ELEMENTS   CRITIQUES   DE  LA  GESTION  DU  SAUMON  DE  L

ELEMENTS CRITIQUES DE LA GESTION DU SAUMON DE L'ALLIER

Français
37 pages
Lire
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Description

ELEMENTS CRITIQUES DE LA GESTION DU SAUMON DE L'ALLIER PROBLEMATIQUE ET SOLUTIONS . PREAMBULE : L'analyse qui suit de l'état et de la gestion de l'Allier , considérée comme biotope à saumon, ne prétend être ni complète, ni objective . C'est au contraire une critique systématique , c'est à dire une observation, suivie d'une analyse des insuffisances, des lâcunes et des erreurs les plus évidentes de la gestion actuelle de cette rivière. Je considère qu' un des buts directeurs de cette région doit être la restauration d'une capacité de reproduction naturelle et de production par la rivière, aussi importante que possible des populations de salmonidés . (saumons-truites farios sauvages -ombres communs). Je vais donc essayer d'y apporter mes réfléxions et mes observations personnelles. _______________________________________ REMARQUES D' ORDRE GENERAL . L'observation directe des conditions de vie des salmonidés . SAUMONS-TRUITES -OMBRES. (S.T.

Informations

Publié par
Publié le 03 octobre 2012
Nombre de lectures 299
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo
Signaler un problème


ELEMENTS CRITIQUES DE LA GESTION DU SAUMON DE L'ALLIER
PROBLEMATIQUE ET SOLUTIONS .

PREAMBULE :


