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  • cours - matière potentielle : privés de sculpture odi losif
Les artisans 100%.RO Virginia Linul, village Salva, Bistriţa Năsăud, artiste populaire Virginia Linul, âgée de 41 ans, diplômée de la Faculté de Communication et Relations publiques, a une grande passion : le folklore roumain. Elle a hérité du talent et de l'amour pour l'art populaire de sa mère et elle se réjouit d'avoir réussi à le transmettre à sa fille. Les trois dames Linul – mère, fille et grand-mère – créent aujourd'hui à la main, minutieusement et avec raffinement, des costumes populaires réalisés intégralement à la main, des colliers travaillés manuellement en perles en verre, des colliers ras-
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Les artisans 100%.RO
Virginia Linul, village Salva, Bistriţa Năsăud, artiste populaire
Virginia Linul, âgée de 41 ans, diplômée de la Faculté de Communication et Relations publiques, a une grande passion: le folklore roumain. Elle a hérité du talent et de l’amour pour l’art populaire de sa mère et elle se réjouit d’avoir réussi à le transmettre à sa fille. Les trois dames Linul – mère, fille et grand-mère – créent aujourd’hui à la main, minutieusement et avec raffinement, des costumes populaires réalisés intégralement à la main, des colliers travaillés manuellement en perles en verre, des colliers ras-de-cou cousus, des ceintures en perles en verre pour femmes et hommes – portés par les Roumains en tant qu’accessoires et ornements, des chapeaux avec des paons en miniature,des chapeaux traditionnels de Maramureş, des poupées en vêtements traditionnels, des œufs décorés de perles en verre, des petites bourses – qui – dit madame Linul – « plaisent beaucoup aux jeunes ».
Madame Linul a élevé l’artisanat populaire au niveau d’un art et en a fait une carrière de succès. Mais sa passion pour le folklore ne se limite pas à cela, parce que madame Linus est une artiste populaire qui a assumé une mission : celle de faire durer les artisanats populaires, d’aider les jeunes à voir la beauté et la valeur des traditions populaires et de promouvoir l’art traditionnel roumain dans le pays et à l’étranger. « Après être allée pour la première fois à l’étranger en 1999, je me suis rendue compte que cet artisanat est élevé au rang d’un art et j’ai compris que c’était une valeur pour le pays et qu’il fallait que nous aussi le voyions ainsi chez nous. »
Madame Linul et Philippe Guilet se sont rencontrés à Târgul de Florii («Foire à l’occasion du Dimanche des Rameaux ») au Musée du Paysan Roumain lorsque Philippe a été attiré à l’étal de Mme Linul par une ceinture en perles en verre. La visite de Philippe à Bistrita a suivi, pour voir aussi d’autres modèles créés par l’artiste populaire. Après cette visite, Mme Linus qui à son tour a travaillé avec plusieurs femmes du village, est devenue l’un des artisans ayant contribué le plus à la collection 100%.RO. Virginia Linul dit qu’elle a travaillé dans ce projet avec joie, parce qu’elle s’est sentie appréciée et valorisée, mais surtout parce qu’elle a été « enchantée » d’apprendre quelle était l’idée de la collection : celle de promouvoir l’artisanat roumain.
Constantin Juravle, commune Straja, département Suceava, Bucovine, artisan touloupier
Touloupes et vestes en peau de mouton retournée.
Monsieur Juravle est originaire d’une famille de touloupes de tradition: son père, ses deux grands-pères et les frères des grands-pères ont tous été touloupes. « J’ai cousu depuis tout petit, avant même d’aller à l’école, et j’ai aimé cela. J’aime cela maintenant aussi» nous dit monsieur Juravle. Il éprouve «un sentiment de nostalgie » chaque fois qu’il porte le costume populaire, nous confie-t-il, parce qu’il « se souvient de son père et de certaines valeurs qu’il ne retrouve plus aujourd’hui ».
