transition écologique (à l’instar des projets d’énergie renouvelable citoyens, déjà accompagnés par la Région, dont nous proposons d’essaimerle principe), vont ainsi dans ce sens.La bonne intégration environnementale: La résilience d’un territoire augmente lorsque les activités humaines sont intégrées dans un environnement naturel respecté. D’une part, les dépenses énergétiques, matérielleset financières augmentent considérablement dès lors qu’un dispositif technique doit remplacer une fonction qui existe dans la nature, et d’autre part, une bonne intégration dans un environnement naturel permet de limiter les effets négatifs des variationsclimatiques. Ces préoccupations doivent se retrouver dans l’ensemble de la conception des infrastructures régionales. Il est indispensable de tenir compte de la nécessaireinterdépendance entre les territoires et les problématiques. Par exemple, la prise en compte des différentes solidarités pour la gestion de l’eau fait partie de cette préoccupation, de même que la question du système alimentaire, mondialisé, qui dépend aujourd’hui avant tout des énergies fossiles pour la production et des transports pour les échanges internationaux.
Enfin, soyons attentifs à assurer la résilience des bons objets. Lorsque l’on engage des fonds considérables dans une industrie automobile produisant des véhicules diesel, au nom de la préservation de l’emploi: veut-on assurer la résilience de l’emploi, ou du secteur économique / énergétique concerné ? Assurer la résilience des emplois de notre Région revient à accompagner leur évolution vers des secteurs que la crise écologique ne va pas menacer, ce qui permet, par là-même, de dépasser la contradiction trop souvent avancée entre responsabilité sociale et responsabilité environnementale. Il est urgent de désengager les fonds publics de la survie de modèles économiques et énergétiques climaticides et de soutenir la conversion écologique de l’industrie
Plus que la technique, c’est la capacité des populations à se mobiliser, et la capacité des institutions politiques à faire face à ces bouleversements à venir, qui déterminera le niveau de résilience d’un territoire.
L’échelle régionale est une échelle particulièrement adaptée à l’impulsion d’une politique de résilience ambitieuse ; la politique territoriale de la Nouvelle-Aquitaine, en particulier, permettrait l’accompagnement des échelons locaux pertinents.
C’est la direction dans laquelle, Groupe Écologiste et Citoyen, appelons notre Région à s’engager résolument dans les années à venir, à l’occasion du tournant constitué par ce rendez-vous NéoTerra.
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Note de méthode :
La plénière NéoTerra se propose de « revisiter » l'intégralité des politiques régionales à la lumière des impératifs climatiques et de protection de la biodiversité, et, si elle prétend amorcer une inflexion réelle, doit pouvoir répondre à deux questions qui ont des incidences dans le rééquilibrage nécessaire des budgets régionaux en faveur de la transition écologique :
Quelles sont les politiques et RI que nous menions et que nous allons abandonner ou transformer ?Abandonner progressivement les soutiens à tout type d'activité qui ne vont pas dans le sens de la réduction des pollutions et à la protection du vivant ode mise en concurrence de deux marqueurs de la transition (par ex : permettre Pas l'artificialisation des sols pour créer des unités de production d'énergies renouvelables, l'agrandissement d'usine d'élevage au prétexte de la baisse de pollution de ses effluents)
Quelles sont les nouvelles politiques et les nouveaux RI que nous allons mettre place ?