L'analyse qui suit de l'état et de la gestion de l'Allier , considérée comme biotope à saumon,
ne prétend être ni complète, ni objective . C'est au contraire une critique systématique , c'est
à dire une observation, suivie d'une analyse des insuffisances, des lâcunes et des erreurs les
plus évidentes de la gestion actuelle de cette rivière.
Je considère qu' un des buts directeurs de cette région doit être la restauration d'une capacité
de reproduction naturelle et de production par la rivière, aussi importante
que possible des populations de salmonidés . (saumons-truites farios sauvages -ombres
communs).
Je vais donc essayer d'y apporter mes réfléxions et mes observations personnelles.
_______________________________________
REMARQUES D' ORDRE GENERAL .
L'observation directe des conditions de vie des salmonidés . SAUMONS-TRUITES -
OMBRES. (S.T.O) met en lumière l' ignorance des conditions effectives de vie de ces
poissons par les responsables locaux chargés pourtant de la restauration de l'Allier et particuliérement de l' impact des perturbations de la sécurité et de la tranquillité de ces
espéces sauvages par l' invasion des berges et de l' eau par les sports nautiques.
La législation actuelle met à la disposition des gestionnaires certains moyens administratifs
adéquats pour améliorer la protection des espéces et des zones fragiles (ex. les frayéres de
salmonidés) mais ces moyens ne sont pas employés : Arrétés de biotope et réserves du type
développé dans les Parcs Nationaux sont ignorés.
On ignore totalement semble-t-il quà l' inverse de l' oie cendrée de LORENZ, la plupart des
espéces sauvages de notre région parmi les vertébrés vivant dans leur milieu naturel fuient l'
Homme par réaction héréditaire et cela dés un très jeune âge 5 à 6 semaines aprés la sortie
des graviers chez l' alevin du saumon de l'Allier.
C'est donc simplement du fait de l' invasion par l' Homme que se dépeuplent rapidement
certaines zônes de frayères par désertion des occupants.
Je suggère donc pour le Haut-Allier la mise à l' étude des mesures suivantes :
1)- Par arrété de biotope ou tout autre moyen administratif rapide et efficace,
l' interdiction de toutes formes de sports nautiques avec ou sans embarcation en amont
de Brioude pour une durée de 5 ans. (jusquà Poutés).
2)- Transport massif de géniteurs capturés à Vichy sur les zônes de reproduction en
Haut-Allier. Plus particuliérement sur les sujets attardés arrivant désormais fin Avril
ainsi que Mai -Juin. Transport et stabulation dans l'Allier en zône clôse si possible,
jusqu' à la fraye et sans marquage. (minimum : 400 géniteurs.)
3)- Fraye et fécondation artificielle à développer plus encore à Chanteuges.
4)- Incubation et élevage de l' alevin jusqu'au nombre de 400 à 600 au kilo. Pas de
smolts.
5)- Déversements à cet âge dans des petits affluents du Haut-Allier + Allagnon
débarrassés de tout prédateurs.
6)- Nourissage sur place dans le mileu naturel si nécéssaire.
7)- Création d' un Parc National en Haut-Allier, INTERDIT AU PUBLIC .
(Parc National des Salmonidés.)
Pour assurer ces travaux et l' entretien de deux CES, à la charge financière d' AAPP
existantes ou d' assiociations, signature des contrats par des municipalités riveraines pour l'
engagement de ces employés et le cas échéant pour leur formation.
_______________________________________
Pour ceux qui ne sont guère au courant des fondements de la physique, de la chimie et de
la biologie, bases de l' éthologie moderne, je vais résumer très rapidement les quelques
connaissances nécessaires pour saisir la confusion entre Attraction ( ou Attractivité ) et
Pulsion chez les êtres vivants. Cette confusion repose au total sur une autre : celle qui est
faite entre les forces fondamentales de la Nature qui s' exercent lorsqu' une certaine énergie
est dépensée par un être vivant, également en mouvement, et par exemple un saumon qui
remonte ici ou là dans sa rivière.
L ' ATTRACTIVITE .
Chacun sait qu'il existe des aimants naturels qui attirent par exemple le fer. L'aiguille d'une
boussole est une aiguille aimentée dont un des pôles, le pôle Nord , est attiré par le pôle Nord terrestre qui est en fait un pôle Sud électromagnétique. Il existe aussi des aimants
artificiels, tels tous les électro-aimants de l' industrie.
Le comportement des êtres vivants, l'énergie qu'ils dépensent du simple fait qu'ils sont vivants,
aussi bien que l'énergie mise en jeu pour qu'ils se déplacent, est très différente de l'énergie
de l'eau qui s'écoule dans une rivière. Celle-ci est dûe à l'attraction Newtonnienne ,tandis
que l'énergie dépensée par le saumon qui monte est de même nature que celle la bobine de
la sonnerie électrique de votre porte d'entrée quand vous appuyez sur le bouton tout en
étant très différente : elle résulte non pas d'une attraction, mais d'une pulsion endogéne du
poisson. Le saumon monte parce qu'il est poussé par ses pulsions comme le sont tous les
individus de toutes espèces, chez les vertébrés du moins.
_______________________________
LES PULSIONS .
Une caractéristique pragmatique des pulsions éthologiques peut être la suivante : ce sont des forces
mises en jeu par les influx nerveux particulièrement par ceux des forces musculaires déclenchées
par les états internes de l'animal et spécialement par les poussées neuro-endocrines de sa
physiologie, et plus généralement par ses besoins : besoins homéostasiques, alimentaires ,sexuels
