Conte du Maroc : La Chatte imprudente

Conte du Maroc : La Chatte imprudente

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La chatte imprudente Pays de collecte : Maroc. Un conte dit en français par Ahmed Bouzzine et en arabe marocain par Mustapha Ghanim. Auteur : Tarik Hbid. /ů ĠƚĂŝƚ ƵŶĞ ĨŽŝƐ ƵŶ ũĞƵŶĞ ŚŽŵŵĞ ĚƵ ŶŽŵ Ě͛,ĂŵŝĚŝ ƋƵŝ ŚĂďŝƚĂŝƚ ƵŶĞ ƚŽƵƚĞ ƉĞƚŝƚĞ ĐĂďĂŶĞ ĚĂŶƐ ƵŶ village, très haut perché dans la montagne. Il vivait seul et sa seule compagnie était une jolie petite chatte. Dès que le soleil se levait, il se rendait dans la grande forêt et là il cherchait de ƋƵŽŝ ǀŝǀŽƚĞƌ ŵĂŝƐ ƐƵƌƚŽƵƚ ĚĞ ƋƵŽŝ ŶŽƵƌƌŝƌ ůĂ ƉĞƚŝƚĞ ĐŚĂƚƚĞ͘ /ů ŶĞ ƌĞǀĞŶĂŝƚ ƋƵ͛ƵŶĞ ĨŽŝs le soleil ĐŽƵĐŚĠ͘ >Ă ĐŚĂƚƚĞ ĞŶĨĞƌŵĠĞ ƚŽƵƚĞ ůĂ ũŽƵƌŶĠĞ ƚƌŽƵǀĂŝƚ ůĞ ƚĞŵƉƐ ůŽŶŐ Ğƚ ů͛ĞŶŶƵŝ ĐŽŵŵĞŶĕĂŝƚ ă ůĂ ŐĂŐŶĞƌ͘ /ů Ŷ͛LJ ĂǀĂŝƚ ƉůƵƐ ĚĞƉƵŝƐ ůŽŶŐƚĞŵƉƐ ƵŶĞ ƐŽƵƌŝƐ͕ ƵŶ ƐĐĂƌĂďĠĞ͕ ŽƵ ƵŶĞ ŵŽƵĐŚĞ ă ĐŚĂƐƐĞƌ͘ Ğ jour-là elle trouva un autre jeu. Elle monta sur la taďůĞ Ğƚ ĂǀĞĐ ƐĂ ƉĂƚƚĞ Ĩŝƚ ƚŽŵďĞƌ ů͛ĂƐƐŝĞƚƚĞ Žƶ ŝů y avait le repas de son maitre, elle renversa la jarre de lait de son maitre et se régala avec ce ƋƵ͛ĞůůĞ ĂǀĂŝƚ ƌĞŶǀĞƌƐĠ͘ WƵŝƐ ƐĂƚŝƐĨĂŝƚĞ͕ ƐĞ ůĠĐŚĂ ůĞƐ ďĂďŝŶĞƐ͕ ůĞƐ ƉĂƚƚĞƐ Ğƚ ĂƚƚĞŶĚŝƚ ƐŽŶ ŵĂŝƚƌĞ͘ Ce jour-là͕ ,ĂŵŝĚŝ ƌĞŶƚƌĂ ĚĞ ůĂ ĨŽƌġƚ Ğƚ ĚĂŶƐ ƐĂ ŵƵƐĞƚƚĞ ŝů Ŷ͛ĂǀĂŝƚ ƌŝĞŶ ă ƐĞ ŵĞƚƚƌĞ ƐŽƵƐ ůĂ ĚĞŶƚ͘ Mais se disait-t-ŝů͕ ũ͛Ăŝ ƵŶ ƉĞƚŝƚ ƌĞƉĂƐ ƋƵŝ ŵ͛ĂƚƚĞŶĚ ĐŚĞnj ŵŽŝ͘ YƵĂŶĚ ŝů ŽƵǀƌŝƚ ůĂ ƉŽƌƚĞ͕ ƋƵ͛ŝů ǀŝƚ ƚŽƵƚĞ ƐĂ ǀĂŝƐƐĞůůĞ ĐĂƐƐĠĞ Ğƚ ƐŽŶ ƌĞƉĂƐ ƉĂƌ ƚĞƌƌĞ͕ ŝů ĨƵƚ ƉƌŝƐ Ě͛ƵŶĞ terrible colère. - Maudit chat ! Je me fatigue pour te trouver à manger et toi tu souilles ma seule nourriture de la journée ! Tu vas voir ce que tu vas voir.

