Lacaze souvenirs de madagascar

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Honoré Lacaze Souvenirs de Madagascar Bibliothèque malgache / 34 – 3 – PRÉFACE Je fais précéder le récit de mon voyage d’un aperçu som- maire de la colonisation française à Madagascar. Je ne parle que de l’action de la France qui, seule, a eu quelque continuité, et conserve encore des idées de possession régulière. Les résultats ont toujours été nuls ou désastreux, et j’espère en faire sentir les causes dans mon récit et les réflexions qui suivent. Mes observations et mes conversations avec les mission- naires français, anglais, les consuls et les Malgaches éclairés, m’ont permis de prendre une idée des races, des institutions et de l’influence que les religions diverses ont pu tenter ou prendre dans le pays. C’est ce que je développe aussi sommairement que possible dans les chapitres qui suivent le récit du voyage. – Il y aurait encore bien des réflexions à faire au point de vue ethno- graphique, de l’histoire naturelle, etc. – D’autres l’ont fait ou le feront dans des conditions plus favorables que les miennes. C’est le point de vue le plus riche de la grande île, et la plupart des voyageurs se sont arrêtés principalement sur cette partie si intéressante, négligeant les institutions et les grandes dissem- blances de races. Madagascar est une île dont il a été beaucoup parlé, et dont on a beaucoup exagéré l’importance et les richesses. Cette opi- nion résulte pour moi d’une manière évidente de tous les infruc- tueux essais de colonisation, tant le rivage est marécageux et fiévreux ; il faut s’élever jusque dans les sommets et le centre de l’île pour rencontrer les terres vraiment fertiles et un climat sain. Les Hollandais, les Portugais, après y avoir séjourné peu de temps, l’ont abandonnée sans retour, les Anglais ne s’y sont jamais fixés sérieusement et ne font guère, jusqu’à présent, que surveiller les mers qui avoisinent la grande île. Pendant les guerres du premier Empire, et avant comme après, ils ne son- gent pas à s’y créer un port, une station si nécessaire à leur ma- – 4 – rine. Leur esprit pratique a depuis longtemps apprécié la valeur réelle des choses. C’est vers l’île de France que tendent tous leurs efforts ; c’est le point dont ils s’emparent et qu’ils gardent en 1814. C’est leur port de la mer des Indes sérieux et qui gran- dit sous leur domination. Madagascar, malgré les dangers de son séjour, a un grand charme pour ceux qui l’habitent : la vie y est facile, abondante ; le vasa ou blanc y jouit d’une considération marquée parmi les naturels ; les satisfactions matérielles y sont abondantes, et l’homme s’y animalise facilement dans l’indépendance et son amour-propre. Mais tous ceux qui y ont vécu, même dans des conditions exceptionnelles, n’y ont réalisé rien de stable, et la plupart ont fini par abandonner leurs grands projets de coloni- sation ou y sont morts, ne laissant rien derrière eux. À Maurice et à la Réunion, on ne cite pas une fortune faite à Madagascar. L’appréciation de plusieurs personnes éclairées et compé- tentes me fait espérer que cette publication pourra être de quelque intérêt pour le lecteur. Heureux si mon récit et mes ré- flexions basés sur les faits observés diminuent les regrets ou font disparaître toute idée de colonisation nouvelle, idée qui surgit de temps en temps avec la pensée d’une grande conquête à faire et qui pourrait être menée à bonne fin si elle était bien conduite. Il faudrait abandonner pour toujours cette illusion qui nous a déjà coûté tant de sacrifices. rD L. – 5 – INTRODUCTION APERÇU SOMMAIRE DE LA COLONISATION FRANÇAISE À MADAGASCAR. Après avoir passé le cap de Bonne-Espérance, les Euro- péens rencontrèrent Madagascar, île considérable, qui devait être leur première étape vers les Indes orientales. Les anciens avaient connu sans doute cette grande terre si rapprochée du continent Africain. Pline et Ptolémée l’auraient désignée sous le nom de Cerné et de Taprobane. Il y a beaucoup d’incertitude sur la géographie ancienne de ces régions. Quant aux Arabes, avec leur navigation côtière qui remonte aux temps les plus reculés, eils ont connu Madagascar depuis longtemps, et, vers le VII siècle, ceux de la Mecque se seraient emparés des îles Comores et auraient étendu leur commerce sur toute la côte de la grande île. C’est leur langage, leur civilisation, leur religion qui y a do- miné depuis des siècles et qui dominent encore à notre époque dans une grande partie de la population. Le-géographe arabe Édrisi, qui vivait en 1099 de notre ère, a laissé dans ses écrits la description de Madagascar qu’il nomme Zaledi. Cet auteur fait mention de l’émigration des Chi- nois ou Malais qui vinrent se fixer à Madagascar. Ces Indo- Chinois et Malais, venus à une époque qui n’est pas très précise, mais qui n’est pas ancienne, sont devenus les Hovas qui ont dominé peu à peu toutes les autres peuplades de l’île, et se sont fixés principalement dans le centre