,sociaux, territoriaux....etc. Les pulsions naissent donc des états physiologiques, évolutifs internes,
mais aussi des informations neurosensorielles apportées à chaque instant à l'animal sur son
environnement extérieur individuel.
Les pulsions provoquent donc les comportements et les conduites spécifiques. Elles en sont en
quelque sorte les causes.
Chez les animaux peu évolués comme les poissons, pratiquement tous les comportements sont
largement pulsionnels. Chez les saumons ce sont : des déplacements divers, (entre autres les
montées migratoires) mais aussi des arrêts divers, souvent brusques, diverses formes de nage, divers
sauts hors de l' eau , diverses positions dans l'eau, ainsi que toutes les conduites vis-à-vis des
congénères et des individus des autres espèces ; et au total les diverses réactions aux stimuli de
l'environnement reçus par le système sensoriel de chaque poisson.
Les pulsions chez le saumon se manifestent donc très fréquemment par des réactions innées, c'est à
dire très largement héréditaires dans lesquelles la part d'apprentissage individuel est pratiquement
nulle (telle par exemple la pulsion de creusement du nid chez la femelle ou la pulsion de combat
rituel intermâles). Le cerveau du saumon n'est pas suffisamment évolué pour lui permettre le large
éventail de conduites intelligentes acquises individuellement chez les mammifères. (chien, cerf ou
renard par exemple).
L'énergie motrice dépensée par un saumon, qui automatiquement, poussé par la pulsion de retour au
territoire de jeunesse, soit qu'il tente un saut, soit qu'il emprunte tel ou tel écoulement réalisé à son
intention ou tout à fait naturel, est donc mise en jeu par une force interne appelée pulsion, qui ne
provient pas d'une attraction originaire d'un phénomène ou d'un objet extérieur à lui même, et
surtout pas de l'énergie de l'eau qui coule dans la passe migratoire dans laquelle le cas échéant il se
trouve par hasard !
L'énergie musculaire d'un saumon qui monte est donc issue de l'énergie biochimique et
électromagnétique de tous les comportements de chaque instant de la vie de tous les êtres vivants.La pulsion la plus élémentaire d'un saumon depuis le stade de l'alevin jusqu' à celui de l'adulte dans
son milieu naturel est une simple pulsion d'orientation face au courant qui se manifeste à l'endroit
où il se trouve.
Lorsqu'on place des saumons adultes dans un bassin où l'eau est absolument immobile, donc sans
alimentation ni évacuation, on observe deux comportements successifs :
1)- Tout d'abord, aprés avoir fait le tour du bassin, le poisson s'immobilise au fond , contre une
paroî si le fond du bassin est horizontal et nu et dans une position de << freezing >> c'est à dire
plaqué de tout son long sur le fond.
2)- Mais très vite, ses besoins respiratoires font que, au bout d'un petit nombre de minutes, 4 ou 5 ,
voire une dizaine, il se met à nager lentement en cercle dans le bassin, compensant ainsi
partiellement par son mouvement propre l'absence de courant. Si l'on prolonge l'expérience on
constate les conduites non équivoques par lesquelles il cherche une sortie puis tente de sortir en
sautant hors de l'eau. Si on alimente alors le bassin par un débit provoquant de proche en proche un
écoulement, le saumon se place immédiatemment face au courant dés qu'il le perçoit. C'est sa
morphologie générale et plus particulièrement la morphologie de son appareil respiratoire qui lui
imposent cette orientation. Mais les besoins respiratoires ne lui imposent pas de remonter le courant.
Une expérimentation maintenant nombreuse et décisive , chez diverses espèces parmi les
salmonidés plus ou moins migrateurs, montre que cette remontée résulte de la réception de stimuli
olfactifs connus et reconnus par lui . Il est maintenant acquis qu'il s'agit de stimuli sociaux et
territoriaux, c'est à dire émis par des congénères habitant un territoire où il a lui même habité avant
sa dévalaison. En outre, lorsqu' arrive l'époque de la fraye, l'observation montre encore que les
stimuli qui le font monter ou dévaler peuvent être les oestrogènes, molécules chimiques émises par
les femelles en oestrus et auxquelles réagissent spécifiquement et plus particulièrement les mâles
mais il s'agit là de stimuli qui n'ont quant à leur structure chimique et quant à leur fonction , que peu
de similitudes avec les stimuli territoriaux . Il y a des pulsions provenant d'états internes :
pulsion de recherche de nourriture , pulsion sexuelle de recherche d'un partenaire sexuel quand les
oeufs et laitances arrivent à maturité , etc... Il y a aussi des pulsions déclanchées par des stimuli
neurosensoriels provenant de l'environnement individuel de chaque poisson, c'est à dire de l'univers
qui l'entoure et surtout qu'il perçoit. Ce qu'il ne perçoit pas, même placé tout prés de lui, reste pour
le saumon, comme pour tout animal, homme inclus, ignoré au sens de : sans provoquer de réaction
immédiate sur le comportement .
Le mécanisme des pulsions et des comportements et plus particuliérement des montées migratoires
du saumon est donc le mécanisme général des réactions aux stimuli spécifiques provenant du milieu
extérieur en fonction des états internes de chaque animal chez tous les vertébrés. Il est le suivant :
1°)- Emission depuis l'environnement individuel du poisson de stimuli très divers mais chaque
individu ne réagit qu'aux stimuli auxquels son espèce (par adaptation Darwinnienne ) est sensible.