Monsieur Juravle fait des touloupes et des vestes. Monsieur Juravle travaillela peau de mouton tannée, « mesina »comme on l’appelle. Pour les garnitures, il utilise seulement de l’agneau noir, et non le furet, comme dans d’autres régions. La technique de coupage de monsieur Juravle est un secret hérité et bien gardé dans la famille.
Aux côtés de Mme Virginia Linul, le touloupier Juravle est l’un des artisans qui ont contribué le plus à la collection 100%.ro. S’agissant de ce projet, l’artisan populaire nous dit qu’il est « très bon, parce que de cette manière la Roumanie sort un peu à la surface, en montrant au monde le savoir-faire et le talent des Roumains ».
Eva Thanhofer, Baia Mare, Maramureș -tricotages, lacerie au crochet
Eva Thanhofer, 55 ans, tricote et fait des laceries au crochet pour réaliser des vêtements, des chaussures et des bijoux en laine, en cuir ou en fil métallique. Après 30 ans d’expérience, madame Thanhofer peur maintenant faire du crochet et du tricot « tout ce qu’on lui demande, selon n’importe quel modèle » Elle a commencé à travailler pour sa famille, apprenant de sa mère et de sa tante toutes les techniques du crochet, du tricot ou la technique mixte, qui unit le tricot et le crochet. Elle a fait des centaines de maillots de bains tricotés, des pullovers et des robes, des pantalons et des body, des gants et des bonnets, des bottines d’été. Elle fait des cordonnets en cuir qu’elle travaille ensuite au crochet ou à l’aiguille à tricoter. Elle travaille avec du fil métallique, qui ne doit « être ni trop gros ni trop fin pour pouvoir être modelé”. Elle a crocheté de nombreux bijoux à base du fil métallique.
Madame Eva Thanhofer vit exclusivement de son travail d’artisan, depuis que la mine où elle travaillait en tant que comptable a été fermée. Elle reçoit beaucoup de commandes de l’étranger et a une clientèle très fidèle, que ce soit des Roumains ou des étrangers. Elle collabore depuis deux ans avec une galerie en Hongrie. Les étrangers, dit-elle, apprécient plus le travail manuel, les Roumains achètent moins. Participer au projet 100%.RO est pour Eva Thanhofer “un bonheur, un honneur, une réalisation et un pas en avant” mais aussi un signe d’appréciation de son savoir-faire et de son talent.
Ileana et Traian Nicolăică, village Frătăuţii Vechi, département Suceava, Bucovine, touloupiers, artisans populaires
Ileana et Traian Nicolăică ont respectivement 78 et 80 ans. Ils sont mariés depuis 61 ans et ils travaillent depuis ensemble les broderies exceptionnelles en cuir, sur les touloupes et sur les vestes. La famille Nicolăică travaille «jour et nuit», raconte madame Nicolăică, car les vestes sont très recherchées dans leur village (Fratautii Vechi) et dans les villages voisins.
Si après la Révolution Roumaine, les touloupes et les vestes n’étaient plus demandées, les deux époux disent qu’aujourd’hui tout le monde les met lorsqu’on va à l’église, à la messe de dimanche ou les jours fériés.
Les époux Nicolăică ont appris tout seul à broder le cuir et toute leur vie ont gagné de l’argent grâce à
ce métier, sans négliger pourtant de labourer la terre et de s’occuper des animaux. Ils disent qu’à présent ils ont assez de commandes et qu’ils pourraient vivre de l’argent encaisse pour les vestes réalisées. Monsieur Nicolăică taille et coud les vestes que madame Nicolăică brode à présent “sans avoir besoin de lunettes”, commeelle le dit fièrement.
Pour la collection 100%.ro, les époux Nicolăică ont travaillé deux vestes – en cuir et en faux cuir de mouton, garnie avec de l’astracan et de la fourrure de furet, avec des perles en verre, brodées à la main avec des motifs décoratifs spécifiques à la Bucovine. Taillée par monsieur Nicolăică, dessinéepar une dame du village, brodée avec des perles en verre par madame Nicolăică, chaque veste couture a été finalisée en quatre semaines à peu près.
