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La périurbanisation : une croissance continue

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La périurbanisation ? c'est la façon dont les hommes se sont appropriés le territoire dans les vingt dernières années. À la concentration de la population dans les pôles urbains jusque dans les années soixante, au temps de l'exode rural et des apports de main-d'oeuvre, répondent aujourd'hui un étalement et une occupation plus dense des zones contiguës des villes. Par nécessité économique ou par aspiration individuelle, l'habitant périurbain a quitté les pôles où l'emploi reste concentré pour occuper un espace aéré qui couvre les deux cinquièmes du territoire. Une décision qui n'est pas sans conséquences sur sa qualité de vie.
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NORD-P AS-DE-CALAIS
ROFILS
SEPTEMBRE 1997Prix : 15 francs N°10P
c’est-à-dire habite l’espace à dominanteLa périurbanisation ? c’est la façonPériurbanisation : urbaine régional ; parmi elle, près dedont les hommes se sont appropriés
16% réside dans l’espace périurbainle territoire dans les vingt dernières
aéré, qui regroupe deux communes
années. À la concentration de la régionales sur cinq et couvre les deuxune croissance population dans les pôles urbains cinquièmes du territoire.
jusque dans les années soixante, au
temps de l’exode rural et des apports De l’exode rural à la
de main-d’oeuvre, répond aujour-continue périurbanisation
d’hui un étalement et une occupa-
tion plus dense des zones contiguës Alors que, comme partout, les origines
des villes. Par nécessité économique de l’urbanisation nordiste remontent à
des décennies, un recul d’une vingtaineou par aspiration individuelle,
d’années suffit à déterminer celles de lal’habitant périurbain a quitté les
périurbanisation régionale, qui fut danspôles où l’emploi reste concentré
le Nord de la France, plus tardive
pour occuper un espace aéré quiDidier Paluch qu’ailleurs.
couvre les deux cinquièmes du terri- De l’après-guerre, jusqu’à la fin desDivision Synthèses
toire. Une décision qui n’est pas années soixante, les migrations internes
locales et analyse du territoire sans conséquence sur sa qualité régionales s’organisaient selon un
schéma qui conduisait les populationsde vie.
du pays minier et des zones rurales péri-
Aujourd’hui, près de 91% de la popu- phériques vers les agglomérations dyna-
miques, Dunkerque, Arras, Saint-Omerlation du Nord-Pas-de-Calais est urbaine
L’espace périurbain régional : deux communes sur cinq
Espace rural
Dunkerque Espace périurbain
Pôle urbain
HazebrouckCalais
Bailleul
Wervik (B)-Comines
Armentières
Boulogne-sur-mer
Saint-Omer
Lille
Saint-Amand-les-Eaux
ValenciennesMerville BéthuneÉtaples
Douai
Lens
Maubeuge
Berck
Arras
Cambrai
Aulnoye-Aymeries
Caudry
Fourmies
Source : Insee - Recensement de la population 1990
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS 130, avenue du Président J.F. Kennedy - 59034 Lille Cedex - Tél. : 03 20 62 86 29 - Télécopie : 03 20 62 86 00La poussée démographique et bien sûr Lille. Avec l’accentuation des participent pas à ce développement :
migrations extra-régionales et l’amplifi- huit d’entre elles n’ont pas de couronnes
Limite d'aire urbainecation des mouvements de redistribution périurbaines et seulement un petit
favorables aux communes périphé- nombre parmi les quinze restantes ont
Limite entre pôle et couronneriques des pôles urbains, s’amorce, au un rôle moteur.