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Prioriser un changement de pratique avant l’adaptation ou l’accompagnement sans garantie de changement : par exemple, le changement de système agricole doit être un préalable avant la construction de retenues ; le développement d’alternatives à la mobilité individuelle doit être un préalable au développement des véhicules électriques…
Prioriser les outils de transition plutôt que de les ajouter aux autres (ex : Le financement d'un TER se substitueet ne s'ajoute pas- à celui de la nouvelle route et de l'aéroport)
oPrivilégier le choix de stratégies « sans regret », notamment le renforcement des capacités d’adaptation des territoires, qui permettent de réduire la vulnérabilité au changement climatique et qui offrent des avantages y compris à court terme quelles que soient les variabilités climatiques et des écosystèmes effectivement constatées. Comment faire ? oConstruire les actions à échelle 3 6 9 ans pour atteindre les objectifs des ambitions oConstruire le budget dès 2019 pour atteindre les ambitions de Néoterra en réaffectant les masses budgétaires et en évaluant les effets
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Ambition 1. Favoriser l’engagementcitoyen, des jeunes mais aussi des actifs et des seniors, pour accélérer la transition écologique et solidaire
L’urgence écologique est participation des citoyens
une
urgence
démocratique
qui
réclame
la
Contexte :Si le contexte nous impose de réagir immédiatement pour réduire drastiquement les émissions carbones ou l’érosion de la biodiversité, la même réactivité est attendue dans une conduite du changement démocratique. Car l’urgence de l’adaptation aux dérèglements écologiques, à mesure qu’elle se fera plus prégnante, appellera une réaction de plus en plus forte, qui laisse la porte ouverte à une prise en main des plus autoritaires. La mobilisation citoyenne est le levier majeur de réussite d’un projet de transition écologique. On ne réussira pas à entraîner un changement à la hauteur des enjeux écologiques et sociauxsans mobiliser l’ensemble de la société.4 Le rapport AcclimaTerra y consacre deux chapitres entiers, illustrant par exemple l’interdépendance profonde entre transition écologique et participation citoyenne par le schéma ci-dessous (voir schéma page 399). La participation du public à la décision et à l’action publique est indispensable au succès des politiques locales d’environnement, notamment sur le climat. Elle permet de passer d’une « adaptation-ajustement » à une «adaptation transformationnelle », c’est-à-dire visant une transition vers un système socioécologique durable. [Elle est] particulièrement cruciale aux échelles territoriales qui nous intéressent ici [régionale et infra-régionale].”Les dispositifs “participatifs” ont souvent été dévoyés par le passé, du fait d’une méthode ne permettant pas la prise en compte réelle de l’avis de la société civile et des citoyens dans les politiques conduites. La confiance des citoyens de Nouvelle-Aquitaine doit être regagnée, via des dispositifs innovants, et dont nous, politiques, ne devons pas ignorer les conclusions.C’est un enjeu de démocratie et de cohésion sociale de la transition écologique.La participation citoyenne doit ainsi devenir l’enjeu central de la qualité des politiques régionales et locales. Ambitions :-Favoriser l’acceptation du changement et la responsabilisation des acteurs. Cette logique d’acceptabilité sociale, souvent cantonnée à une pédagogie plus ou moins responsabilisante, est essentielle mais doit néanmoins être dépassée. “Les exemples de l'implantation de projets d'énergie renouvelable, celui des écoquartiers urbains ou des TEPOS (Territoires à Energie POSitive, et les TEPCV) attestent qu'il faut changer de modèle décisionnel et sortir de la recherche d'une « acceptabilité sociale » à moindre coût”.-Obtenir la participation est aussi source d’enrichissement du débat public et donc facteur de l’amélioration des politiques menées.
4  Participation des citoyens à la conception des politiques et sensibilisation au changement climatique / Participation des citoyens à la mise en œuvre de projets aux différentes échelles territoriales 9 5/2
-Maintenir et structurer unemobilisation collective à la hauteur de l’enjeutant dans la conception des réponses politiques à apporter aux dérèglements qu’à leur mise en œuvre territorialisée.Le passage d’une communauté débattante à une communauté locale de gestion du problème climatique, mais au-delà des seules autorités publiques, elle faciliterait la structuration et la stabilisation des engagements dans la durée”.Pour assurer l’indispensable cohésion sociale accompagnant la transition écologique, il est aussi essentiel de penser à l’inclusivité des dispositifs mis en œuvre.Propositions : Mobiliser les élus.Opportunité: Enrichir le rôle des élus de territoire / créer de nouvelles délégations territoriales spécifiques pour donner aux élus une mission de levier / catalyseur de la transition écologique territorialisée ;Associer la société civile.1.Revaloriser la place du CESER dans les processus de décision régionaux ; 2.Donner à l’Institut de formation et de recherche en éducation à l’environnement (Ifrée)un rôle d’expertise et d’animation central dans lesconcertations autour de l’ensemble des politiques œuvrant à la transition écologique,en s’appuyant sur son modèle de gouvernance associatif original ;Organiser et encourager la participation des citoyens:Systématiser la participation des citoyens à la prise de décision régionale, en priorité dans les projets locaux qui affectent directement leur environnement : leur permettre de se prononcer sur l’opportunité d’un projet, obliger des contre expertises indépendantes pour les gros projets ;Soutenir toutes les démarches au service de l’innovation/la réappropriation démocratique sur les territoires (AMI, AAP dédiés) ; Accompagner les territoires en cours de démarche Plan climat-air-énergie territorial (PCAET), qui souhaitent mobiliser et impliquer les citoyens dans les projets de transitions énergétique, écologique et solidaire, d’intérêt collectif, favorisant le passage à l’action de chacun. Cette participation doit particulièrement viser l’association des personnes les plus éloignées des dispositifs de participation citoyenne et les plus précaires, en s’appuyant sur des relais de l’accompagnement social et/ou de l’économie 5 sociale et solidaire (AMI/AAP dédié )Accompagner les démarches visant à associerles jeunesaux politiques de transition écologique, à l’échelle des territoires, en s’appuyant notamment sur l’accompagnement des structures d’éducation populaire et de jeunesse (AMI/AAP dédié); Engager des projets dedialogue structuré entre les jeunes / organisations de jeunesse et l’institution régionale autour de la question de la prise en compte systématique de l’intérêt des jeunes générations dans la décision publique; Améliorer l’appropriation de la plateforme de participation citoyenne de la Région Nouvelle-Aquitaine: mieux communiquer, systématiser sa mise en place, avoir une stratégie plus efficace sur les réseaux sociaux pour assurer une participation maximale, permettre son déploiement sur les territoires dans le cadre d’animations contributives;
5 Voir AAP Région Bretagne :https://www.bretagne.bzh/jcms/prod_451766/fr/mobilisation-des-citoyens-dans-la-transition-ecologique-energetique-et-solidaire
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Pas de Transition sans EducationContexte:S’il est crucial de prendre en compte l’intérêt des jeunes générations dans les choix politiques actuels, il est aussi souvent tentant de vouloir faire de la jeunesse le levier majeur de la transition écologique -sensibilisation des enfants aux éco-gestes dans l’espoir d’un rejaillissement positif sur leurs aînés…. La jeunesse, qui devra affronter les conséquences de l’irresponsabilité de ses aînés, ne doit pas porter à elle seule l’espérance d’un monde encore vivable pour les générations futures.C’est bien dans l’éducation tout au long de la vie que doit s’ancrer l’éducation à la transition écologique. Ambition : Assurer l’appropriation des constats scientifiques pour tous les néo-aquitains Alors que les projections climatiques et sur l’état des écosystèmesreposent encore majoritairement sur des alertes scientifiques, la question de la transposition didactique et de l’appropriation par toutes.tous du savoir scientifique est essentielle. Décliner les rapports-phare Acclimatera et Ecobiose auprès de tous les néo-aquitains reste notamment une priorité. L’approche scientifique ne saurait en outre que s’enrichir d’une approche terrain-dehors, via les sciences participatives.Propositions : Maintenir un fort soutien aux centres CCSTI, favoriser l’émergence et le développement de nouveaux acteurs, en assurant l’échelle de proximité de leurs activités ;Engager un plan de sensibilisation/formation massif pour permettre la compréhension des conclusions des rapports AcclimaTerra et EcoBiose (publics scolaires, publics extra-scolaires, publics professionnels régionaux et des structures/établissements rattachés, élus…), dans la lignée du Train du Climat ;Encourager les actions de sciences participativesUne éducation low-techContexte:Avec la transition numérique émergent plusieurs risques : L’accroissement de la déconnexion avec l’environnement social et physique, et en particulier avec la nature, avec les conséquences de plus en plus documentées sur la santé de la surconsommation d’écrans avec le déficit d’appréhension des enjeux écologiques que cela implique ; Une baisse de l’autonomie globale des jeunes et futures générations, par la perte de savoir-faire essentiels et la dépendance extrêmement forte aux nouvelles technologies : nous formons une génération très peu résiliente face aux aléas énergétiques notamment, qui ne saura pas se débrouiller en cas de rupture d’énergie ou de disponibilité des outils numériques.L’impact environnemental des nouvelles technologies n’est plus à démontreret appelle à engager rapidement une sobriété des usages et une éducation appropriée pour les plus jeunes générations. Ambition :Faire de l'éducation aux low-tech une priorité pour les années à venir.Propositions :Eduquer à la déconnexion et à l’autonomisation vis à vis des outils numériques: ne pas systématiser le recours au “tout-numérique” dans les supports pédagogiques ; permettre aux EduTech d’occuper une place équilibrée par rapport aux aptitudes manuelles dans les supports et contenus éducatifs ; 7/29