Istvan Iuhasz, Baia Mare, charpentier et sculpteur
Istvan Iuhasz a 44 ans et il est sculpteur, mais il gagne sa vie en faisant surtout de la charpenterie : il monte le parquet, des piliers, des escaliers et rampe. « C’est cela qu’on demande le plus et qu’on vend le mieux » dit-il. « Mais, si on me le demande, je sais aussi sculpter tous ces éléments ».
Istvan Iuhasz est diplômé de l’Ecole professionnelle de Baia Mare et a suivi des cours privés de sculpture Odi losif. Il a travaillé pendant 9 ans à l’usine de meubles de Baia Sprie, ensuite il a travaillé dans une autre société de charpenterie pendant 11 ans. Depuis 5 ans il travaille comme indépendant, seulement sur commande et il reçoit des commandes en permanence.
Pour la collection 100%.RO Istvan a travaillé en quelques nuits plus de 6000 petitestoiles pour la silhouette Ecaterina. Les travaux de ce genre, dit Istvan,nécessitent beaucoup de patience, savoir-faire et beaucoup de temps. «Et il faut aimer les faire, sinon, automatiquement on perd la patience et les travaux tournent mal. Et moi, j’aime former le bois et c’est pour cela que je n’observe même pas la complexité d’un travail ».
Istvan Iuhasz dit qu’il est très enchanté de savoir que ses tuiles, transformées dans une pièce vestimentaire. Feront partie d’une collection qui sera présentée à Paris et à Bucarest. Il a été enchanté et surpris de manière agréable de voir en quoi son travail peut se transformer. « Les commandes de ce type sont très rares. C’est une chance dans la vie. Je gagne de l’argent en montant du parquet, mais je préfère les projets spéciaux et uniques, comme celui-ci. »
Maria Zapca, Săpânţa, Maramureş, artisan populaire
“A Săpânţa toutes les femmes tissent”, dit l’artiste populaire Maria Zapca.“Les filles tissent en lisant un bouquin. Dans tous les foyers, les filles tissent. On fait des couvertures en laine, on ne peut pas mélanger la laine avec d’autres matériaux, parce qu’on les met dans le tourbillon, dans la rivière. Les couvertures tiennent chaud, et elles sont très recherchées, surtout que le rustique est de nouveau à la mode.”
Maria Zapca est née à Săpânţa, dans le département de Maramureş il y a 50 ans. A 8 ans elle a touché
pour la première fois le fuseau et elle a filé de la laine, tandis qu’à 10 ans elle cousait des chemises en lin.
Elle est née dans une famille d’artisans de tradition. Son grand-père a été l’un des grands artisans de la fabrication des objets en bois. Ma mère filait et tissait, comme toutes les femmes d’ailleurs. „Depuis toujours, ma mère a passé sa vie devant le métier à tisser.”
Aux foires, où on la voit souvent, Maria Zapca expose les couvertures de Săpânţa renommées, qui gardent les couleurs naturelles de la laine, ou des costumes populaires traditionnels „cousus avec des points filés et d’une couleur distinctive, le bleu de Săpânţa”, „serviettes essuie main” avec des fils rouges et bleus, poupées habillées en costumes traditionnels – avec des marmottes, des chapeaux de paille, ou des sandales de paysans, des draps en 100% coton, des serviettes de main, des chapeaux traditionnels, faits à la main.
Maria Zapca dit que ce n’est qu’à Săpânţa qu’on fait „les véritables couvertures, en laine grossière, filée au fuseau pour devenir fine. Le fil de laine est filé grossièrement pour être ensuite mis dans le métier à tisser, puis lavé de sorte qu’il ne rétrécisse plus. Ce sont les intellectuels, les médecins et les professeurs mais aussi les étrangers qui les apprécient le plus.”
