Rôle et avenir des villes nouvelles d'Ile-de-France - article ; n°552 ; vol.99, pg 141-151

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Annales de Géographie - Année 1990 - Volume 99 - Numéro 552 - Pages 141-151
The five new towns of Ile-de-France are at the time of results, at the moment when they will have to live self-governed. The quantitative results are important, but less than the initial targets of planning : housing, jobs, amenities. At the quantitative level, new towns are successfull in the matter of urbanistic and architectural conceptions, innovation, outskirts organization. But the centers of some towns are not enough developed, and generally the successive programs were reduced. In the future, new towns will get big land reserves, favourable image, good conditions of transport and will become important satellites of Paris. But the center of the metropole will keep an excessive weight and the peripheric development will be worrying. In conclusion, the revision of the « Schéma Directeur d'Ile-de-France » should create new spatial planning instruments, in complement of the new towns.
Les cinq villes nouvelles d'Ile-de-France approchent de l'heure des bilans, au moment où elles vont devoir vivre de manière autonome. Le bilan quantitatif est important, même si l'on est loin des objectifs fixés à l'origine : logements, emplois, infrastructures, équipements collectifs. Au niveau qualitatif, les villes nouvelles constituent une réussite en matière de conceptions urbanistiques et architecturales, d'innovation, de structuration de l'environnement. Les points négatifs concernent les centres de certaines villes, insuffisamment développés, et d'une manière générale, les conséquences des réductions successives des programmes. Pour l'avenir, les villes nouvelles bénéficieront de larges réserves foncières, d'une image de marque favorable, d'une bonne desserte et deviendront d'importants pôles satellites de Paris. En revanche, le centre de la métropole conservera un poids jugé excessif et le développement péri-urbain restera préoccupant. En conclusion, la révision du Schéma Directeur d'Ile-de-France devrait mettre en œuvre de nouveaux instruments de planification spatiale complémentaires des villes nouvelles.
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1990
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Langue Français
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Jean Steinberg
Rôle et avenir des villes nouvelles d'Ile-de-France
In: Annales de Géographie. 1990, t. 99, n°552. pp. 141-151.
Abstract
The five new towns of Ile-de-France are at the time of results, at the moment when they will have to live self-governed. The
quantitative results are important, but less than the initial targets of planning : housing, jobs, amenities. At the quantitative level,
new towns are successfull in the matter of urbanistic and architectural conceptions, innovation, outskirts organization. But the
centers of some towns are not enough developed, and generally the successive programs were reduced. In the future, new
towns will get big land reserves, favourable image, good conditions of transport and will become important satellites of Paris. But
the center of the metropole will keep an excessive weight and the peripheric development will be worrying. In conclusion, the
revision of the « Schéma Directeur d'Ile-de-France » should create new spatial planning instruments, in complement of the new
towns.
Résumé
Les cinq villes nouvelles d'Ile-de-France approchent de l'heure des bilans, au moment où elles vont devoir vivre de manière
autonome. Le bilan quantitatif est important, même si l'on est loin des objectifs fixés à l'origine : logements, emplois,
infrastructures, équipements collectifs. Au niveau qualitatif, les villes nouvelles constituent une réussite en matière de
conceptions urbanistiques et architecturales, d'innovation, de structuration de l'environnement. Les points négatifs concernent les
centres de certaines villes, insuffisamment développés, et d'une manière générale, les conséquences des réductions
successives des programmes. Pour l'avenir, les villes nouvelles bénéficieront de larges réserves foncières, d'une image de
marque favorable, d'une bonne desserte et deviendront d'importants pôles satellites de Paris. En revanche, le centre de la
métropole conservera un poids jugé excessif et le développement péri-urbain restera préoccupant. En conclusion, la révision du
Schéma Directeur d'Ile-de-France devrait mettre en œuvre de nouveaux instruments de planification spatiale complémentaires
des villes nouvelles.
