La Première Guerre mondiale - À l'été 1914, le système d'alliances ...

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À l'été 1914, le système d'alliances établi avant la guerre constitue l'en-grenage qui entraîne les sociétés européennes dans la guerre. Rappelons les dates importantes de cet été 1914. Le 28 juillet, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Le 29 juillet, la Russie organise une mobilisation partielle de ses troupes en appui de son allié serbe. Elle menace la Russie d'intervenir si elle ne fait pas marche arrière. Le lendemain, la Russie lance son ordre de mobili-sation générale auquel l'Allemagne répond, le 1 er août, par une décla-ration de guerre. Le 2 août, le gouvernement allemand demande à la Belgique de laisser passer ses troupes; la Belgique refuse. Le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France alliée de la Russie. Le 4 août, la violation de la neutralité belge provoque l'entrée en guerre du Royaume-Uni aux côtés de la France et de la Russie. Désormais, l'Europe est plongée dans un conflit généralisé qu'elle n'a peut-être pas voulu mais qu'elle n'a pas su éviter.
© Modulo Éditeur inc., 2002
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C H A P I T R E 2 | La Première Guerre Mondiale 1914-1918
L ' automne 1914 : l ' échec de la guerre courte
Au moment où la guerre commence, à l'été 1914, tous les gouvernements des pays belligérants sont convaincus qu'elle sera de courte durée. L'empereur allemand, Guillaume II, a d'ailleurs promis à ses soldats qu'ils reviendront avant la chute des feuilles ! Les plus pessimistes prévoient un retour à Noël. Les plans de guerre Le plan de guerre de l'Allemagne — qui doit combattre sur deux fronts — a été établi par Alfred von Schlieffen, chef du Grand État-Major de 1891 à 1906 (en-suite remplacé par Helmuth von Moltke qui conserve presque intégralement le plan de son prédécesseur). Le plan Schlieffen mise avant tout sur la lenteur de la mobilisation russe sur le front Est. L'armée allemande doit donc d'abord battre la France pour ensuite se tourner vers l'Est et écraser la Russie. Le plan Schlieffen pose tout de même un problème de taille : pour écraser la France rapidement, il faut organiser une grande manœuvre d'encerclement qui nécessite la violation de la neutralité belge. Et la neutralité belge, faut-il le rappeler, est assurée depuis 1839 par un traité inter-national et garantie conjointement par la France, le Royaume-Uni et la Prusse 1 . Qu'à cela ne tienne, la raison d'État prévaut sur les traités internationaux : l'Allemagne envahit donc la Belgique le 4 août au matin. Le plan prévoit que l'armée allemande atteigne ensuite la région de Maubeuge en France et écrase les troupes françaises dans la région de la Haute-Seine. Durée maximale des opérations : six semaines. Les soldats devraient être en mesure de revenir pour les vendanges ! Du côté français, pas de surprise, les autorités militaires connaissent le plan Schlieffen. Cependant, elles ne croient pas à sa réussite. Le général Joffre, chef d'état-major des armées françaises depuis 1911, table au contraire sur la rapidité de la mobilisation russe. Les autorités françaises invoquent d'ailleurs à l'envi l'image du rouleau compresseur russe auquel les forces conjuguées de l'Autriche-Hongrie et de l'Allemagne ne sauraient résister. En outre, Joffre a prévu, pour le front Ouest, concentrer ses forces en Lorraine et dans le Luxembourg belge de manière à per-cer rapidement les lignes ennemies. Bref, d'un côté comme de l'autre, la stratégie est la même : l'offensive. Que ce soit « Nach Paris » ou « À Berlin », le mot d'ordre est simple et mobilisateur. L ' offensive sur le front ouest Dans un premier temps, l'avance allemande s'effectue rapidement et dans les meilleures conditions. Le 20 août 1914, les armées allemandes tiennent leurs posi -tions devant l'offensive française en Lorraine et dans les Ardennes, et poursuivent en même temps leur manœuvre d'encerclement. Au début du mois de septembre, elles ont dépassé la Marne. L'avant-garde a même été aperçue à une vingtaine de kilomètres de Paris. L'affaire est sérieuse mais pas désespérée. 1. John Keegan, The First World War , Vintage Canada, 2000, p. 30. © Modulo Éditeur inc., 2002