Violeta Karmen Roman, village Feldioara, département de Brașov , dentellière
Karmen Violeta Roman a 54 ans et elle est « dentellière de dentelle ancienne » comme elle se définit elle-même. Elle travaille la dentelle selon la technique «frivolite »,apportée en Roumanie par les saxons, connue chez nous comme « dentelle à navette », mais aussi comme « la dentelle des reines », très prisée et utilisée par les reines de la Roumanie, Elisabeth et Marie.
La navette de Mme Roman fait des merveilles : elle exécute des métrages qui peuvent s’appliquer sur de différents objets vestimentaires, tops pour des robes de soir, robes de mariée, vestes, boucles d’oreille, colliers, bracelets, broches, cordons, gants et la liste peut continuer.
Madame Roman nous raconte qu’elle a « volé » le métier d’une saxonne il y a 45 ans. « Le savoir-faire je le connais depuis l’âge de 9 ans, quand j’ai « volé » la technique de fabrication de la dentelle à la navette à une voisine saxonne de la ville d’Agnita, où j’ai passé mon enfance. Cette technique n’est pas donc une tradition de famille, quoique ma grand-mère maternelle fût très chevronnée dans les techniques traditionnelles : filage, tissage, couture. J’ai grandi dans des veillées, où j’ai appris à aimer tout ce qui signifie travail manuel, traditions et coutumes. Des sœurs et belles-sœurs de mon père du village Bârghiş du département de Sibiu j’ai appris par exemple plein de choses sur les artisanats pratiqués dans la vallée de la rivière Hârtibaci. »
L’artisanat est pour madame Roman tout d’abord une source de joie et seulement après une source de revenu : « La vérité est que je travaille plutôt pour le plaisir que pour le gain, et lorsqu’on fait quelque chose par plaisir et avec amour, les résultats sont à la hauteur. Je me suis attachée à ce métier parce que je l’ai appris assez difficilement, sans appui, mais aussi parce qu’on travaillait très peu et peu de monde
le connaissait même il y a 45 ans que je l’ai appris. » Ileana Jucan, Mănăstirea Humorului, department Suceava, Bucovine¸ artiste populaire
Les vêtements populaires, cousus à la main sont très recherchés aujourd’hui dans la zone Mănăstirea Humorului – département Suceava, où habite l’artisan populaire Ileana Jucan. “Chez nous, on n’a pas perdu l’habitude de porter des vêtements populaires”, dit madame Jucan, précisant: “On les appelle comme ça ; vêtementsnationaux.”
A Pâques, à l’Epiphanie, au Bal des Fermiers ou au Bal des Chasseurs, tout le monde met le costume traditionnel typique à la zone: avec beaucoup de marron et de beige, en général avec des couleurs sobres et élégantes. “Chez nous, les femmes n’aiment pas les motifs floraux et les couleurs fortes. On n’a pas de roses ou de marguerites, mais des losanges et des carrés. C’est comme ça la tradition”, raconte madame Jucan.
Ileana Jucan a cousu et a tissé depuis toujours, même si l’artisanat n’a pas été sa seule occupation ou source de revenu. Elle a appris ce métier de ses parents, qui a à leur tour l’ont appris des leurs. “Maintenant, je peux tout faire: des petites croix, taillées à la lame de rasoir, des pets trous, des filets etc.” Elle travaille surtout pour les familles du village et pour ceux qui vivent aux alentours de la ville Gura Humorului.
Dans l’artisanat, dit madame Jucan, “on travaille beaucoup pour peu d’argent et si on n’aime pas ce qu’on fait, alors on ne peut pas travailler. Il faut aimer. Même si tu ne sais pas faire quelque chose, tu peux demander à une femme plus âgée qui te montre comment il faut faire.” Madame Jucan aaimé depuis toujours coudre et tisser. Parce que le travail manuel, nous dit-elle, fait place aux histoires. Coudre c’est le moment des histoires.“Dans chaque objet fait à la main, une histoire est cousue. Lorsqu’on coud, on ne peut faire que raconter des histoires”.