Le piège à inégalités - Finances et développement - Décembre 2005 ...

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Le piège à inégalités - Finances et développement - Décembre 2005 ...

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LePIÈGE à inégalités
Pourquoi l’équité doit être mise au centre des politiques de développement
Francisco H.G. Ferreira et Michael Walton NE FILLETTEnée dans une famille de neufper- l’équitéest aussi indispensable sonnes de caste inférieure vivant dans les bidon-pour assurer la prospérité à long auunZqiuUptsqserceuatreabmbewedeopssbilitiséindavoirmoins)em,melpusriasconcuneondeptiiuqéleétraitorph.Unuppéerhiuqadisuddn(ileruerernnuevzeopnas,eeixtrv villes de Dhaka n’a absolument pas les mêmes chancesterme de l’ensemble de la société. que le fils d’une famille instruite et aisée habitantNotre point de vue ne se fonde ale passur les inégalités de résultats et de perspectives d’avenir qu’un compatriote de Harare dontqui renvoie à l’égalité des chances.En effet,les perspectives les parents sont en bonne santé et instruits. Au niveau mondial,d’avenir d’un individu ne devraient pas dépendre de facteurs les contrastes sont encore plus marqués :des enfants suisses,qu’il ne maîtrise pas (pays de naissance, sexe, race, origines fa-américains ou japonais «moyens» nés au même moment qu’unmiliales, etc.). Les résultats, en revanche, peuvent parfaitement enfant d’une région pauvre et rurale d’Afrique du Sud partentvarier en fonction des efforts, du talent et de la chance. Telles avec des chances incomparablement supérieures.sont les idées-forces dégagées ces dernières décennies par des Des inégalités aussi flagrantes sont condamnables en tantpenseurs comme John Rawls, Ronald Dworkin, Amartya Sen que telles, et la quasi-totalité des cultures, des religions et desou John Roemer, et auxquelles nous souscrivons. Nous admet-traditions philosophiques ont développé des arguments faisanttons néanmoins que chaque société puisse décider d’intervenir de l’équité une fin en soi. Mais ce n’est pas tout. Comme l’ex-pour protéger les moyens de subsistance de ses membres les plique leRapport sur le développement dans le monde 2006 : équitéplus déshérités (vivant au-dessous d’un certain seuil de pau-et développementabsolue), même si le principe d’égalité des chances est res-vreté est aujourd’hui largement démontré que, il pecté. Empêcher le dénuement absolu nous apparaît donc comme un prin-Graphique 1 cipe d’équité fondamental. La survie dépend des circonstances La mortalité infantile varie en fonction du pays, mais aussi de l'éducation de la mère. Persistance d’inégalités criantes 160 La différenciation des chances com-140 mence avant même la naissance. Aucune éducation 120 L’identité des parents, leur pays de rési-100dence et leur situation matérielle con-ditionnent les chances d’un enfant en 80 termes d’espérance de vie,d’instruc-60 tion, d’accèsaux services ou de pers-40 Éducation secondaire ou plus élevéepectives économiques. Le graphique1 20 montre les fortes variations de la mor-0 talité infantile à l’intérieur des pays et entre les pays.Au Salvador,par exemple, lesenfants dont la mère n’a aucune instruction risquent quatre fois Source :sur le développement dans le monde 2006,Rappor td’après les données de l’enquête sur laplus que les autres de mourir avant leur démographie et la santé. premier anniversaire. Note : Chaque ligne verticale correspond à un pays. Le point le plus élevé de la ligne est le taux de mortalité En outre,les inégalités persistent parmi les enfants dont la mère n’a aucune éducation, et le point le plus bas, parmi les enfants dont la mère a terminé ses études secondaires. La ligne transversale relie les points indiquant la mortalité moyenne pour dans l’enfance, comme le montrent les chaque pays, pondérée en fonction des niveaux d’éducation des mères dans le pays. résultats aux tests d’enfants équato-
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