La Convention sur la diversité culturelle : anatomie d'un succès ...

icon

10

pages

icon

Français

icon

Documents

Écrit par

Publié par

Lire un extrait
Lire un extrait

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne En savoir plus

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris
icon

10

pages

icon

Français

icon

Ebook

Lire un extrait
Lire un extrait

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne En savoir plus

La Convention sur la diversité culturelle : anatomie d'un succès ...
Voir Alternate Text

Publié par

Nombre de lectures

94

Langue

Français

La Convention sur la diversité culturelle : anatomie d’un succès diplomatique
Jean Musitelli
Par les temps qui courent, les succès diplomatiques de la France ne sont pas chose si fréquente, que l’on puisse tenir pour négligeable celui qu’elle vient de remporter à l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), avec 1 l’adoption de la Convention sur la diversité culturelle . Certes, le mérite en revient également au Canada, notre principal partenaire dans l’entreprise, et aux 146 autres pays qui ont voté en faveur de la Convention. Mais nul ne conteste que l’initiative et la conduite des opérations reviennent à la France, qui a su fédérer autour de propositions ambitieuses et novatrices une coalition d’une ampleur sans précédent. Ce texte, rappelons-le brièvement, vise quatre objectifs. Premièrement, il affirme la double nature, économique certes, mais aussi et d’abord culturelle, d’activités, de biens et de services que la logique du libéralisme commercial tend à réduire à leur seule valeur marchande. Deuxièmement, il reconnaît le droit des États à mettre en œuvre des politiques publiques de soutien à l’expression culturelle en vue d’en assurer une réelle diversité. Troisièmement, il institue un cadre de partenariat destiné à aider les pays démunis à se doter d’outils de développement culturel. Enfin, il donne force de loi internationale au principe de diversité culturelle en l’inscrivant comme tel dans le droit positif et non plus en tant qu’appendice du droit commercial. Pour la première fois, la relation culture/commerce est pensée à partir d’un questionnement culturel et non d’une visée commerciale. Pour la première fois aussi, la diversité culturelle est reconnue comme un principe autonome, non moins légitime que le principe de la liberté du commerce. Telle est la signification politique d’un texte qui se lit comme un coup d’arrêt porté à une logique de libéralisation à outrance, exclusivement inspirée par des considérations et des finalités commerciales. Il traduit l’aspiration générale à voir la mondialisation gouvernée par des règles négociées collectivement plutôt que livrée aux rapports de force ou à la loi du marché.
Comment cette stratégie gagnante a-t-elle été conçue et conduite ? Quels en ont été les acteurs ? Quelles leçons pratiques faut-il en tirer ? La clé du succès résulte de la combinaison dynamique de trois facteurs : l’invention d’un concept innovant et fédérateur, la construction d’une alliance unissant une constellation de réseaux et d’acteurs, l’application d’une méthode de négociation fondée sur la maîtrise du temps, des lieux et de l’action.
De l’exception à la diversité : l’invention d’un concept
Dans toute négociation multilatérale, le bon projet est celui qui, captant un besoin ou une attente non satisfaits, leur donne un nom et une forme dans lesquels le plus grand nombre d’acteurs pourra se reconnaître.
1 Son titre exact est « Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles ». e Elle a été adoptée lors de la 33 Conférence générale de l’Unesco, le 20 octobre 2005, par une majorité de 148 voix pour, 2 contre (États-Unis, Israël) et 4 abstentions.
Voir Alternate Text
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • Podcasts Podcasts
  • BD BD
  • Documents Documents
Alternate Text