début des années soixante-dix, le phé-
Limite entre l'espace à dominante
nomène de périurbanisation. Cette urbaine et l'espace à dominante rForte croissance de la périphérie
période coïncide, avec le ralentissement de Lille Dunkerque
du rythme de croissance démogra-
Calais Hazebrphique régional, l’émigration enlevant C’est notamment le cas de l’aire urbaine
au Nord-Pas-de-Calais, le bénéfice de de Lille (environ 30% de la population Ba
son excédent naturel. urbaine et 31% des emplois régionaux,
Dès 1975, le manque de place, la dont 94% concentrés dans son seul pôle
cherté de la vie, les loyers élevés et les urbain), qui a connu durant la période Boulogne-sur-Mer
nuisances des cités poussent les allant de 1982 à 1990, la croissance
ménages à s’éloigner des centres démographique relative la plus impor-
Merville
urbains ; la combinaison classique tante, (+2,6%), dépassant d’un point et
Saint-Omer Béthune«croissance urbaine et dépeuplement demi celle des sept années précédentes. Étaples
des campagnes» s’inverse, la périurba- Elle est, avec Béthune et Calais, l’une
nisation est engagée. Elle touche essen- des trois aires régionales de plus de
tiellement des territoires autour des 100 000 habitants, à avoir vu croître
Apôles urbains de Saint-Omer, Arras, tout à la fois, la population de son pôle Berck-sur-Mer
Dunkerque, Boulogne-sur-Mer et Lille. urbain et celle de sa couronne périur-
Parallèlement à cette délocalisation de baine.
la population vers la périphérie, la La forte poussée démographique de sa
concentration de l’emploi dans les pôles couronne (+1,4% en moyenne annuelle)
urbains, pourtant déjà forte dans la est le résultat de la conjugaison de trois
Source : Insee - Recensements de la population 1982 et 1990région car supérieure en 1990 de plus phénomènes. En premier lieu, ce sont
de 12 points à ce qu’on observe France de nombreux mouvements migratoires
Les soldes migratoires entre pôles et coentière, s’est accrue : dans un contexte internes car le solde de ses échanges
de diminution du nombre des emplois, avec son pôle attractif dégage un excé-
Solde migratoire entre 1982 et 1990
elle est passée de 83,3% en 1975 à dent favorable de 12 600 individus.
83,6% en 1990. 12 610Ensuite, le nombre d’installations de
En 1982, le dépeuplement des grandes ménages venant de l’extérieur de l’aire
de 2 000 à 3 300villes (excepté Lille) continue avec un a dépassé le nombre des départs. Au
de 1 000 à 1 999développement des périphéries, notam- total, le rythme annuel de croissance
de 500 à 999
ment autour de la métropole lilloise. migratoire a atteint +0,9% entre 1982 et
1990. Dans le même temps, la popula- Hazebro
tion s’est renouvelée naturellement,maisLa naissance d’un géant
Dunkerqueau rythme moindre de 0,6% par an.
BaillCalaisCet étalement démographique donne
naissance à un gigantesque espace à ASaint-Omer, Arras : accroisse-
dominante urbaine, le deuxième de
Boulogne-sur-Merment des couronnes périphé-
France, celui du Nord-Pas-de-Calais qui Saint-Omer
riques au détriment de leur pôlerecouvre les deux tiers du territoire
régional. Si depuis 1982, la population urbain
BéthuneÉtaples Mervilledes pôles urbains de cet espace tend à
décroître (-0,04% par an), cela n’affecte D’autres aires urbaines ont contribué à
pas sa croissance globale (+0,1% l’an), maintenir l’équilibre démographique
Berck
Arraspuisqu’une partie des migrations se fait général, il s’agit des «plus périurbani-
vers les couronnes périurbaines et les sées». Parmi elles, Saint-Omer et Arras,
communes multipolarisées. Celles-ci, dont la population des pôles diminue au
prises dans leur ensemble, connaissent rythme identique de 0,1% par an
ainsi une croissance démographique depuis 1982, et qui profitent pleinement
de l’expansion démographique de leurannuelle plutôt élevée puisqu’elle atteint
1,14% pour les premières et 0,72% couronne (+1,6% et +1,5% en moyenne
Source : Insee - Recensements de la population 1982 et 1990pour les secondes. Toutes les aires ne annuelle respective).