Ce sont :

a)- des stimuli lumineux reçus essentiellement par l'oeil mais aussi par l'épiderme.
b)- des stimuli olfactifs chimiques, reçus par les organes de l'olfaction et du goût;
c)- des tactiles directs (contact avec objet ) ou indirects du fait de l'incompréssibilité de
l'eau, dus à un mouvement dans l'eau, reçus par la ligne latèrale.
d)- des stimuli sonores, infra ou ultrasonores reçus seulement par l'oreille.

Les stimuli sont donc des phénomènes physico-chimiques émis par un phénomène ou un objet du
milieu extérieur du poisson.
.


2°)- Réception ( c'est à dire réaction de tel ou tel organe ) des sens du poisson. En biologie-
éthologie on l'appelle stimulation. Cela n'est donc plus un phénomène physico-chimique du milieu
extérieur : c'est un phénomène physiologique interne.


3°)- Phénomène physiologique de transduction : c'est la transformation de la réaction
physiologique des organes des sens intéréssés en influx nerveux codés.

4°)- Transmission de l'influx nerveux codé aux centres spécialisés du cerveau : lobes optiques ,
lobes olfactifs puis centres d'analyses des influx.
5°)- Transmissions nerveuses aux organes récepteurs : déclenchement des pulsions,
déclenchement de secrétions glandulaires, augmentation du risque cardiaque, etc ….
6°)- Réactions comportementales : stimulations musculaires et comportements (départs, arrêts,
fuites , etc....)

_______________________________________________
ANALYSE RAPIDE DU CONCEPT D'ATTRACTION .
Puisqu' au niveau des individus et des populations animales , l'éthologie moderne n'observe pas de
phénomène d'attaction , ce phénomène n'est qu'une illusion, une représentation erronée ;
il ne désigne donc aucun réel. Il est le résultat d'une erreur de jugement de l'Homme, au
même titre que le phlogistique , l'éther des physiciens, le désir du bas, l'esprit pûr des
psychologues....les habitants de la lune de Molière, le soleil qui << se lève >> et << se couche >> là
bas.
Cette erreur de jugement a donc pour origine l'Homme lui-même , son mode de pensée , son
systéme psycho-physiologique, l'architecture de son systéme de neurones mentionné par
CHANGEUX et EDELMAN et sa conscience individuelle et sociale.
Le développement de ce concept d'attraction dans la pensée de l'Homme et des emplois erronés du
terme attraction peut me semble-t-il être le suivant :
Dés l'école primaire , l'enfant a entendu de tels emplois désignant une force non visible, s'exerçant
sans lien matériel de transmission entre deux êtres vivants : celui qui s'approche de l'autre est dit <<
attiré >>; cet autre qui attire est l' << attirant >>. Dans sa famille, l'enfant s'est encore trouvé confronté à de tels exemples un peu confus pour lui. On lui a également montré l'aiguille de la
boussole, attirée par le Pôle Nord et des confusions nouvelles se sont introduites dans son esprit.
Outre cela, il a eû peu à peu une certaine conscience des désirs qu'il a éprouvés pour des friandises,
pour participer à des jeux pour divers objets. Il a pu ressentir pour son chien une intense fraternité,
un besoin de marques affectives. Plus tard , adolescent , il s'est senti attiré par telle ou telle de ses
camarades, plus fortement. Sa famille ou ses maîtres, lui ont expliqué pourquoi les chiens mâles
étaient attirés par les femelles, et le tonton pêcheur lui a montré qu'il en était de même chez les
bovins, chez les poules et chez les truites et les saumons.
Un peu plus âgé, il a pris une certaine conscience encore peu claire, du développement en lui de
sentiments , désirs, envies, intérêts, curiosités pour des objets très divers : sports, spectacles,
voyages, pêche, objets d'art, monuments, dieux et déésses, etc...et de bonne foi, il s'est senti attiré.
Le temps passant , il a vu ses relations , ses copains, ses amis, hommes et femmes, également attirés
les uns vers les autres et par divers objets. Il est allé se divertir dans des lieux et parcs
<< d' attraction >> et les confusions se sont multipliées en son esprit sans qu'il cherche bien à les
éclaircir . Il a confondu ses désirs , ses envies , avec des attractions inéxistantes . Et même parvenu
à une certaine connaissance , non négligeable , à une certaine maturité intellectuelle , bien qu'il soit
devenu spécialiste de mécanique , certaines de ses confusions sont demeurées renforcées par les
habitudes intellectuelles. Il a vu des attractions à partir de ses désirs alors qu'il y avait des pulsions.
Tout cela est compréhensible. Il n'en reste pas moins que ces erreurs courantes ne sont pas sans
conséquences lorsqu'elles se retrouvent dans des publications, qui ont une prétention scientifico-
technique et qui influencent jusqu'au niveau national la gestion des biotopes à salmonidés......


SOUVENIRS ET REFLEXIONS .

