J’AIME LA PSYCHANALYSE A LA FOLIE...(théâtre)

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Une jeune femme qui subit du harcèlement au bureau va consulter un psy pour l'aider à résoudre son problème. Le problème, c'est qu'il lui en trouve beaucoup d'autres...

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J’AIME LA PSYCHANALYSE A LA FOLIE...
Docteur Philibert :Le psychiatre Aline :La patiente
Le psychiatre est assis dans son cabinet, quand tout-à-coup, on entend la sonnerie qui retentit. Alors le Docteur Philibert se lève.
Docteur Philibert :J’arrive, j’arrive...
Le psychiatre avance jusqu’à la porte qu’il finit par ouvrir.
Aline :Bonjour docteur.
Docteur Philibert :Bonjour. Vous êtes bien Mademoiselle Aline Fredeyer ?
Aline :Oui.
Docteur Philibert :Asseyez-vous.
La patiente s’assoit et le psychiatre s’installe derrière son bureau juste en face de la jeune femme.
Aline :Il paraît qu’en psychiatrie, votre réputation n’est plus à faire...
Docteur Philibert :Il paraît... C’est pour ça que j’effectue un dépassement d’honoraires, mon tarif est deux fois plus élevé que celui de mes confrères, mais c’est justifié, croyez-moi...
Aline : Vous êtes quelqu’un de très brillant et je suis certaine que vous allez m’aider à résoudre tous mes problèmes.
Docteur Philibert :sûr. Je suppose que si vous avez pris l’initiative de venir me voir Bien c’est que vous êtes dépressive en ce moment.
Aline :Oui, mon chef de service me persécute. A cause de lui, trois de mes collègues sont en arrêt maladie et l’un d’eux à même commis une tentative de suicide.
Docteur Philibert :Le harcèlement que vous subissez est-il sexuel ou moral ?
Aline : Les deux. Il me parle devant mes collègues comme si j’étais un chien et il essaye de profiter de moi à la moindre occasion.
Docteur Philibert :Je pense que vous êtes fautive de cette situation dont vous êtes l’unique responsable. Vous vous plaignez de subir de l’harcèlement sexuel, alors que même si vous
travailleriez dans la rue Saint-Denis, votre tenue serait indécente. De plus, vous devez avoir un sale caractère. Pauvre homme !(Il lève les yeux et les mains au ciel).
Aline :Ah, oui ! Alors comment expliquez-vous que trois de mes collègues sont dans la même situation que moi ? Et ce salaud a même faillivioler Mademoiselle Webert à trois mois de son départ en retraite.
Docteur Philibert :moi, cette vieille rombière est aussi coupable que vous. Certaines Pour femmes d’expérience sont des petites vicieuses. Je plains votre responsable d’être aussi mal entouré...
Aline :C’est la meilleure celle-là !
Docteur Philibert : Je suis sûr que vos problèmes psychologiques remontent à votre plus jeune âge. Quel souvenir gardez-vous de votre enfance ?
Aline :J’étais une petite fille heureuse et j’avais la chance d’avoir des parents formidables.
Docteur Philibert :Quelles relations aviez-vous avec votre père ?
Aline :Pour moi, papa a toujours été l’homme le plus adorable que je connaisse.
Docteur Philibert : Vous étiez amoureuse de lui. C’est pour cette raison que vous charmez votre chef de service avec lequel vous faîtes un report d’affection.
Aline :ne vois pas le rapport et je n’ai jamais été amoureuse de papa. Je l’aime beaucoup etJe c’est le contraire qui ne serait pas normal...
Docteur Philibert :on veut... Je viens de découvrir que vous étiez une petite fille très Si vicieuse et quels étaient les rapports que vous aviez avec votre mère ?
Aline :Je l’aime beaucoup elle aussi, c’est vraiment une femme formidable. J’espère que vous n’allez pas me traiter de lesbienne...
Docteur Philibert :Votre mère était-elle sévère avec vous ?
Aline : Oui, elle me punissait de temps en temps. Quand j’étais insupportable, maman me mettait sur ses genoux pour me donner la fessée.
Docteur Philibert :Est-ce qu’elle dénudait vos fesses ?