Eduquer aux low-tech: penser les supports numérique pédagogiques (en particulier dans les lycées) sur l’ensemble de leur cycle de vie: faire de leur construction et de leur maintenance des supports d’apprentissage pédagogique (poursuivre le soutien auxet Makerspaces, en FabLabs milieu associatif et en milieu scolaire, dans une logique d’appropriation populaire des technologies numériques) ; encourager les actions et structures visant à l’apprentissage de l’auto-construction ;Systématiser la prise en compte de l’impact environnemental dans les choix politiques relatifs à la numérisation des systèmes éducatifsdes établissements et (digitalisation services éducatifs, etc) ;  Assurer, auprès de tous les publics, unepédagogie de l’écologie numériqueGarantir un “Droit à la nature” pour tous les jeunes néo-aquitains, et tout au long de la vieContexte :L’approche scientifique et l’approche sensible/de terrain ne doivent pas être opposées mais constituer une synergie cohérente: l’expérience sensible dela nature, en immersion, l’éducation dehors, est un levier indispensable pour avoir envie de la protéger ensuite. De plus, les effets sur la santé du déficit de nature sont de plus en plus documentés. Ainsi, toute dynamique d’éducation nature devrait encourager la pratique du dehors, sur le terrain, dans la nature. Alors que 99% des fonds publics dédiés à l’éducation sont consacrés au “dedans”, nous proposons ainsi undroit au dehors pour l’ensemble des néo-aquitains, en particulier les plus jeunes. 6 Alors que plus de 3 millions d’enfants ne partent pas en vacances dans notre pays, alors que l’expérience de la vie en collectivité hors cadre scolaire est à la fois reconnue et accessible à de moins en moins d’enfants, il est essentiel de s’emparer des leviers dont dispose la collectivité pourconcilier politique sociale de départs en vacances et droit à la nature: soutien à la réouverture de structures d’accueil permettant l’expérience du plein air. Ambition :Promouvoir une politique sociale de départs en vacances et droit à la nature Propositions : Soutenir la réouverture et le maintien de lieux d’accueil en contact avec la nature; lutter contre la disparition des séjours collectifs, du fait de nombreuses structures qui abandonnent leurs lieux d’accueil faute de moyens d’entretien ou de mise aux normes, notamment dans les Pyrénées ou sur la côte Atlantique: soutien à l’investissement associatif étendu au-delà des équipements ; soutien aux petites collectivités propriétaires de bâtiments ; Engager unepolitique plus affirmée en faveur des sorties et séjours nature, en prolongeant les dispositifs existant dans le cadre des politiques jeunesse (temps scolaire) et de tourisme social (hors temps scolaire) de la Région ;Favoriser la connaissance des territoires et activités rurales pour l’ensemble des jeunes de la Région. Les jeunes ruraux ne sont pas nécessairement plus proches. Apporter un soutien particulier aux séjours permettant une mobilité intra-régionale, dans le sens urbain > rural en 7 particulier ;Favoriser l’émergence de structures pédagogiques autour des activités agricoles ;
6 Cf Jeunesse au plein air (JPA), l'Union nationale des associations de tourisme et de plein air (Unat) et Solidarité Laïque
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Cf préconisations Assises de la Jeunesse
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Poursuivre et développer unepolitique de transports, logistique et financière, en faveur du départ en vacances (car, TER, possibilité d’une “continuité ferroviaire” pour lesséjours à vélo…). Prendre en compte l’impact carbone des mobilités jeunes (réduction du financement des séjours ayant recours à l’avion, accorder un bonus aux mobilités les plus propres dans le cadre d’actions soutenues par la Région) ; Education NatureAmbition :Promouvoir une éducation nature investissant tous les lieux éducatifs : Propositions : Éducation populaire: soutien réaffirmé aux associations d’éducation nature environnement: mise en réseau, convention pluriannuelle d’objectifs, soutien à l’investissement et à la formation.Éducation scolaire: systématiser la prise en compte du lien avec la nature dans les PPI pour les établissements scolaires et de formationgéréspar la Région ; Soutenir l’émergence d’unAppel à Manifestation d’Intérêt(AMI)du ra autour pport AcclimaTerra et EcoBioseen direction des lycéenspour démultiplier dans les territoires la compréhension et la capacité à agir autour de ces enjeux. Cet AMI à destination des lycéens aurait pour principal objectif de faciliter la diffusion de cette connaissance scientifique, l’appropriation des enjeux et le passage à l’action. Il pourrait se traduire par l’émergence d’initiatives lycéennes construites autour d’une exigence de projets scientifiques et d’un support terrain facilitantl’approche expérientielle et le lien homme naturedans ou à proximité des établissements. Encourager la recherche universitaire et participative autour de l’éducation nature environnement :création d’une Chaire ENEDS, inscrite dans la feuille de route ENEDS de la Région Nouvelle-Aquitaine.
