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Lettre de Vincent You à François Fillon (page 1)

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Vincent YOU Adjoint au Maire d’Angoulême Vice-Président de GrandAngoulême Angoulême,le 11 mars 2017 Monsieur le Premier Ministre, Comme vous le savez, la méthode que j’ai mise en place pour protéger les ouvriers et soutenir l’emploi local est aujourd’hui au cœur de plusieurs polémiques.

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Ajouté le : 14 mars 2017
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Vincent YOU Adjoint au Maire d’Angoulême Vice-Président de GrandAngoulême  Angoulême, le 11 mars 2017 Monsieur le Premier Ministre, Comme vous le savez, la méthode que j’ai mise en place pour protéger les ouvriers et soutenir l’emploi local est aujourd’hui au cœur de plusieurs polémiques. La « Clause Molière » est en effet soutenue par 6 Régions, 5 Départements et de nombreuses villes, tant et si bien qu’elle manifeste un dynamisme local et des résultats que ni le gouvernement ni l’UE ne peuvent supplanter. J’ai bien vu que certains membres éminents LR émettaient des réserves voire des critiques. Comment s’en étonner alors que cette méthode touche en profondeur certains aveuglements dont notre pays s’accommode depuis bien longtemps ? Je crois justement que votre décision sur le soutien à la Clause Molière peut être porteuse de messages politiques forts. 1/ Tant qu'il y aura un avantage financier à faire venir un travailleur qui paye des charges ailleurs, nous serons dans une logique européenne qui n'a d'autre nom que le dumping social. Le principe suivi par la Commission de « travail égal, salaire égal » ne saurait faire abstraction des charges sociales sans quoi le détachement de travailleur restera une méthode pour encourager précisément le « moins disant social ». C'est une logique assumée par certains, qui pensent que l’UE doit provoquer les changements que l’on ne souhaite pas faire en France. J’ai trouvé dans votre campagne suffisamment de clarté pour que vous puissiez éviter d’accepter une telle dérive. 2/ L'argument de la réciprocité est malvenu car il laisse penser que les 200 000 travailleurs français détachés à l'étranger sont soumis aux risques des chantiers où se croisent de nombreux corps d'état. En réalité, d'une certaine manière, les Français de Londres appliquent déjà la clause Shakespeare… mais peu travaillent sur des chantiers ! Par contre, je ne vois pas pourquoi, s'il devait y avoir un ouvrier français en Hongrie, on devrait accepter qu'il travaille sans comprendre les règles de sécurité du lieu où il est. De manière plus globale, il n'y aura pas d'Europe sociale équilibrée tant que l'on considérera les travailleurs comme des pions et les ouvriers comme des robots. Agiter le chantage à la réciprocité n’est qu’une façon d’oublier que nos emplois peu qualifiés sont très peu détachables. Si des Français sont aujourd’hui détachés ailleurs, c’est davantage pour profiter de leurs compétences de cadres ou d’experts que pour minimiser les coûts sociaux d’ouvriers. Les emplois peu qualifiés d’un secteur non délocalisable devrait provoquer une attention particulière de nos élus. Nous devons cesser de dire que la seule solution est aujourd’hui de perdre nos emplois d’ouvriers pour maintenir les emplois de nos cadres que les entreprises européennes s’arrachent. C’est un jeu de dupes. Il s’agit toujours du même aveuglement politique qui consiste à ne pas voir que la mondialisation actuelle ne profite pas à nos classes populaires. Refuser de céder à ce chantage est donc une vraie politique de justice sociale.