Aline :Oui, c’était systématique.
Docteur Philibert :J’en étais certain, coquine... Vous y preniez un certain plaisir quand votre maman corrigeait votre postérieur, donc vous êtes une adepte de certaines pratiques masochistes.
Aline :horreur de ça ! Surtout quand maman me donnait la fessée devant mes J’avais copines...
Docteur Philibert : En plus, vous êtes une exhibitionniste ! Vous étiez contente de montrer vos fesses à vos camarades. Pas, vrai ?
Aline :C’est n’importe quoi ce que vous dîtes !
Docteur Philibert :Menteuse ! J’ai finement analysé votre psychisme défectueux. Je connais bien mon métier et je ne suis pas surpris par les rapports pervers que vous aviez avec vos parents. J’aimerais savoir si vous êtes fille unique ?
Aline :Non, j’ai deux frères et une sœur.
Docteur Philibert :Est-ce que vous entretenez de bons rapports avec eux ?
Aline :On s’adore et on a toujours conservé notre profonde complicité.
Docteur Philibert :Jamais vous ne vous chamailliez avec eux quand vous étiez enfant ?
Aline :Si de temps en temps. Mais comme dans toutes les familles.
Docteur Philibert :Certains sont-ils moins âgés que vous ?
Aline :Mes frères sont plus âgés, mais ma sœur Patricia à deux ans de moins que moi.
Docteur Philibert : Je suppose que vous en profitiez pour lui faire subir des mauvais traitements ?
Aline :Pourquoi voulez-vous que je la fasse souffrir ? Je ne lui ai jamais fait de mal, sauf une fois où elle m’avait tellement embêtée que je l’ai punie en lui donnant des gros coups de coussins sur la tête.
Docteur Philibert :barbarie ! J’ai finement analysé la situation et je savais déjà que Quelle vous êtes atteinte de masochisme, mais j’ignorais que vous êtes en réalité une sado-maso des plus cruelles.
Aline :Mais ce n’était que de malheureux coups de coussin.
Docteur Philibert : Cela suffit largement à traumatiser quelqu’un jusqu’à la fin de ses jours. Pauvre petite !
Aline :Mais je l’ai eu au téléphone la semaine dernière et on a reparlé de cette anecdote. On a éclaté de rire toutes les deux.
Docteur Philibert :Elle m’a l’air en forme, elle aussi... C’est une grande malade qu’il faut que je consulte rapidement pour l’envoyer dans une clinique psychiatrique.
Aline :Vous croyez que c’est nécessaire ?
Docteur Philibert :C’est indispensable ! Et c’est de votre faute, vous l’avez perturbée. Je suis persuadé que vous étiez tellement malade pendant votre enfance que vos résultats scolaires devaient être catastrophiques.
Aline :Depuis ma première année en C.P.Vous avez tort, j’ai toujours été en tête de classe. jusqu’à la fin de mes études.
Docteur Philibert :Vous mentez ! Comme d’habitude...
Aline :Pourquoi vous dîtes ça ?
Docteur Philibert :J’en déduis que vos propos sont erronés, car votre coefficient intellectuel est bien inférieur à la moyenne.
Aline :Mais ! Les tests de mon Q.I. ont prouvé le contraire...
Docteur Philibert :Ce sont des imbéciles qui vous les ont fait passer. Mais c’est rassurant de constater que vous n’êtes pas la seule idiote...
Aline :Vous me redonnez confiance en moi docteur...
Docteur Philibert :C’est mon rôle de psychiatre de vous redonner de l’assurance et comme je suis très compétent, j’y arrive à la perfection. Parlez-moi un peu du traumatisme que vous avez subi à l’école.
Aline :Mais, je n’en ai jamais connu ! A part, peut-être... les petites brimades de l’instit que j’avais en C.M.2. qui était sévère avec moi, car je ressemblais beaucoup à sa fille qui a fugué et qu’il n’a plus jamais revu. Tous mes camarades l’avaient remarqué.
Docteur Philibert :! Vous êtes parano en plus ! C’est une maladie à rajouter à votre Mais collection. Je voudrais connaître votre meilleur souvenir scolaire ?