130, avenue du Président J.F. Kennedy - 59034 Lille Cedex - Tél. : 03 20 62 86 29 - Télécopie : 03 20 62 86 00 INSEE NORD-PAS-DE-CALAISdes couronnes périurbaines Définitions du zonage en aires urbaines
Remarque préalable : dans ce zonage, une unité urbaine est toujours traitée comme un
Taux de variation annuel (en%)
ensemble indissociable. Elle est, dans son entier, rattachée à l’une ou l’autre des caté-entre 1982 et 1990
gories.de 1 à moins de 2,93
de 0 à moins de 1
de - 0,4 à moins de 0 Basée sur les notions traditionnelles d’habitat et les déplacements liés à l’emploi
e de - 0,52 à moins de -0,4
rurale (échanges quotidiens domicile-lieu de travail), la nouvelle nomenclature spatiale défi-
Moyenne régionale : + 0,10
nie par l’Insee partage le territoire national en deux grands espaces : l’espace à
dominante urbaine et celui à dominante rurale.
rouck
Unité urbaine : ensemble constitué d’une ou plusieurs communes dont le territoire estilleul
Wervik (B)-Comines partiellement ou totalement couvert par une zone bâtie d’au moins 2 000 habitants
(dénombrement au recensement), dont les constructions sont séparées de moins de
Armentières
200 mètres. Toute commune n’appartenant pas à une unité urbaine est dite «rurale».
Pôle urbain : unité urbaine offrant 5 000 emplois ou plus et n’appartenant pas à laLille
couronne périurbaine d’un autre pôle urbain.Saint-Amand-les-Eaux
Aire urbaine : ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué parValenciennes
Lens Maubeuge un pôle urbain et par des communes rurales ou unités urbaines dont au moins 40%
Douai de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle urbain ou dans des
communes attirées par celui-ci.
Arras
Couronne périurbaine (d’un pôle urbain) : ensemble de communes de l’aire urbaine
Caudry
Cambrai Aulnoye-Aymeries à l’exclusion de son pôle urbain.
Communes multipolarisées : communes rurales et unités urbaines situées hors des
Fourmies aires urbaines, dont au moins 40% de la population résidente ayant un emploi
travaille dans plusieurs aires urbaines, sans atteindre ce seuil avec une seule d’entre
elles, et qui forment avec elles un ensemble d’un seul tenant.
ouronnes périurbaines de 1982 à1990
Communes périurbaines : communes des couronnes périurbaines et communes multi-
Catégorie de communes
polarisées.
pôles urbains
couronnes périurbaines
Espace à dominante urbaine : ensemble des pôles urbains et des communes périur-communes multipolarisées
espace à dominante rurale baines ; peut se définir également comme l’ensemble des aires urbaines et des com-
limite d'aire urbaine munes multipolarisées.
limite d'espace
à dominante urbaine
Espace à dominante rurale : ensemble des communes rurales et unités urbaines n’ap-
ouck
partenant pas à l’espace à dominante urbaine.
L’espace périurbain du Nord-Pas-de-Calais est constituée de 378 communes appar-leul
tenant aux 15 couronnes périurbaines régionales, et des 254 communes multi-Wervik (B)-Comines
Armentières polarisées locales.
Comme pour Lille, si les périphéries plus élevé du Nord-Pas-de-CalaisLille
arrageoise et audomaroise ont davan- (+1,0%). Cependant, c’est la croissance
Saint-Amand-les-Eaux tage attiré et retenu, qu’elles n’ont laissé démographique de la couronne périur-
partir vers leur pôle, plus 2 900 indi- baine seule, qui permet de maintenir le
Lens
vidus pour la première, plus 2 500 pour niveau général de population de cette
Douai Valenciennes la seconde, leur croissance a aussi été zone.
Maubeuge assurée par le renouvellement naturel Enfin, depuis 1982, l’aire de Calais
de leur population : +0,5% pour Arras évolue tranquillement au rythme annuel
Cambrai
et +0,8% pour Saint-Omer entre 1982 de +0,2%, mais en subissant une forte
Aulnoye-Aymeries et 1990. croissance périurbaine (+1,6% l’an). Là
Quant à l’aire de Dunkerque, elle com- aussi, le pôle urbain calaisien perd de
Caudry pense son manque d’attractivité par sa son attractivité, au profit de sa
Fourmies
capacité à renouveler naturellement sa périphérie.