Aujourd'hui , je ne peux m'empêcher de penser aux nombreux amis pêcheurs à la ligne, amoûreux
de ce poisson , rencontrés sur les rivières à saumon que j'ai fréquentées.
Je pense notamment à mes débuts en 1978 sur l'Allier à Brioude : à cette multitude de saumoniers
présents à la Vieille – Pile , chevronnés pour beaucoup d'entre eux et pleins de bons conseils et de
souvenirs qui m'ont tant appris. Je n'oublierai jamais le père Plantin , Guy Lescure et son père ,
Robert Delherme , Marius Prades , Isidro Villuendas , Jean Fournerie , Marcel Bellaubre , Jean-
claude Mondillon, Pierre Crozemarie et son petit-fils Denis , Roger Chanteloube , Bernard
Bonnieux ,Guy Mondot , Gérard Chatelier , et bien entendu mon père regrétté , Jean Gladel.
Tous ces gens scrutaient l'Allier à la Vieille-Pile en Février , avant l'ouverture de la pêche , éspérant
voir le premier saumon de la saison , tout cela dans une convivialité extrême qui caractérise si bien
les pêcheurs de saumons et que je n'ai jamais retrouvée dans d'autres sortes de pêche que j'ai
pratiquées ….
Nous étions là émerveillés par le bon niveau de l'eau et par sa pûreté : les eaux claires de l'Allier
.Ils avaient construit de belles cabanes sur chaque rive. Elles étaient en bois , spâcieuses , garnies
d'un bon poêle à bois , de banquettes de bistrot données par Lucien Bréchant , restaurateur à
Brioude. Tous ces pêcheurs lui amenaient leurs captures et c'était encore bien des discussions qui
suivaient.
Il y avait aussi à l'intérieur une bonne table où quelquefois la belote était tapée. Combien de fois ai-
je vu les joueurs de cartes continuer la partie même si un saumon venait de marsouiner !..Il fallait finir la partie avant d'aller pêcher ! Une baie vitrée leur permettait de surveiller le pool. C'était le
bon temps à Brioude....
Que dire également des multiples discussions dans ces cabanes concernant le matériel de pêche.
Chacun aimait montrer ses derniers devons, ses dernières cuillères ondulantes ou tounantes. Chacun
avait son moule à devons , coulés dans du ZAMAC (zinc-antimoine-maïchor-aluminium-cuivre ),
issus de carburateurs de mobylettes !....
Les cuillères étaient souvent découpées dans des bidons d'huile ou de plaques de laiton et galbées à
leur goût. Il y avait mieux bien sûr, celles fabriquées à Clermont, chez Michelin le plus souvent, et
plus particuliérement les devons en caoutchouc de Roger Bocchino .
J'aimai toutes ces différentes formes de leurres, cela m'intriguait, c'était beau et ingénieux. Il y avait
même une compétition inavouée entre nous pour celui qui aurait les plus beaux.
Que d'émerveillement j'ai ressenti à cette époque de mes débuts. La vie aura été généreuse de
m'avoir fait connaître tout cela et je suis bien triste que çà n'est pas duré plus longtemps je l'avoue
car la cupidité et le mercantilisme de quelques politiciens nous ont enlevé ce merveilleux terrain de
jeu . C'est un pûr gachis et un pûr sacrilége !....
J'ai passé de bien bons moments avec eux à la Vieille-Pile , à Allevier , à Tourette , au Colombier, à
Côte-Rouge , à Cohade, à Azérat, aux Granges, à Vieille-Brioude, etc ….... Que d'histoires et de
bons souvenirs avec ces amis pêcheurs dont nombreux ne sont plus de ce monde , hélas. Que de
saumons marsouinent encore dans ma mémoire sur ces pools enchanteurs de la rivière en région
Brivadoise. Putain de temps, putain d'époque qui ne nous a rien laissée et qui nous a enlevé une
véritable qualité de vie parsemée d'amis chaleureux bourrés …......d'humour. !
Saurez-vous comprendre ce que je ressens aujourd'hui ? Saurez-vous comprendre cette beauté
perdue de tous ces coins magnifiques ? Pourquoi cette époque de << civilisation >> ne respecte
rien, pollue , saccage et gaspille cette eau que le créateur nous avait donné ? Pourquoi se borner à ne
rien faire pour faire revenir en nombres nos chers saumons de l'Allier qui ont fait pendant des
siècles la gloire de la région Brivadoise ? C'est tout simplement écoeurant de voir cela
quotidiennement depuis bien des années. Laisser l'Allier dans cet état actuel est un véritable crime
de société et de civilisation et ce n'est sûrement pas le profit et l'indifférence de tous nos politiciens