élevé appelé Ankova. eVers la fin du XV siècle, Fernand Suarez visite la côte orientale, tandis que Tristan de Cunha parcourt la côte occiden- tale. À peine la grande terre est-elle connue que les imagina- tions et les convoitises s’exaltent ; de nombreuses expéditions – 6 – suivent les premières, et on se figure qu’on a trouvé la terre de l’or, de l’argent, des pierres précieuses. En 1540, les Portugais s’établirent dans un îlot du Sud- Ouest où les Français trouvèrent longtemps après des ruines de leurs constructions. Ils avaient commencé à y commercer, et firent sans doute quelques excursions dans l’île à la recherche des mines précieuses qu’on disait y exister. Beaucoup d’entre eux furent massacrés, et les débris de leur colonie profitèrent d’un navire de passage pour rentrer en Europe. D’autres tenta- tives de colonisation n’aboutirent à rien de bien, et les Portugais voyant que cette terre à si grandes promesses ne leur rapportait que ruine et mort, l’abandonnèrent. Les Hollandais leur succé- dèrent et ne furent pas plus heureux. Après divers essais d’établissement dans le Sud et dans le Nord à la baie d’Antongil, cette terre, appelée par eux le tombeau des Européens, fut dé- laissée, et ils ne s’occupèrent plus que de leurs comptoirs de l’Inde. La France arrive à son tour. Patronnée par Richelieu, la So- ciété d’Orient se forme. Le capitaine Rigault, de la Rochelle, son représentant, obtint le 22 janvier 1642 le privilège et la conces- sion d’envoyer à Madagascar, et autres îles adjacentes, pour éri- ger colonies et commerce, ainsi qu’ils aviseraient être bon pour leur trafic, et en prendre possession au nom de Sa Majesté Très- Chrétienne (de Flacourt). Cette concession faite par le Conseil et le roi réservait à la Société d’Orient le droit exclusif de faire le commerce de Madagascar pendant dix années. La Société étant organisée, nomma deux de ses commis, de Pronis et Foucquembourg, pour être à la tête de l’entreprise. Ils s’embarquèrent à Dieppe sur le Saint-Louis, capitaine Coquet, avec douze Français qui devaient former le noyau de la colonie (mars 1642). Ils arrivèrent à Madagascar en septembre, de là partirent pour prendre possession, au nom du roi, de Masca- reigne, de Diego-Roys, de Sainte-Marie, de la baie d’Antongil. Ils s’établirent d’abord à Mangafia sur la côte orientale sud que les Européens appelaient Sainte-Luce. – Ce point est un peu – 7 – plus au Nord de la baie de Fort-Dauphin qui devait être bientôt la résidence des Français. Le Saint-Louis, chargé de bois d’ébène, heurta contre un rocher et s’entr’ouvrit. La cargaison fut perdue et le capitaine Coquet en mourut de chagrin. En 1643. Le Saint-Laurent, capitaine Résimont, de Dieppe, amena un renfort de soixante-dix colons. Un mois après leur arrivée, le climat et la fièvre en avaient fait mourir vingt-six. Un chef de la province voisine, Dian-Ramach, avait d’abord mani- festé des sentiments d’amitié à la colonie française ; mais il ne tarda pas à agir comme il l’avait fait avec les Portugais, et des massacres eurent lieu : les colons ne pouvaient s’éloigner de leur fort sans courir des dangers. – Trouvant cette station mal- saine, de Pronis se transporta un peu plus au Sud dans la pres- qu’île de Talangar et donna le nom de Fort-Dauphin à la nou- velle résidence (fin de 1643). Cet endroit était mieux choisi ; la rade était belle et l’accès en était facile ; les navires allant dans l’Inde y abordaient plus aisément. Ces considérations décidèrent de Pronis à y fonder un établissement sérieux. Les causes qui avaient troublé son séjour à Sainte-Luce ne tardèrent pas à se reproduire, et les colons, obligés de chercher leur existence dans les provinces voisines, y portaient souvent le trouble ; ils étaient sans cesse en guerre ou en opposition avec les naturels. – On accusa l’administration du gouverneur ; elle laissait à désirer en effet. Un des vices de sa situation était la différence des croyances. De Pronis était pro- testant et contrariait l’action des missionnaires catholiques. Les naturels eux-mêmes trouvaient singulières ces croyances oppo- sées et l’animosité qui en résultait. Les vivres manquaient, le pays ne produisait rien et la disette arriva. (Mémoire des Laza- ristes.) En 1644. Le Royal, capitaine l’Ormeil, arriva de Dieppe avec quatre-vingt-dix colons. – Après un séjour de dix-sept mois sur les côtes de Madagascar, le Royal rentre en France et donne passage à Foucquembourg, qui devait rendre compte à la Com- – 8 – pagnie de l’état de la colonie. En se rendant de Saint-Malo à Pa- ris, son compagnon de voyage l’assassina, croyant trouver sur lui des bijoux et des pierres précieuses ; ainsi furent perdus tous ses papiers, comptes, lettres et avis dont les seigneurs de la Compagnie furent bien fâchés. (De Flacourt.) Le mécontente- ment des colons continuait et des troubles survinrent, de Pronis est jeté en prison et un sieur Leroy, qui était à la t
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