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Ajouté le 04 octobre 2017
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La chatte imprudente Pays de collecte :Maroc. Un conte dit enfrançaisparAhmed Bouzzineet enarabe marocainparMustapha Ghanim. Auteur :Tarik Hbid. Il Ġtait uŶe fois uŶ jeuŶe hoŵŵe du Ŷoŵ d’Haŵidi Ƌui haďitait uŶe toute petite ĐaďaŶe daŶs uŶ village, très haut perché dans la montagne. Il vivait seul et sa seule compagnie était une jolie petite chatte. Dès que le soleil se levait, il se rendait dans la grande forêt et là il cherchait de Ƌuoi vivoteƌ ŵais suƌtout de Ƌuoi Ŷouƌƌiƌ la petite Đhatte. Il Ŷe ƌeveŶait Ƌu’uŶe fois le soleil ĐouĐhĠ. La Đhatte eŶfeƌŵĠe toute la jouƌŶĠe tƌouvait le teŵps loŶg et l’eŶŶui ĐoŵŵeŶçait à la gagŶeƌ. Il Ŷ’LJ avait plus depuis loŶgteŵps uŶe souƌis, uŶ sĐaƌaďĠe, ou uŶe ŵouĐhe à Đhasseƌ. Ce jour-là elle trouva un autre jeu. Elle monta sur la taďle et aveĐ sa patte fit toŵďeƌ l’assiette où il y avait le repas de son maitre, elle renversa la jarre de lait de son maitre et se régala avec ce Ƌu’elle avait ƌeŶveƌsĠ. Puis satisfaite, se lĠĐha les ďaďiŶes, les pattes et atteŶdit soŶ ŵaitƌe.Ce jour-là, Haŵidi ƌeŶtƌa de la foƌġt et daŶs sa ŵusette il Ŷ’avait ƌieŶ à se ŵettƌe sous la deŶt. Mais se disait-t-il, j’ai uŶ petit ƌepas Ƌui ŵ’atteŶd Đhez ŵoi.QuaŶd il ouvƌit la poƌte, Ƌu’il vit toute sa vaisselle ĐassĠe et soŶ ƌepas paƌ teƌƌe, il fut pƌis d’uŶeterrible colère. - Maudit chat ! Je me fatigue pour te trouver à manger et toi tu souilles ma seule nourriture de la journée ! Tu vas voir ce que tu vas voir.Il attƌapa la Đhatte, se saisit d’uŶ petit Đouteau et là… ĐouiĐ! D’uŶ petit Đoup il lui Đoupa le bout de la Ƌueue et l’aĐĐƌoĐha suƌ uŶ ŵuƌ. Et toujouƌs fuƌieudž il lui dit: - Tu peux pleurer jour et nuit, verser un lac de larmes ! Je ne te rendrai ta queue que si tu remplis de nouveau ma jarre de lait. Dès le lendemain la chatte se réveilla tôt et se mit en chemin. Elle traversa la grande forêt, arriva dans une grande prairie et vit une vache, elle lui chanta : - La vache, la vache, la vache, donne-ŵoi du ďoŶ lait, pouƌ ƌeŵpliƌ la jaƌƌe Ƌue j’ai, la jaƌƌe Ƌue j’ai ƌeŶveƌsĠe, et ƌĠĐupĠƌeƌ ŵa Ƌueue,que mon maitre a coupée. -Je veudž ďieŶ t’aideƌ!, lui dit la vaĐhe ŵais ŵoi pouƌ doŶŶeƌ du lait, il ŵe faut de l’heƌďe! Elle courut trouver une prairie. - Prairie, prairie, prairie donne-ŵoi de l’heƌďe, Ƌue je doŶŶeƌai à la vaĐhe, Ƌui ŵe doŶŶeƌa du ďoŶlait, pouƌ ƌeŵpliƌ la jaƌƌe Ƌue j’ai, la jaƌƌe Ƌue j’ai ƌeŶveƌsĠe, et ƌĠĐupĠƌeƌ ŵa Ƌueue Ƌue ŵoŶ maitre a coupée. -Je suis toute assoiffĠe, toute dessĠĐhĠe, tƌouve ŵoi de l’eau et je doŶŶeƌai de la ďoŶŶe heƌďe.La chatte trouva un petit ruisseau et lui chanta : - Ruisseau, ruisseau, ruisseau donne moi de la bonne eau, que je donnerai à la prairie, qui me doŶŶeƌa de l’heƌďe, Ƌue je doŶŶeƌai à la vaĐhe, Ƌui ŵe doŶŶeƌa du ďoŶ lait, pouƌ ƌeŵpliƌ la jaƌƌe Ƌue j’ai, la jaƌƌe Ƌue j’ai ƌeŶveƌsĠe, et ƌĠĐupĠƌeƌ ŵa queue, que mon maitre a coupée. -Je Ŷe suis Ƌu’uŶ petit ƌuisseau, il faudƌait Ƌue la gƌaŶde ƌiviğƌe ŵe doŶŶe uŶ peu de soŶ eau.La chatte trouva la rivière et lui chanta : - Rivière, rivière, rivière donne-moi de ton eau, que je donnerai au ruisseau, qui me donnera de l’eau, Ƌue je doŶŶeƌai à la pƌaiƌie, Ƌui ŵe doŶŶeƌa de l’heƌďe, Ƌue je doŶŶeƌai à la vaĐhe, Ƌui ŵe doŶŶeƌa du ďoŶ lait, pouƌ ƌeŵpliƌ la jaƌƌe Ƌue j’ai, la jaƌƌe Ƌue j’ai ƌeŶveƌsĠe, et ƌĠĐupĠƌeƌ ŵa queue, que mon maitre a coupée.