qui doit en avoir raison.!....La France a une responsabilité forte au niveau international qu'elle
n'assume pas.
Est-ce que l'effondrement des stocks de morues , de harengs , la perte des gros thons, des baleines,
des grands saumons ne sont que pûre coïncidence ?
L'activité humaine exerce une telle pression sur les fonctions naturelles des rivières que la capacité
des écosystémes à répondre aux demandes des générations futures ne peut plus être considérée
comme acquise. Toute personne a le devoir de prendre part à la conservation et à l'amélioration de
l'environnement et c'est trop souvent oublié. Ce monde et son modèle de développement ne sont pas
durables, sâchons-le . Chaque année, les déserts gagnent 6 millions d'hectares ; 15 millions
d'hectares sont défrichés. Que laisserons-nous aux générations futures ? Plus de 60% des services
rendus par et les écosystémes sont dégradés ou surexploités, avec des risques d'aggravation aigûe
pour l'avenir, sauf intervention résolue de l'Homme . Faut-il continuer de la sorte ? Qu'attend-on
pour réagir ?
Je suis triste de vivre aujourd'hui dans ce pays de France, la région Brivadoise, défigurée de toute
cette beauté que j' ai connu jadis et je vous l'avoue , je me sens mal d'être français....
Ce n'est pas agréable de vivre dans une région que l'on aime plus, et j'en veux à jamais à ceux qui
n'ont rien fait et qui ne font rien encore pour éviter cela. ( les politiques ). Il ne me reste en vérité
que mes bons souvenirs d'enfance , d'adolescence , en compagnie de mes parents et amis pêcheurs
de saumons qui m'ont tant donné et que je ne pourrai jamais autant remercier. Ils m'ont inculqué le
respect de la Nature et je regrette beaucoup de n'avoir pas été aussi souvent entendu quand ma voix
et mes actions nombreuses essayaient de vouloir légitimement faire changer les choses. Avouez que
c'est désespérant et pour le moins curieux à une période où il est question d'écologie et de
préservation de notre environnement, de constater que personne, je dis bien personne, n'a voulu
emboîter mes pas. (surtout pas les Elus de notre région..).Celui qui n'a pas connu çà , ne peut me comprendre malheureusement et ne peut bien entendu me
convaincre du prétendu progrés dans cette société de consommation sans limites,pour la bonne
raison qu'il ne l'a pas connue et/ou n'a pas su réagir quand il le fallait. On ne peut parler de ce qu'on
n'a pas connu.....
Oui, je suis triste et écoeuré par tant d'incompétences et d'ignorances de la part de ceux qui nous
gouvernent. Il est consternant de s'apercevoir de nos jours , qu'il n'y a plus de pêcheurs au coûp en
ce mois de Février le long de l'Allier. Les râres prômeneurs que je rencontre sur ses rives sont
TOUS de mon avis bien sûr et ne comprennent pas, tout comme moi, qu'aucun élu du peuple ne
nous rejoigne de temps en temps. Tout dialogue avec un élu du peuple serait constructif à coûp sûr
mais je n'en ai jamais rencontré pour cela.....Aucun Maire de la région Brivadoise, n'est semble t' il
intéréssé par la rivière si ce n'est pour des projets de captages divers, de stations de pompages ou
divers autres projets de micro-centrales qui ne font que nuire à la faune. Quant à la préservation des
sites, ce n'est seulement évoqué qu' avant une nouvelle campagne électorale.!.....Même les chemins
bordant l'Allier ne sont pas entretenus , c'est dire....Au sein des populations riveraines , rien de plus,
les gens étant devenus indifférents faute à l'immobilisme de leurs représentants et aussi des
médias....A ce sujet , j'ai bien souvent rencontré de fâcheuses lacûnes de leur part car nombreuses
vérités ne sont pas toujours bonnes à dire dans ce monde nouveau. Je dirai même que je les accuse
de complicité avec les Elus.!...Tout est devenu tabou , sclérosé, une véritable omerta , pour cacher
la triste réalité .Un jour pourtant il faudra bien rendre des comptes de cette époque peu glorieuse et
je m'adresse maintenant à ceux qui vont nous survivre car c'est seulement à eux que j'ai entière
confiance. Il y aura du travail, beaucoup même, pour réparer toutes ces multiples agréssions dont
l'Allier est victime, mais je crois en ces nouvelles générations qui ne seront pas aussi pourries que