population ; son solde naturel, est le
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS 130, avenue du Président J.F. Kennedy - 59034 Lille Cedex - Tél. : 03 20 62 86 29 - Télécopie : 03 20 62 86 00migratoires qui portèrent principalementCroissance constante depuis 1975
la croissance de la population de cesdes communes multipolarisées
communes, +0,5% par an. Puis, dans la
Depuis 1975, la croissance des cou- période suivante, l’accroissement natu-
ronnes périurbaines ne suffit pas à rel a pris le relais pour devenir le moteur
expliquer le développement de l’espace du développement avec un taux de
périurbain régional, ni le maintien +0,4% par an.
démographique de l’espace à domi- Depuis 1982, les communes multipola-
nante urbaine du Nord-Pas-de-Calais. risées ont attiré un grand nombre
Le comportement des résidents des com- d’individus issus de tous les pôles
munes multipolarisées, 37% de la popu- urbains régionaux. Le vaste territoire
lation périurbaine, a aussi influé. Entre qu’elles constituent affiche des excé-
1975 et 1990, le rythme de croissance dents migratoires importants, avec les
annuel de la population de ce territoire, pôles de Lille (+3 300 individus), Lens
est resté constant à +0,7%. En fait, de (+1 900 individus), Douai (+1 500 indi-
1975 à 1982, ce sont les mouvements vidus) et Dunkerque (+1 050 individus).
Quelques caractéristiques des ménages par catégorie de communes en 1990
Une population périurbaine jeune Des ménages de taille plus grande en moyenne
Population totale par âge Nombre moyen de personnes par ménage
%35 %3,5
30
25
3
20
15
2,510
5
0 2Pôles urbains Communes Espace rural Région
Pôles urbains Communes Espace rural Régionpériurbaines périurbaines
Moins de 20 ans Plus de 60 ans
Les communes périurbaines se sont révélées plutôt attractives L’espace périurbain accueille plutôt des familles.
pour les familles. La part des moins de 20 ans y est La taille moyenne des ménages est plus élevée
sensiblement supérieure à la moyenne régionale. que dans les pôles (3,03 contre 2,77 personnes)
Un habitat constitué de 80% de maisons individuelles Deux ménages sur trois propriétaires
Part des maisons individuelles dans les logements Part des propriétaires
% % 8080
60 60
4040
2020
0 0
Pôles urbains Communes Espace rural Région Pôles urbains Communes Espace rural Région
périurbaines périurbaines
Les maisons individuelles ont la faveur de neuf Un tel statut en fait des privilégiés
périurbains sur dix. puisqu’ils ne sont que 45% en pôle urbain.
Des constructions récentes L’éloignement du pôle justifie la deuxième voiture
Répartition des logements selon leur date de construction Ménages disposant de 2 voitures et plus
% %60 30
50 25
40 20
30 15
20 10
10 5
0 0
CommunesPôles urbains Espace rural Région Pôles urbains Communes Espace rural Région
périurbaines périurbaines
avant 1949 1949-1974 après 1974 Près d’un ménage périurbain sur trois dispose
d’une deuxième voiture, c’est cependant moins qu’au niveau
national où cette part atteint 40%.Source : Insee - Recensement de la population 1990
Pour en savoir plus
• Une nouvelle approche territoriale de la ville - Insee - Économique et Statistique n° 294-295,
1996 - 4/5.
• Les aires urbaines : une approche plus large de la ville -Insee - Profils Nord-Pas-de-Calais n°11,
novembre 1996.
• Radiographie d’un fait de société : la périurbanisation - Insee - Insee Première n °535, juin 1997.
Directeur de la publication : Jean-Claude HAUTCŒUR - Service Administration des Ressources : Daniel HUART - Service Études Diffusion : François HOUSSIN
Service Statistique : Robert MORIZUR - Rédactrice en chef : Élisabeth VILAIN - Secrétaire de fabrication : Jean-Claude DELEHAYE
Vente : Bureau de vente, 130 avenue J.F. Kennedy - BP 769 - 59034 LILLE CEDEX - Tél : 03 20 62 86 66 - Télécopie : 03 20 62 86 00
CPPAD en cours - ISSN 1269-0260 - Dépôt légal septembre 1997 - © Insee 1997 - Code Sage PR0971020 - UNIVERS LILLE Tél : 03 20 63 10 07
130, avenue du Président J.F. Kennedy - 59034 Lille Cedex - Tél. : 03 20 62 86 29 - Télécopie : 03 20 62 86 00 INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS