Van, dis-nous en qui tu crois ?

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"Je m'appelle Van. Je suis né dans un pays de bambous et de rizières, de l'autre côté du monde, un pays qui s'appelle le Vietnam. Jésus m'a demandé de te dire quelque chose de très important. Alors écoute bien le silence de ton coeur : Dieu t'aime ; tu es pour lui unique au monde, et il désire être ton ami. Le veux-tu ? N'attends pas d'être grand : aime-le, parle-lui tout simplement ! Le royaume de Dieu est aux enfants, il est à toi !"

Marcel Van est un religieux vietnamien né en 1928. Proche de la spiritualité thérésienne, il meurt en 1959 dans un camp au nord du Vietnam. Sa cause de béatification est en cours.


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Publié le 19 juillet 2013
Nombre de lectures 31
EAN13 9782728918430
Langue Français
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Texte de Bénédicte Delelis
Illustrations d’Éric PuybaretLes auteurs tiennent à remercier : ceux qui ont cru au projet « Graines de saints » et permis
qu’il voie le jour ; ceux qui l’ont guidé par leurs conseils ou porté dans leur prière ; les
Amis de Van pour leur collaboration précieuse ; les Apprentis d’Auteuil pour la mise à
disposition du studio des jeunes ; et tous ceux qui se sont généreusement investis dans
l’aventure « Graines de saints ».
À Fabiola
BBéénnééddiiccttee DDeelleelliiss
À Ignace
Éric PuybaretJe m’appelle Van. Je suis né dans un pays de bambous et de rizières, de l’autre côté du monde, un pays qui s’appelle le Vietnam.
Quand j’étais petit, près de ma maison, il y avait une cour, près de la cour un verger, près du verger un étang et, derrière l’étang, les
collines. Autour de moi, tout respirait la joie, tout reflétait la beauté.
Comme j’aimais Maman, si douce ! C’est elle qui m’a fait connaître Jésus. Les soirs d’été, mon père m’emmenait en promenade
chez ma grand-mère ou dans les champs. J’aimais l’immensité des prairies en fleurs et les rizières jaunissantes… Souvent, il me
faisait asseoir sur ses épaules et galopait à la façon d’un cheval.
J’ai un grand frère, une grande sœur, et aussi une toute petite sœur. Elle s’appelle Anne-Tê. Et puis il y a mon chien : « Ven ». Ce
sont de drôles de noms, n’est-ce pas ? Nous aimions beaucoup jouer tous ensemble. Nous organisions des processions à la Vierge
Marie. L’un faisait le prêtre, l’autre l’enfant de chœur, un troisième battait du tambour…
Qui sait si Marie elle-même n’assistait pas à la procession ?
À six ans, j’ai demandé à faire ma première communion. Le curé m’a dit d’attendre et de bien me préparer parce que j’étais encore
très petit. Un jour, enfin, j’ai reçu la permission. Ah, communier ! Avoir Jésus, tout vivant, tout entier dans un morceau de pain,
Jésus qui descend dans mon cœur à moi !
En rentrant à la maison, mon chien Ven a couru à ma rencontre.
Je lui ai pris la tête entre mes mains, et je lui ai dit :
« Ah, mon Ven, demain, je peux communier ! »
Plusieurs fois dans la nuit, je me suis réveillé et j’ai demandé à Maman :
« Est-ce déjà le matin ? »
J’étais très impatient !
Le lendemain, l’heure tant désirée est arrivée. Je m’avance vers l’autel, l’âme débordante de joie. Je demande sans cesse à Jésus de
venir à moi comme un tout petit enfant.
Enfin, Jésus arrive. J’ouvre doucement la bouche pour recevoir le pain de l’amour. Mon cœur est envahi par une joie
extraordinaire.
Je ne savais plus que dire. En un instant, j’étais devenu comme une goutte d’eau perdue dans l’immense océan.
Il ne restait plus que Jésus…
Toute la journée, ma petite sœur Anne-Tê est restée près de moi, elle voulait sans cesse poser sa tête sur mon cœur :
« Oh ! J’entends Jésus ! Il est en train de gigoter dans la poitrine de Van ! »
On ne pouvait s’empêcher de rire. En fait, elle ne faisait qu’entendre les battements de mon cœur… Ainsi, Jésus était venu non
seulement pour moi, mais aussi pour tous ceux que j’aimais.À sept ans, j’ai eu l’âge d’aller à l’école. Mais le maître qui nous faisait la classe était injuste et méchant : nous avions tous peur de
lui. Ma seule force était de communier tous les jours. Maman pensait que, plus tard, je pourrais aller dans la ville de Huu Bang
faire mes études. Le curé tenait une petite école chrétienne dans sa maison. Un jour, elle m’a emmené lui rendre visite pour que
l’on fasse connaissance. Mais au moment de repartir, Maman, pour me taquiner, m’a proposé de rester. Elle s’attendait à ce que je
refuse énergiquement.
À sa grande surprise, je me suis exclamé tout joyeux :
« Oh oui, Maman, laisse-moi ici. Je reviendrai quand je serai prêtre ! »
Ainsi a commencé ma nouvelle vie, seul à Huu Bang. Je n’avais qu’une pensée, vivre auprès de Dieu. Chaque jour, je servais la
messe. Je n’étais pas plus haut que l’autel, et pas encore assez fort pour porter le gros missel. Pendant la journée, j’allais en classe.
Mais, un des maîtres était cruel avec moi, il me battait avec des tiges de bambou et je vivais dans la peur. Personne ne me parlait de
la bonté de Dieu.
Dans mes chagrins, je me blottissais dans les bras de Marie, et je priais le chapelet. Marie me consolait et m’aidait pour tout. Un
jour, j’ai manqué de feuilles et d’encre pour aller en classe, et je n’avais pas d’argent pour en acheter. Pendant la leçon, je fixais le
tableau, sans pouvoir écrire. Le maître m’a menacé :
« Si demain tu n’as pas de papier, je te chasse ! »
Que faire ? Tout en larmes, j’ai couru aux pieds de la statue de la Sainte Vierge et lui ai raconté mon malheur. Après ma prière,
m’approchant de la statue, j’ai aperçu aux pieds de Marie un billet de vingt sous !
« Vingt sous ! Ô Marie, comme tu as pris soin de ton petit Van ! Avec cela, je peux m’acheter beaucoup de feuilles et de l’encre ! »Marie est ma mère et je suis son enfant !
Ô Marie, je t'aime beaucoup !
Il me suffit de regarder ton visage pour être rassuré ;
iill mmee ssuuffffiitt ddee rreeggaarrddeerr ttoonn vviissaaggee ppoouurr ddiissssiippeerr mmaa ttrriisstteessssee ;;
il me suffit de regarder ton visage pour retrouver la paix.
J’ai dû affronter les insultes, le froid, la faim, les coups. J’étais devenu une sorte d’esclave dans la maison. Plusieurs fois, je me suis
enfui. J’ai même vécu dans la rue, avec les pauvres. Je devais mendier pour manger. C’était si difficile ! Pourtant, à chaque fois, je
suis revenu à Huu Bang.
L’année de mes douze ans, à Noël, je me trouvais chez mes parents. J’avais tant souffert cette année-là que je ne rêvais même plus
aux cadeaux de Noël. Lorsque la messe de minuit a commencé, en moi il faisait sombre et froid comme en pleine nuit, l’hiver. Je
ne savais plus où chercher un peu de lumière et d’amour pour réchauffer la demeure vide de mon cœur. En cet instant, Jésus seul
était tout mon espoir.
Au moment de la communion, une immense joie a envahi toute mon âme : j’ai trouvé le plus précieux trésor de ma vie… J’ai
trouvé l’amour de Jésus !
En un instant, mon âme a été transformée. Je n’avais plus peur de la souffrance. Dieu me confiait une mission : celle de changer la
souffrance en bonheur !
Alors, j’ai choisi de revenir à la maison de Huu Bang pour aider le curé à s’occuper des plus petits. Avec Dieu, je n’avais plus peur !
Je les ai rassemblés et je leur ai dit :
« Nous allons fonder une équipe. Notre mission, ce sera l’amour ! À partir d’aujourd’hui, nous allons rendre des services, et nous
nous entraiderons à faire le bien. »
« Nous allons fonder une équipe. Notre mission, ce sera l’amour ! À partir d’aujourd’hui, nous allons rendre des services, et nous
nous entraiderons à faire le bien. »
En moins de trois semaines, les plus sales, paresseux et violents d’entre nous étaient devenus propres, énergiques et doux !Peu à peu, j’ai retrouvé la joie. Je suis devenu scout. Notre chef organisait des jeux de piste ; nous devions chercher un trésor en
suivant des signes qu’il avait tracés sur le sol. Nous campions dans les forêts touffues, sur des rochers escarpés… et le soir, quand la
nuit était tombée, nous chantions autour du feu de joie ! On m’a appelé « Écureuil ». Pour moi, cela signifiait « joie et rapidité à
accomplir la volonté de Dieu ».
Depuis toujours, mon plus cher désir était de devenir prêtre. Quand j’ai eu quatorze ans, je suis parti pour le petit séminaire de
Lang Son. C’est là que j’allais continuer l’école avec mes amis, Tam et Hiên. Et aussi rencontrer… la petite Thérèse !