les précédentes et qui voudront vivre , elles, dans un environnement de qualité.
Je trouve vraiment dommâge que dans ma vie d'homme, j'aurai connu une certaine abondance et
presque la totale disparition du saumon de l'Allier. Tout cela en 40 ans !.. ..
Quelque chose m'échappe mais c'est pourtant bien la triste constatation. Une vie d'homme, et tout
est détruit!....Affligeant!
Il faut que quelqu'un en parle dans l'avenir, car laisser passer tout passer sous silence serait alors de
même nature à ne rien faire et cela ne me convient pas, même quand j'aurai << levé les bottes >>.
Je veux que MA rivière me survive en retrouvant ses beautés originelles. Ceci sera ma dernière
volonté le moment venu.
Depuîs la fermeture de la pêche sportive en 1994, il faut bien reconnaître que peu de problèmes
mâjeurs ont été résolus. Le bouchon vâseux de l'estuaire est encore là et certainement beaucoup plus
nocif aux migrations, le taux d'oxygène dissous étant prôche de zéro...Ne juge-t-on pas la qualité
d'une rivière ou d'un fleuve à la qualité de son estuaire ?
Doit-on véritablement laisser faire ça !Que dire encore des 1800 permis de pêche accordés aux filets et autres engins en Basse-Loire ?
Qu'ajouter de plus également aux pêcheurs professionnels aux filets-barrages en Loire-Moyenne,
qui sont au nombre de 11 !, et de leurs privilèges dâtant de Colbert ?..... La France ne peut elle se
passer de 11 personnes, alors que TOUS les pays Européens ont, eux , racheté leurs droits de pêche
et dont les résultats sont spectaculaires . Pourquoi sômmes-nous les seuls encore à continuer à
pêcher au filet et à vider nos rivières à saumon , alors que c'est en France qu'il y en a le moins.......
De nos jours, on peut estimer vu les reproductions antérieures et les alevinages de la salmoniculture
de Chanteuges, que 3000 à 5000 saumons se présentent chaque année en estuaire à ST Nazaire .
Il n'en reste alors en moyenne que 500 à 600 qui réussissent à franchir les passes à poissons de
Vichy......Il se passe donc bien des choses en Loire et on ne peut continuer plus longtemps ainsi en
masquant la vérité pour le bien de quelques privilégiés qui n'ont JAMAIS participé à tout effort de
gestion des populations de saumons. L'administration attribue des autorisations de pose de filets
dérivants et de filets fixes côtiers ( plus de 450 de chaque type ) sans même connaître les captures
de salmonidés qu'on peut attendre de tels engins . Les captures dirigées et les captures accidentelles
réalisées par la pêche aux engins limitent ici le nombre de géniteurs retournant aux frayères à une
valeur trop faible pour permettre le décollement du stock , indispensable au succés d'une opération
de restauration . Je rappelle que les programmes de restauration étrangers ont toujours commencé
par étudier les problémes liés à l'exploitation EXCESSIVE du potentiel reproducteur , et par leur
apporter , si nécéssaire des solutions réglementaires . Il faut prendre en compte l'espéce sur la
TOTALITE de son aire de répartition : il ne sert à rien d'aménager les obstacles à la migration si les
pêcheries ne laissent pas suffisament de géniteurs pour occuper les zônes de reproduction . Il
importe donc de connaître le mieux possible les prélévements effectués par ces pêcheries .
Si seulement on prenait en compte tout cela, nul doûte que les saumons de l'Allier seraient bien plus
nombreux sur leurs zônes de reproduction en Haute-Loire et on pourrait alors développer un
tourisme-pêche de qualité tout en apportant aux départements auvergnats une économie
importante,comparable à celle de nos voisins Européens ( Ecosse , Irlande , Pays de Galles,
Norvège, Islande, Suède, Finlande, etc...).
Pour cela encore eût-il fallu prendre des mesures concrétes, et ce n'est malheureusement pas le cas .Le saumon de l'Allier sera sauvé ESSENTIELLEMENT par la pratique de la pêche sportive.! J'en
suis convaincu.
Les Pays de la façade Atlantique l'ont tous parfaitement compris et ce n'est pas par hasard s'ils
voient remonter chaque année des montaisons de saumons proches du passé, car ils ont su adapter
préservation et tourisme-pêche en prenant des mesures drastiques : lutte contre les pollutions,