Citer ce document / Cite this document :
Steinberg Jean. Rôle et avenir des villes nouvelles d'Ile-de-France . In: Annales de Géographie. 1990, t. 99, n°552. pp. 141-151.
doi : 10.3406/geo.1990.20955
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1990_num_99_552_20955Ann Geo. 552 7990
Rôle et avenir
des villes nouvelles
Ile-de-Fran
Professeur Jean université STEINBERG Paris-XII
Les cinq villes nouvelles Ile-de-Fran Cergy-Pontoise vry
Marne-la-Vallée Melun-Sénart Saint-Quentin-en-Yvelines sont en cours
de réalisation depuis vingt ans sur les bases établies par le Schéma
Directeur de 1965 révisé en 1976 ores et déjà elles marquent de
manière indélébile leur environnement même si les objectifs fixés
origine ont été considérablement réduits Con ues et développées sous
égide de tat et de la région Ile-de-Fran elles vivent en principe
leurs dernières années sous la tutelle publique est en effet dans les
années 1990-1995 que les financements nationaux cesseront de leur
être attribués et que par conséquent les grands équipements et les
programmes publics achèveront quelques exceptions près comme
Eurodisneyland de Marne-la-Vallée et Melun-Sénart
Le moment est donc venu de commencer dresser un bilan définitif
de cette grande aventure est ce que nous tenterons assez brièvement
dans une première partie avant de tracer les perspectives envisageables
pour ces cinq villes nouvelles En effet arrêt des programmes ne
signifie pas arrêt de la ville celle-ci continue son essor sur sa lancée
en fonction de sa démographie de son économie et de tous autres
facteurs susceptibles influencer son développement fig 1)
Les villes nouvelles Ile-de-Fran en 19891
Bilan quantitatif
Au dernier recensement complémentaire de population de 1985
les cinq villes nouvelles Ile-de-Fran totalisaient environ
515 000 habitants Cette population comporte en majorité les résidents
1989 Rapport numéro du spécial Conseil Villes conomique nouvelles) et Social mai 1988 Cahier de I.A.U.R.I.F 87-88 janvier 142 ANNALES DE OGRAPHIE
g:: VIII* nouvelle
affaire de Parli
Pol La Delence
Pul périphérique imporunt secondaire
Aéroport ud de traneport
Vol rapid *-n- Lign* RER
Front péli urhoin
Fig LES VILLES NOUVELLES ILE-DE-FRAN
installés depuis une quinzaine années est-à-dire depuis la création
des urbanisations nouvelles En revanche elle ne comprend pas toutes
les zones influence en particulier celle vry qui est très peuplée
plus de 300 000 habitants dans un rayon de cinq kilomètres autour
du centre Enfin elle exclut également quelques communes qui se sont
retirées des agglomérations nouvelles en 1983 en application de la
nouvelle loi par exemple Maurepas et Coignières Saint-Quentin-en-
Yvelines)
On peut estimer près de 350 000 le nombre réel de nouveaux
habitants sur les cinq villes nouvelles par différence avec les chiffres
correspondants du recensement de 1968 Ce chiffre apparaît donc
relativement modeste si on le rapporte aux objectifs grandioses et
quelque peu utopiques qui étaient en vigueur dans les années 60 les
villes nouvelles alors au nombre de huit devaient accueillir au total
près de cinq millions habitants nouveaux
convient plutôt de rapprocher ce chiffre de augmentation totale
de la population en Ile-de-Fran entre 1968 et hui
800 000 habitants de 250 000 10 050 000 Cela situe la perfor
mance assez modeste des villes nouvelles qui ont donc accueilli un VILLES NOUVELLES ILE-DE-FRAN 143
tiers du surplus démographique de la période récente Nous verrons
plus loin dans quels secteurs les deux tiers restants se sont localisés
Pourtant les efforts financiers accomplis en faveur des cinq villes
nouvelles ont été et sont encore considérables en particulier pour ce
qui trait aux infrastructures achat et viabilisation des terrains Nous
ne citerons cet égard un seul chiffre celui des acquisitions
foncières qui dépasse 20 000 ha soit plus de deux fois la superficie de
Paris intra-muros Il en est de même dans les autres domaines voirie
assainissement adduction eau etc Ainsi il suffit de parcourir les
villes nouvelles pour constater importance de la voirie par rapport au
trafic actuel ce titre il est certain que la capacité ainsi mise en
uvre dépasse assez largement les réalisations actuelles en matière
habitat et activités et il existe donc un potentiel non négligeable
de développement dans les villes nouvelles
Dans le domaine des équipements collectifs le bilan se révèle
également très positif même si des retards ont été constatés au cours