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- Le cielŶe doŶŶeƌa plus de pluie et la ƌosĠe du ŵatiŶ Ŷ’LJ suffiƌa pas, je Ŷe suis Ƌu’uŶ ŵiŶĐe filet Ƌui Đoule daŶs soŶ lit. Seule la ŵoŶtagŶe pouƌƌait ŵ’offƌiƌ uŶ peu de Ŷeige.La petite Đhatte gƌiŵpa, gƌiŵpa, jusƋu’au soŵŵet tout ďlaŶĐ de la ŵoŶtagŶe. Elle avait si froid et de sa petite voix elle susurra : - Montagne, montagne, montagne, donne-moi un peu de neige, que je donnerai à la rivière, qui ŵe doŶŶeƌa de soŶ eau, Ƌue je doŶŶeƌai au ƌuisseau, Ƌui ŵe doŶŶeƌa de l’eau, Ƌue je doŶŶeƌai à la prairie, qui me doŶŶeƌa de l’heƌďe, Ƌue je doŶŶeƌai à la vaĐhe, Ƌui ŵe doŶŶeƌa du ďoŶ lait, pouƌ ƌeŵpliƌ la jaƌƌe Ƌue j’ai, la jaƌƌe Ƌue j’ai ƌeŶveƌsĠe, et ƌĠĐupĠƌeƌ ŵa Ƌueue, Ƌue ŵoŶ ŵaitƌe a coupée. - Je suis désolée,lui dit la montagne, je dois gaƌdeƌ ŵa glaĐe jusƋu’à l’ĠtĠ, desĐeŶd et atteŶd Ƌue le soleil soit ardent. La Đhatte desĐeŶdit, le Đœuƌ gƌos.Voilà…se dit-ellema grosse bêtise a de graves conséquences : je suis uŶe Đhatte saŶs Ƌueue, Ƌui Ŷ’ose plus se ŵoŶtƌeƌ, de peuƌ d’ġtƌe ŵoƋuĠe.-J’ai faiŵ! Hamidi monŵaitƌe a eu ƌaisoŶ d’ġtƌe fuƌieudž! Ça fait ŵal d’avoiƌ faiŵ. La pƌoĐhaiŶe fois j’LJ ƌegaƌdeƌai à deudž fois avaŶt de faiƌe des ďġtises.La Đhatte Ġtait tƌğs tƌiste. Elle s’alloŶgea, s’eŶƌoulaŶt suƌ elle-même et attendit que la montagne daigne laisser fondre la neige. Les semaines passèrent, les lunes passèrent, les saisons passèrent. Un beau matin la chatte eŶteŶdit le doudž ďƌuit de l’eau, la Ŷeige Ġtait eŶ tƌaiŶ de foŶdƌe, elle ƌeŵeƌĐia la ŵoŶtagŶe. La ƌiviğƌe se ƌeŵplit et doŶŶa de l’eau au ƌuisseau Ƌui iƌƌigua la pƌaiƌie pouƌ doŶŶeƌ de l’heƌďe tendre à la vache qui, satisfaite, donna du bon lait. Enfin! La Đhatte ƌeŵpli la jaƌƌe Ƌu’elle avait renversée. Elle revint chez son maitre Hamidi. Il était heureux de revoir sa compagne. Elle sauta dans ses bras et ƌoŶƌoŶŶa. Haŵidi la seƌƌa ĐoŶtƌe soŶ Đœuƌ et lui ƌeĐolla la Ƌueue.Devant sa porte il trouva la jarre pleine de lait. Et la vie redevint comme avant. MoŶ ĐoŶte est paƌti, le veŶt l’a eŵŵeŶĠ, uŶ jouƌ il ƌevieŶdƌa.
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La chatte imprudente Illustration : Hamid Diani
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