Aline :sans doute, le 100 mètres que j’ai disputé et j’ai battu tous les élèves de la C’est classe... même les garçons.
Docteur Philibert :Mais vous êtes mythomane !
Aline :J’ai remporté une course à l’école, ce n’était pas les jeux olympiques...
Docteur Philibert :que je ne vous ai pas laissé le temps d’approfondir votre Heureusement délire...
Aline :êtes pénible à toujours me remettre en doute. Huuuum ! J’ai besoin de me Vous calmer. Je peux prendre une cigarette?
Docteur Philibert :Pas question. La pyromane retrouve son instinct.
Aline :Mais, j’adore fumer !
Docteur Philibert : Menteuse ! Je suis certain que votre passion pour le feu remonte à la petite enfance.
Aline :J’ai dû faire craquer des allumettes une fois au deux quand j’étais petite.
Docteur Philibert :Ça y est ! J’ai la preuve que vous êtes une dangereuse pyromane. Si vous aviez reçu des gifles, vous ne les auriez pas volées. A propos, je voudrais savoir si pendant cette période, vous achetiez vos bonbons gratuitement. Si vous voyez ce que je veux dire...
Aline :Oui, j’ai volé une fois des friandises, mais je n’ai jamais recommencé.
Docteur Philibert :avez-vous commis un geste aussi ignoble que la morale Pourquoi réprouve ?
Aline :Quand j’avais six ans, je n’avais pas d’argent de poche. Je me souviens que je regardais une énorme sucette qui me faisait envie et j’ai profité d’un instant où la vendeuse était occupée pour lui voler cette sucrerie.
Docteur Philibert :Et vous êtes boulimique ! En plus de ça...
Aline :Je ne comprends pas vos insinuations ?
Docteur Philibert :Vous ne devez pas vous laissez mourir de faim...
Aline :C’est vrai que j’apprécie de temps en temps un bon petit plat.
Docteur Philibert : Cela confirme mon hypothèse sur la boulimie. Qu’est-ce que je suis brillant ! Je pense aussi que vous êtes une adepte de la fellation.
Aline :Non, j’ai horreur de ça ! Je trouve que c’est pervers !
Docteur Philibert :Menteuse ! Vous raffoliez des sucettes étant petite et d’après ma théorie scientifique, vous adorez aujourd’hui le pénis des hommes, car vous étiez une enfant qui avez tous les symptômes d’une petite vicieuse.
Aline :D’après-vous, je suis une grande malade sexuelle ?
Docteur Philibert :Pour être honnête, je pense que vous êtes atteinte de nymphomanie.
Aline :Mais, non ! Je suis célibataire et l’abstinence ne me gène pas.
Docteur Philibert :! Ce n’est pas étonnant qu’une aliénée comme vous vive Taisez-vous seule, car vous êtes plus détraquée à vous toute seule qu’une clinique psychiatrique remplie à rabord et il est donc impossible qu’un homme puisse vous supporter. Je vais énumérer vos maladies mentales que sont la paranoïa, la mythomanie, la pyromanie, la cleptomanie, la boulimie et vos tendances sado-maso. Mais cela n’a rien de surprenant, car vous habitez au 33 de la rue des Maraîchers.
Aline :Je ne comprends pas ! Je ne vois pas le rapport ?
Docteur Philibert : L’un de vos voisins m’a parlé de phénomènes surnaturels et il paraîtrait même que cet endroit maudit serait hanté.(Il s’essuie le visage avec un mouchoir). Excusez-moi, j’en ai la chair de poules... J’aimerais savoir si vous étiez chez vous quand ces phénomènes pour le moins étrange ont eu lieu ? Vous savez je connais des personnes très équilibrées qui ont été confrontées au paranormal. Vous pouvez me croire. Parole de psychiatre.(Il lui fait un clin d’œil complice).
Aline :Non, je ne devais pas être chez moi ce jour-là.
Docteur Philibert :Vous en êtes certaine ? Votre amnésie m’inquiète...
Aline :Croyez-moi. Si c’était le cas, je m’en souviendrais. Je ne vais pas vous ennuyer en vous parlant des ombres que je voyais le soir et j’étais une petite fille persuadée que ma chambre était hantée.
Docteur Philibert : C’est intéressant... Mais cela ne me surprend pas. Les troubles de votre comportement psychique ont été précoces chez vous.
Aline :Vous pensez que j’ai vraiment besoin de suivre une thérapie ?
Docteur Philibert :mais, rassurez-vous. Je suis un grand spécialiste des maladies Oui mentales et je vais vous soigner en vous prescrivant du locaton, du hanglad, du toléro retard, du proxilan, du libiphone, du broxan, du clivestin et du bidamol.
Aline :J’aurais tous ces médicaments à ingurgiter ?
Docteur Philibert :Non, c’est seulement la liste des antidépresseurs. Je vais maintenant vous dicter les anxiolytiques. Donc vous prendrez du toxil, du lexonal, du phuliton, du ambertin, du philial, protenant, du hanctil, du anlinextin et du protanil.
Aline :Quoi ? Tout ça !!!
Docteur Philibert :Oui et encore je ne vous prescris que le minimum. Il me reste encore les tranquillisants. J’en étais où ? Ah, oui ! Je commence par le lixon, sans oublier le hancton, le blamel, le toximpa, le brioton, le kolmax, le phitamil, le briontinyle, le kilmaphon et le philimilax.
Aline :La liste est impressionnante ! Vous êtes vraiment certain de ne pas m’en prescrire de trop ?
Docteur Philibert : Cela ne fait pas assez vous voulez dire, je n’ai pas encore marqué sur l’ordonnance les petites friandises contre les délires comme le fulmax, le tortoria, le handemal, le frixodel, le handalex, le faltamix, le tirtoral, le bluxax, le flovel, le triorax et enfin, le pithanique aiguë. C’est tout ce que vous aurez à prendre, enfin pour l’instant...
Aline :Je suis tout juste bonne pour l’hôpital psychiatrique si j’ai bien compris ?
Docteur Philibert :J’hésite encore à vous mettre la camisole de force et à vous enfermer dans une cellule isolée. Mais je veux d’abord observer les effets qu’auront ces médicaments sur votre psychisme avant de prendre cette décision. Je suis impatient de vous revoir la semaine prochaine pour m’assurer que l’on peut encore éviter l’internement. Aline :J’ignorais que mon état psychique est aussi désastreux.
Docteur Philibert :vous êtes une chanceuse de m’avoir comme psychiatre et je vous Mais avouerais honnêtement que c’est rarissime que j’écoute jusqu’au bout une patiente sans m’endormir. Mais vous m’êtes sympathique et je veux vous aider.
Aline :Oui, c’est vrai. J’ai de la chance dans mon malheur.
Docteur Philibert :N’exagérons rien. Je ne sais pas comment vous le dire, mais étant donné que votre désastreux état mental est très déficient, je ne vois qu’une seule solution vous concernant. En tant que psychiatre, je ne devrais pas vous le dire, mais je vous conseille de vous suicider.
Aline :Mais, je suis beaucoup plus malade que je le pensais !
Docteur Philibert :pouvez toujours acheter des kleenex... La séance est maintenant Vous terminée et j’ai rendez-vous avec un autre de mes patients. Donc, on se voit jeudi prochain à la même heure comme convenu.
La jeune femme se lève et elle tend la main au psychiatre.
Aline :Merci beaucoup, Docteur Philibert.
Le psychiatre se lève et il lui serre la main.
Docteur Philibert :Ce n’est rien. Je fais mon métier avec conscience professionnelle, rien de plus...
Aline :Au revoir, Docteur.
Docteur Philibert :Au revoir, Mademoiselle Fredeyer.
La jeune femme sort du bureau en fermant la porte derrière elle et le psychiatre se retrouve seul dans son cabinet.
Docteur Philibert :Maintenant que l’aliénée est partie. Je vais en profiter pour m’accorder un petit moment de détente comme j’aime(il se frotte les mains)... avant mon rendez-vous avec l’autre grand follasson.
Le psychiatre prend un foulard et il se met à danser en le faisant tourner avec son poignet.
Docteur Philibert : Tra-la-la. Tching-tchung. Ah, ga, ga, la, la. Zi, zi, zen. Ta-ga-da tchouin-tchouin.
FIN