suppréssion totale des obstacles, suppréssion des filets en estuaire et en rivières, qualité de l'eau
améliorée, etc.....Quant à nous, rien n'est fait et on s' étonne que les résultats des migrations soient
aussi faibles!...Sômmes-nous alors des imbéciles ou plus sérieusement des incapables et des
imposteurs, se voilant devant la triste réalité sans aucun effort ? C'est mon avis, sâchez-le, car
comment encore tergiverser à détruire ce putain de barrage de Poutés qui a engendré depuis son
édification en 1942, la perte annuelle de 10.000 retours de saumons sur le Haut-Allier....
Poutés est bien de nos jours, l'exemple du manque d'intérét que porte notre Pays, notre Région,
notre Département, à tout effort de restauration de notre belle rivière et c'est tout simplement
consternant à notre époque.
Un des premiers devoirs de celui qui prend la plume, est de faire apparaître quelque chose d'original.
Mais dans le cas présent, ce n'est pas chose facile, croyez-le bien, car peu d'autres exemples que des
critiques actuelles à émettre, faute de réelles avancées sur le saumon de l'Allier, me sont venues à
l'esprit. A cet égard, il ne fait pas de doute que tout livre est utile s'il recense des événements passés
qui, avec le temps, menacent de tomber dans l'oubli. Aussi ai-je tenté dans le présent ouvrage de
mettre en lumière les problèmes rencontrés par nos chers saumons de l'Allier et de tenter d'y
apporter quelques solutions.
Loin d'y avoir trop de livres de pêche, comme on le dit parfois, j'ai personnellement tendance à
penser que c'est le contraire qui est vrai. On a dit que la pêche est un mode de vie. Cela, je dois
l'admettre, se vérifie en grande partie dans mon cas, car bien que je sâche être en bonne compagnie
et que j'en suis très reconnaissant. Quand l'ange qui tient le grand livre des bienfaits et des méfaits
fera son inventaire, je pourrai sans mentir, lui dire s'il me regarde d'un air soupçonneux, que je ne le
regrette point mais qu'en vérité je souhaiterai avoir pu pêcher deux fois plus si l'on ne m'avait pas
enlevé l'Allier, ma rivière, cette beauté de la création, ses gorges majestueuses , mes copains
pêcheurs et amis du poisson-roi . C'est dans cet esprit ou en accord avec lui, que mes lecteurs je
l'espère supporteront ma prose et sauront comprendre ce que je ressens lorsque je suis ici, loin de
mes chéres rivières écossaises dont la Spey, où je retrouve alors ce paradis perdu...
La gestion de l'Environnement au niveau local ou régional est le plus souvent perçue comme une
contrainte, traitée au coup par coup et non intégrée à une politique globale. De fait, la cohérence des
prises de décision est tout à fait insuffisante, et je le déplore, l'existence des procédures inopérantes,
(application de la Police des Eaux). Un important travail d'information et de sensibilisation reste à
conduire sur ce plan .
Le bassin de la Loire possède un stock remarquable par la dominance de gros saumons, à long
séjour marin (2 à 3 hivers en mer). Il en constitue de ce fait un patrimoine d'intérét
INTERNATIONAL. Les populations de saumons paraissent très sensibles aux perturbations
apportées par les activités humaines, notamment aux conditions de la qualité de leur habitat. Chaque
intervention nouvelle modifie les caractéristiques du milieu naturel, le plus souvent dans un sens
défavorable aux populations de migrateurs. La répétition des agréssions provoque une diminution
progressive du stock de migrateurs. Au-delà d'un seuil de tolérance maximale, celui-ci n'est plus en
mesure de se maintenir. Même en prenant les plus grandes précautions, la multiplication des
interventions humaines et l'addition des nuisances résiduelles finit par excéder les capacités de
tolérance de l'écosystéme. A l'inverse, on peut observer que la sauvegarde et l'amélioration de la
qualité du milieu constituent des stratégies gagnantes,et même indispensables pour conserver ou
développer les espéces dont on ne maitrise pas l'élevage comme à Chanteuges par exemple.
A terme, c'est d 'ailleurs une nécéssité : le maintient d'un stock totalement artificialisé serait une
victoire technologique, mais un échec écologique....