L'IDÉALISATION DE L'AUTRE DANS TROIS RÉCITS DE VOYAGE ...

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1 L'IDÉALISATION DE L'AUTRE DANS TROIS RÉCITS DE VOYAGE PORTUGAIS DU TEMPS DES DÉCOUVERTES (XVIE SIÈCLE) : VERS L'ÉLABORATION D'UNE NOUVELLE IMAGE OCCIDENTALE DU PEUPLE CHINOIS Stéphanie DE JÉSUS Université Michel de Montaigne-Bordeaux Les Grandes Découvertes portugaises des XVe et XVIe siècles constituent un moment historique fondamental dans la rencontre entre Occident et Orient. Avant le premier voyage de Vasco de Gama, l'Orient était, certes, déjà partiellement connu de l'Occident grâce aux échanges commerciaux de la route de la soie et aux récits des voyageurs qui l'avaient gagné par voie terrestre ; mais la connaissance de l'Orient restait très approximative, voire fantaisiste.
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L'IDÉALISATION DE L'AUTRE DANS TROIS RÉCITS DE VOYAGE PORTUGAIS DU E TEMPS DES DÉCOUVERTES (XVI SIÈCLE) : VERS L'ÉLABORATION D'UNE NOUVELLE IMAGE OCCIDENTALE DU PEUPLE CHINOIS
Stéphanie DEJÉSUSUniversité Michel de Montaigne-Bordeaux
e e Les Grandes Découvertes portugaises des XV et XVI siècles constituent un moment historique fondamental dans la rencontre entre Occident et Orient. Avant le premier voyage de Vasco de Gama, l'Orient était, certes, déjà partiellement connu de l'Occident grâce aux échanges commerciaux de la route de la soie et aux récits des voyageurs qui l'avaient gagné par voie terrestre ; mais la connaissance de l'Orient restait très approximative, voire fantaisiste. Avant la découverte du chemin maritime vers les Indes par les e Portugais, à la fin du XV siècle, l'Orient était une terre propice auxmirabiliaet aux mythes comme ceux e du Paradis Terrestre et du Prêtre Jean. Au XVI siècle, la présence portugaise en Asie a révolutionné la connaissance de l'Orient, en mettant à mal bien des légendes et mythes qui faisaient de l'Orient une terre mystérieuse, à la fois attrayante et effrayante, et a contribué à travers les récits des voyageurs qui vivaient l'aventure orientale, à créer une image nouvelle de l'Orient. L'Orient étant extrêmement vaste et les images de ce dernier multiples, nous nous limiterons à la Chine. Ainsi, nous étudierons l'image de la Chine dans e trois récits de voyage portugais du XVI siècle :Algumas coisas sabidas da China, de Galiote Pereira, le Tratado das coisas da Chinade Gaspar da Cruz etPérégrinationde Fernão Mendes Pinto. Cependant,avant de présenter ces œuvres et leurs auteurs, et puisque le thème qui nous réunit ici est « Rencontres et Identité », il nous faudra commencer par faire le point sur notre acception du concept d'identité, mais surtout sur sa corrélation avec celui d'image. Nous parlerons d'un aspect particulier du concept d'identité, qui est celui de l'identité pour autrui, en d'autres termes, de l'identité qu'un observateur alloue à la personne observée, et non pas d'identité pour soi, c'est-à-dire, de l'identité réelle d'un individu. Nous parlerons donc de l'image de l'identité de l'« Autre », et en l'occurrence de l'image que les auteurs de ces trois récits de voyage portugais du temps des Découvertes avaient des Chinois, et donc de l'identité des Chinois telle qu'elle a été narrée par les auteurs de ces récits portugais. Dans la mesure où il s'agit de la perspective, du point de vue des Portugais sur les Chinois, il ne s'agit donc pas 1 d'identité narrative au sens où l'emploie Paul Ricoeur , mais plutôt d'identité narrée, de l'identité des Chinois narrée par les Portugais et donc d'une identité partiellement fictive, puisque fruitde l'imagination, mais surtoutde l'imaginaire de ces voyageurs portugais fraîchement sortis du Moyen Âge. Cela nous amène à l'idée exposée par Joël Thomas dans sonIntroduction aux méthodologies de l'imaginaire: « Le réel est une notion insaisissable, nous n'en connaissons que des représentations, à travers des systèmes qui sont 2 toujours symboliques. » Tout discours, pour plus objectif qu'il soit, est donc indissociable de la subjectivité de son auteur, de son imaginaire, des représentations symboliques créées par sa psyché. Bien que ces récits soient des récits de voyages et que ce qu'ils narrent soit supposé être vrai, la distance physique et culturelle entre narrateur et sujet laisse une marge certaine au mythe et à la fiction. Il n'y a pas de volonté de création d'une fiction et pourtant la subjectivité de leurs auteurs nous empêche de considérer ces récits comme des énumérations de faits objectifs sur les Chinois. Toute relation à l'autreest, en effet, médiatisée par des fictions, les discours ne correspondent pas à la réalité mais à l'idée que l'on se fait d'elle. Au final,l'autren'est qu'un récit, le récit que l'on fait de lui. Élaborer un récit, un discours sur autrui est une manière de créer autrui, de le faire entrer dans notre réalité. Le regard du narrateur permet ainsi de fixer l'identité d'autrui en lui donnant une place dans sa géométrie du monde. Il y a une part de mythe dans toute relation à autrui. Lorsque nous parlons ici de 1 Paul Ricoeur,Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1996. 2 Joël Thomas,Introduction aux méthodologies de l'imaginaire, Paris, Ellipses, 1998, p. 16.