des premières années et si certains champs sont peu ou pas couverts
Université et la Santé par exemple On peut citer entre autres AGORA
vry vaste complexe socio-culturel le centre administratif et culturel
de Cergy-Pontoise les centres de quartier de Arche-Guédon Marne-
la-Vallée ou des Sept-Mares Saint-Quentin-en-Yvelines les bases de
loisirs et de plein air etc
Il va sans dire que effort accompli en matière de logement été
considérable on avoisine actuellement le chiffre de 160 000 logements
mis en chantier depuis origine Mais plus que un chiffre brut il
convient de faire état de action des grands organismes publics ou
para-publics Offices H.L.M O.C.I.L. S.C.I.C. etc qui ont permis
de combler les lacunes du restant de la Région et en particulier de
Paris en matière de logement social Un grand nombre de ménages de
condition modeste ont pu trouver se loger bon compte et dans des
conditions décentes dans les cinq villes nouvelles surtout partir de la
crise économique de 1973-74 en effet alors que le rythme de construc
tion de logements tombait en chute libre dans la région passant de
110000 moins de 50000 unités les villes nouvelles ont conservé
maintenant un rythme certes modeste mais continu de
10000 par an
Reste enfin parler un autre grand objectif assigné aux cinq villes
nouvelles équilibre entre habitat et emploi Face au déséquilibre
économique existant le centre de la métropole notamment Paris
intra-muros et la majeure partie de la banlieue les aménageurs ont
essayé de promouvoir un certain nombre de pôles activités périphé
riques en particulier dans les villes nouvelles Pour ne citer que deux
chiffres on créé près de 500 ha de zones activités pour industries
entrepôts et maintenant activités de pointe répartis un peu partout
dans les urbanisations nouvelles et près de 500 000 m2 de bureaux 144 ANNALES DE OGRAPHIE
surtout localisés dans les centres-villes soit plus que toute opération
de La Défense Ce résultat est autant plus remarquable que la concur
rence des secteurs centraux de agglomération parisienne été vive et
aussi dans la mesure où la politique de décentralisation supportée par
la D.A.T.A.R durant de nombreuses années nui au développement
économique des villes nouvelles
Il est difficile évaluer le nombre emplois en service heure
actuelle dans les centres urbains nouveaux Il est peu près certain
cependant on approche de équilibre habitat-emploi avec environ
neuf emplois pour dix actifs résidents Si on compte
250 000 actifs résidents au total est donc au moins 275 000 emplois
qui existent actuellement sur le marché des villes nouvelles
Enfin il convient de ne pas oublier la desserte interne et externe
ferrée et routière des agglomérations nouvelles Pour importante que
soit la première la seconde est plus spectaculaire et lourde de consé
quences De manière générale excepté le cas remarquable de Cergy-
Pontoise ses débuts pas de desserte convenable vers Paris signifie
pas de développement possible partir du moment où ont été mis en
service autoroutes ou voies express lignes de R.E.R ou de chemin de
fer et leurs stations les villes nouvelles ont pu démarrer et accueillir
notamment des activités cf le cas typique cet égard de Mame-la-
Vallée)
En résumé malgré un démarrage assez lent et un chiffre de popu
lation plutôt modeste les cinq villes nouvelles Ile-de-Fran ont ac
cumulé en moins de vingt ans un remarquable potentiel infra
structures qui va leur permettre de faire face leur développement
futur sans il soit besoin de faire appel des financements publics
exceptionnels Sur ce plan après des débuts difficiles et contestés
elles vont pouvoir entrer dans le droit commun est-à-dire vivre
de manière autonome sur leurs propres ressources comme la plupart
des villes traditionnelles
Bilan qualitatif
Au-delà des quelques chiffres bruts que nous avons cités des opé
rations urbanisme et aménagement aussi ambitieuses que les villes
nouvelles Ile-de-Fran doivent faire objet une analyse la fois
plus profonde et plus synthétique de manière appréhender leur degré
de réussite en matière insertion dans environnement local élabo
ration un cadre de vie et attraction régionale est ce que nous
allons brièvement examiner
Aspects positifs les villes nouvelles marquent une réussite in
contestable en matière de conception urbanistique et architecturale
même il existe et là quelques fausses notes Durant des années
les équipes des tablissements Publics Aménagement ont travaillé VILLES NOUVELLES ILE-DE-FRAN 145
élaboration un cadre de vie la fois innovant et répondant aux
aspirations et aux besoins actuels La réduction de la taille des pro
grammes et adaptation nécessaire des projets aux réalités successives
du moment ont pas réellement altéré la cohérence ensemble des
urbanisations Au contraire les villes nouvelles ont peut-être gagné
en chaleur humaine et en diversité dans ensemble heure
actuelle malgré certaines hétérogénéités et incohérences on peut dire
que la composition de chaque ville est assez équilibrée les espaces
verts sont généreusement distribués les centres et les quartiers
commencent prendre vie et certaines réalisations architecturales sont
remarquables mais pas forcément celles des grands architectes
De même innovation sous toutes ses formes technique sociale
culturelle etc conquis droit de cité dans les villes nouvelles ce qui
est logique Depuis la télévision par câble en pointe Cergy-Pontoise
la préservation de environnement en passant par les implan
tations activités de pointe par exemple la Cité Descartes le nouveau
technopôle de Marne-la-Vallée Il est certain que les villes nouvelles
sans réellement constituer des laboratoires où les nouveaux habitants
sont testés comme des cobayes représentent des expériences pilotes
très enrichissantes non seulement dans le domaine de urbanisme et
de architecture mais dans bien autres aussi
côté des éléments internes que nous venons de voir il existe des
éléments favorables externes savoir le rôle structurant que les villes
nouvelles jouent ores et déjà sur leur environnement même si comme
nous le verrons plus loin ce rôle avère moins important que prévu
Que ce soit grâce apport quantitatif équipements et activités
ou grâce attraction due leur cadre ensemble les villes nouvelles
sauf sans doute Melun-Sénart remplissent peu ou prou une tâche de
satellites ou de centres secondaires aussi bien pour la banlieue exté
rieure que pour les franges péri-urbaines les plus proches vry par
exemple rayonne depuis origine sur une zone influence potentielle
de plus de 200 000 habitants qui étale de Savigny-sur-Orge Corbeil-
Essonnes Cergy-Pontoise rayonne sur une partie du Vexin des vallées
de Oise et de la Seine et de la Vallée de Montmorency etc
Aspects négatifs ils relèvent essentiellement notre sens des
réductions successives des projets urbanisme dues la crise éco
nomique et la dépression démographique surtout partir de 1975
Comme le dit le Pr Beaujeu-Gamier il faut atteindre la masse
critique est-à-dire le minimum de population nécessaire la vie de
organisme planifié Or les cinq villes parisiennes ont éprouvé des
difficultés atteindre ce seuil critique et nous estimons elles ne ont
atteint que depuis peu années En autres termes si dès le début
des années 70 les centres urbains nouveaux étaient inscrits de manière
In Les villes nouvelles en 1984 Cahiers du C.R.E.P.I.F. 146 ANNALES DE OGRAPHIE
irréversible sur le terrain grâce aux énormes investissements infra
structure est tout récemment elles sont devenues réellement cré
dibles Pendant longtemps en effet elles ont beaucoup souffert de
irrésolution des Pouvoirs Publics leur égard due un manque de
consensus dans les instances politiques responsables
Même si leur ciel est devenu plus serein il reste que dans de
nombreux domaines les villes nouvelles manquent éléments néces
saires voire indispensables leur bon fonctionnement Elles attirent
encore pas suffisamment les catégories sociales aisées on construit
pas assez de logements individuels les efforts en matière emploi
doivent être poursuivis de nombreux équipements collectifs restent
construire les transports en commun internes ont besoin de sérieuses
améliorations Certes les grands chantiers sont désormais achevés et
étape pionnière largement dépassée mais les habitants des villes
nouvelles souffrent encore notablement des incohérences des plans
aménagement et de inachèvement des programmes Si les Cergy-
pontains et les vryens bénéficient une bonne structuration de leurs
villes respectives autour un centre pratiquement achevé que dire des
habitants des trois autres souvent contraints de parcourir de nombreux
kilomètres avant de trouver le centre-ville ou un équipement de quelque
importance en raison de éclatement de urbanisation en quartiers
éloignés les uns des autres séparés par des espaces boisés ou des
dents creuses de urbanisation
Précisément le cas des centres est significatif alors origine
chaque ville nouvelle devait avoir son centre doté de grands équipe
ments structurants centre commercial Université bibliothèque
théâtre etc.) on peut dire heure actuelle existent que deux
centres et demi soit la moitié des objectifs Cergy-Pontoise et vry
possèdent des centres dignes de ce norn peut-être grâce leurs Préfec
tures de département Marne-la-Vallée un centre-ville excentré ina
chevé mal intégré son environnement et moins important que prévu
Saint-Quentin-en-Yvelines se présente comme une structure tri-polaire
et Melun-Sénart pas de centre du tout est certainement là une
des principales lacunes de aménagement des villes nouvelles
Au total le bilan qualitatif est nuancé même si on peut désormais
considérer comme nous le ferons en conclusion que image de
marque des villes nouvelles franchi le seuil critique leur permettant
de sortir enfin de la médiocrité voire de la répulsion elles pouvaient
inspirer il encore peu de temps VILLES NOUVELLES ILE-DE-FRAN 147
II Les perspectives avenir des villes nouvelles
Ile-de-Fran
partir du rapide bilan que nous venons de dresser il est possible
entamer une démarche prospective montrant les lignes directrices qui
paraissent jalonner avenir des villes nouvelles Ile-de-Fran Nous
distinguerons les facteurs favorables et défavorables
Les facteurs favorables
On peut citer en premier lieu les larges disponibilités foncières qui
subsistent sur les territoires des cinq urbanisations nouvelles Rappelons
que chacune entre elles étend en moyenne sur équivalent de la
superficie de Paris intra-muros soit au total 50 000 ha Or la popula
tion totale anciens et nouveaux habitants réunis de ces territoires est
encore largement inférieure un million habitants soit une densité
de moins de 000 hab./km2 par conséquent plus de dix fois inférieure
celle de la ville de Paris
Que peut-on construire sur ces terrains Tout abord ceux-ci ne
seront pas tous disponibles ils comprennent en effet des espace verts
de tous types et de toutes tailles il est pas question de toacher
bien entendu Pour le reste on peut envisager les éventualités suivantes
En matière de logement les villes nouvelles doivent répondre de
plus en plus la demande de terrains pour la construction de maisons
individuelles voir plus loin) en particulier pour les cadres supérieurs
et moyens insuffisamment représentés dans la population actuelle Ceci
permettrait enrayer le mouvement de peri-urbanisation en tache
huile qui caractérise environnement des villes nouvelles depuis
elles existent
En ce qui concerne les activités un mouvement déjà amorcé
pourrait se poursuivre aménagement de zones spécialisées pour les
activités de pointe dans un cadre boisé et accueillant sans atteindre
pour autant importance un technopôle comme la Cité Descartes de
Marne-la-Vallée en cours de réalisation ou celle entreprises loco
motives comme le siège Arianespace vry
Corrélativement le manque voire absence équipements uni
versitaires dans les villes nouvelles devrait commencer se résorber
avec implantation établissements liés aux activités de pointe I.U.T
ou autres)
Il est certain que le potentiel déjà accumulé et les facilités accès
depuis Paris et les autres secteurs de la Région notamment les aéro
ports ne peuvent que favoriser accueil activités de prestige dont les
villes nouvelles ont bien besoin
Au titre des réserves de capacité on peut mentionner le potentiel
existant en matière infrastructures de base voirie assainissement 148 ANNALES DE OGRAPHIE
eau téléphone etc Ainsi même dans les secteurs déjà en cours
urbanisation il reste des possibilités de densification ou insertion
de nouveaux éléments
En outre les villes nouvelles commencent depuis peu se forger
une image de marque basée sur la qualité de leur urbanisme et de leur
architecture leur accessibilité leur densité assez faible leurs espaces
verts et de loisirs leurs équipements et leurs structures accueil de
plus en plus diversifiés est un beau résultat si on songe aux réactions
souvent hostiles elles provoquaient au cours des années 70 Il
eu là un renversement de tendance assez remarquable mais notre
sens mérité si on considère les efforts intellectuels et financiers mis en
uvre pour faire des villes nouvelles autre chose que des grands
ensembles améliorés
La desserte des centres urbains nouveaux après quelques vicissi
tudes constitue désormais un atout de premier ordre même si elle
accroît la dépendance vis-à-vis de Paris Pratiquement toutes maintenant
sont accessibles depuis Paris par autoroute ou voie rapide ainsi que
par le R.E.R un réseau routier de rocade 86 et surtout rocade
des villes nouvelles appelée La Francilienne les relie entre elles et
avec les deux aéroports Orly et de Roissy Cette infrastructure classe
les villes parmi les secteurs les mieux desservis de Ile-de-
Fran
Il de grandes chances enfin pour que les villes nouvelles
confortent leur rôle de pôles secondaires satellites de Paris est la
conséquence logique de leur suréquipement par rapport leur environ
nement une part il est certain elles vont demeurer longtemps
encore et peut-être définitivement mieux dotées que la banlieue ex
térieure qui bien des titres accuse toujours un retard équipement
non négligeable autre part les franges péri-urbaines par définition
ne sont pas structurées et ailleurs un certain nombre entre elles se
sont développées en fonction des villes nouvelles Frange Ouest de la
Seine-et-Marne Sud de la Plaine de Versailles notamment Il ne reste
que les anciennes villes de la périphérie régionale susceptibles de les
concurrencer Mantes Meaux tampes etc. bien que certaines soient
englobées dans les agglomérations nouvelles Corbeil et surtout Pon-
toise Quant Melun elle divorcé de la ville nouvelle de Sénart
Les facteurs défavorables
Ce qui est valable en 1989 le restera aussi dans avenir la taille
insuffisante des villes nouvelles continuera sauf en cas de bouleverse
ment imprévisible constituer un inconvénient majeur cet égard
nous pouvons distinguer deux aspects
Le polycentrisme souhaité par les auteurs du Schéma Directeur
de 1965 ne sera sans doute jamais pleinement réalisé en Ile-de-Fran NOUVELLES ILE-DE-FRAN 149 VILLES
Paris conserve actuellement la prééminence absolue peine entamée
par la réalisation des pôles restructurateurs de banlieue et des villes
nouvelles Certes de nombreux emplois industriels puis tertiaires ont
pris le chemin de la périphérie mais le déséquilibre était au départ
trop important pour un changement significatif soit constaté Plu
sieurs facteurs ont joué contre le regroupement activités et équi
pements dans les pôles périphériques
le centre des affaires est renforcé et élargi grâce au succès de
opération de La Défense
les transports routiers et surtout ferrés ont accentué leur concen
tration vers le ur de Paris cf le ud de communications du
Châtelet et de Saint-Michel
de nombreuses implantations périphériques nouvelles se sont
effectuées sans plan ensemble et en ordre dispersé Certes cela
permis équiper la grande banlieue mais ce saupoudrage se révèle
en fait plus néfaste que profitable
la vérité on peut se demander si la mise en uvre un véritable
polycentrisme en région parisienne ne relève pas de utopie il aurait
fallu en effet édifier de grandes villes nouvelles un million habitants
chacune comme cela était ailleurs envisagé origine Or cette
option est vite révélée irréaliste face la conjoncture économique
sociale et politique
Le développement péri-urbain au-delà de agglomération dense
et des villes nouvelles caractérise une part de plus en plus vaste de la
périphérie francilienne depuis près de vingt ans Amorcé au même
moment que la politique des villes nouvelles la fin des années 60 il
abord massivement touché les franges les plus proches jusque vers
1975 avant de se propager dans espace rural de manière plus sour
noise et plus discrète surtout depuis le début des années 80 Aujour
hui la plupart des villages revivent et augmentent de population
alors que était souvent inverse il encore dix ans et est
maintenant agglomération parisienne qui stagne ou perd des habitants
Ainsi on compte heure actuelle 15 million habitants la péri
phérie de Ile-de-Fran sans compter les agglomérations secondaires
soit de la population totale de la Région et trois fois plus que les
cinq villes nouvelles
Ce succès des zones péri-urbaines certes été un peu freiné par
essor des urbanisations concertées nous estimons ainsi 500 ha la
surface agricole économisée par le regroupement de la construction en
ville nouvelle Mais il été également favorisé par elles dans la mesure
où une part on trouvait pas un marché de terrains et de
constructions individuels suffisamment large autre part la concentra
tion des équipements et des activités favorisé essor urbanisations
parasites leur périphérie voir ci-dessus) enfin les promoteurs
privés trouvaient moins de contraintes dans les lotissements péri-urbains