Faire de l'engagement des jeunes un levier d’impact écologiqueContexte :Les jeunes générations militantes interpellent les élus et institutions sur l’urgence écologique, le démontrent les mobilisations des grèves pour le climat ou de Youth For Climate récemment. Parce que ce sont les jeunes générations qui auront à assumer les conséquences de l’adaptation au changement climatique, il est essentiel de leur permettre d’être pleinement acteurs des décisions politiquesd’aujourd’hui. Une politique volontariste de soutien à l’engagement écologique de la jeunesse serait le catalyseur d’une appétence déjà forte pour les dispositifs existants: les politiques régionales de soutien à l’engagement des jeunes, en particulier celles dédiées au Service civique, connaissent un réel succès et pourraient encore davantage contribuer à la priorité écologique de la Région. Ambitions :-Soutenir la mise aux responsabilités de jeunes dans les instances, parce qu’ils seront les décideurs de demain -Soutenir (faciliter, sécuriser, valoriser) l’engagement des jeunes envers des causes environnementales- Associer structurellement les jeunes générations aux décisions publiques. Propositions :Accroître le soutien aux supports d’engagement des jeunes autour de thématiques écologiques en particulier le Service civique : faire une priorité du déploiement de missions autour de l’éducation nature environnement, auprès des associations environnementales, auprès des Parcs Naturels Régionaux (soutien à l’émergence d’une politique cohérente à l’échelle des PNR) ; Mise en place de grands programmes régionaux de Service civique dédiés à l’instar de  9/29
celui déjà existant sur le gaspillage alimentaire (sur la mobilité, sur la transition énergétique, sur l’appropriation citoyenne de la science…) ; soutenir la formation des jeunes et la professionnalisation des acteurs accompagnant l’engagement autour des questions environnementales, et travailler sur un dispositif de valorisation spécifique de l’engagementau service de la transition écologique ; Dans la lignée de la Conférence Territoriale de la Jeunesse, proposer undialogue structuré entre la jeunesse/les organisations de jeunesse et l’institution régionale, centré sur les questions de transition écologique: par exemple, proposer la pérennisation de cette Conférence Territoriale, avec une saisine annuelle sur un thème lié à l’écologie ; instaurer undroit d’interpellation de la jeunessedans ce cadre vis à vis de l’institution régionale, sur les thématiques écologiques ;Favoriser le renouvellement générationneldans les structures associatives et au sein de la gouvernance de l’institution régionale ;Culture et communication Ambition :Faire de toutes les manifestations publiques un vecteur de la prise de conscience de la transition écologique. Propositions :Accompagner particulièrement les œuvres culturelles (arts vivants, cinéma de fiction, cinéma documentaire, livre) contribuant à tisser un nouveau récit d'une société désirable compatible avec les impératifs écologiques. (cf.https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/construire-un-nouveau-recit-cyril-dion-800413.html)
Pour toutes les manifestations(rencontres économiques, salons, compétitions sportives, conférences, manifestations agricoles, festivals...) :
un bonus écomanifestation, avec un écolabel régional (à partir d'une charte) qui propose un bonus, une visibilité, des échanges entre manifestations labellisées pour mutualisation bonnes pratiques (liste critères non exhaustive : artistes, sportifs, techniciens et intervenants locaux privilégiés, manifestation zéro carbone, réduction et tri des déchets, organisation covoiturage voire politique tarifaire pour voitures pleines et transports en commun, circuit court pour approvisionnement, manifestation sans plastique à usage unique, réduction des consommations à la source, gestion de l'eau, choix de prestataires dans les politiques d'achat et de communication appliquant les mêmes conditions, politique de sensibilisation au développement durable)
Pour les grands festivals culturels nationaux et internationaux, accompagnement par le collectif ecoprod vers un label (renoncement aux multiplesgoodies Made in china) : à 3 ans : un effort pour limiter empreinte écologique est une condition d'obtention subvention ; à 6 ans : exigence manifestation « propre » qui tend vers zéro carbone et respecte tous les engagements cités ci-dessus (cf.Ecosocioconditionnalitésdans les propositions de l'ambition 3).
Dispositif FesTER à généraliser, après évaluation, sur les grosses manifestations y compris sportives : transports en commun pour relier gares aux lieux de manifestation.
Bonus/malus écologique GES et RSE pour toute manifestation accueillant du public.
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Dans le domaine du cinéma et de l’audiovisuel, conditionner l'aide à la signature de la charte Ecoprod : programme européen Initiative Paneuropéenne pour aider le film et la télévision écoresponsable.
http://www.ecoprod.com/fr/la-charte-ecoprod/voir-la-charte-ecoprod.html
Privilégier les aides spécifiques aux créations qui proposent un nouveau récit :films documentaires et animaliers, livres et BD
Dans le domaine du livre :conditionner les aides à l'impression par une imprimerie régionale au label Imprim'Vert.
Réclamer un audit et un plan d'actions environnemental à toutes les structures culturelles aidées (MECA, Frac, CREPS, etc.)
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